Elisabeth Kontomanou emporte le Sunside

Publié le par Guillaume Lagrée


Paris. Le Sunside.

Mardi 13 mars 2012. 21h.

 

Elisabeth Kontomanou : chant

James Weidman : piano

 

La photographie d'Elisabeth Kontomanou et Geri Allen est l'oeuvre de l'Emouvant Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette photographie sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales. Pour cette tournée, James Weidman a pris la place de Geri Allen au piano avec brio.

 

kontomanou geri allen

Lectrices exigeantes, lecteurs difficiles, je n’étais pas à New York pour le concert de lancement d’album de Scott Tixier mais à Paris pour celui d’Elisabeth Kontomanou. C’est donc celui-ci que je vais vous raconter.

 

Le pianiste commence une ballade. C’est « Nature Boy ». Elle chante a capella. Quelle voix profonde ! Le piano la rejoint discrètement. La gestuelle est belle. Ses mains attirent le public en même temps que sa voix. Jeu ultra sensible du pianiste, très à l’écoute. Il sait fondre le piano avec la voix, démarrer, arrêter en même temps qu’elle.

 

Une autre ballade, une autre chanson d’amour. Il me semble avoir vu quelque part que 95% des chansons répertoriées dans le monde sont des chansons d’amour. Le reste : des chants patriotiques, religieux, révolutionnaires moins à leur place dans un club de Jazz. Elisabeth Kontomanou porte une robe blanche avec un gilet noir confectionnés par une admiratrice. Elle le vaut bien. Elle quitte la scène, laissant le pianiste jouer à son aise. Elle revient. Pourquoi cette sortie ? Vous le saurez plus tard, lectrices impatientes, lecteurs pressés. Il me semble que son micro a été réglé moins fort. En a-t-elle vraiment besoin dans une salle de cette taille, d’ailleurs ?

 

Belles vocalises pour commencer, de l’aigu au grave. « Sometimes I feel like a motherless child », un gospel célébrissime. Version classique, fidèle, émouvante, bref comme il faut. Ils nous emmènent au “ heavenly land “ comme dit la chanson.

 

Attaque plus ferme, plus grave du piano. « Trouble of the world », un autre gospel. Madame F chante à côté de moi car elle a chanté ce gospel en chorale. La voix décolle et nous avec. Le piano fournit l’appui nécessaire à la propulsion de la voix. Quelle autorité dans le geste tant pour conduire sa voix que le pianiste.

 

Elisabeth avait oublié les paroles de ses chansons à l’hôtel. D’où sa sortie de scène tout à l’heure pour les demander. Un autre talent de cette femme, c’est de passer en un instant de la gravité d’un gospel à une plaisanterie avec le public.

 

«  Sack full of dreams ». Le pianiste joue classiquement, avec toute l’émotion nécessaire pour accompagner cette Grande Dame de la chanson. Ici, une chanson de paix et d’amour mais pas gnangnan.

 

« People get ready » (Curtis Mayfield).  Un classique de la Soul Music qui ressemble à un gospel traditionnel tant par la musique que par les paroles. Superbe version épurée avec la voix et le piano. Elisabeth Kontomanou ne scatte pas mais elle hulule très bien.

 

«  What a life » (Elisabeth Kontomanou). Une chanson vive, joyeuse. Ca pousse bien entre piano et voix. Tiens, un peu de scat. Elle encourage le public, un peu mou ce soir, à participer, chanter, taper des mains. Elle reprend la main pour finir.

 

«  I wish I knew how it would feel to be free ». Un nouveau gospel. C’est vraiment le style dominant de cet album et de ce concert mais sans prêchi prêcha. Le pianiste joue comme sur des orgues d’église. La chanson soulève nos âmes. Elle nous fait battre la mesure des mains. Un club de jazz parisien devient une église noire américaine.

 

PAUSE

 

Madame F et moi sommes enchantés de notre soirée mais des raisons personnelles nous obligent à la quitter à regret. Madame F prend toutefois soin d’acheter l’album et de se le faire dédicacer par l’artiste. La « The Nana », c’est dans la voix et dans le geste (Léo Ferré). Elisabeth Kontomanou est tout cela et bien plus encore.

 

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