Les majorettes à la fête avec le quintette de Pierrick Pédron au Sunset

Publié le par Guillaume Lagrée

Quintette de Pierrick Pédron

Paris. Le Sunset. Samedi 5 novembre 2011. 22h.

Pierrick Pédron: saxophone alto, direction

Laurent Coq: piano, claviers, programmation, Fender Rhodes

Chris de Pauw: guitare électrique

Vincent Artaud: guitare basse électrique

Fabrice Moreau: batterie

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La photographie de Pierrick Pédron est l'oeuvre du Spécialiste Juan Carlos HERNANDEZ. L'utilisation de cette photographie sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de poursuites judiciaires au civil et au pénal.

Par rapport au précédent groupe,  un batteur est absent, Franck Agulhon.

De beaux bruitages électroniques pour commencer avec le son mixé d'une fanfare. Il s'agit des aventures d'une majorette, " Cheerleaders ", ne l'oublions pas. A propos, connaissez vous la différence entre une majorette et un cheval de parade? La musique est extrêmement travaillée. Phases brutales et douces se succèdent rapidement. Ces gars n'entrent pas dans la zone de confort comme disent les sportifs. Groupe très soudé. Ca fait quelques années qu'ils tournent ensemble. Le répertoire est renouvelé. Il n'y a plus l'aspect orientalisant de leur précédent album " Omry ". Par contre, il y a un scenario plus clair dans l'histoire. Le leader, Pierrick Pédron, notre " Petit Géant " a un son que bien des saxophonistes alto américains pourraient lui envier. Rondeur de la basse, froideur de la guitare.

Mixage de la voix d'Elise Caron. La rythmique tourne autour puis le groupe démarre. La batterie pulse bien mais forcément moisn fort à un batteur qu'à deux. Duo somptueux entre l'ostinato du clavier et les envolées de la guitare, froide et tranchante. Ce Belge a la frite! Ca, c'est fait. Solo de sax alto, tranchant lui aussi mais plus chaud que la guitare. 

Grosse attaque de la basse puis de toute la rythmique. L'art de monter et de relâcher la pression en un instant. Ils frappent aussi vite et fort qu'un jab de Mohamed Ali. Ca groove. La rythmique attaque groupée alors que le chef vole au dessus comme un essaim d'abeilles. Malgré toute l'électricité ambiante, cette histoire de saxophone jouant avec des bruits enregistrés, des voix, cela me rappelle la musique d'Eddie Sauter pour le film d'Arthur Penn " Mickey One " avec Stan Getz, au saxophone ténor. 

Retour aux sons de la fanfare remixée avec des bruitages électro. Chris de Pauw est passé à la guitare sèche mais il ne joue pas du folk. Plutôt une sorte de Blues funky avec un superbe tapping sur le manche. Ca sonne, nom d'un petit bonhomme! Jolie ballade piano/guitare sèche. Le sax alto sonne rose comme un rêve de majorette. Au fait, avez vous trouvé la différence entre une majorette et un cheval de parade, lectrices perspicaces, lecteurs efficaces? Pierrick Pédron joue masculin/féminin selon les morceaux. C'est dire la diversité des émotions qu'il exprime. C'était " Blitz of time " (Chris de Pauw).

Ca commence par un Swing léger au piano relayé par la basse et la batterie aux balais. Chris reste à la guitare sèche. Ca vire, vole, décolle, léger et groupé comme des étourneaux. Pour en revenir à Mohamed Ali, le boxeur pas le batteur, " Fly like a butterfly, sting like a bee ". Pierrick Pédron a repris les commandes de l'astronef. . Ca plane pour nous. Ma jambe droite bat la mesure à tort et à travers. Ca marche. 

Gros son de basse, martèlement léger et précis de la batterie, ponctuations fines du piano dans l'aigu. Beaux contrastes. La rythmique pose l'ambiance. Confortable mais pas du déjà entendu. Il reste à trouver les DJ assez curieux pour faire bouger les corps sur les dance floors au son de cette musique. J'espère qu'il y en a. Ce groupe n'est pas seulement fait pour être écouté. Pierrick se glisse doucement dans le mouvement. Chris de Pauw est passé à la guitare électrique, discrètement. Sans prévenir, ils sont passés à une autre mélodie. Une sorte de ballade assez énergique tout de même.

Laurent Coq

La photographie de Laurent Coq est l'oeuvre de l'Hypnotique Juan Carlos HERNANDEZL'utilisation de cette photographie sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de poursuites judiciaires au civil et au pénal.

Subtil enchaînement avec le son de la fanfare. Le concert mélange donc musique jouée et musique enregistrée. Ce n'est pas comme un concert de Madonna où seule sa chorégraphie n'est pas enregistrée au préalable. Ca repart en direct. Il y a là comme une suite en plusieurs mouvements. D'ailleurs, comme dans un concert de classique, le public n'applaudit pas entre les mouvements. Nous sommes ici dans une phase d'accélération légère et puissante. Bam! Nous sortons de la zone de confort. La musique trace sa route par des chemins détournés. La rythmique démarre avec la guitare, toujours froide et tranchante et pourtant émouvante.

Un morceau plus groovy. Basse, batterie. Ca cause entre ces deux là. Quelques nappes glissantes de claviers viennent s'y ajouter. Ca, c'est bon. Ils jouent avec les codes de la musique de danse, de nuit, sans s'y enfermer. Le temps n'est pas si brutalement marqué. Il est là mais il bouge. Bref, c'est aussi du Jazz. La guitare monte le son. Quand je pense que Fabrice Moreau est aussi le batteur du trio de Jean-Philippe Viret, je mesure la multiplicité des talents de ce musicien. Là, ils fracassent tout même le piano. Le saxo arrive. Phrases brèves, rapides, fortes puis lentes et douces. Ils ont décidé de perturber nos repères spatio temporels. Ils font bien. Ca devient un moment orgiaque de rock'n roll. Décidément, la Pop anglaise inspire le Jazz français en ce moment. Nous sommes loin des copies des années 1960-1970 dans la variété. Ecoutez, pour en juger, outre ce groupe, l'oeuvre des Dames du temps présent  Elise Caron, Sophia Domancich, Claudia Solal, Sarah Murcia. Ca descend avec un son de fanfare.

Le piano redémarre seul, en douceur. Beau fondu enchaîné comme disent les cinéastes. Belle ballade où le groupe part en croisi§re sur la Mer du Nord sur les rives desquelles se trouvent tant de majorettes. A ce propos, avez vous trouvé la différence entre une majorette et un cheval de parade? C'était " Toshiko " (Laurent Coq), hommage, je le présume, à la pianiste japonaise Toshiko Ayokoshi. Erreur, c'est un hommage à la danseuse Toshiko Oiwa avec qui Laurent Coq joue en duo.

RAPPEL

Morceau tiré d'OMRY, le précédent album de ce groupe. Val André, hommage à une plage bretonne, dans les Côtes d'Armor.

Deux ans après, ce morceau fait toujours d'aussi belles vagues. Comme la Mer, éternelle et toujours recommencée, cette musique vous nettoie les sinus et les bronches. En plus, elle vous réveille, vous stimule.

Prochains concert de ce groupe à Munich, Bavière, Allemagne (là où a été produit l'album " Cheerleaders ") le jeudi 19 novembre 2011 puis à Antony, Hauts de Seine, Ile de France, France, le vendredi 25 novembre 2011.

Pour vous donner une idée plus précise de cette musique, lectrices curieuses, lecteurs avides de savoir, voici ce groupe en studio, avec fanfare, choeurs, deux batteurs et Elise Caron. Profitez en.

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Commenter cet article

Mimi Simon 06/11/2011 16:01


http://association-pedronomry.com/2011/11/le-jars-jase-jazz-guillaume-lagree/
Bel article, Monsieur Guillaume, deux petites choses : « Toshiko » qui clôt l’album est une réfé­rence à une dan­seuse contem­po­raine qui vit à New York et qui est une amie de Laurent Coq. Et
l'album n'a pas été enregistré en Allemagne, mais aux studios ICP à Bruxelles. A vous rencontrer peut-être à un prochain concert. Bien amicalement. Mimi


Guillaume Lagrée 06/11/2011 17:48



Citoyenne Mimi


certes l'album a été enregistré à Bruxelles mais il a été produit à Munich.


Pour Toshiko, notez bien que je présumais mais n'affirmais point.


Bon vent à vous.


Guillaume