Eric Löhrer Quartet en concert à La Jonquière

Publié le par Guillaume Lagrée

Eric Löhrer Quartet.

Paris. Théâtre de la Jonquière. Mardi 13 décembre 2011.20h

 

 

Eric Löhrer : guitares 

Jean Charles Richard : saxophone soprano

Eric Surmenian : contrebasse

Patrick Goraguer : batterie

 

Rubrique People:

Patrick Goraguer est le fils d'Alain Goraguer pianiste et arrangeur pour Boris Vian, Serge Gainsbourg, Bobby Lapointe et tant d'autres.

 

Ca commence par un solo de contrebasse grave, mélodieux à souhait. Le quartet enchaîne et ça chante joliment. Malgré un look rock’n roll, le guitariste joue jazz, classieux. Il est bon d’entendre le sax soprano sans micro dans une salle à l’acoustique agréable. Jean Charles Richard décolle poussé par la rythmique. Ca défrise les bigoudis. Personne n’en porte dans la salle d’ailleurs. C’était « Bonne fortune » (Eric Löhrer).

 

« Dolce Vita » (Eric Löhrer). Le batteur passe aux balais. Une ballade tranquille comme son titre l’indique. Ca sent la terrasse à l’ombre sous la pergola, la vue sur les collines, l’aranciata spremuta fresca nel bicchiere. Bref, c’est l’Italie telle qu’on la rêve. La contrebasse part en ballade à son pas tranquille de vieille dame. Mademoiselle F apprécie. Comment se fait-il que ce groupe ne passe pas dans un club parisien prestigieux ? Tant mieux pour moi en fait d’abord parce que le concert a lieu dans mon quartier ensuite parce que c’est un concert à entrée libre et que je vérifie, avec plaisir, que mes impôts locaux sont bien utilisés. Il eût été vraiment dommage que je me prive de ces grandes délices sonores.

 

Solo de guitare en intro avec un son blues africain. Batteur aux balais et contrebassiste l’épaulent en douceur. Le soprano siffle comme un oiseau sur sa branche. La guitare reprend la main. Ca balance, ça sonne. Encore de la belle musique qui ne passe pas sur les grands media. Il faut dire qu’elle n’est pas faite pour abrutir les masses. Le sax soprano revient du fond de la scène apportant un accent nouveau. Une bonne vibration parcourt l’air. Solo de batterie avec les mains sur les tambours. Ca roule bien. Contrebasse et guitare maintiennent le tempo. Le batteur reprend les baguettes. Ca frappe plus sec, plus fort. La rythmique sonne rock alors que le sax soprano mitraille à tous vents, pacifiquement bien sûr. C’était « Selene Song » (Eric Löhrer), titre album de ce quartet.

 

« Tetradrome » (Eric Löhrer). Logique, ils sont quatre. Un morceau plutôt vif, joyeux.Ca se calme en jouant à trois, sans le saxophone. Eric gratte dans l’aigu de l’instrument. Contrebasse et batterie pulsent. Le sax revient sur un coup de cymbales.

 

« Boréale » (Eric Löhrer). Eric Löhrer range la guitare électrique et prend une guitare électro acoustique. Un souffle du soprano, la pulsation de la contrebasse, celle de la guitare, quelques notes scintillantes de batterie. C’est l’ambiance boréale, pure, froide, blanche et pourtant une onde de chaleur passe dans l’atmosphère. Mademoiselle F bat la mesure, captivée par la musique. C’était court et beau.

 

Cette guitare se joue assise alors que l’électrique se joue debout. La position a aussi un effet sur le son. Ca chaloupe doucement. Le soprano ajoute son chant aigre doux. Très jolie vague finale qui vient mourir sur la rive.

 

Retour à la guitare électrique. Un morceau de Jean Charles Richard « Moons ». Solo de soprano en intro puis la rythmique démarre avec un son bien rock de la guitare. Par-dessus la pulsation bien puissante, Jean Charles Richard fait briller son soprano de mille feux. Il joue haut, haut, haut. Ca décape les neurones.

 

Retour à la guitare électro acoustique et à la position assise. Le batteur revisse sa batterie. Ca démarre comme une bossa nova. Le batteur est aux balais. Soprano tout en douceur. Le contrebassiste joue en bon père de famille. C’est du miel pour les oreilles.

 

« India » (John Coltrane). Un son de sitar en boucle est lancé par une machine. Eric Surmenian le relaie à l’archet. Eric Löhrer prend une troisième guitare, électrique. La contrebasse sonne comme un sitar en plus grave. Bien joué. La guitare se glisse tout doucement dans la musique. Le contrebassiste revient au pizzicato pour lancer la mélodie d’India. Le sax soprano arrive pour jouer la mélodie. C’est parti. En avant la magie. Même si ce n’est pas John Coltrane au soprano, Jean Charles Richard est à la hauteur de cette musique qui nous traverse et nous transporte. Beau blues à la guitare avec des distorsions à l’indienne. Comme la nage, sur le côté. Sans micro, le soprano tient le choc face à la guitare électrique. C’est dire la puissance et la maîtrise de Jean Charles Richard. A quatre, ils soulèvent nos âmes.

 

Fin du concert. Pas de rappel. Qu’ajouter après « India » ? . Pour ceux qui ne connaissent pas ce thème, écoutez le joué par John Coltrane en concert au Village Vanguard à New York City, USA, le 5 novembre 1961. John Coltrane au sax soprano, Eric Dolphy à la clarinette basse, Mac Coy Tyner au piano, Reggie Workman et Jimmy Garrison aux contrebasses, Elvin Jones à la batterie. Votre vision du monde changera.

 

Voici ce quartet en concert au Sunside il y a plus de 30 mois jouant " Bonne fortune ". Bonne chance, divines lectrices, sublimes lecteurs.

 

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article