Gato Barbieri " Chapter One: Latin America "

Publié le par Guillaume Lagrée

 

Gato Barbieri

" Chapter One: Latin America "

Impulse. 1973.

Réédition Verve. 2009.

 

Gato Barbieri: saxophone ténor, compositions sauf " India " (n°2) de J.A Flores et M.O Guerrero

Personnel détaillé dans l'album.

 

Leandro " Gato " Barbieri est né en Argentine, à Rosario, comme Ernesto " Che " Guevara et Lionel " Leo " Messi. Cette ville a quelque chose de spécial manifestement. El Gato fêtera ses 79 ans sur scène au Blue Note à New York le 28 novembre 2013.

En 1973, après le succès international du " Dernier Tango à Paris " de Bernardo Bertolucci avec Marlon Brando et Maria Schneider, El Gato profita de l'argent gagné avec sa musique du film pour réaliser un rêve, revenir en Argentine, réunir la crème des musiciens locaux (par exemple Dino Salluzzi au bandonéon sur " Nunca Mas ", 4e morceau de l'album) et enregistrer une musique nouvelle mêlant le Free Jazz (le saxophoniste ténor de " Where is Brooklyn? " et " Symphony for Improvisers " de Don Cherry, c'est lui), la Pop (basse et guitare électriques) et les musiques latino américains pour jouer, chanter, crier la liberté.

Le résultat, plus de 40 ans après, est toujours aussi puissant et émouvant. Cela commence, en toute logique, avec " Encuentros ", 12mn29 d'orgie rythmique et mélodique, se poursuit plus calmement avec " India " qui n'a rien à voir avec le thème éponyme de John Coltrane, repart sur les chapeaux de roue (Juan Manuel Fangio, lui aussi, était Argentin) avec " La China Leoncia " (n°3). Retour au calme avec une essence de tango jazzé " Nunca mas " où le sax ténor devient frère de sang du bandonéon pour finir avec une morceau frustrant pour l'auditeur (c'est voulu et réussi), " To be continued " (2mn 27). Cette fois, Gato est allé à Rio de Janeiro. Il nous présente un à un les instruments brésiliens qui, tour à tour, entrent dans la danse, commence à jouer et c'est fini. De fou de joie, l'auditeur devient fou de rage, se repasse l'album en boucle, ne peut plus écouter une autre musique, veut s'offrir les chapter two, three and four des aventures d'El Gato chez Impulse, impose cette musique à sa compagne, ses voisins, ses amis, en parle sur son blog.

Bref, vous l'avez compris, lectrices Latines, lecteurs Américains, " Chapter One: Latin America " de Gato Barbieri est un album indispensable.

El Gato revint ensuite à New York avec ses musiciens argentins. Les voici jouant sur une terrasse d'immeuble lors des 5 premières minutes du documentaire ci-dessous " Jazz is alive and well in New York " (1973), la suite étant réservée à Billie Holiday interprétée par Diana Ross ( " Dirty Diana " pour Michael Jackson) et racontée par Carmen Mac Rae. La liberta, la liberta! Viva Gato Barbieri! Quel growl de saxophone ténor! Rien à ajouter.

 

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