Henri Texier Red Route Quartet invite Francesco Bearzatti au Sunset

Publié le par Guillaume Lagrée

 

 

Henri Texier Red Route Quartet + Francesco Bearzatti

Paris. Le Sunset. Vendredi 4 juin 2010. 22h.

 

 

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La photographie d'Henri Texier est l'oeuvre de l'Obstiné Juan Carlos HERNANDEZ.

 

Henri Texier : contrebasse, compositions, arrangements, direction

Sébastien Texier : saxophone alto, clarinette basse

Manu Codjia : guitare électrique

Christophe Marguet : batterie

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Francesco Bearzatti : saxophone ténor, clarinette

 

Rubrique people : Pour ceux qui l’ignoreraient, Sébastien Texier est le fils d’Henri Texier. Il joue dans d’autres groupes que celui de son père, y compris un groupe dont il est le leader. C’est bon signe.

 

Introduction du Boss. Quel son ! Il creuse profond tout de suite. Puis ça bondit. Les saxs se mêlent poussés par la rythmique. La guitare de Manu vient frotter nos cordes sensibles. Francesco se love autour de son sax ténor et nous enveloppe d’un son suave et viril. Et derrière ? Derrière, ça pulse, sapristi ! La guitare vient apporter un mordant rock’n roll à cette musique. Solo de M. Henri soutenu par un friselis de cymbales., ponctué par quelques notes claires, précises de guitare. Ca devient un conte magique. Le charme opère toujours avec m ; Henri. Certes, c’est le défilé classique thème/solo/thème mais joué avec tant de vie, d’énergie, d’invention que ça se boit comme du petit lait. C’était une composition ancienne « Work Rebel Song ».

 

« A partir de maintenant, toutes les compositions sont nouvelles et c’est la première fois au monde que nous les jouons tous les cinq ensemble » annonce M. Henri Texier.

 

Intro au sax ténor, suave et viril toujours. Le groupe part sur une des compositions dont M. Henri Texier a le secret : simple, entraînante, envoûtante. Plus qu’un musicien, M. Henri est un conteur. La guitare se détache sur un ensemble mélancolique et énergique. La classe, vous dis je ! Francesco devient plus âpre tout en restant lyrique. La rythmique roule comme un charriot souple et confortable. Manu tranche net mais pas à vif. Au tour de Sébastien de partir en vadrouille poussé par la rythmique. Texier, Marguet, ça tourne ! Avec sa barbe et son bonnet, M. Henri Texier est le Grand Schtroumpf de la contrebasse. Sa sagesse et sa créativité le font régner sur un royaume féérique et pacifique, celui qu’il crée par sa musique. C’était « Tango fangoso » un hommage à British Petroleum (BP).

 

« De nada »  est un autre hommage à BP. Quel son boisé, profond ! Ce n’est plus une contrebasse qui chante, c’est une forêt. Les sax ensemble sonnent comme un accordéon. Ils sont bien dans l’ambiance tango. Ca swingue, ça balance doucement. Sébastien est passé à la clarinette basse, avec un son de grand jouet. Francesco lui succède à la clarinette, léger, altier, poignant. Derrière, électrique, la guitare bruisse. Christophe Marguet passe aux balais, tapotant joyeusement et subtilement pour distribuer, relancer comme un avant-centre fuori classe.

 

Introduction de la guitare. Les musiciens sont dans un processus démocratique. Chacun a droit à  son tour d’intro. Tiens, Manu nous fait le chant des mouettes par une nuit mouvementée en Mer du Nord. Il y a de la friture sur la ligne. Une tentative de brouillage par les radars ennemis certainement. La vague électrique s’apaise par l’ancrage de la contrebasse et de la batterie aux balais. Ca plane toujours. S’il continue ainsi, Manu va nous jouer «  Smoke on the water, fire in the sky. » Les saxs reprennent, ajoutent de l’acidité sur un ensemble très dense. Même le batteur bat la mesure derrière son zinc. Ca groove, baby ! Assise près de moi, une dame respectable oscille sur les poufs pour enfants du Sunset. Ca sonne comme un héritage bien assumé du Jazz Rock des 70’s. C’était « Muy Calor ».

 

Un troisième hommage à BP, société très honorée ce soir, avec « Louisiana dark waters ». Introduction du batteur aux balais. Tambours et cymbales deviennent sombres et menaçants. La guitare sonne en Blues triste. C’est une sorte de requiem pour le bayou de Louisiane. Une autre plainte s’élève, celle du sax alto. Puis celle du ténor avec Francesco qui tord son instrument pour en extraire le suc le plus pur. C’est beau comme un oiseau de mer englué dans le mazout qui ne peut plus s’envoler.

 

Un morceau plus vif et plus joyeux. Petit duo free entre batterie et sax ténor. Solo du batteur qui assure aux baguettes.

 

PAUSE

 

Introduction de Sébastien à la clarinette. Oh, le bel oiseau qui est sorti ! Les tambours volent sous les baguettes. Le groupe repart avec un swing oriental. Le sax alto s’élève en fumée au dessus de la joyeuse marmite de la rythmique. Le sax ténor reprend la main chaud, viril. Dans la course des saxos, il n’y a pas photo. A tous les coups, c’est Francesco qui gagne. La guitare s’élève limpide, tranchante et claire. Solo de contrebasse soutenu par la batterie et nimbé de guitare. La dame et le monsieur respectables ont repris leurs danses sur leurs poufs d’enfants. C’est dire la puissance de cette rythmique.

 

Intro au ténor de Francesco. De l’attaque, du velours, du sentiment, de la vélocité, de la douceur. Cet homme maîtrise son instrument. Puis le groupe démarre sur un Blues tranquille. Yeah, baby ! Il y a quelque chose d’ellingtonien. Ca touche droit au cœur. Ca berce et c’est beau.

 

Un morceau plus vif, plus agité. M. Henri n’annonce plus les morceaux. Ca sonne comme le Free Jazz d’Ornette Coleman. Contrebasse et batterie bien solides, alors que le sax ténor de Francesco musarde sur des chemins connus de lui seul. Il ya aussi une touche espagnole qui me rappelle le Olé ! de John Coltrane. Après le solo de batterie, duo lunaire batterie/guitare. Il y a du remous dans la Mer de la Tranquillité. Tout le groupe envoie sévèrement. C’était « Samba Loca » précédé de « Sombre jeudi » lui-même précédé de « Ravinega boulden » ( ?).

 

« No Fandango ». Comme son nom l’indique, ce morceau est garanti sans fandango. Introduction de guitare mystérieuse à souhait. Cette ballade de velours vous enveloppe avec juste ce qu’il faut d’amertume pour éviter la miévrerie.

 

Le concert a continué mais mon stylo m’a lâché. Ma chronique cesse donc ici. La musique de M. Henri Texier et de ses fidèles associés est une pure merveille. Elle participe de l’exception française dans le meilleur sens du terme, ancrée et ouverte, libre et coordonnée. Il est encore possible de partir à l’aventure en musique. La preuve par M. Henri Texier.

 

 

 

 

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