Jazzoduc New York-Paris: Scott Tixier " Brooklyn Bazaar "

Publié le par Guillaume Lagrée

 

Scott Tixier

" Brooklyn Bazaar "

Sunnyside Records.

 

Scott Tixier: violon, compositions

Douglas Bradford: guitare

Jesse Elder: piano, Fender Rhodes

Massimo Biolcatti: contrebasse

Arthur Vint: batterie

Emilie Weibel: chant (3)

Sortie le mardi 13 mars 2012.

Pochette Scott Tixier

Lectrices aux aguets, lecteurs à l'affût, voici un nouveau talent new yorkais à découvrir: le violoniste français Scott Tixier amené par le Jazzoduc de New York à Paris par l'entremise de mon honorable associé Genevois, le photographe Juan Carlos HERNANDEZ. Un Genevois est donc allé à New York chercher un musicien français afin que je découvre sa musique à Paris et la fasse connaître urbi et orbi via ce blog. Telles sont les grandes merveilles du monde mondialisé dans lequel nous vivons.

L'école française du violon Jazz demeure la meilleure au monde. Cocorico! Après les pères fondateurs comme Stéphane Grappelli, Michel Warlop, les passeurs de mondes comme André Hodeir, les stars comme Didier Lockwood et Jean-Luc Ponty, les esprits libres comme Dominique Pifarély, voici que la nouvelle génération s'avance, calme et droite avec Scott Tixier, natif de Montreuil sous Bois en 1986 et aujourd'hui artiste émergent de la scène new yorkaise.

Son premier album " Brooklyn Bazaar ", entièrement de sa composition, ne saurait porter un meilleur titre. D'abord parce que Scott Tixier vit à Brooklyn. Pensez à le saluer de ma part la prochaine fois que vous y passerez aimables lectrices, charmants lecteurs. Ensuite parce que cet album fourmille de couleurs, de parfums, de sonorités venues de partout et passées au filtre des imaginations de Scott Tixier et de ses complices. Les cordes du violon entrent en résonnance avec celles de la guitare. Le chant d'Emilie Weibel se fond dans la sonorité d'ensemble du groupe tout en étant immédiatement identifiable (" Arawaks ", 3e morceau). L'influence de Jean-Luc Ponty qui se fend d'un mot aimable dans la pochette de l'album est évidente mais Scott Tixier n'est pas un disciple servile. Il crée son propre univers. L'usage du piano et du Rhodes permet de passer dans le même morceau de l'évocation de "  Bitches Brew " de Miles Davis à un bon vieux blues des familles. Batteur et bassiste sont là, à l'écoute, toujours prêts à stimuler, lancer, propulser les solistes.

Outre la qualité des compositions et des interprétations, il faut insister sur la qualité du son de cet album. L'ingénieur du son a déjà eu deux Grammy Awards pour ses travaux et cela s'entend. Tout est net, distinct, les solistes sont mis en valeur, spécialement la sonorité ferme, audacieuse, tenue de Scott Tixier et les accompagnateurs sont bien présents, solides à leurs postes. La voix d'Emilie Weibel, elle, semble descendue du ciel.

Comme au bazar, l'auditeur peut faire son marché dans cet album. Ecouter tout d'un coup, sélectionner les morceaux, en écouter au hasard d'une programmation aléatoire. Bien sûr, il y a un ordre, les morceaux s'enchaînent mais une des leçons de cette musique, c'est qu'elle invite à briser les codes. Suivons la, suivons Scott Tixier.

Concert de lancement de l'album à New York City, USA, au Cornelia Street Cafe, dans Greenwich Village, le mardi 13 mars 2012 à 20h30. Entrée à 20$US, boisson comprise. Moins cher que les clubs parisiens de la rue des Lombards.

Espérons que ce talentueux compatriote viendra bientôt en France jouer cet album de Bretagne en Provence, de Calais à Hendaye en passant par Paris. D'ici là, son album est à la disposition des esprits libres qui veulent passer jour et nuit au violon.

 

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