Je me souviens de David S. Ware (1949-2012)

Publié le par Guillaume Lagrée

 

" Je me reconnais en David S. Ware " (Sonny Rollins)

Lectrices Free, lecteurs Jazz, je me souviens de David S. Ware, saxophoniste ténor noir américain. Un homme d'une intégrité rare. Il avait été chauffeur de taxi à New York pendant plus de dix ans parce que sa musique n'intéressait personne et que lui ne voulait pas, ne pouvait pas en changer puisque cette musique c'était lui. Il adorait Sonny Rollins avec qui il avait étudié, discuté, répété mais jamais joué en concert ni enregistré en studio. Trop tard maintenant.

 

J'avoue ne pas connaître sa musique car le Free Jazz n'est pas vraiment ma tasse de thé. Cependant j'ai eu l'honneur de le rencontrer à Paris en 2005 alors qu'il répétait et jouait au Couvent des récollets, cette magnifique bâtisse Grand Siècle près de la gare de l'Est. Une rencontre avec David S. Ware est inoubliable. J'étais accompagné de l'Excellent Jérôme Gransac (Mr Big Bag pour les anglophones) aujourd'hui patron des Disques de Lily dont certains artistes figurent en bonne place sur ce blog: Sébastien Llado, Pierre Durand. Nous oeuvrions alors pour citizenjazz et Jérôme Gransac connaît vraiment, lui, l'oeuvre de David S. Ware.

 

Voici l'interview que nous avions réalisée alors conduite par Mr Big Bag avec des interventions minuscules de votre serviteur, lectrices Free, lecteurs Jazz.

 

 

Lisez le commentaire du Citoyen Jérôme Gransac sous cet article pour plus d'informations sur David S.Ware, lectrices Free, lecteurs Jazz.

 

David S. Ware était un homme grand, impressionnant, entier, habité, sans concession mais fragile. En 2009, une fan lui avait offert un rein et quelques années de vie en plus.

 

 

Pour aller plus loin, regardez le documentaire " David S. Ware. A world of sound " produit par le cinéaste américain David Lynch, autre amateur de méditation transcendentale. " Transcendental meditation gives you peace of mind " (Stevie Wonder). 

 

 

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jerome gransac 22/02/2013 14:11

Adoubé Par Sonny Rollins.
David S Ware est un musicien. Un vrai. Derrière l'image qu'il dégage il y a de la vraie sincérité, de la véritable humanité.
Je me souviens d'être reparti de cette interview aux Récollets transpirant car il faisait chaud et parce que j'étais bouleversé par un être à l'allure autistique, méfiant qui se demandait "que va t
il faire de cet échange?".
J'ai rendu compte au plus près avec humilité: chaque mot de cet artiste m'a interpellé et m'a fait prendre conscience de sa mission qui était de transmettre sa profonde spiritualité. En dehors de
tout artifice.
Je me souviens de sa résidence aux récollets avec son "string ensemble" o il ne jouait pas et ne faisait que conduire une musique âpre, édifiante et émouvante.
D'autres ppurraient tant dire de lui: le contrabassiste Géraud Portal qui a passé 6 mois avec Ware chez lui. Et Anne Dumas dont je ne peux que vénérer le dévouement.
Parlons disques: "Surrendered" est un cd de musique modal extraordinairement puissant, "Third ear recitation" est bouleversant, "Live in the Worlds " pour lequel nous l'avions interviewvé toi et
moi est la meilleure représentation de la musique de son quartet: 20 ans de musique!
Ce titre "Great Bliss" est d'une mélodie exceptionnelle et d'autres albums dont des extraits musicaux ont été repris par des dj comme DJ Spooky sans que Ware le sache, car cela ne le concernait
pas.
Grâce à Ware, j'ai perçu Sun Ra, non plus comme un musicien génial et marginal, comme un artiste fondamental dont l'oeuvre est absolument immanquable (Jazz in Silhouette) et représentant précoce de
la Black music actuelle.
David, je penserai à toi très souvent. Toute ma vie j'espère. Je te remercie pour nos échanges (ainsi que Anne Dumas) et j'espère te retrouver quelque part. Pas trop vite quand même :-)
A plus Guillaume et merci d'avoir pensé à rendre hommage à ce monsieur unique. Puisse ces mots interpeller un de tes lecteurs, l aura tout à y gagner.
J. GRANSAC