Jean-Philippe Scali Sextet en Evidence sur la scène du Sunside

Publié le par Guillaume Lagrée

 

 

Jean Philippe Scali Sextet

 

Paris. Le Sunside.

Jeudi 15 mars. 21h.

 

Jean-Philippe Scali : saxophones alto, baryton, soprano

Jerry Edwards : trombone

Julien Alour : trompette, bugle

Adrien Chirot : piano, Fender Rhodes

Simon Tallieu : contrebasse

Manu Franchi : batterie

 

Concert de sortie de l’album « Evidence ». A six sur la scène du Sunside, il ne faut pas faire de faux mouvement pour ne pas éborgner ou assommer son voisin.

 

La contrebasse lance le groove, le sax alto la rejoint. Le groupe arrive avec le Fender. Ces jeunes Français blancs de peau ont écouté attentivement la Great Black Music et ils la restituent à leur manière sans l’affadir ni la copier. Mon pied droit bat la mesure automatiquement. La rythmique tourne. Courts exposés de cuivres entrecoupés de solos du leader. Les cuivres pètent sans vous vriller les tympans. La rythmique met des bonnes claques derrière. Ah, que c’est bon ! Il faut qu’ils jouent dans une salle de danse, ces petits gars. Après une phase calme, ils repartent tous ensemble et une grande vague de chaleur nous emporte. C’est simple, efficace et bon. C’était « Brother James » une composition de Jean-Philippe Scali qui n’est pas dédiée à James BrownSoul Brother n°1.

 

«  O when the saints », un gospel que l’on ne présente plus. L’album est inspiré de la Nouvelle Orléans , tant dans les reprises que les compositions. Démarrage au piano. Ca groove dans une belle vague. C’est bien le thème mais subtilement dérangé par JP Scali et Cie. Le trompettiste est passé au bugle pour plus de douceur. Duo piano/sax alto qui se répondent en ondes. Le sax alto est parti à fond les manettes poussé par la rythmique. Manu Franchi frappe sec et fort. Après un solo de piano tourbillonnant au dessus de la rythmique, retour groupé du sextet. Ca pulse, par Jupiter ! Solo de trombone bien pétaradant. Tout se calme pour un solo de contrebasse. Je pense que c’est l’enchaînement vers la deuxième partie du morceau comme sur l’album. Simon Tallieu tripote bien les cordes. Ca sonne bien grave, bien profond. JP Scali utilise un long cylindre rempli de gravillons ou de billes (j’avoue ignorer le nom de cet instrument de percussion) qui descendent pour produire un son étrange alors que le piano tintinnabule avec la contrebasse. La mélodie principale revient portée par la rythmique. Le sextet repart soudé. C’est le mur du son mais il est fait pour être franchi.

 

Trompette. Fender. « Evidence » (TS Monk), un autre dérangement par JP Scali et Cie. Version un peu rock par son énergie, sa pulsation. Il n’y a pas de guitare électrique mais on l’entendrait presque. Il y un côté Free chez les cuivres, Rock pour la rythmique. Bref, ça déménage. D’ailleurs, le claviériste est revenu au piano. Déménager ? Piano ? Gainsbourg ! Après un solo de piano virevoltant au dessus de la rythmique, retour au thème à six, d’un bloc, bien funky.

 

Bugle. Clavier électrique. « Eternel présent » (JP Scali). Une composition pour saisir la joie de l’instant présent.  Sax soprano. Très jolie mélodie entêtante et dansante. Trombone et bugle ajoutent du velours au son aigu du soprano. C’est une sorte de valse. Un bon truc pour danser. Ca marche à fond sur moi : je hoche la tête, chantonne et bat la mesure du pied gauche.

 

Le batteur démarre seul, très funky. « Five minutes walk » (JP Scali). Fender, trompette, sax baryton. C’est bien funky. Ces petits blancs sonnent black dans leurs becs. Solo brillant de trompette, bien porté par la rythmique. Solo de trombone plus tranquille, plus ronronnant. A la rythmique de ronronner funkissimo. Dialogue chaud, percutant entre contrebasse et batterie. La rythmique est repartie, chaude, tendue, stimulante pour le sax baryton. Le groupe repart vers le final.

 

PAUSE

 

Le concert est à la hauteur de mes espérances après avoir écouté l’album. Malheureusement, je n’ai pas assez dormi la nuit précédente et ne suis plus en état de poursuivre l’expérience. Je laisse mes sympathiques voisins de concert, nouveaux lecteurs de ce blog, nous décrire la suite et la fin de ce concert, s’ils le désirent.

 

Dans la vidéo ci-dessous, Jean-Philippe Scali présente son premier album. Offrez le à vous et à des amis choisis, lectrices exigeantes, lecteurs sélectifs. Sur scène, ce sextet dégage tant de joie de jouer et de chaleur humaine que vous ne pourrez lui résister.

 

 


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