Le Sunset kiffe Omry

Publié le par Guillaume Lagrée

 

Paris. Le Sunset. Samedi 10 octobre 2009. 22h.

OMRY


Pierrick Pédron
: saxophone alto
Laurent Coq : Fender Rhodes, piano
Eric Lorer : guitare
Vincent Artaud : guitare basse électrique
Franck Agulhon : batterie
Fabrice Moreau : batterie

La photographie de Pierrick Pédron est l'oeuvre du Resplendissant Juan Carlos Hernandez.

Démarrage par les deux batteurs seuls sur scène. Fabrice Moreau fait chantonner les tambours avec les maillets.Franck Agulhon tapote les bords de caisses avec les baguettes. Les vibrations chauffent le ventre. Le groupe les rejoint sur scène alors que les maillets roulent, vibrent. La mélopée orientalisante commence. Ca groove tranquillement. Adossé au piano, Vincent Artaud fonde l’édifice. Les batteurs se lancent, en force retenue. Contrechant du Fender alors que Pierrick s’envole, déchirant tout sur son passage. Joli échange guitare/Rhodes. Les batteurs ne lâchent pas un pouce de terrain. Leur défense de zone est imprenable. Pour conclure, le chef se tourne vers sa formation.

Enchaînement direct sur un morceau au groove plus lancinant encore. Ils accélèrent. Le visage de Pierrick prend des couleurs cuivrées sous les spots. C’est dire si la fusion de l’instrumentiste avec son instrument est totale. Le groupe accélère fort comme une moto GP. Ils sont dedans. Pierrick danse sur place avec son instrument. Les batteurs se regardent, s’écoutent, complices. Laurent Coq explore le thème, lâchant et reprenant sans cesse la main, accélérant progressivement. Ca monte. Nous restons scotchés au sol, écoutant la fusée OMRY décoller. Solo aérien de guitare, les cordes vibrent, le son ondule. Son manifestement influencé par Bill Frisell. Que de branchements ! Il faut être ingénieur électricien pour être guitariste semble t-il. Le guitariste joue à saturer les ondes.

Enchaînement sur un autre morceau, plus lent mais toujours sinueux. Ca balance. Toujours ce joli mélange jazz/rock/oriental. Le groupe pousse et Pierrick s’envole à nouveau. Nul besoin de paradis artificiel pour quitter la Terre. OMRY suffit.

Pierrick présente les musiciens. Les deux batteurs se tapent dans la main.

Une ballade pour finir le 1er set. Enthaisam ( ?). Solo de sax alto pour commencer. Jolie mélodie et son tranchant. Les autres musiciens sont en pause et écoutent le patron. Vincent Artaud s’est décollé du piano pour permettre à Laurent Coq d’en jouer. Tout le groupe part en ballade. Fabrice est aux baguettes, Franck aux balais. 4 baguettes et 2 batteurs pour impulser derrière la guitare. La ballade a pris un coup de sang.

PAUSE.

Ca repart doucement avec une basse entêtante. Franck aux balais, Fabrice aux baguettes. La guitare s’énerve et les deux batteurs sont aux baguettes. Le sax vole en zigzag comme une nuée d’étourneaux à lui seul. La pause n’a pas refroidi le groupe. Les batteurs se sourient tout en tapant joyeusement. Leur entente est très profitable au groupe. Sur quelques mesures, le groupe envoie la sauce piquante hard rock sans le sax. Le jeu se calme et la ballade repart.Le son monte en puissance derrière le solo du guitariste. Pierrick embraye et lâche les gaz. Son planant de la guitare. Les batteurs s’amusent avec des percussions, des grelots sur leurs tambours. Son mystérieux et répétitif du piano. Fabrice Moreau maintient un roulement de mailler en harmonie avec le piano : simple à entendre, beau à voir. Dialogue piano/batterie percussions. La basse fait le lien entre les deux camps, tranquillement. Le groupe repart tout entier à bloc derrière le boss de l’alto, Mr Pierrick Pédron. C’est la chevauchée fantastique.

Tout se calme. Solo de Vincent Artaud. La basse est prolongée par la magie de l’électronique, en boucles sonores. C’est le modèle de Sir Paul Mac Cartney mais pas le même jeu. Parfois ça sonne presque comme une contrebasse. Cette fois ci les batteurs accompagnent, Fabrice aux maillets, Franck aux grigris.Le son de la basse danse dans l’espace. Les batteurs poursuivent leurs passes magiques. Une boucle rythmique tourne alors que le bassiste improvise par dessus. Les batteurs repartent uax baguettes vite, haut et fort alors que la basse plane par dessus. Le sextet repart comme un seul homme. La belle équipe ! Le guitariste s’offre un pur moment de rock’n roll. Laurent Coq, seul au Rhodes, s’amuse à tordre les sons. Là, c’est la transe. Tant pis pour ceux qui n’y étaient pas.

Les deux batteurs se retrouvent seuls à jouer et sonnent la fin du concert. Ils savent se contenir vu l’exiguïté de la salle. Dans ces limites, ils envoient. Les baguettes craquent et pètent. Ils savent se contenir vu l’exiguïté de la cave qui sert de club de Jazz. Dans ces limites, ils envoient. Les baguettes craquent et pètent. Ils alternent le crescendo et le decrescendo tout en maintenant la tension, la pression. Ils s’amusent bien mais ils n’en font pas trop. Tel est le bon goût : savoir jusqu’où on peut aller trop loin (Jean Cocteau). Fin du concert. Les batteurs se donnent l’accolade.Ils ont gagné le droit de se congratuler. Beau travail.

Le groupe quitte la scène sauf Laurent Coq et Pierrick Pédron qui, sous la joyeuse pression d’un public qui en veut toujours plus ( vous êtes des enfants dit Laurent Coq. Oui ! lui répond t-on), joue un RAPPEL.

« A nightingale sang in Berkeley Square ». Un standard joué en duo piano/sax alto. Le public voulait le duo et tout le groupe. Il ne reste que Pierrick et Laurent sur scène. Nous nous en contenterons. Intro au piano pour mettre en place le morceau. Pierrick joue chaud et tendre. Il joue loin du micro dont il n’a nul besoin. Chuintements désagréables dans les baffles. L’ingénieur du son n’a pas réglé pour l’acoustique. Ballade bien tranquille pour calmer le jeu. Pierrick met tant de velours dans son jeu qu’il sonne presque comme un sax ténor. Il est 1h10 du matin, l’heure de nous préparer à faire de beaux rêves.

Face au public qui en demande encore, Pierrick menace de passer au piano pour nous faire fuir. Laurent Coq le supplie de n'en rien faire. La musique s’arrête là, le plein de sensations est fait jusqu’à la prochaine prestation du Breton Pierrick Pédron. OMRY signifie « Ma vie » en arabe. « Ma vie » la chanson fétiche du Breton Alain Barrière. Comme dit le proverbe, sous chaque vague, un Breton !

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la pie blésoise 12/10/2009 23:48


merci pour ce partage... les images, et presque le son :-)
Omry est décidément un projet magique, sorti du chaudron d'un enchanteur breton, Pierrick "Merlin" Pedron :-))


Guillaume Lagrée 07/11/2009 22:17


Pour le son, il y a l'album et divers concerts. Ce projet n'a pas fini de nous enchanter.