Les Dragons d'Alexandra Grimal font la Java à Paris

Publié le par Guillaume Lagrée

 

 

 

Jazz à la Java

La Java . Paris.

Lundi 30 janvier 2012. 20h30.

Une soirée organisée par Gérard Terronès et  Futura Marge.

 

Première partie

Eve Risser : piano, piano préparé, divers instruments et objets détournés

 

DRAGONS

 

Alexandra Grimal: saxophones ténor et soprano

Nelson Veras : guitare

Jozef Dumoulin : piano

Dré Pallemaerts : batterie

 

 

Alexandra Grimal qualifie Eve Risser d’ « immense musicienne pour qui j’ai la plus grande admiration ». A mon goût, c’est à fuir. Pour vous faire votre opinion vous-mêmes, lectrices curieuses, lecteurs éveillés, vous pouvez écouter Eve Risser sur son site Internet et aller la voir en concert à Paris, au studio de l’Ermitage, le jeudi 16 février 2012 à 20h30.

 

DRAGONS

 

Pour ceux qui sont complètement coupés du monde extérieur, sachez que la Chine est entrée dans l’année du Dragon le lundi 23 janvier 2012. C’est un signe particulièrement bénéfique. Une hausse de 5% du nombre de naissances en Chine est attendue pour cette année. C’est sous ce signe bénéfique que se placent Alexandra Grimal et ses hommes. Cette chronique sera abrégée car mes notes sont parfois illisibles. Les aléas du direct comme disent les commentateurs sportifs.

 

Elle attaque au soprano. Aigu, plaintif. La batterie vient poser les fondations de l’édifice. Nelson Veras ajoute des douceurs à la guitare. Ca s’entrechoque de partout mais ça s’organise. Ca démarre cahin-caha. Ils refusent la facilité mais c’est tout de même coordonné. Ca repart sur une mélodie mais par soubresauts. Je comprends le refus de la facilité mais, vu l’aisance de chacun des musiciens, ce quartet pourrait jouer plus délié. C’était « L’arrivée dans le désert ».

(…)

Ah ces musiciens européens ! Ils ne savent pas enchaîner les morceaux, tenir le public en haleine, ne pas lui laisser le temps de reprendre son souffle, ce que font si bien les Américains. Certes, Nelson Veras est Brésilien mais, comme il vit en France depuis l’âge de 14 ans, je l’assimile à ses complices.

 

Une jolie ballade commence. Bien ensemble. Le batteur est aux balais, la saxophoniste au ténor avec un son velouté mais pas mièvre, mielleux. Ca ronronne tranquillement. Ces jeunes gens se sont bien assagis. Solo de Nelson Veras au dessus du piano, du batteur, du public, du monde, de tout. Le sax ténor revient, superbe et généreux. Le groupe décolle et devient Hénaurme ! Comment une demoiselle si menue peut sortir un son d’une telle puissance de son saxophone ? Cela laisse pantois l’auditeur.

 

Intro en piano solo, zigzagante, troublante. Jozef Dumoulin mouline bien. Ca, c’est fait. Désolé. Le sax ténor reprend son vol. Dré pulse terrible. Le piano attaque. Ca décolle à nouveau. Alexandra Grimal tient les rênes de l’ensemble. Elle assure grave. Il existe d’autres Françaises saxophonistes sur le marché mais pas de ce calibre. La batterie se tait. Ca joue très finement entre guitare et piano. De la dentelle. De Bruges et d’ailleurs. Tout devient gracieux, subtil, discret. Fin surprise au piano.

 

Duo piano/soprano pour commencer. La guitare vient s’en mêler. La batterie ajoute du coffre. Elle passe au ténor. Dehors, il fait froid, tout est figé. Ici, c’est chaud bouillant, une tempête tropicale se déchaîne à la Java (logique, vu le nom de la salle). Le son du ténor est rauque, puissant, échevelé, bref libre. La guitare calme le jeu. Alexandra passe au soprano. Maintenant, ils nous prennent par la douceur. Ca marche aussi. La rythmique accompagne la chef dans une vague de grâce.

 

BIS

 

« Mélodie pour Juan ». Un hommage d’Alexandra Grimal au photographe exclusif de ce blog, Juan Carlos Hernandez, assurément. C’est une ballade. Ils vont chercher la mélodie à trois d’abord. Puis le batteur arrive doucement aux balais. C’est devenu fusionnel, passionnel. Heureux Juan ! Il m’avait caché cette composition. Dré est aux baguettes, cela devient plus musclé. C’est de l’indépendance coordonnée à quatre musiciens. Elle passe au soprano, plus aigu, plus tranchant forcément. Nom de Zeus, c’est beau !

 

Au final, cette soirée Jazz à la Java m’a déçu : en mal d’abord, en bien ensuite. Alexandra Grimal n’a pas encore 30 ans. Il la faut suivre attentivement et pour longtemps. Que ses Dragons crachent feu et flamme bien au-delà de 2012 !

 

La Java est une salle créée en 1924 où Django Reinhardt joua. Elle a gardé son âme d'antan, accueille les musiques d'aujourd'hui et, détail agréable, le bar propose des fruits frais au lieu des habituelles cacahuètes salées. Même si Salt Peanuts (Dizzy Gillespie) est un standard du Jazz, c'est plus sain et plus savoureux.

 

Pour vous donner une idée de cette musique, voici une vidéo d'un précédent concert de ce groupeen avril 2010. Depuis, leurs recherches les ont conduit à de nouvelles découvertes. Allez les écouter pour en profiter, lectrices savantes, lecteurs experts.

 

 

 

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