Macha Gharibian " Mars "

Publié le par Guillaume Lagrée

 

 

Macha Gharibian

« Mars »

Sortie le mardi 22 janvier 2013.

Bee Jazz

 

Macha Gharibian: chant, piano, Fender Rhodes

Théo Girard: contrebasse

Fabrice Moreau: batterie

David Poteaux-Razel: guitare électrique

 

Sages lectrices, prudents lecteurs, méfiez vous de cette musique car elle est dangereuse. D’abord parce qu’elle commence par une fausse piste. Le titre de l’album « Mars » n’est pas un morceau de l’album ? Est-ce un hommage au mois, au dieu romain de la guerre amant de Venus, à une sucrerie chocolatée américaine, au récit de Fritz Zorn ? Ou une allusion à un autre Mars que je ne connais pas ? Ensuite, parce que cette musique paraît innocente voire inoffensive au premier abord. Mars n’attaque pas. Ce qui ne signifie pas que cette musique ne soit pas énergique mais elle est d’une énergie sourde, voilée, comme celle du magma sous la croûte terrestre. Une pianiste et chanteuse française aux racines arméniennes qui joue du Komitas ne serait-elle pas influencée par Tigran Hamasyan ? Oui elle l’est mais cela ne suffit pas à la définir.

 

Mars n’attaque pas. Il vous envahit, lentement, doucement, sans coup férir, au fur et à mesure des écoutes. Ensuite, il ne vous lâche plus. « La douceur » (n°4) porte aussi bien son nom que « Finesse » de Django Reinhardt. La guitare électrique est souvent utilisée comme un violon créant un trouble supplémentaire. Fabrice Moreau produit mille sortes de clartés obscures depuis sa batterie. Le contrebassiste tient fermement et souplement le tempo, sans accroc. Les claviers coulent de source, la voix aussi. « Kele Kele » (n°5) est chanté et publié en arménien. Je ne parle pas un mot de cette langue. Je n’y comprends rien. Peu importe, je n’ai qu’à me laisser porter. Macha Gharibian aime le mystère. Ce n’est pas un hasard si elle chante un poème de William Parker intitulé « Ritual Prayer » (n°1), un autre de William Blake nommé « Night » (n°3). Enfin, elle sait finir un album en y laissant un goût d’au revoir, de revenez-y à l’auditeur, « Sei Kei » (n°9).

 

Bref, qu’elle joue des claviers ou qu’elle chante, Macha Gharibian, c’est « Byzance » (n°2) !

Elle est à découvrir dans tous ses fastes et son mystère, avec ses hommes, sur la scène du Studio de l’ermitage à Paris le jeudi 31 janvier 2013 à 20h30.

 

 

 

 

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