Manu Codjia Trio " Covers " en concert au Sunset

Publié le par Guillaume Lagrée

 

 

Manu Codjia Trio

Paris. Le Sunset.

Jeudi 18 novembre 2010. 22h.

 

Manu Codjia : guitare électrique

Jérôme Regard : contrebasse

Philippe Garcia : batterie, samplers

 

Manu Codjia

 

La photographie de Manu Codjia est l'oeuvre du Cosmique Juan Carlos HERNANDEZ.

 

Concert de lancement de l’album « Covers »,  diffusé sur TSF

 

Démarrage comme sur l’album par « Beat it » de Michael Jackson et Quincy Jones. La guitare attaque tout de suite. La pulsation funky est assurée par la contrebasse et la batterie. Manu, lui, tisse cotte de mailles froide et superbe. Ca mord. Rythme ça comme le chantait Michael. Pas de doute, il y a du rythme. Manu tourne autour du thème, y revient, sans jamais perdre l’énergie, la tension nécessaire.

 

Démarrage en solo de guitare, planant et métallique à la fois, le truc de Manu Codjia. Il suit l’ordre de l’album. « Redemption Song » de Bob Marley. Une superbe ballade que Bob chantait, seul avec sa guitare sèche. Un chant de liberté et de rédemption. C’est le calme après la tempête. La rythmique reggae est entrecoupée d’éclairs d’orage. La tempête revient pour disparaître avec le retour au calme du thème.

 

« Martha » (Tom Waits). Ce morceau a rappelé à un ami, Monsieur E., les soirs pluvieux d’enfance quand sa mère cuisinait en écoutant cette chanson. C’est une ballade. Je ne connais pas la chanson d’origine mais elle doit être belle. Les sons se mêlent, se croisent, entre acoustique, électrique et électronique.

 

Le batteur démarre seul. «  T’entends ce thème ? C’est assez beau, non ? C’est le requiem pour un con ! » (Serge Gainsbourg). Manu ajoute sa guitare à une chanson qui n’en comprenait pas. Ca mitraille, défouraille à tout va mais avec poésie. Une femme enceinte est assise à côté de moi. Voilà un bébé dont l’oreille sera bien formée. En un instant, la musique s’allège, s’élève sans relâcher la tension, la pression. M. Serge peut être fier de ces petits gars. Ils assurent. Très jolie citation de « Je t’aime moi non plus » que je ne reconnaissais pas sur l’album. Je m’en vais donc le réécouter.

 

Retour à la ballade avec Leonard Cohen l’homme qui donne froid à la nuit. « Allelujah ».

 

« Hunting high and low » chanson d’un trio de blonds Norvégiens qui plaisaient beaucoup aux jeunes filles à l’époque, A Ha. Manu Codjia a bien résumé la chose. Je peux personnellement témoigner que les brushings ébouriffants des membres d’A Ha plaisaient aux jeunes filles françaises des années 1980. Je ne comprends toujours pas pourquoi. Ces mystères m’échappent. Ce morceau de pop innocente prend un sacré coup de vice. Philippe Garcia travaille son appareillage électronique. Il y a des interférences sur la ligne. Les Martiens attaquent. N’ayez pas peur. Enfin, ce genre là, quoi. La mélodie finit par arriver mais embellie, enrichie, agrandie. Un vieux Monsieur s’en va pendant ce morceau. Il était déjà trop vieux pour A Ha dans les années 1980. Revu et corrigé par Manu Codjia et ses amis en 2010, le choc était trop rude pour lui.

 

PAUSE

 

Il est déjà 23h15 et j’ai école le lendemain à 9h. Je dois donc quitter à regret ce concert. Depuis 10 ans que je l’écoute, Manu Codjia ne m’a jamais déçu. Ce programme est une réussite par le choix et le traitement des morceaux. Je pense tout de même que Manu Codjia pourrait se permettre une rythmique plus créative et plus affranchie. Il y gagnerait certainement.

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