Manuel Rocheman rend hommage à Bill Evans au Sunside

Publié le par Guillaume Lagrée

Manuel Rocheman Trio 

Paris. Le Sunside. Vendredi 21 janvier 2011. 21h.

Concert diffusé sur TSF Jazz 

 

 

 

 

Manuel Rocheman : piano

Mathias Allamane : contrebasse

Matthieu Chazarenc : batterie

 

Ce soir la salle est archi comble. Je suis assis le nez sur le piano. Manuel Rocheman vient présenter son album hommage à Bill Evans enregistré avec ce trio. « Suicide is painless » thème du film « M.A.S.H » de Robert Altman joué par Bill Evans sur son album « You must believe in spring ». Pour ceux qui n’ont pas vu le film, je ne raconte pas la scène où les infirmières chantent cette chanson. C’est à mourir de rire comme le titre du morceau l’indique.

Ca swingue bien, délicatement. Les balais fricotent tout en douceur sur les tambours. La contrebasse impulse. Le piano part en ballade. Je vois les mains du pianiste se refléter, détachées du corps, sur le piano. Matthieu est passé aux baguettes. Ca monte en puissance

 

Solo de piano pour introduire une ballade. Je ne capte pas le thème. Une vieille dame élégante écoute la musique religieusement derrière le pianiste, les yeux clos, en communion avec la musique. C’est une valse comme souvent chez Bill Evans. Le batteur est aux balais. Le contrebassiste devient leader. Ca mijote bien à la batterie. La contrebasse est d’un beau brun sombre. La musique coule comme une belle fontaine vive, joyeuse, claire. Les cymbales vibrent sous les maillets pour le final. C’était « We will meet again » de Bill Evans.

 

« The touch of your lips », standard qu’aimait jouer Bill Evans. Ca roule tranquille. Les tambours frémissent sous les balais. La contrebasse ancre alors que le piano virevolte clair, léger. Manuel Rocheman n’est pas un disciple de Martial Solal pour rien. En étant si près, le nez sur le piano, je vois que le pianiste bat la mesure des pieds mais n’utilise pas les pédales. De sa formation classique (mettre le lien avec la page sur piano bleu), il a appris à jouer legato sans les pédales. La musique s’anime avec les baguettes sur les cymbales. Son chaud, souple, bondissant de la contrebasse en solo.

 

Introduction au piano. Une nouvelle ballade. Normal, c’est un programme dédié à Bill Evans. Ca s’anime avec l’arrivée de la contrebasse et de la batterie. Ca tourne vraiment bien et ça fait du bien par où ça passe.

Au Sunside, si vous arrivez à l’heure, vous vous asseyez sur des chaises d’église de campagne, en bois, sans paille. Si vous arrivez un peu tard, vous vous retrouvez assis sur des poufs d’école maternelle. Bref, vous avez le choix de l’embarras. Pour vous faire oublier cet inconfort, il y a la musique. Elle est belle ce soir. C’est une composition originale dont je n’ai pas capté le titre.

 

« Valse des chipirons » (Manuel Rocheman). C’est un hommage à un ingrédient de la cuisine basque. Ca doit être délicieux vu le joli résultat que cela donne en musique.

 

La grand-mère élégante écoute religieusement le solo de piano, les yeux clos. La musique se développe dans le grave, la contrebasse l’épouse puis les cymbales sur les balais. Le trio chante. Le tempo ralentit. Ca touche plein cœur sans vous faire souffrir. Emouvant final.

 

Arrêt pour cause de consultation de partitions. « Rhythm changes », une nouvelle composition de Manuel Rocheman. C’est énergique. Cela part, s’arrête, bifurque. Bref cela me rappelle Martial Solal dans l’esprit mais sans copie. La grand-mère élégante a bien mieux vieilli que son mari mais ils restent unis. C’est le plus important. Petite citation de John Coltrane. Ca pulse, saperlipopette ! Matthieu Chazarenc en profite pour faire fumer la batterie aux baguettes. Fouette, cocher !

 

PAUSE

 

La musique est bien agréable mais Mademoiselle F et moi sommes vraiment trop mal assis ce soir. Le concert s’est donc arrêté là pour nous.

 

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