Maxime Fougères Trio " Guitar Reflections " à l'Improviste

Publié le par Guillaume Lagrée

 

Maxime Fougères Trio

Paris. Péniche l’Improviste

Jeudi 22 novembre 2012. 21h

 

Maxime Fougères : guitare électrique

Yoni Zelnik : contrebasse

Antoine Paganotti : batterie

 

 

Premier set en trio. Deuxième set en quartet avec un invité mystère. Toutes les compositions sont l’œuvre d’Edward Kennedy « Duke » Ellington (« Maestro E.K » comme disait le pianiste et compositeur John Lewis).

 

Je retrouve tout de suite la classe, l’élégance du trio qui me charme tant sur l’album " Guitar Reflections ". Le Duke peut être fier de ces petits gars qui font vivre sa musique trente huit ans après sa mort. Le batteur est aux balais. Ca tourne mais ni court ni en rond. Il y tant de Jazzmen actuels qui composent sans en avoir le talent qu’il est bon d’entendre des musiciens piocher dans l’œuvre du plus grand compositeur du Jazz. Ils l’arrangent sans piano, ni cuivres et c’est bon.

 

Toujours aux balais. Ca vite plus vite. Ca reste léger, aérien. Ce ne sont pas les standards ellingtoniens. Je ne reconnais pas les titres mais le sceau du Duc sur cette musique. Yoni Zelnik est impeccable au centre, distribuant le jeu alors que les deux attaquants de pointe, guitariste et batteur, font merveille. C’est du miel pour les oreilles. Ca swingue et ça tient chaud au cœur et à l’âme. Bref, c’est du Jazz. Classique mais pas vieux jeu. Ils ont joué « Who knows ? » puis « Kinda Dukish ». 

 

« All too soon ». Le batteur reste aux balais. Une ballade tranquille. Ca masse, délasse, prélasse mais ne lasse pas. La péniche l’Improviste reste à quai (de l’Oise) mais nous partons en croisière en douceur, en léger balancement. Premier solo de contrebasse chaud, grave. Massage plus en profondeur. La musique est chaude, souple, ondoyante, jamais rude ou rêche. 

 

Un morceau plus rapide. Leçon de balais ce soir. Ca pulse, vibre. Puis retour au calme. Morceau avec des phases calmes et agitées. D’ailleurs, dehors, l’eau coule plus vite.

 

Une nouvelle ballade langoureuse. Le genre de musique qui s’écoute allongé, en belle et bonne compagnie. « La musique de Duke Ellington est si érotique qu’elle en devient mystique » (Boris Vian). Son effet aphrodisiaque a été démontré scientifiquement si souvent qu’il est inutile d’y revenir. Chorus très bien construit de la guitare. Ca progresse lentement et sûrement vers une apogée paisible. C’était « Reflections in D » ( « Réflexions en Ré » en version française).

 

« Montevideo » (une ville chère aux amoureux de la poésie française car y naquirent Lautréamont et Jules Supervielle). Morceau qui swingue terrible avec un latin tinge comme aimait dire Jelly Roll Morton. Rassurez vous, lectrices inquiètes, lecteurs anxieux, le batteur est toujours aux balais et l’ambiance toujours aussi bonne. C’est comme l’Atlantique Sud, plein de surprises, entre chaleur et vigueur. Solo chaud et facétieux du contrebassiste bien relancée par ses complices. 

 

Première intro en solo de guitare. C’est dire si le leader ne tire pas la couverture à lui. Tout en douceur et en finesse. En même temps, il y a le sens de l’espace. Maxime Fougères arrive même à imposer le silence aux bavards du bar au fond de la salle. C’est dire la beauté de cette musique. Ca redémarre. Le batteur passe aux baguettes pour un morceau plus tonique. Ca swingue tellement que je bats la mesure des deux pieds, n’importe comment mais content. Après un beau solo de contrebasse, le premier solo de batterie bien sec, net, précis. A part Roy Haynes, je suis par principe opposé au solo de batterie. Celui là n’est pas démonstratif et ne dure pas trop longtemps donc ça va.

 

PAUSE

 

Solides lectrices, fermes lecteurs, je dois vous avouer que je tiens une toute petite forme ce soir. Si petite que je suis parti à la pause bien qu’il ne fût que 22h. Je ne vous parlerai donc de la deuxième partie. Si l’un d’entre vous y a assisté, qu’il n’hésite pas à ajouter ses impressions en commentaire de cet article. L'invité mystère était, comme sur l'album, le saxophoniste ténor Julien Pontvianne. En tout cas, en concert comme sur l’album, je recommande vivement l’opus ellingtonien du trio de Maxime Fougères à tous les amateurs d’ordre et de beauté, de luxe, de calme et de volupté.

 

Pour finir, une vidéo de ce trio pour voguer vers " Montevideo ". Bon voyage.

 

 

 

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