Michel Edelin Quartet " Résurgence "

Publié le par Guillaume Lagrée

 

 

Michel Edelin Quartet

«  Résurgence » 

Rogueart. 2013.

 

Michel Edelin : flûte, flûte alto, flûte basse, compositions

Jacques Di Donato : clarinette, clarinette basse, saxophone soprano

Jean-Jacques Avenel : contrebasse

Simon Goubert : batterie

 

Selon le Trésor de la Langue Française Informatisé , une résurgence est la réapparition à l’air libre, sous forme de grosse source, d’une nappe d’eau ou d’une rivière souterraine. Par métonymie, la source elle-même. Au figuré, c’est le fait de réapparaître, de ressurgir.

 

Résurgence, c’est le terme parfait pour désigner cette musique. Enregistré pour la première fois en 1995  (Déblocage d’émergence, enregistré en concert au Petit Faucheux à Tours , pour le label AA), voici le second enregistrement de ce quartet dix-huit ans après. Le temps d’atteindre l’âge de majorité. La source est toujours vive et claire. Elle ressurgit donc.

 

 Les membres du quartet ont-ils vieilli ?  Pas du tout. Ils restent, rapides, précis, légers, jeunes d’esprit. Les traits sont suggérés, jamais pesants. Du sentiment, pas de sentimentalisme. Du dessin à la pointe du crayon, pas de la peinture à l’huile. L’absence de piano laisse beaucoup de place aux souffleurs mais comme il n’y a pas de cuivres, tout cela est libre comme l’air. Pas de brillant, pas de clinquant. La rythmique tient  fermement la barre mais, avec des maîtres comme Jean-Jacques Avenel et Simon Goubert, elle fournit des repères sans barrer l’horizon. Quant à Michel Edelin et Jacques di Donato, il n’y en a pas deux comme eux. C’est un concours de chant d’oiseaux que ce duo. Des airs qui ne seront jamais des tubes diffusés en boucle par les mass media mais qui vous accrochent l’âme, vous restent en tête et vous libèrent l’esprit. Liberté, Fantaisie, Esprit, telle est leur Sainte Trinité. Soyons leurs zélotes et chantons les louanges de cette musique sur Terre comme dans les airs.

En ces temps de pseudo dématéralisation (comme si les ordinateurs et les telefonini n'étaient pas des biens matériels), il faut souligner la beauté de la pochette du CD, digne d'un beau livre, proche de la Blanche de Gallimard, de belles photographies, un beau texte de présentation.

Après avoir exploré cette musique dans ses moindres recoins, vous aurez le plaisir, lectrices curieuses, lecteurs ouverts, d'aller écouter Michel Edelin en concert. Voici ce que donnait sur la scène du Petit Faucheux à Tours, Indre et Loire, Centre, France le batteur Simon Goubert au sein du quartet de Michel Edelin en décembre 2012. Ca, ce n'est pas de la batterie de cuisine!

 

 

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