Pierre Durand. " Chapter One: NOLA Improvisations "

Publié le par Guillaume Lagrée

Pierre Durand

" Chapter One: NOLA Improvisations "

Les Disques de Lily

Sortie le lundi 24 septembre 2012.

En concert au festival Jazz aux Ecluses à Hédé-Bazouges, Ille et Vilaine, Bretagne, France le samedi 22 septembre 2012 à 16h et 18h.

En concert à Paris, au Sunside, le jeudi 25 octobre 2012 à 21h

avec le quartet du tromboniste et conquiste  Sébastien Llado.


Pierre Durand: guitares, voix (8)

John Boute, Nicholas Payton, Cornell Williams: voix (5)

Lectrices critiques, lecteurs caustiques, je vous préviens tout de suite, il y a un morceau que je n'apprécie pas dans le premier album du guitariste français Pierre Durand, c'est le 5e (" Au bord "), une sorte de gospel sur lequel je n'accroche pas malgré les noms prestigieux des chanteurs. Cette réserve posée, cet album m'intrigue, me dérange, me remue, me perturbe, bref, il m'intéresse.

Pierre Durand est bardé de diplômes musicaux, c'est un accompagnateur recherché mais pour son premier album, il a pris des risques. Grâces lui en soient rendues. D'abord, il a quitté Paris mais pas comme Thomas Dutronc. Non, il est allé aux sources du Jazz à La Nouvelle Orléanq, Louisiane (en abrégé, NOLA). Il ne connaissait la Louisiane que par la musique, la littérature, le cinéma, bref l'Art. Il est allé à la rencontre des gens, s'est imprégné de l'ambiance, du décor, de la chaleur, de l'humidité, du bayou, du dieu dollar. Il avait juste deux mélodies à peine ébauchées en arrivant. Il s'est installé seul en studio avec ses guitares et il nous livre son interprétation de la Louisiane et de la Nouvelle Orléans, sans cliché passéiste à la sauce Marsalis, sans standard trop évident du type " Don't you know what it means to miss New Orleans ? " ou " It's a sleepy time down south " que Louis Armstrong ou Jelly Roll Morton interprétèrent magnifiquement mais c'était leur époque et leur cadre de vie.

A partir d'un ticket de métro glissé dans les cordes de la guitare, il parvient à nous évoquer l'Afrique transplantée sur les quais de la Seine ou du Mississipi (n°2: " Emigré "). Il se permet un clin d'oeil irrévérencieux qui est un hommage à un maître de la guitare (n°5: " Who the damn is John Scofield "), pour obtenir une merveille funky.

Sur 8 morceaux, 4 sont improvisés (1, 2, 4, 7) ce qui ne signifie pas que ceux qui ne le sont pas ne recèlent pas eux aussi des trésors de fraîcheur et de créativité. Le son est net sans trancher, clair, précis et pourtant rêveur. Pas de bruit, des effets maitrisés toujours au service de la musique, du propos.

Suivons ce Divin Chauve de la guitare dans ses voyages et ses aventures musicales. Il a tant d'histoires surprenantes à nous raconter. Ce serait grand dommage de s'en priver.

 

 

 

 

 



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