J'étais à la Première mondiale des Cinematics des Olivier Calmel et Cohen au Sunside le 27 avril 2013

Publié le par Guillaume Lagrée

 

Olivier Calmel

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Olivier Cohen

« Cinematics

Paris. Le Sunside.

Samedi 27 avril 2013. 19h.

 

Olivier Calmel : piano, Fender Rhodes, compositions, programmations

Tam de Villiers : guitare électrique, compositions

Baptiste Germsen : guitare basse électrique, cor

Karsten Hochapfel : violoncelle

Luc Isenmann : batterie

Philippe Canales : comédien

Olivier Cohen : texte, mise en scène

 

Après vous avoir parlé de l’album « Cinematics » d’Olivier Calmel, me voici faisant la chronique, lectrices privilégiées, lecteurs favorisés, de la première représentation sur scène de ce spectacle total mêlant un comédien en monologue accompagné d’un quintette de Jazz même si le Jazz qualifie cette musique à défaut d’autre terme approprié. Indéniablement, il y a de l’écrit, de l’improvisé, du Groove, du Blues et du Swing dans cette musique. Qualifions la donc de Jazz. L’acteur nous livre une sorte de récit de maniaque, un bureaucrate qui ne supporte plus la compagnie d’autrui et les bruits de la ville. La musique le rejoint. Ca grince et vibre en douceur, bien groupé. La musique devient plus funky, plus angoissée comme le récit de l’acteur. « Cinematics » est un film sans images avec texte, son, musique. Aux spectateurs d’imaginer le reste. L’acteur est le soliste, la musique l’accompagne. 

Le corniste passe à la basse. C’est une sorte de Blues funky maintenant. Olivier est aux claviers. La musique est funky alors que l’acteur fait un strip tease sur scène. Il se retrouve en caleçon et tshirt puis se rhabille. Tout cela est logique ouï le récit et la musique. Je n’entends plus le violoncelliste bien qu’il joue. Le volume sonore baisse ce qui permet de l’entendre de nouveau. Le héros fait penser à un personnage de Gogol, version XXI° siècle. Ca sonne bien funky et bien bizarre derrière. Il y a deux récits à suivre : celui de l’acteur, celui des musiciens. Ils se complètent, s’interrogent, se répondent. C’est un spectacle dense, exigeant pour les artistes comme pour le public. C’est le récit d’une crise d’angoisse avec une musique à la fois joyeuse et aventureuse derrière.

Je commence à capter le violoncelle maintenant. La musique monte en puissance, en vitesse et semble repousser le personnage de la scène. Pause avec une vibration du violoncelle. Le bureaucrate angoissé a fini par rejoindre son bureau. Musique douce du piano et du viloncelle qui suggère le retour à l’état normal du héros. Le groupe repart sur un air inquiétant, éclectique et électrique. Le bassiste reprend son cor. Musique nostalgique. Décidément, notre héros ne s’en sort pas. La musique exprime sa prison mentale. Il faudra une vraie scène de théâtre pour donner à ce spectacle toute sa dimension même si la petitesse de la scène du Sunside est raccord avec le repli sur soi du personnage. 

Le cor pète bien. La musique est joyeuse, entraînante mais le personnage reste angoissé. Pourtant, la belle Alice, secrétaire de son service, s’inquiète pour lui. Notre héros va de catastrophe en catastrophe. Chute. La musique cesse. Un air de piano entêtant comme le cafard qui trotte dans la tête du héros. Il reste en plein délire alors que la musique se déroule tranquille comme la vie au dehors de son appartement. Solo de violoncelle proche de la flûte. Le violoncelliste ressemble à Alexandre Soljenitsyne mais il est plus agréable à écouter. Les musiciens produisent des sons agressifs, dissonants, qui agressent le personnage. Belle satire de la vie de bureau. Il y a des thèmes récurrents dans cette musique. Le héros ne supporte plus le bruit de la ville. Tout cela dit, accompagné d’une musique douce. Une mélodie profondément triste s’élève. Cor et violoncelle magnifient la beauté de cette mélodie envahissante.

Le quintet joue groupé. Le soliste, je le répète, c’est l’acteur. Pour autant, ce n’est pas une musique d’accompagnement mais un jeu permanent entre acteur et musiciens. Retour à la basse électrique. La musique redevient funky, joyeuse comme le héros qui semble renaître en dansant. Le groupe groove superbement alors que le personnage danse maladroitement. Nous croyons que le spectacle est fini, commençons à applaudir. Erreur. L’acteur dit quelques mots et ça repart. Le groupe groove avec un violoncelle et un cor. C’est fort. Il faut dire que guitariste et batteur assurent grave. La musique est repartie vive, dynamique, funky. De bureaucrate stressé, notre héros est devenu danseur et chanteur de rue.

La fin est un peu plus compliquée que cela mais je ne vous la raconte pas, lectrices curieuses, lecteurs fouineurs. Vous la saurez en vous rendant à la prochaine représentation des Cinematics des Olivier Calmel et Cohen, sapristi ! 

Puisque la première mondiale de ce spectacle sur scène a eu lieu à Paris, au Sunside, le samedi 27 avril 2013, que nous sommes le mardi 30 avril 2013, je ne dispose d'aucune vidéo pour illustrer mon propos. Nouvelle preuve, s'il en est encore besoin, de la nécessité pour vous, lectrices privilégiées, lecteurs favorisés de vous rendre aux prochaines représentations des Cinematics afin de voir et d'entendre ce qui s'y passe. A suivre.

 

 

 

 

 

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