Retour du concert de Nicolas Kummert au Sunset

Publié le par Guillaume Lagrée

 

 

Paris. Le Sunset.

Jeudi 2 février 2012. 21h30.

Nicolas Kummert « Voices »

 

Nicolas Kummert : saxophone ténor, voix, composition, direction

Hervé Samb : guitares, voix

Alexi Tuomarila : piano

Lennart Heyndels : contrebasse

Lionel Beuvens : batterie

 

« Petit Simon millionnaire », morceau qui ouvre l’album. Nicolas commence en chantonnant une mélopée envoûtante. Doucement le groupe le rejoint. Les notes de guitare se détachent, nettes et précises. Ca, c’est de l’émotion ! Un sax ténor qui chante, c’est rare. Il y a Gato Barbieri mais, à part lui, je ne vois pas. Au saxophone ténor, il chante encore. Je ne connais pas le héros de cette histoire mais elle est prenante. Le piano sonne un peu bastringue mais c’est bien dans l’ambiance de la musique. Ca monte, ça monte. Bon son de sax ténor, très vocal. Un vrai Jazzman. L’instrumentation et les rythmes sont Jazz, l’émotion est digne des meilleures chansons populaires.

 

Solo de contrebasse pour commencer. Bien électrifié, puissant. Nicolas Kummert s’est fâché avec les héritiers de Jacques Prévert qui lui ont interdit de reprendre ses poèmes à sa façon. Il en a fait une chanson. « Compagnon des mauvais jours, je te souhaite une bonne nuit ». Ca gronde derrière, comme le texte. Il enchaîne au sax ténor et ça fait une belle vague puissante qui nous emporte. Si la musique ne provoque pas chez l’auditeur cette vague qui lui donne envie de se laisser emporter, à quoi bon l’écouter ? C’est très beau. Je peux pas mieux dire : c’est très beau. Oh, ils n’ont pas des voix de bel canto mais ils savent vous attraper l’âme. Beau solo de guitare, puissamment bluesy, bien soutenu par la rythmique. Le sax arrive, reprend l’air de la chanson alors que le guitariste poursuit son solo. C’est bon comme ça.  Tout se calme pour revenir à la chanson. Solo de piano toujours avec ce son amusant de bastringue. Basse et batterie rythment en douceur.

 

« Liberté », une composition plus ancienne. Morceau plutôt funky. La rythmique groove grave. Le sax ténor se détache calme au dessus d’une rythmique bien frappée. Le guitariste attend tranquillement son tour. Il arrive discrètement alors que la rythmique pulse toujours autant. Ils s’ébrouent librement effectivement.

 

« La théorie des cordes », hommage à la physique quantique. Le piano pleut doucement, pas des cordes, juste du goutte à goutte. Contrebasse sèche, précise, nette. Batteur aux balais. Le guitariste distille ses notes. Sax ténor de velours. Ca tient chaud. Ca fait du bien alors qu’il fait si froid dehors. Hervé Samb prend la main avec un gros son grave.

 

« Folon » (Salif Keita). Hervé Samb passe à la guitare électro acoustique. Il la fait sonner comme une kora. Très joli solo introductif à la guitare. Ca balance doucement. Le sax ténor entre dans le jeu, en duo avec la guitare, tout en douceur, à l’africaine lui aussi. Whaouash ! Tout le groupe s’y met. La batterie cliquète, les baguettes sur les bords de caisse. C’est parti. Ca chaloupe et ça chante. C’est tout bon. Tout le monde chante. Des jeunes filles aux grand-mères. Ya ya ya ya ya ya yeo. C’est la version malienne du Yeah Yeah des Américains je suppose. C’est tout aussi entraînant.

 

PAUSE

Ca démarre avec le batteur. Sax, guitare arrivent. Ca groove sévère. Toujours dans l’ambiance africaine. Encore un poème de Prévert qui a été refusé à Nicolas Kummert. La censure stimule la créativité des artistes. Ce morceau en est une nouvelle preuve. Solo bluesy, énergique de guitare électrique. Le sax ténor reprend la main. Le batteur tapote doucement. Nicolas joue et grogne alternativement. Une technique héritée du Free Jazz mais jouée ici plus harmonieusement. Ambiance tropicale mais pas frelatée. C’est bon en pleine semaine du froid à Paris.

 

«  (They long to beClose to You » (Burt Bacharach). Ca commence avec une boite à musique. Nicolas chante en harmonie avec la mécanique. C’est drôle et charmant. Ensuite, la ballade langoureuse et voluptueuse commence. Un petit retour de la boite à musique. La ballade redémarre. C’est le moment de faire craquer les mignons minets ou les mignonnes minettes selon vos goûts, envoûtantes lectrices, séduisants lecteurs. « Ah ah ah ah ah, close to You », vous voyez le film, n’est-ce pas ?

 

« Paseo de los tristes », une composition plus ancienne. Lennart Heyndels est actuellement l’élève de Riccardo del Fra au Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris , section Jazz. C’est un bon élément. Cela s’entend. Le groupe repart. Ca chante, ça vibre. Le blues à l’africaine d’Hervé Samb, c’est sacrément efficace et parlant.

 

« Mourir vivant ». Une chanson de Nicolas Kummert qui est un hymne à la vie comme son titre l’indique. Quant aux paroles, je vous laisse les découvrir en écoutant l’album, lectrices curieuses, lecteurs impatients. C’est une très belle chanson malheureusement gâchée par un couple de jeunes pies, mâle et femelle, assis près de moi qui n’y prête aucune attention.

 

« Monk’s Dream » (Thelonious Sphere Monk). Monk joué en reggae. C’est dans l’esprit. Ca balance bien. Les pies s’admirent, se parlent, s’écoutent et n’écoutent pas. Les musiciens, eux, nous font partager un rêve éveillé, à la Monk. Il a vraiment un beau gros son, ce contrebassiste. Après nous avoir fait chanter, le groupe repart à bloc. Nous chantons à nouveau. Le couple de jeunes Italiens près de chez moi chante bien. Les pies, elles, jacassent.

 

L’album m’avait plu. En concert, cela me plaît aussi parce que c’est vivant, chaleureux, rythmé, varié, authentique. De plus, ce saxophoniste-chanteur-poète sait communiquer avec le public. Bref, il faut suivre les Voix de Nicolas Kummert.

 

Voici ce groupe jouant à domicile, en Belgique, à Bruxelles, sur la Grand Place. " Compagnon des mauvais jours, je te souhaite une bonne nuit ". A vous aussi, lectrices raffinées, lecteurs distingués.

 

 

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