Samson François improvise

Publié le par Guillaume Lagrée

 

Lectrices attentives, lecteurs exhaustifs, après avoir lu " Les avatars du piano " du pianiste et musicologue franco-libanais Ziad Kreidy, vous savez qu'il fut un temps, jusqu'au XX° siècle, où les pianistes dits classiques, se permettaient d'improviser.

Les Variations Diabelli de Beethoven et les Variations Goldberg de Bach ne sont pas autre chose que des improvisations couchées sur le papier à partir desquelles l'interprète est libre d'improviser encore, à sa propre douce manière, comme le fait le pianiste franco-américain Dan Tepfer avec ses Variations sur les Variations Godberg.

Les conservatoires interdisent aujourd'hui l'improvisation aux pianistes classiques. C'est pourquoi, souvent, ils se tournent vers le Jazz pour gagner en liberté. Seuls les organistes ont gardé cette liberté de création spontanée. Quand vous avez devant vous un véritable artiste, et non pas une bête de concours, il se permet cette liberté d'improviser tout en restant dans les canons de son style. C'est ce que se fait ici Samson François (1924-1970) dans cette improvisation au piano datée de 1968. Samson François appréciait le Jazz, fréquentait Martial Solal, buvait et fumait comme un Jazzman. Il restait un pianiste français, héritier de siècles de tradition, pas influencé par la musique venue d'Amérique. Pour autant, il lui arrivait d'improviser. Si  cette élégance, ce toucher de piano pouvaient inspirer les pianistes de Jazz, le niveau général de la musique monterait drôlement plus haut.


 

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