Sébastien Llado en quartet masculin au Duc des Lombards

Publié le par Guillaume Lagrée

 

Sébastien Llado Quartet

Paris. Le Duc des Lombards.

Jeudi 13 septembre 2012. 22h

 

Sébastien Llado : trombone, conques

Rémy Decormeille : piano

Yoni Zelnik : contrebasse

Gautier Garrigue : batterie

 

Sauf indication contraire, toutes les compositions sont l’œuvre de Sébastien Llado.

 

Ils attaquent tout de suite. D’emblée, ça swingue. Gautier Garrigue, deuxième soliste aux Trophées du Sunside 2012, est à la batterie. Je ne regrette pas le choix du jury dont je faisais partie. La rythmique chauffe bien. Le batteur dont j’ignore, s’il est chrétien, multiplie les pains. C’était « Sur le sol » dédié à la note sol.

 

« La part des anges » dédié à un vin corse et à son lieu de production (Excellent film de Ken Loach par ailleurs). Sébastien met deux sourdines emboitées l’une dans l’autre sur son trombone. Ca donne un petit son rauque pas désagréable. Il passe à la grande conque. Logique pour évoquer l’île de Beauté. Le pianiste fait des bruitages avec les cordes, le batteur avec des percussions. Le contrebassiste garde le rythme. C’est son boulot et il le fait bien. Sébastien revient au trombone bouché mais pas au chêne liège apparemment. Cela redevient délicieux, mélodieux.

 

« Dernières danses », extrait de l’album « Avec deux ailes » de Sébastien Llado, enregistré Live au Sunside à Paris. Une ballade comme son titre l’indique. La rythmique roule tranquille. Ca monte doucement en puissance, en vitesse. Sébastien revient et relance la mélodie à pavillon ouvert. Ca danse plus allegro vivace. 

 

« Prazozo », nouvelle composition censée nous donner le tournis. Le trombone grogne comme un lama tibétain. Après un solo de piano, la rythmique repart en tournoyant et le trombone se joint à la fête. L’air que joue le pianiste semble tourner en boucle. La pression monte pour nous faire perdre la tête. Jolie séance de hachures entre piano, contrebasse et batterie. Sébastien ponctue discrètement avec ses conques. Il revient au trombone, en arrière plan, alors que la rythmique se déchaîne.

 

« Le miroir aux alouettes ». Une ballade. Que des compositions personnelles pour l’instant. C’est frais, agréable, dansant, charmant. Retour à la conque et à ses petits sons ludiques. Le pianiste a pris les devants, bien impulsé par ses complices de la rythmique. Quelques ponctuations du conquiste. J’adore. Retour au trombone et à la mélodie.

 

« Sakagawa » (Wayne Shorter). C’est leur deuxième interprétation sur scène de ce morceau. La première a eu lieu au premier set. Ca groove classe et décalé. Bref du Wayne Shorter. Sébastien s’amuse maintenant à souffler directement dans ses sourdines emboitées. Mademoiselle F trouve que cela lui donne un air de faune. Ca c’est pour le visuel. Pour le sonore, cela donne une plainte sourde derrière le vrombissement de la rythmique. Le trombone est revenu dans le jeu. Ils sont repartis sur un petit air dansant. Gros son de contrebasse et ponctuations légères de la batterie. Avec le piano et le trombone, ça sonne un peu Caraïbes. Wayne Shorter est un grand mixeur culturel à lui seul, « le plus grand compositeur du Jazz depuis la mort de Duke Ellington » (Stan Getz). Fin tout en douceur avec des petites clochettes et des tintements de baguettes sur les bords de caisses.

 

Solo de piano en intro puis la rythmique démarre. Ca swingue joyeusement. Sébastien les rejoint et ça se poursuit vaillamment. C’était « Trans Tanz » (Wolfgang Donner).

 

« When You dream » (Wayne Shorter). Morceau plutôt énergique malgré son titre. C’est joyeux, dansant. Sébastien chantonne l’air quand il ne le joue pas.

 

« Haut, bas, fragile ». Une ballade comme son titre l’indique. Le batteur caresse avec les balais. Son velouté de la contrebasse. Piano cristallin. Trombone en douceur. Ca berce. 

 

« Ladies first ». Dans son précédent quartet, Sébastien Llado était accompagné de trois Dames d’où cette composition créée à cette époque de sa carrière. Un morceau énergique, funky. Solo du batteur, bien tricoté aux baguettes.

 

Le concert est terminé. Le marchand de sable est passé. Il y a école demain. Il est temps de rentrer se coucher encore bercé par la musique de Sébastien Llado et ses hommes. Bonne nuit, vénérées lectrices, vénérables lecteurs.

Voici Sébastien Llado avec son précédent quartet en concert au Duc des Lombards. Profitez en.

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