Soirée spéciale American School of Modern Music au Café Universel

Publié le par Guillaume Lagrée

Paris. Le Café Universel.

Vendredi 30 mars 2012. 21h.

Soirée spéciale American School of Modern Music

Rick Margitza: saxophone ténor

Phil Hilfiker: saxophone alto

Chris Culpo: piano

Peter Giron: contrebasse

Tony Saba: batterie

Bernard Vidal: guitare électrique

François Fichu: guitare électrique

Peter Giron

 

 

La photographie de Peter Giron est l'oeuvre du Très Puissant  Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette photographie sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Ce soir, les professeurs de l'American School of Modern Music se retrouvent pour jouer en concert au Café Universel, 267 rue Saint Jacques, Paris 5e arrondissement. Le club est rempli de jeunes musiciens. Honneur aux Anciens! Le batteur n'est pas arrivé. Tant pis pour lui, c'est parti. Ca commence doucement entre contrebasse et guitare. Le piano s'ajoute.  Rick Margitza démarre. " Body and Soul ". Ca swingue sans batteur. Comme disent certains Jazzmen: " Avec batteur, c'est plus facile mais sans batteur, c'est mieux ". Margitza a toujours le gros son. Rick joue des percussions sur son ténor pendant que Phil fait son solo à l'alto. Ca joue tranquille, un standard. Ce sont les retrouvailles des amis. Dès que Rick commence à jouer, le niveau monte nettement. Ce n'est pas que les autres soient mauvais. C'est qu'il est tout simplement meilleur. L'absence de batteur donne une étrange légèreté à la musique. Il n'y pas cette assise rythmique que procure la batterie mais Peter Giron est bien solide à son poste. Un solo de ce contrebassiste me touche toujours droit au coeur. Une partie du public est là pour écouter, une autre pour bavarder. C'est un bar et l'entrée est libre. C'est la loi de ce genre de lieu. Schéma classique: thème, soli, thème, envolée finale. C'est très bien fait donc ce n'est pas ennuyeux. 

Peter Giron est le chef. C'est lui qui décide des morceaux après consultation démocratique de ses collègues, choisit le tempo, lance le morceau, présente les musiciens. Un autre standard, plus rapide. Trio contrebasse, guitare, sax ténor. Rick brode à fins fils d'or. Solo de contrebasse en dialogue avec un guitariste. Le pianiste se glisse discrètement dans la conversation pour prendre la main avec un son de bastringue. C'est le piano qui veut ça. Le batteur arrive et s'installe pendant que ses camarades jouent. Solo gracieux, ailé du sax alto. Le batteur installe sa machinerie. Peter Giron, pendant son solo, chantonne " Bye bye blackbird ". Grâce à lui, j'ai reconnu ce standard. D'où le son ailé des saxophones. Logique. 

" The more You drink, the better You think " nous lance Peter Giron. " Plus vous buvez, mieux vous pensez ". C'est juste d'un point de vue économique car, ici, les consommations paient les musiciens. D'un point de vue hygiénique, c'est plus discutable car, contrairement au Jazz, l'alcool doit toujours être consommé avec modération. 

Ils jouent un morceau de  Thelonious Sphere Monk dont le titre m'échappe. Le batteur s'est enfin mis au travail. Ca pète plus. Rick est lancé par la rythmique. Leçon de Swing, d'invention, de vie. L'ombre de  Johnny Griffin plane mais c'est bien Rick Margitza qui joue. A sept musiciens, les soli sont courts afin que chaque musicien puisse s'exprimer. Cela évite les épanchements inutiles. Solo de guitare bien bluesy. Le batteur tourne, impeccable et implacable. La salle est si petite que pour aller aux commodités, il faut déranger les guitaristes. Solo Jazzy du second guitariste, plus grand de taille que le premier. Peter Giron nous raconte une belle histoire avec sa contrebasse, en chantonnant, en dialoguant avec le batteur tout en douceur, le pianiste ponctuant.

" Anthropology " (Charlie Parker), un standard du Be Bop. C'est la soirée révision des Standard pour les jeunes musiciens présents dans la salle et les autres spectateurs, bien sûr. Forcément, ça commence par un solo de sax alto. Ce n'est pas Bird mais il n'y eut qu'un Bird. Des demoiselles s'en vont. Elles préfèrent beeper que bopper. Tant pis pour elles. Cette musique de 1950 marche encore en 2012 sur des garçons nés en 1990. C'est épatant. Je maintiens que lorsque Rick Margitza prend un solo, le niveau monte beaucoup plus hat. Ca swingue, nom de Zeus!  La rythmique le soutient alors qu'il décolle. A la rythmique de prendre la main et de swinguer grave. 

PAUSE

Après la pause, les professeurs devaient encore jouer 3-4 morceaux ensemble avant d'accueillir tour à tour sur scène la jeune garde pour un boeuf sauce piquante. J'avoue que je ne suis pas resté les écouter. Une autre fois peut-être.

Rick Margitza est le dernier saxophoniste recruté par Miles Davis. C'était en 1989. En voici un souvenir ci-dessous. Il improvise sur " Human Nature " de Michael Jackson et Quincy Jones. C'était en Italie, à l'Umbria Jazz Festival de Pérouse. Comme toujours, pour couvrir un champ plus large de possibles, pour faire contraste avec lui, Miles Davis avait choisi un saxophoniste rapide, véloce même. Eccolo qua!

 


 
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audouy 03/04/2012 10:13

Bonjour again ,

Je ne suis pas ennemi d' une certaine trivialité dans la musique , il y a un temps pour (presque )tout .
J' essaye de ne pas renier l' enfant qui aima vers 1956 les rocks de Vian -Legrand que réchauffaait le grand Henry Cording , le décagénaire qui fut à
l' écoute des rockers français ou de Ray Charles avant d' être captivé par Lennon et Mac Cartney et quelques uns de leurs contemporains .

Et mon adhésion au jazz moderne fin 1969 se fit à la lecture d' un texte de Philppe Paringaux sur Miles Davis dans Rock and Folk .
Cela dit quand il m' arrive de comparer ce qui s' écrivait en 1971 dans Jazz -Magazine et ce qu' on pouvait lire dans Rock and Follk au même moment ,
je n' hésiterais pas trop pour dire que l' intelligence des Carles , Gerber ,
Réda ,Masson et autres Hess , Averty , Jalard , Hodeir ou Malson m' a mis sur une bonne piste .
Merci à eux et à leurs héritiers comme un Arnaud Merlin : dans 50 minutes
commence son émission sur le grand Solal : à nos ( vos ) cassssettes !!!

audouy 03/04/2012 08:36

Aprés recherche j' ai retrouvé mon disque et vu que le morceau datait de juillet 1946 .

Guillaume Lagrée 03/04/2012 08:45



Le morceau sûrement mais l'enregistrement de Sonny Rollins avec Babs Gonzales date bien de 1949.


Rick Margitza n'était pas né et moi non plus.






audouy 03/04/2012 07:16

Bonjour ,

Effectivement je me suis pris les pieds dans le tapis en croyant à tort que le disque que vous évoquiez était une des 4 faces que Sonny Rollins avait enregistré pour Capitol en 1949 dans le groupe
de Babs Gonzales .
Je n'ai pas retrouvé les références du disque de Dizzy , pourriez-vous me les communiquer ?
Bonne journée .

Guillaume Lagrée 03/04/2012 08:35



Honorable lecteur


vous ne vous fourvoyâtes point. En effet, je faisais allusion à " He beeped when he should have bopped " de et par Dizzy Gillespie que vous trouverez aisément sur Youtube dans le
film " Jivin in Be Bop " (1947) alors que vous faisiez allusion au premier enregistrement de Sonny Rollins chez Monsieur Be Bop, Babs Gonzales en 1949. J'ai fait découvrir Babs
Gonzales à des amis. Ca marche toujours. Je conseille son Live at Small's Paradise avec Johnny Griffin, Clark Terry, Horace Parlan...


Hey Pete, let's eat more meat!






audouy 02/04/2012 14:12

Bonjour ,

I beeped when I should have bopped ...

Toujours agréable de se souvenir de ce morceau amusant qui vit notre cher Sonny Rollins faire quelques uns de ses premiers pas .

Hier à Bourray -sur-Juine dans l' Essonne très agréable concert du trio que forment Patrice Caratini ,Rémi Sciutto et Hildegarde Wanzlawe ,qui jouent une série de " shorts songs " de Bach à Mac
Cartney en passant par Kurt Weill , Brahms , Fauré ou d' autres auteurs chantés par Sinatra , Fréhel , Damia ou Bourvil .
La contrebasse et les saxophones ne sont pas sonorisés et la chanteuse chante souvent hors-micro ce qui fait revenir le souvenir de 2 concerts anciens de Gil Evans en 1978 et de Phil Woods en 198?
sans amplis .
Question : pourquoi les concerts de jazz ne se jouent pas le plus souvent dans ces conditions comme les concerts classiques ? Récemment à la Salle Pleyel on
entendait très bien un seul violon .
Si j' ai bien retenu ce qu' a dit Patrice Caratini ce trio jouera en avril à Paris .
Cela pourrait çetre un bon moment .
Le concert de décembre 2011 en hommage à André Hodeir était encore bien
meilleur , on doit pouvoir l' écouter sur le site de France-Musique .
Bonne semaine à tutte et tutti .

Guillaume Lagrée 02/04/2012 20:53



Honorable lecteur,


content de retrouver vos commentaires pertinents et impertinents.


Pour être précis, Dizzy Gillespie chantait " He beeped when he should have bopped ".


Par ailleurs, je suis rassuré de voir que vous n'avez point l'esprit de système. En effet, vous allâtes écouter des chansons qui ne sont point l'oeuvre d'André Hodeir, une musique quasi
populaire, dispensable. Un peu plus et vous écouterez Nicoletta!


Par ailleurs, le programme Short Songs de Patrice Caratini se joue en effet en ce moment à Paris. Je n'en ai pas parlé mais je ne prétends pas parler de tout. Vous avez donc bien fait de le
signaler.


Que les Dieux et les Muses vous protègent!