Sonny Rollins " Saxophone Colossus "

Publié le par Guillaume Lagrée

Sonny Rollins

" Saxophone Colossus "

Prestige. 1956.

Sonny Rollins

La photographie de Sonny Rollins est l'oeuvre du Colossal Juan Carlos HERNANDEZL'utilisation de cette photographie sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de poursuites judiciaires au civil et au pénal.

Sonny Rollins: saxophone ténor

Tommy Flanagan: piano

Doug Watkins: contrebasse

Max Roach: batterie

Theodore Walter Rollins est né à New York le 7 septembre 1930. Il est surnommé " Sonny " parce que c'est un mec bien, " Newk " en raison de sa ressemblance avec le fameux joueur des Brooklyn Dodgers Don Newcombe (d'où son album " Newk's time " qui est aussi un clin d'oeil au " Now is the time " de Charlie Parker), " The Buffalo " parce que rien ne résiste à la charge de son saxophone ténor, " The Boss of the tenor " tant il domine son instrument et " Saxophone Colossus " en raison de cet album.

Cinq morceaux, quarante minutes de musique font de cet album un objet indispensable à tout amateur de Jazz. Pourquoi? Parce que tout l'art du plus grand improvisateur de l'histoire du Jazz s'y trouve contenu.

Sonny Rollins a horreur d'enregistrer parce qu'il sait qu'il pourra toujours faire mieux. C'est un musicien de l'instant qui reconnaît jouer en pilotage automatique sans savoir ce qu'il jouera la minute suivante. Ca joue en lui plutôt qu'il ne joue. C'est pourquoi il a toujours préféré la scène au studio, scène qu'il continue d'arpenter et de dévorer à 81 ans passés.

Toutefois, pour cette séance en studio, entouré d'une rythmique de rêve, Sonny Rollins est dedans de bout en bout.

Ca commence avec " Saint Thomas " un air traditionnel antillais arrangé par Sonny Rollins. Si Sonny Rollins est né à New York, ses parents sont originaires des Iles Vierges, îles des Antilles ( West Indies disent les anglophones), de celles sous pavillon américain, d'autres Iles Vierges étant sous pavillon britannique. Sonny a grandi au son de la calypso en plus du Jazz, du Blues. Saint Thomas est la plus grande des Iles Vierges et Sonny Rollins  joue ce morceau inlassablement sur scène depuis 55 ans. Dès les premières notes échangées entre sax et batteur, " The Professor " Max Roach, vous savez que vous avez affaire à un chef d'oeuvre. Cette impression ne vous quittera pas jusqu'à la fin de l'album. A moins d'être paralytique, et encore, ce morceau vous fera battre la mesure, danser, chanter, vibrer, vous emportera dans une vague de soleil, de chaleur, de vigueur.

Ca continue avec un standard " You don't know what love is ", une ballade que Rollins transcende avec un son digne d'un violoncelle. La rythmique est au diapason. A vous laisser bouche bée.

" Strode Rode " est une composition de Rollins,solide, virile où le patron jugule son instrument pour laisser s'exprimer ses accompagnateurs.

Vient ensuite " Moritat " de Kurt Weill, plus connu sous le titre " Mack the knife " rendu célèbre par Louis Armstrong. Il s'agit d'un extrait de "L'opéra de quatre sous " de Kurt Weill et Bertold Brecht lui même inspiré du " Beggar's Opera " de John Gay, satiriste anglais du XVIII° siècle. Rollins et ses hommes en donnent une version développée (10mn), quasiment définitive.

Pour conclure, une dernière composition de Sonny Rollins, " Blue Seven ", un Blues donc. Chaque musicien prend tour à tour la vedette, le Boss gardant le contrôle. La musique se déroule implacablement jusqu'au final. Après quoi, il n'y a vraiment plus rien à ajouter. Un chef d'oeuvre conclut un chef d'oeuvre. Logique.

Sonny Rollins sera en concert à Paris, à l'Olympia, le lundi 14 novembre 2011 à 20h30. Je suis prêt à parier qu'il jouera Saint Thomas.

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