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Le CNSMDP recrute 4 professeurs de Jazz

Publié le par Guillaume Lagrée

Lectrices savantes, lecteurs experts, le Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris (CNSMDP) ouvre 4 postes de professeurs pour sa section Jazz.

Pour postuler, rendez-vous avant le lundi 17 janvier 2022 sur : https://www.conservatoiredeparis.fr/fr/recrutement

De mon côté, s'il s'agit du Jazz au piano, je ne saurais trop recommander le Professeur Antoine Hervé, pianiste, compositeur et chef d'orchestre dont les Leçons de Jazz furent maintes fois célébrées sur ce blog. Cf vidéo sous cet article où le Professeur Antoine Hervé nous explique pourquoi il aime le Jazz. Parce que le Jazz est une métaphore de la démocratie, qu'il unit le corps et l'esprit, le conteur et le danseur. " Le Jazz, c'est la Liberté " (Duke Ellington). Rien à ajouter.

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" Dracula " Adèle Maury - Orchestre National de Jazz

Publié le par Guillaume Lagrée

Dracula

Adèle Maury - Orchestre National de Jazz

Un livre disque d'ONJ Records 2021

Textes et musiques téléchargeables en MP3

 

Prochaines représentations:

Vendredi 1er avril 2022 à Stains (93) dans le cadre du festival Banlieues Bleues.

Mardi 12 avril 2022 au Théâtre de Saint-Quentin-en-Yvelines (78).

 

Adèle Maury: illustrations

Milena Csergo, Estelle Meyer, Julie Bertin, Romain Maron: textes

Frédéric Maurin & Grégoire Letouvet: musiques sauf " Misty  " (21) d'Erroll Garner arrangé par Frédéric Maurin

La composition de l'Orchestre National de Jazz est détaillée dans le livre.

Estelle Meyer: Dracula

Milena Csergo: Mina

Pierre-François Garel: le narrateur

Les chansons de Mina (02 & 26) sont interprétées par Pauline Deshons.

 

Respectables lectrices, honorables lecteurs, comme vous le savez, pour que le Jazz reste une musique en vie, il faut y intéresser la jeune garde. C'est à quoi s'emploie l'Orchestre National de Jazz avec un spectacle conçu pour les enfants, à partir de 6 ans, inspiré du mythe de Dracula, roman du Britannique Bram Stoker (1897).

Il y  bien une jeune fille innocente prénommée Mina comme dans le livre, le comte Dracula mais il est joué par une femme, un château étrange, une nuit d'orage (cf extrait audio au dessus de cet article), la lutte du Bien et du Mal, de l'Amour et de la Mort (Eros & Thanatos en termes freudiens), des animaux qui parlent aux humains (un cerf).

En plus, il y a un beau livre avec des textes et des dessins originaux. Une musique qui accompagne les textes et l'action sans les souligner lourdement. Musique qui mêle le Jazz et le Rock avec élégance puisque Frédéric Maurin, directeur artistique de l'ONJ, est un guitariste électrique.

Les voix sont appropriées. La jeune fille a la voix innocente, Dracula une voix effrayante. Le narrateur a une voix chaude et claire.

Je n'ai pas eu peur mais ce n'est pas le but. J'ai bien suivi l'histoire même si je savais qu'Eros et l'innocente Mina vaincraient à la fin.

Vous pouvez l'écouter pour vous même ou avec des enfants, honorables lectrices, respectables lecteurs, avec ou sans le livre et les images qui accompagnent la musique. Je vous laisse le plaisir d'inventer avec la jeune garde des jeux autour du livre, des images et de la musique. 

Pour être vraiment pris par le jeu des actrices, acteurs, musiciens et musiciennes, ce spectacle est à voir et écouter sur scène. Cf vidéo sous cet article. 

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L'Archipel Quintet en vogue au Sunset

Publié le par Guillaume Lagrée

Jean-Philippe Viret par Juan Carlos HERNANDEZ

Jean-Philippe Viret par Juan Carlos HERNANDEZ

Archipel Quintet

Le Sunset

Paris, Ile de France, France

Samedi 11 décembre 2021, 21h30

L'Archipel Quintet est composé de 

Thomas Savy: clarinette basse, compositions, direction

Michael Felberbaum: guitare électrique

Pierre de Bethmann: Fender Rhodes, piano

Jean-Philippe Viret: contrebasse

Karl Jannuska: batterie

Lectrices attentives, lecteurs exhaustifs, vous avez noté que ce blog a mentionné l'album " Archipel 2 Bleu " de Thomas Savy lors de sa sortie en 2014 mais aucun concert de ce quintette. Je ne devais pas être au bon moment au bon endroit. En 2021, il est temps de réparer cet oubli mais le quintette est modifié. Stéphane Kérecki est indisponible ce soir. Jean-Philippe Viret le remplace à la contrebasse. Cf photographie au dessus de cet article. C'est son 2e concert dans ce groupe, 5-6 ans après le premier.

A l'origine, le groupe a été composé en 2004 autour de Thomas Savy & Michael Felberbaum. 

Démarrage au Fender Rhodes. Tout en douceur. Mer calme mais puissante, toujours puissante. Ce quintette ne compte pas de trompette malgré le vers de Guillaume Apollinaire, " Et l'unique cordeau des trompettes marines ". Batteur aux balais. Quintette groupé, soudé dans le même mouvement. Le Sunset est plein à craquer. Le public est masqué. C'est réjouissant pour une musique exigeante. Batteur aux baguettes. Le courant s'anime et le vent se lève doucement. J'écris sur mon cahier mes sensations de retour au pays natal, la Bretagne. Solo de Fender joyeusement inspiré. Contrebasse et batterie. Jean-Philippe Viret joue plus funky que dans ses groupes. Le batteur forge alors que le Fender entretient la flamme. 

" O Mac Henry " (Karl Jannuska). Hommage au  saxophoniste Bill Mac Henry dont j'avoue ignorer l'existence jusqu'à ce concert et à une barre chocolatée nord américaine, Oh Henry! que j'ignore aussi. Mon ignorance est immense.  Le Fender Rhodes gronde toujours joyeusement. La guitare ajoute un son sec très funky. La clarinette basse ajoute du tranchant à l'ensemble. 

Le jeu se calme avec une ballade. La contrebasse installe un thème lancinant. Son planant du Fender. Batteur aux balais. Guitare et clarinette basse. Tous entrent dans le rêve. Nous flottons au dessus de l'océan. Ca accélère doucement.. Se pose. Repart. Ils tirent des bords pour capter le vent. Que le tempo soit calme ou agité, il est toujours maîtrisé. Le quintette repart à fond les manettes. Batterie et contrebasse poussent aux fesses. Vent arrière et en avant toute! C'était une des premières compositions d'archipel. Archipel, c'est l'archipel des Glénan, commune de Fouesnant- les-Glénan,  département du Finistère, région Bretagne, France. 

" Cigogne endormie ", dédié à Fort Cigogne, forteresse du XVIII° siècle sur une île de l'archipel des Glénan. Vous pouvez donner des sous pour restaurer le bâtiment, lectrices exhaustives, lecteurs attentifs. Si vous êtes soumis aux impôts directs en France, c'est déductible. Le seul diplôme affiché dans le bureau de mon père, Michel Lagrée,  à la maison, quand j'étais enfant, c'était celui de barreur obtenu à la base nautique des Glénans. Une ballade tout en douceur comme une nuit calme sur les Glénan. Le batteur tapote doucement aux baguettes.  Solo de clarinette basse sans accompagnement. Instant de grâce où le public fait silence, barman inclus. Thomas Savy finit son solo par un son de corne de brume tout à fait approprié. C'était " Come Sunday ", le gospel extrait de la suite " Black, Brown and Beige " de Duke Ellington (version de 1943 avec orchestre, version de 1958 avec la voix de Mahalia Jackson en cadeau).

" Simple Track ", un morceau énergique avec le batteur aux baguettes et le Fender Rhodes

PAUSE

Pendant la pause, mon voisin de droite, venu de Moulins (03) et moi venu de Paris (75) nous instruisons sur les Glénan avec mon voisin de gauche venu de Loctudy (29). Un voisin de l'archipel des Glénan. J'échange aussi des recommandations de musiciens à découvrir avec mon voisin de droite venu ici sur recommandation, sans connaître la musique et qui reste au 2e set. ll me conseille le trio australien " The Necks " totalement inconnu de mes services. Bref, relations de bon voisinage au Sunset

Le Fender plonge dans les abysses sans s'abîmer. Batteur aux baguettes. Grosse pulsation de la contrebasse. Le son monte en bonne vague. Ca y est, c'est parti. Le navire vole sur l'eau. Nouveau solo de Pierre de Bethmann, plein de suspense et de rebondissements. Batteur et contrebassiste font chauffer la machine. " No time, no time ". Une sorte de Blues

" Stones ", un hommage aux Pierres Noires, le lieu où la mer change de couleur et de profondeur lorsque vous arrivez en bateau du continent à l'archipel des Glénan. Ne pas confondre avec le Phare des Pierres Noires au Conquet (29), toujours en Bretagne. Douce pulsation envoûtante de la contrebasse et de la batterie. Guitare et Fender Rhodes viennent s'y ajouter. Je nage comme un poisson. Pas de requin dans ces eaux. Solo de guitare bien bluesy. Solo à l'archet où je reconnais la patte de Jean-Philippe Viret. Karl Jannuska tapote doucement ses tambours à mains nues. Je ne le vois pas mais je l'entends nettement. Le Fender brode la nappe sonore que tisse la contrebasse.

Un autre morceau planant. Fender et guitare se confondent. Un morceau que je reconnais enfin, tiré du 2e album du groupe, " Archipel 2 Bleu " (2014). Ca sonne particulièrement aquatique. Batteur aux balais. Je vogue sur les flots irisés. Il va être minuit mais ils ne joueront certainement pas " Round midnight ", le standard de TS Monk. Ils tracent leur route sans marcher sur les sentiers battus. Pierre de Bethmann toujours aussi joyeux dans ses solos de Fender. Contrebasse et batterie travaillent dur derrière. Le tapotement des baguettes se fait plus doux tout en restant puissant. retour au thème planant. La vague me berce doucement. Pas de mal de mer. C'était le titre album " Bleu ". Cf vidéo sous cet article. Stéphane Kérecki est à la contrebasse. 

2 compositions de Thomas Savy enchaînées pour conclure. Un morceau très doux qui commence comme un chant de Noël. C'est de saison. Ca se décale avec les accents doux du Fender et de la clarinette basse. 

Puis une intro en solo du Fender assez rêveuse et méditative. Puis le quintette démarre avec un gros son Rock'n Roll. La clarinette basse virevolte sur cette masse sonore. Karl Jannuska ne lâche rien. Il envoie toujours. 0h22: il est temps de nous réveiller et ils y parviennent bien. C'était " The dream of the King " composé par Thomas Savy pour son fils né en 2005 et " Rock On " inspiré par un long voyage de nuit en bus, avec ACDC en fond sonore. 

Félicitations à Jean-Philippe Viret qui s'est intégré au groupe après une journée de répétition la veille.

 

La photographie de Jean-Philippe Viret est l'oeuvre du Vibrant Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation expresse de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales

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" Queenie. La marraine de Harlem " . Aurélie Levy & Elisabeth Colomba

Publié le par Guillaume Lagrée

Harlem par Juan Carlos HERNANDEZ

Harlem par Juan Carlos HERNANDEZ

" Queenie. La Marraine de Harlem "

Aurélie Levy & Elizabeth Colomba

Editions Anne Carrière, Paris, 2021, 170p. 

Aurélie Levy: scénario

Elizabeth Colomba: dessin & scénario

Lectrices Swing, lecteurs Hot, ce blog vous a déjà parlé de Mme Stéphanie Saint Clair, la Martiniquaise devenue la patronne du crime organisé dans le quartier de Harlem, sur l'île de Manhattan,  à New York, USA dans les années 1920. Elle est le sujet du roman de Raphaël Confiant, auteur Martiniquais, dans " Madame Saint Clair, Reine de Harlem ". Le roman a été adapté au théâtre mais je n'ai pas vu la pièce.

Après le roman, la bande dessinée. Après les mots d'un homme, les mots et les dessins de deux femmes. Elizabeth Colomba, Martiniquaise, artiste peintre, vit et travaille à Harlem. Le personnage de Mme Stéphanie Saint Clair la fascine depuis longtemps. Avec Aurélie Lévy, elle rend hommage à une femme sortie de la misère  qui, après avoir travaillé dans la rue, a fait travailler la rue pour elle. Reine du business du loto clandestin, dans les années 20-30, elle gagnait 100 000$ par an soit plus que le président des Etats Unis d'Amérique (75 000 $). 

L'univers de la pègre n'était pas composé de WASP (White Anglo Saxon Protestant) mais d'hommes blancs (Juifs et Italiens). Mme Saint Clair était une femme, noire et parlant anglais avec l'accent français.  Autant dire qu'elle n'y avait pas sa place mais qu'elle sut se la faire en étant toujours plus intelligente que ses adversaires. La victoire par la ruse comme David face à Goliath. Elle fut la première femme noire aux Etats Unis d'Amérique à faire condamner à la prison des policiers blancs. Elle fournissait aux juges les preuves de leur corruption. Elle le savait puisqu'elle les avait acheté. Une fois en prison, le policier devenait moins curieux ainsi que ses collègues. 

Le monde décrit dans cette BD est celui raconté par l'historien Ronald L. Morris dans " Le Jazz et les gangsters (1880-1940) ". Madame Saint Clair elle aussi protégeait et finançait les musiciens de Jazz. Duke Ellington était son voisin d'immeuble. Elle protégea le talent d'un jeune pianiste débutant, Thelonious Sphere Monk.

La BD est en noir et blanc pour nous replonger dans l'ambiance des films noirs des années 30-50.

Victime d'abus sexuels dans son enfance en Martinique, de la part de ses patrons blancs, elle faisait des pédophiles une affaire personnelle. Juge de paix suprême à  Harlem, elle fit exécuter, d'abord socialement puis physiquement un boucher pédophile. L'épisode est raconté dans " Queenie. La Marraine de Harlem ". 

La BD explique son système criminel, comment elle sut traiter avec la Mafia (Lucky Luciano) qui voulait lui voler son business et comment elle élimina ses ennemis les plus dangereux comme le tueur fou Dutch Schultz qui était pourtant passé du judaïsme au catholicisme pour s'attirer les bonnes grâces de l'Italien Lucky Luciano. Trop imprévisible donc nuisible aux affaires, il fut assassiné. Lucky Luciano s'en chargea. N'en étant pour rien responsable, elle se contenta de lui envoyer un télégramme publié dans la presse: " Qui sème le vent récolte la tempête ". 

Madame Sainte Claire dit Saint-Clair (1897-1969) est morte paisiblement chez elle, aux Etats Unis d'Amérique, Après les affaires criminelles, elle utilisa son argent et ses relations pour défendre la cause des droits civiques des Noirs aux Etats-Unis d'Amérique.  Elle est enterrée au cimetière de Manhattan, à New York, USA.

Après le roman, la pièce de théâtre et la bande dessinée, Mme Saint-Clair fera certainement l'objet d'un film. Elle constitue un très beau sujet pour un " biopic ". Attendons des nouvelles d'Hollywood à son sujet.

Pour vous plonger dans l'ambiance de " Queenie. La Marraine de Harlem ", lectrices Swing, lecteurs Hot,  la vidéo sous cet article vous permet de retrouver Duke Ellington et son orchestre au Cotton Club en 1930 avec " Old Man Blues ". Dans les années 1960, un journaliste demanda à Duke Ellington comment un homme aussi élégant et raffiné que lui avait pu travailler pour les gangsters, patrons du Cotton Club. " Des gangsters? Comment osez vous qualifier ainsi ces gentlemen? " répondit le Duke. 

La photographie de Harlem est l'oeuvre du Voyageur Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales

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Le quartet " Sleeper Train " nous embarque au Sunset

Publié le par Guillaume Lagrée

Sleeper Train Quartet

Le Sunset

Paris, Ile de France, France

Vendredi 3 décembre 2021, 20h30

François Chesnel: piano

Fred Chiffoleau: contrebasse

Fred Pasqua: batterie

Yoann Loustalot: trompette, bugle

 

Article dédié à une amie de Paris qui apprécie l'album " Sleeper Train " mais qui n'a pas embarqué dans ce concert en raison d'un train tôt le samedi 4 décembre au matin.

Lectrices voyageuses, lecteurs explorateurs, je vous ai déjà chanté les louanges de l'album " Sleeper Train " dont chaque morceau vient d'un pays différent ( Cameroun, Japon, USA, Mongolie, Russie, France - La Réunion, Royaume Uni - Ecosse, Brésil). Une vraie invitation au voyage. Enfin, je découvre ce quartet sur scène.

" Le chemin vers Izumo: le soleil se couche sur le temple de Kyoto ". Telle est la traduction française de cette composition du Japonais Toshio Funagawa. Kyoto, capitale historique du Japon. A Izumo se trouve le plus ancien sanctuaire shinto du Japon. Batteur aux maillets. Résonnance tout en douceur. La contrebasse installe une douce tension. Le solo de trompette écarte les nuages pour faire apparaître le soleil couchant. Batteur aux balais. Ils commencent par nous endormir. La tension monte doucement. Le batteur bat une marche militaire. Le quartet enchaîne. Nom de Zeus, c'est magnifique! Le temps se décompose doucement. Comme la pluie qui tombe dehors. Grosse pulsation de contrebasse. Roulements de tambour. Martèlement du piano. La trompette vient ajouter son souffle. Le pianiste creuse, poussé par ses complices de la rythmique. Bonne onde puissante qui nous emmène au loin. La contrebasse, sous l'archet, produit un son quasi électronique. De même pour le piano et la batterie. Beau travail de la pâte sonore. Combien de morceaux ont-ils joué en un seul?

Le pianiste lance une ritournelle. J'adore cet air. La trompette lui répond. C'est " Sanza tristesse " du Camerounais Francis Bebey. Cf vidéo sous l'article. Le morceau qui ouvre l'album " Sleeper Train ". Le batteur travaille comme un percussionniste. Le pianiste fait tourner un air à rendre fou. Je hoche la tête en rythme, captivé par la musique. J'espère que ce quartet jouera dehors aux beaux jours. Cette musique le mérite. A l'entendre, le Jazz n'est pas mort et il sent bon. Les musiciens de la rythmique chantent en même temps qu'ils jouent pour accompagner la trompette à moins que ce ne soient des voix enregistrées. Ca sonne terrible, en tout cas. La rythmique reprend la vibration sans trompette. L'Univers est composé d'ondes. La musique les accompagne.

Après le Japon et le Cameroun, l'Ecosse avec " Tam Lin " un air traditionnel qui a donné son prénom au guitariste écossais de Paris, Tam de Villiers qui a fait découvrir ce morceau aux membres du quartet. Un air hanté, brumeux.  Yoann Loustalot est au bugle.  Plus gros, plus rond et plus doux que la trompette. Le piano s'est tu. Contrebasse et batterie poussent doucement le chant du bugle. Le piano entre dans la danse. Ca balance doucement. La brume s'efface et le soleil apparaît. Le batteur aux maillets nous joue des cascades d'eau claire.

Enchaînement de l'Ecosse à la Russie. A vol d'oiseau, droit vers l'Est, en restant sur la même latitude, c'est jouable. C'est le chant du Transsibérien qui avance doucement dans la plaine immense. Ca ondule doucement. La tension monte et le tempo s'accélère. " Oy, Moroz, Moroz " (Froid, Froid en russe).

De la Russie, passons au voisin du Sud-Est, la Mongolie avec " Ekh ornii magtaal ". " Dans la steppe avec mon cheval ", thème mongol par excellence. Avec la dégustation de yaourt dans la yourte bien sûr. Grosse pulsation contrebasse & batterie. C'est bien la cavalcade des chevaux dans la steppe. Ca s'énerve de plus en plus. Les hordes mongoles déferlent. Les Mongols conquirent à cheval le plus grand empire terrestre de l'histoire de l'humanité puisqu'ils sont arrivés jusqu'en Europe. Beau dialogue batterie/trompette. Le quartet repart à la charge. Un spectateur bouge sur son siège comme un cavalier emporté par un cheval au triple galop.

PAUSE

Effets sur le son de contrebasse à l'archet. Vibration planante. Trompette bouchée. Le pianiste distille des notes. Ponctuations légères du batteur aux balais. Une marche funèbre. Yoann Loustalot a l'intelligence de ne pas copier le son de Miles Davis, grâce auquel la sourdine Harmon est désormais surnommée sourdine Miles. Morceau court et beau. " Oh Where ", traditionnel des Etats-Unis d'Amérique. 

Une chanson française qui ne figure pas dans l'album " Sleeper Train ", " En amour n'a sinon bien " tiré du Manuscrit de Bayeux (XVI° siècle), premier recueil de chansons françaises avec paroles et musiques. Le manuscrit original est conservé à la Bibliothèque Nationale de France et accessible aux seuls chercheurs en histoire et musicologie dûment agréés. Il existe des versions modernes accessibles aux musiciens et chanteurs. Un air vif et joyeux. Batteur aux baguettes. Le pianiste trille joyeusement. Très bel arrangement d'une chanson française du début de la Renaissance.

Restons en France mais traversons le temps et l'espace pour arriver sur l'île de La Réunion au XX° siècle avec " Mangé pou le coeur " d'Alain Peters. Cf extrait audio au dessus de cet article. Mon morceau préféré de l'album. Un balancement typique du maloya, musique, chant et danse classés au Patrimoine mondial culturel et immatériel de l'humanité par l'UNESCO. La trompette joue tout doucement, sonnant presque comme une flûte. Deux Américaines bavardes se lèvent et s'en vont pour me permettre de mieux écouter la musique. Merci à elles de partir. La pulsation de la contrebasse se grave dans la tête et le ventre ponctuée par la batterie. Une ballade envoûtante. Le quartet a ralenti le tempo par rapport à la chanson originale d'Alain Peters.

De La Réunion, voguons vers le Nord Est jusqu'au Japon avec " Koruda Bushi ", air traditionnel des mariages, banquets et karaoké. Précédé d'un air russe dont ils ne connaissent que le titre suédois, titre que je n'ai pas retenu et qui ne figure pas sur l'album " Sleeper Train ". Cela signifie " La Volga coule le long des rives escarpées ". C'est bien ce que j'entends. Un fleuve puissant qui creuse des rives escarpées. La Volga, le plus grand fleuve d'Europe, traverse la Russie du Nord au Sud mais ne coule pas en Suède. Quand Leonard Cohen a entendu les bateliers de la Volga chanter sa chanson " Suzanne ", il a su qu'il était vraiment mondialement connu. Grosse pulsation contrebasse-batterie. 

Ca manque de Japonais dans la salle pour chanter ce classique du karaoké. Solo de trompette pour commencer. Le quartet part en douceur, en souplesse. Bon massage cérébral.  Un fan danse debout au fond de la salle. Il ne chante pas les paroles mais il est dedans. 

 

 

 

 

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" The heart wants " Jo Harrop

Publié le par Guillaume Lagrée

" The heart wants "

Jo Harrop

Lateralize records. 2021

Jo Harrop: chant, compositions

Personnel détaillé dans l'album

Grandes lectrices, Bretons lecteurs, je vous avoue que je suis un homme influençable. D'abord, j'ai toujours eu un faible pour les grandes brunes. A forte personnalité. Ensuite, quand elles chantent avec un style vocal influencé par Nina Simone, Aretha Franklin & Billie Holiday, je suis sans défense. 

Voici pourquoi je me rends sans condition à la voix de Jo Harrop et à son album " The heart wants ". Même quand elle ajoute des violons un peu guimauve comme dans " What if " (9) ou " If I knew " (10), ça passe pour moi. Mais quand elle chante en duo avec Christian Mac Bride (contrebasse) une composition de Duke Ellington, " All too soon " (2), je suis aux anges et damné en même temps. Sous emprise. Cf extrait audio au dessus de cet article.

Jo Harrop sait varier les grandes délices musicales entre Jazz, Soul, Folk, Blues. Pour la Soul Music, écoutez " Everything is changing " (3). Cf vidéo sous cet article.  Pour le Jazz, je reviens à " All too soon " (2). Pour le Folk, sa version du " Rainbow sleeves " de Tom Waits (11) fera autorité, je le parie.  Pour le Blues, " The heart wants " (1), le titre album, parle de lui même. Elle termine par " If ever I would leave You " (12) en duo avec Jason Rebello (piano) un standard du Jazz qui ne me donne aucune envie de la quitter, c'est certain. 

Par superstition peut-être, le 13e morceau n'est pas indiqué. Une superbe chanson Soul avec chorale qui donne envie de rester au chaud dedans pendant que gronde l'orage dehors, " Weather storm ". 

Jo Harrop écrit certaines chansons, change de groupe à chaque chanson afin d'avoir l'accompagnement parfait. Bref, manifestement, cette femme n'aime pas s'ennuyer et son appétit de musique est communicatif.

Dire que j'ai déjà raté Jo Harrop en concert à Paris! Cette erreur n'est explicable que par l'ignorance. Cela explique mais n'excuse pas. 

Jo Harrop dédie cet album à ses deux fils. J'espère qu'ils sont fiers de leur mère.

Bref, Grandes lectrices, Bretons lecteurs, je ne saurais trop vous recommander l'écoute attentive de l'album " the heart wants " de Jo Harrop. Elle chante intelligemment la vie et l'amour. Vous vous y retrouverez corps et âme.

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" Hope " Tomas Liska & Invisible World

Publié le par Guillaume Lagrée

Tomas Liska & Invisible World

" Hope "

Invisible Records. 2020

 

Tomas Liska: contrebasse, basse électrique et piccolo, chant, composition

Nikola Zaric: accordéon, chant

Efe Turumtay: violon, chant

Kamil Slezak: batterie, cajon & autres percussions, chant

Sakina Teyna: chant (2, 7 & 9)

Lectrices Centrales, lecteurs Orientaux, je vous ai déjà chanté les louanges du Quartet Invisible World mené par le Tchèque Tomas Liska en concert. A la pause du concert, j'ai acheté l'album " Hope " du même quartet. C 'était tellement bon sur scène. L'est-ce en studio sans un public pour les stimuler? Bien sûr que oui.

" Mafioso " (1) se révèle moins inquiétant en studio qu'en concert. Cf vidéo sous l'article.

" Hope " (2) dégage la même énergie vitale, celle qui vous donne de l'espoir, justement. Il paraît que Sakina Teyna chante sur ce morceau. Je ne l'ai pas entendue.  Mais avec une basse électrique, ça sonne plus funky. " Shaker " (3) vous enivre comme un cocktail mais sans effets secondaires indésirables. Ah cet accordéon qui vous emballe et vous met le coeur à l'envers! Et cette pulsation subtile du batteur & percussionniste. " Soundtrack " (4) ferait une superbe musique de comédie romantique. Le violon vous emballe sec dans le flux de l'accordéon, porté par la douce pulsation de la contrebasse & des percussions. 

" Para Virgi " (5) sort de l'Europe centrale et orientale pour aller vers des sonorités plus latines. Ce duo contrebasse & percussions, c'est du miel pour les oreilles. 

" Dunga runga " (6) ou " Notalea ovata ", un arbre du bush australien au bois très dur, idéal pour les outils. Vous entendez le vent dans le désert, vous voyez ce petit arbre qui plie mais ne rompt pas. Bref, vous y êtes. Mais vous êtes aussi autour du feu de camp quelque part dans la plaine d'Europe centrale dansant au son du violon et de l'accordéon. La preuve, à la fin du morceau, ça chante. Il me semble bien entendre une voix de femme et pourtant elle n'est pas indiquée. Je n'entends pas Sakina Teyna au 2e morceau où elle est indiquée mais je l'entends au 6e où elle ne l'est pas. Cf extrait audio au dessus de l'article.

" Frankie " (7). Un morceau dédié au docteur Victor Frankenstein, le héros du roman de Mary Shelley, le créateur de la fameuse créature, dépassé par sa création qu'il ne maîtrise plus. Un morceau sombre, inquiétant à souhait tout en restant ludique. Avec grincements de portes et violon grimaçant. Là aussi, Sakina Teyna est censée chanter mais je ne l'entends toujours pas. 

" Another thing to think about " (8). Une ballade langoureuse en diable. Le violon, l'accordéon, la basse piccolo, tout joue l'étirement languissant. Le genre de morceau à vous faire rester au lit. 

" Hope " (9), une 2e version du 2e morceau, plus courte, faite pour la radio en guise de conclusion. Toujours aussi énergique. Ca y est, j'entends la voix de Sakina Teyna en arrière plan du violon. Pas assez à mon goût.

Voici le seul reproche que je ferai à cet album. Je n'entends pas assez la voix de la chanteuse Sakina Teyna.  Je vous laisse vous inventer vos histoires en écoutant les 9 morceaux de l'album " Hope " de Tomas Liska & Invisible World , lectrices centrales, lecteurs orientaux.

Dernier jeu de piste: sur la pochette du CD, il est écrit " Invisible Word " (Mot invisible). Sur le site Internet et sur la tranche du CD, il est écrit " Invisible World " (Monde invisible). Etonnant, non? 

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Sélection de concerts de Jazz pour décembre 2021

Publié le par Guillaume Lagrée

Henri Texier & Manu Codjia par Juan Carlos HERNANDEZ

Henri Texier & Manu Codjia par Juan Carlos HERNANDEZ

Lectrices exigeantes, lecteurs sélectifs, armé de partialité et de mauvaise foi, je vous propose la sélection suivante de concerts de Jazz en France pour le mois de décembre 2021. A écouter masqué et vacciné, bien entendu. 

Pour une sélection plus complète sur Paris et l'Ile de France, voyez Paris Jazz Club. Pour la France et l'Europe, voyez l'agenda de Jazz Magazine

Si vous ne voulez ou ne pouvez pas sortir de chez vous, plusieurs solutions s'offrent à vous:

- Ecouter les concerts sur France Musique avec les émissions Jazz Club  et Jazz sur le Vif (pour le présent) et Les légendes du Jazz (pour le passé) et sur TSF Jazz avec Jazz Live

- Pour l'actualité du Jazz 24h/24, écoutez sur la Toile Couleurs Jazz Radio.  Une fois sur le site Internet de la radio, cliquez au centre de l'écran sur Ecouter le live radio et le programme démarre. Mon émission Le jars jase jazz est consacrée à l'influence de la France sur le Jazz et lycée de Versailles  sous le titre générique Détours de France. La France à la lumière du Jazz. Diffusion chaque lundi à 22h et chaque vendredi à 12h (heure de Paris) sauf vendredi 24 et 31 décembre où un programme spécial Fêtes sera diffusé pendant 36h afin de couvrir jour et nuit. Pas de podcast. En décembre 2021, 13e épisode avec 9  diffusions: lundi 6 , 13, 20 & 27 décembre à 22h; vendredi 3, 10 & 17  décembre à 12h; jeudi 23 et 30 décembre à 12h  . Jazz d'aujourd'hui avec Henri Texier, Marc Benham, Jean-Philippe Viret, Paul Jarret, Pierre Perchaud, André Stoketti, Pierre de Bethmann, individus tous très favorablement connus de nos services. Cf extrait audio & photographie au dessus  de cet article.

- Si vous voulez assister depuis la Toile aux concerts à New York, USA, dans Greenwich Village, pour les clubs Small's et Mezzrow, suivez ce lien. C'est payant certes mais toujours moins cher qu'un séjour dans la Grosse Pomme.  

Jérôme Sabbagh, saxophoniste ténor français maintes fois célébré sur ce blog, programme un concert chaque mercredi à 19h30 (heure de New York) au Bar Bayeux à New York. 

Mercredi 1er: Marc Copland Quartet, pianiste maintes fois célébré sur ce blog.(Robin Verheyen, Drew Gress, Mark Ferber)
Mercredi 8: Timo Vollbrecht, Ben Monder, Theo Bleckmann

Mercredi 15: Micah Thomas Trio (Dean Torrey, Kayvon Gordon)
Mercredi 22:  Lawrence Fields Trio (Yasushi Nakamura, Mark Whitfield Jr.)

Mercredi 29: Adam Kolker Quartet (Bruce Barth, Ugonna Okegwo, Billy Hart)

Concerts diffusés en direct sur Internet puis en différé pendant 6 jours. Un club de Jazz de New York livré chez vous sans autre frais que la connexion à la Toile. Vos dons sont les bienvenus. 

Chaque lundi à 14h (New York) , 19h (Paris), le pianiste franco-américain Dan Tepfer maintes fois célébré sur ce blog donne en direct un concert public gratuit sur sa chaîne Youtube et sa page Facebook. Parfois seul, parfois accompagné. Entrée libre.

Le 25e bis festival Jazz au fil de l'Oise fera swinguer le Val d'Oise (Ile de France) du vendredi 8 octobre au vendredi 17 décembre. 

So Blues Festival au Mans (72) du jeudi 2 au dimanche 5 décembre avec notamment jeudi 2 décembre à 20h30, Kaz Hawkins, chanteuse dont j'ai pu apprécier la présence lors des concerts organisés par Couleurs Jazz Radio au salon Musicora dimanche 21 novembre.

Mercredi 1er décembre:

19h30 & 22h, Paris, Le Duc des Lombards: Hugo Lippi (guitares) & Pierre Christophe (piano). Double messieurs en 2 sets gagnants.

20h, Paris, Centre culturel suisse: Colin Vallon trio pour le concert final du festival Jazzycolors. Subtilissime.

Jeudi 2 décembre:

- 20h, Antony (92), Institution Sainte Marie: le trio Night Bus déjà célébré sur ce blog. 

- 20h, Paris, Café de la Danse: Fiona Montbet (violon) jouera son album " Maelström " dont la sortie est prévue pour janvier 2022.

- 21h, Paris, Le Café Laurent: trio Alain Jean-Marie, Gilles Naturel, Philippe Soirat. Des années de complicité au service de la Beauté. Entrée libre. A consommer sans modération. 

Vendredi 3 décembre:

- 20h30, Paris, Le Sunset: Sleeper Train, quartet encensé sur ce blog, enfin sur scène. Toute absence devra être justifiée par un motif réel et sérieux. Cf vidéo sous cet article. 

- 21h, Paris, Café Laurent: trio Pierre de Bethmann, Bruno Schorp & Antoine Paganotti. Classieux. Entrée libre.

- 21h30, Paris, Le Sunside: trio Jean-Michel Pilc, François & Louis Moutin

Samedi 4 décembre, 20h30, Vincennes (94), Espace Sorano: Nick Bartch's Mobile. Pour décoller plus haut que la Bat Mobile, prenez le Bartch's Mobile!

Dimanche 5 décembre:

- 14h30, Paris, Le Sunside: Aaron Bridgers, ambassadeur du Grand Duché à Paris. Conférence musicale de Philippe Baudouin sur Aaron Bridgers (1918-2003), pianiste ami de Duke Ellington qui joua et enseigna pendant des décennies à Paris. 

- 17h, Vincennes (94), Espace Sorano: L'Orchestre National de Jazz jouera Dracula, conte musical pour enfants de 6 à 666 ans. L'amour triomphera de la mort en musique. 

Lundi 6 décembre, 20h30, Paris, Le Pan Piper: Eric Séva triple roots.

Jeudi 9 décembre:

- 20h, Paris, Le New Morning: Pierrick Pédron pour son album " Fifty Fifty " créé pour ses 50 ans et plus.

- 20h30, Paris, Le Sunset: Reinhardt Memories, les souvenirs de Django Reinhardt joués par Noé Reinhardt, Sammy Daussat & Katia Schiavone (guitares). Concert de sortie d'album

- 21h, Paris, Le Café Laurent: Ronnie Lynn Patterson (piano) & Blaise Chevallier (contrebasse). Sing me sotfly of the Blues. Entrée libre.

Vendredi 10 décembre:

- 20h, Paris, Le Bal Blomet: Tierney Sutton (chant), André Charlier (batterie) & Benoît Sourisse (piano). Une voix à vous donner des frissons dans l'échine. La chanteuse des chanteuses. Indispensable. 1er concert en France depuis 2012!

- 20h30, Paris, 360 Music Factory: Wilfried Touati Quartet jouera l'album " Voyage " acclamé sur ce blog.

- 20h30, Les Lilas (93), Le Triton: Benjamin Moussay (piano, claviers), Michel Portal (clarinettes) & Kevan Chemirani (percussions). Pour aventuriers sonores. 

- 21h30, Paris, Le Sunside: Night Bus, trio célébré sur ce blog.

Samedi 11 décembre:

- 20h30, Les Lilas (93), Le Triton: Sylvain Cathala Quintet. Explosif.

- 21h, Conflans Sainte Honorine (78), Salle Claude Debussy: Quiet Men, quartet encensé sur ce blog. 

- 21h30, Paris, Le Sunset: Thomas Savy Archipel. Bon voyage. 

Dimanche 12 décembre, 18h, Paris, le Pan Piper: Kartet. 30 ans de créativité sur scène. 

Jeudi 16 décembre:

- 20h, Paris, Le New Morning: Daniel Humair, Stéphane Kerecki, Vincent Le Quang & Yoann Loustalot. 4 chefs pour une musique. 

- 20h30, Les Lilas (93), Le Triton: Sarah Murcia & Sylvaine Hélary. La tête de Lark. Un quintet masculin féminin surprenant. 

- 21h30, Paris, Le Baiser Salé: Zouké Jazz la! par Sonny Troupé Quartet. Jazz caraïbe de 2021.

Vendredi 17 décembre, 20h & 22h,  Samedi 18 décembre, 19h30 & 21h30, Paris, Le Sunset: Robben Ford Quartet. Du Blues, du Blues, du Blues!

Mardi 21 & mercredi 22 décembre, 21h, Paris, Le Sunside: 40 ans du Sunset-Sunside avec Leon Parker Embodi Jazz Ensemble où brille Olga Amelchenko (sax). 

Samedi 25 décembre, 20h15, Paris,  Cinéma Balzac: avant la projection du film " Madeleine Collins ", intermède musical par le quartette de Jérôme Sabbagh, saxophoniste ténor maintes fois célébré sur ce blog. Avec votre place pour le film, le concert est inclus. 

Dimanche 26, lundi 27 & mardi 28 décembre, 19h30 & 22h, Paris, Le Duc des Lombards: Roberto Fonseca en trio avec Felipe Cabrera (contrebasse) et Lukmil Perez (batterie). Jazz cubano au sommet. 

Lundi 27 décembre, 20h, Paris, La Rhumerie: Sébastien Llado trio avec Thomas Julienne (contrebasse) & Laurent Derache (accordéon). Entrée libre. Esprit libre. 

Mardi 28 & mercredi 29 décembre, 20h30, Paris, Le Sunside: 40 ans du Sunset-Sunside avec Sara Lazarus (chant) accompagnée par Alain Jean-Marie (piano), Gilles Naturel (contrebasse) & Philippe Soirat (batterie). La Classe, simplement la Classe. 

Mercredi 29 & jeudi 30 décembre, 19h30 & 22h, Paris, Le Duc des Lombards: Jowee Omisil Bash. Un mélange puissant entre Haïti et Canada à Paris. 

Vendredi 31 décembre, 19h30 & 22h, Paris, Le Sunset: 40 ans du Sunset-Sunside. Rhoda Scott Lady Quartet. Pour finir l'année en beauté avec les Reines libres du Jazz .

 

La photographie d'Henri Texier & Manu Codjia est l'oeuvre du Dynamique Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales. 

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Tomas Liska & Invisible World jouent l'Espoir au Centre culturel tchèque de Paris

Publié le par Guillaume Lagrée

Tomas Liska & Invisible World

19e Festival JazzyColors

Centre Culturel Tchèque

Paris - Praha Jazz Club

Paris, Ile de France, France

Vendredi 19 novembre 2021, 20h

Album " Hope " (2020), Grand prix du meilleur album de jazz tchèque.

 

Tomas Liska: contrebasse, composition, direction, voix (Bohême, République tchèque)

Kamil Slezak: batterie, percussions, voix (Moravie, République tchèque)

Nikola Zaric: accordéon, voix (Serbie)

Efe Turumtay: violon, voix (Turquie)

 

En attendant le concert, la sono diffuse des chansons populaires tchèques. Je n'y comprends rien mais c'est dansant. J'entends même une sorte de cornemuse, le seul instrument capable de faire peur à la guitare électrique, selon le Britannique Van Morrison. Concert sans microphone. Plus de 40mn de retard. Des vrais Jazzmen. 

Batteur à mains nues sur ses cuisses et ses tambours. Accordéon et violon créent un souffle d'air. Ca sonne Europe centrale et orientale. Pas de clarinette. Ce n'est donc pas du Klezmer mais nous n'en sommes pas loin. Le violon a un micro portatif . Est il branché alors que les autres musiciens n'en ont pas. Le batteur a ajouté une grande canette de bière à son attirail. Pour Alphonse Allais, l'amour est un petit anarchiste tchèque. En effet, l'amour est enfant de Bohême. Il n'a jamais, jamais connu de loi. C'est dans cet esprit que joue ce quartet composé d'un Bohême, d'un Morave, d'un Serbe et d'un Turc. Les héritages des empires austro-hongrois et ottoman se mélangent pacifiquement dans cette musique.

Intro en solo de contrebasse. Vieux bois brun. Ca résonne bien dans le ventre. Une ballade. Ca change des standards du Jazz. Ca vous emmène en voyage non pas en Amérique mais en Europe vers le soleil levant. Ca balance tranquille. Comme une péniche qui descend tranquillement le Danube. Fleuve qui est beau mais pas bleu, rappelons le. A Prague, sous le pont Charles, coule la Vltava. Les musiciens nous ont fait attendre plus de 40 mn après l'heure prévue pour le début du concert, n'ont pas demandé pardon à genoux au public pour l'avoir fait languir, n'ont pas produit de mot d'excuse de leurs parents mais , ouï ce que j'entends, ils valaient la peine d'attendre. Il y a du sentiment. C'est le Blues slave. Ca vous gratte l'âme. C'est trop beau pour être joué dans une croisière touristique sur le Danube ou la Vltava avec de pseudo-penseurs comme accompagnateurs.

Enchaînement direct sur un air plus rapide. Le batteur tapote doucement ses tambours aux baguettes. Envolées lyriques entre violon et accordéon. Le public, ravi, applaudit. 

Passage à un air calme, traînant, languissant même. Ils nous la font au sentiment et ça marche. Accordéon et violon nous emballent sec. Le batteur tapote à mains nues sur ses tambours. Le bassiste assure un tempo souple. Le vent de la plaine bohême souffle dans une cave parisienne, germanopratine même. 

Tomas Liska annonce les titres des deux premiers morceaux. En anglais, avec l'accent tchèque. J'avoue ne pas avoir compris. J'aime la musique. C'est l'essentiel.

"Alegria en Masca ". Rien à voir avec la pandémie de Covid. Jeu de violon en pizzicato. Vague à l'âme de l'accordéon. Du miel pour les oreilles. Le quartet démarre avec le batteur aux balais. Effectivement, c'est joyeux. Avec un pointe de nostalgie slave tout de même. Du sentiment mais pas de sentimentalisme. Le violon en rajoute une couche à l'archet. Solo d'accordéon ponctué par les picotements du violon et la pulsation de la contrebasse et de la batterie. Le quartet nous emmène loin. Ca me donne envie de danser joyeusement avec une partenaire de qualité. Je n'en ai pas ce soir et, d'ailleurs, le public reste sagement assis à écouter. Ils font descendre la pression pour la remonter jusqu'au final. Le jeu est passionné et maîtrisé.

" Soundtrack". Cf extrait audio au dessus de cet article. Une ballade. Cela ferait une belle musique de film romantique. Genre les amants enlacés sur un pont de Prague. Le titre du morceau colle bien à cette ambiance. C'est romantique en diable mais sans guimauve. C'est l'amour passionnel et fusionnel avec rires et larmes. 

" Mafioso ". Un air vif, un peu sombre. Un autre genre de passion., plus violente, plus brutale. Des Mafiosi, il y a en République tchèque aussi. Batteur aux baguettes qui met des pêches. Solo de contrebasse. Le batteur ponctue à mains nues sur ses cuisses. Violon et accordéon prolongent le son. Bonne vibration. Le quartet propose un jazz original ancré dans la tradition au sens de Gustav Malher (1860-1911): " La tradition, ce n'est pas la vénération des cendres mais la préservation du feu ". Pas lent de la contrebasse. Rafales èches de la batterie et cordes grattées du violon. Ca sent le guet-apens. Ca va mal finir. Premier solo du batteur bien stimulé par les 3 autres musiciens. Il découpe le temps aux baguettes. Ca claque des mains et des pieds. Stop.

PAUSE

Le violon s'accorde. Ce qu'il n'a pas fait au 1er set. La partie se joue en 2 sets gagnants. Une ballade. La contrebasse impulse le tempo. L'accordéon s'étire langoureusement. Le batteur joue du balai main gauche et des maracas main droite. Violon en pizzicato puis à l'archet. Tranquille. La grâce et la classe. Ca balance tout doucement en finesse. En France, pour une musique de ce genre, ancrée dans un terroir et résolument moderne  je pense aux Grands Anciens, toujours en activité, Michel Portal & Bernard Lubat. C'était " Shaker ". 

" Dunga Runga ". Ou " Notelaea Ovata ", un petit arbre australien au bois très dur, utile pour fabriquer des outils. Le compositeur prétend qu'il ne connaissait pas le sens des mots en créant le morceau. L'accordéoniste se lance ponctué par le batteur aux mains nues sur les tambours. Le violon vibre sous l'archet. Le quartet démarre avec le batteur aux baguettes. Ca remue agréablement. Solo de violon avec un son nettement oriental. Le violoniste est turc et cela s'entend. Les 4 hommes se mettent à chanter joyeusement " Da da la da da da ". 

Le violoniste va nous chanter une chanson turque. Une chanson d'amour triste qui finit mal. " Ne pleurez pas, s'il vous plaît " nous avertit Efe Turumtay. Intro en violon solo qui, de nouveau, sonne très oriental dans sa plainte. Il chante une chanson d'amour triste et cela s'entend. Vibration de la contrebasse et de l'accordéon tout en douceur. La voix se déploie bien sous la voûte de pierre du Paris Praha Jazz Club (depuis 2001). 

Le morceau titre de l'album. " Hope ". Cf vidéo sous cet article. Le batteur commence avec un balai main gauche et les maracas dans la main droite. L'accordéon donne la vibration. Le violon plane au dessus. Contrebasse et batterie pulsent bien sûr. L'accordéon plonge dans le bain. Que c'est bon, nom de Zeus! Je suis déçu en bien, comme disent les Suisses. Le batteur compte une grande canette de bière et un tambour de machine à laver dans son attirail. 

La seule reprise du concert. " Atmadra " '(?). Un air vif, énergique. Je ne connais pas même si Tomas Liska prétend que tout le monde connaît. A Prague peut-être. Le violon sonne de nouveau oriental mais joyeusement cette fois. Chaque musicien porte en lui ses racines mais cela n'empêche aucun d'avancer.

RAPPEL

 

Après les Polonais du Witold Janiak Trio  lors de l'édition 2018, les Portugais d'André Carvalho lors de l'édition 2019, l'édition 2021 du festival Jazzycolors m'a permis de découvrir, de nouveau sans en avoir jamais entendu une note avant le concert, le quartet du Tchèque Tomas Liska. Nouvelle excellente surprise. J'espère faire de nouvelles découvertes lors de la 20e édition en 2022. La 19e édition du festival Jazzycolors à Paris, en France, dure jusqu'au mercredi 1er décembre 2021.

 

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65 musiciens en concert au Couleurs Jazz Club du salon Musicora du 19 au 21 novembre 2021

Publié le par Guillaume Lagrée

Médéric Collignon par Juan Carlos HERNANDEZ

Médéric Collignon par Juan Carlos HERNANDEZ

Lectrices irrésistibles, lecteurs invincibles, retrouvez vous à Boulogne-Billancourt (92), sur l'île Seguin, à la Seine Musicale (sur l' ancien emplacement de l'usine Renault) pour le salon Musicora du vendredi 19 au dimanche 21 novembre 2021. Le rendez-vous annuel de la musique et des musiciens en France.

Couleurs Jazz Radio, où l'auteur de ce blog sévit chaque lundi à 22h et chaque vendredi à 12h (heure de Paris) dans l'émission " Le Jars Jase Jazz ", sera présent avec 65 musiciens en concert sur 3 journées: vendredi 19, samedi 20 et dimanche 21 novembre 2021 de 11h à 19h. C'est le Couleurs Jazz Club.

Parmi eux, des artistes célébrés sur ce blog: Srdjan Ivanovic samedi 20 novembre de 17h à 18h (cf extrait audio au dessus de cet article) & Médéric Collignon dimanche 21 novembre de 16h à 17h avant le boeuf final (jam session in english). Cf photographie au dessus et vidéo en dessous de cet article.

Avec un peu de chance, j'aurai l'honneur et l'avantage de vous y rencontrer, lectrices irrésistibles, lecteurs invincibles.

La photographie de Médéric Collignon est l'oeuvre de l'Essentiel Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales

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