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" La trompette de Satchmo " Michèle Hayat

Publié le par Guillaume Lagrée

" La trompette de Satchmo "

Michèle Hayat.

Editions Ecriture. Paris. 2020. 207 p. 18€.

 

Lectrices Hot, lecteurs Swing, je vous ai déjà chanté les louanges du Roi du Jazz Louis Armstrong (1900-1970) sous plusieurs formes:

- une leçon de Jazz d'Antoine Hervé, " Louis Armstrong, l'invention du Swing "

- un roman policier de Michel Boujut, " Souffler n'est pas jouer ". 

- un album hommage d'Eric Le Lann (trompette), " Thanks a Million ". 

- un concert de soutien aux troupes en 1944, " Louis Armstrong at the Esquire All American Jazz Concert "

- un concert hommage en 2019 organisé par Couleurs Jazz Radio, radio sur laquelle je sévis le vendredi et le dimanche à 1h et 18h (heure de Paris). 

Louis Armstrong était chrétien, haut dignitaire franc-maçon et ne quittait jamais un collier avec l'étoile de David. Le christianisme c'était son éducation. La franc-maçonnerie, c'était sa façon d'aider son peuple (Lorsqu'on lui demanda pourquoi il ne manifestait pas pour les droits civiques, il répondit qu'il ne voulait pas prendre le risque qu'un flic blanc lui casse les dents . Comment jouerait-il et chanterait-il après?). Le judaïsme, c'était la religion du couple Ester et Morris Karnofsky qui fit son éducation à La Nouvelle-Orléans.

C'est cette histoire de double éducation, dans sa famille biologique noire protestante et sa famille adoptive blanche juive que raconte Mme Michèle Hayat dans son premier roman " La trompette de Satchmo ".

En s'inspirant de faits réels, Mme Hayat la recrée et la fait vivre de façon saisissante. J'ai lu son livre d'une traite. Je ne suis ni Noir, ni Juif, ni Protestant, ni originaire de Lituanie comme les Karnofsky. Je n'ai jamais mis les pieds à La Nouvelle Orléans. Pourtant, je me suis senti chez moi en lisant ce roman. Signe de sa qualité à mes yeux.

Le Jazz est né d'un chant des déclassés, d'une volonté éclatante d'exister par la Beauté. Le minority factor comme disent les Américains. La musique des Noirs, des Italiens, des Tziganes et des Juifs. Les Irlandais ont juste apporté les pas des claquettes qui mêlent les danses irlandaises aux danses africaines. 

Venus de Lituanie en Amérique pour fuir les pogroms tsaristes, le couple Karnofsky fait son trou dans la société de La Nouvelle Orléans, à la frontière entre Blancs (ils le sont mais ne sont ni Anglo-Saxons ni Protestants) et Noirs (ils ne le sont pas mais reconnaissent dans les lynchages les mêmes persécutions sanguinaires que les pogroms de l'Empire russe). Ils ont deux fils: David meurt à La Nouvelle-Orléans et Nathan part en Palestine pour faire vivre l'idéal sioniste. 

Morris travaille beaucoup (il est brocanteur) et Ester s'ennuie en femme seule au foyer. Elle est trop sage pour prendre un amant alors elle prend sous son aile un petit garçon qui déborde d'énergie et d'intelligence, Louis Armstrong dit Satchelmouth ou Satchmo en raison de ses grosses lèvres (ses confrères musiciens, eux, l'appelaient " Pops " d'où le " Goodbye Sweet Pops " d'Archie Shepp, enregistré après la mort de Louis Armstrong, par exemple). Louis Armstrong sèche l'école pour aller écouter King Oliver (1885-1938), celui qu'il surnommait " Papa Joe ". Il finit même en maison de correction à 13 ans pour avoir tiré des coups de feu en l'air un soir de fête à La Nouvelle-Orléans

Louis Armstrong n'a pas eu de père ( Papa was a rolling stone. Wherever he laid is hat was his home comme le chantent si bien les Temptations) mais il a eu deux mères, Mayan et Ester. Les deux femmes se connaissaient, s'appréciaient et se partageaient la tâche d'élever un génie. C'est ce que raconte Michèle Hayat avec les difficultés de vie des Juifs venus de Russie en Amérique pour échapper à leur condition sociale mises en parallèle de celle des Noirs d'Amérique qui ne sont plus légalement esclaves mais qui restent traités comme des êtres inférieurs. Au procès de Nuremberg, les dignitaires nazis répondirent au magistrat américain qui leur reprochait leurs lois anti juifs, anti tziganes, anti tout ce qui n'était pas Allemand et nazi, qu'ils n'avaient fait que reprendre et adapter au Reich les législations des Etats du Sud des Etats-Unis des Amériques contre les personnes de couleur.

Malgré les lois, les préjugés, les déterminants économiques et sociaux, le génie de Louis Armstrong a éclaté à la face du monde et y brille encore. C'est la construction de ce génie que raconte avec amour et empathie Mme Michèle Hayat dans " La trompette de Satchmo ". Grâces lui en soient rendues. Puisse ce roman propager le même message d'amour et de tolérance que la voix et le chant de Louis Armstrong.

La fuite de Moïse et des Hébreux hors d'Egypte (Livre de l'Exode dans l'Ancien Testament) est un message très parlant pour les descendants d'Africains transportés comme esclaves en Amérique. D'où ce fameux gospel " Go down Moses ". Cf extrait audio au dessus de cet article. 

Puisque cette histoire se passe à La Nouvelle-Orléans, en Louisiane, aux Etats-Unis d'Amérique, vous trouverez dans la vidéo ci-dessous, lectrices Hot, lecteurs Swing, Billie Holiday chantant " Do You know what it means to miss New Orleans ? " accompagnée par un groupe de Maîtres du style New Orleans Jazz, Louis Armstrong (cornet), Kid Ory et son Creole trombone, Barney Bigard (clarinette). A rapprocher du Psaume 137 ( ou 136) du Livre des Psaumes: " Si je t'oublie O Jérusalem, que ma main droite se dessèche... "

 

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Album de l'année 2019: Tropical Jazz Trio

Publié le par Guillaume Lagrée

Lectrices magnifiques, lecteurs fantastiques, en toute partialité et après consultation des plus hautes autorités civiles et militaires, c'est-à-dire Moi, j'ai décidé de retenir comme album de l'année 2019 le Tropical Jazz Trio composé de 3 Maîtres de France: Alain Jean-Marie (piano), Patrice Caratini (contrebasse) et Roger Raspail (percussions).

D'abord pour la beauté et l'originalité de cette musique.

Ensuite pour ses vertus thaumaturges. Un concert du Tropical Jazz Trio à Paris, au Bal Blomet, le jeudi 3 octobre 2019, aida grandement une grande amie, Madame M-H, à évacuer les ondes négatives d'une journée très particulière. Les ondes positives diffusées par l'album et la dédicace tout à fait appropriée de Roger Raspail, alors qu'il ne connaissait pas son histoire, poursuivirent heureusement les effets de cette cure de joie et de beauté. Depuis, Madame M-H considère chacun des musiciens de ce Trio comme son ange gardien. 

Grâces leurs en soient rendues! Vive le Tropical Jazz Trio! Honneur aux Dames! Sus aux Infâmes!

 

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Le triumivirat Sabbagh/Humair/Dumoulin nous embarque sur la péniche Marcounet

Publié le par Guillaume Lagrée

Jérôme Sabbagh par Juan Carlos HERNANDEZ

Jérôme Sabbagh par Juan Carlos HERNANDEZ

Jérôme Sabbagh Trio

Péniche Marcounet

Paris, France.

Vendredi 27 décembre 2019. 20h.

 

Jérôme Sabbagh: saxophone ténor, compositions

Jozef Dumoulin: piano, clavier électrique

Daniel Humair: batterie

Une improvisation pour commencer. Le piano est droit. Daniel Humair est aux manettes, pardon, aux baguettes. Une sorte de mélopée sort du saxophone. Le piano crée une vague. La batterie impulse un courant alternatif et continu en même temps comme seul sait le faire Daniel Humair. Ca respire. Pas de microphone. Pas besoin et ça sonne plus naturel. Jozef Dumoulin joue main droite sur le piano et main gauche sur le clavier pour faire la basse. Pianiste et batteur nous malaxent le cerveau en duo. Le trio repart avec Humair (1938) qui roule toujours aussi énergiquement. Respect. En pensant à son aîné Roy Haynes (1925), il lui reste encore quelques belles années. Morceau bref et intense.

Une ballade où le saxophone chuinte doucement. Humair tapote du bout des baguettes. Duo au ralenti entre piano et batterie. Attention, beauté! Le tempo s'accélère. Ca redescend et Jérôme Sabbagh reprend avec un gros son étiré au ténor. Les 3 instruments fusionnent. Tension commune du structuré au déstructuré mais toujours maîtrisée. Jozef Dumoulin reproduit le son de basse avec la main gauche sur le clavier.

Une composition de Jérôme Sabbagh que je reconnais mais dont le titre m'échappe. De mémoire, il se pourrait que ce soit sa " Comptine ". Voir vidéo sous cet article pour un version en duo avec Jozef Dumoulin. Ca commence de façon heurtée entre les 3 hommes. Ca remue franchement en Dieu Vulcain derrière sa forge. Le clavier électrique produit un son de basse qui nous creuse le ventre. Le sax ténor fume. Claques sèches des baguettes sur les tambours. Le tempo est si ralenti qu'il se décompose. Humair, en fin gourmet, le hache menu aux cymbales sur les baguettes. 

Solo de sax en intro. Une sorte de ballade. Son velouté, chuintant. Jérôme enchaîne sur un thème vif, léger que Daniel reprend aux balais. Jozef enchaîne au piano tout en créant un son sourd, puissant, très bas dans les basses au clavier. Le batteur malaxe aux balais. Le piano, joué de la main droite, vient alléger l'ensemble. Le trio repart de plus belle et nous prend au vif. Humair est passé aux baguettes faisant sonner tambours et résonner cymbales. Pendant ce temps, la péniche Marcounet se balance au rythme de la Seine mordorée par les lampadaires sur ses berges. 

Intro en piano solo pour une ballade. Un standard reconnaissable dès les premières notes du sax ténor. ' I fall in love too easily " que Chet Baker chantait de sa voix d'ange déchu. Le batteur reste aux baguettes et ponctue légèrement sur les cymbales. Jérôme Sabbagh, dans la lignée des Maîtres du saxophone ténor, Sonny Rollins & Stan Getz, articule si bien les notes qu'il semble chanter les paroles de la chanson. Puis il s'écarte de la scène pour ponctuer de loin, en douceur, le solo de piano que Daniel Humair fait briller de ses cymbales flamboyantes. 

Solo du batteur aux balais pour commencer. Energique. Sax et piano entrent dans la danse en coup de vent. Ils vont et viennent rapidement. Daniel Humair est repassé aux baguettes et le trio démarre à fond de train. Ca secoue plus que la Seine sous la péniche Marcounet. Le trio enchaîne sur un autre thème, sans applaudissement. Les cymbales grincent sous les pointes des baguettes. Le piano joue une sorte de marche funèbre ponctuée par la basse du clavier. Son velouté à souhait du ténor. Piano et batterie sonnent le glas 

PAUSE

 

Il n'est que 21h15 et je n'ai pas école le lendemain. Toutefois, j'ai un gros coup de fatigue et une musique de ce niveau d'exigence nécessite un esprit éveillé. La chronique cesse donc hic et nunc.

Ce trio est rare car Jérôme Sabbagh, Français, vit à New York depuis 1994 alors que le Suisse Daniel Humair et le Belge Jozef Dumoulin vivent en France. J'étais à un de leurs précédents concerts, à Paris, au Duc des Lombards, le 26 avril 2013. Avec 3 leaders, ce n'est plus un trio mais un triumvirat. Contrairement à la politique ( Pompée, Crassus, César; Bonaparte, Cambacérès, Lebrun) aucun des 3 ne cherche à éliminer les 2 autres, pas même à les éclipser. Le Jazz, processus démocratique, permet l'échange équilibré entre ces 3 créateurs. Un seul regret sur la formule: si Jozef Dumoulin est excellent au piano et au clavier électrique, c'est au Fender Rhodes qu'il est unique. Je vous renvoie, lectrices Fender, lecteurs Rhodes, à ma chronique enthousiaste de son album " A Fender Rhodes solo " (2014). 

 

 

Les photographies de Jérôme Sabbagh & Daniel Humair sont l'oeuvre de l'Inébranlable Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de ces oeuvres sans l'autorisation de leur auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales

Daniel Humair par Juan Carlos HERNANDEZ

Daniel Humair par Juan Carlos HERNANDEZ

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En 2020, Boris Vian aura 100 ans, et Vian!

Publié le par Guillaume Lagrée

Lectrices Pataphysiciennes, lecteurs Pataphysiciens, adorateurs de la Grande Gidouille, les 100 ans de Bison Ravi, alias Boris Vian (1920-1959) ne peuvent vous échapper.

Centralien, ingénieur de l'AFNOR, trompettiste, guitariste, compositeur, parolier, poète, traducteur, critique, producteur musical, écrivain, inventeur, dessinateur et j'en oublie certainement, Boris Vian a vécu plus de vies en 39 années que bien des centenaires.

En 2020, il aurait eu 100 ans et son humour mord toujours.

Diverses activités seront organisées tout au long de l'année 2020 pour célébrer l'Equarisseur de Première classe, Satrape et Promoteur Insigne de l'ordre de la Grande Gidouille, en France (spécialement au 6 bis cité Véron, 75018 Paris, dernier domicile connu de Boris Vian vivant), mais aussi en Belgique, en Suisse et au Canada. 

Voici le Programme. Faites la fête avec Boris Vian tout l'an 2020, lectrices Pataphysiciennes, lecteurs Pataphysiciens. 

Dans la vidéo ci-dessous, enregistrée au Tabou, fameux club germanopratin des années 1950, les 3 frères Boris (trompette), Alain (batterie) et Lelio (guitare) Vian, jouent un standard du Jazz des années 20, " The Sheikh of Araby ". 

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" Rien n'est grave dans les aigus " . Michel Legrand fêté à la Maison de la Radio

Publié le par Guillaume Lagrée

Lectrices mélodieuses, lecteurs harmonieux, retrouvez vous à la Maison de la Radio, 116 avenue du président Kennedy, 75016 Paris, France, pour célébrer Michel Legrand (1932-2019), pianiste, compositeur, chanteur, chef d'orchestre, arrangeur, directeur musical français de classe internationale. 

D'abord avec l'exposition " Rien n'est grave dans les aigus "  jusqu'au jeudi 30 janvier 2020. Entrée libre. 

Puis pour 3 jours de fin de semaine consacrés à Michel Legrand en janvier 2020.

Vendredi 24  janvier, 20h, Paris, Maison de la Radio: Le cinéma de Michel Legrand. Avec l'orchestre philharmonique de Radio France dirigé par Frank Strobel et un septet de Jazz.  Concert diffusé en direct sur France Musique. Michel Legrand, ce sont 3 Oscars pour la musique de film sur 3 décennies: un dans les années 1960 pour l'Affaire Thomas Crown  ( " The windmills of my mind " ou " Les moulins de mon coeur " est un standard du Jazz actuel) , L'Eté 42 dans les années 1970 ( " Summer 42 " est un autre standard du Jazz),  Yentl dans les années 1980.

 Samedi 25 janvier, 20h, Paris, Maison de la Radio: Michel Legrand Jazz. Orchestre dirigé par Fred Pallem (guitare basse électrique). Le titre de la soirée est un hommage à son fameux album de 1958 " Legrand Jazz " où il dirigeait un orchestre composé notamment de Miles Davis, John Coltrane, Paul Chambers, Ben Wbester, Hank Jones, Phil Woods, Georges Duvivier et Bill Evans.

Dimanche 26 janvier, 16h, Paris, Maison de la Radio: Michel Legrand, la musique en-chantée. L'orchestre philharmonique de Radio France dirigé par Bastien Stil, un quintette de Jazz & 2 chanteuses: Nathalie Dessay (classique) & Camille Bertault (Jazz). 

Puisque Michel Legrand était un homme orchestre, le voici s'amusant avec " Trombone, guitare et compagnie " . Cf vidéo ci-dessous.

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Sélection de concerts de Jazz pour janvier 2020

Publié le par Guillaume Lagrée

Sarah Murcia par Juan Carlos HERNANDEZ

Sarah Murcia par Juan Carlos HERNANDEZ

Respectables lectrices, Honorables lecteurs, fidèles abonnés au Jazz et à l'électricité, tous mes voeux de santé, de félicité et de prospérité pour la nouvelle année. En 2020, la flamme du Jazz ne s'éteindra pas!

Armé de mon mauvais goût et de ma mauvaise foi habituels, je vous propose la sélection suivante de concerts de Jazz pour janvier 2020 en France. 

Pour une sélection exhaustive sur l'Ile de France, voyez Paris Jazz Club. Pour la France et l'Europe, voyez Citizen Jazz et Jazz Magazine

Si vous ne pouvez assister aux concerts, écoutez les sur France Musique avec les émissions Jazz Club (pour le présent) et Les légendes du Jazz (pour le passé) et sur TSF Jazz avec Jazz Live

Pour l'actualité du Jazz, écoutez sur la Toile Couleurs Jazz Radio où l'auteur de ce blog sévit dans une émission mensuelle intitulée, notez l'originalité, " Le Jars jase Jazz ". Diffusion le vendredi et le dimanche à 1h du matin et 18h (heure de Paris). Pas de podcast. Audible dans le monde entier avec une connexion à l'Internet. De décembre 2019 à mars 2020, les 4 émissions seront centrées sur le BRASIL. Stan Getz, Joao Gilberto & Antonio Carlos Jobim seront évidemment à l'honneur. Le chanteur et guitariste brésilien Vitto Meirelles, dont l'album " Da Hora ", est louangé sur ce blog m'a octroyé un entretien de 30mn qui est diffusé à la suite de l'émission de janvier 2020. Couleurs Jazz Radio est une radio associative, garantie sans réclame. Elle vit de contributions volontaires. Pour les contribuables imposables en France, les dons sont déductibles de l'impôt sur le revenu et de l'impôt sur les sociétés. 

Si vous voulez assister depuis la Toile aux concerts à New York, USA, dans Greenwich Village, pour les clubs Small's et Mezzrow, suivez ce lien. C'est payant certes mais toujours moins cher qu'un séjour dans la Grosse Pomme.

L'exposition " Music Migrations. Paris-Londres. 1962-1989 " est visible et audible au Palais de la Porte Dorée, à Paris, jusqu'au dimanche 5 janvier 2020. Ce sont les derniers jours pour en profiter. Visite vivement recommandée.

Exposition " Rien n'est grave dans les aigus " consacrée à Michel Legrand à la Maison de la Radio , à Paris, jusqu'au jeudi 30 janvier 2020. Entrée libre. 

Albi Jazz Festival à Albi (81), en Occitanie, du jeudi 16 au dimanche 19 janvier avec Henri Texier (contrebasse) , maintes fois célébré sur ce blog, le vendredi 17 janvier. 

13e festival Au fil des Voix à Paris (75) du lundi 20 janvier au vendredi 7 février 2020 avec Macha Gharibian (piano, voix) le jeudi 23 janvier. Le rendez-vous des grandes voix du monde. 

Festival Sons d'Hiver dans le Val de Marne (94), en Ile de France, du vendredi 17 janvier au vendredi 8 février 2020. Samedi 18 janvier, 20h30, Vincennes: Claudia Solal & Benoît Delbecq (sortie d'album) + Fred Frith Eye to Ear ensemble (création). 

Europa Jazz Festival au Mans (72), en Pays de la Loire, du dimanche 26 janvier au dimanche 2 février avec Tricia Evy, chanteuse marraine de Couleurs Jazz Radio, le mercredi 29 janvier à 19h au Chorus.

Jeudi 2 & vendredi 3 janvier, 20h30, Paris, Le Sunside: " Les manoirs de mes rêves " par Philip Catherine (guitare électrique) . Hommage à Django Reinhardt mais aussi à Michel Berger. Cf extrait audio au dessus de cet article.

Vendredi 3 janvier, 19 h30 & 21h45, Paris, Le Duc des Lombards: Sacha Boutros (chant) invite Michele Hendricks (chant) très favorablement connue de nos services.

Mercredi 8 janvier, 20h30, Paris, Studio de l'Ermitage: Sarah Murcia " Eyeballing " + Stéphane Payen Worshop. Esprits frileux, s'abstenir. Cf photographie au dessus de cet article.

Lundi 13 janvier, 20h, Paris, Le Pan Piper: Jean-Marie Machado (piano) en solo, duo & quartet. 

Mardi 14 janvier:

- 20h, Paris, Galerie Hus: Benoît Delbecq en piano solo. 

- 21h, Paris, Le Sunside: Or Baraket quartet.

Mercredi 15 janvier, 21h, Paris, Bab-Ilo: un trio de Magiciens plusieurs fois loué sur ce blog. Michel Edelin (flûte), Peter Giron (contrebasse) & John Betsch (batterie). 

Jeudi 16 janvier, 20h30, Paris, Studio de l'Ermitage: Hono & Brady Winterstein (guitares). Oncle et neveu unis pour le meilleur du Jazz manouche. 

Vendredi 17 & samedi 18 janvier, 21h30, Paris, Le Baiser Salé: Roger Biwandu Bordeaux Quartet. Groovy, forcément groovy!

Samedi 18 janvier:

- 20h30, Paris, Maison de la Radio: Cecile Mac Lorin Salvant (chant).

- 21h, Auvers sur Oise (95), Maison de l'Ile: le trio de Mathias Levy. Entre Europe de l'Est et Amérique du Nord en passant par la France, ce trio tisse les liens avec couleur et vigueur. 

Mardi 21 janvier:

- 21h, Eaubonne (95), Salle de l'Orangerie: " Wild Poetry " de David Patrois.

- 21h30, Paris, Le Baiser Salé: " Tony " par Elie Martin-Charrière. Elie Martin-Charrière est batteur. Je suppose donc qu'il s'agit d'un hommage à Tony Williams (1945-1997)  mais je peux me tromper. 

Vendredi 24 janvier:

- 20h, Paris, Maison de la Radio: Le cinéma de Michel Legrand. Avec l'orchestre philharmonique de Radio France dirigé par Frank Strobel et un septet de Jazz.  Concert diffusé en direct sur France Musique. Cf vidéo sous cet article.

- 20h30, Paris, Le Bal Blomet: Violaine Cochard & Edouard Ferlet mêlent cordes pincées du clavecin et cordes frappées du piano pour un jazz baroque. 

- 20h30, Les Lilas (93), Le Triton: Benjamin Moussay & Francesco Bearzatti trio. Explorations et explosions sonores au programme. 

- 20h30, Bischeim (68), Alsace, Le Cercle, le chanteur, guitariste, auteur compositeur et interprète brésilien Vitto Meirelles qui figure dans mon émission BRASIL sur Couleurs Jazz Radio en janvier 2020. Diffusion le vendredi et le dimanche à 1h et 18h (heure de Paris). Emission d'1h suivie d'un entretien de 30mn avec Vitto Meirelles.

- 21h, Paris, Le Sunside: " Spirabassi ". Stéphane Spira & Giovanni Mirabassi. Un duo de créateurs. 

Samedi 25 janvier:

- 20h, Paris, Maison de la Radio: Michel Legrand Jazz. Orchestre dirigé par Fred Pallem (guitare basse électrique). 

- 21h30, Paris, Le SunsideStéphane Spira & Giovanni Mirabassi. Un duo de créateurs. 

Dimanche 26 janvier, 16h, Paris, Maison de la Radio: Michel Legrand, la musique en-chantée. L'orchestre philharmonique de Radio France dirigé par Bastien Stil, un quintette de Jazz & 2 chanteuses: Nathalie Dessay (classique) & Camille Bertault (Jazz). 

Lundi 27 janvier, 20h30, Paris, Studio de l'Ermitage: Christophe Panzani. Du sax, du sax, oui mais du Panzani! En duo avec 5 pianistes différents sur la même scène.

Mercredi 29 janvier, 20h30, Paris, Le Baiser Salé: Ray Lema, Felix Sebal-Secco, Irving Acao. Congo & Cuba unis sur scène. Chaud devant!

Jeudi 30 janvier, 20h30, Boulogne-Billancourt (92), La Seine Musicale: Richard Galliano

Vendredi 31 janvier:

- 20h, Paris, Le Pan Piper: Louise Jallu Quartet + Mathias Levy Trio. L'Argentine et l'Europe centrale en version française. 

- 20h30, Paris, Le Bal Blomet: Hollywood Moscou New York. Laurent Naouri (baryton-basse) , Guillaume de Chassy (piano), Arnault Cuisinier (contrebasse) & Thomas Savy (clarinette) jouent avec Serge Prokofiev et Kurt Weill. 

La photographie de Sarah Murcia est l'oeuvre de l'Inaltérable Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales. 

" Bach, Mozart ou Ravel, c'était ma langue maternelle; le Jazz, ma première langue vivante " . Michel Legrand

Dans l'extrait ci-dessous de " Bande à part ", film de Jean-Luc Godard (1964), Claude Brasseur, Sami Frey et Anna Karina dansent sur une musique de Michel Legrand. Film qui est l'inspiration majeure de " Reservoir Dogs " de Quentin Tarantino dont la maison de production se nomme " A Band Apart ". 

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Nuzut Trio " The Bowhopper "

Publié le par Guillaume Lagrée

Nuzut Trio

" The Bowhopper "

Album Da Vinci. 2019.

 

Le Nuzut Trio est composé de

Flavio Perrella: contrebasse, compositions, direction

Simon Martineau: guitare électrique

Thomas Delor: batterie

 

Lectrices Italiennes, lecteurs Français, je vous ai déjà chanté les louanges urbi et orbi du Nuzut Trio, petit ensemble franco-italien, en concert à Paris, le 15 décembre 2019.

Après plusieurs écoutes attentives, il est temps de parler de l'album " The  Bowhopper " de ce trio. D'abord le titre de l'album. Il y a beaucoup d'archet dans le jeu du contrebassiste. D'où l'archet sautillant qui donne son titre à l'album ainsi que la sculpture qui orne la pochette de l'album et ressemble beaucoup à un personnage d'Alberto Giacometti (1901-1966). Une sculpture sur bois d'Antonio Padovani nommé " The Bowhopper " justement. Si le trio est majoritairement français, le chef et compositeur est italien. D'où le nom du trio Nuzut et des titres comme " Povero Spirito " (3) et " Un po Zut " (9).

Le contrebassiste  et compositeur Flavio Perrella a obtenu ses diplômes de musicien classique en Italie avant de se consacrer au Jazz en France.  D'où sa prédilection pour le jeu à l'archet plutôt que le pizzicato comme disent les Classiques (slap disent les Jazzmen). Son trio reprend la formule classique du trio du Rock'n Roll, guitare électrique, basse, batterie. Sauf qu'il s'agit d'une contrebasse, pas d'une guitare basse électrique et d'un musicien venu du classique disais je. 

Le ton général est donc à la puissance contenue. Energie du Rock, liberté du Jazz, sens mélodique venu du Classique, ce mélange est irrésistible à mes oreilles.

Pour que la musique respire mieux, 3 interludes sont placés dans l'album en 2e, 5e et 7e position. Cf l'interlude 1 mis en extrait audio au dessus de cet article. 

Le Nuzut Trio a le sens du jeu. Il sait retenir notre attention avec humour et légèreté. Ecoutez " Un po zut " (9) par exemple avec ses éclats de Blues. Il y a tout de même une chanson triste, une ballade grave mais sans rien de pesant, " X Time " (8).  Le Blues final " Zoldog " (10) progresse lentement dans une transe contenue qui monte en puissance, vous saisit dès le départ et vous emmène loin à l'arrivée.

Mon seul reproche sur cet album est que mon morceau préféré, celui que j'ai envie d'écouter en boucle, en me passant de la suite, est placé en ouverture. " The grasshopper " (1). La sauterelle (Grasshopper in english) . L'invasion des sauterelles fait partie des Dix plaies d'Egypte dans le livre de l'Exode (Bible, Ancien Testament). Ici, c'est bien plus pacifique et entraînant, irrésistible à mon goût avec cette tension dès le départ et ce lâcher prise à l'arrivée. De manière sage tout de même car le Premier de ces trois Consuls, le Latin Flavio Perrella, vient du classique, ne l'oublions pas. A chaque écoute de ce morceau, je ne peux m'empêcher de hocher la tête avec un sourire béat et de chantonner. Un instant de Grâce passe. Cf vidéo sous cet article.

Ordre et mesure caractérisent cette musique. Les mélodies sont simples et efficaces. Le jeu est élégant et raffiné sans démonstration technique. L'interaction est permanente. Ni la guitare électrique, ni la batterie, instruments à fort volume sonore, ne couvrent jamais la contrebasse. Grâce au Français Henri Texier, au Portugais André Carvalho, la grand-mère (surnom affectueux de la contrebasse chez les musiciens) poursuit son émancipation avec l'Italien Flavio Perrella. Chacun d'eux sait nous raconter de belles histoires. Profitons en sans modération, lectrices Italiennes, lecteurs Français. 

Que les Dieux et les Muses fassent jouer le Nuzut Trio sur scène en France, en Italie, dans tout l'Imperium romanum et même au-delà! 

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Nuzut Trio en escale à la Péniche Marcounet

Publié le par Guillaume Lagrée

Nuzut Trio

Péniche Marcounet

Paris, France

Dimanche 15 décembre 2019. 18h.

Concert de sortie de l'album " The Bowhopper "

Le Nuzut Trio est composé de

Flavio Perrella: contrebasse, compositions

Simon Martineau: guitare électrique

Thomas Delor: batterie

Lectrices curieuses, lecteurs fureteurs, sachez que j'ignorais tout du Nuzut Trio avant ce concert. Le guitariste  Simon Martineau m'avait écrit & envoyé un lien. Quelques secondes d'écoute suffirent à me convaincre de me déplacer un dimanche de grève à Paris. Ni remords, ni regret. Une chronique de l'album " The Bowhopper " suivra. 

Belle pulsation de la contrebasse pour commencer. Le batteur ajoute du volume aux baguettes. La guitare vibre en fusion avec les tambours. C'est puissant, doux et lent. La péniche Marcounet se balance au rythme de la Seine. La musique est en phase. C'est hypnotique. La guitare tourne en boucle, la contrebasse et la batterie assurant les variations. Puis le guitariste se lance. Tout en maintenant le thème en arrière-plan, il attaque et la rythmique suit. Vibration de la contrebasse en solo sous l'archet. Une ambiance méditative s'installe. Le bruit de fond de la climatisation nuit à l'écoute mais mon cerveau finit par en faire abstraction. 

La guitare enchaîne sur un autre thème. Pas d'applaudissement. C'est une suite. Ballade. Batteur aux balais. Douce montée en tension. Le public écoute religieusement. Pas même un chuchotement. Une belle musique inspire un silence respectueux à ceux qui en sont capables. La pulsion se fait plus forte puis redescend calmement. Dehors coule la Seine éclairée par les projecteurs. Je la vois par les hublots de la péniche. La musique, art liquide, est en phase avec le décor. 

Il me semble que le guitariste, en solo, introduit un nouveau thème. Toujours dans le silence attentif de la salle. Le trio va t-il jouer son concert d'une traite? Il repart sur un morceau bien secoué. Batteur aux baguettes. Rythme haché, saccadé. Breaks de batterie très secs, très vifs aux baguettes pendant que les cordes maintiennent la pulsation. Intéressant. 

3 morceaux enchaînés en 30 mn. Tout s'est bien passé. Flavio Perrella nous remercie d'être venus si nombreux, malgré les problèmes logistiques. Ils ont joué " Zoldog " suivi de " Povero spirito " & " Clacsong ". 

Un morceau qui ne figure pas sur l'album " The Bowhopper ". " Lettre à Poussin " ou " Poussin 2, 3 " . Est-ce un hommage au peintre classique français Nicolas Poussin (1594-1665) qui passa l'essentiel de sa vie à Rome où il mourut et est enterré? Batteur aux balais. A pas lents. C'est équilibré, posé comme un tableau de Poussin mêlant réel et idéal. Une certaine idée du classicisme. Solo de contrebasse calme et tranquille conforté par le jeu des balais sur les tambours et les ponctuations raffinées de la guitare. Thomas Delor bat ses tambours à mains nues. Cela ajoute de la chaleur au jeu. La pulsion remonte en trio. Glissendo final très élégant.

Je n'ai pas compris le titre. Solo de contrebasse pour commencer. Le batteur ajoute une pulsation vive et douce aux baguettes sur les cymbales et les bords de caisse. Guitare au son liquide. Ca roule pour nous. La péniche Marcounet est amarrée mais nous partons en voyage. Belle impression de grands espaces. Comme si la grand route s'ouvrait devant nous. Y a une route. Tu la prends, qu'est-ce que ça te coûte? Ca avance vraiment. D'un pas rapide. Et s'arrête d'un coup comme s'ils étaient arrivés.

Un nouveau morceau, sans titre pour l'instant. Ne figure pas dans l'album " The Bowhopper " évidemment. Un air étrange, inquiétant. Grosse pulsation de la contrebasse. Le batteur décompose le temps aux baguettes. Coups tranchants de la guitare. Thomas Delor nous reproduit même les coups des fantômes sur les portes avec des baguettes. Nous sommes plongés dans un château hanté. Ca repart avec un solo de contrebasse à l'archet. Rapide. La guitare reprend le thème. Le batteur tapote de ses mains. Nous quittons le château pour chevaucher dans la lande et la brume. Solo de contrebasse à l'archet. Flavio Perrella utilise beaucoup l'archet sur sa contrebasse, d'où le titre de l'album " The Bowhopper ". Peut-être vient-il de la musique classique comme le contrebassiste français Jean-Philippe Viret, lui aussi grand manieur d'archet. 

Le premier titre de l'album, " The  Grasshopper ". Cf extrait audio au dessus de cet article. Est-ce un hommage aux sauterelles, au club de football de Zürich ou à JJ Cale? Flavio Perrella parle français avec un charmant accent italien et un humour délicieux. Batteur aux baguettes qui reproduit une boite à rythmes. Sec, répétitif mais pas mécanique. Le morceau pulse bien. Là encore, les défricheurs avancent. Le son de guitare est plus mordant. Ils envoient dans le final comme un coureur de 1500m dans la dernière ligne droite. Finish irrésistible. Pas besoin de photo. Energie du Rock, liberté du Jazz. Bref, de la bonne musique. Ils restent sur le thème en jouant mezzo voce, en ralentissant progressivement vers le final. Ca, c'est bon!

RAPPEL

Puisqu'ils sont tristes de nous quitter, un morceau triste, " X Time ", annonce Flavio Perrella. Je ne suis pas triste car je sors d'un bon concert et que je vais pouvoir désormais savourer l'album " The Bowhopper " en espérant que le Nuzut Trio joue en concert en France, en Italie et partout où des esprits comme les vôtres sauront l'accueillir, lectrices curieuses, lecteurs fureteurs. 

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" Tell me something new " Dexter Goldberg Trio

Publié le par Guillaume Lagrée

Dexter Goldberg Trio

" Tell me something new "

Un album Jazz & People. 2018

 

Dexter Goldberg: piano, compositions

Bertrand Beruard: contrebasse

Kevin Lucchetti: batterie

Lectrices rigoureuses, lecteurs sérieux, mes bonnes résolutions de la fin de l'an neuf 2019 se poursuivent. Après " Zouk Out " de Mario Canonge (piano), " A l'air libre " du trio Paloma, me voici à vous parler d'un album déjà sorti que j'avais négligé jusqu'ici, " Tell me something new " du trio de Dexter Goldberg (piano). 

J'ai déjà chanté les louanges de ce trio pour un concert à Paris, au Sunside, le jeudi 15 août 2019. J'ai aussi célébré sur ce blog le duo de Dexter Goldberg avec Robin Mansanti (trompette, chant) et avec son père, Michel Goldberg (saxophones). 

Revenons à ce trio. Dit -il quelque chose de nouveau comme il l'affiche dans le titre et le morceau d'ouverture, " Tell me something new " (1)? 

Dans l'instrumentation non puisque le format piano, contrebasse, batterie est aussi classique dans le Jazz que le format guitare, basse, batterie dans le Rock'n Roll. Dans le jeu non plus car le pianiste est clairement le leader, contrebassiste et batteur les accompagnateurs. 

Dans les compositions, oui, puisqu'elles sont toutes neuves et oeuvres du leader. Dans les thèmes et les émotions aussi car Dexter Goldberg n'est pas que gentil, dans la lignée de Bill Evans et ne semble pas narcissique comme Keith Jarrett. 

En fait, il semble que Dexter Goldberg, sans jouer les standards, en crée de nouveaux, tant ses mélodies sont claires et élégantes. En pleine période de grève des services de transports publics en lle de France, RATP et SNCF, j'ai choisi comme extrait audio , " RER B " (3) qui décrit bien les mouvements de ce train qui traverse l'Ile de France du Nord au Sud, de l'aéroport de Roissy Charles de Gaulle ou Mitry Claye à Robinson ou Saint Rémy les Chevreuses C'est ce train , sous un autre nom, que prenait déjà Paul Léautaud pour venir travailler à Paris au Mercure de France. 

A ces mouvements brusques succèdent la douceur de " Rainbow " (4) et " Osmose " (5). Son père, Michel Goldberg, saxophoniste, vit à Saint-Malo, beau port de mer. Peut - être en souvenir du vent sur la plage du Sillon, le souffle puissant de " Waves of Sand " (8) nous emporte. Cf vidéo sous cet article.

Ne vous inquiétez pas pour Dexter Goldberg, lectrices rigoureuses, lecteurs sérieux, c'est bien parti pour lui. C'est ce qu'il joue avec le morceau final, " I'll be OK " (9). 

Des albums en trio piano, contrebasse, batterie, il en tombe comme la pluie en novembre à Paris. Mais de ceux qui nous disent quelque chose de neuf, d'intéressant, de touchant, de stimulant, il y en a peu. J'en ai repéré deux dans la génération des trentenaires, Dan Tepfer et ses " Eleven Cages " (2017), Dexter Goldberg et cet album " Tell me something new " (2018). La génération précédente de pianistes, celle d'Alain Jean-Marie et Mario Canonge reste aux avants-postes avec " Tropical Jazz Trio " et " Pensativa " pour AJM et " Zouk Out " pour MC. Dexter Goldberg est né en 1987. Son jeu est déjà bien en place mais je gage qu'il va mûrir et nous offrir mieux encore dans l'avenir. 

 

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" A l'air libre " Trio Paloma

Publié le par Guillaume Lagrée

Trio Paloma

" A l'air libre "

 

Le Trio Paloma est composé de

Chloé Cailleton; chant, percussions & compositions (2, 7 & 8)

Leonardo Montana: piano, compositions (3, 4, 5, 6, 8 & 9)

Joan Eche Puig: contrebasse, composition (7)

Lectrices sérieuses, lecteurs rigoureux, dans mes résolutions de fin d'an neuf 2019, figure celle de vous faire part d'albums déjà sortis que je n'avais pas pris le temps de chroniquer jusqu'ici. Après Mario Canonge et son concept " Zouk Out ", voici venir la chanteuse Chloé Cailleton à l'Air Libre avec son trio Paloma. 

J'ai découvert ce trio en concert au cinéma Balzac à Paris en 2019. D'enthousiasme, j'ai acquis l'album en sortant. Avec une formule aussi restreinte, un trio sans tambour ni trompette (il paraît qu'il y a quelques percussions), la musique est libre et fluide comme l'air. Légère sans autre ancrage que la pulsation de la contrebasse de Joan Eche Puig.

La citoyenne Cailleton, de nationalité française, chante en français, anglais et portugais. Puisque l'hiver approche dans l'hémisphère Nord, je vous recommande sa " Cold Season " (2). Cf vidéo sous cet article. L'ambition est tout de suite affichée avec le titre initial " Melody " (1). En effet, ce trio a le souci de la mélodie. La voix peut devenir un instrument chantant une romance sans parole comme dans " Entre deux jeux " (5), composé par le pianiste. Leonardo Montana est l'homme orchestre qui habille ces chansons. Joan Eche Puig y ajoute la touche finale qui fait que Chloé Cailleton n'a plus qu'à les porter pour être irrésistible. 

Sur les 9 chansons de l'album, une me bouleverse, me renverse, me touche en plein coeur. Une sur 9, c'est déjà beaucoup. Je passe le stade de la sensation agréable pour atteindre celui de l'émotion forte. Une chanson d'amour libre comme l'air, " Et voguent " (7) à laquelle ont contribué la chanteuse, le contrebassiste et une 3e personne que je n'identifie pas (B.Laurent). Je souhaite que l'homme pour qui cette chanson a été écrite la mérite vraiment. Cela fait partie des très rares chansons (il n'y en a pas 10) qui me donnent un frisson dans l'échine à l'écoute ( " Saint Louis Blues " par Bessie Smith & Louis Armstrong en fait partie aussi). Bref, je place " Et voguent " du Trio Paloma très haut dans mon Panthéon personnel de chansons. 

Le trio Paloma sera en concert à Tarbes (Hautes Pyrénées, Occitanie, France) le vendredi 24 avril 2020.

C'est tout, lectrices sérieuses, lecteurs rigoureux.

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