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Omer Avital " Abutbul Music "

Publié le par Guillaume Lagrée

Omer Avital

" Abutbul Music "

Un album du label Jazz Village.

Distribué par Harmonia Mundi. 2016.

Omer Avital: contrebasse, compositions, direction

Yonathan Avishai: piano

Ofri Nehemya: batterie

Asaf Yuria: saxophones ténor et soprano

Alexander Levin: saxophone ténor

Lectrices cosmopolites, lecteurs polyglottes, je vous ai déjà parlé d'Omer Avital en studio et sur scène. Né en Israël d'un père Marocain et d'une mère Yéménite, domicilié à New York City, USA, cet homme est un melting pot à lui seul.

Sa musique mélange l'Orient et l'Occident, selon le principe du métissage qui est au coeur du Jazz. Les saxophones évoquent le chophar de la liturgie juive, la contrebasse a la puissance de celle de Charles Mingus, le batteur mêle rythmes orientaux et africains et le pianiste vient apporter une couleur occidentale.

L'ensemble est chatoyant, coloré et épicé . Une musique de bazar oriental, de dîner entre amis, de fête.

Si le Proche Orient vit un jour en paix, ce sera au son de la contrebasse d'Omer Avital.

Que signifie " Abutbul "? C'est un nom de famille typique des Juifs du Maroc, notamment celui d'une famille majeure du crime organisé israélien. Rien de criminel dans cette musique à moins de penser comme Fats Waller " It's so good it must be illegal ".

Cette musique de chaleur et de partage est faite pour la scène.

A ce propos, Omer Avital sera en concert à Paris au Sunside le jeudi 21 juillet 2016 à 19h30 et 21h30 et au Petit Journal Montparnasse le vendredi 22 juillet à 21h30.

La photographie d'Omer Avital est l'oeuvre du Bouillonnant Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Omer Avital par Juan Carlos HERNANDEZ

Omer Avital par Juan Carlos HERNANDEZ

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" Une poule sur un piano " première projection à Paris

Publié le par Guillaume Lagrée

Une poule sur un piano

Cinéma Le Balzac
Paris. Samedi 25 juin 2016. 11h.

Lectrices duchesses, lecteurs ducaux, je vous ai déjà parlé à plusieurs reprises du documentaire de Laurent Lukic " Une poule sur un piano " consacré au séjour de Duke Ellington au château de Goutelas (Forez, France) en février 1966.

Séjour qui inspira à Duke Ellington la " Goutelas Suite " (1971) et un chapitre de ses Mémoires " Music is my mistress " (1973).

Que raconte ce film? Je l'ai appris en assistant à la première projection parisienne au cinéma Le Balzac le samedi 25 juin à 11h en compagnie de Ziad Kreidy le seul pianofortiste référencé sur ce blog.

Il s'agit d'une aventure humaine. Comment des hommes tombés amoureux d'un lieu, le château de Goutelas, l'ont ressuscité en y impliquant d'autres hommes, ceux qui croyaient en Dieu et ceux qui n'y croyaient pas, des paysans catholiques du Forez et des ouvriers communistes espagnols avec des intellectuels parisiens et lyonnais, au coeur à gauche sans avoir le portefeuille à droite.

Parmi ces hommes se distingue la figure de Paul Bouchet (1924), résistant, avocat, conseiller d'Etat, président d'ATD Quart Monde et de la Commission nationale consultative des droits de l'homme, bref une pointure. Le citoyen Bouchet achète le château de Goutelas avec quelques amis à un paysan de Marcoux, Marcel Durand, propriétaire du château, qui ne sait qu'en faire mais ne veut pas rester dans l'Histoire comme celui qui a laissé ce château mourir. Il ne veut pas le laisser mourir mais il ne veut pas non plus que le château devienne une propriété fermée interdite d'accès aux gens du village.

Paul Bouchet convainc le propriétaire, le maire et le curé et tout le monde se met à travailler. Tout le monde, c'est vraiment tout le monde. Les propriétaires et leurs amis intellectuels citadins, les paysans et les ouvriers du village tous viennent bénévolement déblayer, étayer, installer l'eau courante et l'électricité. 150 000h de travail bénévole en 10 ans.

Dès 1962, le château devient officiellement un centre culturel où sont organisés des spectacles et des expositions.

Et Duke Ellington dans tout cela, me direz vous lectrices duchesses, lecteurs ducaux?

En 1965, alors que Duke Ellington est en concert à Lyon et voit son ami Bernard Cathelin, peintre et graveur, Cathelin présente Paul Bouchet à Duke Ellington. L'avocat plaide sa cause et Duke est conquis. Il veut venir à Goutelas prendre sa part à l'oeuvre commune.

Début 1966, il appelle de Madrid pour dire qu'il se rend à Genève et que de là, il est prêt à se rendre à Goutelas. Branle bas de combat au château. Une salle de spectacle est créée pour l'occasion dans le château, un grand piano à queue Steinway est amené exprès de Lyon et une voiture vient chercher le Duke à l'aéroport de Genève Cointrin et le ramène à Goutelas dans la nuit et la neige.

Pour l'accueillir, une haie d'honneur avec des torches enflammées (Mme Bouchet a même craint que Duke se sente accueilli par le Klux Klux Klan!) et un orchestre de Jazz amateur local, les Flagada Stompers, qui joua, pétrifié par le froid et le trac, un thème de Duke Ellington, " Mood Indigo ".

Duke Ellington salua le public composé des ouvriers, paysans et intellos qui avaient reconstruit le château d'un vibrant " Je vous salue, mes frères " .

Il joua une composition créée pour l'occasion " Symphonie pour un monde meilleur " et quelques uns de ses standards. L'enregistrement de ce concert est en vente au château de Goutelas et pas ailleurs. Un bijou.

Duke séjourna trois jours sur place dégustant fourme de Montbrison et vins des côtes du Forez, se réchauffant même au brûlot, le ty punch des Foréziens.

Son séjour galvanisa les troupes. D'autres châteaux furent reconstruits, le tourisme rural naquit en Forez, des activités culturelles furent lancées.

50 ans plus tard, le château de Goutelas est toujours un centre culturel bien vivant, il est toujours en forme de H comme Humanisme, à la fois Renaissance et renaissant.

Paix sur la Terre aux hommes de bonne volonté (Evangile selon Saint Luc). Duke Ellington, grand lecteur de la Bible, avait trouvé ce message mis en action au château de Goutelas. Il l'est toujours, pour tous les hommes de bonne volonté, qu'ils croient en Dieu et/ou en l'Homme.

Le mot de la fin revient à un paysan du Forez qui passa des heures à rebâtir le château de Goutelas: " Il y a des gens qui souffrent de réunionnite. Ils se réunissent pour décider le jour et l'heure de la prochaine réunion. Nous, on travaillait d'abord, on se réunissait ensuite ".

La photographie de Duke Ellington au pianoforte devant le château de Goutelas est la propriété de Paris Match. Toute utilisation de cette oeuvre sans autorisation de son propriétaire constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civils et pénales.

Duke Ellington au pianoforte devant le château de Goutelas

Duke Ellington au pianoforte devant le château de Goutelas

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Rick Margitza Trio en lévitation au Sunside

Publié le par Guillaume Lagrée

Rick Margitza Trio

Paris. Le Sunside.

Vendredi 24 juin 2016. 21h.

Rick Margitza: saxophone ténor

François Moutin: contrebasse

Clarence Penn: batterie

Ca attaque tout de suite avec le batteur aux baguettes. Gros son du sax ténor. Impossible de ne pas penser aux pianoless trios de Sonny Rollins, un des Maîtres de Rick Margitza, mais ça tient la comparaison. Assise impeccable de la rythmique, volutes subtiles du ténor. Personne ne présente les musiciens ce soir. Avec des musiciens de ce calibre, les spectateurs ne sont pas là par hasard. C'est loin d'être plein d'ailleurs. Les absents ont vraiment tort. Sans piano pour remplir l'espace, la contrebasse doit prendre beaucoup plus de place. Avec François Moutin, elle est bien tenue. Ca joue avec densité. C'était " Speak low ".

Une composition dont le titre m'échappe. Ca roule sous les baguettes. La contrebasse impulse et le saxophone gémit. Une sorte de déambulation nocturne. Pas besoin de monter le volume sonore pour obtenir puissance et silence.

Une ballade avec le batteur aux balais. Tout en finesse. Quelle jolie valse. Bonne ondulation. C'est de la mécanique céleste. Le jeu se muscle comme disait Aimé Jacquet. Premier vrai solo de batterie. Ca roule et claque. " Le batteur est un barman de sons " (Jean Cocteau). Un final crescendo.

Rick Margitza annonce les morceaux sans micro. Nous n'entendons rien et devons deviner les titres. Pas grave, la musique parle d'elle même. Silence total dans la salle. La rumeur de la terrasse nous parvient. C'est la vie de club. Solo de ténor en intro. Quelle entrée magistrale! Contrebasse puis batteur aux maillets le rejoignent. Sottilissimo. Des saxophonistes ténor, il en sort par fournées des conservatoires mais il n'existe qu'un seul Rick Margitza.

PAUSE

Le batteur tapote ses tambours. Pulsation continue de la contrebasse. Jeu en douceur du ténor. D"un coup ça monte en puissance. Beau thème. Douce plainte. Ce sont trois leaders qui échangent en permanence.

Le batteur enchaîne sur un thème fétiche de Rick Margitza, descendant de Tziganes magyars, " For the gypsies ". Contrebassiste et batteur installent une belle pulsation de ce thème que j'aime beaucoup. Une splendide chevauchée dans la puszta. Comme Stan Getz, Rick Margitza joue du violon au saxophone ténor.

" Cry me a river " ( " Pleurer des rivières " en version française). Une torch song comme disent les Américains (une chanson d'amour brûlé dont " Ne me quitte pas " de Jacques Brel serait l'archétype pour les francophones). Batteur aux balais, contrebasse tranquille, sax ténor qui ronronne. Ca marche. Une femme se love sur l'épaule de son homme. Dans la chanson, ça se passe beaucoup moins bien (" You can cry me a river, cry me a river. I cried a river over You "). Quel massage tympanique! Un solo inspiré du ténor.

" E. Jones ", une composition de Rick Margitza dédiée au batteur Elvin Jones. Jeun énergique et brillant du batteur. Obligé pour Elvin Jones. Pour écouter Elvin Jones en trio sans piano, écoutez l'album " East Broadway run down " de Sonny Rollins (1966). Un chef d'oeuvre. Ce soir, le trio envoie du bois, saperlipopette! Joli dialogue bassiste-batteur aux baguettes. Retour au thème avec le sax.

Comme Rick Margitza ne parlait pas dans le micro, je n'ai pas compris si la partie se jouait en 2 ou 3 sets. Mon ami Monsieur L et moi étant rassasiés de beauté à la fin du deuxième set, nous sommes partis heureux de ce concert d'un trio créé pour l'occasion. Il fallait la saisir cette occasion ce que nous fîmes ce soir là au Sunside.

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Ronnie Lynn Patterson Quartet fête la Musique

Publié le par Guillaume Lagrée

Ronnie Lynn Patterson Quartet

Fête de la Musique

Mona Bismarck American Center.

Paris. Mardi 21 juin 2016. 19h.

Ronnie Lynn Patterson: piano

Joe Sanders: contrebasse

John Betsch: batterie

Kevin Davy: trompette, bugle

Le jeu est plus classique que je ne le supposais mais le quartet envoie de bonnes vagues de musique. Enfin classique dans le genre du dernier quartet acoustique de Miles Davis en 1967. Libre et structuré. Concert sur une terrasse couverte. Les spectateurs les mieux avisés sont en face d'eux sur la terrasse. Des prudents comme le jars se trouvent dans le salon aux fenêtres grandes ouvertes. Des braves écoutent depuis le jardin se couvrant d'une pluie fine. En effet, pour respecter une tradition parisienne remontant à 1982, il pleut pour la Fête de la Musique. Le Jazz étant l'apport majeur des Etats Unis d'Amérique à la culture mondiale, il est normal que le Mona Bismarck American Center lui fasse place ce soir. En tout, 200 personnes d'après les organisateurs. Je ne dispose pas du décompte de la police pour cette manifestation légalement autorisée.

Un air dansant, un poco latino joué par la rythmique alors que le trompettiste joue de subtiles variations avec sa sourdine Harmon sans copier Miles Davis. Excellente vibration. Je bats la mesure du pied. Le quartet donne de la couleur à cette soirée grise de pluie. Le batteur tapote aux baguettes, le contrebassiste pose le tempo, le pianiste brode élégamment. Tout va bien. Le public est réservé ou trop habitué aux concerts classiques. Il n'applaudit qu'à la fin des morceaux. Bons breaks de batterie portés par le piano et la contrebasse. Le trompettiste a enlevé la sourdine et joue brillant avec brio. Quel feeling, nom de Zeus!

Un standard du Be Bop dont le titre m'échappe. Qu'est ce que ça swingue! Ca fait du bien d'entendre du bon Jazz. Premier solo de contrebasse bien chantant dans les graves ponctué par le batteur aux balais. Je ne le vois pas mais j'entends le contrebassiste chanter avec sa contrebasse. La rythmique enchaîne, toujours claire. Ancrée dans le Blues mais sans que cela pèse. Solo de batterie aux baguettes. Ca danse sec. Le batteur baisse le son pour dialoguer avec la contrebasse puis le quartet reprend pour un final groupé.

Le quartet a donc joué " Solar " (Miles Davis), " Star Eyes " et " Straight no chaser " (Thelonious Monk).

Le pianiste se lance seul dans un style marqué par Claude Debussy. Cela devient plus rythmique avec l'arrivée du groupe. Même quand ils jouent une ballade, ils swinguent. Des vrais Jazzmen! Ca m'évoque la Mer par temps calme, légèrement agitée par une douce brise, quelques nuages pour ponctuer le décor. Dehors, il ne pleut plus. Magie de la musique. Ca respire, ondule. Quelles grandes délices!

Solo de piano heurté avec subtilité. La trompette le rejoint. Ca c'est un thème joué par Miles Davis. Ca touche en plein coeur. Batteur aux balais et la rythmique enchaîne. Ajout de la sourdine Harmon à la trompette alors que la rythmique suit souplement. Stella by starlight bien sûr! Cela évoque Miles Davis et Chet Baker mais sans copie. Crescendo final.

PAUSE

J'en profite pour savourer un hamburger et un soda. C'est l'Amérique.

Le quartet repart avec What is this thing called love? joué joyeusement et énergiquement. Breaks de batterie secs et précis aux baguettes sur les tambours. Ca swingue dur, nom de Zeus!

Un morceau de Thelonious Sphere Monk mais rapide. Heurté, sautillant comme il se doit. Le cens culturel fonctionne. Le concert est gratuit, en accès libre sans réservation mais il s'agit d'un concert de Jazz dans un hôtel particulier du XVIe arrondissement de Paris. Le public est gentryfié comme disent les époux Pinçon-Charlot, sociologues de la grande bourgeoisie. Beau dialogue contrebasse-batterie. Quelle pulsation, sapristi!

Solo de piano pour introduire une ballade. Le batteur est aux balais. Ca masse le cerveau. Le titre m'échappe mais c'est bien joué. Beau solo de contrebasse, profond, au centre de la rythmique. Joe Sanders chantonne. C'est charmant. Le pianiste reprend la main avec grâce. Nouveau solo de contrebasse. Deux belles femmes se lèvent pour admirer le contrebassiste à l'oeuvre. Le trompettiste n'a pas joué ce morceau.

Il se remet à l'oeuvre justement. Un standard du Be Bop. Ca swingue toujours. Il ne reste plus q'une grande et belle femme debout qui bat la mesure du pied au rythme du solo de Joe Sanders qui chantonne de nouveau. Subtile ponctuation du bassiste et du batteur aux balais. Heureusement que c'est une belle femme car elle me bouche le peu de vue que j'avais sur les musiciens. Seule la trompette dépasse de son épaule. Je ne le vois pas mais il me semble entendre un deuxième trompettiste. Fin surprise. Pas de bis.

La musique fut bien fêtée ce mardi 21 juin 2016 au Mona Bismarck American Center à Paris par le quartet de Ronnie Lynn Patterson. Merci pour les souvenirs.

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Tenue de soirée pour Billie Holiday

Publié le par Guillaume Lagrée

Tenue de soirée pour Billie Holiday

Festival " Jazz et Images "

Cinéma Le Balzac. Paris.

Vendredi 17 juin 2016. 20h30.

Après Daniel Humair, Stan Getz, Duke Ellington et Aldo Romano, le premier festival " Jazz et images " au cinéma Le Balzac se clôt par un hommage à Lady Day, alias Billie Holiday.

La programmation cinématogaphique et le concert qui le précédait étaient assurés par le saxophoniste Vincent Le Quang.

Pour la première fois en 5 soirées, je me suis ennuyé.

Le leader avait décidé de rendre hommage à Billie Holiday sans chanteuse car Lady Day est inimitable. Le point de vue est défendable.

Le groupe était constitué d'un trio Jazz

Vincent Le Quang: saxophones ténor et soprano, compositions

Bruno Ruder: piano

Guido Zorn: contrebasse

et du Quatuor Eleanora

Elsa Moatti: violon

Thomas Lefort: violon

Hélène Hadjiyiassemis: violon alto

Eric Tinkerhess: violoncelle

Il est vrai que Billie Holiday a enregistré avec des cordes mais ça sonne sirupeux (album " Lady in Satin " pour les amateurs de sucreries)

Comme disait un Jazzman de son époque;

" Quand Ella Fitzgerald chante " My man's gone now " vous vous dites que le gars est parti acheter des cigarettes mais quand Billie Holiday le chante, vous voyez le gars dans la rue avec ses valises et vous savez qu'il ne reviendra jamais. "

C'est le genre d'émotion que procure l'écoute de Billie Holiday. Avec ce projet à cordes, nous n'avons eu qu'une musique polie, blanchie et affadie. Le président Jacques Chirac avait une expression pour qualifier ce genre de spectacle. Je m'abstiendrai de l'écrire ici.

Le film " Lady Billie Holiday " date de 1960 et est l'oeuvre de Frédéric Rossif et François Chalais.

Le film, en noir et blanc, raconte la vie de Billie Holiday (1915-1959), nous la fait voir et entendre et se termine par une séance très émouvante.

A Paris, dans un club de Jazz, des musiciens et une chanteuse sont réunis pour nous raconter et nous jouer leurs souvenirs de Billie Holiday.

A chaque mot, à chaque solo, Billie est là. Parmi ces musiciens Kenny Clarke, l'inventeur de la batterie be bop, qui joue intelligemment avec un sourire idiot, ce qui est bien préférable à l'inverse pour l'auditeur.

L'influence de Billie Holiday perdure. Il suffit d'écouter Amy Winehouse et Lady Gaga pour s'en convaincre.

La 2e édition du festival Jazz et Images devrait avoir lieu au cinéma Le Balzac à Paris de février à juin 2017.

Si les Dieux et les Muses me le permettent, j'y serai.

La vidéo ci-dessous est mal intitulée. Il s'agit bien entendu de " Fine and Mellow " dans une séance de 1957 pour CBS où Lady Day est entourée de la fine fleur du saxophone dont son ami Prez alias Lester Young au saxophone ténor.

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Sélection de festivals de Jazz pour l'été 2016

Publié le par Guillaume Lagrée

Lectrices vertueuses, lecteurs civiques, en accord avec les dieux et les muses, voici ma sélection de festivals de Jazz pour l'été 2016.

Pour un agenda exhaustif, voyez mes anciens collègues de Citizenjazz.

Jazz en ville:

si vous êtes à Paris et voulez écouter du Jazz au vert, le Paris Jazz festival se poursuit au Parc floral de Paris (métro Château de Vincennes) jusqu'au lundi 31 juillet. Entrée du parc à 6€, concerts gratuits. Emmenez femmes, hommes, enfants, voisins, parents, prévoyez le pique nique et les jeux.

si vous êtes à Paris et ne voulez ou ne pouvez aller à New York, deux solutions s'offrent à vous:

- le festival " Nous n'irons pas à New York " au Duc des Lombards en juillet et août

- l'American Jazz Festiv'Halles au Sunset-Sunside en juillet suivi du festival Pianissimo en août consacré au piano comme son titre l'indique.

- le festival All Stars au New Morning jusqu'au mercredi 3 août.

A Paris, toujours, une pianiste compositrice leader née Leila Olivesi et son quintet Utopia au Petit Journal Montparnasse samedi 2 juillet à 21h30. Une Dame du temps présent qui fait oublier celles du temps jadis.

si vous êtes à New York et voulez écouter du Jazz gratis dans la rue ou à Central Park, Jazz Mobile, y pourvoit depuis 50 ans sans défaillir.

A Montpellier en Occitanie, le festival de Radio France et de Montpellier donnera carte blanche au pianiste franco-américain Dan Tepfer, maintes fois célébré sur ce blog, avec un concert Carte blanche le mardi 19 juillet à 22h. Entrée libre. S'il n'y a plus de place pour vous ou que vous ne pouvez être à Montpellier, pas de panique. Le concert est diffusé en direct sur France Musique.

si vous êtes à Nantes et voulez vous promener au bord de l'eau, rendez-vous de l'Erdre du 25 au 28 août. A noter Omar Sosa et son Creole Sextet ainsi que mes amis d'EOTH et leur jazz rock cosmi-comique. Tous les concerts sont gratuits.

si vous êtes à Genève et voulez aller au parc, rendez-vous au parc des Cropettes du 29 juin au 3 juillet pour le festival de l'AMR. Tous les concerts sont gratuits.

si vous êtes à Besançon et voulez stimuler vos neurones, allez au 35e festival Jazz et Musiques improvisées du 28 juin au 2 juillet avec notamment le double dames vocal Equivoxe composé de Claudia Solal & Valérie Phillipin le mardi 28 juin à 21h au Grand Kursaal.

si vous êtes à Paris et voulez finir l'été en beauté, allez au Festival Jazz à la Villette du 30 août au 11 septembre avec des concerts pour les petits et les grands et du cinéma.

Jazz à la montagne:

A Chamonix Mont Blanc, dans les Alpes, en France, le Cosmo Jazz Festival emmène le Jazz aux alpages pour l'estive du 23 au 31 juillet. Lundi 25 juillet à 12h, sur l'alpage de Lorioz, Elina Duni viendra seule avec sa guitare et ses percussions chanter les montagnes d'Albanie face aux Alpes. Le concert est gratuit mais il faut marcher pour y accéder. Prévoyez le pique nique et une tenue adaptée à la montagne.

A Merano, en Italie, au pied des Dolomites, suivez le Maestro Franco d'Andrea avec le Merano Jazz Festival (festival et académie) du 13 au 17 juiilet.

A Montreux en Suisse, avec le Jura derrière vous, le lac Léman et les Alpes face à vous, le Montreux Jazz Festival fêtera ses 50 ans en 2016. Beaucoup de Pop là dedans mais tout de même le trompettiste new New Orleans Christian Scott sera présent.

A Willisau en Suisse, le festival Jazz Willisau fêtera ses 50 ans du 31 août au 4 septembre. Le programme n'est pas encore fixé à ce jour. Affaire à suivre.

En Maurienne, en Savoie, France, le festival Cordes et pics réunira violonistes et artisans archetiers (festival, académie, concours) du 23 juillet au 6 août. Il s'agit essentiellement de musique classique mais il y a de vrais morceaux de Jazz dedans.

Jazz à la mer:

A Antibes-Juan-les-Pins, Jazz à Juan, fêtera ses 56 ans (plus vieux festival de Jazz en Europe), à la pinède Gould, face à la Mer Méditerranée, du 14 au 24 juillet avec notamment le Snob Paolo Conte. Les festivités commenceront avec les Victoires du Jazz mercredi 13 juillet présentées par Sébastien Follin sur France 3 et FIP. Parmi les nominés, Sylvain Rifflet Mechanics et Pierre Perchaud chaudement recommandé sur ce blog.

A Toulon, face à la Mer Méditerranée, le festival Jazz à Toulon se déroulera du 15 au 24 juillet. Tous les concerts sont gratuits. A noter le quartet " Oversea " d'Olivier Ker Ourio (harmonica) le 24 juillet à 18h30.

A Nice, au théâtre de verdure du Parc Masséna, le Nice Jazz Festival (jeu de mots pour les anglophones) devait avoir lieu du 16 au 20 juillet, à deux pas de la Mer Méditerranée. A noter le Becca Stevens Band louangé sur ce blog. Suite au massacre terroriste du 14 juillet sur la Promenade des anglais, le Nice Jazz Festival est annulé.

A Marseille, le festival Jazz des 5 continents, aura lieu du 20 au 29 juillet. Mardi 26 juillet à 21h Christian Scott Atunde Adjuah et sa Stretch Music vont étirer vos émotions et vos perceptions.

Sur l'île de Porquerolles, dans le parc national marin de Port Cros, entourés par la Mer Méditerranée, Jazz à Porquerolles du 8 au 12 juillet, Archie Shepp & Aldo Romano, fondateurs du festival donneront un concert spécial. Otis Taylor, le grizzli du Blues, sera aussi présent.

Dans la Manche, en Normandie, en baie du Mont Saint Michel, le festival Jazz en Baie aura lieu du 5 au 15 août avec notamment Eric Le Lann " Life on Mars " déjà louangé sur ce blog.

Toujours sur les rives de la Manche, mais côté Bretagne, en Côtes d'Armor, à Sables d'Or les Pins ( " A Sables d'Or près des dunes " chante Etienne Daho dans " Tombé pour la France "), au théâtre de verdure de la vallée de Diane, le jeudi 20 juiillet, à 21h, Eric Seva et son quartet " Nomade sonore " célébré sur ce blog (libre participation aux frais). Bon voyage.

Pour l'Océan Atlantique, rendez-vous sur l'île de Ré que chantait Claude Nougaro pour le festival Jazz au phare du 15 au 18 août avec Philip Catherine et Michel Legrand.

Pour l'Océan Atlantique encore, venez déguster Jazz y Krampouezh à Nevez, Finistère, Bretagne, qui mêle Jazz et gastronomie du pays des rias et des belons avec une soirée Jazz Création jeudi 20 juillet à partir de 18h concoctée par deux trompettistes célébrés sur ce blog: Johann Lefevre puis Eric Le Lann (avec pour invité spécial Rick Margitza au saxophone ténor).

Pour l'Océan Atlantique et le Golfe du Morbihan, festival Jazz à Vannes marrainé par la trompettiste Airelle Besson du 24 au 31 juillet. Tous les concerts sont gratuits.

Pour l'Oéan Atlantique vu de l'autre rive, rendez-vous au Newport Jazz Festival du 29 au 31 juillet.

Jazz à la campagne:

A Gomené, Morbihan, Bretagne, festival Jazz à Gomené le 1er et le 2 juillet avec mes amis d'EOTH le vendredi 1er et le Boclé Bros Keltic Band le samedi 2 juillet.

A AIgnes et Puyperoux, en Charente, le festival Respire Jazz réunira dans l'ancienne abbaye de Puyperoux (aujourd'hui centre d'hébergement collectif) du 1er au 3 juillet le duo Bojan Z & Julien Lourau et le trio de Pierre de Bethmann.

A Langourla, Côtes d'Armor, Bretagne, 21e festival Jazz in Langourla du 5 au 7 août. Un théâtre de verdure dans une ancienne carrière de pierre.

A Malguenac, Morbihan, Bretagne, festival Arts des villes, Arts des champs du 18 au 21 août avec Emmanuel Bex, Sylvain Rifflet &Mechanics notamment.

Dans le vignoble nantais, en Loire Atlantique, Pays de la Loire, Jazz, Maine et Muscadet au programme avec Jazz sur Lie. Le programme n'est pas fixé mais savourer Jazz et écrevisses de rivière sans modération accompagné de muscadet (avec modération), cela ne se refuse pas. Voici mes souvenirs de l'édition 2006 de ce festival.

La photographie d'Elina Duni est l'oeuvre de l'Imparable Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Elina Duni par Juan Carlos HERNANDEZ

Elina Duni par Juan Carlos HERNANDEZ

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Antichambre agrandit le studio de l'Ermitage

Publié le par Guillaume Lagrée

Antichambre

Studio de l’Ermitage

Paris. Mardi 14 juin 2016. 21h.

3 concerts pour le prix d’un !

I Oboman plays Cole Porter

Jean-Luc Fillon : hautbois, cor anglais

Frédéric Eymard : violon alto

Joao Paulo : piano

L’idée est de jouer Cole Porter, créateur de quelques uns des plus grands standards du Jazz, dans une formation de trio classique mais avec une liberté de jazzmen.

« I get a kick out of You ». Intro du piano à la mode romantique. Le trio démarre et joue du Jazz, " la parfaite musique de chambre de notre temps » (Jean Cocteau). Frédéric Eymard gratte son alto comme une guitare. Ca s’envole avec grâce. Solo de piano qui prépare l’entrée de l’alto. C’est bien dans l’esprit de Cole Porter, festif.

« What is this thing called love ? ». Cole Porter ne parlait que d’amour. Il était homosexuel et dut longtemps le cacher. Joué en trio dans un même élan. Solo d’alto puis de cor anglais, d’un son grave lui aussi. Bon stomp du piano et le trio revient. L’ instrumentation originale du trio permet de rafraîchir un standard archi joué tout en lui restant fidèle.

L’alto démarre entre cordes frottées et pincées. Dialogue vif et joyeux avec le piano. Ni contrebasse ni batterie mais le tempo est impeccable. Le hautbois les rejoint. Rappelons que, contrairement à la famille des saxophones, dans la famille des violons, l’alto est un grand modèle.

Solo de piano. « Just one of those things ». Un standard archi connu mais pas si facile à reconnaître avec cette instrumentation. L’amour, toujours l’amour. Beau solo de piano qui fait le pont pour relancer hautbois et alto. Deux jolies femmes s’assoient à ma table. Elles n’ont pas le choix car la salle est comble.

« Love for sale ». Un autre standard immortel de Cole Porter. Le violon alto ajoute sa gravité mais toujours dans l’élan et la grâce. Ce pianiste doit venir du classique avec un toucher pareil. Ils font grincer et chanter le thème vers le final.

II. Supplément d’âme

Jean-Philippe Viret : contrebasse, compositions, arrangements, direction

Eric Maria Couturier : violoncelle

Johan Renard : violon quinton (5 cordes)

Sébastien Surel : violon

Les cordes sont pincées du bout des doigts. Ca sonne baroque et musique de cour. Pour le Palazzo Schifanoia à Ferrare (en français, le palais qui fait honte à l'ennui, littéralement) par exemple. Tous ont repris l’archet et lisent la partition. Il ne semble pas y avoir d’improvisation. En fait si il y en avait mais je ne l'ai pas perçue. C’est encore de la musique de chambre mais ce n’est plus du Jazz. Morceau inspiré des « Idées heureuses » de François Couperin, intitulé « L’idée qu’on s’en fait ». Ce sera le titre du prochain album du quatuor « Supplément d’âme » de Jean-François Viret.

« Jour après jour » (Jean-Philippe Viret). Solo de contrebasse, lent, mat, métallique. Jean-Philippe commence à installer une pulsation donc du Jazz. Jour après jour, c’est encore l’amour. Ca swingue tout en finesse. La musique s’efface doucement, comme un songe.

Le quartet repart avec les archets. Une sorte de sarabande où la contrebasse marque le tempo en pizzicato. C’était « La muse plantine », hommage de François Couperin à Madame de Plante, fameuse musicienne de son temps.

« En un mot comme en cent » (Jean-Philippe Viret). La contrebasse est attaquée à mains nues. Bonne pulsation. Il frôle le groove. Les trois autres attaquent à l’archet. C’est sinueux, grave. Cela devient passionné voire tourmenté. Très belle pulsation finale.

III. Double Celli

Olivier Calmel : piano, compositions, direction

Xavier Philipps : violoncelle

Clément Petit : violoncelle

Frédéric Eymard : violon alto

Johan Renard : violon

Antoine Banville : batterie, percussions

Le groupe commence sans la batterie. Ca sonne très fluide. Antoine Banville se glisse très subtilement aux maillets. Ca s’anime petit à petit. Antoine est passé aux balais, toujours subtil et coloriste. C’est un vrai musicien, pas un bûcheron qui cogne. La pulsation du violoncelle en pizzicato est digne d’une contrebasse. Le piano file droit sous les doigts d’Olivier Calmel. Et hop, aux baguettes ! Les violons prennent le dessus. Passage aux percussions. Ce batteur est un homme orchestre. C’était le « Prélude des cinq rameaux d’Olivier » écrit par Roger Calmel pour la naissance de son fils, Olivier, leader ce soir.

En hommage à l’Euro de football (victoire de la Hongrie face à l’Autriche 2-0 ce soir), « Le Hongrois déraille ». Ca démarre bien dans les rails, tout le monde groupé. Le pianiste accélère. Antoine au tambourin (« Tamborine », chanson peu connue de Prince). Une sorte de danse hongroise se lance ensuite, d’abord contenue, mais prête à exploser. Antoine est passé aux percussions. Pianiste et altiste battent la mesure des mains. Puis le violoniste s’escrime joyeusement, poussé par le piano et les percussions.

Intro langoureuse entre piano et alto. Les violoncelles ajoutent du mystère. Le batteur est passé aux maillets sur les tambours. Puis il martèle à mains nues et le groupe décolle comme un seul aéronef.

Solo en pizzicato de Clément Petit. Le violoncelle sonne comme un oud. Excellente vibration. Sur un signe du violoncelliste, le pianiste ouvre le dialogue. Un autre signe de Clément et toutes les cordes vibrent sous les archets. C’est le moment des adieux émus des amants sur le pont sous la pluie. Retour de Mr Tamborine Man, alias Antoine Banville. Le pianiste lance la danse. Finalement, le soleil est revenu au dessus du pont et les amants dansent ensemble, fous de joie. Le groupe est bien lancé vers l’envoi final.

Un final orientalisant. Beau solo de violon alto alors que la rythmique pulse de façon Jazz, étonnamment. Le violoniste n’est pas en reste. Le pianiste ajoute de la tension. Tout le groupe contre le batteur qui ne se laisse pas faire. Solo intense de batteur. Et tchac ! C’est fini.

RAPPEL

Tout le monde monte sur scène y compris Joao Pinto le pianiste d'Oboman car Olivier Calmel partage la scène et son piano.

Une ballade de Jean-Philippe Viret pour commencer.

Antoine Banville distille des philtres sonores derrière les cordes. Chaque musicien entre à son tour dans la danse. Tous ensemble. C’est romantique à souhait. Parfait pour reprendre la valse des amants sur le pont.

Olivier Calmel enchaîne sur une sienne composition. C’st plus joyeux et énergique. Les biches gambadent gaiement dans les bois. Simple et efficace. Antoine Banville aux baguettes tient le tempo. Ca tourne en boucles joyeuses. Bel envoi final.

Pour vous faire votre propre idée, éblouissantes lectrices, resplendissants lecteurs, vous trouverez sous cet article une vidéo de la séance Double Celli de ce concert menée par le pianiste et compositeur Olivier Calmel.

La photographie de Jean-Philippe Viret est l'oeuvre de l'Indémodable Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Jean-Philippe Viret par Juan Carlos HERNANDEZ

Jean-Philippe Viret par Juan Carlos HERNANDEZ

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Une poule sur un piano: première à Paris au Balzac le 25 juin 2016

Publié le par Guillaume Lagrée

Lectrices duchesses, lecteurs ellingtoniens, je vous ai déjà parlé du documentaire " Une poule sur un piano " de Laurent Lukic consacré au séjour de Duke Ellington au château de Goutelas (Loire, Rhône Alpes Auvergne, France) en 1966.

Voici le synopsis de ce documentaire de 75mn par l'auteur:

Qu'est venu faire Duke Ellington en 1966 en plein coeur de la campagne forézienne? Pourquoi a-t-il été autant marqué par les trois jours qu'il a passés là-bas au point de composer une Suite et d'y consacrer un chapitre entier dans son autobiographie?


Une Poule sur un Piano raconte l'histoire d'hommes que tout semble opposer et que pourtant tout réunit autour d’un projet phare : la reconstruction du Château de Goutelas. Ouvriers, intellectuels, agriculteurs, artistes venus de toute part vont redonner vie à cette demeure qui fut un foyer de l’Humanisme depuis les guerres de religions. Alors qu’il termine une tournée européenne, Duke Ellington deviendra lui aussi un acteur important de la reconstruction de cette bâtisse tombée en désuétude. Le compositeur américain séjourne trois jours dans la région, trois jours qui sont à l'image des dix ans du renouveau de Goutelas où désintéressement, complicité et solidarité sont les points communs entre ces hommes et dont le maître-mot est le "Vivre-Ensemble". Ellington côtoie un monde à l'opposé du sien, mais auprès duquel il trouve les valeurs qui lui sont chères dont celle de la Fraternité. Goutelas devient alors pour tous un catalyseur, le symbole d'un idéal qui perdure encore aujourd'hui.

La première projection parisienne du film aura lieu le

SAMEDI 25 JUIN 2016 à 11h

au Cinéma Le BALZAC

1 rue BALZAC

75008 PARIS

FRANCE

(Métro George V, à l'angle avec l'avenue des Champs Elysées)


L'entrée est gratuite pour les KissKissbankers qui ont soutenu le film, à 8€ pour les Membres de la Maison du Duke, à 10€ en tarif normal et négociable pour ceux aux moyens restreints. Afin d'assurer au mieux cet évènement qui sera suivi d'un Cocktail offert par la Maison du Duke, la réservation des places est à effectuer par mail à: laurent@colombeprod.com

La photographie de Duke Ellington au pianoforte devant le château de Goutelas est la propriété de Paris Match. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son propriétaire constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Duke Ellington au pianoforte devant le château de Goutelas

Duke Ellington au pianoforte devant le château de Goutelas

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Wayne Escoffery Quartet réjouit le Duc des Lombards

Publié le par Guillaume Lagrée

Wayne Escoffery Quartet

Paris. Le Duc des Lombards.

Samedi 11 juin 2016. 21h30.

Wayne Escoffery : saxophone ténor

Dany Grissett: piano

Ugonna Okegwo: contrebasse

Ralph Peterson: batterie

Le leader arrive de la salle en jouant. Ca swingue énergiquement tout de suite. La rythmique tourne en boucles rythmiques puissantes alors que le leader allume la flamme du Jazz. Wayne Escoffery sort de scène pour céder la place à sa rythmique. Les doigts de sorcier de Danny Grissett agitent la mixture. Batteur et bassiste ne sont pas en reste. Wayne revient faire briller le cuivre.

« Tears for Caroline » ou « of Caroline » dédié à son ex épouse. Wayne ne se souvient plus du titre car, rien que d’y penser, ça le stresse. Leur relation devait être forte. Morceau très énergique avec une grosse lame de fond qui nous emporte. Soit elle pleurait beaucoup soit elle l’a fait beaucoup pleurer. Enfin, c’est tourmenté. De nouveau, Wayne sort de scène pour laisser toute la place àç la rythmique. Danny Grissett allie une main de fer à un toucher de cristal. Batteur toujours aux baguettes. Fouette cocher. Le retour de Wayne Escoffery prouve à nouveau que son histoire avec son ex était passionnée. Pianiste et batteur jouent en sourdine pour le premier solo de contrebasse, vif, grave et précis. Ca s’apaise pour le final à quatre tout en restant agitato.

Danny Grissett et Wayne Escoffery jouent depuis 10 ans avec Tom Harrell. Wayne explique que Tom Harell compose tant de belles mélodies que, pour certaines, il ne les joue qu’une fois (Duke Ellington faisait de même). Alors il les lui vole. Comme celle-ci que Tom Harrell n’a pas enregistré, « February ». Une ballade qui correspond bien à l’ambiance figée, gelée de février (l’hiver est une chose sérieuse à New York). Batteur avec un maillet main gauche et une baguette main droite. Ca ronronne comme le feu dans la cheminée. La musique s’agite progressivement. Ca tient chaud hiver comme été. La rythmique reprend la main. Quel p.. de pianiste ! Ca swingue avec une aisance, une fluidité. Dialogue piano contrebasse que le batteur ponctue très légèrement avecles balais sur les cymbales. C’est de la dentelle. Le sax ténor vient ajouter encore un peu plus de chaleur au foyer.

Batteur et pianiste quittent la scène. Duo sax ténor/contrebasse. Ugonna Okegwo déroule le tapis rouge pour l’entrée en scène du saxophone. Une ballade. Un standard dont le titre m’échappe. Quelle assise ! Mon correspondant nantais, Monsieur P, de passage à Paris, apprécie. Le sax se tait. Solo de contrebasse. Les cordes pincées gémissent de plaisir. Silence religieux dans la salle. Ce n’est pas de Duke Ellington mais de son alter ego Billy Strayhorn.

Une composition du batteur, jouée en quartet. C’est bien plus agité. Après du Billy Strayhorn, cela paraît bien lourd.

Une composition de Wayne Escoffery. Energique. La musique couvre la clameur des supporters anglais dans les pubs environnants. Trop démonstratif à mon goût.

RAPPEL

Le saxophoniste commence seul une ballade. Fortes prises d’appui. Le pianiste le rejoint. Personne n’applaudit. Le public est aussi concentré que les musiciens. Un standard dont le titre m’échappe. Un beau duo. Cela nettoie les tympans.

La photographie de Wayne Escoffery est l'oeuvre de l'Irréparable Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Wayne Escoffery par Juan Carlos HERNANDEZ

Wayne Escoffery par Juan Carlos HERNANDEZ

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Frédéric Borey " Lucky Dog " en concert au Pannonica à Nantes par Monsieur P

Publié le par Guillaume Lagrée

La chronique de Monsieur P

Honorables lectrices, respectables lecteurs, mon correspondant à Nantes, Monsieur P, est revenu au Pannonica pour un nouveau concert de Frédéric Borey. Il n'a vraiment pas aimé la première partie mais alors pas du tout. Quant à la seconde partie, il a apprécié mais il préfère un autre groupe de Frédéric Borey, " The Option ". Je cède la parole à Monsieur P.

Le Pannonica

Nantes, Loire Atlantique, Pays de la Loire, France

Jeudi 21 avril 2016. 20h.

Une fois de plus, je me retrouve au Pannonica, salle bien appréciée des amateurs de jazz à Nantes, Édouard Ravelomanantsoa (piano) en première partie. Frédéric Borey, Yoann Loustalot « Lucky Dog » dans un second temps

Après les présentations d’usage, le concert commence donc avec la prestation d’Édouard Ravelomanantsoa et ça commence fort, pas de bonjour quand l’artiste entre sur scène , est ce la malédiction des musiciens solo que de manquer d’éducation à ce point, il a beau avoir accepté humblement de jouer le jeu du piano solo, un peu d’éducation n’a jamais tué personne et ça commence par dire bonsoir au public qui a fait l’effort de se déplacer.

Le jeu est fluide, il semble habité par sa musique , il passe du très doux au très rythmé comme un coureur cycliste passe de la plaine à la montagne , cela me plaît bien mais est-ce encore du jazz, ça ne swingue pas trop voire pas du tout. J’ai l’impression de voir un clone de Guillaume Viltard , un morceau , un bref arrêt, pas de commentaire , pas de nom de morceau, pas d’explications, pas de complicité avec la salle, c’est sans doute trop demander . Pourtant ça s’écoute bien et c’est même agréable, mais que d’efforts à faire au niveau de la communication.

J’ai l’impression d’écouter Richard Clayderman mais lui n’avait la prétention de se revendiquer jazzman, puis soudain un passage plus jazzy mais le constat est clair, encore un musicien qui ne sait que s’écouter. Ce genre de muscien devrait être invité à rester chez lui car ce n'est pas la peine de déplacer des amateurs de musique si c'est pour se croire seul sur la planéte.

Le set allait se terminer quand soudain par miracle Édouard Ravelamanantsoa retrouva le sens de la parole , il dit bonsoir ( il était temps) et s’excusa de ne avoir présenté son œuvre avant . Il lança un « Je vous aime » mais est-ce réciproque, pas vraiment dans mon cas. Il remercie le Pannonica pour l’invitation et il joue un dernier morceau créé pour l’occasion. Il s’éclipse comme il était venu, sans dire au revoir.

Le public applaudit poliment mais moi j’ai plutôt envie de pousser un ouf de soulagement car si ce n’est pas une musique désagréable, pour moi ce set aurait plus sa place à la salle Pleyel que dans une salle de jazz. La mi temps arrive et je me dirige vers le bar pôur boire une bière et partager quelques impressions avec quelques spectateurs. Cela me rassure car je ne suis pas le seul à trouver que ce n’est pas vraiment pas du jazz.

Le second groupe " Lucky Dog " arrive avec la composition suivante :

Frédéric Borey: saxophones,

Yoann Loustalot: trompette, bugle

Yoni Zolnik: contrebasse

Frédéric Pasqua: à la batterie.

Les morceaux s’enchaînent et je constate que c’est un jazz très tonique avec des roulements de batterie notamment, quelques titres " Jacky’s method ", " Faits divers " . Pas de doute, c’est du jazz très contemporain , mais entre deux morceaux il y a beaucoup d’humour, je préfére ce second set au premier , il y a des passages qui alternent solo de contrebasse avec des solos de batterie, des moments tres rythmés avec des passages plus calmes . Un solo de saxophone , c’est fluide , ça coule tout seul, je passe un très bon moment, on entend des cloches comme pour annoncer le passage d’un train à un passage à niveau. Mes notes se sont dispersées un peu mais j’apprécie ce set avec un solo de batterie reprenant comme un cœur qui bat.

Par rapport au premier set, c’est vraiment du jazz et il y a une complicité avec la salle.

Le set s’achève et j’échange quelque mots avec Frédéric Borey que j’avais déjà vu pour « The option ». Bien sûr ce concert n’a rien à voir avec « The option » mais je ne suis pas déçu et j’arrive même à plaisanter avec Frédéric Borey sur cette manie qu’ont les responsables du Pannonica de passer en première partie des ours comme Guillaume Viltard ou Édouard Ravelomanantsoa. Depuis j’ai eu l’occasion de revenir au Pannonica mais pour un concert plus « old school » qui fera l’objet d’une prochaine chronique.

La photographie de Frédéric Borey est l'oeuvre de l'Irréversible Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Frédéric Borey par Juan Carlos HERNANDEZ

Frédéric Borey par Juan Carlos HERNANDEZ

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