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Martial Solal " La richesse du piano " (Vogue.1954-1956)

Publié le par Guillaume Lagrée

 

 

Martial Solal

« La richesse du piano »

Collection Les Jazz RTL. Vogue. Sony Music. 2011.

 

Martial Solal : piano

Musiciens et morceaux détaillés dans l’album

Martial Solal 

 

La photographie de Martial Solal est l'oeuvre de l'Elegant Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Lectrices virtuoses, lecteurs vertueux, je n’ai pas pour habitude de vous parler de compilations mais pour celle-ci, je ferai une exception. D’abord parce qu’il s’agit de Martial Solal, mon pianiste favori comme vous avez pu le percevoir en lisant ce blog et comme le savent ceux qui connaissent ma discothèque. Ensuite parce que celle-ci réunit en 2 CD, 46 morceaux en solo, trio, quartet enregistré par Martial Solal à l’orée de sa carrière entre 1954 et 1956 pour un prix ridicule (10€ dans le commerce légal soit environ 0.22€ par morceau). Du foie gras d’oie au prix du pâté d’alouette, voilà de quoi plaire au Jars qui jase Jazz.

 

Plus sérieusement, l’auditeur émerveillé, éberlué, ébaubi, épaté a le privilège d’assister ici à la naissance d’un style aussi irréductible et unique que son auteur, le piano à la Solal. Léger, véloce, féroce, drôle, vivant, troublant, intelligent, stimulant tels sont quelques uns des adjectifs qui me viennent en tête à l’écoute de ces merveilles. Il y a peu de compositions personnelles mais elles portent déjà la marque de Martial Solal par les titres déjà «  Ridikool », basé sur le Cool Jazz comme plus tard « Jazz frit » se moquera gentiment du Free Jazz et il y a déjà la curiosité pour la musique classique avec cette version très personnelle de " La Chaloupée " d'Offenbach qui illustre cet article. Martial est très vite reconnu par les musiciens américains enregistrant en 1954 avec la rythmique de Sarah Vaughan de passage à Paris : Joe Benjamin à la contrebasse, Roy Haynes à la batterie. En 2008 au théâtre du Châtelet, pour son concert jubilé, afin de ne pas être le doyen de la soirée, Martial né en 1927 retrouvait sur scène son vieux complice Roy Haynes né en 1926 et ça marchait toujours.

 

L’auditeur attentif retrouvera aussi le dernier groupe à avoir accompagné Django Reinhardt : le quartet de Martial Solal avec Fats Sadi Lallemand (un Belge comme son nom ne l’indique pas) au vibraphone. C’était en 1953, nous sommes en 1954 et déjà le groupe a mûri, progressé, jouant avec la même instrumentation que le Modern Jazz Quartet (piano, contrebasse, batterie, vibraphone) sans jamais y faire penser. Du grand art comme le souligne avec raison Philippe Baudouin  dans le livret de présentation.

 

Contrairement à ce qu’affirment des critiques mal entendants et mal comprenants, le jeu de Martial Solal n’est pas dénué d’émotion. Ce musicien a simplement horreur du sentimentalisme, est d’un naturel discret, pudique. Ivan Lendl, lorsqu’il jouait au tennis, déclarait cacher ses émotions dans sa volée, Martial Solal les cache dans son piano mais il suffit d’un peu d’attention pour les trouver (cf ses interprétations de « Darn that dream »ou « One in a while »).

 

Le livret de l’album est simple et bien fait. Tous les lieux, dates d’enregistrement y sont. Les noms et prénoms des musiciens y sont aussi même si des érudits jazzologues pourront y repérer quelques erreurs (Christian Garros et non Christin à la batterie, Jean-Louis Viale à la batterie et non au piano).

 

Presque soixante après, alors que Martial Solal est au crépuscule de sa carrière, il est juste et bon d’en saluer l’aurore pour mesurer le chemin parcouru. S’il est allé si loin dans la recherche d’un idéal musical inaccessible et toujours repoussé, c’est parce qu’il ne partait pas de rien. Il partait de ces séances pour Vogue qui méritent de revenir et demeurer à la mode.

La musique parle d'elle même comme disait Miles Davis avec qui Martial Solal n'a jamais joué. Voici Martial Solal en piano solo en 1956. Rien à ajouter. Si, une chose: il a bien fait de raser sa moustache.

 

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Leçon de Jazz d'Antoine Hervé: " Duke Ellington, Melody Maker "

Publié le par Guillaume Lagrée

 

Leçon de Jazz d’Antoine Hervé

« Duke Ellington, Melody Maker »

Paris. Auditorium Saint Germain.

Lundi 10 décembre 2012.19h30.

 

 

 

Antoine Hervé : piano, enseignement

François Moutin : contrebasse

Louis Moutin : batterie

 

Antoine Hervé

 

La photographie d'Antoine Hervé est l'oeuvre du Tonitruant Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

 

Vibrantes lectrices, vivants lecteurs, je vous ai déjà raconté une Leçon de Jazz d’Antoine Hervé sur Duke Ellington en solo. Il traite à nouveau ce sujet inépuisable en trio. Il y a bien peu de lumière dans la salle. Pas facile de prendre des notes pour les élèves. Les erreurs de transcription des propos du professeur Hervé sont entièrement miennes.

 

Duke Ellington est le Saint Patron du Jazz avec Louis Armstrong. D’accord, professeur Hervé, sauf que Duke Ellington jouait sa musique avec son orchestre alors que Louis Armstrong jouait n’importe quoi avec n’importe qui, du moment qu’on le paie. Il était très bien payé d’ailleurs puisque, de son vivant, Louis Armstrong était le musicien le mieux payé des Etats-Unis. Duke Ellington a d’ailleurs enregistré avec Louis Armstrong. Des chefs d’œuvre évidemment. Il faut signaler que Duke Ellington a eu une longévité rare pour un Jazzman (1899-1974). C’est un Melody Maker qui a rempli le « Great American Songbook » de titres inoubliables.

 

Le trio commence par « A prelude to a kiss », une musique nocturne pour orchestre de dancing dans un palace en bord de mer ou de lac. Bonne définition, professeur Hervé. Romantic, so romantic. ils le jouent très bien suggérant les chants des cuivres et de la chanteuse. Quand vous avez joué une mélodie de Duke Ellington, il vous faut 3-4 jours pour vous sortir de la tête selon le professeur Hervé. A raison d’une dizaine de mélodies ce soir, il faudra donc aux musiciens un mois minimum pour se remettre de cette Leçon. Quant à « Prelude to a kiss », c’est une mélodie à écouter avec sa bien aimée dans ses bras, ce que je fais derechef. « Il n'y a que deux choses: l'amour, toutes sortes d'amour, avec des jolies filles et la musique de La Nouvelle Orléans et Duke Ellington. Tout le reste devrait disparaître car tout le reste est laid » (Boris Vian). Le batteur est aux balais, de course. 

 

Duke Ellington a développé un sens inné du chromatisme nous apprend le professeur Hervé. Il a plus appris à l’oreille et en regardant des pianistes qu’avec des leçons de piano. Il s’agissait, dans les années 20, de faire danser les gens ou de les faire rêver. Ca tombait bien. Le Duke savait faire les deux à la perfection. 

 

Qu’aurait joué Ludwig Von Beethoven s’il avait vécu à Harlem dans les années 20 ? Démonstration en solo de piano avec « Mail to Elisa », version bluesy de la «  Lettre à Elise ». 

 

Duke Ellington était aussi businessman, graphiste (il avait fait une école de Beaux Arts à Washington). Il dessinait l’affiche du spectacle et fournissait l’orchestre. Bref, l’homme à tout faire du show business. Sans compter qu’il vendait l’exclusivité de ses talents à divers producteurs sous différents noms. Duke quitte Washington, sa ville natale et arrive à New York conduit par son batteur Sonny Greer qu’il vira de l’orchestre pour alcoolisme après 30 ans de bons et loyaux services. A New York, il s’encanailla, fréquenta des gangsters sans en devenir un lui même. Interrogé dans les années 60 par un journaliste qui lui demandait : «  Comment avez-vous pu jouer au Cotton Club dirigé par tous ces gangsters ? », Duke répondit : «  Des gangsters ? Comment osez-vous parler ainsi de ces gentlemen ? ». Pour l’ambiance, je vous renvoie, vibrantes lectrices, vivants lecteurs au film « Cotton Club » (1984) de Francis Ford Coppola. Pour la science, à la lecture du livre « Le Jazz et les gangsters » de Ronald L Morris (traduction française publiée aux Editions du Passage). Dans les années 20, à New York, les musiciens noirs fantasmaient sur une Afrique qu’ils n’avaient jamais connue (c’est l’époque des prêches politiques de Marcus Garvey) et Duke Ellington créa le style Jungle, Asphalt Jungle (le même fantasme se retrouve dans le style de musique électronique du même nom).

 

« Take the A train », composition de Billy Strayhorn, l’aller ego de Duke Ellington dédiée à une ligne du métro new yorkais (J'attends toujours une composition de cette qualité dédiée au RER A à Paris !). Le batteur fait le cliquetis de la machine. Louis Moutin n’est pas Sonny Greer : trop raide, trop répétitif. D’ailleurs, il ne tient pas les baguettes comme un batteur de Jazz, en porte-plume mais comme un batteur de rock, en marteau. Pianiste et contrebassiste, eux, sont complètement dedans. Solo de contrebasse digne d’un tap dancer (danseur de claquettes pour les anglophobes).

 

A l’époque, les arrangements n’étaient pas écrits. Les musiciens apprenaient de mémoire.  Le Jazz a un rapport particulier à la pulsation (the beat in english d’où beatnik). Le Swing (balancement pour les anglophobes), pour Duke Ellington, est un principe de vie. « It don’t mean a thing if it ain’t got that swing » (et non pas « I don’t mean a thing… », comme l’affirme le professeur Hervé. Seule erreur relevée dans la Leçon de Jazz par l’élève studieux que je suis). Un morceau polyrythmique comme la musique africaine nous fait observer le Professeur Hervé.

 

A partir des années 1930, Duke Ellington et son orchestre ont commencé à tourner dans le monde entier ce qui les a inspiré. D’ailleurs, l’orchestre tourne toujours même si ce n’est plus avec ses membres d’origine. Les valeurs du Jazz sont : la danse, le conte, la liberté. Bonne définition, Professeur. 

 

« Caravan », composition orientalisante de Juan Tizol, tromboniste de l’orchestre. Porto Ricain, Juan Tizol était le seul Blanc de l’orchestre. D’après Charles Mingus, il était raciste. L’incident entre Tizol et Mingus qui conduisit le Duke à licencier Mingus de l’orchestre est racontée dans l’autobiographie de Mingus « Moins qu’un chien » (« Beneath the underdog » pour les anglophiles). Cet incident n’empêcha pas Charles Mingus de vénérer Duke Ellington, de le jouer et de jouer avec lui (« Money Jungle » en trio avec Max Roach à la batterie : un chef d’œuvre indispensable). En jouant sa version de « Caravan », le trio la tire de l’Orient vers les Caraïbes, avec un latin tinge comme disait Jelly Roll Morton.

 

Le Professeur Hervé nous raconte la rencontre entre Duke Ellington et Billy Strayhorn son orchestrateur, son alter ego, son 2e pianiste, son 2e morceau. Billy Strayhorn était tellement complémentaire de Duke Ellington qu’il était homosexuel ce qui évitait toute rivalité entre eux, même amoureuse. 

 

« UMMG » (Upper Manhattan Medical Group), composition de Billy Strayhorn inspirée par le bruit de la perfusion à l’hôpital new yorkais où il était soigné. De santé fragile, Billy Strayhorn mourut en 1966 et le Duke enregistra aussitôt un album avec l’orchestre « And his mother called him Bill » (avec une version en piano solo de « Lotus flower » pendant laquelle petit à petit les musiciens, en pause, se taisent, rendus silencieux par la beauté de la musique). Bien joué.

 

Un autre truc typique du Jazz, c’est le riff : une formule rythmique qui se répète, invitant l’auditeur à danser. Duke Ellington en est l’un des Maitres, avec Count Basie qui fera l’objet d’une Leçon de Jazz en big band en mars 2013. On ne sait pas comment Bach, Chopin, Liszt improvisaient même s’ils ont laissé beaucoup de notations écrites. Duke Ellington a été enregistré. Il est donc possible de relever ses improvisations, note pour note. 

 

Démonstration des accents en duo piano/contrebasse puis le batteur s’ajoute pour marquer les pas de danse.

 

Le Professeur Hervé a relevé pour nous 4 pages d’interprétation de « Cotton Tail » de et par Duke Ellington. Le trio les joue puis improvise. En effet, c’est joué dans l’esprit du Duke puis chaque membre du trio prend sa part du gâteau dans l’impro.

 

Pendant la Deuxième Guerre mondiale, c’est le Petrillo Ban aux Etas Unis. Les musiciens refusent d’enregistrer pour forcer les producteurs à leur verser plus de droits d’auteur. Les chanteurs, classés comme comédiens et non musiciens, eux enregistrent, prennent la vedette et la gardent depuis. Mauvais pour la musique instrumentale.

 

De 1945 à 1955, c’est le triomphe du Be Bop, musique très difficile à danser, pour petites formations, ultra rapide, technique (Charlie Parker, Dizzy Gillespie). Les boppers vénéraient Duke Ellington mais ne jouaient pas comme lui même quand ils jouaient sa musique (Thelonious Monk, Dizzy Gillespie ont enregistré des albums de compositions de Duke Ellington). Au Newport Jazz Festival de 1956, l’organisateur paie d’avance pour des concerts des big bands de Duke Ellington et Count Basie. Les orchestres se reforment et triomphent. L’album « Live at Newport 1956 » de Duke Ellington a été réenregistré en studio, seuls les applaudissements demeurant. 

 

L’orchestre repart en tournée dans le monde entier et Duke Ellington reste ouvert à la jeune garde. Il enregistre en 1962 deux albums en petite formation en deux semaines, deux chefs d’œuvre indispensables au mélomane : « Money Jungle » (déjà cité) et « Duke Ellington & John Coltrane » où chaque leader apporte son contrebassiste (Aaron Bell, Jimmy Garrison) et son batteur (Sam Woodyard, Elvin Jones). La musique, elle, est de Duke Ellington exclusivement. Après avoir écouté « In a sentimental mood » par John Coltrane, Johny Hodges qui le jouait depuis 30 ans dans l’orchestre resta médusé. Coltrane n’était pas satisfait du résultat mais le Duke insista pour garder la première prise. Sa fraîcheur nous frappe encore 50 ans après. Ce soir, le trio la joue avec le batteur aux balais voluptueusement, langoureusement, comme il faut. 

 

A l’enterrement du Duke en 1974, il y avait 12000 personnes. Ella Fitzgerald chanta devant son cerceuil. Miles Davis réunit ses musiciens d’urgence pour enregistrer son Requiem pour Duke « He loved him madly ». Deux ans après, en 1976, sur son double album clef, « Songs in the key of life », Stevie Wonder chantait « Sir Duke » en son hommage. 

 

A la fin de sa vie, Duke Ellington n’écrivait plus que de la musique sacrée. Il a même joué son « Concert of sacred music » dans l’abbaye de Westminster, celle des Rois d’Angleterre devant la Reine, enchantée. Deux citations de Duke Ellington : «  A force de répétition, on devient initié » (excellent pour les élèves des Leçons de Jazz d’Antoine Hervé). «  Le Jazz n’a pas besoin de tolérance. Il a besoin d’intelligence et de compréhension ». Pour la tolérance, il y en avait assez dans les maisons de la Nouvelle Orléans dont il est sorti.  

 

« Solitude » composée par Duke Ellington en 20mn, entre deux prises de studio. Une ballade somptueuse pour terminer avec, de nouveau, ma bien-aimée entre mes bras, comme disait Guillaume Apollinaire.

 

RAPPEL

 

« Lush life », une composition de Billy Strayhorn, marquée par l’influence de Claude Debussy. Somptueux.

Madame G, Mesdemoiselles A, F et L pour une fois réunies ont apprécié grandement elles aussi.

 

Le Professeur Antoine Hervé donne ses Leçons de Jazz dans toute la France, Outre Mer compris, et se trouvent en CD et DVD pour certaines (Wayne Shorter, Keith Jarrett, Oscar Peterson). La joie de savoir est à portée de tous. 

 

Prochaine  Leçon de Jazz à Paris dans l’Auditorium Saint Germain le lundi 21 janvier 2013 à 19h30 : Julian Canonball Adderley Soul Brother du Saxophone par Antoine Hervé en duo avec Pierrick Pédron (saxophone alto).

 

« Lush life » chanté par Ella Fitzgerald accompagnée au piano par Duke Ellington dans le « Ella Fitzgerald Show » (1965). Que demander de plus en ce bas monde ?

 

 

 

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Pierrick Pédron extrait la racine Kubik de Monk en trio au Duc des Lombards

Publié le par Guillaume Lagrée

 

 

 

Pierrick Pédron

Kubic’s Monk

Paris. Le Duc des Lombards.

Mercredi 5 décembre 2012. 22h.

 

Pierrick Pédron : saxophone alto

Thomas Bramerie : contrebasse

Franck Agulhon : batterie

 

Toutes les compositions sont l’œuvre de Thelonious Sphere Monk  (1917-1982).

 pierrick-pédron.jpg

 

La photographie de Pierrick Pédron est l'oeuvre de l'Evident Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

 

Ca attaque direct. Ce n’est pas « Straight no chaser » mais c’est du Monk. Une mélodie aigre douce, chantante, logique et chaotique. Monsieur H observe que Pierrick Pédron a le cou qui gonfle comme un batracien. Logique pour un Froggy qui joue du Monk. Après ses aventures pop, pop music, Pierrick Pédron revient au Jazz avec son Prophète, Thelonious Monk. Une spectatrice a demandé de la tisane au serveur mais il n’y en a pas. Il est désormais interdit de fumer dans les clubs de Jazz mais de là à y boire de la tisane… Dialogue subtil et énergique entre contrebasse et batterie. La dame privée de tisane se rattrape avec la musique. Elle hoche la tête en mesure, la mine réjouie. Belle chute de verre au bar pour accompagner la fin du morceau. Parfaitement synchrone. Chapeau l’artiste.

 

Solo de batterie pour introduire le morceau avec les bords de caisse, les cymbales, les tambours. Franck Agulhon sculpteur de sons. Pierrick lance « Ask me now », une superbe ballade de Thelonious Monk mise en chanson sous le titre «  How I wish » par Jon Hendricks (superbe version de Carmen Mac Rae). Le bassiste maintient la pulsation alors que le batteur tintinnabule joyeusement. Cf extrait audio au dessus de cet article. 

 

Pulsation de la contrebasse reprise par la batterie. Je reconnais le thème mais pas le titre. A côté de Monsieur H, un couple hétérosexuel élégant, riche, quinquagénaire, bavarde à haute voix préférant nous imposer leur conversation que nous laisser écouter la musique. Elle est pourtant belle cette musique, vive, dynamique, toujours neuve. Devant nous, un groupe d’Italiens mieux éduqués dîne en silence. C’était « Evidence », un morceau pas évident à jouer.

 

« Ugly beauty », un titre qui résume le style de TS Monk.  Une ballade. Monk privilégiait les tempos lents, conscient de ses limites techniques et les cultivant.  Cependant, avec Monk, la ballade n’est jamais tranquille. Même sur tempo lent, il y a des accidents de parcours, voulus bien sûr. J’ai réussi à faire baisser le son aux voisins bavards mais ils n’ont pas l’idée de se taire pour écouter la musique. Sa beauté ne suffit pas à faire cesser leur agaçant babil. Le batteur est aux balais. La contrebasse vibre chaudement. Ah si, ils se taisent après 30mn de concert.

 

« Skippy ». Le batteur redémarre aux baguettes. Il crée une onde qui nous entoure, nous enveloppe. Il chauffe la machine. Morceau énergique, virevoltant. « Jouer avec Monk, c’est comme entrer dans un ascenseur. L’ascenseur arrive, les portes s’ouvrent, vous faites un pas en avant et il n’y a pas d’ascenseur » (John Coltrane).  Bref, c’est la perte des repères. Monk était autiste et a passé les 10 dernières années de sa vie sans jouer ni parler recueilli par la baronne Pannonica de Koenigswarter à qui  il dédia « Pannonica ». Cette femme extraordinaire mériterait un film. Solo très véloce de contrebasse bien poussé par la batterie.

Un tempo un peu plus lent, avec les hachures typiquement monkiennes. A voir, sur Monk, le plus beau film documentaire sur le Jazz, « Straight no chaser » de Charlotte Zwerin, produit par Clint Eastwood. Accoudé au bar, il y a un papy fan de Monk et du trio. Il grogne, chante, tape dans ses mains. Il est dedans, faisant l’ambiance du public à lui seul. Un larsen preuve supplémentaire de l’inutilité d’un microphone dans un club de cette taille. Surtout que ce soir le concert n’est ni filmé ni enregistré. La preuve, il ne passe pas sur les écrans figurant dans la salle contrairement aux habitudes du Duc des Lombards. Solo très chantant de la contrebasse. Même le batteur est en pause. 

 

Le batteur lance le débat. Pierrick tape dans ses mains, invitant le public à le rejoindre. Le barman reprend avec quelques spectateurs dont la buveuse de tisane. Dialogue tranquille entre contrebasse et batterie. Les voisins bavards ont repris leur bavardage après 30mn de pause. Joli final decrescendo (pour la musique pas pour le bavardage). 

 

« Who knows ? ». Un morceau vif, haché, secoué dans le même genre que « Skippy » comme l’a justement souligné Pierrick Pédron. Les voisins bavards qui, apparemment, n’écoutaient pas, en redemandent. Etonnant, non ?

 

RAPPEL

 

La batterie introduit, martèle, malaxe. Un standard de Monk dont le titre m’échappe. Du Be Bop à la Monk, que c’est bon ! L’absence de piano ne se fait pas du tout sentir. C’est dire la puissance de ces compositions.

 

Un morceau plus filé. « Well you needn’t » (mis en chanson par Carmen Mac Rae sous le titre « It’s over now ». « Carmen sings Monk » est un album indispensable). Ca groove bien vers le final.

 

Malgré les bavardages de nos voisins, Monsieur H et moi avons passé une excellente soirée, à écouter une musique créée dans les années 1940, toujours d’une modernité stupéfiante, entre complexité et maladresses maîtrisées, celle de Thelonious Monk. Sur l’album, excellent aussi, le trio est parfois accompagné du trompettiste Ambrose Akinmusire. Ambrose ne pouvait être présent à Paris mais Eric Le Lann aurait pu, à mon avis, le remplacer pour quelques morceaux. Eric joue très bien Monk et dégage une belle complicité sur scène avec son compère Breton Pierrick Pédron. Je lance ici l'idée. Aux musiciens de décider. A trois, ils extraient la racine de la musique de Thelonious Monk. Racine cubique = Kubic's Monk en toute logique, musique et mathématique

 

Pour comparer avec la version Kubik de Pierrick Pédron et ses complices, voici Carmen Mac Rae chantant " How I wish " (" Ask me now " de Thelonious Monk) accompagnée notamment par Jiri (Georges) Mraz (contrebasse) et Clifford Jordan (saxophone ténor). Rien à enlever, rien à ajouter.

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Marc Buronfosse Sounds Quartet à l'Improviste

Publié le par Guillaume Lagrée

Marc Buronfosse Sounds Quartet 

Paris. Péniche l’Improviste.

Mercredi 28 novembre 2012. 21h.

 

Marc Buronfosse : contrebasse, direction, compositions

Benjamin Moussay : piano, synthétiseur

Antoine Banville : batterie, percussions

Jean-Charles Richard : saxophones soprano et baryton, flûte.

 

La set list est fournie sur les tables. Pratique pour le public et cela évite aux musiciens d’avoir à annoncer les morceaux.

Antoine Banville 

 

La photographie d'Antoine Banville est l'oeuvre de l'Eminent Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

 

« Mirrors », errance dans un palais des glaces imaginaire. Démarrage à 21h30. Dur pour l’honnête travailleur qui doit se lever le lendemain matin. Sax soprano. Le batteur fait des bruitages. La contrebasse produit une autre vibration. Le piano est mystérieux en diable. Le sax soprano évanescent. Bref, si les lumières s’éteignaient, nous aurions peur ! Maintenant, ça se pose et une superbe mélodie s’élève. Bonne vibration de la contrebasse. Batteur aux balais, tout en douceur. Jean-Charles Richard produit un chant d’oiseau avec une anche. Nous sommes en novembre et cela donne envie de migrer vers des terres ensoleillées. Deux ans après, je succombe de nouveau à l’envoûtement de cette musique en concert. Beau solo de contrebasse poétique, chantant, ponctué par les percussions.

 

Ils enchaînent sur « The cherry tree » qui me fait penser à la joyeuse folie de Don Cherry. Jean-Charles Richard est à la flûte. Ca vibre, éclate de mille feux. C’est déjà le printemps, le cerisier en fleurs. Benjamin Moussay joue main droite gauche sur le piano, main droite sur le synthétiseur pour produire encore plus d’effets sonores. Le batteur tient le rythme aux baguettes, la contrebasse impulse et ça décolle ma parole. Le sculpteur d’air passe au baryton. Là c’est le gros son. Ca chauffe comme une chaudière. Logique sur une péniche. Enfin des Jazzmen français qui savent enchaîner les morceaux sans temps mort, sans que le public ne s’en aperçoive, n’ait même l’idée d’applaudir. Bref, du professionnalisme à l’américaine. C’est suffisamment rare chez les musiciens français pour être signalé. Jeu de bruitages entre le synthétiseur et la flûte alors que contrebasse et batterie gardent le rythme mais moins vite, moins fort.

 

« AOC », A Ornette Coleman, une appellation d’origine incontrôlable. Ca commence par un solo de batterie à la Ed Blackwell. Roulez tambours, brillez cymbales ! Le sax soprano dialogue avec la batterie. Ca chante. Les deux autres musiciens assistent silencieux au duo/dialogue/duel. Puis ils se jettent dans l’arène à leur tour. Ca envoie du bois. Le sax s’arrête pour laisser jouer la rythmique dans un style hard bop libre. Ca swingue, saperlipopette ! C’est de plus en plus libéré et dynamique. Le batteur fait de belles grimaces dans l’effort comme tout bon batteur. Le sax soprano revient mettre son granum salis là dedans. 

 

« Before the second round » suivi de « After the sound round », deux morceaux écrits pendant l’élection présidentielle française de 2007, toujours d’actualité en novembre 2012 à l’UMP, en plein combat des chefs. Benjamin Moussay joue à faire crisser les cordes de son piano en résonnance avec celles de la contrebasse et la batterie sous les maillets. Le sax soprano s’ajoute et ça vole plus haut encore. DJ Benji mêle à nouveau le piano et le synthétiseur. Puissante vague de la contrebasse et de la batterie. Les morceaux s’enchaînent toujours aussi bien. La musique devient galactique. Certains spectateurs sont fascinés, d’autres intrigués.

Ca décline doucement pour enchaîner sur l’après second tour et les lutteurs épuisés. Tout se mélange, étrange. Solo de piano hanté, réverbéré avec quelques ondes électroniques par-dessus. Benjamin appuie. Marc reprend en scandant les pas à la contrebasse. Ca sent la sueur, la fatigue, l’abandon, le relâchement après l’effort. Antoine ponctue avec ses percussions. La douce plainte du soprano vient s’y ajouter. L’archet fait vibrer la contrebasse. Ca monte, ça monte. La contrebasse scande à nouveau, le sax soprano crie, hurle mais mélodieusement. Bruitages des percussions et son d’avion du synthé. Ca repart au combat. Un petit air balkanique se glisse dans le chant du soprano. Benjamin Moussay est revenu au piano et le quartet envoie à nouveau du bois. Retour au thème et ça se calme, petit à petit, en decrescendo. Le piano revient au thème d’abandon. Comme une mer calme qui s’épuise inlassablement sur la grève.

 

PAUSE

 

Avis aux programmateurs. Le Sounds Quartet de Marc Buronfosse fait face à la musique (« Face the music » est le titre de l’album. Clin d’œil à la chanson « Race » de Prince ? ), la Péniche l’Improviste était remplie d’un public attentif et comblé. Pourtant, ce groupe ne joue pas assez, n’est pas assez entendu, diffusé, écouté. Engagez les,  rengagez les, sapristi ! S’ils ne jouent pas en France, ils iront jouer ailleurs en Europe, dans le monde et ils nous manqueront ici.

Quant à moi, en honnête travailleur devant se lever tôt le lendemain matin, j’ai du quitter le concert à la pause, réconforté par la beauté de cette musique. Le Sounds Quartet de Marc Buronfosse tient la distance.

Voici le Sounds Quartet de Marc Buronfosse en concert à la Maison de la Radio à Paris le 18 décembre 2010. After the second round. Tout est dit.

 

 

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Dan Tepfer et ses Variations sur les Variations Goldberg réjouissent La Gaîté Lyrique (Paris)

Publié le par Guillaume Lagrée

 

Variations

Sur les Variations Goldberg

De Jean Sébastien Bach

Par Dan Tepfer

 

Paris

La Gaîté Lyrique

Mardi 27 novembre 2012. 20h.

 

Dan Tepfer : piano

 

Lectrices baroques, lecteurs classiques, je vous ai déjà entretenu de l’album «  Variations on Goldberg Variations » de Dan Tepfer, d’un précédent concert au Sunside, des propos de Dan Tepfer expliquant son projet de relecture de l’Ancien Testament de la Musique, les Variations Goldberg de Jean Sébastien Bach (Johann Sebastian Bach pour les puristes germanistes). N’étant pas du genre à lésiner pour défendre une musique lorsque je l’apprécie vraiment, voici que j’assiste au premier concert parisien où Dan Tepfer joue dans son intégralité les Variations Goldberg entrecoupées de ses propres Variations sur ces Variations. Celles de Bach sont écrites sur des partitions depuis l’an 1738, celles de Dan Tepfer sont à écouter ici et maintenant en concert ou par tout moyen légal de diffusion de la musique enregistrée. Face à un tel Océan de notes (Oceano Notes ! comme disait Victor Hugo au sortir de la première de la Symphonie fantastique de Berlioz), le chroniqueur se trouve fort dépourvu alors même que la bise n’est pas venue. Je vous livrerai donc quelques impressions glanées au fil du concert.

 

Le concert était annoncé pour 20h, les portes de la salle devant ouvrir à 19h30. Il était inutile de se presser, les portes ayant ouvert à 19h55, le concert commençant à 20h40. C’est assez agaçant pour l’honnête travailleur qui doit se lever tôt le lendemain matin. C'est le prix à payer par amour de l'Art.

 

Derrière moi, un Monsieur qui n’est pas un spécialiste, dit-il, affirme qu’il n’a pas entendu les Variations sur les Variations Goldberg. C’est-à-dire qu’il n’a pas fait la différence, à l’oreille, entre les interprétations et les improvisations dans l’album de Dan Tepfer. Sa voisine, à l’oreille plus attentive et à l’esprit plus affuté, lui explique qu’il y a bien des variations sur les Variations, que chaque morceau est dupliqué, l’interprétation étant suivie de l’improvisation mais que Dan Tepfer tout en jouant jazz, moderne, respecte l’architecture de la composition originelle. Bref, elle a compris. J’ajoute que le Monsieur, qui n’est spécialiste ni de Jazz ni de Bach, a deux grands souvenirs de concerts de Jazz : Wayne Shorter et Avishai Cohen. Pour le premier, je suis d’accord. Pour le second, je ne peux juger puisque je n’ai jamais eu envie d’aller l’écouter en concert.

 

Le concert commence avec un morceau de Dan dont je n’ai plus le titre. Ensuite, il explique son projet au public et demande que le bruit de ventilation derrière lui cesse. Malheureusement, sa demande est restée sans suite et ce ronronnement permanent a perturbé notre confort d’écoute même si, au bout d’un certain temps, pris par la musique, nous avons pu en faire abstraction. En fait, je n’ai pas assisté à un tel récital de piano depuis Piotr Anderszewski à l’Opéra de Lyon en 2000 jouant les Variations Diabelli de Beethoven (ces Variations ont été filmées par Bruno Monsaingeon. Le DVD se trouve dans le commerce). Il était venu, s’était assis, avait joué d’une traite sans partition et avait triomphé. Sauf que lors d’un récital, l’artiste récite, il n’invente rien même s’il crée.

Avec Dan Tepfer jouant en solo les Variations Goldberg et ses Variations sur les Variations Goldberg, nous avons deux artistes et deux concerts en même temps. Le tout sans partition. Celui appliqué, droit, presque raide qui interprète. Celui plus délié, déhanché, en mouvement, qui improvise. Pour le même prix, avec le même homme et le même instrument. Un dédoublement de personnalité toujours au service de la beauté et de l’émotion. Il est possible de préférer l’un ou l’autre aspect de cette musique, interprétation ou improvisation mais il faut reconnaître que les deux sont inséparables, se nourrissent, nous nourrissent mutuellement. Le public ne s’y est pas trompé. Une écoute attentive et concentrée tout du long. Pas une seule toux pendant 1h30 de concert ! « Une salle de concert est un lieu où des gens qui ne se connaissent pas se retrouvent pour tousser » (Alphonse Allais). A 22h, vint le premier standard de Jazz « Everytime we say goodbye » traité dans le même esprit que Bach. Je gage que Chet Baker aurait aimé cette version lui qui chantait si bien cette chanson. Il finit avec Bach, relève ses mains. Un silence de reconnaissance interrompu par un tonnerre d’applaudissements mérité. Après une telle prestation, il n’y a plus rien à ajouter.

 

Si, une nouvelle composition pour indiquer une nouvelle direction, « 547 ». Le Monsieur non connaisseur dit « Bravo ! ». Il a compris la différence entre interprétation et improvisation comme tout le monde dans la salle grâce à Dan Tepfer. Merci à Dan Tepfer et à Jean-Sébastien Bach pour avoir illuminé notre soirée. " Dieu doit beaucoup à Bach " (Nietzsche). Dan Tepfer et nous aussi.

Lectrices baroques, lecteurs classiques, si vous n'avez pu assister à ce concert ou si vous souhaitez le revivre, sachez que vous pouvez l'écouter sur TSFJazz. Pour comparer, voici comment Dan Tepfer jouait cette musique pour France Culture.

 

 

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Jérôme Sabbagh " Plugged In " à la Péniche Anako (Paris) le vendredi 7 décembre à 20h3O

Publié le par Guillaume Lagrée

 

 




JEROME SABBAGH

"Plugged In" à la Péniche Anako - vendredi 7 décembre





Chers amis,

Après un concert récent dans le cadre du festival Tourcoing Jazz, je présente mon dernier disque "Plugged In"  paru sur Bee Jazz (qui a obtenu choc de Jazz Magazine, Must de TSF et 4 étoiles DownBeat) pour un concert exceptionnel le vendredi 7 décembre à la 
Péniche Anako (bassin de la Villette, face au 61 quai de la Seine, Paris 19ème, métro Riquet, Stalingrad ou Jaurès).

Nous faisons un unique concert à Paris, avec le groupe du disque au complet (3 membres du groupe sur 4 habitant à New York).

Ce concert sera enregistré par Radio-France pour une diffusion dans "Jazz Club" sur France Musique.

 
Jerome Sabbagh Quartet featuring Jozef Dumoulin 
Plugged In
Péniche Anako - Paris

Vendredi 7 décembre à 20h30

Jerome Sabbagh: saxophone et compositions
Jozef Dumoulin: fender rhodes et compositions
Patrice Blanchard: basse
Rudy Royston: batterie

2 sets à 20h30 (deuxième set à 22h environ). 
Ouverture des portes à 20h.
Prix des places: 20 euros en espèces (tarif unique, place valable pour les deux sets)
Attention, la péniche Anako n'accepte pas les cartes bancaires.

Il est fortement conseillé de réserver en envoyant un email à jerome@jeromesabbagh.com
 
Nous serons aussi au Music Village de Bruxelles le 6 décembre (avec Nick Thys et Dré Pallemaerts) et à l'AMR à Genève les 8 et 9 décembre pour une masterclass et un concert.
 
 
La presse au sujet de "Plugged In":
 
""Plugged In" est un album qui séduit véritablement l'auditeur. Un des meilleurs disques de l'année 2012."
- All About Jazz

"Les claviers de Jozef Dumoulin donnent à la musique de Sabbagh un son réellement électrique. Un son onirique et profond. […] Outre la capacité du saxophoniste et du claviériste de court-circuiter toute phrase préfabriquée dans leurs improvisations, "Plugged In" retient l'attention pour ses compositions […]  Oui, ce nouveau groupe a un son. Puisse "Plugged In" donner lieu à d'autres prises"
- Jazz Magazine (choc)

"L'énergie qui transparait dans les morceaux up donne aux ballades un poids supplémentaire, and les musiciens font leur l'intégralité d'un répertoire varié."
- DownBeat (4 étoiles)

"Dans "Plugged In", Jérôme Sabbagh explore des styles différents mais les transcende tous dans une conception personnelle de plus en plus affirmée de disque en disque. Le travail de Jozef Dumoulin qui doit autant à la tradition hard-bop qu'à Joe Zawinul, contribue considérablement à la réussite du projet. Un des disques de jazz les plus riches de cette année."
- The Big City

"Sabbagh et Dumoulin sont différents mais complémentaires. Le saxophoniste a un son qui force l'attention, que les compositions demandent beaucoup d'énergie ou quelque-chose de plus contemplatif. […] A l'écoute de ce disque, il est difficile de croire qu'on n'a pas affaire a un groupe qui joue ensemble depuis de nombreuses années."
- JazzTimes
 


vendredi 7 décembre
 

 

 

 

Pour vous donner une idée de ce que donne ce quartet sur scène, vives lectrices, vivants lecteurs, le voici jouant à domicile à Brooklyn, NYC, USA. Je ne serai pas à Paris le vendredi 7 décembre au soir. Je compte sur vous pour me raconter vos impressions de ce concert.

 

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COPINAGE: Eoth et Mermonte, deux groupes de Fusion fabriqués en Bretagne

Publié le par Guillaume Lagrée

 

Lectrices maritimes, lecteurs marins, vous avez certainement remarqué que ce blog, marqué par un fort tropisme parisien, s'ouvre parfois à des expériences musicales nées en Bretagne, ma terre natale.

Voici donc que je viens vous parler de deux groupes nés et vivant en Bretagne.

 EOTH, groupe de Jazz Fusion, marqué par le son des années 60-70, mené par Antoine Tharreau, pianiste de formation, collectionneur de claviers électriques vintage dont il sort des sons étourdissants, enivrants, stupéfiants, en toute légalité, accompagné de fidèles complices. Eoth comme l'anagramme de Theo et comme, in english, Eye on the horizon. EOTH sera en concert à Clisson, Loire Atlantique, Pays de la Loire, France, le samedi 22 décembre 2012 au Centre Culturel des Cordeliers. Ouverture des portes à 19h. PAF: 5 euros.

MERMONTE, groupe de pop music claire, élégante, simple d'apparence mais pas simpliste, fraîche et vivifiante comme l'air du bord de mer en Bretagne. Un groupe mixte où les filles ne sont pas là pour se dandiner, chantonner et faire joli. Elles savent le faire mais, heureusement, elles ne s'y limitent pas. La Mer monte, ce groupe aussi. Le voici en concert à Rennes, au Jardin Moderne. Et hop!

 

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" Jazz Ô Corps " à l'université Paris-Descartes le mercredi 5 décembre 2012 à 18h30 avec Sophia Domancich, Simon Goubert et des danseurs

Publié le par Guillaume Lagrée

 

 

L'Université de PARIS-DESCARTES et ART&MUSES présentent

Jazz Ô Corps

Mercredi 5 décembre 2012 à 18h30

Amphi Binet 45 rue des Saints-Pères 75006 Paris

Centre Universitaire des Saints-Pères

Entrée libre

M° et parking Saint Germain des Prés

 

 

Rapprochement entre danse contemporaine et jazz contemporainJazz Ô Corps est né du désir de la chorégraphe Florence Guérin de mettre en mouvement l’album You don’t know what love is du célèbre duo de la pianiste Sophia Domancich et du batteur Simon Goubert, tous deux lauréats du prix Django Reinhardt.

Véritable interaction entre danse et musique, cette création met en scène danseurs-étudiants de l’Université Paris-Descartes et virtuoses du jazz contemporain dans un spectacle inédit libérant corps et âmes sur des musiques écrites et improvisées.

L'Université Paris-Descartes, lieu d'élaboration et de transmission des savoirs, ouvre ses portes au public pour à l'occasion de ce spectable exceptionnel gratuit.

Les Artistes en scène

Sophia Domancich, piano
Simon Goubert, batterie
Florence Guérin, chorégraphie
Sabrina Borelli, Magali Brument, Anaïs Imbert, Sandra Laurin, Déhiti Akato, Théo Allerat, Etienne Favre, Pierre Hubelé, Samy Khediri-Perroud, 
étudiants danseurs de l’Université Paris-Descartes

 

Production et Communication

Jazz Ô Corps est un spectacle initié et produit par

Nadia HATRI, Chargée de Mission Culturelle à l’Université PARIS-DESCARTES
☎ 01 42 86 46 81
nadia.hatri@parisdescartes.fr

Sylvie JACQUEMIN, Chargée de projets culturels, production et communication à Art&Muses
☎ 06 89 90 10 98
sylvie.jacquemin@artetmuses.com

 


Site web                                                                    Site web
                                                                  

 

 

Divines lectrices, célestes lecteurs, si vous n'avez pas encore eu la chance d'écouter sur scène le couple créatif Sophia Domancich (piano)+Simon Goubert(batterie), le voici augmenté de Jean-Jacques Avenel(contrebasse). Domancich+Avenel+Goubertt = DAG, un trio qui pique, coupe, tranche sans haine et sans crainte. Retrouver ce duo en compagnie de jeunes danseurs, dans un spectacle à entrée libre à Paris, c'est cadeau.

 

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Maxime Fougères Trio " Guitar Reflections " à l'Improviste

Publié le par Guillaume Lagrée

 

Maxime Fougères Trio

Paris. Péniche l’Improviste

Jeudi 22 novembre 2012. 21h

 

Maxime Fougères : guitare électrique

Yoni Zelnik : contrebasse

Antoine Paganotti : batterie

 

 

Premier set en trio. Deuxième set en quartet avec un invité mystère. Toutes les compositions sont l’œuvre d’Edward Kennedy « Duke » Ellington (« Maestro E.K » comme disait le pianiste et compositeur John Lewis).

 

Je retrouve tout de suite la classe, l’élégance du trio qui me charme tant sur l’album " Guitar Reflections ". Le Duke peut être fier de ces petits gars qui font vivre sa musique trente huit ans après sa mort. Le batteur est aux balais. Ca tourne mais ni court ni en rond. Il y tant de Jazzmen actuels qui composent sans en avoir le talent qu’il est bon d’entendre des musiciens piocher dans l’œuvre du plus grand compositeur du Jazz. Ils l’arrangent sans piano, ni cuivres et c’est bon.

 

Toujours aux balais. Ca vite plus vite. Ca reste léger, aérien. Ce ne sont pas les standards ellingtoniens. Je ne reconnais pas les titres mais le sceau du Duc sur cette musique. Yoni Zelnik est impeccable au centre, distribuant le jeu alors que les deux attaquants de pointe, guitariste et batteur, font merveille. C’est du miel pour les oreilles. Ca swingue et ça tient chaud au cœur et à l’âme. Bref, c’est du Jazz. Classique mais pas vieux jeu. Ils ont joué « Who knows ? » puis « Kinda Dukish ». 

 

« All too soon ». Le batteur reste aux balais. Une ballade tranquille. Ca masse, délasse, prélasse mais ne lasse pas. La péniche l’Improviste reste à quai (de l’Oise) mais nous partons en croisière en douceur, en léger balancement. Premier solo de contrebasse chaud, grave. Massage plus en profondeur. La musique est chaude, souple, ondoyante, jamais rude ou rêche. 

 

Un morceau plus rapide. Leçon de balais ce soir. Ca pulse, vibre. Puis retour au calme. Morceau avec des phases calmes et agitées. D’ailleurs, dehors, l’eau coule plus vite.

 

Une nouvelle ballade langoureuse. Le genre de musique qui s’écoute allongé, en belle et bonne compagnie. « La musique de Duke Ellington est si érotique qu’elle en devient mystique » (Boris Vian). Son effet aphrodisiaque a été démontré scientifiquement si souvent qu’il est inutile d’y revenir. Chorus très bien construit de la guitare. Ca progresse lentement et sûrement vers une apogée paisible. C’était « Reflections in D » ( « Réflexions en Ré » en version française).

 

« Montevideo » (une ville chère aux amoureux de la poésie française car y naquirent Lautréamont et Jules Supervielle). Morceau qui swingue terrible avec un latin tinge comme aimait dire Jelly Roll Morton. Rassurez vous, lectrices inquiètes, lecteurs anxieux, le batteur est toujours aux balais et l’ambiance toujours aussi bonne. C’est comme l’Atlantique Sud, plein de surprises, entre chaleur et vigueur. Solo chaud et facétieux du contrebassiste bien relancée par ses complices. 

 

Première intro en solo de guitare. C’est dire si le leader ne tire pas la couverture à lui. Tout en douceur et en finesse. En même temps, il y a le sens de l’espace. Maxime Fougères arrive même à imposer le silence aux bavards du bar au fond de la salle. C’est dire la beauté de cette musique. Ca redémarre. Le batteur passe aux baguettes pour un morceau plus tonique. Ca swingue tellement que je bats la mesure des deux pieds, n’importe comment mais content. Après un beau solo de contrebasse, le premier solo de batterie bien sec, net, précis. A part Roy Haynes, je suis par principe opposé au solo de batterie. Celui là n’est pas démonstratif et ne dure pas trop longtemps donc ça va.

 

PAUSE

 

Solides lectrices, fermes lecteurs, je dois vous avouer que je tiens une toute petite forme ce soir. Si petite que je suis parti à la pause bien qu’il ne fût que 22h. Je ne vous parlerai donc de la deuxième partie. Si l’un d’entre vous y a assisté, qu’il n’hésite pas à ajouter ses impressions en commentaire de cet article. L'invité mystère était, comme sur l'album, le saxophoniste ténor Julien Pontvianne. En tout cas, en concert comme sur l’album, je recommande vivement l’opus ellingtonien du trio de Maxime Fougères à tous les amateurs d’ordre et de beauté, de luxe, de calme et de volupté.

 

Pour finir, une vidéo de ce trio pour voguer vers " Montevideo ". Bon voyage.

 

 

 

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RIP Pete Sims " La Roca " (1938-2012)

Publié le par Guillaume Lagrée

 

Pete La Roca

 

 

La photographie de Pete Sims " La Roca " est l'oeuvre du Résistant  Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Lectrices percussives, lecteurs percutants, je vous ai déjà parlé du batteur Pete Sims dit La Roca ( Pete La Roca, ça faisait mieux pour jouer du Latin Jazz) comme leader de son groupe en concert au Duc des Lombards et comme troisième homme du trio de Sonny Rollins en 1959, Henry Grimes (contrebasse) étant le deuxième.

Voici qu'il nous quitte,  le 20 novembre 2012, parti jammer avec Tony Williams, Elvin Jones, Kenny Clarke, Max Roach, Art Blakey. Pete Sims avait la tête dure. Il n'avait pas choisi son pseudonyme pour rien. Déçu de ne pas gagner sa vie avec la musique, il reprit des études de droit, devint avocat spécialiste du droit d'auteur et fit condamner Blue Note pour avoir réédité son album " Basra " sous le titre de " Bliss " et l'avoir attribué au pianiste Chick Corea. Le show busines, comme tois les business, n'aime pas les gêneurs. Pete Sims La Roca ne jouait pas assez, n'était pas assez reconnu. Il était l'étape entre le jeu d'Elvin Jones et celui de Tony Williams, un des Pères de la batterie de Jazz moderne. Trop peu de musiciens et d'auditeurs le savaient.

Dans la discothèque de l'amateur de Jazz raffiné, il doit y avoir " Basra " et " Turkish women at the bath " de Pete La Roca comme il doit y avoir le pianoless trio de Sonny Rollins avec Pete La Roca. Quand vous entendez un musicien ou un mélomane dire que le batteur est une brute qui pense et joue avec ses pieds, faites le taire en lui faisant écouer Pete Sims La Roca.

Juan Carlos Hernandez, photographe exclusif de ce blog, l'a bien connu. Il m'avait écrit que Pete avait apprécié mon article sur son concert et regretté de ne pas en avoir eu plus de ce genre dans sa carrière. Ca l'aurait aidé à se défendre. J'avoue que je suis fier d'un tel compliment. Je vous renvoie à l'article de mon fidèle complice Juan Carlos Hernandez pour en savoir plus sur ce Géant méconnu du Jazz.

Trêve de bavardage. Place à la musique. 1964. Jim Hall (guitare électrique), Steve Swallow (contrebasse), Pete La Roca (batterie): " I am getting sentimental over You ".

 


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