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RECLAME: PSYCHOPHARMAKA en concert à Paris en février 2013

Publié le par Guillaume Lagrée

 

 

RECLAME

Un voyage allemand de RODOLPHE BURGER & OLIVIER CADIOT

A l'occasion de la sortie du disque " PSYCHOPHARMAKA "

sur le label Dernière bande, triple évènement live à Paris.

Jeudi 14 FEVRIER @ GAITE LYRIQUE

La Gaité Lyrique présente le concert de sortie de l'album avec le groupe dans sa formation complète et des invités de marque :

Jennifer Cardini, figure de proue de l'électro minimale allemande et,

- la chanteuse Jeanne Added, splendide ovni musical.

Rodolphe Burger : voix, guitare, samples // Olivier Cadiot : voix, samples // Julien Perraudeau : clavier // Arnaud Dieterlen : batterie // Cédric Scandella : vidéo

www.gaite-lyrique.net

Vendredi 22 & Samedi 23 FEVRIER @ BNF, WEEK-END ALLEMAND

Le 22 à 18h30 : projection du film  Kaspar Hauser de Werner Herzog ; 

Le 23 de 14h30 à 18h : conférences, tables rondes avec Jean Christophe Bailly, Barbara Cassin, Heinz Wismann et (sous réserve) Anne Weber et Herta Müller.

Le 23 à 18h30 : Concert de Burger, Cadiot et quelques invités pour une version « de chambre », un Psychopharmaka « littéraire ». Ils alterneront musique et lectures de textes pour déplier leur lettre d’amour à l’Allemagne.

Evènement gratuit dans la limite des places disponibles. 

www.bnf.fr

Mardi 26 & Mercredi 27 FEVRIER @ CENTRE CULTUREL SUISSE

Le Centre Culturel Suisse accueille Burger, Cadiot et des invités helvètes de marque (Stephan Eicher le 26, Anna Aaron le 27) afin de rappeler qu’une des sources d’inspiration de Psychopharmaka est également la région de Bâle : hors des frontières allemandes, mais sur un territoire voisin, jumeau de par la culture, la langue et son pouvoir d’évocation romantique.

www.ccsparis.com

Le disque est en pré-commande sur le site du Label Dernière Bande.

 

Contact label // dernierebande@gmail.com

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La chronique de Monsieur P: Guillaume Séguron/Lionel Garcin/Patrice Soletti en concert à Nantes au Pannonica

Publié le par Guillaume Lagrée

 

 

Lectrices exigeantes, lecteurs sélectifs je vous ai déjà parlé des albums du contrebassiste Guillaume Séguron en solo et en trio. Je vous entends déjà vous plaindre que je n'en ai pas parlé en concert alors que c'est sur scène, face au public, que se mesure la vérité d'un musicien. Cette grave lacune va être réparée. Guillaume Séguron ne passe pas, pour l'instant, par Paris mais il s'est arrêté à Nantes au Pannonica à trois. Monsieur P, fidèle ami nantais, a pour habitude d'aller aux concerts de Jazz en ma compagnie, à Paris, lorsqu'il daigne se rendre de la capitale du Duc de Bretagne à celle du Roy de France. Cette fois-ci, Monsieur P joue à domicile. Je lui laisse donc la parole. Il s'agit ici, pour Monsieur P, à la fois de son premier concert de Jazz en solo et de sa première chronique de Jazz, la 651e de ce blog, alors qu'il est habitué à écrire sur la musique celtique. Merci pour votre indulgence, lectrices exigeantes, lecteurs sélectifs.

 

Le Pannonica
Nantes, Loire Atlantique, Pays de la Loire, France.

Mercredi 30 janvier 2013. 20h30.

1ère partie: Guillaume Viltard (contrebasse)

2e partie: Guillaume Séguron (contrebasse)/Lionel Garcin (saxophone alto)/Patrice Soletti (guitare, effets)

 

 

 

Ce soir je vais donc assister à un concert au Pannonica salle nantaise dédiée au Jazz . Cette salle est située au cœur de Nantes et peut  rassembler 140 personnes assises ou 200 debout. Ce sont du moins les chiffres annoncés par le  personnel mais vu la configuration  de la salle , quand il y a 200 amateurs de Jazz, il ne manquerait plus que l’huile et les aromates pour faire boîte de sardines. Ce soir ce ne sera pas le cas , il y a tout au plus une trentaine d’amateurs de Jazz présents.  Ce  concert allait être la soirée des surprises pour moi. 

La salle n’est pas accessible car il faut descendre un escalier assez raide , et attendre que les portes s’ouvrent. Le concert était prévu à 20 H 30  mais je vis sur la porte: ouverture des portes à 20h30, début du concert à 21h00. Cette modification d’horaire n’a pas l’air de surprendre les rares personnes qui sont là et qui me disent que 21h00 est l’heure habituelle d’ouverture des portes. Cette soirée allait donc être la soirée des surprises, disais-je.

 

La première surprise  c’est le prix très modéré des places:  11€ pour deux concerts voilà qui est très raisonnable. Deuxième surprise , les prix des boissons au bar.  Le bar est situé au fond de la salle , les prix sont très abordables, imaginez chers habitués des clubs de la rue des Lombards à Paris la bière à 2,40 € ,  ce n’est pas dans vos clubs favoris  qu’on verrait ça. (NDR: L'abus de bière est nuisible pour la santé. A consommer avec modération).  Aux murs de la salle et même dans le passage qui mène vers l’entrée sont accrochés plusieurs portraits de jazzmen célèbres. Si vous voulez savoir lesquels, venez à Nantes et vous verrez.  Ces quelques lignes  vous permettront de mieux situer le Pannonica , surtout si vous n'êtes habitués qu’aux seuls clubs parisiens .

 

 

Au menu de ce soir, nous attendent deux concerts. Le premier Guillaume VILTARD  à la contrebasse solo , le deuxième un trio  composé de Guillaume Séguron , à la contrebasse et à la composition, de Patrice Soletti  à la guitare électrique et aux effets ( j’en parlerai plus tard) et de Lionel Garcin  au saxophone alto.

 

 

Pour commencer, avec un peu de retard  nous avons droit  à la performance de Guillaume Viltard à la contrebasse solo.  Guillaume Lagrée ,  qui est  l’auteur de ce blog  sait qu’en matière de Jazz , je suis plutôt novice  même si je suis  toujours prêt à faire de nouvelles expériences. Cette expérience est un peu extrême pour moi . Pendant une  heure , ou un peu moins ,  le public  a dû écouter voire dirai-je supporter,  le numéro  d’un contrebassiste qui certes paraît habité , qui est totalement dans son monde . C’est bien là  le  problème , Guillaume VILTARD  est trop dans sa bulle. Pas un seul échange avec le public , pas un mot de présentation  et  à peine un  merci à la fin de sa performance. J’ai d’ailleurs  failli partir au milieu de ce premier concert, car  une heure  de contrebasse solo avec un contrebassiste qui ne communique pas , c’est beaucoup, c’est trop . Je ne suis pas  le seul à penser ainsi car les rares applaudissements polis que récolte Guillaume VILTARD prouvent  que nombre de spectateurs présents dans cette salle ne deviendront pas des fans  absolus de ce musicien , si talentueux soit-il .  A la fin de ce long ( trop long ?) monologue, il y a l’entracte .

Vingt minutes d’entracte, pour changer le plateau  notamment . Au  cours de cet entracte, j’ai l ‘occasion d’échanger avec quelques spectateurs présents, je leur explique que même si  ce n’est pas mon premier concert de Jazz , je fais encore  mes premiers  pas dans le monde  des jazzeux.   Ils me répondent en souriant  que  pour des premiers  pas , j’ai fait un  peu fort , et que ce que j’ai vu , n’était pas représentatif du monde  du Jazz , mais ils saluent la perfomance  de Guillaume VILTARD soulignant au passage, le caractére difficile et exigeant  d’un  passage en solo. 

 

Je bois une bière nantaise  ( NDR: l'abus de bière, fût-elle nantaise, est nuisible pour la santé. A consommer avec modération ).  Puis la deuxième partie de la soirée commence . Il s’agit du trio  Guillaume Séguron  , composé de Guillaume Séguron  à la contrebasse , de Patrice SOLETTI à  la guitare électrique  et aux effets et de  Lionel Garcin au saxphone alto.  

 

 

Tout de suite , je perçois aisément la différence,  la musique  ressemble   plus au Jazz que je découvre  peu à peu.   

 

Le concert commence doucement avec une phase  de Jazz  que j’aime dans laquelle il y a un a beau  passage de contrebasse solo   au cours duquel Guillaume SÉGURON nous montre à quel  point il est un contrebassiste d’exception  qui n’a rien à  voir avec l’autre Guillaume celui de la première Partie. L’apport de Lionel GARCIN est remarquable aussi , ce duo me fait passer un bon moment. Ensuite Patrice SOLETTI entre en piste avec ses effets électroniques et sa guitare électrique   et là je me surprends à penser que je suis sûrement plus « classique » que «  moderne » car  je dois admettre que  je ne suis pas  un grand fan   de ce mélange surtout quand  Patrice SOLETTI use et  abuse  ( à mon avis)   d’effets électroniques. Ce n’est plus  la musique que j’aime .  Il y a une alternance entre les morceaux  que qualifierai  de classiques ( Contrebasse solo ou Contrebasse + saxophone alto)  des phases  plus d’improvisation  où  je remarque le manque d’unité chacun semblant jouer dans son  coin, et ne se souciant pas  de l’autre et des périodes plus de jazz métalliques  à cause ou grâce ( c’est selon)  à l’intervention de Patrice SOLETTI. D’ailleurs je remarque que dans les parties où Patrice SOLETTI intervient, il y a comme un problème de balance car la guitare  ou les effets électroniques  écrasent tout sur leur passage et donnent l’impression d’être plus à un concert de Métal, même si ça reste du jazz, qu’à un concert de jazz comme on peut on peut en écouter dans les clubs que j’ai évoqués en commençant ce billet. Guillaume SÉGURON  intervient entre chaque morceau et communique avec  la salle . Ainsi va ce concert  un peu tourmenté comme  une rivière  avec ses phases douces où  Patrice  SÉGURON fait des solos de contrebasse d’une grande qualité ou joue avec Lionel GARCIN qui lui aussi très doué  et qui donne presque l’impression d’être à la Nouvelle Orléans   et ses phases plus dures . A la fin de ce passage, les applaudissement se font nombreux, et j’entends même quelques bravos . Je ne suis pas loin de partager  cet avis . 

Après  le concert , je vais voir Guillaume  SÉGURON qui me reconnaît grâce à la présentation qu’a fait de moi Guillaume LAGRÉE et nous parlons de ce concert . A cette occasion  il m’explique que même si je me n'en rends pas compte,  que   le concert forme un tout et que  passages improvisés sont une métaphore de la vie , avec ses  phases plus ou moins rudes , plus ou moins douces et que cette forme de Jazz est, comme la vie, loin d’être un long fleuve tranquille . 

 

Si je  fais  le bilan de cette soirée , je me dis  que  le coté très, trop, expérimental  de la musique de Guillaume VILTARD m’a formidablement  pesé,  que c’était le voyage au bout de l’ennui . J’ai aussi pensé que ce genre devrait être réservé aux fanatiques de la contrebasse solo et  surtout de la contrebasse solo expérimentale , ce qui ne doit pas concerner beaucoup de personnes.  La  prestation du trio  Guillaume  Séguron  était comme  un lac de montagne, à la fois rafraîchissante et bienfaisante car en dépit des passage où les effets électroniques  m’ont un peu ( beaucoup) gâché le plaisir, j’ai retrouvé une forme de Jazz que j’apprécie.

 

Comme je ne puis vous donner tout tout de suite, lectrices exigeantes, lecteurs sélectifs, voici le trio Guillaume Séguron/Patrice Soletti/Lionel Garcin non pas en concert à Nantes mais en résidence à La Tour d'Aigues. Allez les écouter sur scène lorsqu'ils passeront près de chez vous. Comme Monsieur P, à Nantes, au Pannonica, vous ne regretterez pas d'avoir voyagé en leur compagnie.


 

 

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Musique et cinéma: le mariage du siècle? Exposition à la Cité de la Musique, Paris, du 19 mars au 18 août 2013

Publié le par Guillaume Lagrée

 

Lectrices cinéphiles, lecteurs mélomanes, alors que l'exposition " Django Reinhardt, le Swing de Paris " est terminée depuis le 23 janvier 2013, que l'exposition " Muzik: du son à l'émotion " se terminera à Montréal (Québec, Canada) le dimanche 10 mars 2013, vous pourrez vous retrouver à la Cité de la Musique ( Paris, Ile de France, France) pour l'exposition: " Musique et cinéma: le mariage du siècle? " du mardi 19 mars au dimanche 18 août 2013.

Espérons qu'il y ait du Jazz dedans, au moins pour la Nouvelle Vague (Miles Davis et Louis Malle, Martial Solal, Michel Legrand et Jean-Luc Godard, Charles Mingus et John  Cassavetes).

En tout cas, il y aura des concerts de Jazz autour de l'exposition: Fred Pallem et le Sacre du Tympan joueront les grandes musiques du cinéma français avec Jeanne Added et Thomas de Pourquery comme vocalistes, Stéphane Oliva (piano) improvisera sur des images de films, Giovanni Mirabassi (piano) jouera en trio les grands airs du cinéma italien de Nino Rota à Ennio Morricone. Programme complet sur le site de la Cité de la musique.

 

Voici les 5 premières minutes d' " A bout de souffle " de Jean-Luc Godard (1959). Musique de Martial Solal. Jean-Paul Belmondo dans le rôle principal. Si Martial Solal n'a plus jamais travaillé ensuite pour Jean-Luc Godard, sur ce film, comme il le dit lui-même " J'avais gagné au Loto!  ". Pour Jean-Paul Belmondo, à qui ses professeurs du Conservatoire ne cessaient de répéter qu'il ne serait jamais qu'un hallebardier sur une scène de province , le gain fut plus important encore. 

 

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Miles Davis Quintet. Live in Europe 1969. The Bootleg Series. Vol.2

Publié le par Guillaume Lagrée

 

Miles Davis Quintet

Live in Europe. 1969.

The bootleg series. Vol 2.

Legacy Recordings. Columbia. Sony Music. INA. 2013.

 

Miles Davis: trompette

Wayne Shorter: saxophones ténor, soprano

Chick Corea: piano électrique, piano (CD3)

Dave Holland: contrebasse

Jack de Johnette: batterie

 

Dave Holland

 

La photographie de Dave Holland est l'oeuvre du Voyageur Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Concerts enregistrés au Festival Mondial du Jazz d'Antibes dans la Pinède Gould à Antibes-Juan-les-Pins, Alpes-Maritimes, Provence-Alpes-Côte d'Azur, France, le 25 juillet 1969 (CD1) et le 26 juillet 1969 (CD2), au Folket Hus de Stockholm, Suède, le 5 novembre 1969 (CD3), au festival Berlin Jazz Stage, au Berlin Philarmonie à Berlin Ouest, RFA, le 7 novembre 1969 (DVD).

Les concerts antibois sont présentés par le producteur français André Francis (1925-2019), qui oeuvra plus de  70 ans pour défendre la beauté du Jazz et de l'Electricité.

Chers compatriotes, heureux contribuables français, grâce à nos impôts, taxes et contributions, il existe en France un Institut National de l'Audiovisuel qui possède des sons et des images qui ont de quoi réjouir les mélomanes pour des siècles.

De temps en temps, après accord entre musiciens, avocats et producteurs, une merveille sort en toute légalité de ces archives. Pour l'illégal, je vous laisse trouver. Restons sur le légal. 

Miles Davis se plaignait dans son autobiographie " Miles " que son quintette de 1969 fut un lost band, Columbia ne s'y intéressant pas. En effet, les groupes avec qui Miles Davis enregistra " In a silent way " et " Bitches Brew " en 1969 n'étaient pas ceux qu'il emmenait sur scène à l'époque et la musique sur scène était passablement différente de celle en studio.

Après des années de félicité acoustique en compagnie de Wayne Shorter, Herbie Hancock, Ron Carter et Tony Williams (1964-1968) dont témoignent sur ce blog le 1er volume des Bootleg Series et une Leçon de Jazz d'Antoine Hervé, Miles Davis, influencé par sa compagne Betty Mabry (auprès de qui Madonna a l'air d'une poupée pour enfants mormons), se met à écouter Jimi Hendrix, Sly Stone, James Brown et succombe aux charmes de la Fée Electricité.

Wayne Shorter reste dans la groupe mais la rythmique a complètement changé. Miles Davis a pris Jack de Johnette à Charles Loyd, Chick Corea à Stan Getz, Dave Holland à Londres. Le pilote de l'astronef, c'est Chick Corea. Physiquement, il ressemble beaucoup à Prince. Musicalement, il est passé dans une autre dimension de l'espace temps. Quand la rythmique joue derrière Miles, elle est passablement agitée. Derrière Wayne Shorter, c'est plus fou encore. Livrée à elle-même, elle devient carrément stratosphérique. Dave Holland suit Chick Corea et Miles Davis, à la fois fasciné et perturbé, murmure à l'oreille de Jack de Johnette: " Can't You just make them play? ".

Françaises, Français, chers compatriotes, nous pouvons être fiers des enregistrements antibois pieusement conservés par l'INA et aujourd'hui révélés dans leur intégrale beauté (il existe des éditions pirates mais incomplètes et avec un son moins propre). Le concert à Stockholm est une bizarrerie car le piano électrique tombe en panne très vite, complètement largué par ce qu'exige de lui Chick Corea. Après une longue absence, Chick revient au piano acoustique mais cela ne colle pas bien avec ce genre de musique. Le DVD du concert en Allemagne est impressionnant car dans le cadre majestueux du Berliner Philarmoniker (Karajan était-il dans les spectateurs?), le public écoute dans un silence religieux cette musique.

De quelle musique s'agit-il? D'une musique de transition. Miles est une fois de plus tourné vers l'avant (" Miles ahead " est le titre d'un de ses albums) mais il est encore ancré dans la tradition. " Directions in music by Miles Davis " écrit-il sur la pochette de Bitches Brew enregistré quelques jours après les concerts d'Antibes mais qui ne sortira qu'en 1970, préparant le futur triomphe de l'été 1970: 600 000 spectateurs au concert de l'île de Wight! Directions, c'est un hommage à Duke Ellington comme l'indique le présentateur du concert berlinois. Cf extrait audio au dessus de cet article.

Miles joue donc encore " Round midnight ", " Milestones ", " I fall in love too easily " qu'il jouait depuis les années 50. Il joue aussi " Masqualero ", " Nefertiti ", " Footprints " du précédent quintet. Il joue enfin " Miles runs the voodoo down " qui illustre cet article, morceau qui ne sortira que l'année d'après, qu'il n'a pas encore enregistré en studio ( Bitches Brew a été enregistré en août 1969) et clin d'oeil au Voodoo Chile, Jimi Hendrix. Bref, nous avons le privilège avec ces concerts d'assister à la création d'une oeuvre, du passage chez Miles Davis du Jazz au Funk avec une liberté, une fantaisie qui disparaîtront ensuite. Dès 1970 avec l'arrivée de Michael Henderson à la basse électrique pour remplacer Dave Holland (contrebasse), le groupe commencera à se poser. Avec le départ des sorciers des claviers (Chick Corea en 1970, Keith Jarrett en 1971) puis le remplacement de Jack de Johnette par Al Foster en 1972, la musique de Miles Davis s'ancrera dans le groove, le funk. Elle creusera un sillon au lieu de décoller vers les étoiles. Autre histoire, autres plaisirs. Vous l'entendrez dans un 3e volume des Bootleg Series.

Revenons en à ce volume 2. Nous sommes dans la Pinède Gould à Antibes Juan les Pins, les étoiles au dessus de nos têtes, la Mer Méditerranée en arrière plan, des pins centenaires nous entourent et sur scène devant nous le quintet de Miles Davis. Miles Davis est le patron, il est en grande forme (il ne se drogue plus, boxe et mange macrobiotique), Chick Corea et Wayne Shorter emmènent la musique vers des horizons interstellaires insoupçonnables au commun des mortels, Dave Holland et Jack de Johnette fournissent le carburant de la fusée. Ils passent du Jazz au Funk par le Free. Bref, ils sont barrés, perchés, défoncés à la musique et à l'électricité. C'est bon pour la santé physique et mentale. Suivons les.

 

Ce coffret ne fait pas le tour de la question. La preuve avec le même groupe en concert à Paris, Salle Pleyel en novembre 1969. Ca se trouve en CD pirate et sur youtube très facilement.  C'est toujours André Francis qui présente. La preuve ci-dessous en vidéo.

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Macha Gharibian en concert au Studio de l'Ermitage: Mars attaque!

Publié le par Guillaume Lagrée

 

Macha Gharibian 

Paris. Studio de l’Ermitage

Jeudi 31 janvier 2013. 21h.

 

Macha Gharibian : piano, chant

David Potaux-Razel : guitare électrique

Théo Girard : contrebasse

Aïdge Tafial : batterie

 

Démarrage à 21h20. Cela reste raisonnable. Elle commence par un poème de William Parker : «  I am not a dancer. I am a human being ». La guitare fait des petits sons pointus, étirés alors que la rythmique joue gravement, pesamment mais volontairement. Cette chanson a le potentiel pour devenir le slow de l’hiver 2013. Il me semble que TSF Jazz s’en charge. La guitare est devenue grave à son tour, vibrant avec la voix, qui monte, qui monte. L’émotion avec. Le batteur est aux balais avec une frappe lourde et sèche. Ca s’allège.

 

« Byzance ». Ses derniers grands-parents venaient d’une ville près de Byzance. Là, je reconnais le style arménien dans le jeu de piano, proche de Tigran Hamasyan. Le batteur tapote doucement, un balai dans la main gauche, une baguette dans la main droite.  Ca décolle et danse joyeusement. Bref, c’est Byzance !

 

« Passage des princes ». A Paris, il se trouve dans le IIe arrondissement entre le boulevard des Italiens et la rue de Richelieu. A Istanbul (ex Constantinople, ex Byzance), il faut prendre la mer pour arriver aux îles des Princes. De quel passage s’agit-il ? Là aussi, je reconnais un jeu de piano proche du style de Tigran, chantant, limpide, oriental mais pas si loin de l’Europe. Comme Byzance. Un peu de guitare saturée pour changer de style, que ce ne soit pas classique. Ca va car c’est fait avec goût. Le piano sonne comme des clochettes dans l’air pur du printemps.

 

Premier vrai solo avec l’intro de la contrebasse. Un air léger, subtil s’envole comme des bulles de savon qui n’éclatent pas. Un autre morceau instrumental. Un peu plus facile que les airs précédents. Des sons étranges de la guitare pour diversifier. De facile, la musique devient plus complexe, plus étrange, se tordant comme un serpent. Le guitariste s’énerve sur une guitare qui ne lui a rien fait. C’est fou comme un solo bruyant de guitare attire d’applaudissements alors qu’il suffirait de désapprouver en se taisant pour que le guitariste ne recommence plus. « Kings » ne figure pas sur l’album « Mars » de Macha Gharibian. J’approuve cette absence. 

 

Une ballade tranquille. Solo grave, bondissant de la contrebasse au milieu de la rythmique. Cela ressemble plus à du Jazz classique. 

 

Un morceau plus vif, plus entraînant démarre au piano. Macha chante en anglais comme une chanteuse de Folk tout en jouant du Jazz. C’est son charme. Le guitariste se lance dans un solo de Blues blanc pas mal du tout.

 

Macha s’installe sur un tabouret pour chanter sans jouer « l’histoire d’une mère qui dit au revoir à son fils ». Le guitariste commence tout en douceur avec des notes rares, distillées. Elle chante en anglais, une sorte de Folk Song. Belle voix grave, puissante qui vous attrape le cœur et l’âme. Ce duo guitare/voix ne figure pas dans l’album « Mars ». Belle découverte. 

 

Une composition arménienne de Khatchatour Avedissian. Ca balance tranquillement avec le guitariste qui fait durer ses notes. Contrebasse et batterie ronronnent doucement. Elle chante et nous emporte loin, loin vers l’Est. Ca marche. Je hoche la tête en mesure ou à peu près.

 

Démarrage du contrebassiste à l’archet. Nouveauté dans le jeu. « Kele Kele » une chanson arménienne qui déchire grave ! La rythmique ronronne, la guitare grince doucement. Nom de Zeus, c’est beau ! Ils montent en puissance par paliers, nous emmenant avec eux.

 

Un morceau azéri dont le titre m’a échappé. Belle ouverture d’esprit pour une Arménienne ! Cela veut dire « Attrape-moi ! Viens ! » Une chanson d’amour a priori. Ca devient de la pop orientale dansante de qualité. C’est de la musique azérie, pas des propos de marchand de tapis. Solo funky de guitare sur de la musique azérie et cela fonctionne.

 

« Il n’y pas la mer en Arménie mais un beau lac, le lac Sevan » (Macha Gharibian). « Le Lac Sevan est un morceau de ciel tombé sur terre au milieu des montagnes » (Maxime Gorki). Duo piano/contrebasse entrecoupé par une voix enregistrée parlant une langue étrangère. Je reconnais le morceau mystérieux qui clôt l’album. Il n’y pas la mer mais il y a les mouettes que la guitare imite très bien. La contrebasse ponctue doucement et solidement. La batterie est muette. Une grande vague de mystère nous emporte vers des terres lointaines. 

 

A moins que ce ne soit cette ballade chaloupée qui close l’album. Le piano nous refait les petites clochettes dans l’air pur de la montagne au printemps. Je n’y résiste pas. Cela masse le cerveau. Il en a besoin après une journée de labeur. Vibration de la guitare alors que la contrebasse grogne sous les doigts de Théo Girard.

 

Un morceau dédié au trompettiste, compositeur, improvisateur, éducateur Ralph Alessi auprès de qui Macha Gharibian a pris des cours à New York. Ca sonne plus occidental, plus Jazz mais ce n’est pas chanté en anglais. Ca réveille pour une fin de concert.

 

Je n’ai pas pris de notes pour le rappel. Le Studio de l’Ermitage était rempli et fournissait un bel écrin au diamant que constitue ce groupe. Macha Gharibian est la fille de Dan Gharibian, fondateur du groupe Bratsch en 1972. Théo Girard est un ami d’enfance de Macha Gharibian, contrebassiste du groupe Bratsch depuis 2011. Une histoire de famille donc mais une identité sonore évidente pour cette jeune femme qui paraît enfin au devant de la scène avec son groupe, sa musique après des années dans l’ombre. Il lui reste à acquérir un peu plus d’assurance en concert, à ajouter quelques morceaux plus enflammés pour chauffer la salle. Etant donné ce qu’elle produit déjà comme pianiste, comme chanteuse, comme meneuse de groupe, cette jeune femme n’a pas fini de nous surprendre et de nous émerveiller. Longue et belle vie à Macha Gharibian et ses amis.

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RECLAME: concerts de piano(forte) de Ziad Kreidy à Paris de février à avril 2013

Publié le par Guillaume Lagrée

      RECLAME

 

Prochains concerts de Ziad Kreidy

Divines lectrices, sublimes lecteurs, je vous ai déjà chanté les louanges de Ziad Kreidy comme auteur des " Avatars du piano " et comme interprète des pièces lyriques de Grieg sur un pianoforte droit Erard de 1867. Vous brûlez d'impatience d'aller l'écouter en concert pour juger de ses talents sur pièces et sur place comme disent les experts-comptables. Voici de quoi satisfaire votre insatiable curiosité avec ses prochaines dates de concert à Paris. Pas de date prévue hors de Paris pour l'instant. Merci de vous plaindre auprès de l'artiste de ce tropisme parisien forcené. Je n'y suis pour rien.

Vendredi 22 février à 20h30, samedi 23 février à 17h. Entrée libre dans la limite des places disponibles. Réservation obligatoire. Programme Schubert, Chopin. Atelier Philippe Jolly où a été restauré le pianoforte droit Erard de 1867 qui demeure désormais dans l'appartement du Citoyen Ziad Kreidy.

 Samedi 16 mars 2013, 20h30
Chapelle St Jean, 67 rue Daguerre, 75014 Paris
Concert de piano | Mozart · Schubert · Chopin · Grieg

Samedi 13 & Dimanche 14 avril 2013, 16h
Musée Cognac-Jay
8 Rue Elzevir 75003 Paris
Concert de pianoforte (Boisselot circa 1828) | Mozart · Haydn · Schubert
Entrée libre dans la limite des places disponibles

 

Voici Ziad Kreidy jouant Mozart sur pianoforte. Comme souvent chez Mozart, ça swingue terrible! A comparer avec " Mozart la nuit " par Antoine Hervé.

 


 

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Eric Le Lann " I remember Chet " (Tribute to Chet Baker)

Publié le par Guillaume Lagrée

 

Eric Le Lann

« I remember Chet » (Tribute to Chet Baker)

Bee Jazz. Sortie le jeudi 14 mars 2013.

11 morceaux. 49’09.

En concert à Paris au Sunset le vendredi 15

et le samedi 16 mars 2013 à 21h30,

à Trebeurden (22) le samedi 23 mars, à Rennes (35) le dimanche 24 mars,

à Perpignan (66) le vendredi 29 mars 2013.

 

Eric Le Lann : trompette

Gildas Boclé : contrebasse

Nelson Veras : guitare

 

Je me souviens de la mort de Chet Baker le 13 mai 1988, de l’annonce au journal télévisé de 20h de cette histoire abracadabrantesque de Chet qui, se voyant refuser l’entrée d’un hôtel à cause de sa gueule de camé, décida de grimper au mur pour atteindre sa chambre, tomba et mourut. Il s’agit du Prins Hendrick Hotel à Amsterdam (Pays Bas). Aujourd’hui il y un bas relief à sa mémoire sur la façade de l’hôtel. Je me suis dit que je n’aurai jamais la chance d’aller à un concert de Chet Baker. J’ai eu la même pensée le 6 juin 1991 lorsque j’appris la mort de Stan Getz. Pour Stan, c’est sans rémission. Il n’a pas de successeur. «  En fait, nous aimerions tous sonner comme Stan Getz. La vérité est que nous ne le pouvons pas » (John Coltrane, au nom des saxophonistes ténors).

 

Pour Chet Baker, grâce aux Dieux, il a trouvé un continuateur avec Eric Le Lann. Non seulement Eric Le Lann a été influencé par Chet Baker, l’a écouté, étudié mais il l’a aussi fréquenté lors de ses fréquents séjours français dans les années 80. Certes Eric Le Lann ne chante pas alors que Chet Baker aimait autant chanter que jouer de la trompette. Chris Isaak, dans la Pop Music, a fait carrière en mimant le look, l’attitude, la voix de Chet Baker. Vanessa Paradis chante « Chet Baker » qu’elle écoute au fond d’une Studebaker, pour la rime. Eric Le Lann, lui, le joue, le vit, avec la même intensité, la même fragilité, la même sensibilité, la même tension permanente vers la beauté. Il a lui aussi ce son qui gratte l’âme mais il ne copie pas, il transmet le message. Il fait si bien chanter sa trompette que le chant ne manque pas.

 

Pour jouer cette musique, Eric Le Lann s’est entouré d’un duo à cordes complice depuis des années, Gildas Boclé et Nelson Veras. Deux Bretons, un Brésilien, un trio transatlantique plus léger qu’un voilier, plus confortable qu’un paquebot. Ni piano, ni batteur, leur présence serait de trop pour cette musique épurée. Les cordes de nylon de la guitare, de métal de la contrebasse vibrent sous les doigts et l’archet. Tout se joue dans la finesse, la discrétion, l’hommage respectueux mais pas servile. Ainsi sur la pochette de l’album, c’est le visage de Chet Baker qui apparaît, pas celui d’Eric Le Lann. De même, si l’album est intitulé « I remember Chet », le trio ne joue pas « I remember You », trop évident. Le choix des morceaux est lui aussi fait avec goût car il évite « My funny valentine » que Chet Baker fit sien à force de le jouer et de le chanter. Il n’y a aucune virtuosité au sens de la démonstration gratuite, de l’étalage technique mais une immense maîtrise technique, une écoute soutenue, poussée entre les musiciens qui aboutit à une musique magique, envoûtante, apparemment simple et qui pourtant nécessite plusieurs écoutes pour en percevoir toutes les richesses.

 

Parmi les onze morceaux de l’album, les écologistes repéreront « Backtime » (n°11) recyclage de « Back time trip » (album « Le Lann Top » Nocturne, 2007). Tout cet album m’enchante mais si je ne devais qu’en retenir deux morceaux, ce serait « Zingaro » (n°8) et « Angel Eyes » (n°10). " Zingaro " parce que c'est une Bossa Nova de Jobim, que Nelson Veras est Brésilien et qu'il la joue souverainement. " Angel Eyes " parce que cela me fait penser au visage d'ange déchu de Chet Baker sur la pochette de l'album.

 

J’ai déjà  écouté trois fois ce trio sur scène en 2012. Je le retrouverai avec joie les vendredi 15 et samedi 16 mars 2013 à 21h30 à Paris, au Sunset.

 

Voici le trio composé d'Eric Le Lann, Gildas Boclé et Nelson Veras jouant " Milestones " (Miles Davis), 7e morceau de l'album, en hommage à Chet Baker lors d'un précédent concert. Rien à ajouter.

 

 

 

 

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20 ans après: Bob Mover Quartet en concert à Paris au Sunset

Publié le par Guillaume Lagrée

 

 

Bob Mover Quartet

Paris. Le Sunset.

Samedi 26 janvier 2013. 21h30.

 

Bob Mover : saxophones alto, ténor, chant

Joe Cohn : guitare électrique

Pierre Boussaguet : contrebasse

Steve Williams : batterie

Invitée surprise

Jelena Jovovic : chant

 

Sur le programme, il y a écrit 21h30. En fait, le concert commence à 22h. Heureusement, il n’y a pas école demain. 

 

Ca commence par un hard bop classique. Ca joue cohérent. Bob Mover a toujours un superbe son de sax alto, grave, tendant vers le ténor. Attaque très pure, très nette. Schéma classique : thème, soli, thème. Au tour du guitariste maintenant. Lui aussi a une belle attaque, un son clair, net. C’est un ancien élève de Bob Mover alors que Bob, lui, fut l’élève d’Al Cohn (sax ténor), le père de Joe. Derrière, la rythmique est une assurance tous risques tant elle tourne bien. Pierre Boussaguet, ancien élève de Ray Brown, a hérité du beau gros son de son Maître. Rien de neuf dans cette musique sur la forme mais c’est si bien joué tant techniquement qu’émotionnellement que cela fait du bien. C’était « Blues for Bobby Ward » hommage à un batteur de Boston par Bob Mover, natif de Boston. 

 

Bob Mover fait l’effort de nous parler en français. Avec des maladresses mais de la part d’un Américain à Paris, c’est très appréciable et apprécié. Il nous explique qu’il a parlé portugais aujourd’hui et qu’il mélange les deux langues. Une ballade avec le latin tinge cher à Jelly Roll Morton. Tout en velours. Ca devient plus aigu, plus dynamique. « Tout le monde doit reconnaitre » a dit Bob Mover. Je reconnais l’air mais pas le titre. C’est beau mais cela ne me fait pas tomber par terre comme Chet Baker. C’était « I love Paris » de Cole Porter. 

 

« Hey there », une chanson de Broadway, années 50. Un morceau cool, légèrement rapide, plutôt dansant. Un morceau de musical. Bob Mover chante de façon émouvante, rappelant le Chet Baker des années 80. Pas à ce degré de fragilité tout de même. Ma voisine est folle de joie. C’est la fan de Bob Mover à Paris, manifestement. Elle chante, danse, parle, s’exclame. Une dame d’apparence sérieuse pourtant, vêtue de rouge, couleur de passion. La quarantaine rugissante comme disent les circumnavigateurs. En entendant Pierre Boussaguet en solo, j’ai l’impression de retrouver Ray Brown. C’est dire si c’est bon. 

 

« You and Me » (Al Cohn), une variation sur « Tea for two ». Bob passe au sax tenor, l’instrument d’Al Cohn. Ca swingue énergiquement. Je ne reconnais pas du tout « Tea for two ». Al Cohn a décapé énergiquement ce vieux standard. Bob Mover se débrouille bien au ténor mais a un son plus personnel à l’alto. 

 

Un standard. « Dream », duo chant/batterie. Guitare et contrebasse viennent s’ajouter tout en douceur. Bob Mover reste au ténor avec un son de velours. Ca marche. Les amoureux s’enlacent. Ca ronronne avec la contrebasse qui grogne de plaisir sous les doigts de Pierre Boussaguet. Larsen, le fameux boxeur danois, frappe. Le quartet continue, imperturbable. 

 

Les rejoint sur scène Jelena Jovovic, chanteuse serbe avec laquelle ils vont enregistrer à Belgrade. Des musiciens américains et français qui enregistrent à Belgrade ! Décidément la guerre de Yougoslavie est bel et bien finie. Tant mieux. Jelena Jovovic a une voix grave, chaude avec un léger accent balkanique en anglais. Elle chante « Sometimes ago » d’un compositeur balkanique dont le nom m’a échappé. J’avais remarqué cette femme dans la salle par sa taille, son allure, sa présence. En plus, elle swingue,  sans scat, d’une voix grave, chaude, sensuelle, bien en rythme. Bref, cette Sophisticated Lady est une vraie chanteuse de Jazz. 

 

« Nightbird » (Al Cohn). Ca swingue joyeusement. Jelena Jovovic ajoute vraiment un supplément d’âme à la musique ce qui n’est pas le cas de toutes les chanteuses de Jazz.

 

« Moon Song ». Bob Mover est devenu amoureux du ténor. Il ne le quitte plus. A moins qu’emporté par la musique, je ne fasse plus la différence entre le son de l’alto et du ténor. « Sweet moon song » chante Bob Mover. So romantic comme disent les Américaines. 

 

PAUSE

 

Le concert est superbe, je n’ai pas école demain mais le marchand de sable est passé et le premier set a duré 1h30. J’ai donc bu un grand bol de beauté. Cela faisait vingt ans que Bob Mover n’avait pas joué en France alors que James Carter et Joshua Redman y sévissent chaque année. O tempora, o mores ! « Nous avons tous les deux optés pour la beauté » disait Chet Baker de Bob Mover. 25 ans après la mort de Chet, Bob Mover n’a pas dévié de son choix. Merci au Sunset de l’avoir invité et de nous en avoir fait profiter. Espérons ne pas attendre 20 ans de plus pour le retrouver en concert en France. Attendons avec délice son album avec Jelena Jovovic sachant qu’il vient d’en sortir un nouveau avec comme pianiste Kenny Barron, le dernier sideman de Stan Getz. Respect pour Bob Mover.

En 1975, Bob Mover avait 23 ans et il jouait avec Chet Baker (1929-1988). Il accompagna Chet en Europe notamment à la Grande Parade du Jazz de Nice. L'INA l'a enregistré. Dans le documentaire " Who is Bob Mover? " (2009) Bob explique la leçon que lui a donné Chet Baker: opter pour la beauté, ne pas vouloir à tout prix être celui qui joue le plus vite, le plus haut, le plus fort. C'est en anglais, sans sous-titres mais je vous fais confiance pour comprendre lectrices anglophiles, lecteurs anglophones. En fond sonore, l'album " It amazes me " de Bob Mover.

 

 

 

 

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Sélection de concerts de Jazz à Paris pour février 2013

Publié le par Guillaume Lagrée

 

Resplendissantes lectrices, splendides lecteurs, n'oubliez pas de chanter " My funny valentine " en souvenir de Chet Baker le jeudi 14 février, jour de la Saint Valentin, version chrétienne des Lupercules de la Rome Antique. Par contre, splendides lecteurs, si en sacrifice à Junon, vous tuez des chèvres, vous aspergez de leur sang et touchez les jeunes filles avec les peaux de chèvres pour les rendre fertiles, sous prétexte de faire revivre la fête des Lupercules au nom de votre droit à la liberté religieuse, je ne vous garantis pas que vos actes resteront sans conséquence juridique fâcheuse pour vous.

Cette réserve étant posée, voici ma sélection de concerts de Jazz à Paris pour février 2013 effectuée avec l'honnêteté d'un président de club de football professionnel en plein mercato hivernal.

Giovanni-Mirabassi.jpg

La photographie de Giovanni Mirabassi est l'oeuvre du Latin Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Sunset-Sunside:

Vendredi 1er à 21h,  samedi 2 à 20h et 22h: Giovanni Mirabassi (piano),Gian Luca Renzi (contrebasse), Elliott Zigmund (batterie) rendront hommage au pianiste Bill Evans. Elliott Zigmund jouait avec Bill Evans il y a 40 ans.

Samedi 9 février à 22h: Electric Hannibal invtte Thomas de Pourquery. Préparez vous à plonger dans la lessiveuse musicale avec ces gaillards.

Dimanche 10 février à 21h, le sextet de Curtis Fuller (trombone) légende du label Blue Note. Le tromboniste de l'album " Blue train " de John Coltrane (1957), c'est lui. Respect.

Vendredi 21 à 21h, samedi 22 à 21h, le quintette du contrebassiste Eddie Gomez qui lui aussi joua avec Bill Evans. La classe internationale.

Baiser salé

Mercredi 6 à 21h30 le quartet de Rick Marigtza (sax ténor) musicien honteusement sous estimé.

Vendredi 8 à 21h30 le quintet " Niam " de Charlotte Wassy, chanteuse que j'ai découverte lors des Trophées du Sunside, édition 2012.

Duc des Lombards

Mercredi 6 à 20h et 22h, jeudi 7 à 20h et 22h, le trio de Kenny Werner (piano), colosse subtil.

Mardi 12 à 20h et 22h, mercredi 13 à 20h et 22h, jeudi 14 à 20h et 22h, vendredi 15 à 20h et 22h, samedi 16 à 20h et 22H,le quartet de Bireli Lagrène (guitare), l'homme qui brasse tous les styles de guitare depuis Django Reinhardt qui reste son point de repère, pour en faire le sien.

Mercredi 20 à 20h et 22h: Oboman-Fillon-Méchali Trio+ Barry Altschul. Etrange et swinguant.

New Morning

Jeudi 7 à 20h30: le quintet de Ray Lema, pianiste et chanteur congolais qui mêle Jazz à l'Afrique dans une musique savante et envoûtante.

Samedi 9 à 19h et 22h: le duo Marianne Faithfull (chant)/Bill Frisell (guitare électrique) transformera la nuit en poésie.

Mercredi 13 à 20h30: duo rythmé et subtil entre Eliane Elias (piano) et Marc Johnson (contrebasse), le dernier contrebassiste de Bill Evans, décidément l'homme du mois à Paris.

Péniche l'Improviste

Samedi 16 à 21h30 le trio de Lenny Popkin (sax ténor). La leçon de cool. Absolument indispensable.

Vendredi 22 à 21h30: 4e des 6 concerts de Pierre Durand (guitare). Nouveau programme, nouveaux invités, nouvelles surprises en perspective.

Atelier Charonne:

Mardi 19 à 21h, Boulou & Elios Ferré (guitares) rendent hommage à Serge Gainsbourg. Monsieur Serge joué à la manouche. Classieux.

 

Le Triton ( Les Lilas, métro Mairie des Lilas)

Jeudi 21 à 21h Bruno Ruder&Jozef Dumoulin. Que vont-ils nous mijoter?

La Java

Lundi 18 à 20h30,Jazz à la Java, deux concerts pour le prix d'un pas cher (10 euros) de Sylvaine Hélary (flûte, voix). Expériences sonores en perspective.

 

Maison de la culture du Japon à Paris

Festival Jazz in Japan du jeudi 28 février au samedi 2 mars 2013

Jeudi 28 à 20h: Eijiro Nakagawa Quartet

Vendredi 1er mars à 20h: Makoto Kurya Trio

Samedi 2 mars à 20h: Naruyoshi Kikoshi

Je ne connais aucun de ces musiciens. C'est l'occasion de les découvrir.

 

Auditorium Saint Germain des Prés


Mardi 12 à 19h30: Leçon de Jazz d'Antoine Hervé " Louis Armstrong, l'invention du Swing " avec Michel Delakian (trompette). A comparer avec la leçon sur le même sujet donnée avec Médéric Collignon.

 

Les Disquaires

Un bar à Bastille avec des concerts de Jazz gratuits, hors coût des consommations obligatoires, quasiment tous les soirs. C'est là que vous découvrerez la nouvelle génération du Jazz en France.


Studio de l'Ermitage

Vendredi 1er à 21h: Frapadingos. 1 saxophoniste, 1 guiatriste, 12 percussinnistes sud-américains menés par l'Argentin Minino Garay. Muy caiiente!


Kenny Werner en trio, cela peut donner le résultat ci-dessous. Cela sera certainement bien autre chose à Paris, au Duc des Lombards, les 6 et 7 février 2013.



 


 

 



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RECLAME: Kamiblue, designer californien francophile, lance le projet " Jazz Junkies "

Publié le par Guillaume Lagrée

 

 

RECLAME

 

 

Lectrices dessinatrices, lecteurs dessinateurs, j'ai le plaisir de vous présenter un designer californien fou de Jazz et amoureux de la France, KAMIBLUE.

Cet homme qui a travaillé pour des compagnies californiennes aussi connues que Yahoo et Oracle aime particulièrement Django Reinhardt, Billie Holiday, Charlie Parker et Chet Baker.

Avec son chat Excalibur, il lance le projet Jazz Junkies.

Il s'agit de motifs imprimés sur soie représentant Chet Baker, Charlie Parker, Billie Holiday. Le clip de présentation est illustré par la musique de Django Reinhardt et Excalibur y parle français. Parfaitement, lectrices dessinatrices, lecteurs designers!

Attention, il s'agit d'une édition limitée. Je n'ai aucun intérêt dans la réussite de l'affaire. A vous de la financer si elle vous plaît.

Si vous passez par Mill Valley, Californie, Etats-Unis d'Amérique, saluez le de ma part, s'il vous plaît.

Assez causé. Billie Holiday chante " Fine and Mellow " le 8 décembre 1957 accompagnée de quelques amis choisis dans un studio de télévision. Merci au producteur de nous avoir conservé ce trésor.

 

 

 

 

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