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Bleu Indigo: Concerts de Jazz au Musée du Quai Branly du 22 septembre 2012 au 1er juin 2013

Publié le par Guillaume Lagrée

 

Lectrices afro, lecteurs futuristes, réjouissez vous car vous pouvez désormais vous réconcilier en allant à Paris, au Musée du Quai Branly, au théâtre Claude Lévi-Strauss, un samedi par mois à 18h du 22 septembre 2012 au 1er juin 2013 pour suivre la 3e saison Jazz Bleu Indigo du Musée intitulée Afro Futurismes

Au total cela fait 6 concerts à 15 ou 10 euros chacun selon que vous bénéficiez du tarif réduit ou non. Chaque concert donne droit de visiter les collections permanentes du Musée. Il vaut la visite, croyez moi. Si vous ne me croyez pas, vous pourrez le vérifier vous même à ces occasions. Chaque concert sera suivi d'une discussion informelle du public avec les artistes en compagnie d'Alexandre Pierrepont (dit Alex Stonebridge à New York) le programmateur de Bleu Indigo.

En souvenir, voici ma chronique d'un concert de Jack De Johnette, Rick Margitza, Jean Jacques Quesada accompagnant des musiciens et chanteurs mauritaniens dans le même théâtre du même musée le 21 mars 2009. Grand souvenir!

Vous avez demandé le programme? Le voici.

Samedi 22 septembre 2012 à 18h:

The hungry reapers 

Jeff Parker: guitare

Beans: voix

Samedi 24 novembre 2012  à 18h:

Gerald Cleaver Uncle June

Gerald Cleaver: batterie

Tony Malaby: saxophones

Craig Taborn: piano, claviers

Matt Manera: violon

Drew Gress: contrebasse

Andrew Bishop: flûte, saxophone, clarinette basse

Samedi 26 janvier 2013 à 18h:

Memorize the sky & Paul Lytton

Matt Bander: saxophone

Zach Wallace: contrebasse

Aaron Siegel: percussions

Paul Lytton: batterie, percussions

Samedi 16 février 2013 à 18h:

Living by lanterns

Mike Reed: batterie, électro

Jason Hasiewicz: vibraphone, arrangements

Greg Ward: saxophone alto

Taylor Ho Bynum: cornet

Tomeka Reid: violoncelle

Mary Halvorson: guitare

Joshua Abrams: contrebasse

Tomas Fujiwara: batterie

Nasheet-Waits.jpeg

 

La photographie de Nasheet Waits est l'oeuvre du Percutant  Juan Carlos HERNANDEZ.Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Samedi 6 avril 2013 à 18h:

Tartaby

Nasheet Waits: batterie

Marc Ducret: guitare

Oliver Lake: saxophone

Orrin Evans: piano

Eric Revis: contrebasse

Samedi 1er juin 2013 à 18h:

Myra Melford & Snowy Egret

Myra Melford: piano

Liberty Ellman: guitare

Ron Miles: trompette

Tyshawn Sorey: batterie, percussions

Stomu Takeishi: guitare basse acoustique


A vous de faire votre programme, lectrices afro, lecteurs futuristes. Voici par exemple un avant goût du concert du samedi 24 novembre 2012, Gerald Cleaver Uncle June. Attention, ça joue libre!

 

 

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RECLAME: Le Traceur de Voix (Voice Tracer) de Philips

Publié le par Guillaume Lagrée

 

RECLAME

 

Lectrices princières, lecteurs princiers, comme le chante  Prince, dans son album " Graffiti Bridge " , " There is joy in repetition ".

Pour répéter, il faut du matériel, un microphone, des écouteurs, des amplificateurs etc. Si vous n'êtes pas acteur ou musicien professionnel mais que vous avez envie de vous enregistrer chantant, récitant ou de faire de même avec vos enfants pour qu'lls disent un poème, chantent une chanson,  Philips a créé un objet fort commode, fort simple à utiliser, parfaitement damain comme on dit en Bretagne gallèse, le Traceur de Voix ( " Voice Tracer " in english). Cet appareil, sur la vente duquel je ne touche aucun pourcentage mais que j'ai testé personnellement, permet très aisément en suivant le manuel d'instruction, d'enregistrer du son (voix, musique, environnement) puis de le charger sur votre ordinateur personnel et donc de le diffuser ensuite.

C'est là que surgit un problème juridique et moral que nul ne peut ignorer. S'il s'agit de votre propre production et que vous souhaitez la diffuser au monde entier, c'est votre affaire. Par contre, si vous vous servez du Traceur de Voix (Voice Tracer) pour enregistrer un concert d'un artiste, le charger sur votre ordinateur puis le diffuser sans lui demander son autorisation, vous violez ses droits d'auteur et donc, en France, le Code de la propriété intellectuelle. C'est à la fois une faute morale de voler le travail d'autrui et un risque juridique, civil et pénal. Si vous faites cela dans un concert de Prince par exemple et que ses avocats retrouvent votre trace grâce à l'adresse IP de votre ordinateur personnel, cela risque de vous coûter TRES cher.

Vous l'avez donc bien compris, respectables lectrices, sages lecteurs, le Traceur de Voix (Voice Tracer) de Philips est destiné à un usage personnel exclusivement. Cette réserve étant posée, l'engin est vraiment commode et facile à utiliser pour enfants, adultes ou nobles vieillards.

Après cette réclame pour cet appareil moderne, un peu de nostalgie, camarades. Il fut un temps où il se passait des choses en direct à la télévision française. Ici, sur Antenne 2, en 1979, l'émission Chorus présentée par Antoine de Caunes nous offre Don Cherry en concert au Théâtre de l'Empire, là même où Jacques Martin martyrisait les enfants à la même époque pour la même chaîne de télévision. Je ne vous en dis pas plus lectrices interloquées, lecteurs estomaqués. Dégustez, savourez, profitez, laissez vous emporter.

 

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Bill Carrothers " Civil War Diaries, Live "

Publié le par Guillaume Lagrée

 

Bill Carrothers

" Civil War Diaries, Live "

Sans Bruit. 2012.

 

Bill Carrothers: piano

Enregistré en concert à Vélizy, Yvelines, Ile de France, France, le 20 mars 2006.

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La photographie de Bill Carrothers est l'oeuvre du Vertueux Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette photographie sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Blll Carrothers connaissait-il l'existence de la base aérienne 107 en allant jouer à Vélizy? Des militaires français étaient-ils présents dans la salle? En tout cas, lorsqu'il joua ce soir là son programme de chansons tirées de la Guerre civile américaine, dite Guerre de Sécession en France, comme il le fait à presque chacun de ses concerts en solo depuis 1993, il y avait une ambiance particulière. Cela se ressent dans le jeu du pianiste et l'attention du public.

La Guerre civile marque encore les Etats Unis d'Amérique 150 ans après car c'est la dernière guerre qu'ils firent sur leur territoire, qu'elle eut pour cause officielle l'émancipation des Noirs dont le Jazz demeure la manifestation artistique la plus remarquable.

Bill Carrothers explore cette période par sa musique, tant du côté nordiste que sudiste. Ecoutez comme il transcrit le son des fifres avec la main droite et celui des tambours avec la main gauche sur " Seventh Calvary March " (n°4). L'auditeur a parfois l'impression de se retrouver dans un western de John Ford avec John Wayne surnommé lui aussi " The Duke " ( " Yellow rose of Texas " n°6).

Tout du long du concert, l'auditeur parcourt un chemin vers la lumière et la liberté. Ce n'est certainement par hasard que le morceau final se nomme " Hard times coming no more ".

" La justice militaire est à la justice ce que la musique militaire est à la musique " (Georges Clemenceau). Pourtant, la musique militaire si figée, si mécanique est une des origines majeures du Jazz via les fanfares. C'est ce que nous rappelle Bill Carrothers en jouant de façon moderne cette musique déjà ancienne, pour que le prix de cette souffrance ne soit pas oublié et que les temps difficiles ne reviennent plus.

Lectrices chevaleresques, lecteurs cavaliers, voici la marche du 7e de cavalerie jouée par Bill Carrothers lors d'un autre concert. En avant!


 

 


 

 


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La solution du jeu concours du printemps 2012

Publié le par Guillaume Lagrée

 

Honorables lectrices, estimables lecteurs, aucun d'entre vous n'ayant proposé de solution au jeu conours du printemps 2012, en voici la solution.

Je rappelle d'abord la question:

A quel titre d'album fait allusion le titre de ce blog?

Sachant que le titre de ce blog est " Le jars jase jazz ", vous auriez pu supposer que le jars parle de jazz avec son épouse, Madame l'oie, l'amie de Maurice Ravel.

Il parle donc il converse.

Il converse plusieurs fois avec une oie.

Conversations avec une oie = " Conversations with a goose " de Jimmy Giuffre (clarinette), Paul Bley (piano), Steve Swallow (guitare basse électrique).

Là vous vous dites: " C'est vrai, c'est vrai ! " (" in english " That's true, that"s true " enregistré par le même trio 35 ans auparavant quand Steve Swallow jouait encore de la contrebasse).    

A l'origine, ce trio télépathique influencé par Claude Debussy et Erik Satie fit un bide monumental. Malgré une tournée européenne réussie, de retour à New York, un soir en club, les trois durent se partager comme salaire les pourboires laissés par les clients. Ce soir là, ils leur avaient laissé 0.75$. Ils décidèrent alors de se séparer. Leur musique était ignorée à la fois des amateurs de Jazz, de ceux de Classique et de musique contemporaine alors qu'elle était faite pour les réconcilier tous. Chacun d'entre eux mena sa barque de son côté. Le trio se reconstitua à la fin des années 1980, enregistra en 1996 cet album et dura jusqu'à ce que la maladie de Parkinson oblige Jimmy Giuffre (1921-2008) à arrêter de jouer.

 

En concert en Allemagne en 1961, le trio Jimmy Giuffre/Jimmy Giuffre/Paul Bley joue " Stretching Out ". Fermez les yeux et ouvrez grand les oreilles. C'est parti!

 

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Pierre Durand. " Chapter One: NOLA Improvisations "

Publié le par Guillaume Lagrée

Pierre Durand

" Chapter One: NOLA Improvisations "

Les Disques de Lily

Sortie le lundi 24 septembre 2012.

En concert au festival Jazz aux Ecluses à Hédé-Bazouges, Ille et Vilaine, Bretagne, France le samedi 22 septembre 2012 à 16h et 18h.

En concert à Paris, au Sunside, le jeudi 25 octobre 2012 à 21h

avec le quartet du tromboniste et conquiste  Sébastien Llado.


Pierre Durand: guitares, voix (8)

John Boute, Nicholas Payton, Cornell Williams: voix (5)

Lectrices critiques, lecteurs caustiques, je vous préviens tout de suite, il y a un morceau que je n'apprécie pas dans le premier album du guitariste français Pierre Durand, c'est le 5e (" Au bord "), une sorte de gospel sur lequel je n'accroche pas malgré les noms prestigieux des chanteurs. Cette réserve posée, cet album m'intrigue, me dérange, me remue, me perturbe, bref, il m'intéresse.

Pierre Durand est bardé de diplômes musicaux, c'est un accompagnateur recherché mais pour son premier album, il a pris des risques. Grâces lui en soient rendues. D'abord, il a quitté Paris mais pas comme Thomas Dutronc. Non, il est allé aux sources du Jazz à La Nouvelle Orléanq, Louisiane (en abrégé, NOLA). Il ne connaissait la Louisiane que par la musique, la littérature, le cinéma, bref l'Art. Il est allé à la rencontre des gens, s'est imprégné de l'ambiance, du décor, de la chaleur, de l'humidité, du bayou, du dieu dollar. Il avait juste deux mélodies à peine ébauchées en arrivant. Il s'est installé seul en studio avec ses guitares et il nous livre son interprétation de la Louisiane et de la Nouvelle Orléans, sans cliché passéiste à la sauce Marsalis, sans standard trop évident du type " Don't you know what it means to miss New Orleans ? " ou " It's a sleepy time down south " que Louis Armstrong ou Jelly Roll Morton interprétèrent magnifiquement mais c'était leur époque et leur cadre de vie.

A partir d'un ticket de métro glissé dans les cordes de la guitare, il parvient à nous évoquer l'Afrique transplantée sur les quais de la Seine ou du Mississipi (n°2: " Emigré "). Il se permet un clin d'oeil irrévérencieux qui est un hommage à un maître de la guitare (n°5: " Who the damn is John Scofield "), pour obtenir une merveille funky.

Sur 8 morceaux, 4 sont improvisés (1, 2, 4, 7) ce qui ne signifie pas que ceux qui ne le sont pas ne recèlent pas eux aussi des trésors de fraîcheur et de créativité. Le son est net sans trancher, clair, précis et pourtant rêveur. Pas de bruit, des effets maitrisés toujours au service de la musique, du propos.

Suivons ce Divin Chauve de la guitare dans ses voyages et ses aventures musicales. Il a tant d'histoires surprenantes à nous raconter. Ce serait grand dommage de s'en priver.

 

 

 

 

 



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La flûtiste Linda Jozefowski en concert en Suisse et en France (Rhône-Alpes)en septembre et octobre 2012

Publié le par Guillaume Lagrée

 

 

 

L I N D A  J O Z E F O W S K I : flute et compositions    J E A N - L O U  T R E B O U X : vibraphone    

F A B I E N  I A N N O N E : contrebasse    M A X E N C E  S I B I L L E : batterie


Linda Jozefowski

La photographie de Linda Jozefowski est l'oeuvre du Vibrant Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Canton du Tessin, Suisse, septembre 2012: 
Vendredi 21 : Jazz'in'Bess, via besso 42a, Lugano (CH), 21h
Samedi 22 : Osteria La Fabbrica, via Locarno 43, Losone (CH), 21hUNIT NIGHT ! 
Dimanche 23 : 
Osteria Centrale, Olivone (CH), 17h
Vendredi 28 : Caffé della città, via Camminata 3d,  Bellinzona (CH), 18h- Carte blanche 
 
Suisse romande et France (Rhône-Alpes), octobre-novembre 2012: 
Jeudi 11 :     Jazz Club Grenoble, Salle Stendhal, 5 rue Hauquelin (F), 19h30
Vendredi 12 :     Le Contretemps, 1 rue des Savoises,  Geneve (CH), 21h 
Samedi 13 :     Festival Jazz en Revermont, Cousance,  Jura (F), 20h30+ Lavelle 5tet 
Mardi 23 :       Festival Jazz Contreband, Château Rouge, Annemasse (F), 20h30  - 1ère partie de Marcus Miller 
Jeudi 1er novembre : Caves de Bonséjour, Versoix (CH), 20h30 

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My Chet, My Song. Riccardo del Fra rend hommage à Chet Baker au Duc des Lombards

Publié le par Guillaume Lagrée

 

 

 

My Chet, My Song

Paris. Le Duc des Lombards.

Samedi 15 septembre 2012. 22h.

 

Riccardo del Fra : contrebasse, direction

Ariel Tessier : batterie

Bruno Ruder : piano

Pierrick Pédron : saxophone alto

Airelle Besson : bugle, trompette

 

Chet Baker, trompettiste et chanteur américain (1929-1988). Son dernier contrebassiste se nommait Riccardo del Fra. Ecoutez par exemple l’album « Chet sings again » (1985) avec Michel Graillier au piano et John Engels à la batterie. Un bijou à fleur de peau.

 

« Ombre e luci ». Riccardo del Fra nous lit un poème de sa création en hommage à Chet, en français avec quelques mots italiens. Cela me semble plus touchant que la chanson « Chet Baker » de Vanessa Paradis mais la chanson de Mademoiselle Paradis a l’avantage de faire connaître Chet Baker à un public qui ignore tout du Jazz. Le groupe enchaîne sur un hard bop des familles. Ca balance tranquillement. Airelle Besson assume la difficile tâche d’évoquer Chet Baker sans le copier et sans vivre une vie aussi chaotique, je l’espère pour elle. « Qu’est ce qu’il y a de plus dur dans la drogue ? » demanda un jour un journaliste à Chet Baker. « Le prix » répondit-il. Son voilé, tendre du bugle qui griffe en douceur. Pierrick Pédron nous sort le bon vieux son bebop aigre, mouvementé. Derrière, la rythmique tourne impeccablement. Solo de Riccardo del Fra : il Maestro al lavoro. Del Fra ne dirige pas le département Jazz du CNSMDP pour rien. Il fait autorité à la contrebasse. Sans autoritarisme bien sûr. Ca joue «  Nice and easy » comme disait Chet Baker à ses musiciens sur scène avant de lancer un morceau. C’était « Funk in a deep freeze » (Hank Mobley), un morceau que Chet aimait beaucoup. 

 

 

pierrick-pédron.jpg

 

La photographie de Pierrick Pédron est l'oeuvre du Romantique Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

 

« Leaving » (Richie Beirach). Moreau aussi cool que son titre l’indique. Ca ronronne. Airelle Besson reste au bugle pour l’instant. La rythmique roule doucement. Le départ se fait tranquillement, à pas de loup. Le sax alto vient ajouter un peu d’agitation mais pas trop. Tranquille. A Airelle Besson de jouer. Tout en douceur, en glissements progressifs du désir. L’ombre de Chet passe. Il y a à la fois la décontraction et l’écorchure dans son jeu, bref les ingrédients qu’il faut. 

 

Riccardo del Fra nous annonce «  J’ose, j’ose » et se lance. De la main gauche, il tient le micro dans lequel il chante. De la main droite, il joue de la contrebasse sur le haut de l’instrument. Chet Baker aimait autant chanter que jouer de la trompette ou du bugle. Il fallait oser chanter pendant ce concert. Riccardo del Fra l’a fait et il a bien fait. C’est une ballade, un standard « For all we know ». Piano et batterie le rejoignent doucement. C’est touchant, vécu. La rythmique reprend tranquillement. Le son aigre, tourmenté du sax alto s’élève. Nom de Zeus, c’est beau ! Le piano lance un autre tempo, plus dynamique. Le batteur chauffe, la contrebasse impulse, le piano vrombit et le sax tourne comme un moulin. Airelle prend son chorus, toujours rapide mais plus cool que le sax alto. Elle ralentit tout, nous tient en haleine au bout de son pavillon qu’elle ne baisse pas, bien entendu. 

 

Le pianiste attaque. Airelle reprend en duo. « But not for me ». La rythmique reprend avec le batteur aux balais. J’entends la voix de Chet dans les séances Pacific Records à Los Angeles au milieu des années 50. Ca swingue fort agréablement ma foi. Pierrick reprend les devants juste le temps de repasser le témoin à la Dame du temps présent, Airelle Besson. Puis il reprend la main, plus acide, plus viril forcément. Le piano part sur un autre air, plus rythmé, plus joyeux, plus funky avec le cliquetis des baguettes sur les bords de caisse. Le quintet est parti sur cet air funky, énergique qui nous élève l’âme. Plein de bonnes vibrations nous traversent.

 

« Beatrice » (Sam Rivers). Morceau dédié par le saxophoniste Sam Rivers à son épouse Béatrice. Il avait même créé une maison de disques nommée « Riverbea » pour éditer sa musique. Intro au piano. Puis la rythmique démarre pour lancer le sax alto tout en douceur. Airelle s’ajoute avec son chant de velours. C’est du miel pour les oreilles ce que joue cette demoiselle. Bruno Ruder a presque un nom de champagne. Il a d’ailleurs un jeu pétillant. Chorus de sax alto scintillant, bien relax, impulsé par une rythmique à la main d’acier dans un gant de velours. Au tour du Maestro Del Fra de s’exprimer, légèrement ponctué par la contrebasse et la batterie. « Dom, dom, dom » comme le chantonne mon voisin. Le quintette reprend tranquillement vers le final. Ca roule tout seul. Que du bonheur !

 

Après celui d’Eric Le Lann, que je recommande toujours ( à retrouver sur scène à Paris au Duc des Lombards les mardi 2 et mercredi 3 octobre 2012), je viens de découvrir l’hommage de Riccardo del Fra à Chet Baker. J’avais revu avec Mademoiselle I, dans un cinéma germanopratin, « Let’s get lost », le film documentaire sur Chet Baker. Mademoiselle I m’accompagnait ce soir au concert et si nous fumes tous deux charmés par la musique, nous fumes surtout impressionnés par une Dame du temps présent, la Citoyenne Airelle Besson. Beauté, présence, clarté dans le propos, émotion, sentiment sans sentimentalisme, technique impeccable. Elle a tout pour elle et nous le fait partager. Que les Dieux et les Muses nous fassent profiter encore longtemps de son talent !

 

Lectrices bienveillantes, lecteurs généreux, voici des extraits de ce concert filmé au Duc des Lombards à Paris le 15 septembre 2012. Régalez vous.

 

 

 
 

 

 

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Tous à Tousson!

Publié le par Guillaume Lagrée

 

Lectrices agrestes, lecteurs champêtres, vous avez certainement noté le tropisme urbain et même parisien de ce blog. Je vous ai certes déjà parlé du Jazz pour les vaches. Voici maintenant que je viens vous parler d'un club de Jazz au milieu des champs de betteraves: La Tête des Trains située 6 place de l'Eglise, 77123 Tousson (Seine et Marne, Ile de France, France).

Dans ce foyer rural créé en 1981 ont lieu des concerts de Jazz et de Blues, des cours de musique Jazz et Blues, un cinéclub, du théâtre, des jeux.

Bref, si vous passez par le Parc naturel régional du Gâtinais français, faites halte à Tousson et entrez à la Tête des Trains. Ce sont des gens bien. Par exemple, le samedi 6 octobre 2012 à 21h, aura lieu un concert solo Jazz et Gospel du pianiste Allan Tate. Allan Tate a été sorti en octobre 2011 du métro de New York où il avait trouvé refuge par un Français, Jean-Baptiste Franc, qui l'avait entendu en 2008 jouer dans une église de Harlem. 

 


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RECLAME: Un casque audio décoré à votre goût par Coque unique à Paris

Publié le par Guillaume Lagrée

 

RECLAME

Lectrices consommatrices, lecteurs consommateurs, jusqu'ici, sur ce blog, j'ai fait de la réclame pour de la musique et des musiciens testés et approuvés par mes soins. La musique étant reproductible à l'infini (je renvoie à la lecture de Theodor Adorno, qui ne comprenait rien au Jazz, pour ceux qui veulent approfondir le sujet), je vais maintenant vous faire la réclame d'un objet lié à la musique, lui aussi testé et approuvé dans mon laboratoire personnel. 

Il s'agit d'un casque audio, produit du groupe français Omenex, garanti 2 ans, fabriqué en République populaire de Chine (comme tous les objets vendus en magasin en Occident sauf indication contraire) et décoré à votre goût, à Paris, en France, par Coque unique. Comme vous le supposez bien, lectrices lettrées, lecteurs cultivés, il ne s'agit pas d'un constructeur de voiliers pour la course au grand large ni d'un producteur d'oeufs mais d'un grossiste en téléphonie mobile qui a étendu son activité à d'autres objets audiophoniques.

Sur Internet, vous prenez le casque stereo à écouteurs (headphones in english) Omenex, connectable sur tout appareil disposant d'une prise Jacques (Jack in english), choisissez le motif que vous voulez coller sur les écouteurs pour le personnaliser (personnellement, j'ai choisi le drapeau breton. Devinez pourquoi.) et vous obtenez un casque plus joli à regarder.

Bien entendu, c'est parfaitement inutile et superfétatoire mais, comme l'écrit Voltaire, " rien n'est plus nécessaire que le superflu ". Cela ne change pas l'essence de l'appareil, juste son apparence.

Le casque est agréable à porter, le son est bon, le volume se règle sur votre appareil, mais il y a un interrupteur sur le cable du casque pour vous permettre de couper le son et prendre un appel si vous êtes connecté à votre telefonino comme disent les Italiens. Je n'ai aucun intérêt financier dans l'affaire.

Lorsque Dave Liebman a joué lors de la séance d'On the corner de Miles Davis en 1972, son casque ne lui permettait pas d'entendre l'ensemble du groupe. Il jouait sans savoir ce que cela allait donner. Au final, le résultat est tellement puissant que 40 ans après, ça sonne toujours neuf.

Il m'est arrivé une fois dans ma vie, dans le métro parisien, d'entendre sortir du casque d'un quadragénaire, le son de l'Atomic Big Band de Dizzy Gillespie. Ca sortait de l'ordinaire.

La preuve ci-dessous avec ce " Salt peanuts " à déguster sans modération, pas forcément à l'heure de l'apéritif (" L'apéritif, c'est la prière du soir des Français " Paul Morand).

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Sébastien Llado en quartet masculin au Duc des Lombards

Publié le par Guillaume Lagrée

 

Sébastien Llado Quartet

Paris. Le Duc des Lombards.

Jeudi 13 septembre 2012. 22h

 

Sébastien Llado : trombone, conques

Rémy Decormeille : piano

Yoni Zelnik : contrebasse

Gautier Garrigue : batterie

 

Sauf indication contraire, toutes les compositions sont l’œuvre de Sébastien Llado.

 

Ils attaquent tout de suite. D’emblée, ça swingue. Gautier Garrigue, deuxième soliste aux Trophées du Sunside 2012, est à la batterie. Je ne regrette pas le choix du jury dont je faisais partie. La rythmique chauffe bien. Le batteur dont j’ignore, s’il est chrétien, multiplie les pains. C’était « Sur le sol » dédié à la note sol.

 

« La part des anges » dédié à un vin corse et à son lieu de production (Excellent film de Ken Loach par ailleurs). Sébastien met deux sourdines emboitées l’une dans l’autre sur son trombone. Ca donne un petit son rauque pas désagréable. Il passe à la grande conque. Logique pour évoquer l’île de Beauté. Le pianiste fait des bruitages avec les cordes, le batteur avec des percussions. Le contrebassiste garde le rythme. C’est son boulot et il le fait bien. Sébastien revient au trombone bouché mais pas au chêne liège apparemment. Cela redevient délicieux, mélodieux.

 

« Dernières danses », extrait de l’album « Avec deux ailes » de Sébastien Llado, enregistré Live au Sunside à Paris. Une ballade comme son titre l’indique. La rythmique roule tranquille. Ca monte doucement en puissance, en vitesse. Sébastien revient et relance la mélodie à pavillon ouvert. Ca danse plus allegro vivace. 

 

« Prazozo », nouvelle composition censée nous donner le tournis. Le trombone grogne comme un lama tibétain. Après un solo de piano, la rythmique repart en tournoyant et le trombone se joint à la fête. L’air que joue le pianiste semble tourner en boucle. La pression monte pour nous faire perdre la tête. Jolie séance de hachures entre piano, contrebasse et batterie. Sébastien ponctue discrètement avec ses conques. Il revient au trombone, en arrière plan, alors que la rythmique se déchaîne.

 

« Le miroir aux alouettes ». Une ballade. Que des compositions personnelles pour l’instant. C’est frais, agréable, dansant, charmant. Retour à la conque et à ses petits sons ludiques. Le pianiste a pris les devants, bien impulsé par ses complices de la rythmique. Quelques ponctuations du conquiste. J’adore. Retour au trombone et à la mélodie.

 

« Sakagawa » (Wayne Shorter). C’est leur deuxième interprétation sur scène de ce morceau. La première a eu lieu au premier set. Ca groove classe et décalé. Bref du Wayne Shorter. Sébastien s’amuse maintenant à souffler directement dans ses sourdines emboitées. Mademoiselle F trouve que cela lui donne un air de faune. Ca c’est pour le visuel. Pour le sonore, cela donne une plainte sourde derrière le vrombissement de la rythmique. Le trombone est revenu dans le jeu. Ils sont repartis sur un petit air dansant. Gros son de contrebasse et ponctuations légères de la batterie. Avec le piano et le trombone, ça sonne un peu Caraïbes. Wayne Shorter est un grand mixeur culturel à lui seul, « le plus grand compositeur du Jazz depuis la mort de Duke Ellington » (Stan Getz). Fin tout en douceur avec des petites clochettes et des tintements de baguettes sur les bords de caisses.

 

Solo de piano en intro puis la rythmique démarre. Ca swingue joyeusement. Sébastien les rejoint et ça se poursuit vaillamment. C’était « Trans Tanz » (Wolfgang Donner).

 

« When You dream » (Wayne Shorter). Morceau plutôt énergique malgré son titre. C’est joyeux, dansant. Sébastien chantonne l’air quand il ne le joue pas.

 

« Haut, bas, fragile ». Une ballade comme son titre l’indique. Le batteur caresse avec les balais. Son velouté de la contrebasse. Piano cristallin. Trombone en douceur. Ca berce. 

 

« Ladies first ». Dans son précédent quartet, Sébastien Llado était accompagné de trois Dames d’où cette composition créée à cette époque de sa carrière. Un morceau énergique, funky. Solo du batteur, bien tricoté aux baguettes.

 

Le concert est terminé. Le marchand de sable est passé. Il y a école demain. Il est temps de rentrer se coucher encore bercé par la musique de Sébastien Llado et ses hommes. Bonne nuit, vénérées lectrices, vénérables lecteurs.

Voici Sébastien Llado avec son précédent quartet en concert au Duc des Lombards. Profitez en.

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