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Quelques facettes du Prism de Dave Holland en concert à Genève

Publié le par Guillaume Lagrée

 

 

Dave Holland Prism.

Jazz Estival. 47e édition.

Genève. Cour de l'Hôtel de Ville.

Lundi 30 juillet 2012. 20h30.

 

Dave Holland: contrebasse, direction

Craig Taborn: piano, Fender Rhodes

Eric Harland: batterie

Kevin Eubanks: guitare électrique

Dave Holland

La photographie de Dave Holland  en concert à Genève est l'oeuvre du Persistant Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

L'organisateur explique qu'en plus du cachet habituel, pour convaincre Dave Holland d'ajouter un concert à Genève à sa tournée européenne de l'été 2012, il a fallu ajouter trois caisses de Gameret, un vin du Valais. Manifestement, le stratagème a fonctionné. Le concert est prévu à 20h30 et commence à 20h40. Une précision et une organisation toute helvétique. Nous sommes dans la cour de l'hôtel de ville de Genève achevé en 1578, en plein air. Le ciel est bleu, il fait chaud et le vent est faible. Bref des conditions idéales pour écouter de la musique dans ce havre de calme au coeur de la vieille ville.

Dès l'attaque de la contrebasse, l'auditeur sait, au cas où il l'ignorerait encore, qu'il a affaire à un Maître. Guitare et batterie se mêlangent, le pianiste vient distiller quelques notes. C'est tout de suite magique. Ca ressemble à du Miles Davis de 1969, celui qui a lancé Dave Holland sur la grande scène dont il n'est jamais redescendu depuis. C'est hypnotique comme Bitches Brew. Cf.le lien audio de cet article. Quelle ligne de basse! Bien des musiciens se damneraient pour l'obtenir. C'est super précis, en place, fin et puissant. Bref, c'est Hénaurme! Ce qui émane de Dave Holland, outre la maîtrise de son instrument et de son groupe, c'est la bonté. Cette musique est curative. Music is the healing force of the universe comme disait Albert Ayler. En solo, comme  Ron Carter, Henri Texier, autres maîtres de la contrebasse, Dave Holland nous raconte de très belles histoires. Le groupe monte en puissance pour lancer le guitariste. Ca chauffe du feu de Zeus! Ca devient très funky. Je ne serais pas étonné que ce guitariste ait écouté Georges Benson et  Prince. Les murs de l'hôtel de ville de Genève tiennent le choc. Nous aussi, ma foi. 20mn pour le premier morceau. Ils sont chauds. Dave Holland explique que c'est le dernier concert de la tournée ce soir et s'excuse d'avance de jouer beaucoup de musique avant de partir se reposer. S'ils continuent comme ça, ils sont tout excusés. C'était " A New Day " (Dave Holland). La promesse de l'aube se trouvait bien dans cette musique.

" Evolution " (Kevin Eubanks). Ca commence conceptuel par différents bruitages des musiciens mais de façon mélodieuse et coordonnée. C'est de l'improvisation, pas du désordre. Nuance. Cela s'ordonne autour de la contrebasse, point d'ancrage. Quelle pulsation! Directement en résonance des tympans au coeur. Ca devient subtilement et puissamment funky. Cordes pincées et grattées à la guitare. Si Prince achetait cette musique, il pourrait en faire une sacrée chanson. Pour que ce soit encore plus funky, Carig Taborn est passé au Fender Rhodes. Ca marche. Malheureusement, nous sommes tous assis sagement et il n'y a même pas de place pour danser devant la scène. Quel dommage! Ca devient plus rock pour le final. Sauf que ce n'est pas le final mais l'occasion de repartir sur un autre thème. Non seulement Kevin Eubanks fait corps avec sa guitare mais, en plus, il nous incorpore dedans. Ils jouent avec une puissance contrôlée qui nous envoûte. Un dernier roulement de tambour et il ne nous reste plus qu'à applaudir quasi groggy. 

" The colour of ours " (Kevin Eubanks). Je ne garantis pas le titre. Est ce un hommage à la négritude? " Le tigre ne proclame pas sa tigritude. Il saute sur sa proie et il la mange " (Wole Soyinka). Le batteur commence à faire rouler ses balais sur les tambours. Son sombre de la guitare. Une mamie s'en va. Cela libère une place assise pour ceux qui écoutent debout. Merci à elle. C'est une ballade. Retour au piano pour Craig Taborn. C'est joli mais un peu trop gentil, mielleux à mon goût. Techniquement c'est impeccable mais, émotionnellement, c'est trop poli pour être honnête. Si poli que cela devient lisse et insignifiant. Heureusement, c'était moins long que les deux précédents morceaux. 10mn au lieu de 20 chacun. 10mn qui m'ont paru plus longues que les 40 précédentes. Une nouvelle preuve de la validité de la théorie de la relativité générale, découverte en Suisse d'ailleurs. 

Dave Holland commence un solo. Des rustres s'en vont. Pour fuir un solo de Dave Holland, il faut être un rustre. Comme Charles Mingus, il sait faire sonner sa contrebasse comme des grandes orgues mais sans l'aspect révolté, militant. Je ne dirai pas, comme feu Thierry Roland, " Après ça, on peut mourir! ", parce que la mort me privera de la musique de Dave Holland entre autres plaisirs de la vie. Le groupe est reparti, dense, énergique, funky. Ca, c'est bon. Le piano fait des vagues puissantes. Un signe du pianiste et ça repart à fond les manettes pour rebondir l'instant d'après sur un thème plus souple mais toujours puissant. Le guitariste est parti en flèche, très vite, très haut, très fort, poussé par la rythmique. Logique, en ce moment, à Londres, ce sont les Jeux Olympiques. Il y a une vibration, une lame de fond poussée par ce quartette qui nous emporte. Même si ça attaque fort et ferme, ce n'est jamais violent. Ils s'amusent bien et nous avec eux. Un peu de finger tapping sur la guitare pour rendre la musique encore plus funky. La preuve que ça marche, c'est que je bats la mesure en claquant ma langue dans ma bouche, fait rarissime dans un concert de Jazz. C'était " Spirals " (Craig Taborn). En effet, ça tournait.

" The empty chair " (Dave Holland). Voir la vidéo qui illustre cette chronique. Dave Holland commence, bien grave, bien centré, relayé par quelques vibrations de cymbales puis de guitare. Ca gémit, vibre, viril et sensuel en diable. Les projecteurs se sont allumés au dessus de la scène. Les étoiles devraient les rejoindre. De tels artistes méritent le salut du Grand chef éclairagiste. Si la chaise était vide, ils la remplissent avec grâce, mesure, élégance. Ca se passe entre le contrebassiste et le guitariste. Pianiste et batteur savourent comme nous. Les étoiles sont en train de rater ça. Elles ont tort. C'est une sorte de Blues. En Europe, seuls les Anglais savent jouer le Blues. Dave Holland est Anglais. C'est pour cela que Miles Davis l'a choisi pour remplacer Ron Carter et non pas Eddie Gomez. Une claque des baguettes sur la batterie et le groupe est parti. Craig Taborn s'est mis au Fender Rhodes. Il est 22h à ma montre mais à l'ambiance, il est au moins 2h du matin. C'est un  Blues qui crache le feu, qui expulse les mauvais esprits. Ca fait du bien par où ça passe. 

Retour au piano avec Craig Taborn qui détourne " O when the saints " en ballade. Juste un instant avant de partir vers autre chose. Une ballade a priori. Solo de piano à la Keith Jarrett, même visuellement. Il a l'air de vouloir entrer dans le piano, s'y incorporer au lieu de le maîtriser, devenir un prolongement du piano et non pas faire du piano un prolongement de soi comme  Martial Solal par exemple. Après ce long, très long, trop long solo, le groupe part en ballade avec le batteur aux maillets. Quelques douces griffures de guitare. Malgré la pulsation magique de Dave Holland, c'est sirupeux tout de même. C'était " Breeze " d'Eric Harland. A mon goût, ça manquait de souffle et de fraîcheur.

" The watcher " (Kevin Eubanks). Ca démarre bien funky entre guitare et batterie. Craig Taborn revient au Fender Rhodes. Pulsation rapide, précise de la contrebasse. Humm, que ça groove bien! Le guitariste retient, relâche. Ils nous manipulent pour notre plus grand plaisir. Quel bon vrombissement! Ca déménage sérieusement. Bel envol. Craig Taborn est sérieux au Fender Rhodes. Il n'a pas le grain de folie créative qu'avaient Herbie Hancock, Chick Corea, Jozef Zawinul, Keith Jarrett quand ils jouaient avec Miles Davis en 1969-70. Il manque du sens de la démesure. Chaque membre du quartette est auteur, compositeur, interprète sous l'autorité sage et souriante de Dave Holland, vrai démocrate et First Lord of the Bass. 

Le concert s'est fini avec un public en extase, avec un rappel que je n'ai pas suivi jusqu'au bout car j'avais de la route à faire pour rentrer au domicile estival, une heure matinale pour me lever le lendemain afin d'aller marcher en montagne (sur France, comme disent les Suisses). Pour reprendre une autre expression suisse, malgré quelques rares ballades sirupeuses, j'ai été déçu en bien par ce concert du quartette électrique Prism de Dave Holland. Tout de bon! 

Ci-dessous au festival de Jazz de Garana (Roumanie), le samedi 14 juillet 2012, le Quartette électrique Prism de Dave Holland joue " The empty chair ". Le film est d'un amateur. Pas la musique. A écouter ou à danser selon votre bon plaisir, lectrices ailées, lecteurs aériens.

 

 


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Sélection de concerts de Jazz à Paris et Saint Malo pour août 2012

Publié le par Guillaume Lagrée

 

 

 

 

Lectrices estivales, lecteurs estivants, le mois d'août 2012 vous réserve plein de festivals de Jazz en France, en Europe et plus loin encore. Je vous renvoie à l'agenda de Citizenjazz où j'ai oeuvré de 1998 à 2007, pour plus d'informations.

 

Pour ma part, c'est avec la rigueur d'un préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, que je vous propose le choix suivant de concerts de Jazz à Paris et Saint Malo pour août 2012.

 

Puisqu'un TGV direct relie Paris Montparnasse à Saint Malo beau port de mer (Ille et Vilaine, Bretagne, France), vous pourrez vous y rendre du samedi 4 au jeudi 9 août 2012  pour assister aux Leçons de Jazz du pianiste, compositeur, chef d'orchestre Antoine Hervé déjà largement chroniquées et louangées sur ce blog. Les Leçons seront données chaque soir à 20h30 dans la rotonde Jacques Cartier du Palais du Grand Large. Après le bain de mer depuis les plages qui entourent les remparts de Saint Malo (plus abritées) ou sur la grande plage du Sillon (plus ventée), vous trouverez aisément le Palais du Grand Large, quai Duguay Trouin, face à la Manche.

 

 Le jeu pour gagner un album chroniqué sur ce blog reste ouvert. Il suffit pour cela de trouver la bonne réponse à la question suivante: à quel titre d'album fait subtilement allusion le titre de ce blog? Deux indices: l'album ne figure pas sur ce blog et le leader du trio est mort. 

 

Si, comme Charles Aznavour, vous passez le mois d'août à Paris, que vous voulez vous aérer, allez au Parc floral de Paris, dans le Bois de Vincennes, métro château de Vincennes (ligne 1), pour le festival Classique au vert qui dure jusqu'à fin septembre, tous les samedis et dimanche après-midi. Certes, c'est du classique pas du Jazz. Et alors? Est ce une raison pour s'en priver, que diantre? Surtout que le programme est alléchant: la musique au centre des arts c'est-à-dire les correspondances entre musique, peinture, sculpture, littérature, cinéma...

 

Giovanni-Mirabassi.jpg

 

La photographie de Giovanni Mirabassi est l'oeuvre du Vif  Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

 

Tout n'est pas fermé à Paris au mois d'août. Les clubs de la rue des Lombards (Paris, 1er arrondissement) demeurent ouverts. La Péniche l'Improviste se remet à flot le 31 du mois d'août comme dans la fameuse chanson de marins.

 

Sunset-Sunside:

Festival Pianissimo VII du 1er août au 20 septembre 2012. Amateurs de piano, ne pas s'abstenir. Entre autres concerts recommandables, il y aura.

 

Vendredi 3 à 21h, samedi 4 à 20h et 22h, lundi 6 à 21h, mardi 7 à 21h,  Giovanni Mirabassi en solo et en trio.

 

Jeudi 9, vendredi 10 et samedi 11 à 21h, René Urtreger en trio. Présente t-on encore le Roi René?

 

Vendredi 31 à 21h, Alain Jean-Marie Biguine Reflections Trio. Voyage aux Antilles françaises sans quitter Paris.

 

Duc des Lombards:

 

Mardi 21, mercredi 22 à 20h et 22h, le trio franco-américain de New York, Jean Michel Pilc (piano), François Moutin (contrebasse), Ari Hoenig (batterie). J'apprécie deux des musiciens de ce trio. Si vous lisez ce blog, lectrices attentives, lecteurs assidus, vous savez lesquels.

 

Vendredi 24, samedi  25 à 20h et 22h, le quintette du trompettiste Tom Harrell avec le pianiste Danny Grissett. Classique et classe.

 

Jeudi 30 et vendredi 31 à 20h et 22h, le contrebassiste français Pierre Boussaguet, digne disciple de Ray Brown, en quartet et en trio.

 

Baiser salé

 

Festival estival de Jam

 

Chaque soir une Jam Session sur des thèmes différents avec des musiciens différents. A vous de choisir selon vos goûts et vos capacités, lectrices musiciennes, lecteurs mélomanes.

 

 

  Péniche l'Improviste

 

 

Vendredi 31 à 21h, le duo de souffles et de voix Jean-Charles Richard/Claudia Solal vous surprendra, vous agacera, vous émerveillera.

 

Voici le quintette de Tom Harrell en concert au Duc des Lombards en 2008. Le même groupe reviendra dans le même club en août 2012. Profitons en.

 

 


 

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" Think Bach " Edouard Ferlet

Publié le par Guillaume Lagrée

 

" Think Bach "

 Edouard Ferlet

CD+DVD

Melisse. 2012.

Sortie le mardi 25 septembre 2012. 

 

 

Edouard Ferlet: piano, recompositions.

 

Edouard Ferlet

 

La photographie d'Edouard Ferlet est l'oeuvre du Constant  Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette photographie sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales. 

 

Lectrices esthètes, lecteurs raffinés, vous avez certainement noté que Johann Sebastian Bach, comme disent les puristes et les germanistes, demeure en 2012 le compositeur préféré classique préféré des Jazzmen, spécialement des pianistes bien que Bach n'ait jamais connu personnellement l'instrument appelé aujourd'hui piano. Le jeune pianiste franco-américain Dan Tepfer  explique cette influence sur ce blog.

 

Alors que Dan Tepfer s'est attaché à une oeuvre particulière, les Variations Goldberg, en y ajoutant ses propres  Variations, Edouard Ferlet envisage l'oeuvre du Maître de Leipzig d'une autre manière. Il la traverse de part en part, interprétant selon son bon plaisir, des oeuvres pour clavier extraites du Clavier bien tempéré (n°1-2) bien préférables à mon goût au clavier intempérant de Keith Jarrett et Oscar Peterson pour ne s'en tenir qu'au Jazz, pour violoncelle (n°3), pour chorale (n°7 avec Que ma tristesse demeure repris de Jésus que ma joie demeure, cantate qui justifie à elle seule le fameux mot de Nietzsche: " Dieu doit beaucoup à Bach " ).

 

Edouard Ferlet joue Bach non pas pour ajouter son nom à une longue liste d'interprètes mais pour l'interpréter, c'est-à-dire l'incorporer à son propre langage, le rendre familier à ceux qui ne le connaissent pas, étrange à ceux qui le connaissent, pour assumer et dépasser son héritage classique, transformer une oeuvre qui l'a formé, bref comme disaient les Classiques: Peut-être ne sommes nous que des nains face aux géants du passé mais en montant sur l'épaule de ces géants, nous verrons plus loin.

 

Bach ayant couché sur les partitions les fruits de ses improvisation, il fournit au musicien actuel un terreau fertile pour faire pousser de nouvelles créations. Cet esprit libre ayant été banni des conservatoires de musique depuis la fin du XIX° siècle, c'est aux musiciens de Jazz qu'il revient de reprendre le flambeau de l'improvisation sans rien renier de la richesse et de la complexité des créations antérieures.

 

L'art du Jazzman consistant d'abord à décaler les sons, Edouard Ferlet s'ingénie à glisser ses grains de sel, de sable, de folie dans la superbe mécanique germanique du Maître en lui conservant sa souplesse, son rythme, sa fantaisie et son efficacité.

 

Pari lancé et tenu par Edouard Ferlet. Puisse t-il inciter les amateurs de Jazz à se plonger dans l'immensité de l'oeuvre de Jean Sébastien Bach, comme disent les touristes et les non germanistes, les amateurs de classique à s'ouvrir à d'autres chants issus de ceux du Kapel Meister.

 

JS Bach inspire depuis longtemps les Jazzmen. Le Modern Jazz Quartet en donna une vision noire, bluesy avec son superbe album " Blues on Bach ". Lors d'un concert mémorable à l'Olympia en 1963, Sonny Rollins (saxophone ténor) accompagné de Don Cherry (trompette), Henry Grimes (contrebasse) et Billy Higgins (batterie), termina un solo bouleversant sur " Everything happens to me "  par une citation poignante du " Jesus que ma joie demeure ".

 

Presque 50 ans après, Edouard Ferlet, dont la culture musicale est bien différente de celle du Boss du ténor et même de John Lewis et ses complices, assume son héritage culturel européen et nous livre ses flash Bach sans que l'auditeur ait une sensation de déjà vu, déjà entendu. Grâces lui en soient rendues.

 

Deux concerts sont prévus en France en juillet 2012, l'un en Bourgogne, l'autre à Paris.

 

Concert de sortie de l'album à Paris, France, au Café de la Danse, le mercredi 24 octobre 2012. Si vous y êtes aussi, faites m'en part, lectrices esthètes, lecteurs raffinés.

 

Dans le film ci-dessous, Edouard Ferlet explique son travail sur Bach, un travail sur soi et sur l'autre qui l'habite. Attention, beauté.

 

 


 

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Où écouter Jean-Charles Richard jusqu'à fin août 2012?

Publié le par Guillaume Lagrée

Trio CULPO - RICHARD - SUCCI
Chris Culpo (piano-compositions), Achille Succhi (clarinettes - compositions) et Jean Charles Richard (saxophones)
Le dimanche 22 juillet à 19h30 à Bonneuil - Matours
Festival les Claviers en Poitou Chateau de Crémault 21rue du 8 Mai 86210 Bonneuil-Matours
réservation soit sur le répondeur du 05 49 85 16 77 ou par email claviersenpoitou@gmail.com, en indiquant vos coordonnées et le nombre de places désirées.

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Le lundi 23 juillet à 20h à Paris
Atelier de la Main d'Or, 9 passage de la main d'Or 75011 Paris
RESERVATION IMPERATIVE : rebecca.tepfer@gmail.com    

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Claudia SOLAL SPOONBOX
Quartet
Avec Claudia Solal (voix), Benjamin Moussay (piano), Joe Quitzke(batterie), et Jean Charles Richard (saxophones)
Le jeudi 2 Août à 21h30 à l'Astrada à Marciac
Dans le cadre du festival Jazz in Marciac

+

Bernard STRUBER Z'TET
 avec Michael Alizon (sax), Eric Echampard (batterie), Frédéric Norel (violon), Serge Haessler (trp), Benjamin Moussay (piano), Ray Halbeisen (sax), Bruno Chevillon (basse), Jean Charles Richard (saxes)
samedi 18 Août à 22h à Mulhouse
Dans le cadre de Jazz en Ville

+

Jean Charles RICHARD SOLO "faces"
Jean Charles Richard (saxes)
vendredi 24 Août 2012 ; 21h à Segré
Dans le cadre de Saveurs Jazz Festival

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Duo Claudia SOLAL - Jean Charles RICHARD
Avec Claudia Solal (voix) et Jean Charles Richard (saxes)
vendredi 31 Août 2012 : 20h30 à Paris
Péniche L'improviste, 35 quai de l'oise 75019 Paris (m° Corentin Cariou)

+

Rediffusion sur France Musique dans le matin des musiciens d'Arnaud Merlin
 
 
 
 
Thème : l'histoire du saxophone soprano dans le jazz
Le mardi 24 juillet à 11h sur France Musique
       
Jean-Charles Richard en solo, ça donne ça. Etonnant, non?
       

 
       

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" Pulsion " Christophe Marguet Quintette Résistance poétique

Publié le par Guillaume Lagrée

 

" Pulsion "

Christophe Marguet Quintette Résistance poétique

Abalone Productions

2012.

 

Christophe Marguet: batterie, composition, direction

Mauro Gargano: contrebasse

Bruno Angelini: piano

Sébastien Texier: saxophone alto, clarinette et clarinette alto

Jean-Charles Richard: saxophones soprano et baryton

 

Christophe-Marguet.jpg

 

La photographie de Christophe Marguet est l'oeuvre du Résistant Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

 

Après l'album " Buscando la Luz ", le quintette Résistance poétique du batteur Christophe Marguet continue de tracer son sillon dans le champ du Jazz. Eole, dieu des vents, a inspiré les souffleurs qui sont dans une telle symbiose qu'ils semblent parfois jouer ensemble d'un immense accordéon tant leur jeu respire et brasse des émotions. En bon leader, Christophe Marguet lance et relance les morceaux, marque le tempo sans le marteler, ne prend pas des soli démonstratifs mais narratifs (cf Tiny feet dance qui illustre cet article). Mauro Gargano ancre solidement le navire alors que le piano de Bruno Angelini le fait joyeusement voguer.

 

L'ensemble nous emmène par delà les labours chevaucher les licornes à la tombée du jour comme dit la chanson. Je vous laisse le plaisir de retrouver cette chanson, fines lectrices, perspicaces lecteurs. Indice: elle ne figure pas dans l'album chroniqué ici. D'un trio, ce combo est devenu un quartette avec l'adjonction de Sébastien Texier puis un quintette avec celle de Jean-Charles Richard. Jusqu'où s' arrêteront-ils?

 

Sur scène, ce quintette est un enchantement. A savourer sans modération. L'abus de cette musique est recommandé pour la santé.

 

Le voici à Paris, au Sunside, le 19 février 2011. Rien d'autre à ajouter.

 

 

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" Il partenzista " Lorenzo Capello

Publié le par Guillaume Lagrée

 

" Il partenzista "

Lorenzo Capello

Orange Home Records. 2012.

 

Lorenzo Capello: batterie, composition, direction

Antonio Gallucci: saxophones

Francesco Di Giulio: trombone

Lorenzo Paesani: piano, Fender Rhodes

Dino Cerrutti: contrebasse, guitare basse électrique

Sur " Il partenzista " (n°10):

Massimiliano Caretta: récitant

Enrico Di Bella: seconde batterie

 

Encore un musicien que m'a signalé l'Excellent Juan Carlos HERNANDEZ, photographe exclusif de de blog, bien qu'il ne l'ait pas encore photographié d'ailleurs. Qu'il soit ici remercié pour cette découverte d'un compatriote de Cristoforo Colombo (en français, Christophe Colomb).

 

Lorenzo Capello est originaire de Gênes, la Superbe, le seul port italien qui rivalisait avec Venise, la Sérénissime. Gênes est toujours le premier port d'Italie et le deuxième de la Méditerranée. Que faire depuis un port? En partir. C'est ce que fait le partenzista, néologisme forgé par Lorenzo Capello. Au contraire de l'arriviste qui veut arriver, le partenzista veut seulement partir. Comme le Peul, son pays, c'est l'horizon.

 

D'où une musique voyageuse, rêveuse, moqueuse, mystérieuse (cf n°1: martin mystère vs doctor alzheimer). Lorenzo Capello vient du Rock. Cela s'entend dans son jeu de batterie qui gagnerait à plus de souplesse et de légèreté. Il en a gardé aussi de beaux souvenirs comme cette courte et forte version du Burma Shave de Tom Waits (n°7). C'est un directeur démocratique ce qui est  bien l'esprit du Jazz, la seule démocratie réalisée en ce monde selon un autre batteur, Max Roach.

 

Le partenzista peut aller au cirque en se rappelant West Side Story (n°3: il circo di fine anno), nous fournir en gourmandises (n°4: il zucchero filato. En français, la barbe à papa). ou en drogue pour tout le monde sans risque pour notre santé (n°5: everybody's drug). Il peut même nous emmener très loin par un dialogue de batteurs ponctué par une voix mystérieuse (n°10: il partenzista). Cf. extrait audio au dessus de cet article.

 

Bref, un album riche en impressions, en sensations de toutes sortes. Je n'y ai pas trouvé de fil conducteur. Il faut dire que je n'en ai pas cherché non plus me laissant emporter par cette musique. Le seul, c'est l'imagination de Lorenzo Capello et de ses complices. De Ligurie, région dont la population est la plus âgée au monde (plus de 26% de la population a plus de 65 ans) nous vient cette musique fraîche et foisonnante, faite de citations, de clins d'oeil et d'inventions. C'est le miracle du lyrisme à l'italienne, renouvelé une fois encore. Evviva la musica!

 

Notez aussi la beauté du livret, des photographies qui l'ornent. Cela mériterait un vinyl pour mieux l'apprécier.

 

Ce qui serait encore mieux, c'est que par terre, par mer ou par les airs, Lorenzo Capello et son groupe viennent jouer en France, en Suisse, partout où des auditeurs ont envie de partir avec eux.

 

Voici le concert de présentation du Partenzista à Gênes, Ligurie, Italie, le 2 décembre 2011. Bon voyage, superbes lectrices, sérénissimes lecteurs!

 

 


 

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Jessica Williams, pianiste américaine, a besoin d'aide

Publié le par Guillaume Lagrée

 

 

Lectrices assurées, lecteurs cotisants, vous savez certainement qu'il n'existe toujours pas de Sécurité Sociale aux Etats Unis d'Amérique (l'Obamacare vient d'être validé par la Cour Suprême mais n'est pas encore entré en vigueur) et que les soins médicaux y sont les plus coûteux au monde.

 

C'est pourquoi la pianiste et compositrice Jessica Williams a besoin d'aide. Agée de 64 ans, elle a été opérée il y a 35 ans de la moelle épinière. Les voyages, les concerts l'ont usé et elle a nouveau besoin d'être opérée. Elle ne peut plus marcher, s'asseoir, jouer du piano. Ancienne partenaire de Tony Williams et de Stan Getz, elle a encore tant à créer.

 

En pleine possession de ses moyens, elle n'était pas programmée en France. Comment le serait-elle si elle ne peut plus jouer?

 

Elle dispose d'une assurance, un chirurgien compétent fan de sa musique va en prendre soin mais il lui faut régler les frais de logement et de restauration à l'hôpital. C'est pour régler ces frais que nous pouvons l'aider en achetant ses albums, en lui faisant une donation via paypal ou en achetant une photographie de mon généreux associé Juan Carlos HERNANDEZ qui lui versera la somme reçue  pour tout achat effectué avant le vendredi 17 août 2012. Jessica Williams sera opérée le mercredi 25 juillet 2012. Pensez à elle et agissez si vous le pouvez, généreuses lectrices, bienveillants lecteurs.

 

Jessica Williams joue " The Sheikh " qu'elle composa en hommage au contrebassiste Leroy Vinnegar. Bonne dégustation.

 


 

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Edouard Ferlet " Think Bach " en concert en France en juillet 2012

Publié le par Guillaume Lagrée

 
Edouard Ferlet
 
Le dessin d'Edouard Ferlet est l'oeuvre de la Superbe Hélène POISSON. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.  
 
Lectrices exigeantes, lecteurs sélectifs, sachez que le pianiste, compositeur, producteur Edouard Ferlet poursuit son exploration personnelle de Jean Sébastien Bach en piano solo. sous le titre de " Think Bach ". Get Bach ferait penser aux Beatles, Play Bach à Jacques Loussier voire pire qu'il ne joue pas lui même, Think Bach résume la réflexion menée par Edouard Ferlet sur une musique qu'il transforme après qu'elle l'ait formé.
 
Pour écouter le résultat sur scène en France en juillet 2012, rendez vous le:
 
 - samedi 21 juillet à 20h à Champallement, Nièvre, Bourgogne, France au festival de Champallement   
   
- dimanche 29 juillet à 16h au Parc floral de Paris, dans le Bois de Vicennes (métro Château de Vincennes, ligne 1) au Paris Jazz Festival. Ce concert constituera la transition idéale pour le festival Classique au Vert qui aura lieu au Parc floral en août et septembre 2012.
Edouard Ferlet joue et explique son travail sur JS Bach dans le film ci-dessous.  
 
        
 
               

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Embarquez à l'Improviste à Paris en juillet 2012

Publié le par Guillaume Lagrée

Lectrices fluviales, lecteurs voyageurs, si vous êtes amarrés à Paris en ce mois de juillet, embarquez sur la Péniche l'Improviste pour voyager en musique sans lever l'ancre.

Au programme:

vendredi 13 juillet à 21h le Word Out Trio du pianiste britannique Jim Funnell. Promis, ils ne joueront pas l'hymne olympique.

mercredi 18 et jeudi 19 juillet à 21h le Be Bop Trio du pianiste guadeloupéen Alain Jean-Marie accompagné de Gilles Naturel (contrebasse) et John Betsch (dit Jan Betski en Pologne c'est-à-dire nulle part) à la batterie. And if You can't be good, be bop! (Dizzy Gillespie).

Pour vous mettre l'eau à la bouche (Serge Gainsbourg), voici le Word Out Trio dans son oeuvre " The spirit of the snail ".

 

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Dan Tepfer&Ben Wendel au Sunside. Vous reprendrez bien une tasse de beauté?

Publié le par Guillaume Lagrée

 

      Dan Tepfer/Ben Wendel

Paris. Le Sunside.

Mardi 3 juillet 2012. 21h.
 
 
 
Dan Tepfer: piano, saxophone alto
Ben Wendel: saxophone ténor, basson, bidulophone (melodica)
 
 Dan Tepfer et Ben Wendel
 
Le croquis de Dan Tepfer et Ben Wendel a été réalisé lors du concert par la Fabuleuse Helène POISSON. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Dan commence par un morceau de TS Monk joué à sa douce manière. Ben lui répond, chuintant, mordant au ténor. Ca joue, part, revient, bifurque. Il y a des espaces dans le jeu de chacun pour laisser la place à l’autre même si le piano prend plus de place bien sûr. C’est vraiment du Monk. La preuve, Dan chantonne et bat la mesure du pied en jouant. Il ne porte pas de chapeau pourtant. En jouant en solo, Ben se balance et son sax brille sur le noir du piano. Wimbledon se joue en ce moment. Ca manque de gazon et de fraises à la crème mais c’est un bon simple messieurs. Il y a match car chaque joueur a du répondant.
 
Un air plus romantique et plus délié mais non moins vif se lance au piano. Le sax le rejoint avec un son doux, aigu, plein de vibrato. Nom de Zeus, c’est beau ! C’est de la musique de plein air en club. Ca aère. Ca me rappelle les sentiers de montagne quand vous ne savez plus si le murmure que vous entendez est celui, en haut, du vent dans les arbres ou, en bas, du ruisseau qui dévale. Et puis, il n’y a pas de maniérismes à la Keith Jarrett. Le son est travaillé au service de l’émotion pas de la démonstration. Tout coule (Héraclite). Ben Wendel atteint une profondeur de son rare pour le final. Dan Tepfer est au niveau, évidemment. Ca vole haut avec ces oiseaux là.
 
Ben Wendel passe au basson. C’était « Monk’s dream » de TS Monk puis « Peal Repeal » (DanTepfer). Ils jouent maintenant une chanson chantée par Caetano Veloso dont le titre leur échappe. Ca grogne, pète joyeusement. C’est « grand-père basson » comme l’écrit Serge Prokofiev dans « Pierre et le loup ». Le piano fait la roue lui aussi. Faut que ça brille. C’est joyeux comme une basse cour enchantée. Le basson garde le thème alors que le piano tourne autour. Ca joue, sapristi !
 
Ben reprend son ténor. Le piano entame une ballade. « Darn that dream » un vieux standard qu’aiment jouer les vieux complices Martial Solal et Lee Konitz. Dan le joue aussi avec Lee Konitz. Ben le joue velouté, charnu comme un autre hommage à un autre Ben, Ben Webster. Shh, shh fait le saxophone. Cling, cling fait le piano. C’est un délicieux chaud et froid qu’ils nous offrent là.
 
Dan lance un thème rapide. Encore du Monk, il me semble. Il travaille le thème. Il chantonne et bat des pieds. Donc c’est du Monk. Si ce n’est du Monk,  c’est du Be Bop. Monk n’est pas Be Bop, il est Monk. Ils jouent vite mais au ralenti comme s’ils en gardaient sous la pédale. Des boppers l’auraient joué beaucoup plus vite. C’est dense, riche, puissant. Ben mêle son souffle aux spasmes du piano. Ils s’évadent du thème, restent dans l’esprit mais construisent autre chose de vif, d’enlevé.
 
Variations 2 et 5 des Variations Goldberg de JS Bach arrangées par Dan Tepfer. J’ai déjà chanté les louanges de Dan Tepfer jouant en solo ses Variations sur les Variations Goldberg en concert et en album. Il les joue maintenant en duo avec Ben Wendel au sax ténor. Ben le fait sonner comme un violon. Je gage que cela aurait plu à Stan Getz. Dan et Ben nous rappellent que Bach swingue, qu’il écrivait aussi de la musique de danse et pas seulement de la musique religieuse même si « Dieu doit beaucoup à Bach » comme disait Nietzsche. Ils commencent sérieusement à décaler les sons. Ca devient du Jazz actuel même si Ben regarde les partitions. Changement de thème. Ca chante, brille de mille feux.
 
« Leaving » (Ben Wendel) figure sur son dernier album. Il prend un bidulophone (melodica) avec un clavier électrique et un tube en caoutchouc relié à sa bouche pour souffler dedans comme les appareils pour gonfler les matelas pneumatiques. Ca sonne comme un truc entre l’harmonica et l’accordéon, bref un peu country. J’apprécie autant la country music que la musique militaire même si la musique militaire a eu plus d’influence sur le Jazz. Ca balance doucement comme des arbres sous le vent, tranquille.
 
«  Twenty six – two » (John Coltrane). Ben Wendel reprend son sax ténor. Logique pour jouer du Coltrane. Ca va vite mais avec retenue. Ce n’est pas l’ubris de Coltrane. Ben Wendel joue juste, contrairement à Coltrane. Dan et Ben se regardent, s’écoutent, échangent, relancent la balle. Là, le flux coule. La tension est palpable, stimulante jusqu’à la fin.
 
PAUSE
 
Un air Be Bop. Du Monk plutôt. Ben est au ténor. Ca sautille, saccade, aigre-doux. Dan chantonne et tape des pieds. Toujours pas de couvre-chef mais c’est bien du Monk. La musique monte et descend l’escalier. C’est bon pour la santé.
 
Une jolie mélodie dansante s’installe au piano. Son velouté, chaud du ténor qui vient s’y mêler. Ca joue sur du velours et c’est bon. Le piano vrombit, le sax ténor grogne. Bonne vibration.
 
Ben reprend le basson pour « Bemsha Swing » (TS Monk). L’idée d’être joué au basson aurait certainement plu au prophète. C’est bien le thème de Monk mais avec le basson ça sonne différent. Ca pense même différent comme dit je ne sais plus quelle réclame. Ca court joyeusement. Ils s’amusent bien et nous en profitons.
 
Un morceau vif, sombre, orageux lancé à deux. Ca coule de source, file comme le vent. C’est frais, c’est beau, c’est bon. C’est une belle histoire abstraite. C’était «  Nines » tiré de l’album trio de Dan Tepfer.
 
Dan nous annonce une petite surprise. Ben s’installe au piano et Dan au sax alto. Les rôles s’inversent. Ben installe un climat paisible au piano. C’est une ballade. Dan joue régulièrement en duo avec Lee Konitz, le seul saxophoniste alto de sa génération (Lee est né en 1927) sur qui Charlie Parker n’a pas laissé son empreinte. Le duo Dan Tepfer/Lee Konitz sera en concert à Paris, à la Cité de la Musique, lors du festival Jazz à la Villette le mardi 5 septembre 2012 à 20h. Son très mélodieux de l’alto, comme une douce plainte. Les sons s’étirent comme ceux d’un violon. Dan joue bien droit, les yeux fermés, poursuivant son rêve par la musique. Elle s’éteint doucement comme une bougie qui n’a plus de cire.
 
Dan retourne au piano en serrant la main de Ben au passage. Bien joué. L’ambiance est meilleure que dans l’équipe de France de football, manifestement. « Subconsciouslee » (Lee Konitz). Ben reprend son sax ténor. Morceau très rapide, très fluide, plein de variations. Bref, du Lee Konitz. Même sans Lee, Dan joue sa musique. Bel hommage. Ca s’agite bien. C’est fougueux, passionné, ludique, rythmique, diabolique mais sans méchanceté.
 
PAUSE

Il est minuit, l’heure de Thelonious Sphere Monk et de Cendrillon, l’heure pour la Dame Hélène Poisson et moi de quitter ce concert. Le duo Dan Tepfer/Ben Wendel est certainement un des plus stimulants sur la scène actuelle du Jazz , des jeunes gens qui savent revisiter les classiques et créer.
 
Dan Tepfer sera de retour à Paris en duo avec Lee Konitz (sax alto) au festival Jazz à la Villette le mardi 5 septembre 2012.

En attendant la sortie de l'album chez Sunnyside Records fin 2012, voici le duo Dan Tepfer/Ben Wendel jouant " Monk's dream " de Thelonious Monk lors d'un autre concert.
 

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