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Le Tatiphone débarque à Saint Nazaire le samedi 26 mai 2012

Publié le par Guillaume Lagrée

 

Lectrices plagistes, lecteurs balnéaires, rendez-vous à Saint Nazaire, Loire Atlantique, Pays de Loire, France le samedi 26 mai 2012 pour célébrer la mémoire de Jacques Tatischeff, fils d'immigrés russes connu sous le nom de Jacques Tati, avec le Tatiphone.

C'est à Saint Marc sur Mer, à l'été 1951, dans l'Hôtel de la plage que Jacques Tati créa le personnage de M.Hulot en vacances, personnage lunatique, joueur de tennis, amateur de Jazz Hot, pilote automobile, gaffeur invétéré, pêcheur de crabes, kayakiste, artificier et autres activités estivales et balnéaires

Pour fêter les 60 ans de la sortie du film, 7 musiciens dont le saxophoniste Guillaume Saint James se sont alliés pour créer un spetacle ludique, mélodique, rythmique en son honneur. Une vidéo sera créée en même temps que la musique. Spectacle à entrée libre.

Le concert se passera sur l'esplanade M. Hulot où se trouve la statue de Jacques Tati alias Monsieur Hulot, devant la plage de Saint Marc sur Mer à Saint Nazaire à partir de 21h30. Le concert sera précédé d'un apéro dansant, ambiance années 1950, à partir de 18h au même endroit. La dernière fois que j'ai été à cette plage, la statue de M. Hulot avait perdu sa pipe. L'a t-il retrouvé ou les comités de moralisation anti tabac la lui ont ils définitivement supprimé?

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Un CD à gagner sur ce blog avec le jeu concours du printemps 2012

Publié le par Guillaume Lagrée

 

 

 

Lectrices joueuses, lecteurs joueurs, l'un d'entre vous, Olivier, l'auteur de l'excellent site Mozaic Jazz,  a trouvé, lors de l'été 2010, à quel grand Jazzman, le titre de ce blog fait allusion: le tromboniste Jay Jay Johnson ( JJJ come le JarsJaseJazz).

 

Pour le printemps et l'été 2012, je vous propose un autre défi:

A quel album le titre de ce blog fait-il allusion?

 

2 indices:

- cet album n'est pas chroniqué sur ce blog

- le leader de l'album est mort

 

Celui ou celle qui trouvera en premier la bonne réponse gagnera un CD à choisir parmi ceux chroniqués sur ce blog.

 

Bonne recherche. Vous avez jusqu'à la fin de l'été pour trouver soit le vendredi 21 septembre 2012.

 

Bien entendu, le Jars Jase Jazz n'a rien à voir avec le Canard (O Pato).  En français, j'ai appris que le canard fait coin coin. Grâce à Joao Gilberto, je sais qu'en portugais il fait quem quem. Qu'en pensent les canards?

 

 

 


 

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RAPPEL: Master Class Jazz Vocal dirigée par Michèle Hendricks les 9 et 10 juin 2012 à Paris

Publié le par Guillaume Lagrée

 

 

 

Joyeuses lectrices, heureux lecteurs, je vous annonce qu'il reste des places pour la Master Class de Jazz Vocal dirigée par Michèle Hendricks, la digne fille de Jon, les samedi 9 et dimanche 10 juin 2012 à Paris.

 

Lift up every voice and Sing!

 

En 2011, à la délégation des Etats Unis d'Amérique à l'UNESCO, Michele Hendricks explique et démontre ce qu'est le scat. Cela vous donne une idée du travail qu'il vous reste à accomplir, futurs stagaiaires.

 


 

 

 

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Je me souviens de la Première Journée Internationale du Jazz à l'UNESCO le vendredi 27 avril 2012

Publié le par Guillaume Lagrée

 

 

Première Journée Internationale du Jazz.  UNESCO.

Paris. France. Vendredi 27 avril 2012.

 

Lectrices exigeantes, lecteurs exhaustifs, je ne prétends pas ici raconter tout ce qui s’est passé à l’UNESCO lors de la première Journée Internationale du Jazz. Je n’ai pas le don d’ubiquité et il y avait tant à voir et à écouter. Par exemple, comme je ne suis pas musicien, je n'ai pas été aux master classes de Marcus Miller (guitare basse électrique) et de Bireli Lagrène et Lionel Louéké (guitare). Les places étant limitées, j'ai préféré ne pas prendre la place d'un musicien. La radio TSF Jazz couvrait la journée. Les archives sont en ligne sur le site Internet de l’UNESCO. Le concert final, auquel je n’étais pas convié, est visible pendant 6 mois sur ARTE Live Web TV.

 

Voici mes impressions prises sur le vif.

Le parrain de la journée était  Herbie Hancock (né en 1940), pianiste et compositeur connu bien au-delà du cercle restreint des amateurs de Jazz.

Herbie Hancock

La photographie d'Herbie Hancock est l'oeuvre du Renommé Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette photographie sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

 

Il était interviewé par Frédéric Goaty, rédacteur en chef de Jazz Magazine, manifestement très ému.

 

J’ai noté les échanges suivants. Les erreurs de compréhension et de transcription sont miennes.

 

C’est Herbie Hancock qui demande à Frédéric Goaty de poser les questions en français. D’abord parce que nous sommes en France, à Paris, ensuite parce que le français est une des langues officielles de l’UNESCO, enfin parce que cela lui laisse le temps de préparer ses réponses. Herbie nous prie d’excuser l’interviewer pour sa nervosité. Rires dans la salle.

 

Herbie raconte comment il  a découvert le Jazz. A 14 ans, en écoutant un ami. Il a trouvé fascinant cette possibilité d’improviser en jouant et, en plus, ça plaisait aux filles. Il a alors décidé d’apprendre le Jazz. Il n’écoutait plus que du classique et du Jazz, oubliant le rhythm’n blues que tout le voisinage écoutait. Il s’est mis dans une boite et il est resté comme ça jusqu’à l’âge de 23 ans. Là, il a commencé à jouer avec Miles Davis. Il s’est aperçu que Miles écoutait de tout : du Jazz, du classique mais aussi James Brown, Cream, Janis Joplin, Manitas de Plata. Et pourtant Miles était cool, le mec le plus cool du monde. Miles était cool car il était ouvert. Alors Herbie a fait comme son patron. Il a écouté James Brown, entre autres. « Miles était bavard, très drôle. Pour comprendre son humour, il fallait parfois 5 minutes ou 5 jours ». Un mec cool, drôle, ouvert, ce n’est pas l’image de Miles Davis que je m'étais faite mais Herbie sait de qui il parle.

 

Comment avez-vous créé « Watermelon man » ?

 

C’était avant Miles (en 1962). J’ai commencé à mélanger mes ingrédients à d’autres ingrédients. Watermelon man a des ingrédients Rhythm and Blues. Donald Byrd est mon mentor, mon grand frère. C’est lui qui m’a aidé à décrocher mon premier contrat chez Blue Note. Il m’a dit : la moitié de l’album est pour le label, l’autre moitié est pour toi. Qu’est ce que ça veut dire ? lui ai-je demandé. La moitié est originale, de ta composition, pas forcément attractive. L’autre moitié est basée sur des choses connues, familières comme Gershwin, Irving Berlin, le Blues. Donc je devais enregistrer 3 compositions et 3 standards. Je me suis dit : Horace Silver écrit des compositions personnelles qui plaisent aux gens, qui se vendent et que je pouvais faire pareil. Je me suis demandé ce qui faisait que les compositions d’Horace Silver touchaient le grand public. Parce qu’elles étaient funky, noires. C’était la musique de mon quartier, de mon enfance. Je me suis dit que je pouvais écrire quelque chose qui venait de mon expérience de Noir américain. Le personnage le plus familier de ma communauté c’est le vendeur de melons d’eau, de pastèques (Watermelon man). La mélodie raconte les femmes qui crient de leur balcon « Hey Watermelon man ». Pour les rythmes, j’ai été inspiré par les bruits des roues de la charrette du vendeur ambulant. Note: c'est le procédé classique, dans la musique noire américaine, du " Call and response " que l'on trouve aussi bien dans les Work Songs que dans les Gospel Songs.

 

Vous êtes devenu instantanément un compositeur de standards.

 

Je ne m’en rendais pas compte. La chanson vit encore. Elle a cinquante ans puisqu’elle a été écrite en mars ou avril 1962. NB : «  Watermelon Man », première composition d’Herbie Hancock est un standard du Jazz dont il existe plus de 200 enregistrements.

 

Au passage, j’écoute la chanteuse Dee Dee Bridgewater en duo avec le pianiste Gerald Clayton sur « All Blues » (Miles Davis). Dee Dee pareille à elle-même. Talentueux pianiste que je découvre à l’instant.

 

Je note aussi une définition du Jazz par Duke Ellington : « Le Jazz ne peut être limité par une définition, par des règles, le Jazz est avant tout une totale liberté d’expression. Si une seule définition de cette musique est possible, c’est bien celle là ».

 

Le Montreux Jazz Festival (Montreux, canton de Vaud, Suisse), partenaire de l’événement, diffuse des vidéos de ses concerts sur un grand écran. Il y a des casques pour écouter. Je lis le Courrier de l’UNESCO, numéro spécial d’avril 2012 consacré au Jazz avec interviews d’Herbie Hancock et de Manu Dibango, chroniques d’Isabelle Leymarie, éminente musicologue française (son Que sais je ? sur le Latin Jazz est très recommandable) en écoutant Chick Corea avec son groupe Electrik et Acoustik. Impressionnant mais pas émouvant.

 

Fabien Ruiz, le chorégraphe de The Artist, fait une démonstration de claquettes en duo avec un pianiste devant un mur peint par Pablo Picasso. Comme me le dit Michel Goldberg, saxophoniste malouin, on a tellement l’habitude que le Jazz soit confiné dans des petits endroits qu’entendre une telle profusion de Jazz dans un lieu aussi prestigieux que le palais de l’UNESCO, cela surprend.

 

Danilo Perez et  Wayne Shorter nous attendent depuis New York pour parler du Jazz et de la Paix via Internet, avec le son et l’image. A Paris, se trouvent les jeunes musiciens du Berklee Global Jazz Institute dont le Panaméen Danilo Perez est le fondateur et directeur artistique.


Le groupe est composé ainsi : piano, contrebasse, batterie, percussions, violon, sax alto, sax ténor. Riccardo del Fra, contrebassiste italien, directeur du département Jazz au Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris est à l’UNESCO pour dialoguer avec eux.

 

Problème de son avec New York. C’est le Jazz. Il faut savoir improviser. Le groupe joue en attendant. Les alliances sonores sont originales et ça sonne bien coordonné. Excellent percussionniste en duo avec le sax ténor, plus léger. Le violon vient ajouter une couleur tzigane à cette musique au Latin Tinge comme disait Jelly Roll Morton. Beau duo final entre batterie et percussions.

 

Le son est revenu et Danilo Perez parle : le Jazz n’a pas de frontières, nous permet de nous connecter entre êtres humains. Le Jazz permet de développer la diplomatie en nous-mêmes. Le Jazz est un moyen pratique pour échanger entre les cultures. Le but est la recherche de la paix grâce aux échanges culturels sans préjugé, sans violence. Dizzy Gillespie, mon premier maître, était l’ambassadeur d’un Jazz global (Note : le dernier groupe de Dizzy, dont Danilo Perez était le pianiste, s’appelait le United Nations All Stars Orchestra sans être lié à l’ONU). Il est crucial de développer votre individualité dans un groupe où plusieurs personnes vont se connecter. Dizzy essayait de réunir des gens de différentes cultures mais, pour lui, l’origine des gens était très importante. Il avait une façon incroyable d’encourager les gens.

 

Le groupe joue un morceau qui traduit ce message de Dizzy. Chaque musicien apporte un morceau de sa culture et la réunion de tous fait le morceau. Duo entre le percussionniste qui sonne argentin et la saxophoniste israélienne. Puis avec le violoniste qui sonne irlandais avec un morceau venu des Appalaches.  Après avoir joué ensemble, chaque musicien joue à son tour son extrait en expliquant son origine culturelle.

 

Danilo Perez : le développement durable suppose aussi la coopération des cultures. Le Jazz est un outil pratique pour construire la paix et la diplomatie. Il demande à Wayne Shorter : Pourquoi ne cesses tu jamais ? (sous entendu, de créer, je suppose)

 

Wayne Shorter : tout dépend de votre regard sur la vie. Dans chaque moment, il y a l’inconnu.

 

Danilo Perez lance en chantant et en tapant des mains « Oyo como va » (standard latin) et « Speak No Evil » (composition de Wayne Shorter). Le groupe reprend depuis Paris et ça sonne.

 

Danilo Perez demande à Wayne Shorter pourquoi il a composé «  Aung San Suu Kyi »

 

Wayne Shorter : J’ai composé ce morceau pour la New York University. Plus de 22 ans après, j’ai lu dans le journal la nouvelle de l’arrestation de cette femme en Birmanie (le Myanmar en termes officiels) et de son prix Nobel de la paix. Je me suis dit qu’il ne fallait pas seulement écrire de la musique mais faire quelque chose. Chaque individu doit être le réalisateur de sa propre vie non pas le suiveur de celle des autres.

 

Danilo Perez : le Jazz global peut être un passeport pour la tolérance universelle.

 

C'est sur ce message optimiste que se termina pour moi la Première Journée Internationale du Jazz à l'UNESCO. Je ne doute pas que les festivités musicales à La Nouvelle Orléans et la Nouvelle York à l'Assemblée Générale de l'ONU le lundi 30 avril furent elles aussi grandioses. J'espère que cette initiative se prolongera et essaimera à travers le monde au fil du temps.

 

Vénérées lectrices, vénérables lecteurs, voici le quartet de Wayne Shorter avec Herbie Hancock jouant " Aung San Suu Kyi " lors du festival allemand Baltica Jazz de 2004 (Dave Holland à la contrebasse, Brian Blade à la batterie). Je vous laisse le plaisir de trouver, pour comparer, la video du même morceau joué par le quartet habituel de Wayne Shorter avec Danilo Perez au piano, John Pattitucci à la contrebasse et Brian Blade à la batterie.

 

 

 

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Sélection de concerts de Jazz de Paris à la Bretagne pour mai 2012

Publié le par Guillaume Lagrée

 

 

Citoyennes lectrices, citoyens lecteurs, c'est avec l'aplomb d'un candidat au suffrage universel direct que je vous propose, en ce mois électoral, une sélection personnelle de concerts de Jazz à Paris, en Ile de France et en Bretagne.

 

Si vous voulez quitter Paris, partez d'abord en Ile de France à la rencontre du contrebassiste  Yves Rousseau.

 

En allant de Paris à Brest par la N12, faites, comme les Rois de France, étape à Versailles le jeudi 3 mai à 20h30 à la Royale Factory pour le duo Claudia Solal (chant)/Benjamin Moussay (claviers). Ces deux là n'ont pas fini de nous surprendre.

 

Si vous avez des envies royales à l'Est de Paris, faites halte à Vincennes (le seul château royal médiéval en Europe) au Théâtre Daniel Sorano le samedi 5 mai à 20h30 pour un trio inédit Pierre de Bethmann (piano)/Olivier Ker Ourio (harmonica)/Nelson Veras (guitare). A découvrir sur pièces et sur place comme disent les comptables.

 

Pour respirer le grand air de l'Océan Atlantique tout en voyageant dans la jungle urbaine, allez à Guidel, Morbihan, Bretagne, France le vendredi 4 mai pour le Megapolis de Guillaume Saint James.

 

Si vous restez dedans Paris, ville jolie, voici ce que je vous propose. Ensuite, vous disposez selon votre bon plaisir.

 

Au Sunside

 

Vendredi 4 mai, 21h, Lalo Zanelli et Ombu Quintet. De l'Argentine à la France, un puissant mélange. L'album plaît aux enfants dès l'âge de 18 mois. Je l'ai vérifié personnellement.

Lundi 7 mai, 21h, carte blanche au contrebassiste Jean-Philippe Viret. Deux groupes à suivre dont son trio déjà largement chroniqué sur ce blog.

Lundi 14 mai, 21h, duo  Fred Hersch (piano)&Nico Gori (clarinette). La chronique de leur album devrait bientôt paraître sur ce blog. Pour écouter Fred Hersch pendant une semaine, du mardi 22 au dimanche 27 mai, il vous faudra aller à New York City, USA, au Jazz Standard. Le vendredi 25 mai, il y jouera en trio avec Dave Holland (contrebasse) et Billy Hart (batterie). Miam, miam!

Vendredi 18 mai à 21h, Mauro Gargano " Mo'Avast Band " avec Mauro Gargano (contrebasse), Francesco Bearzatti (saxophones, clarinette), Stéphane Mercier (saxophone), Fabrice Moreau (batterie).

 Tony-Malaby.jpg

La photographie de Tony Malaby est l'oeuvre du Fougueux Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette photographie sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.


Au Sunset    

 

Un mois rêvé pour les amateurs de guitare électrique.

Mardi 15 mai, 21h30, David " Fuze " Fiuczynski " Planet Microjam "    

Mercredi 16 mai, 21h30, Tony Malaby (sax ténor)/Ben Monder (guitare)/ Drew Gress (contrebasse)/John Hollenbeck (batterie). Un Power Quartet version Jazz.

Samedi 19 et dimanche 20 mai à 19h et 21h, Allan Holdsworth Band. Un mythe vivant en club. A ne pas manquer.


Auditorium Saint Germain

Jeudi 10 mai à 19h30.  Leçon de Jazz d'Antoine Hervé: " Mac Coy Tyner. Tempête sur les musiques du monde " avec Sylvain Romano (contrebasse) et Dre Pallemaerts (batterie). Je m'en réjouis d'avance.

 

Le Triton (Les Lilas, métro Mairie des Lilas)

Samedi 5 mai, 21h: duo Dominique Pifarely (violon)/Bruno Chevillon (contrebasse). Ils joueront aussi avec des moyens électroniques. Ames pesantes s'abstenir.

Samedi 12 mai, 20h30. Médéric Collignon " Jus de Bocse joue King Crimson ". Le concert aura lieu au Palais des Fêtes de Romainville, Seine Saint Denis, Ile de France, dans le cadre du festival " Unis Sons 93 ". Ca va chauffer pour nos matricules!

Samedi 19 mai à 21h, Denis Charolles " Duke & Thelonious ". Les classiques du Jazz revisités.

 

Studio de l'Ermitage

 

Mercredi 23 mai à 20h, Christophe Marguet Quintet + avec Christophe Marguet (batterie),  Bruno Angelini (piano), Mauro Gargano (contrebasse), Sébastien Texier (saxophone alto, clarinette), Jean-Charles Richard (saxophones baryton, soprano) puis le trio Jean-Charles Richard avec Peter Herbert (contrebasse) et Wolfgang Reisinger (batterie). Ames sensibles, ne pas s'abstenir.

Jeudi 31 mai à 20h30, Alter Quintet, un quintet à cordes franco argentin entre Classique, Jazz et Tango.

 

Duc des Lombards

 

Samedi 5 mai à 20h et 22h, le trio de Frank Amsallem (piano, chant). Un classicisme contemporain.

Jeudi 31 mai à 20h et 22J, le quartet de Lou Donaldson (sax alto), un des derniers survivants du Hard Bop des années 50. Une leçon de vie et de musique toujours bonne à prendre.

 

La Java

 

Vendredi 25 mai de minuit à l'aube, Jazz dance floor avec la Jazz Attitude Party. DJ et musiciens réunis toute la nuit. Comme le chante  Prince " We are beautiful. It's gonna be a beautiful night ".

 

Le New Morning

 

Mercredi 9 mai à partir de 21h, soirée Gaël Horellou (sax ténor) avec deux groupes et deux concerts, le premier électrique, le second acoustique.

Lundi 14 mai à 20h30, Roy Hagrove Quintet. Certainement, le plus intéressant des disciples de Miles Davis parmi les trompettistes américains.

Mardi 15 mai à 20h30, The Bad Plus, trio US piano/contrebasse/batterie avec une énergie rock'n roll. Ils parlent français (le mot " pamplemousse " est leur préféré), dégagent une joie, une énergie, une vitalité communicatives. Les spectateurs en ont pour leur argent avec ces gaillards.

Jeudi 31 mai, 20h30, Pierrick Pédron (sax alto) et les Petites Mains Symphoniques. Enfin sur scène, Pierrick joue vraiment son dernier album avec un Brass Band d'une vingtaine de musiciens. Y aura t-il des majorettes? A voir sur place.

 

" N'importe qui aurait mieux valu que le Président de l'époque qui nous endormait avec ses histoires de droits civiques pour les Noirs et pendant ce temps s'arrangeait pour faire la guerre en douce à des tas de gens un peu partout dans le monde " Dizzy Gillespie à propos de John Fitzgerald Kennedy. Le 20 septembre 1963 ,pour conclure son concert au Monterey Jazz Festival  (55e édition du 21 au 23 septembre 2012), Dizzy Gillespie faisait monter sur scène Jon Hendricks pour chanter, sur l'air de " Salt Peanuts ",  sa chanson de campagne électorale intitulée tout simplement " Vote Dizzy! ". Si quelqu'un vous demande pour qui vous votez le dimanche 6 mai 2012, répondez: " Je vote Dizzy! ". 

 

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Caroline de Bendern raconte " Moshi " aventure humaine et artistique en Afrique avec Barney Wilen

Publié le par Guillaume Lagrée

 

      Caroline de Bendern raconte « Moshi ». Entretien téléphonique du jeudi 26 avril 2012.

 

Splendides lectrices, superbes lecteurs, je vous ai déjà raconté à ma manière l'album "  Moshi " (1972) de Barney Wilen (1937-1996). 40 ans après sa sortie, Caroline de Bendern qui a réalisé cette aventure humaine et artistique avec Barney Wilen a eu la gentillesse de me raconter ses souvenirs sur ce sujet. Les voici.

 

Comment est née l’aventure « Moshi » ?

 

J’avais fait deux films avec Serge Bard, devenu musulman depuis. Barney Wilen avait fait la musique d’un film de Serge avec Sunny Murray, « Fun and games for everyone » tourné à la galerie Rive Droite en 1968 pour un vernissage du peintre suisse Olivier Mosset (Salvador Dali, Amanda Lear apparaissent dans le film). J’ai rencontré Barney après les événements de Mai 68. Nous nous sommes mis ensemble. Serge voulait faire un film en Afrique financé par Sylvina Boissonas, des productions Zanzibar. Nous avions écouté la musique pygmée et ça nous surmotivait. Nous voulions partir l’écouter sur place. Serge Bard voulait traverser l’Afrique en six mois mais on ne traverse pas l’Afrique en six mois. Il y a tant de choses à voir, de gens à rencontrer, de musiques à écouter. Et puis, en Afrique, si vous roulez vite, vous avez un accident. 

 

Comment ça s’est passé sur place ?

 

Nous sommes restés plusieurs mois au Maroc parce que nous avions des problèmes. Daniel Pommereulle y a fait un film, « Vite ». Serge Bard ne filmait pas. Les techniciens sont partis, fâchés. Serge est reparti pour Paris chercher du matériel puisque les techniciens étaient rentrés avec. Il a disparu pendant six mois. Du Maroc, Barney et moi sommes allés en Algérie. Barney a enregistré Archie Shepp jouant dans la casbah, devant la mosquée avec les Gnaoua (cf Archie Shepp : «  Live at the Panafrican Festival. 1969 »). Un fanatique a surgi et poignardé un des musiciens parce qu’ils jouaient de la musique profane devant un lieu saint. Barney et moi sommes partis pour l’Afrique Noire. Nous avons rencontré les Peuls Bororo. Nous avons loué une maison au grand marabout. Les gens venaient nous voir, les musiciens jouaient, Barney enregistrait. Quand Serge est revenu, il a dit qu’il ne ferait pas de film, qu’il était devenu musulman et que sa religion lui interdisait de filmer des êtres humains. Il ne nous a même pas donné sa caméra. Barney et moi étions très déçus.

 

Qui finançait tout ça ?

 

Sylvina Boissonas et la compagnie Zanzibar nous donnaient de l’argent, fournissait le matériel (Land Rover, caméras, films, appareils photos, appareils d’enregistrement). Nous l’avons rejoint à Niamey au Niger. Elle aussi déçue par Serge Bard, elle nous a donné de quoi rentrer en France. Nous avons mis les voitures avec nous dans le train pour Dakar où nous avons pris le bateau pour rentrer en France.

 

Comment s’est créée cette musique ?

 

A Bamako, Barney a enregistré un griot. Il a acheté des balafons, des percussions. Nous avons adopté un petit chien. Tout cela s’entend dans l’album. Rentrés à Paris, j'ai rassemblé des filles, écrit des chansons, chanté avec elles. La musique a été mixée avec les enregistrements faits en Afrique. Deux chansons sont basées sur des chansons africaines. « Zombizar » raconte le voyage. Ensuite nous sommes revenus en Afrique pour que je réalise mon film autoproduit « A l’attention de Mademoiselle Issoufou à Blima », une phrase que dit un «  Grand Bandit », un des gamins que nous voyions en Afrique, qui imitait la radio. Cette phrase s’entend sur l’album. Puis nous sommes rentrés à Paris promouvoir l’album.

 

Aviez vous conscience de la nouveauté de ce que vous créiez? En 1972, la World Music n'était pas à la mode.

 

 

Je pense que la nouveauté n'est pas un but en soi, le recul permet de la discerner.
Il y eut auparavant des expériences avec la fusion: Dizzy Gillespie avec Cuba, Les Beatles (Inde)
et Barney avait déjà fait " Jazz meets India ". La nouveauté ici, c'est l'Afrique et la façon dont c'est realisé.  

 

Qu’est ce que le « Moshi » ?

 

Des Peuls Bororo ont été emmenés à Paris pour faire l’objet d’une étude ethnographique. Le séjour les a traumatisés. De retour chez eux, ils ont créé le Moshi, un rite de transe pour évacuer ce stress venu de France.

 

Un « Moshi 2 » sortira bientôt grâce à Patrick Wilen, le fils de Barney et de sa première épouse. Il paraît que je chante et joue de la guitare dedans. Je me demande ce que cela va donner.

 

 

Merci à Caroline de Bendern pour sa gentillesse, sa disponibilité et pour m’avoir raconté cette aventure humaine et artistique, irréalisable aujourd’hui ( le Sahel étant une zone rouge pour les Occidentaux, surtout Français, désormais).

 

     Barney Wilen au saxophone ténor, divers musiciens africains, Caroline de Bendern chante " Zombizar ". Dansez maintenant!

 

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Découverte au Sunset: le trio de Raphaël Reiter

Publié le par Guillaume Lagrée

Hommage à Bob Brookmeyer par le trio de Raphaël Reiter

 

 

 

 

Paris. Le Sunset.

Mercredi 25 avril 2012. 20h30.

 

Raphaël Reiter : trombone à pistons, voix

Noë Macary : piano

Lennart Heyndels : contrebasse 

 

 

Le pianiste commence seul dans le grave. La contrebasse fait écho sous l’archet. C’est une ballade. Le trombone commence à barrir doucement. Je remarque que le trombone à pistons a un pavillon plus large que le trombone à coulisses. Le son est plus chaud, plus grave. Ce jeune homme (il est né à Nice en 1987. Si ce n’est déjà fait, il faudrait faire une thèse sur Nice et le Jazz) sait jouer. Il maîtrise son instrument. Lennart Heyndels est aussi bon que dans mon souvenir, c'est-à-dire excellent. Le contrebassiste a lâché l’archet. Il pince fermement les cordes. Cela devient envoûtant, pas entêtant car ils savent varier. Raphaël danse avec son trombone. Il le rend souple, vivant. Rythmiquement, l’absence de batteur ne se fait pas sentir.

 

Le premier set est consacré aux compositions du trio. Ils jouent maintenant « Braquemard » (Noë Macary). Ca commence doucement, tout de suite captivant. Ca vole haut, très haut. Malgré le titre, la musique est angélique. Le trombone arrive. Nom de Zeus, comme il sonne ! Ce gaillard a de l’avenir. Il pourra habiller d’or et de velours des chansons avec ou sans paroles. Si on ne se l’arrache pas très vite, c’est que le monde est sourd. C’est simple, poignant, puissant. Ca s’anime, s’active, swingue. Le piano sonne un peu bastringue mais c’est la faute du piano, pas du pianiste.

 

Le pianiste commence un standard. « Embraceable You ». Raphaël chante. Ce n’est pas Chet Baker mais c’est charmant. Comme Chet, son chant se tient le long du fil ténu entre le chant et le murmure. Il reprend le thème au trombone : là, ça sonne plus viril mais toujours chaud. La contrebasse marque placidement le tempo alors que le piano marche tranquille. Retour au chant pour le final.

 

« Mémoire d’une dégénération », une chanson de campagne électorale certainement. C’est une ballade un peu inquiétante. Le trio démarre groupé. Solo boisé de contrebasse avec le piano qui tourne au second plan. C’est tranquille comme la mer par temps calme. Des vagues douces viennent s’étaler paresseusement sur la grève. Ce trio a du talent à vendre. J’achète.

 

Le tromboniste commence seul, vif, précis. Contrebasse et piano ponctuent par petits coups vifs, secs. Ca balance terrible. Ajoutez quelques machines par-dessus et ça devient un choc pour piste de danse. Le trombone en tête, les deux autres le poussent. Justement, le pianiste prend la main. Ca virevolte. Ca se termine tout en douceur, dans un dernier tchic tchac de contrebasse.

 

« Otarie recousue ». Nostalgie d’une peluche d’enfance ? Le contrebassiste commence à l’archet. Le pianiste joue gravement, doucement. C’est nostalgique comme un souvenir d’enfance justement. C’est une très belle ballade dans la lignée d’Henri Texier, figure tutélaire du Jazz français. Le genre de mélodie si évidemment belle qu’elle ne vous lâche plus. Le trombone chante comme une otarie échouée. Impressionnant.

 

« Un toit et quelque » (Raphaël Reiter). La musique tournoie dans l’air. Petite influence balkanique mais ça ne sent pas la copie. Ca devient enflammé, passionné mais toujours coordonné. Le trombone barrit joyeusement puis le thème revient en sourdine.

 

PAUSE

 

Il y eut un deuxième puis un troisième set. Je n’en parlerai pas car je n’y étais pas. Mademoiselle F et moi nous sommes régalés en découvrant ce trio dont nous n’avions jamais entendu une seule note avant ce concert. Notre instinct fut bon. Le marchant de sable était passé et il y avait école le lendemain. Je suivrai Raphaël Reiter avec son trio ou d’autres formations. Depuis que Bob Brookmeyer (1929-2011) nous a quittés, le flambeau du trombone à pistons devait être repris. C’est ce que ce jeune musicien français est en train de faire. Longue vie à lui !

 

Ci-dessous, Bob Brookmeyer dans le trio de Jimmy Giuffre (saxophone ténor) avec Jim Hall (guitare électrique). Ils jouent " The Train and The River " au Newport Jazz Festival de 1958. Extrait du film " Jazz on a summer's day ". Souhaitons la même joie et la même créativité au trio de Raphaël Reiter.

 

 

 

 

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Le concert final de la Journée Internationale du Jazz diffusé en direct sur ARTE Live Web TV

Publié le par Guillaume Lagrée

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Yves Rousseau en concert en Ile de France en mai 2012

Publié le par Guillaume Lagrée


Pour Faire Bouillir La Pluie et Yves Rousseau vous proposent d'assister à la toute nouvelle création de son quartet.
" Akasha "
Une création autour du thème des quatre éléments, l'air, le feu, la terre et l'eau, qui fera se rencontrer l'univers d'un artiste visuel et celui d'un quartet acoustique à l'instrumentation inédite réunissant violon, saxophone, contrebasse et batterie. 

Avec Patrick Volve, images / Régis Huby, violons / Jean-Marc Larché, saxs / Christophe Marguet, batterie

Christophe-Marguet.jpg

La photographie de Christophe Marguet est l'oeuvre du Turbulent Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette photographie sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

le samedi 5 mai 2012 à 20h 

Au Centre des Arts d'Enghien les Bains 

16 Rue de la Libération 95880 Enghien-les-Bains
01 30 10 85 59


ACCES

> En transilien :
De Paris Gare du Nord, Ligne H direction Pontoise ou Valmondois (15 min)
De Pontoise, Ligne H direction Paris Gare du Nord (20 min)
Détail des horaires sur www.transilien.com
Situé à 2 min de la gare, côté rue de l'arrivée

> En bus (station gare d'Enghien-les-Bains) :
N°154 « Enghien-les-Bains > St-Denis porte de Paris »
N°256 « Lycée d'Enghien > Eglise de Villetaneuse »

> En voiture, à 14 km des Champs Elysées :
Depuis Paris la Défense, suivre A86, puis A15 direction Cergy-Pontoise / Epinay-sur-Seine. Prendre la première sortie Argenteuil / Enghien, puis tout droit. Enghien-les-Bains est à 3km.
Depuis Roissy Charles de Gaulle, suivre A1, puis A86/A15 direction Cergy-Pontoise/Epinay-sur-Seine, sortie Enghien.

Accès parkings :
- Sous le centre des arts, 12 rue la Libération, (60 pl.) ouvert jusqu'à la fin des spectacles (tarif préférentiel à partir de 20h).
- Place Foch, (165 pl.) ouvert 24h/24.
- Hôtel de Ville, (315 pl.), ouvert 24h/24 (tarif préférentiel à partir de 20h).


**************************************************************


Par ailleurs, vous pourrez retrouver le sextet d'Yves Rousseau avec le programme "Léo Ferré : Poète, vos papiers
avec Maria Laura Baccarini et Claudia Solal, voix
Régis Huby, violons - Jean-Marc Larché, saxophones - Christophe Marguet, batterie et Yves Rousseau, contrebasse, compositions et arrangements

le samedi 12 mai 2012 à 20h30

Espace culturel Les 26 Couleurs
Rue Pasteur
77310 Saint-Fargeau-Ponthierry
Tel: 01 64 81 26 66 



Venir aux 26 Couleurs
Venir en train:
Deux gares desservent la commune de Saint-Fargeau-Ponthierry : l'une est située sur le hameau de Saint-Fargeau, l'autre au coeur de Ponthierry. Pour venir sur le site industriel Leroy, descendre à l'arrêt Ponthierry-Pringy (ne pas descendre à l'arrêt Saint-Fargeau).

Venir en voiture:
De Paris: Prendre l'autoroute A6 en direction de Lyon. Prendre la sortie n°12 « Saint-Fargeau-Ponthierry ». Continuer sur l'ex-RN7 (devenue D607) qui mène directement à Saint-Fargeau-Ponthierry et suivre « Ponthierry /centre » jusqu'à l'Hôtel de Ville.



Avec le soutien de la DRAC Ile de France et de la Région Ile de France.

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Rêve d'Afrique: Barney Wilen " Moshi "

Publié le par Guillaume Lagrée

Barney Wilen

" Moshi "

Saravah. 1972.

Barney Wilen: saxophone ténor, composition

Michel Graillier: piano électrique

Pierre Chaze: guitare électrique

Simon Boissezon: basse

Christian Tritsh: basse

Didier Léon: luth

Micheline Pelzer: batterie

Caroline de Bendern: voix, composition

Babeth Lamy: voix

Laurence Apithi: voix

Marva Beroomvoix

Extraits de Moshi et de Moshi Too diffusés dans mon émission de novembre 2019 Le Jars jase Jazz sur Couleurs Jazz Radio le vendredi et le dimanche à 1h du matin et 18h (heure de Paris). Pas de podcast. Thème de l'émission: L'Afrique, c'est chic! L'Afrique rêvée et vécue par les Jazzmen. 

" Pour aller de Paris à Dakar, il faudrait toute une vie " (Théodore Monod). Barney Wilen (1937-1996), lui, prit deux ans de 1969 à 1970. Peut-être ce goût de l'Afrique lui vint-il de sa participation aux Jazz Messengers d'Art Blakey pour la musique du film de Roger Vadim " Les liaisons dangereuses " (1959 avec Boris Vian comme acteur). En tout cas, dans son album " Jazz sur Seine " (1959), Barney avait ajouté aux trois Américains du Modern Jazz Quartet sans John Lewis (Milt Jackson le remplaçant au pîano, Percy Heath à la contrebasse, Kenny Clarke à la batterie), le percussionniste sénégalais Gana M'Bow sur deux morceaux.  Barney était parti pour Zanzibar en compagnie d'une troupe de musiciens, cinéastes d'une quinzaine de personnes dont sa muse et compagne d'alors, Caroline de Bendern. Le but était donc de traverser l'Afrique d'Ouest en Est. En fait, ils la parcoururent du Nord au Sud s'arrêtant au Maroc, en Algérie, au Niger, au Mali, en Haute Volta (aujourd'hui, Burkina Faso) pour finir au Sénégal. Le parcours est décrit dans la superbe pochette de l'album par Caroline de Bendern. Barney n'a pas voulu qu'elle signe. Orgueil masculin?

Le monde entier connaît le visage de Caroline de Bendern, la Marianne de Mai 68. Petite fille d'un Lord anglais milliardaire, mannequin de mode, âgée de 23 ans, elle participe à l'euphorie des journées de Mai 68 à Paris. Le 13 mai, elle est fatiguée de marcher, le graphiste Jean-Jacques Levet la hisse sur ses épaules. Elle refuse le drapeau rouge, brandit le drapeau du Vietnam (les négociations pour la paix au Vietnam se déroulaient alors à Paris). Un photographe de presse, Jean-Pierre Rey, la prend en photographie. Elle devient l'icône de Mai 68, la photographie fait le tour du monde. Quelques jours plus tard, son grand-père millionnaire, retiré dans une villa de Biarritz, la découvre en une de Paris Match. Furieux, il la déshérite. 50 millions de nouveaux francs français envolés. Les agences de mannequin américaines la mettent sur une liste noire. Une égérie révolutionnaire sur les podiums, vous n'y pensez pas, cher(e) ami(e)? Commence pour elle une nouvelle vie plus pauvre en argent, plus riche en aventures. Dont celle en Afrique avec Barney Wilen.

Au gré des rencontres, du voyage, des incidents de parcours (il n'y avait pas encore de terroristes islamistes dans le Sahara mais il y avait des guerres au Tchad et au Nigeria), ils enregistrent des musiques, des sons. Certains membres de la troupe rentrent en France, d'autres se convertissent à l'Islam et restent sur place vivre leur foi. La compagnie Zanzibar, financée par une riche héritière aux opinions d'extrême-gauche, Sylvina Boissonas, (c'était la mode à l'époque) finit par couper les vivres. Zanzibar, c"était un hommage à Arthur Rimbaud, autre chercheur d'Afrique. Arrivés à Dakar, il fallut rentrer en France mais en bateau. Caroline de Bendern sortit un film en 1971 " A l'attention de Mademoiselle issoufou à Blima " produit par elle même. Ce film a pour bande musicale des extraits de l'album " Moshi ". 

Rentrés à Paris, Barney et Caroline disposant d'heures d'enregistrement sonore et visuel, entrent en studio avec des jeunes musiciens français dont le pianiste Michel Graillier qui épousa ensuite la batteuse qu'il rencontra alors, Micheline Pelzer. Le résultat donne une Afrique psychédélique, un album entre documentaire (prière du marabout, aboiements du chien) et Afro Beat comme ce " Zombizar " hommage à l'île de Zanzibar où ils n'arrivèrent jamais. A moins que ce ne soit un clin d'oeil à la compagnie cinématographique qui avait financé l'aventure. Saravah fondée en 1966 par Pierre Barouh avec l'argent gagné grâce au triomphe inespéré d'Un homme et une femme de Claude Lelouch et dont la devise, empruntée à Salvador Dali, est " Il est des années où on n'a envie de ne rien faire " est l'éditeur musical idéal pour cet double album hors normes. Barney et Caroline n'ont pas enregistré la musique pygmée (leur but d'origine) mais avec tout ce qu'ils ont collecté, ils ont collé, bricolé, composé, décomposé, recomposé, joué, chanté, une Afrique vécue et rêvée

Je me souviens encore de la stupéfaction de mon ami Burkinabé Monsieur B. lorsque je lui fis découvrir cette musique. Entendre sur un album enregistré à Paris en 1972 par un saxophoniste de Jazz blanc franco américain, de la musique mandingue, de Bobo Dioulasso, sa ville, une musique qui sert notamment à chanter les louanges de sa famille ( Monsieur B est issue d'une famille riche, puissante, ancienne, respectée dont les griots chantent la gloire), ce fut pour lui un choc mémorable. Un choc joyeux, bien sûr.

Le contexte de cet album est si riche que je vais continuer à l'explorer. A comparer avec la version remixée, quarnate ans plus tard,  à partir des bandes originales découvertes par Patrick Wilen, le fils de Barney, photgraphe de mode,  " Moshi Too ".

 

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