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Hommage à Maurice André, l'homme à la trompette d'or

Publié le par Guillaume Lagrée

Hors du Jazz, le Français Maurice André (1933-2012) fut certainement le plus grand trompettiste du XXe siècle.

Il respectait autant les Jazzmen que ceux-ci le respectaient.

C'est ainsi qu'un soir, à la télévision française, dans l'émission " Le Grand Echiquier " de Jacques Chancel, il fit un duo magnifique avec  Dizzy Gillespie.

Ils jouent " Manha de Carnaval " du compositeur brésilien Luiz Bonfa. En 2mn 20, hormis la joie qui vous remplira, lectrices vénérées, lecteurs vénérables, vous aurez tout le loisir d'entendre la différence entre un Maitre du classique et du contemporain, Maurice André et un Maître du Jazz, Dizzy Gillespie. Maurice joue le thème, Dizzy improvise autour. Maurice joue legato alors que Dizzy joue alternativement staccato et legato dans le même morceau, style qu'il inventa selon ses dires. Je laisse aux éminents musicologues lecteurs de ce blog le soin de discuter voire contredire cette assertion. Pour ma part, je me contente de me réjouir à chaque nouvelle écoute de ce petit bijou sonore.

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Dizzy Gillespie montre la différence rythmique entre Jazz, Salsa et Bossa Nova

Publié le par Guillaume Lagrée

 

Lectrices assoiffées de savoir, lecteurs affamés de connaissance, voici un document essentiel pour saisir immédiatement la différence entre les rythmes du Jazz nord américain, de Cuba & du Brésil.

Dizzy Gillespie (1917-1993), trompettiste, chanteur, chef d'orchestre, pianiste, compositeur, clown, philosophe, croyant, danseur, militant politique l'explique tout simplement avec les deux mains à son ami Français Maurice Cullaz, éminent critique, père du contrebassiste Alby Cullaz. Le film de Jean-Henri Meunier se nomme " Smoothie ", le surnom que Louis Armstrong donnait à son ami Maurice. Dans l'extrait ci dessous, la démonstration de Dizzy commence à 3mn30 environ après que le Soul Brother n°1, James Brown, ait dit tout le bien qu'il pensait de son ami Maurice Cullaz.

Ouvrez grand vos yeux et vos oreilles, c'est parti. Les amateurs reconnaîtront la " Samba de una nota so " (One note Samba en anglais) d'Antonio Carlos Jobim jouée et chantée par Dizzy Gillespie sans instrument de musique.

 

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Le fluturiste André Stochetti remonte la Côte Ouest de la France de mars à avril 2012

Publié le par Guillaume Lagrée

 

Le fluturiste André Stochetti dont j'apprécie l'oeuvre tant sur son album que sur scène est de retour avec l'arrivée du printemps.

Il remonte la West Coast française depuis Dax (Landes) jusqu'à Dunkerque (Pas de Calais) et même au delà jusqu'aux Pays Bas(Maastricht) en passant par Rennes, ma ville natale, en Bretagne.

Allez le saisir au vol avant qu'il ne décolle vers une autre ville, une autre salle. Spectacle visible à partir de 6 ans. Peut-être en dessous pour la version jeune public que je ne connais pas. Emmenez y vos enfants, cela stimulera votre imaginaire et le votre.

Il fut un temps où André Stochetti jouait de la musique baroque. Il n'en joue plus, il l'est.

 


10 mars : 
La rochelle (17), galerie Etre et Connaître (Flûturiste, cabaret poétique)
12 mars : Dax (40), salle Atrium  (version jeune public)
13 mars : Dax (40), salle Atrium  (version jeune public)
14 mars : Conservatoire, (Master class, instruments anciens et nouvelles technologies)

16 mars : Dax (40), salle Atrium  (Famille Flûturiste)
19 mars : Niort (79), Petit Théâtre Jean Richard (version jeune public)
20 mars : Niort (79), Petit Théâtre Jean Richard (version jeune public)
20 mars : Parthenay (79), Foyer Gabriel Bordier (Flûturiste, cabaret poétique)

21 mars : Parthenay (79), Conservatoire de musique (Master class + cabaret poétique) 
22 mars : La Crèche (79), (version jeune public)

  24 mars : Rennes (35), La Cour des Miracles (Flûturiste, cabaret poétique)
27 mars : Bourgtheroulde (27), Centre Socio-Culturel G. Martin (version jeune public)
28 mars : Flers (61), Hôpital de Flers (Rencontre autour de la flûte)
29 mars : Flers (61) Salle Madeleine Louaintier (version jeune public)
30 mars : Flers (61) Salle Madeleine Louaintier (version jeune public)
02 avril : Coudekerque-Branche, salle Chaplin (Flûturiste, cabaret poétique)

08 avril : Maastricht (Pays bas), (Flûturiste, cabaret poétique)
14 avril : Liège (Belgique), Salle 302, (Flûturiste, cabaret poétique)
17 avril : Luxembourg 
- Theater Online
 (Création "The Duo")

 

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Musique et poésie pour petits et grands: Yves Rousseau et Elise Caron en concert en France en mars 2012

Publié le par Guillaume Lagrée


Duo "musique et poésie"
Par 
Eleonor Agritt (voix) et Yves Rousseau (contrebasse)
à La Java
105, rue du Faubourg du Temple - 75010 Paris - M°: Belleville ou Goncourt
le dimanche 4 mars 2012 à 17h

Ce duo musical se déroulera aussi à la médiathèque George Sand d'Enghien les Bains (95880)
le 
samedi 10 mars 2012 à 17h.

« Un dialogue dont l'argument est la mise en musique d'oeuvres écrites par des poètes contemporains de la langue française. On y retrouve des noms connus et d'autres qui le sont moins, tous choisis conjointement. Citons pêle-mêle Fabrice Melquiot, Jean-Louis Novert, Serge Wellens ou bien encore Jean-Patrice Courtois, jusqu'à Rainer Maria Rilke et son « Portrait intérieur » initialement écrit en français par le poète, ou encore la contrebassiste Joëlle Léandre qui fut auteur en son temps d'un recueil intitulé « Caraque ».»
Yves Rousseau, artiste musicien, compositeur et interprète est en résidence au Centre des arts d'Enghien-les-Bains depuis 2009.

En partenariat avec le centre des arts.
Entrée libre - Tout public - Salle Mora
Médiathèque George Sand - 5 / 7 rue de Mora - 95880 Enghien-les-Bains
Renseignements : 01.34.28.45.91
www.georgesand95.fr
En transports en commun : Train de banlieue Paris Gare du Nord - Direction Pontoise ou Valmondois  - La gare est à 200m de la médiathèque

 

Elise-Caron.jpg

La photographie d'Elise Caron est l'oeuvre du Sentimental Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette photographie sans l'utilisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.
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"Chansons pour les petites oreilles"
Elise Caron, voix - Christine Chazelle, piano et Michel Musseau, piano-jouet et scie musicale.

le mercredi 7 mars 2012 à 17h 
Salle Patrice Leconte - rue du château 37800 Sainte Maure de Touraine


les lundi 12 et mardi 13 mars à 11h15 et 15h au Théâtre de Mende - Foirail - 48000 Mende 

le 27 mars à 14h30 et 18h30 au Théâtre de Fos sur mer - Avenue René Cassin - 13270 Fos-sur-Mer

 


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Le trio de Colin Vallon ou la nouvelle vague suisse sur Paris

Publié le par Guillaume Lagrée

Colin Vallon Trio

Paris. Le Duc des Lombards.

Mardi 28 février 2012.20h.

 

 

Colin Vallon : piano

Patrice Moret : contrebasse

Samuel Rohrer : batterie

 

Colin Vallon

 

La photographie de Colin Vallon est l'oeuvre de l'Helvétique Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette photographie sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

 

J’ai découvert Colin Vallon comme accompagnateur de la chanteuse Elina Duni. Le voici en leader.

 

Après un long instant de concentration, le pianiste se lance rejoint, à l’instant, par ses complices. Le piano sonne comme les cloches d’une église de campagne dans le lointain. Le batteur percussionniste fait des bruits de torrent. La contrebasse trace la voie. C’est très frais. Il y a maintenant trois chants parallèles coordonnés. Petit à petit, le pianiste prend la main. C’est étrange C’est du romantique dans l’esthétique ECM qui édite ce trio d’ailleurs. Le batteur trouve de jolies couleurs sur la caisse claire avec une baguette main droite et un balai main gauche. Le batteur passe aux baguettes et martèle avec le piano alors que la contrebasse poursuit son chemin, tranquille. Ca s’agite franchement avec un pianiste dans l’ostinato et un son de batterie plutôt rock’n roll.

 

Ils relâchent la pression et enchaînent sans que le public ait le temps d’applaudir. Une petite ballade toute douce au piano. Ca monte joliment dans le grave. Ca chante. Il n’accompagne pas une chanteuse pour rien, ce jeune homme. Le trio démarre. Relâché, souple. Le batteur semble se tenir à distance de sa batterie mais c’est pour mieux en maîtriser les sonorités.. Un joli friselis de cymbales aux balais pour finir.

 

Applaudissements. Silence. Concentration. Tout grince. La contrebasse sous l’archet, la batterie sous les pointes des baguettes, les cordes du piano. Amis dépressifs, bonsoir ! Ah, le trio démarre doucement une valse sentimentale, pas légère du tout. Ces garçons jeunes, beaux, talentueux ont donc le cœur lourd. Le piano résonne, à coffre ouvert, avec une étrange pulsation dont je ne sais expliquer la puissance. Bien joué. Le trio repart doucement avec des tintements, des frottements, des chuchotements. La musique monte en puissance mais leur cœur reste lourd malgré la pulsation de la basse, le cliquetis de la batterie, le chant du piano. C’est bien fait mais je reste à distance, pas impliqué.

 

Le batteur commence, en bon « barman de sons » comme disait Jean Cocteau, premier président de l’Académie du Jazz. Un solo surréaliste et déconstructiviste. Le pianiste doit utiliser une machinerie cachée pour obtenir des sons de cette nature, prolongés comme un orgue. J’ai vu une lueur bleue dans le corps du piano. C’est bien cela. Il trafique les sons. Les amis de la dépression sont de retour. Tout se calme pour revenir à une mélodie douce et simple au piano, ponctuée par la contrebasse. Jolis frôlements des balais sur les cymbales. Ces jeunes gens ont beaucoup trop écouté Keith Jarrett (lui aussi édité par ECM) et comme Keith Jarrett m’ennuie…

 

Ah, enfin, un truc léger qui swingue ! Ouf ! Et qui chante balkanique comme les chansons de l’Albanaise de Suisse Elina Duni. Après presque une heure de concert, enfin, ils jouent ce que j’espérais, attendais. Ils ne me doivent rien, ils font ce qu’ils veulent mais ça, ça me plaît vraiment. C’est ce que j’ai apprécié derrière Elina Duni, c’est ce que j’apprécie sans elle. Le batteur malaxe ses tambours vite et bien avec les balais. Le bassiste tient sa ligne. Le piano balance, hoquète, bouge, décolle. Finie la dépression ! Vive le vent du bon temps ! La preuve, pour la première fois depuis le début du concert, je bats la mesure du pied droit. Le batteur est passé aux baguettes, hache plus vite, plus fort. Solo de batterie. Les tambours vibrent bien. C’est un batteur coloriste. Ce n’est pas si fréquent.

 

C’est sur cette note positive et bulgare que se termine ce concert. Il me reste à maintenant à découvrir l’album « Rruga » du trio de Colin Vallon.

 

Pour illustrer mon propos, vous trouverez ci-dessous, bienveillantes lectrices, attentifs lecteurs, un extrait d'un autre concert de ce trio suisse.

 

 

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Le trio d'Eric Le Lann rend hommage à Chet Baker

Publié le par Guillaume Lagrée

 

 

Eric Le Lann Trio 

Paris. Le Caveau des Légendes

Samedi 25 février 2012. 21h30.

 

Hommage à Chet Baker

 

Eric Le Lann : trompette

Gildas Boclé : contrebasse

Nelson Veras : guitare

 

En première partie, un tour de chant « humoristique ». Un homme seul au micro avec sa guitare électrique. Il sait jouer, il sait chanter mais pour l’humour, par contre…

 

Les cordes s’accordent. Eric joue sans micro. Ca résonne bien sous les voûtes de pierre de cette cave médiévale et germanopratine. Gildas tient le rythme. Nelson joue légèrement derrière mais bien présent. C’est un hommage à Chet Baker (1929-1988, trompettiste et chanteur blanc américain). Ils jouent donc des morceaux que jouait Chet, des standards du Jazz pour la plupart. La différence, c’est qu’Eric Le Lann ne chante pas. Sa trompette chante pour lui. Eric se met en mode pause. Nelson, souple, léger, enrichit la mélodie, la pare de mille atours. Gildas et Nelson ont joué ensemble pour la première fois en 1995. Tour à tour, chacun prend la main. Ca joue, nom de Zeus ! Eric ajoute un supplément d’âme, quelque chose qui nous touche, nous écorche mais ne nous blesse pas. Je chantonne avec la trompette. C’était « Night Bird » d’Enrico Pieranunzi, ancien pianiste de Chet Baker.

 

« Summertime » (George Gershwin).  La trompette commence puis la contrebasse, puis la guitare la rejoignent. C’est dense, riche en émotions. Ca trio conserve la tradition mais ça ne sent pas la copie. C’est authentique. Nelson ajoute ses couleurs brésiliennes. Des mystères se déroulent entre Gildas Boclé et Nelson Veras. Je ne veux pas les éclaircir de peur qu’ils ne perdent leur charme. A l’archet, Gildas est particulièrement reconnaissable par la sûreté, la grâce de ses traits. Eric joue acide, mordant, d’une force contenue qui joue en douceur dans une dernière déchirure.

 

« The more I see You, the more I love You », standard du Jazz et de la Pop. Morceau plus vif, plus joyeux mais toujours avec cette part de mystère, de blessure propre à Eric Le Lann. Il y a des trompettistes qui m’impressionnent plus techniquement mais, émotionnellement, parmi les trompettistes vivants, aucun ne me touche comme Eric Le Lann. Nelson Veras jugule sa virtuosité pour se concentrer sur l’émotion, la mélodie.

 

« Milestones » (Miles Davis). Joué en trio, ça fonctionne aussi. Avec trois musiciens de cette trempe, une batterie serait trop lourde, un piano trop présent. Il leur faut cette place pour s’exprimer. Nelson Veras utilise des cordes en nylon ce qui explique, en partie, la souplesse, la chaleur de son jeu. Gildas reprend l’archet. Ca file, vibre.

 

« I am a fool to love You, I am a fool to want You ». Une ballade comme savait l’interpréter Chet Baker et comme sait l’interpréter Eric Le Lann. Ils nous prennent au sentiment et ça marche. L’ambiance intime de cette cave voûtée aux pierres irrégulières, où mon imagination me fait voir des personnages dessinés, plutôt diaboliques que divins, correspond parfaitement à cette musique. Cette fois, ils ont joué groupés, sans solo. C’est bien aussi.

 

« Love for sale ». Avec un petit air latin qui va bien. Devant Mademoiselle A et Mademoiselle F, un monsieur à tête blanche ne cesse de la hocher. Il est heureux. Nelson réalise des prodiges de discrétion. Gildas fait le lien. Eric dirige. Eric a cessé de jouer. Gildas fait la ligne de basse et Nelson décolle en douceur, sans qu’on s’en aperçoive. Il nous emmène de plus en plus loin. Clair, précis dans chaque note et toujours en suspens, en mouvement. Ca repart à trois. Nom de Zeus, c’est beau !

 

PAUSE

 

Eric attaque un standard dont le nom m’échappe. Les cordes arrivent. Gildas tient la baraque. Nelson, à distance, dialogue avec Eric. Un air rapide. Nelson est lancé sur le tapis que lui déroule Gildas. Ils ont repris à trois, avec un dialogue constant trompette-guitare, la contrebasse liant l’ensemble.

 

« You don’t know what love is ». Eric commence seul cette ballade que Chet chantait si bien. Ca chante. Solo à l’archet de Gildas Boclé, toujours admirable de précision et d’émotion.

 

Un standard dont le titre m’échappe, lancé par la trompette. Ca tourne, tourbillonne, nous emporte.

 

Une ballade dont le titre m’échappe. Le vieux Monsieur devant nous continue de hocher la tête. Mademoiselle A, Mademoiselle F et Madame G écoutent attentivement, elles aussi. Ca avance en glissant doucement, en flottant dans l’air. La trompette nous prend aux tripes. Solo cristallin de guitare porté par la contrebasse.

 

« So What » (Miles Davis). La plus célèbre ligne de basse de la musique de Jazz. Pour l’original, écoutez Paul Chambers sur l’album « Kind of Blue » (Miles Davis, 1959). Nelson joue à la place du piano dans un rôle plus discret. Où sont cachés la deuxième guitare et le deuxième guitariste ? Ah, c’est vrai, c’est Nelson Veras qui joue. Gildas Boclé passe à l’archet et fait sonner sa contrebasse comme des grandes orgues. Retour de la trompette et de cette fameuse ligne de basse. Nelson fait le contrechant de John Coltrane (sax ténor) et Julian Canonball Adderley (sax alto) avec une guitare électro-acoustique. C’est dire.

 

BIS

 

«  My one and only love ».  Je n’écris plus, je savoure.

 

Voici le commentaire enthousiaste de Monsieur T, un fidèle lecteur de ce blog, sur le premier concert de ce trio. Merci à lui.

 

Vendredi 24 février 2012, au Caveau des légendes s'est déroulé dans une ambiance extraordinaire, une véritable communion autour du trio d'Eric Le Lann. L'hommage donné à Chet Baker était d'un niveau très élevé et ceci grâce aux sons de la trompette d'Eric Le Lann ! Nous nous réjouissons d'avance que ce trio soit à nouveau présent au même endroit dès le mois de mars. Tous les adeptes du jazz ayant le bon goût de la musique viendront écouter ce trio d'Eric Le Lann.

 

" Milestones " joué par le trio d'Eric Le Lann. Ce trio sera de retour à Paris, au Caveau des Légendes, les vendredi 23 et samedi 24 mars, vendredi 20 et samedi 21 avril à 21h30. Ils nous rappelleront à nouveau que Chet Baker n’est pas seulement le titre d’une chanson de Vanessa Paradis…

 

 

 

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Oliver Lake remue le Sunset

Publié le par Guillaume Lagrée

Oliver Lake Trio

Paris. Le Sunset.

 Vendredi 24 février 2012.21h30.

 

Oliver Lake : saxophone alto, poésie

Peter Giron : contrebasse

Benjamin Sanz : batterie

 

Peter Giron

 

 

La photographie de Peter Giron est l'oeuvre de l'Emouvant Juan Carlos HERNANDEZ. L'utilisation de cette photographie sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

 

Gros son. C’est plus aigu qu’un ténor mais ça sonne aussi puissant. Ca vibre et pulse derrière. C’est libre avec une mélodie tout de même. Ce n’est pas le genre de musique propice à emballer les minettes ou les minets au bar. Ca me rappelle le Sonny Rollins de 1963-1966 mais à l’alto. C’est dire si ça déménage. Ils nous plongent dans le shaker et ne nous laissent pas nous reposer. Oliver Lake a certainement beaucoup écouté Ornette Coleman mais son jeu est plus brutal, moins chantant. Quelle pulsation de la contrebasse ! Bien amplifiée, elle nous enveloppe, nous propulse stimulée par le cliquetis de la batterie. Oliver Lake repart avec un vibrato très étrange. Rick Margitza rejoint le public. Il n’a pas amené son saxophone ténor. Dommage. Le trio est reparti à l’attaque : le suraigu de l’alto, la souplesse de la contrebasse, le foisonnement de la batterie. Tout est fait pour que l’auditeur fuie ou perde la tête. Le public reste. Nous optons donc pour la perte momentanée de la raison. Partis comme ça, ils peuvent jouer des heures sans s’arrêter. Les mélodies s’enchaînent, les rythmes sont malmenés.

 

Ils nous laissent le temps d’applaudir et c’est reparti. Le tempo est plus lent mais l’humeur reste agitée. Le sax alto nous fait des croassements de crapauds, des grincements de dents, des rires d’oiseaux moqueurs et bien d’autres choses encore. La pulsation est bien là. Je bats la mesure des pieds. Des claquements de langue sur l’anche, contrebasse et batterie tout en douceur.

 

Maintenant, c’est la porte qui grince. Avant de passer à un chant doux et plaintif l’instant d’après. Oliver Lake joue propre quand il veut. Basse et batterie entretiennent le suspens avant le retour du saxophone. Le chant se poursuit, doux, étrange, troublant. Un instant de recueillement avant d’applaudir.

 

Tiens, il chante maintenant. Plutôt un rap rapide, un slam. Welcome to Black America ! Si un DJ passe par là, il n’a qu’à enregistrer et sampler autour . Cela me rappelle le regretté Gil Scott Heron. « What can I do ? » est le refrain. Un roulement de cymbales et la musique commence. Oliver Lake passe en un instant de la sirène d’alarme à la ballade qui tue. L’auditeur n’a pas le temps de s’habituer que la musique a déjà changé. Ca balance, ça fouette. Il y a même une allusion de 2s à « Night in Tunisia » (Dizzy Gillespie). Rythmique funk mais d’un funk très étrange. Beau duel funky basse/batterie. Beau solo de batterie funky, bien construit. Surtout sur les tambours qui roulent avec des bonnes claques de cymbales pour ponctuer. C’est reparti en trio, à fond les manettes. Ca descend doucement. La contrebasse flotte en suspens. La batterie tintinabule. Oliver Lake reprend son slam. Ca sonne. « What if ? ». Plein de rapeurs à la noix de cajou pourraient en prendre de la graine. Il repart propulsé par la rythmique souple, puissante.

 

Basse et batterie repartent sur un air funky. Je bats la mesure du pied et hoche la tête. Ca marche. Le sax reprend sa plainte aigre douce. La musique nous raconte une histoire fière et belle. La contrebasse tire sa ligne, la batterie virevolte autour et le sax plane, vole, chante. C’est dansable à condition d’avoir l’esprit aussi libre qu’eux. Pas facile. Oliver Lake se remet à parler, de sa mère. « Breaking glass ». La rythmique groove doucement et efficacement derrière. Sa mère cassait du verre avec un marteau. Je laisse les freudiens et les lacaniens se disputer sur l’interprétation de ce texte. Oliver Lake ne brise pas le verre avec son sax alto. Au contraire, il en joue doucement, chaudement pour changer. La contrebasse, seule, remplit l’espace de sa vibration. Maestro Peter Giron. Oliver Lake lit ses poèmes qui sont édités.

 

PAUSE

 

Le Free Jazz, c’est comme l’alcool, je le consomme avec modération. J’ai fait le plein d’émotions fortes pour ce concert. Je quitte ce concert ému et remué.

 

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Sélection de concerts de Jazz à Paris et en Bretagne pour mars 2012

Publié le par Guillaume Lagrée

Lectrices subtiles, lecteurs délicats, pour accompagner le mois de mars, souvent pluvieux à Paris, rien de tel que ces eaux chantées par Joao Gilberto (guitare) accompagné par  Stan Getz (saxophone ténor). La version française, " Les eaux de mars " est délicatement chantée et jouée par Georges Moustaki. Je vous laisse le plaisir de la trouver.

Si vous voulez quitter Paris, allez prendre l'air en Bretagne avec le festival Jazz à l'Etage à Rennes du 2 au 9 mars puis le festival Couleurs Jazz à Saint Malo du 9 au 11 mars.

De retour à Paris, si la Bretagne vous manque, allez écouter Babord Amures à la Reine Blanche le samedi 24 mars.

Si vous êtes insomniaque et agoraphobe, allumez votre téléviseur sur la première chaîne le lundi 5 mars à 3h15 du matin pour savourer le concert du Duke Orchestra dirigé par Laurent Mignard.

Pour le mois de mars 2012, c'est avec la superbe d'un serveur de restaurant étoilé parisien que je vous propose le menu suivant.

Sunset/Sunside

Vendredi 2 à 21h, Jazz à Roland Garros avec Enrico Pieranunzi  (piano) en trio avec Scott Colley (contrebasse) et Antonio Sanchez (batterie). Attention, fragile. 

Mercredi 14 à 21h au Sunset, le quartet du saxophoniste argentin Leandro Guffanti avec Minino Garay (batterie). Muy caliente!

Samedi 24 mars à 20h au Trianon  (Sunside hors les murs), le pianiste franco américain Dan Tepfer jouera en solo ses Variations sur les Variations Goldberg de Jean Sébastien Bach. Ensuite, mina agossi " chantera " en compagnie du légendaire saxophoniste ténor noir américain Archie Shepp.

Lundi 12 et mardi 13 à 21h au Sunside, Elisabeth Kontomanou (chant) en duo avec James Weidman (piano) viendra défendre son magnifique album "  Secret of the wind ". Soyez y, sapristi!

Mercredi 14 et jeudi 15 à 21h au Sunside, le sextet du saxophoniste Jean-Philippe Scali viendra promouvoir son enthousiasmant album "  Evidence ". Ondes positives garanties.

Lundi 19 à 20H et 22h au Sunside, Dave Liebman et Ellery Eskelin (saxophones) Quartet avec Tony Moreno (contrebasse) et Jim Black (batterie). Ca va nous rafraîchir les neurons!

Dave Liebman

La photographie de Dave Liebman est l'oeuvre du Funkallero Juan Carlos HERNANDEZ. L'utilisation de cette photographie sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Samedi 24 mars à 21h au Sunside, Nicole Mitchell (flûte) dialoguera avec Michel Edeiin (flûte) accompagnés de Jean Jacques Avenel (contrebasse) et John Betsch (batterie). Amis des oiseaux, venez écouter ce quartet. Ca va voler très haut, léger, subtil.

Duc des Lombards

Mercredi 7, jeudi 8, vendredi 9 à 20h et 22h: John Pizzarelli Quartet. John, le fils de Bucky, joue de la guitare, chante avec son frère Martin (contrebasse) dans un programme hommage à Duke Ellington. Swing, swing, swing.

Lundi 12 à 20h et 22h: Rudder, le quartet du saxophoniste Chris Cheek. Remue méninges assuré.

Mardi 13 et mercredi 14 à 20h et 22h, Larry Goldings (orgue, claviers) en trio avec Peter Bernstein (guitare) et Bill Stewart (batterie). It's so good it must be illegal comme le chantait Fats Waller.

Vendredi 30, samedi 31, dimanche 1er avril à 20h et 22h, Tania Maria du Brésil (piano, chant) en trio avec les frères Fanfant des Antilles françaises (Thierry: basse, Jean-Philippe: batterie). Pas seulement pour les danseurs.

 

La Java

Vendredi 9 mars de minuit à l'aube, Electro Swing Club. Le Jazz des années 20-30-40 remixé par des DJ électro. Pour faire danser les jolies souris  toute la nuit et leur prouver que le Jazz n'est pas une musique de vieux matous racornis. Le but du jeu est de leur faire découvrir les versions originales ensuite. Elles sont tellement plus sensuelles...

Lundi 26 mars à 20h30. Joe Mac Phee saxophoniste américain rencontre Raymond Boni, guitariste français. Surprises auditives en perspective.

Le New Morning

Vendredi 9 et samedi 10 à 20h30, Bonga, la voix de l'Angola. Ce n'est pas du Jazz mais c'est si beau que ce serait dommage de s'en priver.

Jeudi 29 à 20h30, Billy Cobham, Mr Funky Drummer! Puissant et précis, le meilleur batteur de la Fusion en action.

Studio de l'Ermitage

Mercredi 21 à 20h. André Minvielle (vocalchimiste) en duo avec Lionel Suarez (accordéon caméléon). Emmenez vos enfants. Si vous n'en avez pas, emmenez ceux de vos amis. Ouvrez grand vos esprits et lâchez vous, saperlipopette!

Auditorium Saint Germain des Prés

Lundi 26 à 19h30Antoine Hervé: " Leçon de Jazz sur Wayne Shorter ". A comparer avec celle existant en CD et DVD et avec celle déjà chroniquée sur ce blog. Emmenez y parents, amis, enfants pour leur instruction et leur divertissement, lectrices attentionnées, lecteurs attentifs.

Le Triton (Les Lilas, métro Mairie des Lilas, ligne 11)

Vendredi 2 à 20h30, le trio Open Gate d'Emmanuel Bex. Un trio de poètes, ça ne se manque pas.

Samedi 3 à 20h30, l'If Duo de Giovanni Falzone (trompette)/Bruno Angelini (piano). La plus belle partie France/Italie dont on puisse rêver. Suivi d'un autre simple messieurs France Italie avec François Merville (batterie) face à Francesco Bearzatti (sax ténor, clarinette).

Samedi 17 à 20h30, The trouble with happiness par John Greaves (chant) avec  Sophia Domancich (piano) et Vincent Courtois (violoncelle). Décérébrés, s'abstenir.

Jeudi 22 et vendredi 23 à 20h30, Tim Berne (sax alto) invite Marc Ducret (guitare électrique). Chaud devant!


Caveau des Légendes:

Vendredi 23 et samedi 24 à 21h30Eric Le Lann (trompette), Gildas Boclé (contrebasse), Nelson Veras (guitare) rendent hommage à Chet Baker. Pour réviser ses classiques, il faut des Maîtres. Les voici. Allez les écouter. Musicalement, émotionnellement, c'est un Must. J'étais au concert du samedi 25 février. J'y retournerai.

 

 

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La Caravane Gazelle fera étape du 30 mars au 1er avril au Théâtre Daniel Sorano à Vincennes

Publié le par Guillaume Lagrée

 

Lectrices exploratrices, lecteurs voyageurs, sachez que la Caravane Gazelle d'Olivier Calmel et Cie fera étape à Vincennes, Val de Marne, Ile de France, France au théâtre Daniel Sorano du vendredi 30 mars au dimanche 1er avril 2012.

Pour avoir vu deux fois ce spectacle, je peux garantir que s'il est destiné aux enfants, les adultes peuvent eux aussi y voyager en toute liberté.

 

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Prince et le Jazz

Publié le par Guillaume Lagrée

 

Lectrices funky, lecteurs groovy, vous avez certainement remarqué que j'ai déjà parlé de Prince ici et . Radio Campus Paris lui a consacré une émission spéciale " Prince et le Jazz " en compagnie de Christophe Geudin, rédac chef de Funk U et Frédéric Goaty, rédacteur en chef de Jazz Magazine qui a déjà consacré une Nuit à Prince sur France Musique. Au menu, du TRES lourd. La composition de Kiss, les traces de la coopération entre Prince et Miles Davis, des inédits. Ayant été il y a 15 ans animateur d'une émission de Jazz sur Radio Campus Rennes, je ne puis que saluer l'initiative de ces jeunes gens passionnés. Je vous laisse découvrir l'émission riche d'anecdotes amusantes et de musique stimulante. J'ai eu confirmation que Prince se promène désormais sans garde du corps. C'est donc bien lui que j'ai croisé le 8 mars 2011 à Paris au Palais Royal. Même seul, si petit et malingre qu'il soit, cet homme est suffisamment impressionnant pour que je n'ai pas osé l'aborder. Tant pis pour moi.

Je rappelle que Christophe Geudin et Frédéric Goaty viennent d'écrire à quatre mains " Prince: le dictionnaire illustré " (Le Castor Astral, Paris, 2011). Je conseille à mes lectrices sophistiquées et à mes lecteurs élégants d'écouter le podcast de l'émission sur " Prince et le Jazz " avec un bon casque sur les oreilles pour mieux profiter de la subtilité et du raffinement des mixages de Roger Prince Nelson, auteur, compositeur, interprète, ingénieur du son, producteur, chorégraphe, éclairagiste... Vous pourrez ainsi vous apercevoir, si ce n'est déjà fait, qu'il n'y a pas de basse dans " Kiss ".

 

Prince et Miles Davis sur scène, ça donnait ça. Dans ses studios de Paisley Park à Minneapolis, Minessota, USA, Prince reçoit chez lui Miles Davis pour un concert du Nouvel An 1988 au bénéfice des sans abris de Minneapolis. Dehors il faisait froid, dedans il faisait très chaud. Miles Davis apparaît à la 56e minute du concert.

 

 

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