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Thelonious Monk en concert au Five Spot par Chester Himes

Publié le par Guillaume Lagrée

 
Respectables lectrices, honorables lecteurs, le texte qui va suivre n'est pas de la littérature pour enfants.

Il est extrait de " L'aveugle au pistolet " (Blind man with a pistol) de l'écrivain noir américain Chester Himes (1909-1984) publié chez Gallimard en 1970.

Manifestement, il s'agit d'un concert de Thelonious Sphere Monk au Five Spot Cafe à New York City, USA. L'ambiance y était quelque peu agitée ce soir là. John Fossoyeur et Ed Cercueil (Coffin Ed and Grave Digger Jones), les deux flics noirs les plus durs de Harlem, héros immortels de Chester Himes n'eurent même pas le temps d'intervenir.

 new york nuit

La photographie de New York est l'oeuvre du Nocturne Juan Carlos HERNANDEZ. L'utilisation de cette photographie sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de poursuites judiciaires au civil et au pénal.

 

CHAPITRE XVII

Vu de l'extérieur, le Five Spot n'avait aucune prétention.Ses baies vitrées donnaient à la fois sur St Marks Place et la Troisième Avenue , directement au niveau du trottoir, comme les vitrines d'un supermarché. Mais derrière cette façade se dressait en retrait une seconde cloison dans laquelle se découvraient plusieurs ouvertures en forme d'ellipse irrégulière, offrant de l'intérieur des aperçus à la Picasso, la courbe d'une trompette, des dents blanches entre des lèvres rouges, une chevelure fauve et un oeil maquillé, un verre ballon semblant flotter au bout d'une manche, des doigts noirs épatés courant sur les touches blanches d'un piano.

Du côté intérieur, ces ouvertures étaient garnies de miroirs sans tain dans lesquels les clients ne pouvaient voir que les reflets d'eux-mêmes.

Mais, en tout cas, l'établissement était bien insonorisé. Pas le mondre écho ne filtrait jusqu'à la rue, à moins que la porte ne fût ouverte. Et personne au-dehors ne pouvait entendre les précieux sons musicaux qui s'émiettaient à l'intérieur. Et tout était là. Ces sons étaient si précieux qu'on ne pouvait les gaspiller. 

Lorsque les deux détectives noirs à la mine rébarbative entrèrent dans l'établissement avec leur petit ami, ne s'entendait en fait de son que le rythme excentrique et moderne sur lequel jouaient quelques musiciens renfrognés. Les clients, eux, étaient aussi solennels que s'ils assistaient à un enterrement. Mais ce n'était pas l'apparition de deux Noirs avec une jeune pédale extravertie qui avait provoqué le silence. Les policiers connaissaient assez bien ce secteur de la ville pour savoir que les Blancs écoutent toujours le Jazz sans souffler mot. Toutefois, il n'y avait pas que des Blancs dans la salle. On apercevait aussi un assortiment de visages sombres comme dans une assemblée de l'O. N.U. Mais ces Noirs là avaient été contaminés par les Blancs. Entourés de gens silencieux, ils l'étaient eux-mêmes. 

Un type blond avec une veste de smoking noire et qui devait jouer un rôle quelconque dans la boîte les amena jusqu'à une banquette avancée placée sous le gong. L'emplacement de cette banquette était si visible qu'ils comprirent instantanément qu'elle était réservée aux gens suspects. Ils eurent tous deux un discret sourire, se demandant comment pouvait bien être jugé leur petit compagnon. Avaient-ils, eux, tellement l'air d'en être, c'était à se poser la question.

Mais à peine étaient ils assis que l'agitation se déclencha. Les deux femmes qu'ils avaient vu passer devant le snack de Harlem dans une voiture de sport étrangère un peu plus tôt dans la soirée, et que leur petit copain avait traité de lesbiennes, se trouvaient à une table voisine. Comme si leur entrée avait tenu de signal, une femme bondit sur la table et se mit à exécuter une danse du ventre frénétique, comme pour asperger le public des rayons invisibles crachés par une arme quelconque dissimilée sous sa mini-jupe; mini-jupe qui ne dépassait guère les dimensions d'un cache-sexe. Elle était en tissu lamé or et particulièrement indécente d'aspect contre sa peau veloutée de teinte chamois. Ses longues jambes lisses étaient nues jusqu'à ses bracelets de lamé aux chevilles et elle portait des sandales dorées sans talon. Le bas du buste nu et le nombril se trémoussant de façon suggestive, ses seins tressautaient dans leur gilet de maille d'or comme des bébés phoques s'efforçant de téter.

Plus mince qu'elle ne leur était apparue dans sa voiture, elle était grande, voluptueuse, tel un rêve sculptural surgi de la mer. Dans son visage en forme de coeur, se dessinait une bouche aux formes sensuelles et hardies. Ses courts cheveux bouclés luisaient comme de l'acier bleui. Au-dessus de ses yeux couleur d'ambre aux longs cils chargés de mascara noir, ses paupières étaient fardées de bleu ciel. Elle s'était composé un personnage si ruisselant de sexualité qu'elle frisait presque l'attentat à la pudueur;

- Va te faire voir ailleurs!

On comprenait tout de suite que cetta apostrophe venait d'un Noir. Jamais un Blanc n'aurait voulu se priver d'un spectacle de choix aussi rare.

- Vas-y, la Chatte, vas-y!

Et cette fois, c'était un ami. Sans doute un ami Blanc. En tout cas, quelqu'un qui connaissait son nom.

Elle avait tiré sur la glissière de sa mini jupe et la faisait glisser par petites saccades; Détournant le visage, le jeune Babson bondit sur ses pieds. Ed et Fossoyeur le considérèrent, étonnés. Et du coup, ils ne virent pas que l'autre lesbienne assise à la table de cette effeuilleuse amateure s'était levée en même temps.

- Excuse moi, dit-il, il faut que j'aille me soulager.

- Je comprends ça, fit Ed Cercueil.

- Ca te soulève le coeur à ce point là? ironisa Fossoyeur.

John Babson fit la grimace.

- Laisse-le aller, grogna Fossoyeur. C'est l'envie qui le travaille, tout simplement.

Stupidement, le petit blond en veste noire s'efforçait de remettre en place la mini-jupe. Tous les autres clients s'esclaffaient bruyamment. Sur quoi, la strip-teaseuse passa une longue jambe brune autour du cou du petit blond, lui coiffant la ête de sa mini-jupe et lui poussa son entrecuisse contre la figure.

Les musiciens au visage sévère n'avaient pas sourcillé. Ils continuaient à jouer, rendant une version moderne de Don't go Joe , comme si la tête d'un jeune blondin prise entre les cuisses d'une femme café au lait était un spectacle quotidien. A l'arrière-plan, le pianiste se promenait sur l'estrade, vêtu d'une chemise de soie verte à manches longues, avec un pantalon de lin orabge et une sorte de chapeau tyrolien à carreaux rouge et noir sur la tête. Et chaque fois qu'il passait devant l'homme au piano, il passait par dessus son épaule et plaquait un accord.

Tout l'ensemble de la boîte était devenu une vraie maison de fous. Ceux-là même à qui restait un semblant de dignité l'avaient perdu. Ceux qui n'en avaient jamais eu se tordaient de rire. Tout le monde sauf les musiciens. La direction aussi n'aurait pas dû être mécontente. Mais tout au contraire un type chauve au long visage apparut dans la salle, se précipitant au secours du blondin dont la tête était toujours prise contre le sexe de la strip-teaseuse. Souhaitait-il ou non qu'on le tirât de là, la question pouvait se poser. En tout cas, quel que fût son point de vue sur la question, tous les autres Blancs du public étaient en proie à une tempête de rires.

Le long type chauve empoigna une jambe brune et brûlante. Aussitôt, la fille la lui replia autour du cou. Cette fois, elle leur tenait leurs têtes prisonnières à tous les deux sous sa mini-jupe.

- A ta santé! cria quelqu'un

- Coupe-la en deux! suggéra un autre.

- Mais laissez-en un peu! lança une troisième voix.

La strip-teaseuse semblait la proie d'une espèce d'excitation hystérique. Elle se mit à agiter les hanches avec frénésie, comme si elle s'efforçait de fracasser l'une contre l'autre les têtes prisonnières de ses cuisses. Avec un effort concerté, les deux hommes parvinrent à se dégager, rouges comme des homards bouillis. La mini-jupe tomba sur la table. Les deux jambes marron en sortirent et les visages cramoisis reculèrent. D'un agile mouvement la femme café au lait en transpiration ôta sa petite culotte de dentelle noire et se mit à l'agiter triomphalement en l'air. La toison bouclée de son sexe dessinait contre la peau plus claire de son bas-ventre une tache sombre de la taille d'un gant de base-ball.

Des acclamations, des cris, des rugissements montèrent du public.

- Hourrah! Olé! Bravo!

La porte de la rue était ouverte. Soudain les longues plaintes sonores des sirènes de police pénétrèrent dans la salle. Fossoyeur et Cercueil sautèrent sur leurs pieds cherchant de leurs yeux leur petit copain. Ils ne virent qu'une foule au seuil de la panique. L'allègre musique jouée par les musiciens en colère cessa soudain. La strip-teaseuse nue hurla:

- Pat! Pat!

De gorges innombrables monta un long cri d'anxiété... qui se répercuta avec une résonnance nouvelle dans la pièce. Avant même d'avoir atteint la rue, Fossoyeur dit:

- Trop tard.

Pour savoir le fin mot de l'histoire, lisez " L'aveugle au pistolet " de Chester Himes.

A Paris, en 1971, lors d'un concert de James Brown à l'Olympia, une spectatrice française, Blanche, monta sur scène et fit un strip-tease complet. Personne ne l'en empêcha. Cela aurait cassé l'ambiance.

Calmons le jeu. Au Newport Jazz Festival, édition 1958, regardons et écoutons tranquillement Thelonious Monk en trio avec Henry Grimes (contrebasse) et Roy Haynes (batterie) jouer " Blue Monk ".

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Partez à la découverte des classiques avec le numéro de novembre du BSC News

Publié le par Guillaume Lagrée

Sonny Rollins

 

Heureuses lectrices, joyeux lecteurs, si vous ne faites pas encore partie des 70 000 abonnés du Best Seller Consulting News, le plus grand webzine culturel francophone, sachez que le numéro de novembre vient de sortir.

Au menu, la découverte des classiques. Vous y trouverez notamment une interview post mortem de Mirabeau par l'audacieux auteur Harold Cobert, la rubrique Jazz Club de votre serviteur illustrée par l'Illustre Juan Carlos HERNANDEZ auteur de la photographie de Sonny Rollins qui orne cet article, des dizaines de livres, albums, bandes dessinées à découvrir. L'utilisation de cette photographie sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de poursuites judiciaires au civil et au pénal.

Si le numéro de novembre vous plaît, sachez que l'abonnement est gratuit, tout comme pour ce blog d'ailleurs.

Bonnes découvertes culturelles.

 

A propos de classiques, voici " Love Letters " par Sonny Rollins, Henry Grimes et Joe Harris au Nalen Theater de Stokholm en 1959. Bonne dégustation sonore. 

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Jérôme Sabbagh/Ben Monder/Daniel Humair en fusion au Sunside

Publié le par Guillaume Lagrée

 

Jérôme Sabbagh Trio

Paris. Le Sunside.

Lundi 14 novembre 2011.21h.

 

Jérôme Sabbagh : saxophone ténor

Ben Monder : guitare électrique

Daniel Humair : batterie

 

La photographie de Jérôme Sabbagh est l'oeuvre du Flamboyant Juan Carlos HERNANDEZ. L'utilisation de cette photographie sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de poursuites judiciaires au civil et au pénal.

 Jérôme Sabbagh

 

En regardant l’ustensile qui porte les partitions, je m’aperçois qu’il vient directement du lutrin des églises. Cela ne m’avait jamais assez frappé à ce point. C’est dire le caractère sacré de la musique. En Europe, tout le système d’écriture et de notation musicale vient de l’Eglise catholique, apostolique et romaine.

 

D’ailleurs, pour commencer le concert, Daniel Humair sonne les cloches sur ses cymbales. Petites notes fermement pincées de la guitare. La voix grave, chaude du saxophone ténor s’élève. Humair est toujours aussi vif, souple, inventif à 73 ans. Il a surtout toujours le désir de se remettre en question avec de jeunes musiciens. Il se passe des choses alchimiques entre la guitare et la batterie. La musique est pesante, sombre comme une menace. Jérôme écoute, yeux clos. Il attend son tour de chant. Le voici en solo. Daniel Humair hoche la tête, yeux clos, écoutant, approuvant. Duo sax/batterie maintenant. Percussions du souffle face à celles des coups de mains. La guitare arrive et ça s’enclenche, se déchaîne même dans une puissance contrôlée. C’est bien trop libre rythmiquement, harmoniquement pour être du Rock’n Roll. C’est du Jazz électrisant. Ben Monder utilise la pédale, des effets électroniques mais sans étaler, abuser. Humair nous fait maintenant le vrombissement de l’avion sur ses tambours. Comme « barman de sons » (Jean Cocteau), il demeure dans les grands créateurs. Le trio se partage entre le psychédélisme de la guitare, le gros son à la Coltrane du saxophone ténor et la fine et puissante dentelle de la batterie. Whahou! Dès le premier morceau, ça défrise les mises en plis. Ils calment le jeu comme un descendeur à l’arrivée dans ses arabesques pour ralentir. Dans le public, un petit sifflement, un silence d’admiration puis les applaudissements.

 

Un petit air moqueur, sautillant en trio. Une autre qualité de Daniel Humair, c’est qu’il est toujours aussi joueur. Trois individualités fortes, indépendantes qui ne font qu’un, c’est impressionnant, nom d’une pipe en bois. Tiens, la guitare sonne comme une basse. Mais jusqu’où s’arrêteront ils ? Après tant d’agitation, retour au thème gentiment moqueur de départ. De la douceur, de la tendresse après le déchaînement d’il y a quelques instants. Ces hommes sont bien vivants. Ils expriment la diversité de leurs sentiments. Humair est aux baguettes, ferme, solide. C’est somptueusement délicieux comme un mi cuit au chocolat réussi : croquant à l’extérieur, fondant à l’intérieur.

 

Duo sax/batterie aux tambours pour commencer. Ca  chante, vibre. Avec un ours d’une telle carrure derrière la batterie, il faut être de taille à lutter. Jérôme Sabbagh l’est. Quand Daniel Humair joue ainsi, il semble manier des lanières de cuir, pas des baguettes de bois. Ben Monder ajoute un son subtilement torturé de guitare. Duel guitare/batterie sanglant et cinglant. Ca charge mais ce n’est pas chargé. Le sax vient s’ajouter à la fête des sensations. Humair mène la danse arrêtant, relançant le trio d’un coup de baguette. Ca débouche les circuits internes.

 

« La fée Morgane », hommage à celle qui enchante Merlin l’enchanteur. Pour la rencontrer, il faut aller dans la forêt de Brocéliande en Bretagne. Bien entendu, pour la voir, il faut y croire. Ecoutons la d’abord. C’est une ballade. Humair fait scintiller les cymbales. Tout se passe comme dans un rêve.

 

Solo de ténor pour commencer. Humair ajoute de la chaleur aux tambours. Ca s’énerve, tonnerre de Brest ! Ca gronde, plonge, bondit. La lutte est féroce entre ces trois grands fauves.

 

PAUSE

 

Pour des raisons personnelles, je suis un peu sonné et il y a école le lendemain. Fin du concert pour moi. Ce n’est pas la première fois que j’écoute ce trio en concert mais je pense ne l’avoir jamais entendu sonner si bien, toujours sur le fil mais ne tombant jamais, puissant mais pas violent, subtil mais pas gracile. Décidément, il faut suivre les aventures musicales de Jérôme Sabbagh de près.

 

Ci-dessous, ce trio au Sunset le 9 avril 2011. Depuis, ils ont fait bien plus que gravir les marches d'un club de Jazz à Paris. Allez les écouter pour le vérifier.

 

 

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Leçon de Jazz d'Antoine Hervé: Ella Fitzgerald

Publié le par Guillaume Lagrée

 

Leçon de Jazz d’Antoine Hervé 

« Ella Fitzgerald » 

Paris. Auditorium Saint Germain.

Lundi 7 novembre 2011. 19h30.

 

Antoine Hervé

 

La photographie d'Antoine Hervé est l'oeuvre du Sincère Juan Carlos HERNANDEZ. L'utilisation de cette photographie sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de poursuites judiciaires au civil et au pénal.

 

Antoine Hervé : piano, enseignement

François Moutin : contrebasse

Louis Moutin : batterie

Deborah Tanguy : chant, scat 

 

 

Ella Fitzgerald (1917-1996), l’incarnation du rêve américain : la réussite par le talent, la volonté, l’opiniâtreté. The First Lady of Song, 13 Grammy Awards.


Ils commencent par « Fascinating rhythm ». La souplesse, la chaleur, le swing, Deborah Tanguy a tout ce qu’il faut pour interpréter Ella Fitzgerald. Le trio swingue tranquille comme il faut. Le scat est bon mais, dans le genre, Ella Fitzgerald reste intouchable. Ca swinguerait plus sans les poignets de plomb de Louis Moutin. C’était un extrait de la fameuse comédie musicale de Georges Gershwin, « Lady be good ».

 

Ella eut une enfance difficile. A 16 ans, elle fut placée dans un foyer d’enfants abandonnés. A 17 ans, elle gagne un concours à l’Apollo Theater de Harlem, à New York, USA. Elle monte sur les planches avec l’orchestre du batteur Chick Webb. Le crooner de l’orchestre avait exigé qu’on l’engage. Ella imposa une comptine pour enfants de 1879 que tout le monde dans l’orchestre, sauf le chanteur, trouvait débile « A ticket a tasket ». Ce fut un triomphe. Plus d’un million d’exemplaires vendus. Amy Winehouse, chanteuse anglaise récemment décédée, a travaillé dans le style d’Ella Fitzgerald, sur les conseils de son père. En hommage à Amy, une version funky de « A ticket a tasket ». Duo funky basse/batterie. Scat d’Antoine Hervé. Ca marche, le public bat la mesure. Version funky tout en respectant la mélodie, le swing. Louis Moutin joue avec les mains sur ses tambours.

 

« Mr Paganini », morceau symbolique du scat. Antoine Hervé nous lit un exemple de scat. Il faut apprendre la phrase pour le mois prochain et la réciter lors de la prochaine leçon de Jazz. Le professeur Hervé est exigeant avec ses élèves ! Démonstration de Deborah Tanguy. «  If you can’t play it, you can sing it and if you can’t sing it, you will have to swing it ». Echanges de percussions entre le scat et la batterie.


En 1939, Chick Webb meurt et Ella Fitgerald le remplace à la tête de l’orchestre. Une femme chef d’orchestre c’est rare pour l’époque et c’est dire l’assurance de cette jeune femme de 22 ans. Elle commence sa carrière en solo en 1941. Elle était influencée par les Boswell Sisters. Ella avait une diction et une justesse parfaites. Elle avait aussi l’oreille relative, sachant toujours où se placer entre les instruments. De plus, elle avait une mémoire phénoménale lui permettant de retenir les paroles. Enfin, elle déchiffrait vite. Bref, elle avait tout pour être ce qu’elle était : la Première Dame de la chanson.

 

Elle enregistra avec un des ses modèles,  Louis Armstrong (elle reste la seule chanteuse capable d’imiter la voix de Louis Armstrong), « Ella and Louis » puis, vu le succès, « Ella and Louis again ».

 

Le groupe se lance dans un medley des succès d’Ella et Louis. « These foolish things » puis « They cant’ take that away from me » puis « Can’t we be friends » puis « Cheek to cheek » et “How high the moon”..

Ca commence en duo piano/chant par une ballade nostalgique, “ ces choses folles me font me souvenir de toi “. Le quartet enchaîne sur le swing irrésistible de « Ils ne peuvent pas m’enlever ça ».

 

Mes notes sont devenues illisibles. J’étais certainement trop enflammé par la musique pour continuer d’écrire. La chronique cesse donc ici.

`

Je dois tout même corriger une erreur du Professor Von Hervé. Ira était le frère et non l’épouse de Georges Gershwin.

 

J'ajoute par ailleurs une histoire sur Ella Fitzgerald. Un soir qu'elle était de passage à Paris en tournée, son producteur, Norman Granz, l'invita à dîner au Grand Véfour, au Palais Royal, la cantine de Colette. Ella demanda en apéritif un Coca Cola. " Je suis navré, Madame, mais nous ne servons pas cette boisson ici " lui répondit le serveur. " Ce n'est pas grave. Servez moi un Pepsi alors " lui répondit Ella en souriant. Se non è vero, è ben trovato!

 

La prochaine leçon de Jazz d’Antoine Hervé à Paris aura lieu, au même endroit, le lundi 12 décembre 2011 à 19h30.

Thème : Dave Brubeck, pianiste arythmique. 

« Pour que Dave Brubeck swingue, il faudrait qu’il pende au bout d’une corde » (Art Blakey). 

 

Ella Fitzgerald était capable de charmer des cow boys blancs en 1942. La preuve!

 

 

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Les majorettes à la fête avec le quintette de Pierrick Pédron au Sunset

Publié le par Guillaume Lagrée

Quintette de Pierrick Pédron

Paris. Le Sunset. Samedi 5 novembre 2011. 22h.

Pierrick Pédron: saxophone alto, direction

Laurent Coq: piano, claviers, programmation, Fender Rhodes

Chris de Pauw: guitare électrique

Vincent Artaud: guitare basse électrique

Fabrice Moreau: batterie

pierrick-pédron.jpg

La photographie de Pierrick Pédron est l'oeuvre du Spécialiste Juan Carlos HERNANDEZ. L'utilisation de cette photographie sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de poursuites judiciaires au civil et au pénal.

Par rapport au précédent groupe,  un batteur est absent, Franck Agulhon.

De beaux bruitages électroniques pour commencer avec le son mixé d'une fanfare. Il s'agit des aventures d'une majorette, " Cheerleaders ", ne l'oublions pas. A propos, connaissez vous la différence entre une majorette et un cheval de parade? La musique est extrêmement travaillée. Phases brutales et douces se succèdent rapidement. Ces gars n'entrent pas dans la zone de confort comme disent les sportifs. Groupe très soudé. Ca fait quelques années qu'ils tournent ensemble. Le répertoire est renouvelé. Il n'y a plus l'aspect orientalisant de leur précédent album " Omry ". Par contre, il y a un scenario plus clair dans l'histoire. Le leader, Pierrick Pédron, notre " Petit Géant " a un son que bien des saxophonistes alto américains pourraient lui envier. Rondeur de la basse, froideur de la guitare.

Mixage de la voix d'Elise Caron. La rythmique tourne autour puis le groupe démarre. La batterie pulse bien mais forcément moisn fort à un batteur qu'à deux. Duo somptueux entre l'ostinato du clavier et les envolées de la guitare, froide et tranchante. Ce Belge a la frite! Ca, c'est fait. Solo de sax alto, tranchant lui aussi mais plus chaud que la guitare. 

Grosse attaque de la basse puis de toute la rythmique. L'art de monter et de relâcher la pression en un instant. Ils frappent aussi vite et fort qu'un jab de Mohamed Ali. Ca groove. La rythmique attaque groupée alors que le chef vole au dessus comme un essaim d'abeilles. Malgré toute l'électricité ambiante, cette histoire de saxophone jouant avec des bruits enregistrés, des voix, cela me rappelle la musique d'Eddie Sauter pour le film d'Arthur Penn " Mickey One " avec Stan Getz, au saxophone ténor. 

Retour aux sons de la fanfare remixée avec des bruitages électro. Chris de Pauw est passé à la guitare sèche mais il ne joue pas du folk. Plutôt une sorte de Blues funky avec un superbe tapping sur le manche. Ca sonne, nom d'un petit bonhomme! Jolie ballade piano/guitare sèche. Le sax alto sonne rose comme un rêve de majorette. Au fait, avez vous trouvé la différence entre une majorette et un cheval de parade, lectrices perspicaces, lecteurs efficaces? Pierrick Pédron joue masculin/féminin selon les morceaux. C'est dire la diversité des émotions qu'il exprime. C'était " Blitz of time " (Chris de Pauw).

Ca commence par un Swing léger au piano relayé par la basse et la batterie aux balais. Chris reste à la guitare sèche. Ca vire, vole, décolle, léger et groupé comme des étourneaux. Pour en revenir à Mohamed Ali, le boxeur pas le batteur, " Fly like a butterfly, sting like a bee ". Pierrick Pédron a repris les commandes de l'astronef. . Ca plane pour nous. Ma jambe droite bat la mesure à tort et à travers. Ca marche. 

Gros son de basse, martèlement léger et précis de la batterie, ponctuations fines du piano dans l'aigu. Beaux contrastes. La rythmique pose l'ambiance. Confortable mais pas du déjà entendu. Il reste à trouver les DJ assez curieux pour faire bouger les corps sur les dance floors au son de cette musique. J'espère qu'il y en a. Ce groupe n'est pas seulement fait pour être écouté. Pierrick se glisse doucement dans le mouvement. Chris de Pauw est passé à la guitare électrique, discrètement. Sans prévenir, ils sont passés à une autre mélodie. Une sorte de ballade assez énergique tout de même.

Laurent Coq

La photographie de Laurent Coq est l'oeuvre de l'Hypnotique Juan Carlos HERNANDEZL'utilisation de cette photographie sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de poursuites judiciaires au civil et au pénal.

Subtil enchaînement avec le son de la fanfare. Le concert mélange donc musique jouée et musique enregistrée. Ce n'est pas comme un concert de Madonna où seule sa chorégraphie n'est pas enregistrée au préalable. Ca repart en direct. Il y a là comme une suite en plusieurs mouvements. D'ailleurs, comme dans un concert de classique, le public n'applaudit pas entre les mouvements. Nous sommes ici dans une phase d'accélération légère et puissante. Bam! Nous sortons de la zone de confort. La musique trace sa route par des chemins détournés. La rythmique démarre avec la guitare, toujours froide et tranchante et pourtant émouvante.

Un morceau plus groovy. Basse, batterie. Ca cause entre ces deux là. Quelques nappes glissantes de claviers viennent s'y ajouter. Ca, c'est bon. Ils jouent avec les codes de la musique de danse, de nuit, sans s'y enfermer. Le temps n'est pas si brutalement marqué. Il est là mais il bouge. Bref, c'est aussi du Jazz. La guitare monte le son. Quand je pense que Fabrice Moreau est aussi le batteur du trio de Jean-Philippe Viret, je mesure la multiplicité des talents de ce musicien. Là, ils fracassent tout même le piano. Le saxo arrive. Phrases brèves, rapides, fortes puis lentes et douces. Ils ont décidé de perturber nos repères spatio temporels. Ils font bien. Ca devient un moment orgiaque de rock'n roll. Décidément, la Pop anglaise inspire le Jazz français en ce moment. Nous sommes loin des copies des années 1960-1970 dans la variété. Ecoutez, pour en juger, outre ce groupe, l'oeuvre des Dames du temps présent  Elise Caron, Sophia Domancich, Claudia Solal, Sarah Murcia. Ca descend avec un son de fanfare.

Le piano redémarre seul, en douceur. Beau fondu enchaîné comme disent les cinéastes. Belle ballade où le groupe part en croisi§re sur la Mer du Nord sur les rives desquelles se trouvent tant de majorettes. A ce propos, avez vous trouvé la différence entre une majorette et un cheval de parade? C'était " Toshiko " (Laurent Coq), hommage, je le présume, à la pianiste japonaise Toshiko Ayokoshi. Erreur, c'est un hommage à la danseuse Toshiko Oiwa avec qui Laurent Coq joue en duo.

RAPPEL

Morceau tiré d'OMRY, le précédent album de ce groupe. Val André, hommage à une plage bretonne, dans les Côtes d'Armor.

Deux ans après, ce morceau fait toujours d'aussi belles vagues. Comme la Mer, éternelle et toujours recommencée, cette musique vous nettoie les sinus et les bronches. En plus, elle vous réveille, vous stimule.

Prochains concert de ce groupe à Munich, Bavière, Allemagne (là où a été produit l'album " Cheerleaders ") le jeudi 19 novembre 2011 puis à Antony, Hauts de Seine, Ile de France, France, le vendredi 25 novembre 2011.

Pour vous donner une idée plus précise de cette musique, lectrices curieuses, lecteurs avides de savoir, voici ce groupe en studio, avec fanfare, choeurs, deux batteurs et Elise Caron. Profitez en.

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Rentrée des leçons de Jazz d'Antoine Hervé à Paris et ailleurs

Publié le par Guillaume Lagrée

Antoine Hervé

La photographie d' Antoine Hervé est l'oeuvre de l'Expert Juan Carlos Hernandez.L'utilisation de cette photographie sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de poursuites judiciaires au civil et au pénal.

Lectrices assoiffées de savoir, lecteurs affamés de connaissance, réjouissez vous! Les leçons de Jazz d'Antoine Hervé reprennent.

Des leçons déjà jouées à Paris sont données dans diverses villes de France. Voir le programme sur le site Internet du Professeur agrégé de Jazzologie, Antoine Hervé.

A Paris, la prochaine leçon aura lieu le lundi 7 novembre 2011 à 19h30 à l'Auditorium Saint Germain des Près.

Thème: Ella Fitzgerald. Ella, elle a, ce que France Gall n'a pas. Désolé, mais celle là, je ne peux pas m'empêcher de la placer.

Pour interpréter le rôle de la First Lady of Song, Mademoiselle Deborah Tanguy, chanteuse de Jazz.

Emmenez vos enfants. Ca les changera des cours de solfège. L'instruction par la joie et le plaisir, tel est le principe de base des Leçons de Jazz du Professeur Antoine Hervé.

Plaçons la barre au plus haut. " Lush life " de Billy Strayhorn par Duke Ellington en duo avec Ella Fitzgerald

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Nuit Prince sur France Musique le lundi 14 novembre 2011

Publié le par Guillaume Lagrée

En août 1986, Prince donne son premier vrai concert à Paris, au Zénith. Le concert est enregistré. N'en sort officiellement (pour l'officieux, prière de me consulter) que ce morceau orgiaque final: " It's gonna be a beautiful night ". Trois ans après, un élève du Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris, classe de Jazz, pouvait se permettre à l'épreuve d'écriture de produire, comme tutti de cuivres, celui de Prince sur ce morceau. Ses éminents professeurs jugèrent le travail excellent. Ils n'avaient pas entendu la copie. Prince ne faisait pas partie de leur univers. Il n'était pas légitime.

Vingt cinq ans après ce concert, Prince , " le Duke Ellington des années 80 " (Miles Davis), " le Mozart du Rock'n roll " (Serge Gainsbourg) est désormais reconnu comme un créateur d'univers sonores qui marque son époque depuis plus de 30 ans. En 1990, il a d'ailleurs reçu un Grammy Award spécial pour son influence sur la musique des années 1980. 

La reconnaissance officielle est désormais approuvée par le Gouvernement français, financée par nos impôts, heureux contribuables de France, car il fera l'objet d'une nuit spéciale sur France Musique le lundi 14 novembre 2011 grâce à Frédéric Goaty, directeur de la rédaction de Jazz Magazine, éminent spécialiste du Kid de Minneapolis

Pour être plus précis, l'événement se déroulera au début du mardi 15 septembre de une heure à cinq heures du matin. Au milieu, il sera trois heures du matin. Ca va être une belle nuit.

Réveillez vous plus tôt, mettez votre casque sur les oreilles pour ne pas déranger vos voisins et écoutez quatre heures de sons princiers ponctués par les commentaires enthousiastes, pertinents et impertinents de Frédéric Goaty. Vous pouvez aussi inviter vos voisins calins et vos voisines divines à danser avec vous pour saluer l'aurore nimbée de pluie pourpre mais l'opération peut se révéler risquée. Pour les lève tard, l'émission sera rediffusée ultérieurement en podcast sur la Toile. 

Pour toujours dans ma vie, il y a le petit Prince. Ci-dessous, Prince mêlant sur scène " Forever in my life " et " It ", deux chansons tirées de son double album majeur " Sign o' the times " (1987) lors de la tournée du même nom.

 

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Elise Caron chante pour les petites oreilles en Auvergne et en Ile de France de novembre à décembre 2011

Publié le par Guillaume Lagrée

Elise-Caron.jpg

La photographie d'Elise Caron est l'oeuvre de l'Authentique Juan Carlos HERNANDEZL'utilisation de cette photographie sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de poursuites judiciaires au civil et au pénal.

 Vénérées lectrices, vénérables lecteurs, j'offre l'album " Chansons pour les petites oreilles " d'Elise Caron à tous les parents que je connais afin d'enchanter leurs enfants. Cela marche toujours. J'ai envoyé quatre de mes neveux et nièces à leur premier concert, accompagnés de ma soeur et de ma mère préférées. C'était ce spectacle. Tous en furent émerveillés de 4 à 64 ans. Avant 4 ans, c'est un peu trop tôt, après 64 ans, il n'est pas trop tard pour en profiter.

C'est pourquoi je ne saurais trop vous recommander de retrouver Elise CARON avec "Chansons pour les petites oreilles" 

accompagnée par Christine Chazelle au piano et Michel Musseau au piano-jouet et à la scie musicale

le vendredi 4 novembre 2011, séances scolaires à 9h45 et 14h 
et le Samedi 5 novembre 2011 à 20h
au Théâtre de Cusset (03) 

le lundi 7 novembre à 14h 30 (scolaire)
et le mardi 8 novembre : 1 séance à 10h (scolaire) 
au FORUM REXY à RIOM (63)

le dimanche 13 novembre 2011 à 15 heures
au Théâtre des Abbesses 
75018 Paris
M° Abbesses
Tel 01 42 74 22 77




et en décembre....

au Centre Culturel L'Imprévu
23, rue du général Leclerc
95310 Saint-Ouen l'Aumône
Tel/fax : 01 34 64 00 17
le dimanche 4 décembre à 16h
et le lundi 5 décembre 2011 à 10h et 14h30 (scolaires)

La preuve que cette musique est belle et bonne pour petits et grands, cest que " Jacques a cent ans ".


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Roy Haynes en quartet au Duc des Lombards: la leçon de jeunesse du Drummer Master

Publié le par Guillaume Lagrée

 

 

Roy Haynes Quartet.

Paris. Le Duc des Lombards.

Mercredi 26 octobre 2011. 22h.

 

Roy Haynes: batterie

Jaleel Shaw: saxophones alto, soprano

Martin Bejerano: piano

David Wong: contrebasse

 

Dix-sept mois après un précédent concert, me voici de retour au Duc des Lombards pour écouter le quartet de Roy Haynes, 86 ans.

Au concert de 20h, il y avait Daniel Humair dans le public. Au concert de 22h, il y a Leon Parker et Steve Coleman, mon voisin de table.

 

Solo de sax alto pour commencer. Tout en douceur. La contrebasse s'y met à son tour. Problèmes de son. Ca grésille dans les haut parleurs. Ca se règle. Une pause. Solo du Boss maintenant. La contrebasse reprend. Un standard du Bebop. Le piano arrive, puis le sax. Roy Haynes, tranquille, propulse son groupe. Claude Carrière et Leila Olivesi arrivent. Ce concert est le lieu où être ce soir à Paris. Ca swingue naturellement. Rien de neuf sous le soleil mais c'est bon. La précision, la finesse, la puissance, l'invention, à 86 ans, Roy Haynes est toujours au sommet. Solo de contrebasse ponctué avec un art de mandarin chinois par les baguettes du Boss et quelques notes de piano. Quand Leon Parker et Steve Coleman discutent à côté de vous pendant le morceau, que dire? Qu'ils finissent par écouter. Snap, crack, tchik fait Roy Haynes.  Aldo Romano arrive à son tour. Tous les Jazzmen de Paris sont là ce soir, ma parole.

 

Le piano commence une ballade. Le quartet démarre. Même sur tempo lent, le quartet pousse fort. Sax soprano en duo avec la contrebasse. Beau blues. Le Boss encourage ses musiciens: " All right, all right ". Soprano et contrebasse creusent ensemble la mélodie. Ca sonne puissamment. Le quartet revient. Penché sur son soprano, Jaleel Shaw le fait parler. La rythmique part en ballade, sans sax. Ca coule de source. Stéphane Belmondo arrive avec son pianiste Kirk Lightsey. La rythmique accélère progressivement sous l'impulsion du batteur. Quelques coups de cymbales puis les tambours se mettent à rouler, danser. Le solo de Roy Haynes se trouve entre une Afrique rêvée et une Amérique vécue ici, ce soir, à Paris. Leon Parker regarde et écoute attentivement le Maître. Même quandvous l'avez déjà entendu, un solo de Roy Haynes, ça reste un autre monde. "86? Incredible! " me dit Steve Coleman, admiratif. Roy Haynes nous met la claque. Il fait le tour de sa batterie et joue avec, fait tinter les cymbales. Bref, il s'amuse et nous émerveille. Il est passé aux maillets et sort des sons inouïs au sens littéral du terme. Il revisite la marche militaire, le cliquetis de l'horloge. Des trucs à vous rendre fou. Un coup de cymbales au milieu des roulements de tambours. Baam! Plus personne ne parle. La musique s'impose à nous. Il lance des vagues, les arrête. Applaudissements. Silence obligatoire après un tel solo. Solo de sax alto tout en douceur pour nous remettre de nos émotions. Ca repart à quatre sur une ballade. Des spectateurs arrivent après la bataille. Tant pis pour eux. Roy Haynes est aux balais et joue sur du velours, tranquille. Je trouve Jaleel Shaw plus intéressant, plus émouvant que l'an dernier. Est ce lui qui a progressé ou moi? Solo de contrebasse tout confort entre piano et batterie maniée de main de maître. Fin tout en douceur au son du saxophone alto.

 

Démarrage au piano dans les graves. Joli solo de piano qui swingue bien. Sans Swing, cette musique ne voudrait rien dire. Retour au morceau de Monk. Excellent piano solo. C'était " Monk's Dream " de  Thelonious Sphere Monk.

 

Roy Haynes nous raconte sa vie. Elle est riche en anecdotes. Son premier concert en France avec Sarah Vaughan. Puis il se rasseoit à la batterie, joue des phrases et nous demande ce qu'il a voulu dire. Pas facile. Il relance une sorte de marche et le groupe enchaîne. Ca swingue joyeusement en sautillant. Bref, c'est du Jazz. Duo contrebasse:sax alto. Le groupe repart prestement. Final très tonique.

 

Roy Haynes danse des claquettes sur scène. Une autre façon de jouer de la batterie. Cet homme a 86 ans, je le rappelle. Il chante " Think " d'Aretha Franklin en dansant des claquettes. Il jouait au Village Vanguard avec le guitariste Kenny Burell, un gars de Detroit (Aretha Franklin est aussi native de Detroit). Aretha est venue les voir parce qu'elle avait écouté ce que faisait Roy Haynes derrière Sarah Vaughan. Il nous explique aussi que jouer de la batterie, c'est émettre des syllabes: " Tic tac, tic, tac, tic tic tic tac " par exemple. Et il danse des claquettes, en duo avec le piano maintenant. Cet homme devrait être étudié dans les congrès de gérontologie si ce n'est déjà fait. Un exemple vivant du bien vivre et bien vieillir. Il s'amuse comme un enfant. Chaque musicien est invité à dire au revoir par le Patron. Roy Haynes finit le concert en chantant et en dansant.

 

Merci à Steve Coleman et Leon Parker pour leur écoute silencieuse, à Kirk Lightsey pour ses rires tonitruants qui ne l'empêchaient pas d'écouter.

 

Pour vous donner une idée de ce que donne cet homme et ce quartet, le voici à la télévision américaine le 8 juin 2011.

 


 

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Où écouter Jean Charles Richard en novembre 2011?

Publié le par Guillaume Lagrée

Le divin chauve Jean-Charles Richard, saxophoniste et flûtiste de son état, sera sur tous les fronts de scène en novembre.

La preuve ci-dessous.

Diffusion sur France Musique dans "le matin des musiciens" d'Arnaud Merlin
"Une histoire du Saxophone Soprano", retour sur un siècle de soprano dans le jazz.
Le 25 octobre entre 11h et 12h30
Cette émission sera accessible à l'écoute pendant une semaine sur le site de France Musiques.
    +

Claudia SOLAL SPOONBOX Quartet
Avec Claudia Solal (voix), Benjamin Moussay (piano), Joe Quitzke(batterie), et Jean Charles Richard (saxophones)
Le 4 novembre au Théâtre de  Sète à 20h30
    +
Jean Marie Machado "Danzas" et André Minvielle pour "La fête à Boby"
Hommage à Boby Lapointe
avec Jean-Marie Machado (piano), André Minvielle (voix), Gueorgui Kornazov (trb), Joce Mienniel (fl), François Thuillier (tuba), Didier Ithursarry (acc), Thierry Bonneaux (dr), Jean-Marc Quillet (claviers), Jean Charles Richard (saxophones)
Le 5 novembre à 20h30 
Théâtre municipal de Charleville Mezières
Tel Billetterie : 03 24 32 44 50

      +

Jean Marie Machado - Jean Charles Richard Duo "Impressions"
Avec Jean Marie machado (piano), et Jean Charles Richard (saxophones)
Le 8 novembre 2011 à 20h30
La Batterie, Pôle Musiques à Guyencourt
Oeuvres de Ravel, Debussy, Fauré, Poulenc, et compositions de Jean Marie Machado
   +

Christophe Marguet Quintet
avec Christophe Marguet (batterie), Mauro Gargano (contrebasse), Sébastien Texier (clarinettes - sax alto), Bruno Angelini (piano) et Jean Charles Richard (saxophones)
Les 11 & 12 novembre à 21h
La Péniche "L'improviste" Quai de l'Oise 75019 PARIS
   +

Daniel Humair Trio invite le cuisinier William Ledeuil (Ze Kitchen Gallerie) Cuisine et Jazz
avec Daniel Humair (batterie), William Ledeuil (Batterie de cuisine), Bruno Chevillon (batterie de contrebasses), et Jean Charles Richard (batterie de saxophones)
Le 18 novembre à 20h30
Le Mail à Soissons
   +

Daniel Humair Quartet
Avec Daniel Humair (batterie), Louis Sclavis (clarinettes), Jean Paul Celea (contrebasse) et Jean Charles Richard (saxophones)
Le 19 novembre à 20h30
à L'Opéra-Théâtre de Limoges, dans le cadre du Festival Eclats d'émail. 
+

Master classe de Jean Charles Richard
Le 26 novembre au Conservatoire de Saint Germain en Laye
Elèves de saxophone de Anne Lecapelain et de jazz de Max Mastella
+

Le souffle des Marquises Roman musical de Muriel Bloch
Avec Michaela Stapleton (saxophone soprano), Katarina Piotrowska (alto), Camille Maussion (ténor) et Morgane Carnet (baryton) et Muriel Bloch (conte)
Mise en scène : Olivier Balazuc et Mise en Musique : Jean Charles Richard
Après le succès de Saint Quentin en Yvelines où elles ont fait 5 représentations à guichet fermé, nos héroïnes seront 
Le 22 novembre au Carré Belle-Feuille à Boulogne Billancourt à 20h30
&
Le 25 novembre au Théâtre de Chevilly La Rue
  &
Voici une vidéo de présentation de ce spectacle tout public :  http://vimeo.com/22239103

 

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