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Le trio de Nelson Veras fait décoller le Sunset

Publié le par Guillaume Lagrée

Nelson Veras Trio.

Paris. Le Sunset.

Mardi 11 octobre 2011.21h

 

Nelson Veras : guitare électro acoustique

Thomas Morgan : contrebasse

Stéphane Galland : batterie

 

Concert de sortie de l’album « Rouge sur Blanc ».

 

Intro à la batterie. Ca tapote sec, vif. Petites pincées de cordes de guitare. Ils commencent par un morceau rapide. Ca sonne comme une version épurée, dégraissée du Funk. La contrebasse installe une bonne pulsation au centre. Nelson, tranquille, déroule ses phrases magiques. Contrebasse et batterie pétrissent, la guitare fait lever la musique. Ca accélère avec des tas de figures rythmiques sidérantes. Pour danser là-dessus, il faut s’accrocher. Mieux vaut écouter, ne pas même essayer de suivre, juste se laisser emporter.

 

Introduction à la guitare. Le trio démarre tout en douceur, en finesse. Ils retiennent la mélodie, la distillent, la lancent, la rattrapent. C’est complexe et limpide, diaboliquement précis et puissamment émouvant. Bref, tout ce que j’espère de la musique est là. Long silence de recueillement avant que nous n’osions applaudir. C’était « Inner Urge » (Joe Henderson) suivi de « Glass » (Nelson Veras).

 

« La nuit, un truc comme ça ». C’est ainsi que Nelson Veras présente sa composition. Je ne garantis pas la véracité du titre. Introduction en guitare solo. Nelson joue l’âme même de la nuit. Une nuit douce, étoilée, à la campagne. Un peu de vent à la cime des arbres. Et pourtant, ce n’est pas mièvre. La contrebasse donne des points de repère alors que la batterie nous perd rythmiquement, la guitare mélodiquement, pour notre plus grand bonheur. Cette musique impose le silence, l’écoute.

 

Intro par un solo de batterie. Ca chante doucement. Un son étouffé. La contrebasse vient ajouter sa pulsation. Nelson vient broder des fils d’or, d’argent, de soie enlaçant la musique dans un foulard léger, mordoré. L’air vibre de son ultras. C’est impressionnant un crack qui ne frime pas, n’étale pas, ne démontre pas. Simplement, il est au dessus et nous y emmène. Il est aidé par un rythmique fine, ultra précise. C’est du très haut niveau, la classe internationale comme disent les sportifs. Belles et savantes claques du batteur. Ca tripote ferme. Nelson place quelques traits de guitare.

 

PAUSE

 

Ce concert est un pur délice mais Mademoiselle F et moi sommes fatigués par le dîner mondain de la veille. Nous partons donc émerveillés par le trio de Nelson Veras qui mérite une reconnaissance bien au-delà des frontières de la France.

 

Voici un extrait de concert de ce trio dans le même club le 23 mars 2010. Depuis, c'est encore mieux. A vérifier sur pièces et sur place lors du prochain concert du trio de Nelson Veras.

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Yves Rousseau en concert à Perpignan et Malakoff cette fin de semaine

Publié le par Guillaume Lagrée

 

Christophe-Marguet.jpg

La photographie de Christophe Marguet est l'oeuvre du Percutant Juan Carlos HERNANDEZ.

Retrouvez Yves Rousseau avec le programme autour de Léo Ferré et de son recueil 

"Poète... vos papiers!" en sextet
(avec Maria Laura Baccarini et Claudia Solal, voix - Christophe Marguet, batterie, Jean-Marc Larché, saxophones, Régis Huby, violon et Yves Rousseau, contrebasse, compositions et arrangements)
le vendredi 7 octobre 2011 à 20h30 au Théâtre Municipal de Perpignan (66) dans le cadre de "Jazzèbre"
Place de la République - 66000 Perpignan - 04 68 66 33 54


et 
avec son quartet 
"Sarsara" 
(Christophe Marguet, batterie, Jean-Marc Larché, saxophones, Régis Huby, violon et Yves Rousseau, contrebasse, compositions et arrangements)
au Théâtre 71 de Malakoff (92)
le dimanche 9 octobre 2011 à 16h30

Théâtre 71 | 3 Place du 11 Novembre, 92240 Malakoff, France | Téléphone 01 55 48 91 00 | billetterie@theatre71.com

Ci-dessous, un extrait du précédent spectacle " Poète vos papiers! ". Depuis, Maria Laura Baccarini a remplacé Jeanne Added dans le groupe.

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Festival Jazz au fil de l'Oise du 4 novembre au 9 décembre 2011

Publié le par Guillaume Lagrée


Après les festivals de l'été, voici le temps des festivals de l'automne. Logique. Puisque le Jazz est né le long d'un fleuve, le Mississipi, il vit chaque automne le long d'un fleuve français entre Ile de France et Picardie, l'Oise.

Il s'agit du festival Jazz au fil de l'Oise, du vendredi 4 novembre au vendredi 9 décembre, soutenu par le Conseil général du Val d'Oise et la communauté d'agglomération de Cergy Pontoise.

Giovanni-Mirabassi.jpg

 

La photographie de Giovanni Mirabassi est l'oeuvre de l'Inévitable Juan Carlos HERNANDEZ.

Parmi la multitude de concerts proposés, voici ma sélection aussi subjective et arbitraire qu'une cote boursière:

- samedi 12 novembre à Ermont, la chanteuse, pianiste, compositrice américaine Patricia Barber.Pas si classique que ça...

- vendredi 18 novembre à Méry sur Oise,  Tigran en piano solo. Si vous ne le connaissez pas encore, il est grand temps que vous lisiez ce blog!

- samedi 19 novembre à Auvers sur Oise, Giovanni Mirabassi en piano solo.

- dimanche 20 novembre à Neuville sur Oise, la saxophoniste Alexandra Grimal en duo avec le guitariste  Nelson Veras. Un dialogue d'oiseaux de haut vol.

- jeudi 8 décembre à l'apostrophe, théatre de Louvrais, François Méchali (contrebasse) en duo avec Ramon Lopez (batterie). 

- vendredi 9 décembre à Butry sur Oise, le trio Move is de Thierry Péala (chant) avec Bruno Angelini (piano) et Francesco Bearzatti (saxophone ténor, clarinette). Merveilles auditives à venir.

 

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Sélection de concerts de Jazz pour octobre 2011 à Paris

Publié le par Guillaume Lagrée

Respectables lectrices, vénérables lecteurs, c'est avec l'aplomb d'une agence de notation que je vous recommande les concerts suivants pour le mois d'octobre 2011 à Paris.

Tour Eiffel

 

La photographie de la Tour Eiffel est l'oeuvre de l'indémodable Juan Carlos HERNANDEZ.

Au Duc des Lombards:

les mercredi 26, jeudi 27, vendredi 28 et samedi 29 octobre 2011 à 20h et 22h, Roy Haynes, né en 1925, le batteur préféré de Charlie Parker et  Stan Getz, sera sur scène pour nous donner une leçon de jeunesse en quartet.

Au Sunside:

- samedi 15 octobre à 20h, le guitariste américain Jacky Wilkins accompagné des Français Yves Torchinsky (contrebasse) et François Laizeau (batterie). Un artiste trop rare à Paris.

-  Samedi 22 octobre à 21h, le quintette du trompettiste Jeremy Pelt avec l'excellent pianiste  Dany Grissett.

- Jeudi 27 octobre à 21h30, Bruno Schorp " Colors " et  Olivier Calmel " Cordes croisées ".

Au Sunset:

lundi 10 et mardi 11 octobre à 21h, le guitariste brésilien Nelson Veras en trio avec Thomas Morgan (contrebasse) et Stéphane Galland (batterie) viendra présenter son nouvel album " Rouge sur blanc ". Attention, génie de sortie! Ne le manquez pas avant qu'il ne rentre dans sa boite.

Au New Morning:

- Jeudi 6 octobre à 21h, le guitariste Pat Martino au talent injustement méconnu sera sur scène en trio.

- Mardi 11 octobre à 20h30, le batteur Billy Cobham, véritable Who's who du Groove à lui seul, sera sur scène en quartet avec l'excellent guitariste français Jean-Marie Ecay.

 

A l'Alhambra:

- lundi 17 octobre à 20h, l'Open Gate Trio de l'organiste Emmanuel Bex vous ouvrira les portes de Bela Bartok en compagnie de l'Orchestre des Pays de Savoie dirigé par Franck Tortiller et d'une chorale d'une centaine de chanteurs.

 

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Deux concerts de Matthieu Marthouret en lle de France en octobre 2011

Publié le par Guillaume Lagrée

Matthieu-Martouret-.jpg

 

La photographie de Matthieu Marthouret est l'oeuvre de l'Incontournable  Juan Carlos HERNANDEZ

 

- le mardi 18 octobre au conservatoire de Gagny, Seine Saint Denis, concert à 20h30


 

- le mardi 25 octobre au jazz club d'Eaubonne, Val d'Oise, concert à 21h

 


 

 

Matthieu Marthouret Organ Quartet

 

Nicolas Kummert: saxophone

Maxime Fougères: guitare électrique

Manu Franchi: batterie

Matthieu Marthouret: orgue & compositions

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Retour du concert du Quintette de Leila Olivesi au Studio de l'Ermitage

Publié le par Guillaume Lagrée

Leila Olivesi Quintet.

Paris.Studio de l’Ermitage

Mercredi 28 septembre 2011. 20h30 (ouverture des portes)

 

Leila Olivesi : piano, composition, arrangements

Yoni Zelnik : contrebasse

Donald Kontomanou : batterie

Manu Codjia : guitare électrique

Emile Parisien : saxophone soprano

 

Rubrique people : la pianiste et le batteur sont mari et femme. Comme Sophia Domancich et Simon Goubert, autre couple créatif du Jazz français. Ou Lenny Popkin et Carol Tristano .

 

Manu Codjia tient toujours le manche de sa guitare très haut. Ca chante. Leila Olivesi est une mélodiste dans l’âme. Cette femme est toujours aussi belle à écouter qu’à regarder. Solo de guitare froid, métallique et pourtant émouvant. C’est un secret de fabrique de Manu Codjia. La rythmique le propulse souplement. C’est un joli voyage dans une contrée douce et fleurie, au printemps. Un paysage sensuel comme la Toscane ou la Bourgogne. C’était « Danse pour Nefertiti » qui figurera dans le prochain album, autoproduit, pour lequel les fans de Leila Olivesi peuvent verser leur écot, sur son site Internet.

 

« Révolution », un inédit en hommage au printemps arabe mais pas seulement. Solo planant, froid, tranchant de Manu Codjia. Sa guitare vous tranche le cœur avant de vous le rendre revivifié. Puis le groupe démarre sur une autre belle mélodie chantante. Ce sont des romances sans paroles. Le saxo démarre. Emile Parisien bat des ailes en jouant, comme un oiseau. Ca monte en puissance, c’est impressionnant mais le sax soprano a un son agaçant pour mes oreilles à de très rares exceptions (Sidney Bechet, Steve Lacy, Steve Potts). La rythmique repart. Quel swing délicieux ! Beau duel guitare/saxo bien poussé par la rythmique : « Ra ta ta tac » font les tambours sous les baguettes.

 

Un morceau vif, joyeux s’ensuit. Manu Codjia est vif et puissant comme l’éclair. Emile Parisien joue plus mélodieux. Mes oreilles s’en réjouissent. Beau solo véloce de contrebasse au milieu de la rythmique.

 

Une ballade. Intro au piano solo. Très claire, très distincte comme un Monk au féminin. Le groupe suit dans la même bulle de douceur. Le batteur est aux maillets ce qui donne un son mat, doux. Manu ajoute des pincées de guitare. Son rêveur du soprano. Ici, Emile Parisien atteint quelque chose de beau, qui me touche. Ca monte doucement en puissance derrière lui, le propulsant comme une fusée qui s’allume étage par étage. Ca marche. Le public applaudit plus fort et c’est mérité. C’était « Elipsis » (morceau du prochain album) et « Winter Flower ».

 Manu Codjia

La photographie de Manu Codjia est l'oeuvre de l'Acrobate Juan Carlos HERNANDEZ.

 

« Paris Genova » raconte le voyage de Paris à Gênes. Si vous faites le voyage en voiture, le plus beau est à la fin lorsque vous longez la côte ligure. Solo de contrebasse bien grave, bien profond, légèrement accompagné par le piano et la guitare. Solo aérien, griffé de Manu Codjia qui est un digne disciple de Pat Metheny mais pas seulement. Le quintette repart à plein gaz. Sur un signe de la main de la patronne, tout se calme pour aller vers le final.

 

Solo de contrebasse pour commencer, ample, majestueux, profond. Ca résonne bien dans le ventre. Il nous joue une belle comptine mélancolique, aérée. Tout doucement, le groupe démarre. Personne n’applaudit de peur de casser l’ambiance. La guitare transperce l’air. Le soprano a repris sa plainte. La rythmique se met à swinguer agréablement. Batteur aux maillets. Ca marche. Des spectateurs enthousiastes battent la mesure de leurs mains. Sax soprano et batterie viennent troubler cette mécanique souple et bien huilée. Ca décolle, nom d’un petit bonhomme !

 

« African Song » dédié aux ancêtres africains. C’est sautillant, charmant. Manu Codjia vient apporter de la fraîcheur sur cette chaleur. Solo de piano grave, swinguant. C’est l’appel aux ancêtres. Après tout, le clavier d’un piano est traditionnellement composé d’ébène et d’ivoire, tous deux venus d’Afrique. Beau final. Le batteur cogne en vrai boxeur. Piano et contrebasse poussent alors que guitare et saxo s’expliquent virilement mais correctement.

 

RAPPEL

 

« Night and Day », un standard pour changer. C’est bien “ Night and Day “ immédiatement reconnaissable mais élégamment transformé. La rythmique tourne toujours aussi bien. Solo bavard du sax. La rythmique part en ballade et nous emmène dans une promenade bien agréable. La dame assise à côté de moi a préféré se lever pour danser sur place. Manu Codjia, bien poussé par la rythmique, est impressionnant de puissance contenue. Beau final groupé.

 

Le quintette de Leila Olivesi mérite d’être soutenu et connu. Des femmes pianistes, compositrices, de ce talent, ça ne court pas les rues. Vous pouvez contribuer à son rayonnement en finançant son prochain album. Certes, je ne vous garantis pas, lectrices prudentes, lecteurs avisés, que cet investissement soit déductible de l’impôt sur le revenu des personnes physiques mais cela vous coûtera bien peu pour contribuer à répandre la beauté de cette musique.

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Le trio Tamarindo de Tony Malaby au Sunside

Publié le par Guillaume Lagrée

 

 

 

Tony Malaby’s Tamarindo Trio

 

Paris. Le Sunside. Mardi 27 septembre 2011. 21h30.

 

Tony-Malaby.jpg 

La photographie de Tony Malaby est l'oeuvre du Magistral Juan Carlos HERNANDEZ


Tony Malaby: saxophones tenor, soprano

William Parker: contrebasse

Nasheet Waits: batterie

 

Ca commence doucement mais puissamment. La contrebasse vibre dans le ventre. Les maillets effleurent la batterie. Son large du sax ténor. Même sur tempo lent, il semble que les murs s’écartent face à la puissance de ce trio. Le batteur est passé aux baguettes. Ca monte en puissance comme une vague montée des profondeurs de l’Océan qui vous submerge et vous emporte. La vibration produite par la contrebasse et la batterie vous remue dans un grand shaker. Le sax ajoute un fouetté qui finit de vous étourdir. Tony Malaby est parti sur sa planète. William Parker et Nasheet Waits font la connexion entre lui et nous.

 

Batteur et contrebassiste gardent cette pulsation monstrueuse alors que le sax ténor couine, braille, gémit, grince comme un beau diable. Il fait aussi la sirène de pompier, le hurlement de la hyène et d’autres sons indescriptibles. Parfois le démon de la danse le saisit. Pas assez longtemps à mon goût. Quoique avec un tel soutien rythmique, il se laisse tenter tout de même. Nasheet Waits attaque sa batterie par tous les fronts. Il la dompte à grands coups de baguettes. William Parker, avec sa barbe et sa carrure de prophète, maintient la cohérence du discours.

 

Tout se calme pour un solo de contrebasse grondant comme la terre sous une cavalcade. Les passements de mains de William Parker sont dignes d’un grand joueur de basket ball. Ca repart plus doucement en trio avec le batteur aux balais. Tony Malaby peut aussi jouer sur du velours mais toujours avec cette aigreur, ce piquant qui donne son goût à cette musique. Il a rasé sa barbe mais sa musique est toujours aussi hirsute. Le batteur a repris les baguettes. Fouette, cocher ! Le Free Jazz version 2011 passionne encore la jeunesse. Les jeunes gens à côté de moi sont scotchés. Impossible de monter une chorégraphie sur une musique aussi libre, aussi improvisée. Par contre, à condition de les suivre dans leur démesure, il y a moyen de danser là-dessus.

 

Nasheet-Waits.jpeg

La photographie de Nasheet Waits est l'oeuvre du Paranormal Juan Carlos HERNANDEZ.

 

Vont-ils jouer le premier set d’une traite ? Je vous dirai cela à la fin. Au contraire de Sonny Rollins, Tony Malaby joue les yeux grands ouverts, comme extatique. Solo de batterie aux baguettes. Ca vibre, rebondit. Belle passe d’armes comme disent les escrimeurs. Tony Malaby repart au soprano. Il sonne comme une flûte. Ca chante. William Parker, à l’archet, dialogue avec le soprano. C’est raffiné, troublant. Ca aussi, ils peuvent le faire. William Parker reste majestueusement mélodieux alors que le soprano dérive comme un bateau ivre, loin de l’Europe aux anciens parapets. Le batteur vient ajouter des vagues aux balais. L’archet fait vibrer la contrebasse comme un essaim d’abeilles. Le sax soprano pique fort alors que les tambours crépitent sous les balais. Ca semble tourner à la ballade mais pas longtemps. Cette musique n’est pas de tout repos, vous l’avez compris, lectrices bienveillantes, lecteurs attentifs.

 

William Parker produit des sons inouïs en jouant de l’archet tout en haut de la contrebasse puis en tapotant les cordes. Le soprano souffle et souffre. Les balais se manifestent de temps en temps sur la batterie. Ma voisine est en extase, yeux clos, bouche ouverte. Son bien aimé, lui, hoche la tête en mesure, exploit sportif vu la complexité rythmique de cette musique. Les baguettes reprennent leur martèlement élégant. Beau solo de contrebasse à l’archet ponctué par de savants coups déliés des baguettes sur la batterie. Tony Malaby écoute, ayant repris en main son ténor. Il lance  à nouveau le péan. La batterie prend feu sous les baguettes de Nasheet Waits. William Parker vient mettre sa pulsation au milieu de ce duel à la vie, à la mort. Tiens, ils attrapent une mélodie au vol et la suivent.

 

C’est bien ça. Ils ont joué d’une traite pendant une heure. Le 26 juillet 1965, John Coltrane en quartet joua A Love Supreme pendant 48 mn d’une traite. Ensuite, le concert était fini. Il n’y avait plus rien à ajouter. Vous pouvez l’écouter. Ca se trouve dans le commerce. Ici, c’est reparti.

 

Tony Malaby est au ténor. La musique brinqueballe, agitée, tourmentée. Le sax couine maintenant comme Donald Duck. Il fait le muezzin aussi. Tony Malaby se balance comme un pantin possédé par la musique. A voir ses yeux grands ouverts, tournés vers le haut, il est dans un autre monde lorsqu’il joue ainsi, flagellant son sax ténor. William Parker et Nasheet Waits gardent leur calme pour l’accompagner.

 

PAUSE

 

Il y a école demain et j’ai eu ma dose de sensations fortes. Ici se termine donc la chronique de ce concert.

 

Pour vous donner une idée de ce que ce donne ce trio en vrai, le voici en concert à New York en 2008.

 

 


 

 

 

 

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Open Gate. Emmanuel Bex Trio feat Bela Bartok

Publié le par Guillaume Lagrée

 

Open Gate: Emmanuel Bex Trio feat Bela Bartok.

Un album Plus loin Music. Sortie le jeudi 10 novembre 2011.

Emmanuel-Bex.jpg

La photographie d'Emmanuel Bex est l'oeuvre de l'Organique Juan Carlos HERNANDEZ.

L'Open Gate Trio est composé de

Emmanuel Bex: orgue Hammond

Francesco Bearzatti: clarinette, saxophone ténor

Simon Goubert: batterie

Pour cet album, le trio est accompagné de l'Orchestre des Pays de Savoie dirigé par Franck Tortiller, ancien chef de l'Orchestre National de Jazz (2005-2008).

Deux ans après avoir découvert l'Open Gate Trio en studio et sur scène, voici qu'Emmanuel Bex et ses compères s'agrandissent. Je connais peu la musique d'Emmanuel Bex et pas du tout celle de Bela Bartok, c'est dire si je suis peu qualifié techniquement pour parler de cet album qui voit se mélanger ces deux B, le Normand et le Magyar. Le pianiste et compositeur Olivier Calmel le ferait bien mieux que moi mais, tant pis, je me lance.

Emmanuel Bex est le fils d'un pianiste, professeur au conservatoire de Caen. Il est diplômé des conservatoires de Caen et de Paris. Puisque Bernard Lubat lui a appris à désapprendre, le voici qui se met à jouer Bela Bartok avec un trio de Jazz et un orchestre classique dirigé par un Jazzman. Pourquoi? Pourquoi pas! Bartok a inspiré les compositeurs de musiques de films hollywoodiens notamment Bernard Herrmann ( pour Alfred Hitchcock) et Eddie Sauter qui écrivit deux fois pour Stan Getz (" Focus " puis " Mickey One " d'Arthur Penn).

Il ne s'agit pas ici de musique de film quoique le morceau final " Pour Alain " (dédié à Alain Jean-Marie?) pourrait constituer un superbe générique de film d'aventure. Il s'agit ici de jouer, d'interpréter Bartok, pari audacieux s'agissant d'une musique " précise " comme disait Leonard Bernstein, ancrée dans le terroir hongrois et pourtant moderne, intemporelle, utopique ( qui n'a pas de lieu, littéralement). Pari tenu parce que les musiciens sont excellents, pétris d'amour pour cette musique, qu'ils soient Jazzmen ou symphoniques, que les arrangements sont dignes du Maître, que Bex et Bartok se mêlent, se succèdent, se respectent mutuellement. Ce n'est parce que Bela Bartok est mort en 1945 qu'il ne respecte pas Emmanuel Bex né en 1959. Sinon, leur rencontre n'aurait pas été aussi fructueuse. Si Bartok n'a pas écrit dans le but que Bex l'interprète un jour, du fait qu'il ait laissé une oeuvre, il a permis qu'elle soit interprétée. Cela peut se faire à la note près comme le font les orchestres classiques ou, en partant d'elle pour aller ailleurs, comme le fait Emmanuel Bex.

Les scholastiques avaient coutume de dire qu'en lisant les Anciens, nous, qui sommes des nains, voyons plus loin en montant sur l"épaule de géants. Bela Bartok est certes un géant et Emmanuel Bex n'est certes pas un nain. C'est dire si écouter cette musique nous permet de voir au loin. " Peu importe la source tant qu'elle est claire, fraîche et saine " disait Bela Bartok. En plongeant dans Bartok, Emmanuel Bex et son trio merveilleusement épaulés par l'Orchestre des Pays de Savoie dirigé de main de maître par Franck Tortiller nous transmettent ce message de clarté, de fraîcheur et de santé. Grâces leur en soient rendues.

Sans attendre la sortie de l'album, prévue le jeudi 10 novembre 2011, vous pourrez vous rendre le lundi 17 octobre 2011 à 20h à l'Alhambra de Paris (métro République) déguster cette musique vivante in vivo. Plaisir supplémentaire: un choeur d'une centaine de chanteurs s'ajoutera au trio et à l'orchestre. Les Savoyards auront l'avantage de découvrir ce programme en création mondiale au Savoie Jazz Festival à Chambéry, au Scarabée, le lundi 15 octobre 2011 à 20h30.

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Retour au Duc des Lombards pour le trio de Jean-Philippe Viret

Publié le par Guillaume Lagrée

 

Trio de Jean-Philippe Viret

Paris. Le Duc des Lombards. Vendredi 23 septembre 2011. 22h.

Edouard Ferlet+ Jean Philippe Viret

La photographie de Jean-Philippe Viret et Edouard Ferlet est l'oeuvre de l'Elégant  Juan Carlos HERNANDEZ.

Jean-Philippe Viret: contrebasse, compositions, direction

Edouard Ferlet: piano, compositions

Fabrice Moreau: batterie

 

Huit mois après, me voici de retour au Duc des Lombards pour un nouveau concert du trio de Jean-Philippe Viret. Je ne puis me lasser de la beauté de cette musique.

La main gauche commence seule sur le piano. Léger cliquetis des balais. La contrebasse impulse. La fraîcheur, c'est bon. Après des années de travail en commun, ce qui distingue ce trio, c'est bien la fraîcheur. C'est frais, printanier comme la Vivonne à l'ombre des jeunes filles en fleur.Fabrice Moreau est passé aux baguettes. Ca attaque plus vite, plus fort.

Un morceau que j'aime particulièrement. Il m'évoque toujours la course éperdue en voiture d'un homme à la recherche de sa belle disparue, enlevée, perdue. La voiture tourne dans les virages. C'est une voiture de sport, basse, qui colle à la route. C'est la nuit, l'automne. La pluie, le vent, les feuilles mortes rendent la route dangereuse. Notre héros arrivera t-il à temps, sans encombres? Je me pose la question à chaque fois que j'écoute ce morceau. Vous vous en poserez d'autres en l'écoutant, vives lectrices, lecteurs éveillés. A la fin, je ne sais toujours pas s'il est arrivé. C'était " Elle est au Sud " (Ferlet) suivi de " Not yet " (Viret) titre qui laisse penser que le héros n'est pas arrivé.

" Co errance " (Viret). Ils errent ensemble virilement, joyeusement. Ca brinqueballe mais ça avance. Ils se réunissent dans un désordre maîtrisé. Ils font les bruits d'une mare la nuit. Charmant final.

Solo de piano en intro. Fabrice Moreau vient ajouter quelques touches de couleur à légers coups de balais. L'archet glisse et fait gémir la contrebasse. Fabrice est revenu aux baguettes. Jean-Philippe au pizzicato. Ca ondule souplement, tranquillement, comme un serpent non venimeux dans l'herbe. C'était " Equivoque " (Ferlet).

" La barge rousse " (Viret). La barge rousse est un oiseau migrateur capable de parcourir 12 000 km sans escale ni ravitaillement. En musique, cela donne un morceau propice à l'envol, à la rêverie, 12 000 km sans escale en quelques minutes. Effet garanti. Les maillets caressent les tambours et les cymbales. La contrebasse vibre doucement, à tire d'ailes. Duo contrebasse/batterie tout en douceur, en puissance contenue. Edouard vient trifouiller dans le corps du piano pour produire un son plus voyageur encore. Ca monte doucement en puissance. Nom de Zeus, que c'est beau! Même les rires idiots au fond de la salle se sont tus. La beauté s'impose d'elle même. Fabrice est passé aux baguettes. L'air vibre au rythme de la musique. C'est de la mécanique ondulatoire comme disent les physiciens. 

" Page 345 " (Ferlet). Le livre n'est pas précisé. Poust? Dostoievski? Céline? Vu l'intro, au piano, ce livre est plutôt mouvementé. Fabrice tapote un tambour de la main gauche, la main droite tenant un balai. Le piano vient alléger la tension.

 " Un mâle " (Viret). Un morceau nouveau. Ca swingue avec grâce. La contrebasse grogne souplement. Les tambours chantent sous les balais. Son cristallin du piano. Puis les baguettes crépitent sur les cymbales. Bon tonique pour finir le concert.

Voici une autre version de " Not yet " par le trio de Jean-Philippe Viret. A vous de créer votre histoire sur cette musique.

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Solution du jeu de l'été 2011

Publié le par Guillaume Lagrée

 

Estimables lectrices, respectables lecteurs, aucun d'entre vous n'a osé proposer de solution au jeu de l'été 2011. Timidité? Paresse? Inattention? Indécision? Personne n'a donc gagné d'album sur ce blog cet été.

En voici la solution. Il s'agissait du Lighthouse Café situé à Hermosa Beach, Los Angeles, Californie, Etats Unis d'Amérique, lieu mythique du Cool Jazz, toujours en activité.

L'objet vital, indispensable, c'était le phare (lighthouse in english) amélioré par l'ingénieur français Augustin Fresnel. Toute la West Coast a joué au Light House. Les musiciens dits Cool comme Stan Getz, Chet Baker, Gerry Mulligan comme ceux issus du Be Bop et du Hard Bop: Miles Davis, Lee Morgan, Joe Henderson.

 

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