Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Brady Winterstein " Happy together "

Publié le par Guillaume Lagrée

Brady Winterstein

" Happy Together "

Plus Loin Music. 2011.

Sortie le jeudi 25 août 2011.

Brady Winterstein: guitare solo

Hono Winterstein: guitare rythmique

Personnel détaillé sur l'album.

Brady Winterstein n'a pas encore 18 ans. Chez les Manouches d'Alsace, la valeur n'attend pas le nombre des années. Bireli Lagrène faisait déjà chavirer Carnegie Hall et Montreux à 12 ans. Brady est le neveu d'Hono Winterstein, autre grand de la guitare jazz manouche. Ici, l'oncle se met au service du neveu. Le jeu est classique. Il n'y pas de batterie mais il y a un piano, un accordéon, force guitares, deux contrebasses, une basse (celle de Dominique di Piazza tout de même).

Ce qu'il y a de neuf là dedans, c'est la fraîcheur, la vigueur de la jeunesse du leader et un choix de morceaux qui sort de l'ordinaire Un seul de Django Reinhardt et ce n'est pas " Nuages ". Le titre choisi pour l'album " Happy together ", un tube pop montre l'ouverture d'esprit de ce jeune homme. Je recommande surtout sa splendide version de " Lady Madonna " (Lennon/Mac Cartney): un véritable tonique non alcoolique!

Que Brady Winterstein n'hésite pas à aller beaucoup plus loin. Il en a les moyens. Et pourquoi pas " Purple Rain " de Prince en guitare jazz manouche?

Partager cet article

Repost0

Le BSC News de juin vient de paraître!

Publié le par Guillaume Lagrée

Le BSC News de juin 2011 vient de paraître le 29 juin. Je sais que c'est bizarre mais c'est comme ça.

Giovanni Falzone + Bruno Angelini

 

Vous y trouverez, à partir de la page 108, la rubrique Jazz Club de votre serviteur illustrée par son Illustre associé  Juan Carlos HERNANDEZ, auteur notamment de cette photographie de Giovanni Falzone et Bruno Angelini. 

Les mélomanes y trouveront aussi un portrait du compositeur catalan Frederic Mompou par Damien Luce.

Vous y trouverez surtout des dizaines de livres, de BD, épluchés, annotés, commentés, conseillés à lire cet été à la plage, la montagne, la ville, la campagne.

Avec plus de 70 000 abonnés, Best Seller Consulting News est désormais le plus grand magazine culturel francophone en ligne. Soyez in, ne soyez pas out, lisez le, jarnicoton!

Partager cet article

Repost0

Terence Blanchard Quintet au Duc des Lombards

Publié le par Guillaume Lagrée

Terence Blanchard Quintet

Paris. Le Duc des Lombards.

Mercredi 28 juin 2011. 22h.

 


Terence Blanchard : trompette

Brice Winston: saxophone ténor

Fabian Almazan : piano, clavier

Joshua Crumbly: contrebasse

Kendrick Scott: batterie

 

Ambrose Akinmusire, autre trompettiste noir américain, qui jouait la veille au Duc des Lombards, est présent dans la salle.

 

Solo de trompette pour commencer. Un Blues brillant, cuivré. Puis le groupe part comme un seul homme. C’est vif, agité. Comme Dizzy Gillespie, Terence Blanchard joue des percussions quand il ne joue pas de la trompette. Un cylindre avec des petits cailloux dedans. Ca sonne très américain, puissant, efficace. Le pianiste se double avec un clavier électronique. Le saxophoniste a un gros son digne de son Arizona natal mais il ne me raconte rien. C’est clair que Terence Blanchard s’y connaît en trompette. Techniquement. Mais que  dit-il ? Rien qui me parle en tout cas. Pendant ce temps là, la rythmique tourne, variée, puissante, musclée. Techniquement impeccable. Quoi d’autre ? Solo de piano tout en décalages rythmiques bien soutenu par la contrebasse, la batterie et le cylindre percussif. C’est appliqué, ça tricote. Grosse tension impulsée par la rythmique. La maîtrise est impressionnante certes mais encore ? Final impeccable.

 

Ils enchaînent sans attendre la fin des applaudissements pour ne pas relâcher la tension : le professionnalisme à l’américaine. Intro au piano dans les graves. La trompette le rejoint pour une ballade. Ca ne me gratte pas l’âme comme Eric Le Lann ou Giovanni Falzone. Le groupe part doucement avec le batteur aux balais. C’est toujours aussi maîtrisé mais bon. Ca berce. Chaque musicien fait parfaitement son boulot, surtout le batteur. Il est reparti aux baguettes. C’est en écoutant Terence Blanchard que je m’aperçois combien Booker Little manque à la trompette de Jazz depuis cinquante ans. Terence Blanchard présente ses musiciens de façon très professionnelle et très sympathique, comme les Américains savent le faire.

 

Un morceau bien cuivré, pêchu. Rythmiquement, c’est à la fois subtil et efficace. Mais, mais…Solo du sax ténor bien impulsé par la rythmique. Ajout d’un effet à la trompette pour doubler le son. Amusant. Terence Blanchard utilise la même trompette que Wynton Marsalis. Ils sont tous les deux trompettistes, Noirs Américains, originaires de la Nouvelle Orléans et anciens membres des Jazz Messengers d’Art Blakey. Le batteur monte en puissance, bien funky. Kendrick Scott est le seul musicien de ce groupe à mon avis. Nappes de clavier froides. La rythmique est vraiment solide et animée par le batteur. Solo de trompette avec une citation des « Feuilles mortes » histoire de faire plaisir au public parisien. Le saxophoniste imite John Coltrane alors que le morceau commençait par une voix de Noir Américain disant : « Dont’ imitate, emulate ». Tout est dit. « Les feuilles mortes » sont exécutées en quatrième vitesse par le trompettiste et la rythmique. Le saxophoniste assiste impuissant à leur fin cruelle. Ca me donne envie de réécouter « Autumn leaves » joué par Stan Getz histoire de me laver les oreilles. Au tour de la rythmique. J’entends mieux le batteur qui lui pulse, vit, vibre. Le pianiste fait étalage de son brio. Il donne un nouvel exemple de la vérité de cette pensée du premier président de l’Académie du Jazz, Jean Cocteau, «  Un virtuose ne sert pas la musique. Il s’en sert ».

 

J’ai lâché prise au dernier morceau. Je n’ai pas applaudi. Le public était ravi. Pierre de Chocqueuse aussi.

Partager cet article

Repost0

Stéphane Kerecki & John Taylor " Patience " au Duc des Lombards

Publié le par Guillaume Lagrée

Duo « Patience »

 

 

 

Paris. Le Duc des Lombards. Mercredi 22 juin 2011 . 22h.

 

John Taylor

 

La photographie de John Taylor est l'oeuvre du Pétrifiant Juan Carlos HERNANDEZ.

 

Stéphane Kerecki : contrebasse, composition

John Taylor : piano, composition

 

Retour de l’annonce d’hôtesse de l’air en français et in english au Duc des Lombards. Je croyais que cette mauvaise pratique avait cessé mais non.

 

C’est parti tout en douceur. Froid du piano, chaud de la contrebasse. John mène la danse. Stéphane impulse doucement. John Taylor a l’âge d’être le grand père de Stéphane Kerecki mais cela ne s’entend pas. Subtilement, le rôle moteur est passé à la contrebasse. La main passe d’un joueur à l’autre. La mélodie tourne, s’enfuit, revient comme une belle courtisée. C’était « Valse pour John » (Stéphane Kerecki).

 

« Manarola ». Dialogue entre les cordes grattées du piano et grattées de la contrebasse. Puis John revient au piano. Mélodie légère, dansante. Cela devient plus grave, plus profond mais toujours dansant. Pas besoin de batteur. Ces gars là savent marquer le tempo. Mieux, ils l’ont inscrit en eux tout en restant maîtres de leurs mouvements. Avec un batteur, c’est plus simple mais sans c’est mieux comme disent certains pianistes facétieux. Songez par exemple au trio Jimmy Giuffre(clarinette), Paul Bley (piano), Steve Swallow (contrebasse). Solo de contrebasse bien chaud, bondissant. Beau dialogue final.

 

Une nouvelle ballade. Une autre valse si je ne m’abuse. C’est beau comme une balade au bord de la mer. Plutôt la Manche puisque John Taylor est Anglais. Solo de contrebasse bien pensé où chaque note est pesée. Puis Stéphane revient, remonte, relance le pianiste qui enchaîne. Dernière vibration de contrebasse, dernier scintillement de piano. C’était « Patience » le titre album.

 

« Kung Fu ». Morceau plus agité comme le titre l’indique. Quoique ça se calme mais avec des soubresauts. La contrebasse impulse un rythme régulier alors que le piano s’échappe par des chemins détournés. La contrebasse prend la parole à son tour. Le public est attentif. Pas d’applaudissement pendant les morceaux.

 

John commence vite rejoint par Stéphane. Là encore, cela m’évoque irrésistiblement la Manche par temps calme, sous un ciel couvert. La pluie n’est encore pas là, le soleil joue à cache-cache avec les nuages. C’était « Gary » dédié au contrebassiste Gary Peacock.

 

« Baladin » (John Taylor). Solo de piano, pur, poétique en intro. La contrebasse arrive sur un passage plus agité. Le morceau avance pas à pas, trébuchant comme un homme fatigué. Bien sûr, tout cela est voulu, contrôlé de mains de maîtres.

 

John commence par un solo au style chaloupé, hancockien. Stéphane le rejoint et ça pulse. J’entends le batteur alors qu’il n’y en a pas. C’est dire si ça percute. En solo, Stéphane ajoute de la percussion en battant la mesure du pied gauche. Morceau ludique nommé « Bad Drummer ».

 

« Luminescence ». Solo de contrebasse pour introduire. C’est plus calme, plus grave. Deux discours se croisent, se mêlent.

 

« Jade Visions » (Scott La Faro). Lancé par la contrebasse, forcément. Ornette Coleman a dit du contrebassiste Scott La Faro qu’il était comme un enfant qui dansait sur la lune. Cette musique est toujours aussi belle, pure, riche cinquante ans après sa création.

 

« Windfall » (John Taylor). Une cascade coule du piano. La contrebasse vient y ajouter son flux. Le vent court dans la forêt, fait danser les arbres, les nuages.

 

RAPPEL

 

John joue dans les cordes du piano. Stéphane tapote ses cordes avec un maillet. Morceau vif, entraînant, mystérieux comme une fée dans les landes de Dartmoor. John se remet au clavier. Stéphane remet ses doigts sur la contrebasse. Le chant du duo s’élève haut et clair. Passage plus grave qui sert de reprise d’attaque. Maintenant, ils bondissent comme des dauphins sur les vagues. Ma voisine ne supporte plus les poufs du Duc des Lombards. Elle se met au piquet, debout près du bar. Après le concert, elle maudit le Duc qui comme le Sunset, comme le New Morning diffuse de la musique enregistrée, sitôt le concert fini, ce qui casse l’ambiance créée par les musiciens. Un club de Jazz n’est ni une salle de concert, ni un salon de musique. C’est la vie.

 

Patience patience dans l'azur
Chaque atome de silence 
est la promesse d'un fruit mûr

Paul Valéry

 

Partager cet article

Repost0

Word Out Trio au Cinéma Chaplin à Paris le jeudi 23 juin

Publié le par Guillaume Lagrée

Word Out, formé en 2007, est constitué du pianiste et compositeur 

britannique Jim Funnell, du contrebassiste maltais Oliver Degabriele, et du 

batteur français Thibault Perriard. 


Le groupe propose un répertoire de compositions originales et de 

standards réarrangés qu’il s’approprie dans un idiome jazz se réjouissant 

dans le métissage. Il a autoproduit son premier album éponyme en 2009. 

 


Pensez à réserver dès maintenant (contact@cinemachaplin.fr) : 

Un CD offert pour les 50 premières réservations ! 

Tarif unique : 10 € 

Réservation : contact@cinemachaplin.fr 


Cinéma Chaplin - Ex Saint-Lambert 

6, rue Peclet Paris 

75015 Paris 

Accès : Métro ligne 12, arrêt «Vaugirard» / ligne 8, arrêt «Commerce»

Partager cet article

Repost0

Fête de la Musique avec Bee Jazz à Paris

Publié le par Guillaume Lagrée

Fête de la Musique

Soirée Bee Jazz 

Foyer du Théâtre du Châtelet 

Paris. Mardi 21 juin 2011 .20h

 

 

Guillaume de Chassy : piano

 

Puis

 

Antonin Tri Hoang : saxophone alto, clarinette basse

Benoît Delbecq : piano

 

Puis

 

Edwin Berg : piano

Eric Surmenian : contrebasse

Fred Jeanne : batterie

 

Guillaume de Chassy a joué. Pendant ce temps, je lisais « Guignol’s Band » de Céline. Ca swingue bien plus.

 

Duo Antonin Tri Hoang /Benoît Delbecq.

 

Sax alto pour commencer. Son rêveur, lunaire du piano. Le sax souffle et souffre. Jolie mélodie en sourdine, en arrière plan du piano. Le sax alto sonne comme une flûte. Il y a de la maîtrise, une recherche sonore. Cela vient par vaguelettes, avance, se retire. Ils font exprès de retenir la mélodie, l’émotion. Ne pas se livrer surtout. Nous donner faim de plus encore. C’est un peu de l’exercice de style mais de très haute volée. Antonin utilise des claquements de langue, des bruits de clefs qui s’ouvrent et se ferment. Ca illustrerait bien une scène de cauchemar sournoise et inquiétante. Indéniablement, c’est original.

 

Morceau plus vif joué à deux ensemble au lieu de deux mélodies séparées comme le précédent. Très grande maîtrise technique mais en même temps il y a de l’émotion, du discours et pas de bavardage. A travers la fenêtre, je vois au dessus des arbres des baux nuages gris qui découpent des tranches de ciel bleu pâle. Le soir descend. La musique l’accompagne dans sa chute lente. Solo de piano en trilles douces. Le sax revient, danse comme un patineur. Quels signes ésotériques écrit-il sur la piste ? Ca chante comme un oiseau qui sait que l’été a une fin. Benoît Delbecq stimule à merveille ce jeune talent qui a déjà son fan club. Je le vois assis à côté de moi.

 

Benoît lance une phrase lente. Le sax alto devient corne de brume, porte de château hanté. Ca ne swingue pas un cachou mais il faut reconnaître que c’est beau, frais, neuf. Clarinette basse maintenant. Le son de corne de brume est encore plus net. Le piano, lui, chante une chanson douce et folle. Retour au sax pour une plainte sourde entrecoupée de brèves agitations. Belle pompe funèbre du pianiste. Retour à la clarinette basse. Concours de grave. Ces gars là aiment les ambiances éthérées. Partis comme ça, ils ne sont pas prêts d’être recrutés par Prince.

 

Piano et sax en fusion. Certains spectateurs s’en vont. C’est étonnant de voir à quel point la liberté peut encore faire peur à Paris en 2011. Dans le ciel, les nuages se recomposent laissant apercevoir de plus larges tranches de ciel bleu. Clarinette basse puis sax alto. Ce jeune homme aime varier les sensations entre grave et aigu. Il n’en est pas encore à jouer les notes aigues à la clarinette basse et les notes graves au sax alto mais je l’en sens capable. La musique est écrite. Ils lisent leurs partitions. Le matériau de base est plus complexe que les standards du Jazz. Le théâtre du Châtelet est une bonbonnière Second Empire tout en moulures et en dorures, paré, maquillé comme la « Nana » de Zola. Cette musique épurée, libre, raffinée, ultra civilisée s’y inscrit bien. Elle glisse, gracieuse comme des cygnes sur l’eau. Benoît fait sonner son piano comme une grande boîte à musique. C’est amusant.

 

Chants complices du piano et de la clarinette basse. Ils sont excellents dans l’ambiance éthérée, en demi teinte mais sont-ils capables de jouer vif, joyeux, dynamique bref d’élargir la palette des couleurs et des émotions dispensées ? En tout cas, le public est conquis et pas seulement le fan club d’Antonin Tri Hoang.

 

RAPPEL

 

Joli chant du sax alto comme une flûte fluide. Le piano, lui, coule de source. Un morceau tempétueux, vif justement mais toujours dans une ambiance sombre. La pleine lumière n’est pas leur affaire. Dont acte. C’est beau mais ce sont toujours les mêmes couleurs, entre gris clair et gris foncé.

 

ENTRACTE

 

Trio d’Edwin Berg

 

Chacun pose ses notes en douceur, à l’écoute. Le batteur est aux balais. C’est une ballade. Un vrai tapis persan moelleux et chamarré. Ca vibre, ça caresse, ça masse. Ca c’est du Jazz, classique, bien touché, avec de l’émotion, de la retenue. Le ciel a pris sa couleur bleu nuit. La musique aussi.

 

Retour aux baguettes. Un morceau vif, pêchu, chantant. Ca fait du bien par où ça passe. Un standard bien joliment joué ma fois. Ca monte en puissance. La musique élève l’âme. C’était « Con Alma » (Dizzy Gillespie) en tempo accéléré.

 

« Ouma » (Vas y en néerlandais). Ca y va doucement ou bien. La cymbale vibre sous la pointe de la baguette. Piano et contrebasse distillent les notes. Le trio se lance. Le batteur est aux balais. C’est charmant, ravissant même. C’est tout doux, tranquille puis un solo de batterie aux baguettes, sans forcer, vient nous réveiller. Ca pulse, vibre, démarre en trio. Beaucoup de spectateurs, dont le fan club d’Antonin Tri Hoang, ont quitté la salle à l’entracte. Ils ne seront pas fusillés pour l’exemple mais ils ont eu tort tout de même. Voilà un trio qui sait varier les couleurs et les émotions classiquement, élégamment, efficacement.

 

Je n’ai pas capté le titre de ce morceau. Solo de contrebasse en intro bien gratté, bien pincé, grave, profond, vibrant. Le trio démarre doucement puis ça chante haut et clair.

 

Pour finir, « Ma dernière volonté ». C’est le titre du morceau. Et bien c’est un morceau vif, torrentueux. Quoique ça se calme vite pour devenir une ballade. Batteur aux balais, contrebasse en place, pianiste qui brode élégamment, tout ça, quoi. Puis ça repart tumultueux, romantique, aux baguettes. Bref, il veut qu’on rit, il veut qu’on danse comme le chantait Jacques Brel. Retour à la ballade pour finir. Tout est dit.

 

Partager cet article

Repost0

Leçon de Jazz d'Antoine Hervé: le trombone dans le Jazz

Publié le par Guillaume Lagrée

 

 

 

 

Leçon de Jazz d’Antoine Hervé.

Paris. Auditorium Saint Germain des Prés.

Lundi 20 juin 2011. 19h30.

 

Glenn Ferris

 

 

La photographie de Glenn Ferris est l'oeuvre du Cuivré Juan Carlos HERNANDEZ.

 

Antoine Hervé : piano, scat, enseignement

 Glenn Ferris : trombone à coulisse, enseignement

 

Il s’agit ce soir de rendre gloire aux trombonistes qui se font voler la vedette par les saxophonistes et les trompettistes. Toutes les erreurs techniques dans les propos qui suivent est de mon fait et ne peuvent engager la responsabilité des professeurs Antoine Hervé et Glenn Ferris.

 

« Blues for ever » (Glenn Ferris). C’est un Blues lent. Le trombone grommelle. Toujours cette proximité de l’instrument avec la voix humaine propre au Jazz. Ca progresse tranquillement comme un gars qui marcherait en roulant des épaules mais sans vulgarité, comme Jean Paul Belmondo.

 

Les trombonistes sont des héros. Ils sont toujours là discrets mais indispensables, méconnus par rapport aux trompettistes et aux saxophonistes.

 

L’instrument fut créé vers 1450 sous le nom de sacqueboute (i.e tire et pousse). C’est un instrument à vent de la famille des aérophones. Le mot vient de l’italien : tromba (trompette) et le suffixe augmentatif one. Il est écrit en ut. Plus la coulisse descend, plus la longueur du tube augmente, plus le son est grave. Le grave, c’est le son de l’Enfer dans la musique de la Renaissance.

 

Justement le Jazz est une musique diabolique né dans des lieux où l’on pèche mortellement comme les maisons closes. A la Nouvelle Orléans naquit le tail gate style. Les trombonistes donnaient de grands coups de coulisse (leur fameux coup de ut !) à l’arrière des remorques dans les orchestres ambulants pour attirer les clients.

 

Kid Ory était le Roi du trombone à la Nouvelle Orléans. Créole, comme Jelly Roll Morton, l’inventeur du Jazz, il dirigeait le Kid Ory’s Creole Jazz Band. Il a joué avec Louis Armstrong dans les Hot Five et les Hot Seven. Jack Teagarden, un Blanc, a joué lui aussi avec Louis Armstrong, Bix Beiderbecke, Benny Goodman. Lawrence Brown, un Noir, joua du trombone dans l’orchestre de Duke Ellington pendant 40 ans. Il fut le héros d’enfance de Glenn Ferris.

 

«  Bourbon Street Parade » un standard du New Orleans. Ca swingue, ça sautille joyeusement. Une vraie invitation à la fête, à la danse. Le trombone peut aussi faire la basse, la percussion. Il peut aussi par ses glissando suggérer l’homme ivre, le danseur chancelant. Dans l’orchestre, il fait le lien entre les vents et les basses.

 

«  Saint James Infirmary », un Blues traditionnel. C’est l’histoire d’un mec. Il va à l’hôpital et il reconnaît sa chérie parmi les cadavres. C’est vous dire si c’est gai. En l’occurrence, c’est bien joué.

 

Dans les années 1920 naît à New York le style Jungle. C’est une époque d’immense créativité musicale (Louis Armstrong, Sidney Bechet, Duke Ellington, Jimmie Lunceford…).

 

Nouvelle version de « Saint James Infirmary » dans le style de Jo «  Tricky » Sam Nanton, tromboniste de l’orchestre de Duke Ellington, un des inventeurs du Jungle Style. Glenn Ferris a pris la ventouse et sort le gros son, les grognements.

 

Le trombone a une perce cylindrique. Cela signifie que le diamètre du tuyau est le même du début à la fin sauf le pavillon qui influe peu sur le son.. Le son du trombone est dur, sec. Glenn Ferris, lui, a un son aéré.

 

«  When the night turns into day » (Glenn Ferris). Ballade pour saluer l’aurore. Beaucoup de soufflé, de suave dans le jeu du trombone. Le professeur Hervé prend aussi un beau solo scintillant.

 

On ne fait pas n’importe quoi avec la coulisse lectrices curieuses, lecteurs avides de savoir. Il existe 7 positions qui correspondent au schéma des harmoniques. Démonstration de notes variant avec les lèvres sans bouger la coulisse. Glenn nous montre les doigts (triggers) de son trombone qui lui permettent de régler l’ouverture du tuyau sans jouer sur la coulisse. Démonstration sur « Samba de una nota so » avec les lèvres puis avec la coulisse. Ce n’est pas le même effort.

 

« Stompin at the Savoy » grand standard des années 30 (orchestre de Count Basie). Joué relax. Ca swingue.

Glenn Ferris est un bon complice. Il nous montre tout. L’embouchure par exemple. Plus on va vers l’aigu du trombone, plus l’effort musculaire est grand, plus ça fait mal aux lèvres. Louis Armstrong avait un mouchoir sur scène pour essuyer le sang à ses lèvres. Glenn nous démontre le vibrato avec la coulisse, avec les lèvres. Nouvelle démonstration en ajoutant de l’air.

« Cotton Tail » (Duke Ellington) que Glenn Ferris a joué sous la direction d’Antoine Hervé dans l’Orchestre National de Jazz de 1987 à 1989. Sympa d’entendre en duo ce morceau pour big band. Ca swingue joyeusement.

Juan Tizol, tromboniste porto ricain, apporta à l’orchestre de Duke Ellington un de ses thèmes fétiches « Caravan ». Il est aussi l’auteur de « Perdido » que Charlie Parker affectionnait (écoutez sa version avec Dizzy Gillespie, Bud Powell, Charles Mingus, Max Roach dans « The Quintet. Live at Massey Hall »). Antoine Hervé joue Perdido. Glenn Ferris joue un thème de Charlie Parker. Glenn met une sourdine fermée. Les deux thèmes se croisent, se superposent. Ca colle même si ça demande de l’attention à l’auditeur. Foin de la facilité, que diantre !

 

S’ensuit « Confirmation » (Charlie Parker), un classique du Be Bop. Evidemment, c’est joué moins vite que par Bird mais le feeling est bon.

 

Bob Brookmeyer, tromboniste, pianiste, compositeur, arrangeur, chef d’orchestre né à Kansas City en 1929 joue et enseigne toujours à New York. Il joue aussi du trombone à pistons qui permet de jouer plus vite, plus précis. Le gars qui joue du trombone aux côtés de Jim Hall (guitare électrique) et Jimmy Giuffre (clarinette) pour la scène d’ouverture du film Jazz on a summer's day sur le Newport Jazz Festival de 1958, c’est lui.

 

« Milestones » (Miles Davis) joué en hommage à Kai Winding, tromboniste qui jouait sur l’album « Birth of the cool » (1949) de Miles Davis. Ca sonne bien au trombone.

Avec le Be Bop, les trombonistes ont dû trouver des trucs pour jouer plus vite, plus articulé, plus précis. Glenn Ferris en profite pour nous montrer le jeu « against the grain » (à contre courant).

 

« Nostalgia in Times Square » (Charles Mingus). C’est une musique de chat de gouttière. Glenn reprend la ventouse pour moduler le son sur le pavillon. Il joue maintenant ouvert. C’est vraiment un Maître de l’instrument. Il y met toute l’expression nécessaire pour du Mingus. Il reprend le débouche évier pour un son plus feutré, plus grommeleur. Quelle version, nom de Zeus !

 

Slide Hampton, autre tromboniste, né en 1932, grand ami de Dizzy Gillespie. Glenn Ferris est né à Hollywood, Californie en 1950 et a beaucoup joué avec les Latinos à Los Angeles.

« Manteca » (Dizzy Gillespie), un classique de la Salsa. Le trombone fait des percussions. Le piano sonne comme des timbales.

 

Les multiphoniques consistent à jouer plusieurs notes à la fois au trombone en utilisant la voix. C’était une spécialité du tromboniste allemand Albert Mangelsdorff. Glenn reconnaît qu’il ne sait pas bien le faire mais sa démonstration est tout de même parlante.

 

« Fairy’s groove (You dig ?) » (Glenn Ferris). Morceau compose de 3 grooves différents. Le professeur Hervé lance un scat, Glenn groove dessus. Puis le piano démarre. Ca donne envie de bouger son corps sans effort. Je reconnais des sons que Glenn produisait en 1993 dans le merveilleux album d’Henri Texier « An Indian’s Week ». Il change de groove, passant à un tempo reggae. Au final, j’ai loupé un des trois grooves du morceau. Ma note va baisser, je le crains.

 

RAPPEL

 

Un hommage à Jay Jay Johnson immense tromboniste auquel le titre de ce blog fait allusion. « Lament » (JJJ).  Un Blues lent, une ballade jouée avec beaucoup de souffle dans le trombone. Une lamentation douce qui ne pleure pas mais qui vous berce doucement. Cf extrait audio au dessus de cet article.

 

Après un tonnerre d’applaudissements, Glenn Ferris remercie Antoine Hervé pour le service rendu à la cause des trombonistes. Merci à eux pour cette splendide prestation. Rendez vous à l’automne pour une nouvelle saison de Leçons de  Jazz d’Antoine Hervé à l’Auditorium Saint Germain des Prés.

Partager cet article

Repost0

Le trio de Peter Bernstein vu et écouté au Sunset

Publié le par Guillaume Lagrée

Peter Bernstein Trio

Paris. Le Sunset.

Dimanche 19 juin 2011.21h30

 

 

 

Peter Bernstein: guitare électrique

Reggie Johnson: contrebasse

Pi Estev : batterie

 

« Let’s cool one » (TS Monk). Monk à la guitare, c’est rare. Joué tranquille, souple, comme il le faut. Cool, quoi. Ca swingue. Le feeling est là. Ca ne sent pas la copie. Mon pied droit bat la mesure. C’est bon comme ça. C’est rare de voir un contrebassiste plus balèze que sa contrebasse. C’est le cas de Reggie Johnson. Son grave, bluesy en diable. Je chantonne même l’air tant cette musique remue de bonnes choses. Breaks de batterie bien chauds, bien secs. C’est tellement chaud que le contrebassiste tombe la veste dès la fin du premier morceau.

 

Introduction tranquille à la guitare. Le trio démarre un morceau vif  au tempo latino. C’est « What is this thing called love ? », un standard. Ces jeunes gens aiment les standards. Ils les jouent fichtrement bien. Manifestement leurs mères en écoutaient déjà lorsqu’elles les portaient dans leurs ventres. Un jeune guitariste arrive dans la salle. Ca sent l’invité surprise. C’est New York sur Seine ce soir au Sunset. Le bassiste est d’un classicisme épuré, efficace avec un gros son qui vibre bien dans le ventre. Introduction à la guitare, thème avec dominante de la guitare, variations de guitare, solo de contrebasse, breaks de batterie, retour au thème. Le schéma est éculé et pourtant ça marche. Parce que ça joue, nom d’une pipe en bois ! Solo de batterie axé sur les tambours, vif, sec.

 

La guitare introduit une ballade. Un standard. «  Darn that dream ». Un des themes fétiches de  Martial Solal. Batteur aux balais. Tout en douceur. Soirée révision des classiques avec des jeunes maîtres. Solo de contrebasse façon berceuse. Ca tient chaud à l’âme.

 

« She » (George Shearing). Une ballade tranquille. Pas lente tout de meme. Le batteur est aux baguettes. Elle se reconnaîtra en écoutant ce morceau. Ca swingue. Je sais, je l’ai déjà écrit mais comme cela devient une qualité rare chez les Jazzmen, il faut le souligner.

 

Standard introduit à la guitare. Ca tourne bien. Le titre m’échappe. Vous ai-je déjà dit que ça swinge grave, charmantes lectrices, ravissants lecteurs ? Oui je radote. Pas eux. C’est l’essentiel.

 

Un nouveau morceau de Thelonious Sphere Monk. Jolie introduction en solo de guitare. Ca grogne, ça balance comme du Monk. Le Blues, toujours le Blues, le Blues sphérique du Moine bleu. Je ne retrouve pas le titre. Désolé.

 

Morceau plus rapide, plus vif. Ca démarre à trois tout de suite. Ca m’évoque des voitures qui circulent vite, klaxonnent, se doublent, déboîtent. Solo total de contrebasse rapide, grave, profond. Solo de batterie à nouveau axé sur le roulement de tambours. C’est le truc de ce batteur. Les voitures reprennent leur ronde folle.

 

PAUSE

 

Concert bien agréable ma foi mais il y a école demain. Je m’en vais.

 

Partager cet article

Repost0

L'If Duo Bruno Angelini/Giovanni Falzone enregistré en concert au Blanc Mesnil

Publié le par Guillaume Lagrée

If Duo

Le Blanc Mesnil. Le Deux Pièces Cuisine.

Vendredi 17 juin 2011. 20h30.

L'If Duo est composé de

Bruno Angelini: piano, compositions

Giovanni Falzone: trompette, grognements, borborygmes, bruitages, sifflements, compositions.

Giovanni Falzone + Bruno Angelini

 

La photographie du duo Bruno Angelini/Giovanni Falzone est l'oeuvre de l'Admirable  Juan Carlos HERNANDEZ.

Concert diffusé dans l'émission Jazz Club d'Ivan Amar sur France Musique et enregistré par Abalone Productions.

Après "  Songs volume 1 " composé par Giovanni Falzone, voici, le temps d'un concert, la présentation de " Songs volume 2 " composé par Bruno Angelini.

Bruno Angelini réside au Blanc Mesnil, en Seine Saint Denis, Ile de France, France et y termine une résidence de deux ans.

Ce concert était divisé en deux parties.

D'abord, un spectacle monté avec la professeur de musique et les élèves d'une classe de 4e du collège Eugénie Cotton du Blanc Mesnil dans le cadre de l'opération " Art et culture au collège " du Conseil général de la Seine Saint Denis.

Puis le nouveau répertoire de l'If Duo dont le tronc solide donne de nouvelles branches, de nouvelles feuilles et de nouveaux fruits en cet été 2011.

Bruno Angelini a fait travailler les collégiens (13-14 ans) sur Django Reinhardt. Les enfants ont écrit des paroles en français sur Minor Swing, Nuages, Django (John Lewis) et Sweet Georgia Brown, un standard que jouait Django avec Stéphane Grappelli dans le quintette du Hot Club de France.

16 enfants sur 25 sont venus chanter, les plus motivés. Bruno est au piano. La chorale d'enfants est dirigée par la professeur de musique. C'est charmant, encore perfectible mais déjà du beau travail.

Le style des Double Six se poursuit. C'est réjouissant et rafraîchissant comme les Nuages.

Django de John Lewis, le seul hommage écrit par un Jazzman américain à un Jazzman français, à ma connaissance. Les enfants en ont fait une chanson émouvante sur un Génie parti trop tôt (1910-1953).

Sweet Georgia Brown finit ce spectacle dans la joie et la fraîcheur.

PAUSE

Giovanni commence par siffler dans une sorte de sifflet en bois avant de faire gémir l'embouchure de sa trompette. Jeu de cris et de souffles. Bruno déroule une vague apaisante au piano. La trompette démarre avec un son épais, velouté. Un vrai risotto que cette musique. A l'agitation du trompettiste répond la douceur du pianiste. Giovanni réinvente la trompette wah wah. Le piano est fluide, puissant comme une douce vague qui nous touche, s'en vient et s'en va. Sans électronique, Giovanni sort de multiples sons inouïs de sa trompette marine. Dès qu'il pose le son, c'est chaud et bon. C'est un blues méditerranéen, ensoleillé et brumeux à la fois. C'était " La vie est un (men)songe ".

" Déontologie Blues " un morceau politique. Morceau sarcastique aussi. Giovanni lance un wah wah féroce à la trompette. Puis il joue direct. Ca attaque et ça mord. Morceau agité, nerveux, inquiet. A croire que la trompette fait des " Moa, Moa " dignes d'énormes ego. Bruno joue dans les medium, les graves. L'heure est grave. Le morceau aussi.

" a place.zen ". Ballade introduite en piano solo. Calme, douceur, relâchement. La trompette vient poser sa griffe tendre sur ce doux tapis. C'est beau comme un jardin ouvert sur la mer, sous la brise. Vous voyez d'ici le tableau. Impressionniste. Ca touche sans avoir l'air d'y toucher. Solo de piano d'une pureté digne de Ran Blake. La trompette devient chuchotement, froissement, bruissement d'ailes de papillon jusqu'à s'éteindre.

" Il Fanfarone ", hommage au Fanfaron ( " Il Sorpasso " en italien, film de Dino Risi (1962) avec Jean Louis Trintignant et Vittorio Gassman dans le rôle du Fanfaron).  Morceau chanté par Thierry Péala avec Bruno Angelini et Francesco Bearzatti. Film comique à la fin tragique, bref une comédie italienne. Joyeux dialogue piano/trompette plein de vibrations, de gags musicaux. La trompette sonne comme la voix de Donald Duck. Le wah wah, style de trompette des années 20, prend un sacré coup de jeune sous les doigts et le souffle de Giovanni Falzone. Le piano et la trompette sautillent joyeusement. Superbe solo de trompette moqueur et profond en même temps.Bruno enchaîne sur un air mélancolique et dansant. Piano solo. Giovanni s'éloigne au fond de la scène. Bruno explore son piano, le fait parler, chanter mais sans violence. Giovanni le rejoint pour jouer trompette ouverte une complainte puissante. Macche bella la musica!

Bruno prépare son piano, pinçant les cordes dans le corps de l'instrument, y plaçant quelques objets. Le piano sonne avec un effet de réverbération. Trompette bouchée au son salé, âpre. Giovanni n'est pas Sicilien pour rien. Tout en douceur, en rêverie. Giovanni grogne, gémit, explore les sonorités de sa trompette. Une embouchure et trois pistons ne suffisent pas à son imagination. Cela fait rire un enfant. Giovanni est un homme habité par la musique. Il danse au son du piano solo. Après la douceur, le piano attaque dans le grave. Ca swingue. Giovanni fait la sirène d'alarme. Il semble frappé par la violence des traits qu'il lance. Le piano gémit, gronde sous les assauts des doigts de Bruno. Giovanni fait aussi des vocalises étranges qui amusent l'enfant, un garçon de 7 ans. C'était " (R)évolutions " en hommage au Printemps arabe.

" Solange 2011 ", nouvelle version d'un morceau de Bruno que j'ai entendu souvent chanté par Thierry Péala en trio avec Bruno Angelini et Sylvain Beuf puis Francesco Bearzatti (saxophones). Solange est un hommage à la grand-mère décédée de Bruno. L'autre grand mère est présente au concert ce soir. Je reconnais bien cette belle ballade. Piano solo. Intro respectueuse, majestueuse, tendre. Une des magies de l'art est de faire revivre les êtres chers qui ne sont plus. Marcel Proust en fit toute une oeuvre. Bruno Angelini en fait un morceau. Trompette en sourdine. Giovanni ne sonne pas comme Miles Davis avec la sourdine Harmon. C'est suffisamment rare chez les trompettistes actuels pour être signalé. Giovanni passe à la trompette ouverte et l'air se libère. C'est beau, ça balance doucement, tendrement. 

" Salto nel vuoto " écrit par Giovanni Falzone pour " Songs volume 1 " puis " L'indispensable liberté " écrit par Bruno Angelini pour illustrer " Les roses noires " un documentaire sur les jeunes filles de banlieue dont celles du Blanc Mesnil.

" Salto nel vuoto ". En français, " le saut de l'ange ". Morceau vif, périlleux, dynamique. Ca part, fuse, vibre. Finalement, ils se posent en douceur.

" Je suis né pour te connaître pour te nommer Liberté " (Paul Eluard). Ils repoussent les murs en jouant cette musique. Ils lèvent les voiles aussi. C'est beau, nom de Zeus!

RAPPEL

Giovanni commence. Ca pète, ça claque. Le piano vient remuer encore plus la sauce. Giovanni développe le thème. Le piano caresse le tout. Ca plane pour nous. Le public suit les consignes données en début de concert. Pas un bruit pendant les morceaux pour ne pas perturber l'enregistrement. Une fois la musique finie, tonnerre d'applaudissements.

Au final, je me réjouis d'avoir fait partie des happy few présents au Deux Pièces Cuisine, au Blanc Mesnil ce vendredi 15 juin pour assister en direct à la création du nouveau répertoire de l'If Duo Bruno Angelini/Giovanni Falzone. Je félicite France Musique d'avoir fait le déplacement aussi pour diffuser ce concert sur les ondes et sur la Toile. J'attends le résultat dans quelques mois qui, grâce à Abalone Productions, permettra de récompenser ces musiciens pour leur authenticité, leur intensité, leur esprit aventureux. Que les dieux et les muses protègent l'If Duo!

 

Partager cet article

Repost0

Appel à des Etats Généraux du Jazz

Publié le par Guillaume Lagrée

Laurent Coq

 

La photographie de Laurent Coq est l'oeuvre du Passionné Juan Carlos HERNANDEZ.

Lectrices éveillées, lecteurs aux aguets, vous suivez l'initiative du pianiste et compositeur  Laurent Coq qui vise à rendre le Jazz en France à ceux qui le créent, l'aiment, le font vivre, face à une situation économique et sociale en dégradation.

Après le constat, l'action collective.

D'abord une pétition appelant à des Etats Généraux du Jazz adressée à Monsieur Frédéric Mitterrand, ministre de la Culture de la République française.

La suite dépendra d'abord du nombre de signataires, de la diffusion de cette  pétition. Signez la, diffusez la, parlez en tout autour de vous. L'avenir de la musique que nous aimons est entre nos mains. Comme Charles Mingus, ne lâchons rien.

Partager cet article

Repost0