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Elise Caron chantera pour les petites oreilles du 28 au 30 avril à Houilles

Publié le par Guillaume Lagrée

 

 

Elise-Caron.jpg

La photographie d'Elise Caron est l'oeuvre du Chantant Juan Carlos HERNANDEZ.

"Chansons pour les petites oreilles"


Elise Caron, voix, textes et musiques
Christine Chazelle, piano
Michel Musseau, piano-jouet, scie musicale

jeudi 28 avril 2011: 2 scolaires à 10h et 14h30, 
vendredi 29 avril 2011 : 2 scolaires à 10h et 14h 30 
samedi 30 avril 2011: 1 tout public à 17h 


Salle Cassin
1 rue Jean Mermoz - 78800 HOUILLES

Ce spectacle enchante les oreilles, petites et grandes, de 3 à 64 ans. Je le sais. C'est l'âge des personnes que j'y ai envoyé. Que vous me croyez ou non, allez le vérifier vous même avec parents et enfants, petits et grands.

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Juan Carlos Hernandez exposé au Festival Images en Scène du 13 au 15 mai à La Roche Posay

Publié le par Guillaume Lagrée

 

Ahmad Jamal et Herlin Riley     

 

La photographie d'Ahmad Jamal et Herlin Riley est l'oeuvre de l'Impérial Juan Carlos HERNANDEZ.

 

Juan Carlos HERNANDEZ, photographe exclusif de ce blog, sera exposé au festival de photographie  Images en Scène du vendredi 13 au samedi 15 mai 2011 à La Roche Posay, Vienne, Poitou Charentes, France, Union européenne.

 

L'artiste sera présent pour rencontrer ses admirateurs et ses admiratrices.

Par ailleurs, Juan Carlos HERNANDEZ fait l'objet d'une exposition permanente à Genève, en Suisse, sa ville de naissance et de résidence.

 

Allez le voir, saperlipopette!

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Le Festival des Musiques à Ouïr fait sa lessive de printemps au Lavoir Moderne Parisien

Publié le par Guillaume Lagrée

 

Festival des Musiques à Ouïr.

Paris. Lavoir Moderne Parisien.

Mercredi 20 avril 2011. 20h.

 

Première partie: Bruno Chevillon/Jean-Marc Foltz

 

Deuxième partie : Sylvaine Hélary Trio  + invités

 

Bruno Chevillon

La photographie de Bruno Chevillon est l'oeuvre du Malicieux Juan Carlos HERNANDEZ.

 

Honte sur moi ! C’est la première fois que je viens à un concert au Lavoir Moderne Parisien. Non seulement, c’est une vraie salle mais, en plus, j’ai la place pour étendre mes jambes. Avec mes mille huit cent cinquante millimètres de haut, c’est la première fois que cela m’arrive. La scène ressemble plus à un atelier de bricoleur qu’à une scène pour musiciens.

 

Bruno Chevillon : contrebasse

Jean-Marc Foltz : clarinettes

 

Bon, ben, c’est du Free Jazz (du « Jazz frit » comme dit Martial Solal). Beaucoup de silence ponctué par des traits brefs de la clarinette et longs de la clarinette basse. Cette musique est pure et exigeante. Ils doivent pouvoir dialoguer des heures comme ça. Pas de structure fixe, pas de borne, pas de limite. Ca coule comme une rivière avec des sautes d’humeur, plutôt calme mais s’agitant parfois. Soit vous restez au bord à la regarder passer soit vous plongez dedans et nagez heureux comme un poisson dans l’eau. Le public a manifestement choisi la deuxième option. Très beau final decrescendo, feutré, millimétré.

 

La clarinette basse grogne doucement comme une rumeur d’éléphant alors que la contrebasse fait le vol des insectes. Les insectes qui tournent autour de la tête de l’éléphant, évidemment. Beau solo de contrebasse à l’archet entre porte qui grince, insectes et fuite du temps. Le duo insectes/éléphant se reforme, animal et mystérieux. Ca monte doucement en puissance : bruits de port, de moteur de bateau, de mer. Magique, vous dis-je.

 

Ils ont retenu un truc de Miles Davis : travailler sur le son et les silences plutôt que sur la vitesse d’exécution. Ca chante. Une comptine abstraite, étrange mais ça chante. Le public, venu en nombre, est captivé. Cela se sent. Nos esprits suivent les caprices des arabesques de la clarinette basse alors que la contrebasse marche tranquillement et fermement. Les musiciens ne disent rien. Ils jouent. Cela suffit à nous parler. Je retrouve les haubans qui claquent, le murmure puissant de la mer, les craquements de coques de navires. Solo de contrebasse grave de menace et d’étrangeté. Passage à la clarinette, jouée toutes clefs fermées, faisant un bruit de feu qui crépite en douceur. Le tout sans appareillage électro technique bien sûr. Jouer de la clarinette un genou à terre, vers le haut, en bouchant tout, il y a de quoi rendre fou un amateur du «  Concerto pour clarinette » de Mozart ou lui faire découvrir un autre monde. Solo de clarinette très clair, très doux dans la lignée de Jimmy Giuffre et André Jaume. Bruno Chevillon joue des percussions avec ses doigts en haut du manche de la contrebasse. Il y a bien une pulsation mais pour le moins étrange. La clarinette accélère légèrement. Retour à un jeu plus classique de la contrebasse. Enfin, classique à la façon de Bruno Chevillon. Retour à la clarinette basse sur le même thème mais joué plus grave évidemment. Un long silence avant que nous n’osions applaudir. C’est dire la qualité, la densité de cette musique.

 

Retour à la clarinette. Les cordes de la contrebasse vibrent sous l’effet de deux archets glissés le long des cordes, de bas en haut. Ca fait le son du vent dans les bois, les bois d’où vient le corps de la contrebasse. La clarinette fait l’appel du loup à la lune. C’est la forêt vosgienne, la nuit, en plein Paris. Très belle berceuse propre à stimuler les rêveries des petits et des grands.

 

Boïng font les cordes de la contrebasse sous les doigts et l’archet de Bruno Chevillon. Clarinette tout en douceur, elle. Puis ça change. La clarinette vrille et me fait mal aux tempes. Cela me rappelle la définition de la clarinette par Ambrose Bierce dans sonDictionnaire du Diable : «Clarinette : instrument de torture utilisé par une personne qui a du coton dans les oreilles. Il y a deux instruments qui sont pires qu'une clarinette - deux clarinettes . »

 

Retour à la clarinette basse. Ca gronde et vibre en symbiose entre la contrebasse à l’archet et la clarinette basse. C’est au tour de la clarinette basse de crier maintenant. A quoi bon ? la contrebasse, elle, vibre superbement sous l’archet.

 

En résumé, un dialogue de très haut vol, parfaitement maîtrisé entre deux Maîtres de leurs instruments respectifs, tel est le duo Bruno Chevillon/Jean-Marc Foltz.

 

PAUSE

 

Sylvaine Hélary : flûtes, chant, MC

Antonin Rayon : orgue Hammond, glockenspiel

Emmanuel Scarpa : batterie

+

 Julien Boudart : MS 20

 Aalam Wassef : voix

 

Ce trio compte quatre musiciens. Tels sont les mystères de la musique et des femmes du temps présent. Après un discours cosmi comique, Sylvaine Hélary se lance dans un joli solo de flûte traversière. Aigu, joyeux, chantant. L’orgue Hammond et la batterie viennent ajouter leur pulsation. Il y a des sonorités de guitare électrique dans le jeu de clavier, du rock anglais là-dessous. Dans le jeu du batteur aussi. Influence de Jethro Tull ? Pas sûr vu que le flûtiste était lui influencé par un Jazzman,  Rahsaan  Roland Kirk. Contraste entre la légèreté de la flûte et le poids de la rythmique. Sylvaine utilise des pédales ce qui lui permet de se mixer en direct et de danser sur place. Qui s’en plaindrait ? La rythmique arrache tout sur son passage. Pourquoi les filles devraient-elles jouer gentiment et joliment ? Préjugé sexiste ! Ca bidouille sévère entre les claviers. Ca sonne dur, viril. Cela me rappelle la flûte de Dave Liebman puis Sonny Fortune chez Miles Davis entre 1973 et 1975. Il y a bien un côté atelier du bricoleur dans cette musique comme le montre le dispositif scénique. Le deuxième claviériste s’en va.

 

Sylvaine Hélary chante en français, fort joliment, des paroles surréalistes : « Allongée sur le vide » avec un groove mystérieux derrière. Ca groove, baby. La flûte vole au dessus. Les paroles ne sont pas faites pour la radio. Non qu’elles violent l’ordre public et les bonnes mœurs mais elles sortent trop de l’ordinaire. Je n’y comprends rien mais peu importe puisque je hoche la tête joyeusement. Comme disait Johny à propos de Sylvie : «  Cette fille là, mon vieux, elle est terrible ». La musique, le chant deviennent étranges comme le sujet, la mort. C'était un poème de Gherasim Luca " Quart d'heure  de culture métaphysique " in " Le chant de la carpe ".

 

Sylvaine Hélary fait des petits trucs sur scène que je laisse à mes lectrices curieuses et à mes lecteurs avides de savoir le plaisir de découvrir lorsqu’ils iront à son prochain concert. Elle chante une petite histoire joyeuse, mais pas tant que cela, «  d’hirondelles, ils riront d’elle ». C’est le « Vertige » une musique vertigineuse comme des montagnes russes.

 

S’ensuit « Ailleurs ». Un homme vient se mettre debout face au mur, devant un micro que je n’avais pas vu. Il nous tourne le dos, nous parle dans une langue d’ailleurs, orientale j’ai l’impression. Derrière le groupe produit un son digne d’une attaque aérienne. « I must go now » et le diseur s’en va. Le batteur fait grincer une cymbale avec une baguette. Du brutal, du doux s’entrechoquent. Au final, retour au « Ailleurs » du départ.

 

Un groove tranquille s’installe. Le batteur est aux balais. Phase de calme après l’agitation du morceau précédent. Le glockenspiel s’ajoute. La demoiselle danse sur place au rythme de la musique. Solo de batterie entre explosion et retenue, bien construit. Après la flûte basse, retour à la flûte traversière. Il y a dans cette musique une fantaisie, un défi aux convenances qui devraient, je pense, plaire aux enfants. Il n’y en a pas dans le public pour en juger. En tout cas, ça s’amuse bien sur scène. Le public ne s’ennuie pas non plus. Il y a un grain de folie dans ce groupe qui le rend original, intéressant et qui manque à tant de musiciens aujourd’hui (non, je ne donnerai pas de nom !). Il y a de plus une superbe technique du jeu de flûte héritée d’années de conservatoire et de pratique de la musique classique. Un son pur, propre, droit.

 

Avec Michel Edelin, André Stocchetti, Sylvaine Hélary, la flûte est en chantier. Visitons leurs palais imaginaires en construction. Ca vaut le détour comme disent les guides touristiques.

 

 

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" Five pedals deep " Dan Tepfer Trio

Publié le par Guillaume Lagrée

 

 

 

Dan Tepfer Trio

" Five pedals deep ".

Sunnyside. 2010.

 

Dan Tepfer: piano, compositions

Thomas Morgan: contrebasse

Ted Poor: batterie

Cet album compte douze titres dont dix composés par Dan Tepfer. C'est dire s'il est le chef de ce petit orchestre. Contrebasse et batterie lui offrent un soutien sans faille, sûr et relaxant. Quant aux deux morceaux qui ne sont pas de sa plume, il y a " Ne me quitte pas " de Jacques Brel car Dan Tepfer est Français (certes Jacques Brel était Belge mais c'est en France qu'il a fait carrière) et " Body and Soul " car il est aussi Américain et pianiste de Jazz.

Pianiste de Jazz certes mais avec un très solide bagage classique. En attendant qu'il nous livre sa version des Variations Goldberg de Jean Sébastien Bach, cela s'entend déjà dans son toucher, son art de la fugue (ex: " All I heard was nothing ", n°1), sa rigueur rythmique, l'originalité des rythmes joués (je laisse les musiciens compter les mesures).

C'est une musique agréable de premier abord mais aussi très cérébrale. Elle permet donc plusieurs niveaux d'écoute. En tout cas, c'est trop subtil et original pour servir de musique de piano bar. L'album est rythmé par de brefs interludes qui amènent le solo de piano final sur " Body and Soul " pour retrouver et perturber nos repères d'amateurs de standards du Jazz.

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" Duos with Lee " Dan Tepfer&Lee Konitz

Publié le par Guillaume Lagrée

Dan Tepfer: piano

Lee Konitz: saxophone alto

" Duos with Lee "

Sunnyside. 2009.

Lee Konitz

La photographie de Lee Konitz est l'oeuvre du Distingué Juan Carlos HERNANDEZ.

Lee Konitz, né en 1927, a toujours aimé les duos avec pianiste. Notamment avec Martial Solal né lui aussi en 1927 avec qui il enregistra un duo en studio en 1977 et un autre en concert en 1983. Dan Tepfer, lui, est né en 1982. C'est dire si ce duo montre la soif constante de renouveau de Lee Konitz et le goût d'apprendre de Dan Tepfer. Après avoir dégusté ce duo en concert, voici que j'écoute attentivement leur album enregistré en studio, en France, en 2008.

Que jouent ils? Pas de standard. Sauf le dernier morceau " Trees " qui date des années 1920 et que plus personne ne joue sauf eux. Une improvisation en solo de Dan Tepfer intitulée logiquement " No Lee ". Une composition de Dan Tepfer " Merka Tivka ".

Et surtout neuf improvisations intitulées " Elande "numérotées de 1 à 9 chacune basée sur une clef différente. Des morceaux brefs, poétiques, lancés comme cette peinture japonaise où le pinceau ne doit jamais quitter la toile. Une musique libre sans licence ni violence. De l'art abstrait de très haut vol. Du jeu entre Maîtres à jouer. La transmission entre les générations joue dans les deux sens. Lee transmet plus de soixante ans de Jazz toujours sur la brèche, Dan insuffle sa jeunesse, sa créativité.

Conseil d'écoute: ouvrez la fenêtre par un beau matin de printemps, laissez entrer la lumière, mettez cet album et le chant des oiseaux viendra s'y mêler harmonieusement.

Cette musique est une leçon de Vie. Profitons en pleinement.

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" Filigrane " Edouard Ferlet Airelle Besson Alexandra Grimal Fabrice Moreau

Publié le par Guillaume Lagrée

 

 

Edouard Ferlet: piano, composition

Airelle Besson: trompette, voix, composition

Alexandra Grimal: saxophones, voix, composition

Fabrice Moreau: batterie, voix, composition

" Filigrane "

Melisse. 2009.

Edouard Ferlet

La photographie d'Edouard Ferlet est l'oeuvre du Féministe Juan Carlos HERNANDEZ.

Longtemps après un concert mémorable de ce quatuor paritaire, voici qu'enfin j'en chronique l'album. Je prie mes lectrice impatientes et mes lecteurs pressés de bien vouloir m'en pardonner. S'ils ne s'en étaient pas déjà aperçus, cet album est une belle romance.

D'abord, si Edouard Ferlet en est le maître d'oeuvre au nombre des compositions, chacun y a sa place tant l'esprit de cette musique est démocratique. D'ailleurs, s'il est le seul à ne pas user de sa voix, son jeu de piano y pourvoit.

Ensuite, si l'ambiance générale est claire obscure, comme la pochette de l'album, cela n'empêche nullement la vigueur, la couleur d'y avoir leur place comme sur " Interchange " (7e morceau).

De plus, il n'y a que des compositions originales dans les deux sens du terme. En outre, il y a de l'esprit dans le jeu et les titres. " Il n'y a plus d'apprêt " (à Saint Germain des Prés aurait ajouté Guy Béart). " Valentine's Day ", clin d'oeil à " My Funny Valentine ".

Enfin, tout cet album est un enchantement, un rêve éveillé, un merveilleux dialogue masculin/féminin dont j'extrairai une pure pépite: " Julien " d'Airelle Besson (8e morceau). Je ne connais pas ce Julien là. Je suppose qu'il est le compagnon de la Citoyenne Airelle Besson. Je souhaite qu'il soit à la hauteur de tant d'amour, de beauté, de tendresse. Qu'une femme de qualité compose pour vous une oeuvre aussi belle, cela engage. Il faut le mériter nuit et jour.

Quant à nous, aimables auditrices, charmants auditeurs, puissions nous engager avec " le camp opposé " (Frank Zappa) un dialogue aussi riche et fructueux que celui qui a produit cette musique. Elle nous y invite. Suivons la.

Comme deezer n'offre pas d'extrait de ce quatuor, le voici filmé et enregistré en concert dans le cadre verdoyant du Parc floral de Vincennes lors du Paris Jazz Festival 2010. Profitez en!

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Stéphane Kerecki & John Taylor " Patience "

Publié le par Guillaume Lagrée

Stéphane Kerecki & John Taylor

" Patience "

Out There Music. 2010.

Zig Zag Territoires. 2011.

Sortie le jeudi 28 avril 2011.

Stéphane Kerecki: contrebasse, compositions

John Taylor: piano

John Taylor

 

La photographie de John Taylor est l'oeuvre du Subtil  Juan Carlos HERNANDEZ.

" Patience,

Patience dans l'azur

Chaque atome de silence

est la promesse d'un fruit mûr "

Paul Valéry

Après le premier concert, voici que j'ai le plaisir d'écouter le premier album du duo Stéphane Kerecki/John Taylor.

Les compositions sont de Stéphane Kerecki sauf trois improvisations qui rythment l'album au début, au milieu,  à la fin et " Jade Visions " de Scott La Faro, " l'enfant qui dansait sur la lune " (Ornette Coleman), le deuxième libérateur de la contrebasse après Jimmy Blanton. Le premier duo piano/contrebasse ce fut en effet Duke Ellington/Jimmy Blanton. Duo qui marqua tant le Duke que trente ans après il enregistra en duo avec Ray Brown " This one is for Blanton ".

Après le duo Eddie Gomez/Cesarius Alvim " Forever ", voici un nouveau contrebasse/piano sur ma platine. La différence est continentale. Eddie Gomez/Cesarius Alvim, c'est un duo américain (du Nord au Sud). Stéphane Kerecki/John Taylor c'est un duo européen avec la Manche comme trait d'union. " Brouillard sur la Manche. Le continent est isolé " dit une vieille plaisanterie britannique.

Cette musique sent la brume, le vert, la fraîcheur. Elle se passe aisément de batteur (" Bad Drummer ". n°9). Elle coule de source (" La source ". n°7). Elle n'est pas d'un accès facile. Elle ne cherche pas à séduire. Elle s'insinue lentement en vous comme le spleen londonien qui enchanta les Parisiens. Le choix de la pochette d'album est révélateur: un bord de mer au soleil voilé, un enfant qui marche à marée basse. C'est exactement cette ambiance là. Pour un Breton, elle parle immédiatement à l'âme.

Elle évoque des souvenirs salés qui n'ont pas le goût des larmes. Ecoutez la. Laissez vous prendre, séduire. La prochaine fois que vous traverserez la baie du Mont Saint Michel allant de Bretagne en Normandie ou l'inverse selon que le vent vous porte de l'Ouest ou de l'Est, c'est cette musique là qui vous habitera.

En cadeau, rien que pour vous, honorables lectrices, respectables lecteurs, un souvenir du concert de ce duo auquel s'était ajouté Nelson Veras à la guitare.

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" One Too " Lucy Dixon & Le Professeur Inlassable

Publié le par Guillaume Lagrée

Lucy Dixon et Le Professeur Inlassable

Plus Loin Music. 2010.

Lucy Dixon: chant, boîte à rythmes, percussion corporelle, claquettes

Le Professeur Inlassable: platines, production

Divers musiciens indiqués dans l'album.

C'est le printemps. L'heure d'été. Les soirées s'allongent. Vous recevez chez vous amis et amours pour qui vous aurez préparé des victuailles savoureuses et des boissons délicieuses. Que mettre en fond sonore pour rendre l'ambiance plus attrayante? 

Ne cherchez plus. Vous avez trouvé. Lucy Dixon et le Professeur Inlassable l'ont réalisé pour vous. " One too"! " A beautiful day " pour saluer les délices du jour. " Dame blanche " en hommage à la dame de vos pensées, lecteurs courtois. " Quinze centimes " si vous êtes fauchés comme les blés. " Paname " parce que Paris sera toujours Paris.

Nihil novi sub sole diront les esprits grincheux. Ce n'est pas le but en effet. Il s'agit d'easy listening, de musique légère, qui n'a d'autre prétention que de nous rendre la vie plus douce et plus agréable le temps de quelques dizaines de minutes de musique. Pari tenu.

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Leçon de Jazz d'Antoine Hervé: les deux quintettes historiques de Miles Davis

Publié le par Guillaume Lagrée

 

 

 

Leçon de Jazz d’Antoine Hervé. « Les deux quintettes historiques de Miles Davis »

Paris. Auditorium Saint Germain des Prés. Lundi 11 avril 2011. 19h30.

 

La photographie d'Antoine Hervé est l'oeuvre du Resplendissant Juan Carlos HERNANDEZ.

Antoine Hervé

Antoine Hervé : piano, explications

Michel Benita : contrebasse

Philippe Garcia : batterie

Eric Le Lann : trompette

Stéphane Guillaume : saxophones alto, ténor

 

Je transcris ici les propos du Professeur Antoine Hervé tel que je les ai notés et compris. Toutes les éventuelles erreurs techniques sont évidemment miennes.

 

Le Miles des années 50 avec Le Lann, ça le fait. Il ne copie pas, il joue le thème à sa manière. Ca swingue dur ! Stéphane Guillaume est à l’alto dans le rôle de Julian « Cannonball » Adderley. Lui aussi, il donne. La rythmique swingue dur et bluesy comme l’aimait Miles Davis. Retour au thème groupé. Petits échanges saxo/trompette ponctués par le batteur. Back to the 50’s ! C’était « Solar ». Ajoutez y un « » et vous obtenez MC Solaar, célèbre fan de Miles Davis.

 

Miles Davis était le fils d’un chirurgien dentiste. Eric Le Lann aussi. Miles était beau gosse comme son rival Chet Baker. Miles jouait très droit parce que son professeur Elwood Buchanan lui avait dit de ne pas imiter Rex Stewart : «  Pas de vibrato, Miles ! Tu vibreras quand tu seras vieux ». Miles est mort à 65 ans en 1991 et il n’a jamais joué en vibrato.

 

Miles a commencé par le Be Bop avec Charlie Parker. C’était un militant de la cause noire. Premier concert à Paris en 1949. Il rencontre Boris VianJean-Paul Sartre et noue une liaison avec Juliette Gréco. Elle avait sa carrière à Paris, il avait sa carrière à New York. Cet amour impossible se résolut en une amitié qui dura toute la vie de Miles.

 

Pour Miles, une nuit à jouer au Minton’s (le club où naquit le Be Bop) valait une année de formation à la Julliard School of Music. En 1948 il lança le cool avec John LewisGil EvansLee KonitzGerry Mulligan (album « Birth of the cool »). Dans les années 1950, naissance du Hard Bop avec Art Blakey et les Jazz Messengers. Miles y participe aussi.

 

Enfin, de 1955 à 1961, John Coltrane joua avec Miles Davis (sauf en 1957 où chassé de l’orchestre pour cause d’addiction aux drogues dures, John alla se ressourcer chez le Prophète Thelonious Sphere Monk).

 

Le groupe joue « Milestones », un morceau qui marque les débuts du Jazz modal. Le batteur n’a pas la souplesse, l’élégance de « Phillly » Joe Jones et de ses fameux « Philly licks ». Stéphane reste à l’alto. Solo bref et dense d’Eric dans l’esprit de Miles.

 

1959 : naissance d’Antoine Hervé. Sortie de l’album « Kind of Blue » de Miles Davis chef d’œuvre reconnu par la critique et par le public. Antoine nous explique le Jazz modal. Démonstration de gamme occidentale classique puis de gamme Blues. DebussyRavelStravinky ont fait du modal. Ca se faisait aussi dans le Jazz West Coast. En sol, sur les notes blanches du piano, cela donne « All Blues ». Stéphane continue à l’alto. Eric a mis la sourdine Harmon surnommée la sourdine Miles tant ce son lui est attaché. Les notes, le temps s’étirent. Comme me l’a dit un ami à qui j’ai fait découvrir cet album : « La première fois que j’ai entendu Kind of Blue, j’ai eu envie d’écrire mes mémoires de privé ». Cette musique est noire comme la nuit, le polar, la peau des musiciens sauf le pianiste, Bill Evans. A des musiciens noirs qui lui reprochaient d’avoir engagé un pianiste blanc, Miles Davis répondit : « Je me fiche que Bill Evans soit blanc, noir, jaune ou vert à pois bleus. C’est le meilleur. »  Solo de trompette sans sourdine. Ca sonne. Le Lann est vraiment chez lui dans cette musique. La batterie est la pointe de la toupie. Autour, tout tourne. Eric remet la sourdine. Le groupe reprend le thème. L’album est un chef d’œuvre mais, là, je dois reconnaître que c’est vraiment bien joué. « Ce disque a été composé au Paradis » a dit Jimmy Cobb, le batteur de la séance.

 

Un jour de 1959, Dizzy Gillespie, demanda à Miles de lui offrir un exemplaire de « Kind of Blue ». Miles lui répondit : « Mais Dizzy, tu n’en as pas reçu un de la maison de disques ? » «  Si Miles mais je l’ai tellement écouté qu’il est déjà usé. »

 

« So What » basé sur un dialogue entre un prêcheur et une assemblée, comme dans la musique africaine et le Gospel. « So What ? » que l’on peut traduire par « Et puis ? » , « Et quoi ? », « Et alors ? » était une des expressions favorites de Miles Davis. Morceau basé sur le ré, en mode mineur. Lancé par un gros son de contrebasse. Groupe bien soudé. Le prêcheur, c’est la contrebasse. L’assemblée c’est le reste du groupe. Stéphane reste au sax alto. Beau solo d’Eric. La rythmique tourne. Le batteur est toujours le point fixe.

 

« Pourquoi jouer beaucoup de notes quand il suffit de jouer les plus belles ? ». «  Ce qui compte en musique, ce ne sont pas les notes, ce sont les silences entre les notes ». Miles Davis. Eric Le Lann explique le son, la technique de Miles. Miles a choisi une embouchure conique, longue, au diamètre serré montée sur une trompette très ouverte. Il a choisi de travailler le son en jouant peu de notes. Miles était un peintre qui travaillait la couleur. Il a d’ailleurs peint à la fin de sa  vie. Il était aussi surnommé « le Picasso du Jazz ».

 

Toujours extrait de « Kind of Blue », album inépuisable, « Blue in green ». Morceau basé sur la sequence 1, 3, 5, 9, 11, 13. Mi avec sol mineur. Le professeur Hervé nous explique la difference musicale entre Debussy et Miles. Miles écrivit l’ébauche de ce thème et Bill Evans le finit. Eric reprend la trompette bouchée. D’abord perçant puis voilé, brumeux. Il enlève la sourdine. L’obscurité prend d’autres teintes. Un Blues en vert et contre tous. Stéphane passe au saxophone ténor avec un gros son profond mais haut dans le registre de l’instrument. Retour à la trompette bouchée pour le final en quintette. Superbe.

 

Le professeur Hervé aborde maintenant le second quintette historique de Miles (1963 – 1968) avec Herbie Hancock(piano), Ron Carter(contrebasse), Tony Williams (batterie) et Wayne Shorter (saxophone ténor) qui ne rejoint le groupe qu’en 1964 mais ne le quitta qu’en 1970.

 

Premier album en 1963 : « Seven steps to heaven » avec George Coleman au saxophone ténor. Les petits jeunes de la rythmique sortaient le soir sans Miles. Un jour, Miles se fâcha et voulut sortir avec eux. Ils l’emmenèrent écouter la pianiste et chanteuse Shirley Horn. Miles resta fasciné. Son dernier enregistrement en sideman fut d’ailleurs sur un album de Shirley Horn (« You won’t forget me » en 1990). Après George Coleman, trop classique pour la rythmique (écoutez tout de même le « Live in Europe » enregistré au Festival d’Antibes-Juan-les-Pins) puis Sam Rivers, trop free pour Miles (album « Live in Tokyo »), Miles recruta Wayne Shorter que John Coltrane lui recommandait déjà comme successeur en 1960.

 

Ce quintette de Miles est le plus extraordinaire groupe du Jazz moderne pour Antoine Hervé. J’approuve. Cette musique est tenue entre la structure et l’improvisation, le classicisme et la liberté.

 

« Four » la version jouée en 1964 avec George Coleman. Remplacé ce soir par Stéphane Guillaume. On arrive ici aux limites du hard bop. Comme Miles, Eric s’éclipse de la scène pendant le solo de sax, de piano et revient pour conclure. Antoine Hervé joue à la Herbie Hancock, allegro virtuoso. Beau solo de contrebasse puissant, profond à la Ron Carter. « C’est grâce à ce son là que Ron Carter est payé un zillion de dollars » comme dit le batteur Ed Thigpen.

 

En décembre 1965, Miles Davis joue avec son quintette au Plugged Nickel à Chicago. C’est enregistré et disponible dans le commerce pour votre plus grand plaisir lectrices raffinées, lecteurs sélectifs. Parmi les standards joués figure « My Funny Valentine ». Chet Baker lui-même reconnaissait que Miles Davis jouait mieux ce morceau que lui. Duo piano/trompette. Eric est dedans. Antoine brode élégamment comme le fait Herbie. La rythmique s’ajoute doucement. La trompette griffe. Ce superbe solo n’est pas applaudi. Le groupe a installé le silence, l’attention. La rythmique balance, caresse, gifle. Ca chante. C’est ce qu’il faut.

 

Retour aux explications techniques. Dans les années 60, les accords de quarte sont à la mode notamment avec Mac Coy Tyner le pianiste de John Coltrane. On invente des superpositions d’accords à base de quartes. Miles compose « ESP » (Extra Sensorial Perception), titre album. ESP fut d’ailleurs le nom d’un label de Free Jazz, genre musical que Miles Davis détestait mais qu’il avait intégré avec Tony Williams et, par certains aspects, Wayne Shorter. Version vitaminée d’ESP. Stéphane Guillaume au sax ténor joue à la Shorter. Nous sommes pris dans le maelström de l’étrange.

 

« Nefertiti » inverse les rôles habituels du Jazz. Les cuivres jouent le thème en boucle. La contrebasse et le piano marquent le tempo. Le batteur s’éclate. Cela se passe comme annoncé. Si vous ne sentez pas ce que je veux dire, écoutez Nefertiti, sapristi ! Plainte répétitive de la trompette et du sax ténor marqué par le piano et la contrebasse. Le batteur, lui, se lâche. Morceau toujours aussi étrange, quarante-cinq ans après son enregistrement. Pas mal du tout.

 

Miles Davis savait s’entourer des meilleurs musiciens et les mettre en scène. C’était un Sorcier.

 

« Sorcerer » titre d’un album qui est resté comme surnom à Miles. Comme « Prince of darkness » tiré du même album. Le Lann a vraiment le son, la couleur qu’il faut pour jouer cette musique.

 

Fin de cette leçon de Jazz. Prochaine leçon à Paris, à l’Auditorium Saint Germain des Prés, le lundi 20 juin à 19h30 avec Glenn Ferris, tromboniste, pour raconter l’histoire du trombone dans le Jazz. Le titre de ce blog étant un hommage à un Géant du trombone, Jay Jay Johnson, j’y serai. Pour ceux qui ne veulent ou ne peuvent venir à Paris, la Leçon de Jazz d'Antoine Hervé est aussi donnée en province et Outre Mer. Si vous ne sortez plus de chez vous, elle se trouve aussi en DVD. Bref, ne cherchez pas de prétexte. Pour votre instruction et votre divertissement, il faut suivre les Leçons de Jazz d'Antoine Hervé.

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Sylvaine Hélary se met à trois pour nous lessiver le 20 avril au Lavoir Moderne Parisien

Publié le par Guillaume Lagrée

La flûtiste, chanteuse, compositrice Sylvaine Hélary dont le talent n'a d'égal que la beauté m'a ébloui au sein de la Société des Arpenteurs de Denis Colin tant sur scène que sur album.

 

Cette gente damoiselle vole de ses propres ailes en trio avec Antonin Rayon (orgue Hammond B3, Clavinet, glockenspiel) et Emmanuel Scarpa (batterie). Le fruit de ses travaux fera l'objet d'un album qui sera présenté en concert à Paris, au Lavoir Moderne Parisien le mercredi 20 avril 2011 à 20h00.

 

Pour le même prix (15 ou 10 €) vous aurez droit en première partie au duo Bruno Chevillon/Jean Marc Foltz.

 

En cliquant sur le lien qui va bien vous arriverez, fines lectrices, subtils lecteurs, sur un concert de ce trio en 2008.

 

Venez donc faire la fête avec eux, flûte alors!

 


 


 

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