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Le Jazz uni pour le Japon

Publié le par Guillaume Lagrée

 

 

Généreuses lectrices, compatissants lecteurs, vous savez le drame qui frappe le Japon, grand pays de Jazz. Pour venir en aide au peuple nippon, des stars américaines du Jazz se réunissent pour produire un album dont le produit des ventes ira à la Croix Rouge japonaise. Tous les détails se trouvent ci dessous en anglais.

 

Jazz Stars Unite For Disaster Victims In Japan

 

“Jazz for Japan”

 

Los Angeles, CA - "Jazz for Japan" is a "We are the World" type gathering of 25 of the top jazz musicians in the world to benefit the earthquake and tsunami victims in Japan. The recordings will take place March 23rd and 24th in Los Angeles at Capitol Studios. This project features an album along with a DVD release including interviews with the artists manifesting their support for the Japanese people. Performers include:  

Rickey Minor, Alex Acuna, Nathan East, Clarence McDonald, Ndugu Chancler, Billy Childs, Boney James, Lee Ritenour, Terrence Blanchard, Kenny G, Steve Gadd, George Duke, Bob James and many others.

 

These musicians have come together to pay tribute to those who have lost their lives and to a community that continues to support Jazz music. Their gift called “Jazz for Japan” will aid in the relief efforts needed for thousands of people affected by this disaster. 

 

The album is being produced by Avatar Records and will be released April 5th worldwide via iTunes with profits benefiting the International Red Cross in Japan. 

 

 

 

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Arat Kilo " A Night in Abyssinia "

Publié le par Guillaume Lagrée

Arat Kilo

" A Night in Abyssinia "

Only Music.2011.

Bernard Lubat a dit un jour que grâce à Kenny Clarke il a découvert qu'il ne serait jamais un batteur de Be Bop parce qu'il n'était ni Noir ni Américain. Il était Blanc, Français, Gascon même. Replongeant dans ses racines, il s'est ouvert au monde et a donné de forts beaux fruits.

Voilà une leçon que devrait, à mon avis, méditer le groupe Arat Kilo. Des Français, Blancs qui veulent jouer en 2011 à Paris de la musique éthiopienne des années 1960-1970. Erreur. Evidemment, ils savent jouer. C'est propre, c'est lisse. Tous les ingrédients sont là sauf les épices, le feu, la flamme originale. Même quand un musicien ou une chanteuse éthiopienne les rejoignent, ça ne prend pas sur moi.

Ca s'écoute. C'est agréable. Il n'empêche que la copie est loin de l'original. Pour revenir aux sources vives de cette musique, il suffit de piocher dans la collection des Ethiopiques.

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Tigran en Liberté à Rennes

Publié le par Guillaume Lagrée

 TIGRAN.

Le Liberté. Rennes.

Vendredi 18 mars 2011.20h.

Soirée de clôture du festival  Jazz à l'Etage.

 

 

 

Tigran Hamasyan

 

La photographie de  Tigran Hamasyan est l'oeuvre du Prestigieux  Juan Carlos HERNANDEZ.

 

 TIGRAN: piano, chant

 

En 1986, à Rennes, conduit par mes parents, j'allais écouter  Ivo Pogorelich jouer en piano solo au Théâtre National de Bretagne. Acoustique impeccable, beau piano, grand pianiste. Soudain, un plonk se fit entendre. Une corde avait lâchée sous la furia slava du pianiste. Imperturbable, Ivo Pogorelich continua son concert avec la même flamme, le piano faisant plonk lors du passage sur la note maudite.

 

En 2011, de retour à Rennes, je viens écouter avec les deux femmes de ma vie, ma mère et ma compagne, un nouveau jeune Maître du piano, Tigran Hamasyan dit TIGRAN. Le piano est beau, ne lâche pas sous la pression du Maestro mais malheureusement l'acoustique est déplorable. Imaginez un hangar à zeppelins dans lequel vous ajoutez des baffles et une sono et vous aurez une idée du son que les spectateurs durent subir lors de cette soirée de clôture du festival Jazz à l'Etage. Pourvu que les organisateurs du festival changent de salle en 2012!

 

Ceci dit, TIGRAN venait nous jouer son premier album solo " A fable  " qui est un véritable enchantement.

 

Ca commence par une ballade nostalgique, rêveuse. Le son énorme du piano remplit cette grande salle. Parfois Tigran semble se fondre dans le piano tant il y plonge parfois il le domine de toute sa superbe mais il le maîtrise toujours.

 

Une autre ballade étrange mystérieuse. Le son résonne dans la salle gâchant notre plaisir. Tigran passe à la vitesse supérieure. Un ruisseau dévale la montagne. Malgré le son, c'est beau, frais, enivrant. Il fait souffler l'air pur des montagnes du Caucase dans la salle.

 

" Someday my prince will come ". Le seul standard de l'album. La chanson de Blanche Neige dans le dessin animé de Walt Disney. Une chanson d'espoir que Tigran s'amuse à traiter en chant funéraire. C'est beau, triste mais tempéré par des petits gags musicaux comme chez  Martial Solal, un de ses maîtres. Il s'éloigne du thème, créant un autre morceau dans l'instant. Puis il revient au thème avec douceur, tendresse. En cherchant dans l'aigu, le son semble sortir d'une boîte à musique.

 

Retour à l'Arménie avec une autre ballade somptueuse, majestueuse comme les montagnes. Puis ça part comme un vol d'étourneaux à tire d'aile. Cela respire le grand air et les alpages fleuris. Tigran en garde sous les mains et sous les pieds pour nous foudroyer par un éclair de beauté l'instant suivant. J'en oublie la laideur du son tant la musique est belle. Je chantonne avec lui entraîné par sa magie.

 

Tigran salue le public et annonce " Longing " qui illustre cet article. C'est une ballade où il chante. La musique évoque la mer, le vent, les vagues. Je sais que Tigran aime la Bretagne au point d'avoir dédié un morceau à Belle Ile. Il chante en arménien avec sa voix grave. C'est beau la pureté alliée au talent. Quand il monte dans l'aigu, il a des problèmes de justesse. Ce n'est pas un chanteur après tout. Par contre il est parfaitement en rythme avec sa musique contrairement à une chanteuse de Jazz française dont je tairai le nom par charité .

 

Tigran ne nous parle qu'en français. L'effort mérite d'être signalé car ce n'est pas facile pour un Arménien installé à New York. Après une introduction tranquille, il  lance la machine et des vagues de beauté déferlent sur nous nous étourdissant parfois mais ne nous noyant jamais.

 

La deuxième partie de cette soirée de clôture était constituée d'un concert d'Avishai Cohen, parrain de la deuxième édition du festival Jazz à l'etage. Je n'en dirai mot car je n'y ai pas assisté.

 

La tournée française de TIGRAN continue. Toutes les dates sont indiquées sur son site. Je serai quant à moi au théâtre du Châtelet à Paris le vendredi 25 mars pour l'écouter d'abord seul puis avec le percussionniste indien Trilok Gurtu. Je m'en réjouis d'avance.

 

 

 

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Elise Caron Lucas Gillet " A thin sea of flesh " Dylan Thomas Poems

Publié le par Guillaume Lagrée

ELISE CARON

LUCAS GILLET

" A THIN SEA OF FLESH " .DYLAN THOMAS POEMS.

Le Chant du Monde. 2009.

Elise Caron: chant

Lucas Gillet: claviers, compositions

Jean Gillet: basses, batteries, guitares

+ divers invités précisés dans l'album

Elise-Caron.jpg

La photographie d'Elise Caron est l'oeuvre du Fameux Juan Carlos HERNANDEZ.

Le renouveau de la Pop anglaise viendrait-il des Françaises? La question mérite d'être posée. Foin des minauderies mielleuses des minettes mièvres qui peuplent les boites à images et à sons! Avec Claudia Solal et Sophia Domancich, voici que paraît comme l'aurore, belle comme la lune, resplendissante comme le soleil et redoutable comme une armée sous les bannières, la Grande Elise Caron.

Les poèmes du Gallois Dylan Thomas sont pour moi aussi incompréhensibles en anglais que le sont ceux de Paul Valéry et Stéphane Mallarmé en français. Peu importe. Ici ce n'est pas le sens qui compte mais les sons et l'essence. La musique composée par Lucas Gillet mêle habilement les sons électriques et éclectiques de la Pop anglaise, le Swing hérité du Jazz et un souci de clarté, de lisibilité très français. Ni cuivres, ni vents. Des claviers, les cordes des guitares et des basses, des peaux et des cymbales et la voix envoûtante, enivrante d'Elise Caron. C'est tout et c'est beaucoup. C'est bien plus qu'il n'en faut pour nous rendre heureux. Mes chansons préférées sont " Foster the light " (n°4), " And death shall have no dominion " (n°6). Rien ne vous empêche d'en aimer d'autres tant cet album bref et dense déborde de trésors.

Tant que cette musique sera écoutée et aimée, " And death shall have no dominion "...

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Hélène Poisson expose ses dessins de Jazz à Maisons-Alfort jusqu'à avril puis à Paris en mai

Publié le par Guillaume Lagrée

Edouard Ferlet

 

Le dessin d'Edouard Ferlet est l'oeuvre de la Citoyenne Hélène Poisson.

Hélène Poisson, dessinatrice de talent, que j'ai rencontrée lors du concert de Dave Liebman au Sunside en décembre 2010, exposera ses dessins consacrés au Jazz  du 23 mars au 22 avril 2011 à la Médiathèque de Maisons-Alfort, Val de Marne, Ile de France, France, Union Européenne.

Elle exposera ensuite au Couvent des Cordeliers à Paris du 2 au 31 mai 2011.

Si vous ne la repérez pas, crayons à la main et carton à dessin dans les clubs de Jazz parisiens, vous savez désormais où voir les oeuvres de la Dame Hélène Poisson.

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Jack Kerouac. " Sur la route ". Le rouleau original

Publié le par Guillaume Lagrée

Jack Kerouac

" Sur la route ". Le rouleau original.

Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Josée Kamoun.

Paris. NRF. Gallimard. 512 p. 2010.

La photographie des nuages vus du train est l'oeuvre du Rêveur Juan Carlos HERNANDEZ.
Nuages
De 1947 à 1950, Jean-Louis dit Jack Kerouac, descendant d'un hobereau breton de Lanmeur erra à travers les Etats-Unis d'Amérique parcourant plus de 8000 km à pied, en voiture, en train. En 1957, il prit les carnets de notes relatant ses voyages, glissa un rouleau de 36m50 de long de papier dans la machine à écrire et tapa d'une traite un récit qui allait changer la vie de milliers de jeunes gens en Amérique, donnant naissance à la Beat Generation et aux Beatniks.
Ce beat c'est bien sûr celui du Jazz, du Be Bop. Si les seuls concerts évoqués sont ceux de George Shearing et Slim Gaillard, le rythme des phrases (le livre est en un seul paragraphe mais ponctué), les thèmes évoqués (errance, misère, sexe, alcool) sont typiques du Blues et du Jazz.
Kerouac ne vient pas de nulle part. Il a lu Joyce et Dos Passos. Comme le français est sa langue natale (il descendait de Canadiens français émigrés aux USA), il a aussi lu Louis Ferdinand Céline auquel il fait référence quand il passe à Detroit. En effet, Bardamu/Ferdinand travaille aux usines Ford de Detroit dans un passage du " Voyage au bout de la nuit ".
Le livre fit un triomphe à sa sortie mais dans une version censurée. Le rouleau original retrouvé, le texte complet fut publié en 2007 en anglais. Relations homosexuelles, hétérosexuelles avec des mineures, vols de voiture, arnaques minables, risibles amours, faim, froid, soif, Kerouac ne s'épargne rien et dévoile tout.
En vrai Breton Ti-Jean Kerouac était voyageur, lyrique et alcoolique.
Un soir, ivre, dans un club de Jazz, il interpella Miles Davis sur la scène: " Hey Brother!" Miles cessa de jouer, baissa ses lunettes noires et le fusilla du regard et des mots:  " You will never be my brother! ".
La traduction française de 2010 est une merveille car elle restitue, une vraie gageure, le Swing, le Beat, la Pulse de l'anglo américain des Beatniks. Elle laisse le lecteur KO et prêt à partir lui aussi sur la route.
Le tapuscrit original de " Sur la route " est exposé à Paris, au Musée des lettres et manuscrits, jusqu'au 19 août 2012.

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Jazz Mix. Live in NYC. The Movie

Publié le par Guillaume Lagrée

Jazz Mix. Live in NYC. The Movie.

1h30. Réalisateur: Olivier Taieb

 

Manhattan

 

 

La photographie de Manhattan est l'oeuvre du Transatlantique  Juan Carlos HERNANDEZ.


Aimables lectrices, séduisants lecteurs, imaginez que vous vouliez prendre l’avion pour New York, y loger, y boire, y manger pendant 8 jours, prévoir 8 concerts pendant les 8 soirées dans 8 clubs de Jazz différents. A la fin du voyage vous seriez saturés et ruinés à moins d’être un millionnaire monomaniaque.

 

Comme vous n’êtes pas des millionnaires monomaniaques, je vous propose une solution simple et peu onéreuse pour relever ce défi : assister à 8 concerts de Jazz dans 8 clubs différents en 8 soirs à New York City, USA. Le réalisateur Olivier Taieb l’a fait pour vous en novembre 2008. Un an après il est revenu à New York filmer la rue, la vie, la ville, l’Océan. Woody Allen n’a donc rien inventé. New York ressemble bien à ses films. L’Océan Atlantique est plus calme que la ville, apparemment. Les 8 (8 symbole de l’infini en mathématiques, le 8e jour des Chrétiens d’où les baptistères octogonaux) concerts ont été diffusés sur la chaîne Mezzo.

 

Pour ceux qui n’ont pas Mezzo sur leur boîte à images, pour ceux qui n’ont pas envie d’ingurgiter 8h de Jazz sur 8 concerts, Olivier Taieb a sélectionné un extrait de chacun de ces concerts (deux pour Jason Lindner qui ouvre et ferme le bal), les a monté en ajoutant des images du dehors à celui du dedans et le résultat est là devant vos yeux et vos oreilles élargis par la joie de découvrir ou de retrouver New York. Le film dure 1h30, ne contient que des images, de la musique, des noms de musiciens. Rien de plus. No comment. Il suffit d’embarquer et de se laisser conduire. « Vous n’avez pas à comprendre ma musique. Vous avez à l’aimer » (Ornette Coleman).

 

Le film est actuellement projeté dans des salles de cinéma à Paris et en province. Je ne vous décrirai pas par le menu l’ordre des groupes, des clubs, mais, simplement, en vrac, quelques impressions. Un seul bémol: les images de New York font cliché mais il suffit de se laisser porter par la musique et l'ambiance pour l'oublier.

 

Je dois d’abord préciser que je n’ai jamais été à New York. Il s’agit donc pour moi d’une découverte. Pas totalement car j’avais déjà vu et entendu certains de ces musiciens à Paris. Bonne surprise : Vijay Ijer, pianiste toujours aussi cérébral mais beaucoup plus stimulant, dérangeant, troublant que ce j’avais entendu à Paris.

Découverte : la place des rappers beaucoup plus importante qu’en France. Les rappers new yorkais sont capables de s’exprimer avec un vrai orchestre jouant live in concert. Comme j’ignore tout du rap français, cela a pu m’échapper de ce côté ci de l’Atlantique.

 

Deux grosses claques :

-         le groupe du chanteur Theo Blackman reprenant de façon hallucinante des chansons de Charles Ives

-         un des derniers concerts de la Knitting Factory de John Zorn et alii, fermée depuis. Trois amis issus du Bronx qui n’avaient pas joué ensemble depuis 10 ans se retrouvent ensemble sur scène. Eric Mac Pherson et Nasheet Waits aux batteries, Abraham Burton au saxophone ténor. Pas de piano, de contrebasse, de guitare. Juste du souffle et du rythme. La succession de Sonny Rollins est bien assurée.

 

Le concept Jazz Mix se poursuit avec la diffusion sur Mezzo de concerts captés à Istanbul, Turquie. Après la rencontre de l’Europe et de l’Amérique à New York, celle de l’Europe et de l’Asie à Istanbul. En attendant la sortie du film Jazz Mix. Istanbul, profitez joyeusement de Jazz Mix. NYC. N’hésitez pas à y traîner de gré ou de force des amis, des voisins, des parents, des amours qui croient que le Jazz est une musique morte, froide et ennuyeuse. Ce film les aidera à réviser leurs préjugés.

 

 

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Bojan Z en trio européen au Duc des Lombards

Publié le par Guillaume Lagrée

Bojan Z Trio

Paris. Le Duc des Lombards. Jeudi 3 mars 2011. 22h.

Bojan Z
La photographie de Bojan Z est l'oeuvre du Respecté  Juan Carlos HERNANDEZ.
Bojan Z: piano, clavier électrique, composition
Thomas Bramerie: contrebasse
Martin Vinjk: batterie
En fond sonore, avant le concert, " Saxophone Colossus " de  Sonny Rollins (1956). Pas de doute, ça tient la route.
Ca commence par des bruitages spatiaux dans l'aigu. Ca prend forme entre l'aigu du clavier (main droite) et le grave du piano (main gauche). Contrebasse et batterie marquent un tempo solide. Ca devient ludique, dansant et purement pianistique. Puis il réattaque au clavier, repasse au piano. Enfin bref, il s'amuse et nous avec lui. Retour au clavier pour une musique aigre, agitée et enivrante. Il revient au piano pour un trio plus classique mais non moins enlevé. Ca groove, sonne bluesy. C'est une ballade maintenant. Il me semble qu'ils enchaînent sur un second morceau. Ca repart en vrombissant puis se calme. Ils varient les bonnes sensations. Ca repart aux baguettes à fond les manettes.
C'était " Biggest Dick " (?) inspiré de " La vie de Brian " des Monty Python. Cela viendrait alors du Romain " Biggus Dickus " (Magnus Bracmardus en VF).
" TNT " (The New Tube). Un hommage au métro de Londres certainement. Une ballade jouée aux balais. Bojan reste au piano. Ca déroule bien, c'est agréable mais ça manque de feu sacré. Ca se réveille avec de bons échanges à la volée entre pianiste et batteur. 
" Hometown " une nouvelle composition. Beau démarrage nostalgique avec piano et clavier. Après l'intro, Bojan revient au piano. Le batteur passe des maillets aux balais. Tempo bien marqué assez funky. Bojan lance un climat au clavier puis l'explore au piano. La pédale fait résonner la grosse caisse en accord avec la contrebasse. Ca s'élance, avance, balance bien. Musique en sourdine, sombre, menaçante. Le batteur tapote des mains. Un bling final. 
Ballade tout en douceur. Le piano trille sous les doigts de Bojan. Les balais massent la batterie. Le contrebassiste tient solidement sa place au milieu. Toucher de cristal certes mais où est la flamme balkanique de Bojan Zulfikarpasic? La France l'aurait-elle éteinte? C'était " Think twice ". 
" Fas diem " (?) soit " Destin du jour " en latin. Bojan Z seul au piano creuse dans le medium. Ca part avec les baguettes vives et sèches sur la batterie. Mon pied droit bouge à nouveau. C'est bon signe. Bojan ajoute un son de clavier planant, agaçant, genre SF ringarde. C'est amusant. Enfin, ça se réveille un peu!
Retour au piano pour une ballade bien grave. Le batteur masse ses peaux avec les balais. La contrebasse toujours calme, posée au centre. Derrière moi, un fan,  Francesco Bearzatti, chante l'air. 
Bojan repart plus vite au piano jouant à parcourir le piano en tous sens. Duo agité, fracassé entre piano et batterie. La contrebasse s'ajoute et tout s'organise. Final vif et joyeux.
Le batteur a droit à son solo. Le batteur est un animal curieux qui a besoin, à un moment donné du concert, de cogner le plus vite et le plus fort possible sur son instrument. Cela fait partie des caractéristiques intrinsèques à l'espèce sauf quelques spécimens rares comme Chico Hamilton, Denzil Best, Vernell Fournier, Lawrence Marable. Ce spécimen ci joue vite et fort mais sans s'énerver ni se disperser, gardant une ligne directrice claire. Le pianiste joue à le titiller, le provoquer, le relancer. Puis le trio repart et le public qui aime le numéro du batteur applaudit. Joli final avec une douce surprise.
En résumé, un concert agréable mais pas indispensable.

 

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Serge Gainsbourg et le Jazz

Publié le par Guillaume Lagrée

 

Dane le flot d'hommages plus ou moins intéressés qui fleurissent en ce mois de mars 2011 , rappelons que de 1958 à 1965 (" J'ai retourné ma veste lorsque je me suis aperçu qu'elle était doublée de vison " disait-il) Monsieur Serge Gainsbourg se tenait au courant des plus récentes tendances du Jazz culminant avec cet album " Confidentiel "  (1963) en trio avec  Elek Bacsik (guitare électrique) et Michel Gaudry (contrebasse) dont l'échec commercial poussa Philips à demander à son poulain de changer instamment de style.

 

En 1948, à 20 ans, Lucien Ginzburg assistait salle Pleyel au concert du Big band atomique de Dizzy Gillespie avec John Lewis (piano), Al Mac Kibbon (contrebasse), Kenny Clarke (batterie), Chano Pozo (congas) et une section de cuivres à vous faire dresser les cheveux sur la tête. Des années plus tard, devenu Serge Gainsbourg, il racontait qu'il avait été incapable d'applaudir la musique, restant écrasé dans son fauteuil par cette puissance sonore. " Le rythme afro cubain est comme la joie de l'homme qui a découvert le feu " (Michel Leiris). Son album " Percussions " de 1964 vient en partie de ce choc musical mais surtout de rythmes joyeusement pillés ici ou là, Monsieur Serge y ajoutant tout de même des paroles de son cru ( " C'est haut New York, New York USA ")

 

En 1987, Serge Gainsbourg intitulait son dernier album " You are under arrest " le même titre qu'un album de  Miles Davis en 1985. Gainsbourg comme Picasso et Miles Davis avait toujours le souci d'être dans le coup, changeant de style au moins une fois par décennie. " Claude Nougaro c'est sympathique mais musicalement il en resté à mon quatrième album " (Serge Gainsbourg). Parmi les divers styles de musique qu'il a abordé, n'oublions pas le Jazz.

Il l'aimait tellement qu'il est mort en 1991  comme Miles Davis et un autre descendant de Juifs russes, Stan Getz.

 

Quant à l'influence de Serge Gainsbourg sur les Jazzmen, un exemple récent: le medley Requiem pour un con/Je suis venu te dire que je m'en vais par le guitariste français Manu Codjia.

Dans la vidéo ci-dessous, le danseur se nomme Jean-Pierre Cassel (1932-2007), acteur, chanteur, danseur, grand ami de Serge Gainsbourg et père de l'acteur Vincent Cassel.

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Ecoutez moi en podcast sur TSF Jazz avec Tigran Hamasyan

Publié le par Guillaume Lagrée

 

Tigran Hamasyan

 

La photographie de  Tigran Hamasyan est l'oeuvre du Prestigieux Juan Carlos HERNANDEZ.

A l'occasion de la sortie de son album " a fable " Tigran était l'invité spécial de TSF Jazz le lundi 28 février 2011. J'ai eu le plaisir de partager une heure d'émission avec lui  et Stéphane Kochoyan en direct du Duc des Lombards.

Le podcast de l'émission est désormais audible ICI. Il vous suffit de cliquer sur l'émission " Les lundis du Duc " datée du lundi 28 février pour l'écouter. Vous pouvez aussi écouter sur la même page l'émission spéciale Saint Valentin du lundi 14 février à laquelle j'ai aussi participé.

Merci à Sébastien Vidal, rédac chef et Laurent Sapir, journaliste, de m'avoir invité.

Bonne écoute aimables lectrices, sympathiques lecteurs.

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