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Jazz Mix. Live in NYC. The Movie

Publié le par Guillaume Lagrée

Jazz Mix. Live in NYC. The Movie.

1h30. Réalisateur: Olivier Taieb

 

Manhattan

 

 

La photographie de Manhattan est l'oeuvre du Transatlantique  Juan Carlos HERNANDEZ.


Aimables lectrices, séduisants lecteurs, imaginez que vous vouliez prendre l’avion pour New York, y loger, y boire, y manger pendant 8 jours, prévoir 8 concerts pendant les 8 soirées dans 8 clubs de Jazz différents. A la fin du voyage vous seriez saturés et ruinés à moins d’être un millionnaire monomaniaque.

 

Comme vous n’êtes pas des millionnaires monomaniaques, je vous propose une solution simple et peu onéreuse pour relever ce défi : assister à 8 concerts de Jazz dans 8 clubs différents en 8 soirs à New York City, USA. Le réalisateur Olivier Taieb l’a fait pour vous en novembre 2008. Un an après il est revenu à New York filmer la rue, la vie, la ville, l’Océan. Woody Allen n’a donc rien inventé. New York ressemble bien à ses films. L’Océan Atlantique est plus calme que la ville, apparemment. Les 8 (8 symbole de l’infini en mathématiques, le 8e jour des Chrétiens d’où les baptistères octogonaux) concerts ont été diffusés sur la chaîne Mezzo.

 

Pour ceux qui n’ont pas Mezzo sur leur boîte à images, pour ceux qui n’ont pas envie d’ingurgiter 8h de Jazz sur 8 concerts, Olivier Taieb a sélectionné un extrait de chacun de ces concerts (deux pour Jason Lindner qui ouvre et ferme le bal), les a monté en ajoutant des images du dehors à celui du dedans et le résultat est là devant vos yeux et vos oreilles élargis par la joie de découvrir ou de retrouver New York. Le film dure 1h30, ne contient que des images, de la musique, des noms de musiciens. Rien de plus. No comment. Il suffit d’embarquer et de se laisser conduire. « Vous n’avez pas à comprendre ma musique. Vous avez à l’aimer » (Ornette Coleman).

 

Le film est actuellement projeté dans des salles de cinéma à Paris et en province. Je ne vous décrirai pas par le menu l’ordre des groupes, des clubs, mais, simplement, en vrac, quelques impressions. Un seul bémol: les images de New York font cliché mais il suffit de se laisser porter par la musique et l'ambiance pour l'oublier.

 

Je dois d’abord préciser que je n’ai jamais été à New York. Il s’agit donc pour moi d’une découverte. Pas totalement car j’avais déjà vu et entendu certains de ces musiciens à Paris. Bonne surprise : Vijay Ijer, pianiste toujours aussi cérébral mais beaucoup plus stimulant, dérangeant, troublant que ce j’avais entendu à Paris.

Découverte : la place des rappers beaucoup plus importante qu’en France. Les rappers new yorkais sont capables de s’exprimer avec un vrai orchestre jouant live in concert. Comme j’ignore tout du rap français, cela a pu m’échapper de ce côté ci de l’Atlantique.

 

Deux grosses claques :

-         le groupe du chanteur Theo Blackman reprenant de façon hallucinante des chansons de Charles Ives

-         un des derniers concerts de la Knitting Factory de John Zorn et alii, fermée depuis. Trois amis issus du Bronx qui n’avaient pas joué ensemble depuis 10 ans se retrouvent ensemble sur scène. Eric Mac Pherson et Nasheet Waits aux batteries, Abraham Burton au saxophone ténor. Pas de piano, de contrebasse, de guitare. Juste du souffle et du rythme. La succession de Sonny Rollins est bien assurée.

 

Le concept Jazz Mix se poursuit avec la diffusion sur Mezzo de concerts captés à Istanbul, Turquie. Après la rencontre de l’Europe et de l’Amérique à New York, celle de l’Europe et de l’Asie à Istanbul. En attendant la sortie du film Jazz Mix. Istanbul, profitez joyeusement de Jazz Mix. NYC. N’hésitez pas à y traîner de gré ou de force des amis, des voisins, des parents, des amours qui croient que le Jazz est une musique morte, froide et ennuyeuse. Ce film les aidera à réviser leurs préjugés.

 

 

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Bojan Z en trio européen au Duc des Lombards

Publié le par Guillaume Lagrée

Bojan Z Trio

Paris. Le Duc des Lombards. Jeudi 3 mars 2011. 22h.

Bojan Z
La photographie de Bojan Z est l'oeuvre du Respecté  Juan Carlos HERNANDEZ.
Bojan Z: piano, clavier électrique, composition
Thomas Bramerie: contrebasse
Martin Vinjk: batterie
En fond sonore, avant le concert, " Saxophone Colossus " de  Sonny Rollins (1956). Pas de doute, ça tient la route.
Ca commence par des bruitages spatiaux dans l'aigu. Ca prend forme entre l'aigu du clavier (main droite) et le grave du piano (main gauche). Contrebasse et batterie marquent un tempo solide. Ca devient ludique, dansant et purement pianistique. Puis il réattaque au clavier, repasse au piano. Enfin bref, il s'amuse et nous avec lui. Retour au clavier pour une musique aigre, agitée et enivrante. Il revient au piano pour un trio plus classique mais non moins enlevé. Ca groove, sonne bluesy. C'est une ballade maintenant. Il me semble qu'ils enchaînent sur un second morceau. Ca repart en vrombissant puis se calme. Ils varient les bonnes sensations. Ca repart aux baguettes à fond les manettes.
C'était " Biggest Dick " (?) inspiré de " La vie de Brian " des Monty Python. Cela viendrait alors du Romain " Biggus Dickus " (Magnus Bracmardus en VF).
" TNT " (The New Tube). Un hommage au métro de Londres certainement. Une ballade jouée aux balais. Bojan reste au piano. Ca déroule bien, c'est agréable mais ça manque de feu sacré. Ca se réveille avec de bons échanges à la volée entre pianiste et batteur. 
" Hometown " une nouvelle composition. Beau démarrage nostalgique avec piano et clavier. Après l'intro, Bojan revient au piano. Le batteur passe des maillets aux balais. Tempo bien marqué assez funky. Bojan lance un climat au clavier puis l'explore au piano. La pédale fait résonner la grosse caisse en accord avec la contrebasse. Ca s'élance, avance, balance bien. Musique en sourdine, sombre, menaçante. Le batteur tapote des mains. Un bling final. 
Ballade tout en douceur. Le piano trille sous les doigts de Bojan. Les balais massent la batterie. Le contrebassiste tient solidement sa place au milieu. Toucher de cristal certes mais où est la flamme balkanique de Bojan Zulfikarpasic? La France l'aurait-elle éteinte? C'était " Think twice ". 
" Fas diem " (?) soit " Destin du jour " en latin. Bojan Z seul au piano creuse dans le medium. Ca part avec les baguettes vives et sèches sur la batterie. Mon pied droit bouge à nouveau. C'est bon signe. Bojan ajoute un son de clavier planant, agaçant, genre SF ringarde. C'est amusant. Enfin, ça se réveille un peu!
Retour au piano pour une ballade bien grave. Le batteur masse ses peaux avec les balais. La contrebasse toujours calme, posée au centre. Derrière moi, un fan,  Francesco Bearzatti, chante l'air. 
Bojan repart plus vite au piano jouant à parcourir le piano en tous sens. Duo agité, fracassé entre piano et batterie. La contrebasse s'ajoute et tout s'organise. Final vif et joyeux.
Le batteur a droit à son solo. Le batteur est un animal curieux qui a besoin, à un moment donné du concert, de cogner le plus vite et le plus fort possible sur son instrument. Cela fait partie des caractéristiques intrinsèques à l'espèce sauf quelques spécimens rares comme Chico Hamilton, Denzil Best, Vernell Fournier, Lawrence Marable. Ce spécimen ci joue vite et fort mais sans s'énerver ni se disperser, gardant une ligne directrice claire. Le pianiste joue à le titiller, le provoquer, le relancer. Puis le trio repart et le public qui aime le numéro du batteur applaudit. Joli final avec une douce surprise.
En résumé, un concert agréable mais pas indispensable.

 

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Serge Gainsbourg et le Jazz

Publié le par Guillaume Lagrée

 

Dane le flot d'hommages plus ou moins intéressés qui fleurissent en ce mois de mars 2011 , rappelons que de 1958 à 1965 (" J'ai retourné ma veste lorsque je me suis aperçu qu'elle était doublée de vison " disait-il) Monsieur Serge Gainsbourg se tenait au courant des plus récentes tendances du Jazz culminant avec cet album " Confidentiel "  (1963) en trio avec  Elek Bacsik (guitare électrique) et Michel Gaudry (contrebasse) dont l'échec commercial poussa Philips à demander à son poulain de changer instamment de style.

 

En 1948, à 20 ans, Lucien Ginzburg assistait salle Pleyel au concert du Big band atomique de Dizzy Gillespie avec John Lewis (piano), Al Mac Kibbon (contrebasse), Kenny Clarke (batterie), Chano Pozo (congas) et une section de cuivres à vous faire dresser les cheveux sur la tête. Des années plus tard, devenu Serge Gainsbourg, il racontait qu'il avait été incapable d'applaudir la musique, restant écrasé dans son fauteuil par cette puissance sonore. " Le rythme afro cubain est comme la joie de l'homme qui a découvert le feu " (Michel Leiris). Son album " Percussions " de 1964 vient en partie de ce choc musical mais surtout de rythmes joyeusement pillés ici ou là, Monsieur Serge y ajoutant tout de même des paroles de son cru ( " C'est haut New York, New York USA ")

 

En 1987, Serge Gainsbourg intitulait son dernier album " You are under arrest " le même titre qu'un album de  Miles Davis en 1985. Gainsbourg comme Picasso et Miles Davis avait toujours le souci d'être dans le coup, changeant de style au moins une fois par décennie. " Claude Nougaro c'est sympathique mais musicalement il en resté à mon quatrième album " (Serge Gainsbourg). Parmi les divers styles de musique qu'il a abordé, n'oublions pas le Jazz.

Il l'aimait tellement qu'il est mort en 1991  comme Miles Davis et un autre descendant de Juifs russes, Stan Getz.

 

Quant à l'influence de Serge Gainsbourg sur les Jazzmen, un exemple récent: le medley Requiem pour un con/Je suis venu te dire que je m'en vais par le guitariste français Manu Codjia.

Dans la vidéo ci-dessous, le danseur se nomme Jean-Pierre Cassel (1932-2007), acteur, chanteur, danseur, grand ami de Serge Gainsbourg et père de l'acteur Vincent Cassel.

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Ecoutez moi en podcast sur TSF Jazz avec Tigran Hamasyan

Publié le par Guillaume Lagrée

 

Tigran Hamasyan

 

La photographie de  Tigran Hamasyan est l'oeuvre du Prestigieux Juan Carlos HERNANDEZ.

A l'occasion de la sortie de son album " a fable " Tigran était l'invité spécial de TSF Jazz le lundi 28 février 2011. J'ai eu le plaisir de partager une heure d'émission avec lui  et Stéphane Kochoyan en direct du Duc des Lombards.

Le podcast de l'émission est désormais audible ICI. Il vous suffit de cliquer sur l'émission " Les lundis du Duc " datée du lundi 28 février pour l'écouter. Vous pouvez aussi écouter sur la même page l'émission spéciale Saint Valentin du lundi 14 février à laquelle j'ai aussi participé.

Merci à Sébastien Vidal, rédac chef et Laurent Sapir, journaliste, de m'avoir invité.

Bonne écoute aimables lectrices, sympathiques lecteurs.

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Matthieu Marthouret en concert à Paris en mars 2011

Publié le par Guillaume Lagrée

L'organiste Matthieu Marhouret occupe la scène de l'Arrosoir 75 avenue Daumesnil, 75012 Paris, métro/RER Gare de Lyon en mars 2011.

Matthieu-Martouret-.jpg

 

La photographie de Matthieu Marthouret est l'oeuvre de l'Irréductible Juan Carlos HERNANDEZ.

Vendredis 4 et 11 mars à partir de 19h. Entrée libre avec consommations au bar.
David Fettmann (saxophone)
Matthieu Marthouret (orgue)
Manu Franchi (batterie)
Dimanche 13 mars à 19h  (7 & 10€)
Nicolas Kummert (saxophone)
Maxime Fougères (guitare)
Matthieu Marthouret (orgue)
Manu Franchi (batterie)

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André Stocchetti, le Fluturiste, trace sa route au Sentier des Halles

Publié le par Guillaume Lagrée

André Stocchetti. Fluturiste.

Paris. Le Sentier des Halles.

Dimanche 27 février 2011. 17h30.

 

 

 

André Stocchetti : flûtes, chant, conte, danse, compositions, arrangements, électronique, textes, scat, percussions corporelles.

 

Il y a un homme avec une collection de flûtes droites, une machine, deux micros. Cet homme, c’est André Stocchetti dit le Fluturiste (allusion au futurisme, mouvement culturel italien né dans un article du Figaro du 20 février 1909 de Filippo Tomaso Marinetti pour ceux qui ne connaissent pas. Pardon pour ceux qui connaissent). Avec ces éléments, il fait un spectacle total.

 

Cela commence par une série d’aphorismes, des boucles rythmiques, du scat. C’est un spectacle qui marche très bien avec les enfants et les adultes qui ont su garder leur âme d’enfant. Je commence à connaître les trucs mais ça marche toujours. Je vous laisse les découvrir lors du spectacle. 

 

Un morceau d’inspiration baroque (sa musique d’origine, son univers d’aujourd’hui). « Mignonne allons voir si la rose » de Ronsard. Une jolie façon de réviser ses classiques de la poésie, André Stocchetti.

 

Il enchaîne avec la chanson d’un amant négligé, toujours dans le style du XVIe siècle, au son modernisé. 

 

« Le temps » une chanson qui fait rire les jeunes filles. Conseil aux jeunes garçons : emmenez les jeunes filles aux concerts d’André Stocchetti. Effet assuré. J’entends passer le métro, dragon souterrain parisien. Il reste au Fluturiste à jouer avec lui. Un petit garçon s’est assis par terre pour mieux écouter la musique. Chanson effrénée qui court du temps perdu au temps retrouvé. Solo de flûte intergalactique qui nous fait voyager à travers le temps et l’espace. L’hélicoptère à la flûte, le sabre laser même. 

 

Retour au naturel avec un solo de petite flûte à bec vif, léger, rapide comme un chant d’oiseau. Un spectateur bat la mesure sur son banc. Beau numéro de virtuosité avec de l’âme. 

 

S’ensuit une histoire sicilienne que vous irez découvrir au spectacle d’André Stochhetti. Avec un air de tarentelle. Puis un beau poème nostalgique bercé par les flûtes.

 

« Une chanson de rien ». C’est un mambo. Petit air entraînant et paroles faussement idiotes. Cela pourrait devenir un tube si l’industrie du spectacle le voulait.

 

Chanson politique d’Henri Michaux « Soyons enfin clairs ». Un bijou d’esprit, de finesse et de complexité. André joue avec son corps, tapant sur ses cuisses et ses joues pour marquer la mesure du chant. 

 

Introduction avec la plus grande flûte, la plus grave. Une chanson sur la mort. Un sujet difficile, rare, traité avec finesse et élégance. La mort, le seul sujet selon Louis Ferdinand Céline.

 

Superbe version du poème de Clément Marot « Adieu la cour, adieu les dames », mélange fracassant du XVIe et du XXIe siècle. La musique vient de Clément Ortiz, un Catalan du XVIe siècle. Il a fallu attendre le XXIe siècle pour que les deux Clément, Marot et Ortiz, se rencontrent grâce à André Stocchetti. Cela valait la peine d’attendre. Un solo de guitare électrique à la flûte à bec, c’est la magie de la technologie. On est loin de cours de solfège au collège. Il va jusqu’à citer le « Star Spangled Banner » tel que le jouait Jimi Hendix au Monterey Pop Festival en 1967. 

 

Même la présentation de l’équipe de cet homme seul sur scène fait partie du spectacle. 

 

Jacques Prévert « Le concert n’a pas été réussi ». Allez au concert d’André Stocchetti pour en juger.

 

Le Fluturiste nous présente différents types de bis pour s’arrêter au bis «  Règlement de comptes ». Il s’agit de passer en revue les manies et les tics des musiciens d’un orchestre classique. Un vrai régal. 

 

Ceux qui n’ont pas encore profité de ce phénomène scénique, rythmique, lyrique, poétique peuvent aller au Sentier des Halles  le samedi 26 mars 2011 à 20h pour le prochain concert d’André Stocchetti. Amenez amis, amants, amantes, épouses, maris, voisins, cousins, enfants petits et grands, Germains, Italiens bref tous ceux désireux d’être enchantés, amusés, émerveillés, émus par la magie des sons et des mots du Fluturiste.

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" All around " au Café de la Danse: une forêt enchantée en plein Paris

Publié le par Guillaume Lagrée

Régis Huby+ Yann Appery « All around »

Paris. Le Café de la danse.

Samedi 26 février 2011. 20h.

 

 

 

Régis Huby : violon, composition, direction

Maria Laura Baccarini : chant

Frédéric Pierrot : récitant

Sabine Balasse : violoncelle

Yves Rousseau : contrebasse

Guillaume Séguron : contrebasse, guitare basse électrique

Bruno Angelini : piano

Christophe Marguet : batterie

Roland Pinsard : clarinette basse

Catherine Delaunay : clarinette

Jean Marc Larché : saxophone soprano

Olivier Benoît : guitare acoustique, électrique

 

J’avais enregistré que le concert commençait à 20h30 alors que c’était à 20h. Résultat : j’arrive en retard. Faute. Par miracle, je trouve une place assise bien située. Un Brésilien venu avec deux Italiens admirer Maria Laura Baccarini me l’avait gardé. Involontairement.

 

Dès le départ, c’est superbe. L’orchestre à cordes tourne comme une voiture de sport italienne. Rouge de préférence. Maria Laura Baccarini est aussi belle à voir qu’à écouter. Ca décolle. Par rapport à l’album, il y a en plus un acteur qui lit un texte en français, une fable écologique écrite par Yann Appéry en plus des chansons. La chanteuse est aussi actrice. Ses mouvements accompagnent le texte, l’illustrent.

 

Les morceaux s’enchaînent comme dans un concerto de musique classique. Pas de solo, de standard, d’applaudissements aux pauses. Paroles et musique nous racontent une belle histoire. Nous applaudirons à la fin. J’avais déjà remarqué en écoutant l’album qu’il s’agissait d’une œuvre de forme concertante. A écouter dans son ensemble et non pas morceau par morceau. C’est encore plus net en concert. C’est un groupe de virtuose soudé, cohérent (Bruno Angelini remplace Benjamin Moussay au piano avec maestria) qui porte la chanteuse comme seule vedette. Elle le mérite. Ah je reconnais le petit air breton écrit par le Rennais Régis Huby ! La musique déferle sur nous comme les vagues de l’Océan Atlantique à la Torche, celles qui faisaient peur à Robbie Naish. Retour du petit air breton. Ca me rappelle la terre natale. L’acteur est censé voyager, apprendre les mystères de la Nature lors d’une nuit en forêt sous la conduite de la féé jouée par la chanteuse. Maria Laura Baccarini en fée est parfaitement crédible. L’acteur, s’il lit bien, l’est moins. Quand ils agitent les bras, elle décolle, pas lui. Un homme ne doit pas se mesurer à une fée. C’est la leçon des légendes, de Bretagne et d’ailleurs.

 

Silence. Place au texte. L’ambiance a changé. Après les lumières, la brume. Après la joie, la tristesse. Le piano vient ajouter quelques notes claires. Dans le public, une femme pose la tête sur l’épaule de son homme. L’ambiance s’y prête. La musique est très bien écrite et l’interprétation est à la hauteur des compositions. Ca redémarre. L’air est redevenu vif, chaud, lumineux. L’acteur présente la taupe prêcheuse. Je n’imaginais pas la taupe prêcheuse si séduisante. Quelle voix ! Guillaume Séguron passe de la contrebasse à la guitare basse électrique. Solo de guitare électrique. Ca devient plus rock , plus dur. Puis la souplesse, la langueur des cordes l’emportent. La musique tempête à nouveau mais sans emphase wagnérienne, grâce aux Dieux ! 

 

Pause. Les instruments s’accordent. C’est le moment de tousser. « Une salle de concert est un lieu où des gens se retrouvent pour tousser » (Alphonse Allais). Un portable sonne. On a pendu pour moins que ça !  

 

Ca repart sur un duo vif entre violon et chant. La chanteuse est pieds nus sur scène comme sa consoeur Elina Duni. Duo batteur aux balais/acteur. Solo de batterie aux baguettes comme pour faire monter le soleil à l’horizon. Il faudra jouer cette musique en plein air, au théâtre de verdure de Sables d’Or les Pins par exemple. Ce soir elle repousse les murs mais ne les efface pas. C’est comme la Mer. Après une première vague dans un sens, une deuxième vient vous emporter dans l’autre. Sauf que c’est sans risque pour la santé puisque seule votre âme est emportée le temps du concert. Maria Laura termine en chantant « All around » entourée par l’orchestre. Logique, non ? Mon voisin de gauche est sceptique. Sa femme applaudit pour deux. Mon voisin de droite, Brésilien, est enthousiaste et moi aussi. 

 

RAPPEL

 

« Take a ray of light » chante Maria Laura Baccarini dans un anglais impeccable. Avec ce petit air breton qui donne envie de danser aux humains, aux fées, aux korrigans, peut-être même à l’Ankou.

 

A l’opposé de Max Weber, la création de Régis Huby – Yann Appery – Maria Laura Baccarini et leurs complice a pour but d’enchanter le réel. Mission accomplie.

 

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2e Festival Jazz à l'Etage à Rennes du 14 au 18 mars 2011

Publié le par Guillaume Lagrée

Festival Jazz à l'Etage.

Rennes, Ille et Vilaine, Bretagne, France, Union européenne.

Du lundi 14 au vendredi 18 mars 2011.

Une initiative du label rennais Plus Loin Music

Tigran Hamasyan

La photographie de  Tigran Hamasyan est l'oeuvre du Polygonal  Juan Carlos HERNANDEZ.

Un festival riche, varié, pour tous les goûts, tous les prix (jamais élevés), avec des musiciens Bretons, Français, Européens  venus de plus loin encore, c'est à Rennes, ma ville natale, et dans son aire urbaine dite Rennes Métropole, du lundi 14 au vendredi 18 mars. Je n'ai pas fait le programme mais vous y retrouverez des musiciens maintes fois chroniqués sur ce blog. Etonnant, non? 

5 journées,15 concerts, 40 musiciens en résumé.

Lundi 14 mars, 20h30, un ciné concert avec le contrebassiste Italien de Paris  Riccardo del Fra au cinéma du Théâtre National de Bretagne.

Mardi 15 mars, de 17h à Oh, une série de concerts gratuits dans les cafés rennais avec notamment un régional de l'étape, le saxophoniste alto  Pierrick Pédron, natif des Côtes d'Armor.

Mercredi 16 mars, 20h, à l'Etage, un autre régional de l'étape, le trompettiste Eric Le Lann, lui aussi natif des Côtes d'Armor. Il jouera avec le bassiste Jannick Top Le Lann/Top du Jazz Rock survitaminé. Un mélange vigoureux d'Europe, d'Afrique et d'Amérique. Ca dépote sérieusement.

A 21h 45, dans la même salle, concert du Moutin Reunion Quartet avec François (contrebasse) et Louis Moutin (batterie), Pierre de Bethmann (piano), Rick Margitza (saxophone ténor). Un des rares groupes de Jazz français capable de tourner aux Etats-Unis d'Amérique. Classieux.

Jeudi 17 mars, à 19h, à l'Etage, Guillaume Saint James " Jazzarium ". Honnêtement, je ne connais pas. Je vous laisse le soin de le découvrir pour moi.

A 20h30, dans la même salle, Prysm " Five ". C'est propre mais cela ne me touche pas.

A 22h dans la même salle, Médéric Collignon "  Jus de Bocse ". "  Shangri- Tunkashi- La ". Miles Davis et le rock psychédélique des 70's revisités par des fous furieux débordants de créativité. A ne pas manquer.

Vendredi 18 mars, à 20h,à l'Etage, Tigran Hamasyan en piano solo. Dans 50 ans vous raconterez à vos petits-enfants que vous y étiez. Sauf avis médical opposé, il est formellement interdit de ne pas se rendre à ce concert.

A 22h30, dans la même salle, Avishai Cohen, contrebassiste israélien et parrain de ce festival. 

 

 

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Sélection de concerts de Jazz à Paris et en Ile de France pour mars 2011

Publié le par Guillaume Lagrée

Lectrices ravissantes, lecteurs charmants, voici ma sélection subjective, partiale, arbitraire et autocratique de concerts de Jazz à Paris et en Ile de France pour le mois de mars 2011.

La photographie de Tigran Hamasyan est l'oeuvre du Passionné Juan Carlos HERNANDEZ.

Tigran Hamasyan

Théâtre du Châtelet. Paris.

Samedi 25 mars 2011. 2Oh30.  Tigran Hamasyan pianiste arménien invite Trilok Gurtu, percussionniste indien. Ca va être MONSTRUEUX!

New Morning, Paris.

Jeudi 15 mars. 20h30. Joe Lovano US Five. Un Géant discret du saxophone ténor Made in USA.

Lundi 21 mars. 20h30. Henri Texier Nord-Sud Quintet. Le conteur breton de la contrebasse entame le dialogue Nord-Sud sur scène.

Vendredi 25 mars. 20h30. The Klezmatics. Sur scène, le meilleur groupe de Jazz Klezmer actuel, traditionnel et actuel en même temps. Préparez vous à bouger de la tête aux pieds.

Mercredi 30 mars. 21h. André Minvielle (voix, percussions) + Lionel Suarez (accordéon). André Minvielle m'a appris à faire de la musique, la pluie, l'orage, le vent avec un sac plastique de supermarché. Inoubliable.

Auditorium Saint Germain des Prés. Paris.

Lundi 21 mars. 19h30. Leçon de Jazz d' Antoine Hervé sur Keith Jarrett, compositeur au carrefour des musiques du XXe siècle.  Une soirée pédagogique, ludique pour petits et grands, mélomanes et musiciens, classiques et modernes. En plus d'être bon, c'est pas cher.

Sunset. Paris.

Jeudi 10, vendredi 11, samedi 12 mars à 21h30, Philip Catherine (guitare électrique) et Emmanuel Bex (orgue Hammond) invitent Anne Pacéo (batterie) et Olivier Témime (sax ténor). Humm, ça va être chaud et bon!

Sunside, Paris.

Samedi 5 et dimanche 6 mars à 21h,  Larry Goldings (orgue Hammond) et Harry Allen Quartet. Swing en vue!

Lundi 7, mardi 8, mercredi 9 mars à 21h. Enrico Pieranunzi (piano) et Rosario Giulani Quartet. Finesse au programme.

Vendredi 25 mars, 21h. Moutin Reunion Quartet avec Pierre de Bethmann (piano) et Rick Margitza (sax ténor). Un des rares groupes de Jazzmen français crédible à New York.

Mardi 29 mars, mercredi 30 mars, 21h. Frank Woeste Trio invite Médéric Collignon et Magic Malik. Esprits cartésiens et terre à terre s'abstenir. Quoique ça vous décoincera les neurones.

Studio de l'Ermitage, Paris.

Samedi 19 mars, 20h. Paris Jazz Roots. Le Grand Bal Jazz de l'Ermitage. Sortez les smokings, les noeuds papillons et les robes fourreau en lamé. 

Duc des Lombards, Paris

Jeudi 3, vendredi 4, samedi 5 à 20h et 22H. Bojan Z. Trio. Le pianiste balkanique poursuit son voyage musical en trio.

Le Sentier des Halles, Paris

Samedi 26 mars à 20h, le Fluturiste André Stocchetti vous emmènera dans son merveilleux univers poétique, lyrique, rythmique.

Le Triton, Les Lilas, Seine Saint Denis

Vendredi 18 mars, 20h30, deux duos de Michel Benita (contrebasse) avec Manu Codjia (guitare) et Mieko Miyazaki (koto). Pensez, sonnez différent.

Festival Les Enchanteuses au Triton

Samedi 26 mars à 20h30,  Elise Caron chante " L'argent nous est cher " d'Yves Robert, un discours de campagne électorale pas tout à fait dans les normes habituelles du genre...

Jeudi 31 mars à 20h30, vous reprendrez bien une mesure du  Spoonbox de Claudia Solal.

Théâtre de l'Avenue, Ermont, Val d'Oise

Samedi 19 mars, 20h30. Duo André Minvielle/ Lionel Suarez. Le même programme qu'au New Morning mais la place est moins chère.

 

 

 

 

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Ecoutez moi sur TSF Jazz le lundi 28 février à partir de 19h avec Tigran Hamasyan

Publié le par Guillaume Lagrée

Lectrices éclairées, lecteurs avisés, sachez que le pianiste Tigran Hamasyan sera le rédacteur en chef exceptionnel de la radio TSF Jazz le lundi 28 février 2011.

La photographie de Tigran Hamasyan est l'oeuvre de l'Urbain Juan Carlos HERNANDEZ.

Tigran Hamasyan

Grâce au journaliste Laurent Sapir et à son rédacteur en chef Sébastien Vidal, je serai invité avec Stéphane Kochoyan, pianiste et programmateur, à discuter avec Tigran dans l'émission " Les Lundis du Duc " le lundi 28 février 2011 de 19h à 20h en direct du Duc des Lombards à Paris.

Pour ceux qui ne pourront écouter l'émission en direct, un podcast sera disponible dès le lendemain mardi 1er mars.

Bonne écoute.

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