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Claudia Solal et Elise Caron enchantent les petits et les grands dans l'Est de la France en janvier

Publié le par Guillaume Lagrée

La photographie d'Elise Caron est l'oeuvre du Princier Juan Carlos HERNANDEZ.

 

Elise-Caron.jpg

 

"Léo Ferré : Poète... vos papiers!" 2
Avec le soutien de la Ville d'Argenteuil , de la DRAC Ile de France, de l'ADAMI , de la SPEDIDAM et de la Région Ile de France
par le sextet d'Yves ROUSSEAU

avec Maria Laura Baccarini et Claudia Solal, voix
Régis Huby, violons - Jean-Marc Larché, saxophones - Christophe Marguet, batterie -
et Yves Rousseau, contrebasse, compositions et arrangements.
samedi 8 janvier 2011 à 20h30
au Théâtre de Dole
- 30, rue Mont Roland - 39100 Dole
Tel : 03 84 82 10 63

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Elise CARON (voix) , Christine Chazelle (piano) et Michel Mussseau (piano-jouet, scie musicale)
dans "Chansons pour les petites oreilles"

au Théâtre le TRAM de MAIZIERES LES METZ,
le jeudi 20 janvier 2011 à 11h, dans le cadre de "Spectacles en Recommandé".

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Jazz, rumba et musique folklorique. Considérations sur une discothèque (Robert Desnos)

Publié le par Guillaume Lagrée

Jazz, rumba et musique folklorique

Considérations sur une discothèque

 

Quand le poète français Robert Desnos (1900-1945) écrivit ces lignes en 1943, il posait un acte de résistance. Comme il ne se contentait pas d'écrire, il fut arrêté et déporté pour actes de résistance en 1944 et mourut du typhus dans un camp de concentration allemand en juin 1945. Cet article est à lire en parallèle de celui dédié à ceux qui détestent le Jazz.

 

Tour Eiffel

La photographie de la Tour Eiffel est l'oeuvre de l'International  Juan Carlos HERNANDEZ.

 

Le classement d'une discothèque n'est pas chose facile et il est impossible d'y arriver à bien, si tôt ou tard on ne se résout pas à constituer un fichier. L'établissement de celui-ci ne va pas sans surprises et le collectionneur retrouve parfois avec étonnement tel disque oublié auquel la vieillesse confère une saveur nouvelle. Ainsi en est-il en particulier du jazz, qu'il soit hot, qu'il soit straight, qu'il soit swing, et qui, bon gré mal gré, devient musique écrite à partir du moment où il est gravé dans la cire.

 

On mène à l'heure actuelle une enquête auprès des compositeurs contemporains à propos de cette forme musicale dont il serait stupide de méconnaître l'importance, puisqu'elle coïncide avec une des périodes intellectuelles les plus riches des temps modernes. Ce serait une erreur de croire , à la façon de tel médiocre compositeur, que les amateurs de jazz, que les musiciens de jazz, que les compositeurs pour jazz sont des épileptiques, des dégénérés et des analphabètes. L'affirmer est au contraire une preuve d'ignorance majeure. C'est ne pas savoir que le jazz est le descendant direct de toute la musique populaire mondiale et que ce n'est pas par hasard que les floklorisants se sont attachés à son étude. Musique espagnole, musique française, musique italienne, musique allemande, telles sont les marraines du jazz. La contredanse normande et la ridée bretonne se retrouvent dans le danzon cubain, ancêtre immédiat de la rumba. Les boléros, les bourrées, les valses se sont prolongées dans les formes modernes de la danse. Il n'est pas jusqu'à la composition de l'orchestre qui n'assimile rapidement les apports européens: on l'a vu dans l'évolution de l'orchestre cubain qui, en peu d'années, est passé de la percussion africaine à une formation où les cordes tiennent une grande place, sinon la plus grande.

 

Et, sans crainte, sans remords, continuons à collectionner les disques de jazz sur un rayon proche de celui où voisinent Bach, Haendel, Rameau, Ravel, Debussy, Scarlatti et combien d'autres.

 

Robert DESNOS, Aujourd'hui, 22 février 1943.

 

Texte réédité dans Robert Desnos, " Les Voix Intérieures ", Les Editions du petit véhicule, Nantes, 1987.

En illustration un morceau de Duke Ellington que Robert Desnos a peut-être pu écouter avant que l'Allemagne nazie n'envahisse la France républicaine et Alain Bashung chantant à sa manière un poème de Robert Desnos " Jamais d'autre que toi ". 

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Louis Armstrong at the Esquire All American Jazz Concert

Publié le par Guillaume Lagrée

 

Louis Armstrong at the Esquire All American Jazz Concert,

Metropolitan Opera House, New York City, January 18, 1944.

 

Louis Armstrong: trompette, chant

Roy Eldridge: trompette

Jack Teagarden: trombone, chant

Barney Bigard: clarinette

Coleman Hawkins: saxophone ténor

Art Tatum: piano

Teddy Wilson: piano

Al Casey: guitare électrique

Oscar Pettiford: contrebasse

Sidney Catlett: batterie

Red Norvo: vibraphone

Lionel Hampton: vibraphone, batterie

Billie Holiday: chant

Mildred Bailey: chant

 

JBM 1992. Distribué par Virgin France SA.

New York

 

La photographie de New York est l'oeuvre du Transatlantique  Juan Carlos HERNANDEZ.

 

Un des problèmes de la démocratie souligné notamment par les écrivains Normands Tocqueville, Flaubert et Maupassant, c'est qu'elle donne le même poids à la voix de l'ignorant et à celle du savant. La réponse française à ce problème ce fut, grâce à la Troisième République, l'institution de l'école laïque, obligatoire et gratuite. Pour l'art, le fossé entre la foule et les esthètes demeure. Les Etats Unis d'Amérique, pays où tout se vote (ils inventèrent même les élections des Miss!) aiment organiser des votes sur les meilleurs musiciens. En 1944, appelés à choisir les meilleurs Jazzmen de leurs temps, les lecteurs de Metronome et Downbeat, revues aux lecteurs plus curieux que la moyenne, avaient choisi une majorité écrasante de musiciens blancs. La revue Esquire fit elle appel aux esthètes, aux critiques. Ils choisirent une majorité écrasante de musiciens noirs. Le résultat de ce vote censitaire ce fut ce concert mémorable, explosion orgiaque et dyonisiaque du Jazz classique.

 

Quand des Jazzmen français se retrouvent pour improviser, ils font le boeuf en hommage au Boeuf sur le toit, brasserie du quartier de Montparnasse à Paris où ils se retrouvaient dans les années 1920. Les Jazzmen américains font eux une Jam Session. Celle ci est de la confiture pour les gourmets, de l'ambroisie pour les dieux de l'Olympe.

 

Le casting parle de lui même. Certes il manque Lester Young et Sidney Bechet mais, tout de même, quel orchestre! Il y avait de quoi faire un festival. Leonard Feather, producteur avisé, en fit une soirée, organisant savamment l'alternance des musiciens pour varier les plaisirs et éviter la cacophonie. Il y a là les deux pianistes qui marquèrent le plus  Martial Solal, Art Tatum (Chopin devenu fou selon Jean Cocteau) et Teddy Wilson, le contrebassiste virtuose Oscar Pettiford, un des géants de la batterie Swing annonçant déjà le Bebop Sidney Catlett, le deuxième inventeur du saxophone ténor, Coleman Hawkins, la sublime Lady Day malheureusement trop peu présente, les vibraphonistes Red Norvo et Lionel Hampton absolument déchaînés, Roy Eldridge, trompettiste trop souvent oublié entre Louis Armstrong et Dizzy Gillespie.

 

Je ne saurais les décrire tous. J'insisterai donc sur Louis Armstrong, le Roi du Jazz, qui ici est, pour une fois, entouré de musiciens à sa hauteur ce qui le pousse vers des sommets inaccessibles de Swing. Louis avait le plus beau contrat du show business américain. En échange de tout cet argent, il souriait tout le temps, ne choisissait ni ses morceaux ni ses accompagnateurs. Ici, il s'éclate, pétarade, explose, virtuose, pyrotechnique, magique, unique. 67 ans après avoir été enregistrée, cette musique vous soulève de Terre, fait danser les paralytiques et chanter les muets. Le Flying Home de Lionel Hampton est monstrueux de puissance. Le Billie's Blues de Lady Day vous fait passer des frissons de désir dans l'échine. La voix et le son de trompette de Louis Armstrong sonnent comme les anges de Jericho ( un gospel qu'il chanta d'ailleurs). En période de guerre, ce concert se termine par l'hymne national américain joué par tous les musiciens réunis et vous n'entendez que le son de la trompette de Louis qui domine l'ensemble." A la trompette, vous ne pouvez rien jouer, même dans les trucs les plus modernes, qui ne vienne pas de Louis Armstrong " (Miles Davis).

 

Les morceaux sont brefs sauf un " I got rhythm " et un " Flying Home " d'anthologie, oscillant entre l'excellent et le sublime. Pour ceux qui croient que le Jazz avant le BeBop était mou du genou, cet album est une belle claque. A tous, il donnera joie, lumière, énergie sans gourou ni effets secondaires indésirables. Un seul risque à prendre: bien des musiques vous paraîtront fades, pâles et molles après celle là. Surtout en concert.

 

  L'album n'est pas facile à trouver dans le commerce en 2010. Voici une piste.

En voici une autre. Bonne écoute lectrices raffinées, lecteurs distingués.

 

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Rhoda Scott Lady Quartet au Sunset

Publié le par Guillaume Lagrée

Rhoda Scott Lady Quartet

Paris. Le Sunset.

Jeudi 30 décembre 2010. 21h30.

 

 

 

Rhoda Scott: orgue Hammond

Julie Saury: batterie

Lisa Cat Berro: saxophone alto

Sophie Alour: saxophone ténor

 

Une jeune femme enceinte est assise au fond de la salle. L'éducation musicale de cet enfant commence bien. Avant même de naître, il saura déjà que, dans le Jazz, les femmes ne sont pas obligatoirement chanteuses. Il y a aussi des musiciennes de valeur.

 

Le concert est annoncé pour 21h30 et commence à 22h15. C'est se moquer des spectateurs surtout en semaine. Tout le monde n'est pas en vacances. Monsieur P est prêt à demander le remboursement de son billet. Monsieur S et Mademoiselle I sont plus patients.

 

Ca démarre à quatre. Rhoda Scott est bien la  Boss de ce groupe. Quelle ligne de basse de l'orgue! Ca vous prend aux tripes et ne vous lâche plus. Le solo de la Patronne c'est autre chose que ceux des servantes.

 

" Tempus " (Wayne Shorter). Wayne Shorter à l'orgue Hammond ça sonne bien aussi. Les deux souffleuses entrent dans la danse. Ca swingue étrangement. Bref c'est du Wayne Shorter, le plus grand compositeur du Jazz depuis la mort de Duke Ellington comme disait Stan Getz. Chaque concert de Rhoda Scott est une claque de vie, de joie, d'énergie, d'envie. Joli chant/contrechant entre les saxs. Derrière, ça pulse, nom de Zeus!

 

" Eboness " (Roy Brooks). Rhoda Scott présente morceaux et musiciennes en français avec un délicieux accent américain que n'ont pas altéré plus de 40 ans de vie en France. C'est une ballade au tempo grave et dense. Jolie plainte de l'alto sur ce tempo lourd, marqué mais pas pesant. Joli solo de batterie aux maillets, en souplesse, en douceur. Les peaux parlent.

 

" Shaker " (Sophie Alour). C'est une première mondiale sur scène pour une nouvelle composition. C'est plutôt groovy. Ambiance bar coquetèle bref shaker. Avec des stop and go. Un morceau bien adapté au groupe.Des fans au fond de la salle battent la mesure des deux mains. Solo de batterie funky aux baguettes.C 'est un boogallo style Blue Note des années 60 et c'est toujours bon pour nous.

 

" Liza " une ballade. Lisa Cat Berro a le premier rôle forcément. L'orgue devient un tapis léger et mordoré sur lequel le sax alto n'a plus qu'à se lancer pour s'envoler. Pas loin de moi se trouve un jeune couple avec une fillette de 4 ans qui écoute sagement. J'assistai à mon premier concert de Jazz à 6 ans sur les pas de mon père. La jeunesse actuelle est plus précoce. C'est le progrès.

 

" Moanin " (Bobby Timmons). Morceau du pianiste des Jazz Messengers d'Art Blakey devenu une signature du groupe. A écouter dans la version jouée en concert au Club Saint Germain à Paris en 1958. L'ogarniste Hazel Scott, présente dans le public, s'y fait entendre. Sophie Alour se défend mais ne fait pas oublier Benny Golson. Rhoda Scott is The Boss! Ca s'entend nettement sur son solo. Ses demoiselles ne dégageront jamais autant qu'elle je le parie. Rhoda nous fait sa spéciale à l'orgue sans les mains. La ligne de basse est jouée avec les pieds. D'où l'importance de jouer pieds nus pour obtenir plus de finesse dans le jeu.

 

Un standard de Pop. C'est " Bad " de Michael Jackson. Après " Beat it " joué par Manu Codjia et " Billie Jean " par Sébastien Llado. Les Jazzmen français attendront ils la mort de Prince pour jouer " Kiss " ou " Pop Life "? Bad c'est la chanson que Prince refusa de chanter en duo avec Michael Jackson. " Je ne peux pas chanter une chanson qui commence par " Your butt is mine ". C'est trop idiot. " Version bien funky. Le public conclut de lui même " Who's bad? ".

 

PAUSE

 

Pour appeler Sophie Alour sur scène, Julie Saury joue un air de marche militaire, la " Blues March " d'Art Blakey. Ca marche. La demoiselle au ténor revient sur scène.

 

Un standard. " Stompin at the Savoy ". En finesse, en douceur. Reprise du concert à minuit sachant que le métro ferme à 1h, c'est trop juste. Pour les horaires, ça ne va pas; Pour la musique, Rhoda envoie du chaud, du puissant, bien relayée par Julie Saury à la batterie.

 

" Adam's Apple " (Wayne Shorter). Gros son de ténor pour commencer. Ca groove sévère. Ah les accents de Rhoda Scott! Quelles grandes délices que ces grandes orgues chantant de grandes amours!

 

Vu l'heure avancée, Mademoiselle I, Monsieur S, monsieur P et moi dûmes quitter le concert à l'entame du troisième morceau du deuxième set. Je ne peux donc publier le résultat du match qui se jouait au meilleur des trois sets. Dans ce double féminin, je ne puis que constater la supériorité tant technique qu'émotionnelle de Rhoda Scott et Julie Saury sur Lisa Cat Berro et Sophie Alour. C'était mon idée avant le concert. Celui ci n'a fait que le confirmer.

 

 

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Quelques concerts de Jazz à Paris en janvier 2011

Publié le par Guillaume Lagrée

Lectrices éveilées, lecteurs pas couchés, voici ma sélection personnelle, arbitraire, partiale et dictatoriale de concerts de Jazz à Paris en janvier 2011.

 

 

 

Marc Copland

La photographie de Marc Copland est l'oeuvre du Parallélépipédique  Juan Carlos HERNANDEZ.

 

Au Sunside:

 

Mecredi 12 et jeudi 13 janvier à 21h " The Godfathers of Groove " avec un trio mené par le batteur Bernard " Pretty " Purdie dont les beats et les grooves imparables ont été samplés par des milliers de DJ. Ne cherchez pas plus loin. Le Saint Groove sera là!

 

Vendredi 21 et samedi 22 à 21h, le pianiste français Manuel Rocheman rendra hommage à Bill Evans avec Matthias Allamane à la contrebasse et Matthieu Chazarenc à la batterie. Elégance, raffinement et émotion sont prévus au programme.

 

 

Mercredi 25 janvier à 21h, le saxophoniste ténor Charles Gayle viendra pousser ses barrissements d'éléphant du Free Jazz. Je ne parle pas de sa carrure mais de sa puissance sonore bien sûr.

 

Vendredi 28 et samedi 29 à 21h, un triumvirat de Maîtres sera réuni devant vos yeux ébahis et vos oreilles éblouies: Marc Copland (piano), Riccardo del Fra (contrebasse) et Billy Hart (batterie). Attention, ce n'est pas de la confiture pour les cochons! N'y invitez pas n'importe qui. Le 25 janvier 2010, au Sunside, Marc Copland dialoguait avec Riccardo del Fra. Il a fallu attendre un an pour que Billy Hart vienne les y rejoindre. Plus que quelques jours de patience.

 

Au Duc des Lombards:

 

Vendredi 7 et samedi 8 janvier à 20h et 22h: le trio du contrebassiste Jean Philippe Viret. Je vous renvoie à une précédente chronique pour vous dire tout le grand bien que j'en pense.

 

Mardi 11 janvier à 20h et 22h: Laurent Robin Skyrider Project pour la sortie de l'album " Ode to de Doodooda " déjà connu et apprécié des lecteurs de ce blog.

 

Au 38 Riv:

Le trio Word Out du pianiste britannique Jim Funnell le mercredi 12 janvier à 20h30.

 

Au Triton, aux Lilas (métro mairie des Lilas), juste à côté de Paris:

 

Jeudi 27 janvier à 20h30, Henri Texier Brain Danse Quartet fera danser vos cerveaux.

 

Samedi 29 janvier à 20h30, Yves Robert jouera son conte politique " L'argent nous est cher " avec la Grande Elise Caron.

 

A l'Auditorium Saint Germain des Prés:

 

Leçon de Jazz d' Antoine Hervé sur Charlie Parker en duo avec Pierrick Pédron (saxophone alto).

 

 

 

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La Caravane Gazelle a fait une halte au Théâtre de Ménilmontant à Paris

Publié le par Guillaume Lagrée

Lectrices rêveuses, lecteurs voyageurs, la Caravane Gazelle a fait une halte au théâtre de Ménilmontant à Paris le mardi 21 décembre 2010 pour fêter le début de l'hiver et de l'allongement des jours.

 

La mise en scène s'est affinée, le jeu de l'actrice et des musiciens aussi.

 

Quant à l'histoire de Florence Prieur et à la musique d'Olivier Calmel, elles sont toujours aussi belles.

 

Je vous renvoie donc à ma chronique de février dernier pour en savoir plus.

 

En attendant les images, le son est là puisqu'un album vient de sortir.

 

 

 

A bons entendeurs, salut!

 

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Prince invite Miles Davis sur scène pour le Nouvel An 1988

Publié le par Guillaume Lagrée

Lectrices funky, lecteurs groovy, voici un petit cadeau de fin d'année pour ceux qui ne le connaitraient pas encore.

La seule rencontre filmée et enregistrée sur scène de Roger Prince Nelson dit  Prince avec Miles Dewey Davis Jr dit Miles Davis dit Prince of Darkness dit Sorcerer.

 

La rencontre de Miles avec Prince faillit être aussi manquée que celle avec Jimi Hendrix. Dans son autobiographie, Miles explique que s'il  a repris la musique en 1981, c'est parce qu'il y avait enfin quelque chose de neuf, il y avait Prince, l'unique mélange entre James Brown, Jimi Hendrix et Charlie Chaplin. En 1986, Miles quitta Columbia pour Warner Brothers qui éditait Prince à l'époque. Sur l'album Tutu, dirigé par Marcus Miller, Prince aurait dû ajouter une chanson. La même année 1986, Prince sort son album le plus Jazz,  Parade. C'est une musique de film. Le film, dirigé par Prince, est un infâme navet où apparaît l'album de Miles " You are under arrest " (Serge Gainsbourg, fan de Miles et de Prince, sortit un album sous le même titre en 1987). Kristin Scott Thomas y tient son premier grand rôle.

 

En attendant l'éventuelle sortie d'hypothétiques bandes des caves secrètes de Paisley Park, le studio de Prince à Minneapolis, Minnesota, USA,  il reste aux amateurs de musique Superfunkycalifragisexy ces images où Prince scatte sur les notes de trompette de Miles. C'était lors du concert du Nouvel An 1988.

 

Pour le Nouvel An, les amateurs de classique vont à l'Opéra de Vienne en Autriche. Les amateurs de Funk vont à Paisley Park, Minneapolis pour le concert de charité de Prince en faveur des sans abris de la ville. C'est qu'il fait froid l'hiver dans le Minnesota comme le savent les spectateurs des films des frères Coen (Prince fait une silhouette dans la neige dans Fargo).

 

 

 

  Have a Saxy New Year! Et pour la dernière nuit de l'année, It's gonna be a beautiful night!

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Leçon de Jazz d'Antoine Hervé: Duke Ellington

Publié le par Guillaume Lagrée

 

Leçon de Jazz d'Antoine Hervé.

Paris. Auditorium Saint Germain des Prés.

Jeudi 16 décembre 2010. 19h30.

Duke Ellington

 

Antoine Hervé

 

 

La photographie d'Antoine Hervé est l"oeuvre de l'Admirable Juan Carlos HERNANDEZ.

 

Antoine Hervé: piano, explications, grognements, chant.

 

Antoine Hervé poursuit son oeuvre de salut public en propageant la bonne parole du Jazz avec un de ses Maîtres absolus, étudié aujourd'hui comme Bach ou Mozart, Edward Kennedy " Duke " Ellington (1899-1974), pianiste, compositeur, chef d'orchestre.

 

Pour commencer, en toute logique, " A Prelude to a kiss ". Et dire qu'il existe des malheureux sur cette Terre qui n'écoutent que du Rock ou du Baroque et qui ignorent tout de cette musique. Une minute de compassion pour eux.

 

Natif de Washington, il crée son premier orchestre " The Washingtonians " en 1923 à 24 ans.  Au fil du temps, l'orchestre passa de 4-5 à 19 musiciens sans compter les chanteuses, les danseurs. Duke Ellington écrivait pour des musiciens précis comme Serge Gainsbourg pour les chanteuses. Comparaison audacieuse mais éclairante, Professeur Hervé! Le Duke a arrêté le sport pour la musique lorsqu'il s'est aperçu que la musique marchait mieux avec les filles. " Tant qu'il y aura une jolie fille pour m'écouter jouer du piano, je continuerai " disait il encore à 68 ans en 1967. Il est né dans la bourgeoisie noire, a reçu une bonne éducation, fait une école de Beaux Arts. Par contre, il reconnaissait avoir plus manqué de leçons de piano qu'il n'en avait pris. Il a surtout appris d'oreille.

 

Exemple de standard composé par le Duke: " I got it bad and that ain't good ". Un Blues du Duke ne sent pas la sueur dans les champs de coton mais l'odeur urbaine des petits matins blêmes quand votre chérie est partie sans prévenir. Antoine Hervé le joue très bien.

 

Duke était la classe même, fidèle en amitié (avec les femmes, c'était une autre histoire), loyal, conciliant, sachant arranger les conflits. Sur le New York des années 1920 que le Duke comparait à un pot au feu, le professeur Hervé nous conseille de lire " La beauté du monde " de Michel Lebris. Je vous conseille " New York " de Paul Morand (1929), édité en poche avec une préface de Philippe Sollers qui aimerait bien savoir écrire comme cela.

 

Au début, le Duke était un pianiste de ragtime, musique à deux temps. Démonstration. A écouter le " Soda Fountain Rag " dans le " Live at Whitney's " (solo de 1972). Duke a appris en regardant le piano pneumatique, en ralentissant le mécanisme pour suivre ce qui se passait. Il a appris le stride notamment le fameux " Carolina Shout " de James P. Johnson. On dansait dans les bars. Les gens vivaient, marchaient, dansaient, buvaient, fumaient, aimaient au rhythme du Jazz. Exemple de transformation en stride avec " La lettre à Elise " de Beethoven, fameuse guimauve, transformée en alcool fort grâce aux variations d'Antoine Hervé.

 

Le Duke était un excellent businessman. Il aurait pu devenir gangster vu ses mauvaises fréquentations. Il créa deux agences: une de communication, une pour artistes chacune travaillant avec et pour l'autre. A 20 ans, il avait déjà une voiture et une maison. A 60, il avait une centaine de costumes de scène, autant de chaussures et de chemises et ne savait lesquels choisir avant de monter sur scène. Entre 1926 et 1930, il enregistre 178 titre pour 18 compagnies sous différents noms, chaque contrat étant bien sûr exclusif. Dans les années 1920 à New York, naissance du style Jungle (rien à voir avec le style actuel d'électro). Wellman Braud à la contrebasse, Bubber Miley à la trompette, Sam "Tricky" Nanton au trombone qui jouait avec une ventouse pour déboucher les éviers, d'où le son wah wah bien avant que Jimi Hendrix n'ajoute une pédale à sa guitare électrique. Démonstration du professeur Hervé au piano en imitant avec sa voix les instruments de l'orchestre. C'est l'asphalt jungle de Harlem.

 

Cotton Club: artistes et serveurs noirs, clientèle blanche. Francis Ford Coppola en fit un beau film en 1984. dans les années 1930, le Duke y joue et les concerts sont diffusés nationalement grâce à la radio WHN. C'est la gloire.  Ivie Anderson, chanteuse, fut embauchée par le Duke en 1931 lors d'un passage à Chicago. Elle chantait " It don't mean a thing if it ain't got that swing ". Quel Jazzman n'a pas joué ce morceau qui est une leçon de vie plus encore que de musique? Je bats la mesure du pied droit. Le charme opère toujours.

 

En 1925 le Duke écrit sa première comédie musicale: " Chocolate kiddies ", bide à New York, triomphe à Berlin. C'était un compositeur à succès du début à la fin de sa carrière. Dans les années 1930 commencent les tournées internationales. C'est ainsi que Boris Vian et Django Reinhardt le rencontrent à Paris en 1938. Duke se sert de ses impressions de voyage pour composer. Ex: " Ad lib on Nippon " après une tournée au Japon. Il s'inspire des rythmes latins avec l'arrivée du tromboniste Juan Tizol qui lui apporte un morceau culte " Caravan " (écouter la version de Thelonious Monk sur l'album " Thelonious Monk plays Duke Ellington "). J'ai entendu Arthur H jouer ce morceau seul au piano à Lyon en 2000. C'est dire s'il dure. Juan Tizol amène aussi " Perdido " joué notamment par Charlie Parker et Dizzy Gillespie dans un fameux concert en Quintet au Massey Hall de Toronto en 1953.

 

En 1938, il rencontre Billy Strayhorn, grand compositeur, qui devient son deuxième cerveau jusqu'à la mort de Billy en 1967 ( écouter l'album hommage du Duke " And his mother called him Bill "). Ce tandem a hissé la musique de l'orchestre à des niveaux jamais atteints jusqu'alors ni depuis à mon avis. Billy était petit, timide, de santé fragile, homosexuel, bref tout l'opposé du Duke et pourtant ça collait. " UMMG "(Upper Manhattan Medical Group) écrit par Billy durant un séjour à l'hôpital (comme " Bloodcount ").

 

Chez le Duke, le chef d'orchestre fait oublier le pianiste. Démonstration de riffs ellingtoniens (rythmes qui se répètent et qui pètent, saperlipopette!). Démonstration de walking bass main gauche et de riff main droite. Bienvenue au club!  Exemple de pont ( cf " Get it to the bridge " de James Brown dans " Sex Machine "). Le professeur Hervé compare Igor Stravinsky et Duke Ellington avec des extraits du " Sacre du printemps " (merci à Mademoiselle L. pour ces précisions). Le Duke plaçait des figures à trois temps dans des mesures à quatre temps. Il était polyrythmique. Ex: " Cotton tail "

 

Il aimait aussi les ballades langoureuses et mielleuses. Ex: " Do nothing till You hear from me ". Un bijou rare et précieux. Que dire de plus? Mon côté fleur bleue se réveille instantanément. Une autre ballade " Mood Indigo ". Charles Mingus l'a souvent joué. Mingus vénérait Ellington bien que le Duke l'ait viré après une bagarre sur scène avec Juan Tizol (A lire dans " Moins qu'un chien " l'autobiographie de Charles Mingus). Une autre merveille d'élégance. Antoine reste fidèle au thème. " Satin Doll " qui évoque si bien la jolie fille apprêtée.

 

Avec l'arrivée du Be Bop, Duke Ellington devient ringard. Il est hors mode et écoute ce qui se passe. Comme il le disait: " Il existe deux sortes de musique: la bonne et la mauvaise ". En 1956, il triomphe au Newport Jazz Festival avec un mémorable chorus de saxophone ténor par Paul Gonzalves sur " Diminuendo and crescendo in Blue ". C'est enregistré même si cela a été probablement refait en studio.

 

" In a mellow tone " , la classe, toujours la classe. Un autre musicien classe, David Bowie, n'est-il pas surnommé " The thin white Duke "? John Wayne était aussi surnommé " The Duke ". Mieux vaut écouter l'hommage de Stevie Wonder " Sir Duke " sur son album clef " Songs in the key of life " (1976).

 

En 1962, le Duke enregistre en petite formation trois albums avec trois géants du Jazz: Louis Armstrong, Coleman Hawkins,  John Coltrane. Coltrane amène sa rythmique (Jimmy Garrison, Elvin Jones), le Duke la sienne (Aaron Bell, Sam Woodyard). Les rythmiques changent et se mélangent selon les morceaux. Coltrane est plein de respect et le Duke plein d'attention. Johny Hodges qui jouait le solo de sax dans l'orchestre sur " In a sentimental mood " resta pétrifié par la version de Coltrane. Tant de musiciens actuels se prennent pour des compositeurs qu'ils ne sont pas. Ils n'ont qu'à piocher dans l'oeuvre du Duke. Elle est inépuisable.

 

Dans les années 1960, le Duke adapta des oeuvres classiques: Casse Noisettes de Tchaikovsky, Peer Gynt d'Edvard Grieg. Il composa de la musique sacrée qu'il joua dans des cathédrales. Je me souviens avoir offert un " Concert of sacred music " d'Ellington au curé de Saint Malo en 1999. Il avait aimé.

 

" I let a song go out of my heart ", léger, entraînant, élégant, forcément élégant.12 000 personnes assistèrent à l'enterrement du Duke en 1974. Le jour même de sa mort, Miles Davis convoqua ses musiciens en studio pour enregistrer son Requiem pour Duke Ellington: " He loved him madly " (album " Big Fun ").

 

Antoine joue " Solitude " superbe ballade jouée notamment par  Sonny Rollins. Cette ballade porte bien son titre et Antoine la joue extrêmement bien.

 

" Le Jazz n'a pas besoin de tolérance. Il a besoin d'intelligence et de compréhension " ( Duke Ellington). La leçon de Jaz est finie. Alors que le public quitte la salle, la sono diffuse " Fleurette africaine " ( cf. début de l'article) en triumvirat avec Charles Mingus (contrebasse) et Max Roach (batterie) sur l'album " Money Jungle ".

 

Prochaine leçon de Jazz à Paris le vendredi 28 janvier 2011 avec Pierrick Pédron (saxophone alto) pour " Charlie Parker étoile filante du Be Bop ".

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Claudia Solal et Benjamin Moussay soldent leur galette de Porridge

Publié le par Guillaume Lagrée

Lectrices fidèles, lecteurs sérieux, vous savez que je suis un fan invertébré de l'Enchanteuse  Claudia Solal.

 

En 2005, elle sortait un album en duo avec le Sorcier des claviers Benjamin Moussay intitulé  Porridge Days.

 

Je n'ai pas changé d'avis sur cet album que j'écoute toujours avec de grandes délices.

 

Pour la fin d'année 2010, cet album est vendu pour la modique somme de dix (10) euros. A offrir et à vous offrir.

 

Prière de passer commande de ma part auprès de la citoyenne Claudia Solal.

 

Merci de votre attention.

 

 


 

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Nuit Sonny Rollins sur France Musique du samedi 18 au dimanche 19 décembre

Publié le par Guillaume Lagrée

 

 

 

Theodore Walter Rollins dit Sonny dit Saxophone Colossus dit The Buffalo dit The Boss of the tenor a fêté ses 80 ans en septembre 2010 par un concert géant à New York City, USA.

 

 

 

 

Pour ceux qui, comme moi, n'y étaient pas, Franck Médioni propose une nuit Sonny Rollins sur France Musique de 1h à 7h du matin le dimanche 19 décembre 2010.

 

Au menu, la musique de Sonny Rollins, des témoignages de ses musiciens, de saxophonistes français qui paient leur tribut au Maître.

 

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La photographie de Sonny Rollins est l'oeuvre du Colossal Juan Carlos HERNANDEZ.

 

 

Bref, mettez votre casque sur la tête, dites à votre chéri(e) que vous êtes insomniaque cette nuit, installez vous dans le canapé et gorgez vous de Jazz, de Calypso, de Funk. Si vous êtes veilleur de nuit dans un hôtel, policier, gendarme, pompier, infirmier, médecin, infirmier, barman, encore mieux, vous serez vraiment en éveil cette nuit là. Don't stop the carnival!

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