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Première édition du Festival Jura Tempo du 6 au 12 septembre

Publié le par Guillaume Lagrée

 

 

 

 

JURA TEMPO

Jura, Franche Comté, France, Union européenne.
Semaine musicale
classique et jazz
du lundi 6 au dimanche 12 septembre 2010
Sur le Premier Plateau et les coteaux de la Haute-Seille à
Verges, Baume-les-Messieurs, Frontenay, Château Chalon, Plainoiseau Mirebel.
Des manifestations gratuites, des tarifs accessibles,
par concert ou au forfait…
Concerts à 10 et 5 euros (tarif réduit)
passeport 3 jours tarif unique 35 euros
Réservations
auprès de l'office du tourisme de Voiteur
(0)3 84 44 62 47

 

La soirée des compositeurs au château de Verges (Aucun hommage à Guillaume Apollinaire n'est prévu).

Vendredi 10 septembre 2010

 

19 h 

Concert classique

A propos de Schubert  

Trio op.100 pour violon, violoncelle et piano

Impromptus et moments musicaux pour piano seul

Quintette à deux violoncelles op.163

 

21 h 30

Concert jazz

 

Tous issus de milieux musicaux différents, les musiciens du Maze septet sont aussi des compositeurs. Au sein d'arrangements originaux, un jeu d'alchimie s'opère entre des sons qui s'opposent ou s'unissent. Leurs compositions puisent sa force dans le jazz, le rock, bop...

 

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La soirée des histoires musicales à l'abbaye de Baume les Messieurs

Samedi 11 septembre

 

Pour ceux qui ne connaissent pas ce lieu magique où la création humaine est à la hauteur de celle de la Nature, une abbaye bénédictine née au X° siècle dans un cirque glaciaire,  je conseille de lire " La friche " (1993) de l'écrivain jurassien Pierre Gascar (1916-1997), prix Goncourt 1953 pour " Le temps des morts ", récit de sa captivité en Allemagne de 1940 à 1945 en Offlag. Pierre Gascar raconte notamment la surprise des autochtones face aux spectacles  curieux proposés à l'attention des touristes dans l'abbaye. Nul doute que ce festival Jura Tempo l'aurait intéressé.

 

18h 

Concert classique

La musique germanique

avec la participation exceptionnelle de Roland Pidoux

(violoncelle)

 

Bach, Ricercare à six

Brahms, Sextuor op. 18

Schönberg, La nuit transfigurée

 

21h 

Concert jazz

 

Le Maze septet se divise en petits ensembles...
Histoires musicales entre deux personnes, puis un quatuor et maintenant un trio...
Une scène qui raconte des instants, des rencontres improvisées...

 

 

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La soirée Cordes et jazz au château de Frontenay

Dimanche 12 septembre

 

19h 

Concert

Arrangements et compositions d'Olivier Calmel

(piano)

avec la participation exceptionnelle de Xavier Phillips

(violoncelle)

 

Tous les musiciens de la semaine se rencontrent...

Un concert unique...

Entre classique et jazz, imagination et improvisation...

De belles surprises en perspective!

 

Pour les marcheurs, je recommande la Grande Traversée du Jura. Le trajet Pontarlier Nyon se fait en une semaine  à pied et vous laissera d'excellents souvenirs (montagnes, forêts, lacs, calme, silence, sans compter la gastronomie et la chaleur de l'accueil des Jurassiens).

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Défense et illustration du Swing

Publié le par Guillaume Lagrée

 

Brian Blade

 

La photographie de Brian Blade est l'oeuvre du Swinguant Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales

 

Un journaliste anglais demanda un jour à Louis Armstrong: " Monsieur Armstrong, pouvez vous nous expliquer ce qu'est le Swing? "

" Si tu le demandes, c'est que tu ne le sauras jamais, mec! "

 

Le jour où Louis Armstrong apprit que Benny Goodman, un Blanc, s'affichait partout comme le " King of Swing ", Louis entra dans une telle colère que ses amis durent le persuader de ne pas aller tuer Benny Goodman.

 

Ceci dit, Swing signifie " Balancer ". En sport, c'est un terme bien connu des golfeurs. Le swing de Tiger Woods fait des ravages mais pas seulement sur les greens de golf. Il sert aussi en boxe. Mohamed Ali swinguait terrible, que ce soit avec les poings ou les mots. Miles Davis pratiquait la boxe en 1970 lorsqu'il aborda la partie la plus dure, la plus électrique, la plus noire de sa carrière. Au tennis, le service imprévisible et terriblement efficace de " Pistol " Pete Sampras venait de son swing, la nonchalance féline et la rapidité silencieuse de ce joueur rappelant celles d'un danseur.

 

En musique, le Swing invite à se balancer sur la piste de danse et plus si affinités. Comme l'expliquait le pianiste John Lewis, le maître de cérémonies du Modern Jazz Quartet, certains musiciens classiques swinguent terriblement, certains musiciens de Jazz pas du tout. Les Jazzmen qui ne swinguent pas ne m'intéressant pas, j'évoquerai d'abord les musiciens classiques qui swinguent.

 

Une place particulière doit être réservée ici à Claude Debussy. Bien que Debussy ait écrit " Le pianiste doit faire oublier que son instrument est composé de marteaux qui frappent des cordes ", ce qui est à l'opposé du piano Jazz, son écriture influença des Jazzmen aussi divers que Duke Ellington, Charlie Parker, Bill Evans, Jimmy Giuffre. Debussy lui même, les oreilles aux aguets, découvrit le Jazz et écrivit un " Cake Walk "  (une des premières danses Jazz) dans " Children's Corner " pour sa fille de 4 ans. Le voici dans une version d'anthologie par Alfred Cortot, le pianiste des pianistes.

 

Comme exemple de pianiste classique qui swingue, John Lewis citait  Ivo Pogorelich. En 1986, j'ai eu la chance d'écouter Pogorelich seul en concert. A un moment, le piano fit " Plonk ". Une corde du piano venait de céder sous les assauts du pianiste. Imperturbable, Ivo continua son concert. De temps en temps, le piano faisait un bruit bizarre lorsque la corde fatiguée était sollicitée. L'ensemble restait splendide malgré ce détail. Un grand Jazzman n'aurait pas fait mieux. Keith Jarrett, lui, aurait certainement arrêté son concert. Pas Ivo Pogorelich. Même sur Beethoven, il swingue.

 

Après ces deux exemples tirés de la musique dite " classique " (Leonard Bernstein préférait parler de musique "exacte"), voici quelques morceaux de Jazz où le Swing est indéniablement présent, hors de toute définition savante.

 

Les années 1920 furent appelées aux Etats Unis d'Amérique la " Swing Era ". Parmi les nombreux orchestres qui firent danser les Américains de cette époque, un seul avait pour slogan " Rhythm is our business ", celui de Fletcher Henderson.

 

Dans les années 1930, deux Aristocats du Swing faisaient chavirer les corps et les coeurs, le Comte de Basie et le Duc d'Ellington. Pour sa rythmique en acier trempé (Freddie Green à la guitare, Papa Jo Jones à la batterie) , voici l'orchestre de Count Basie dans son " One o'clock jump ". Pour son titre qui est une leçon de vie, plus encore que de musique, voici l'orchestre de Duke Ellington dans " It don't mean a thing if it ain't got that swing ". (solo de sax ténor par Ben Webster).

 

Le Swing se danse bien entendu. Les Maîtres du genre ce sont les frères Nicholas, Harold et Fayard. Leur numéro dans le film " Stormy Weather " est le plus grand numéro de danse jamais mis dans un film selon Fred Astaire. Pour les analystes, voici ce numéro expliqué par Gregory Hines, danseur. Pour les amateurs, voici  ce numéro de danse où les Nicholas Brothers entrent dans l'orchestre de Cab Calloway et y mettent le feu sacré. Attention, ils font TRES mal! " Le meilleur numéro de danse jamais filmé " (Fred Astaire). 

 

Avec l'arrivée du Be Bop dans les années 1940, le Jazz cesse d'être une musique de danse pour devenir une musique de concert. Heureusement, Dizzy Gillespie était là. Trompettiste, chanteur, pianiste, chef d'orchestre, compositeur, danseur, militant, philosophe, clown, cet homme avait tous les talents. Ajoutant le percussionniste cubain Chano Pozo à son orchestre, il invente l'afro cubain et la salsa. " Le rythme afro cubain est comme la joie de l'homme qui a découvert le feu " (Michel Leiris). Ray Brown, contrebasssiste de l'orchestre, raconte qu'un soir, en plein concert, Dizzy quitta la scène, descendit dans le public et s'en alla. Il revint 10 mn plus tard. Ray lui demanda ce qui s'était passé. " Oh mec, l'orchestre swinguait si dur que je n'ai pas pu le supporter! ". Ce grand orchestre dura de 1946 à 1948, jusqu'à ce que Chano Pozo se fasse descendre dans un bar de Harlem par un dealer qui ne s'était pas laissé impressionner par sa machette (comme Indiana Jones au cinéma beaucoup plus tard). Il nous reste ce " Manteca " qui frappe toujours aussi fort plus de 60 ans après son enregistrement. Louis Armstrong, paraît-il, détestait le be bop. Ca ne l'empâchait pas de swinguer comme un démon avec Dizzy sur cet " Umbrella man " où Louis s'amuse à perturber les soli de Dizzy (écoutez Louis et observez Dizzy).

 

Après cette orgie de rythme comme aimait dire le batteur Art Blakey, je conclurai cet article par un homme toujours habité par le Swing quel que soit le contexte dans lequel il joue, M. Sonny Rollins. Né à New York en 1930 de parents originaires des Iles Vierges (Antilles Américaines), Sonny a fait d'un air traditionnel antillais son hymne national,  " Saint Thomas ".

 

Comme le dit Sonny Rollins, si vous ne trouvez pas de Swing et de Blues dans une musique, c'est que ce n'est pas du Jazz. Le jars jasera donc prochainement sur le Blues.

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Giovanni Falzone Bruno Angelini if Duo " Songs volume 1 "

Publié le par Guillaume Lagrée

Giovanni Falzone/Bruno Angelini

if Duo

" Songs volume 1 "

Une production Syntonie. 2008.

 

 

 

Giovanni Falzone + Bruno Angelini

 

 

La photographie de Giovanni Falzone et Bruno Angelini est l'oeuvre du Latin Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette œuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

 

 

 

 

Giovanni Falzone: trompette (tromba)

Bruno Angelini: piano(forte)

 

Les compositions de cet album sont de Giovanni Falzone. Les compositions du prochain album de ce duo seront de Bruno Angelini.

 

Pour ceux qui n'ont pas encore eu la chance d'entendre ce duo hyperbolique en concert, voici une chronique de leur premier album.

 

" Car ce qui est difficile est également beau, bon, grand " Ludwig Van Beethoven.

 

  Cette musique n'est pas facile. Ce n'est pas un hasard si le duo piano/trompette en Jazz est si rare. Cette formation laisse tant d'espace qu'il faut être capable de le remplir sans remplissage. Il y eut  Louis Armstrong avec Earl Hines le temps d'un " Weather Bird " immarcescible,  Martial Solal avec Eric Le Lann enregistrés au Festival de Jazz à Vannes en 1999, un duo que les mélomanes ont le bonheur de retrouver parfois au hasard d'un concert comme j'ai pu en profiter au Duc des Lombards en 2006.

 

Il faut désormais compter avec le if Duo de Giovanni Falzone et Bruno Angelini. Un Italien et un Rital. Le miracle de cette musique est d'être à la fois sophistiquée, subtile, raffinée et pourtant sensuelle, naturelle, évidente. Bruno et Giovanni jouent ensemble comme deux frères de sons. Chaque morceau est une petite tranche d'Univers. Cela sent le citron et l'arbousier, a goût de Mer et de mûre, le soleil chauffe et le vent souffle dans les pins. Les titres collent aux morceaux. " Jean Cocteau " (n°8) brille de mille feux comme le personnage, premier président de l'Académie du Jazz auteur de quelques formules que j'aime à utiliser " le batteur, barman de sons ", " Art Tatum, Chopin devenu fou ". " Guardando il lago " (n°7) me rappelle des promenades au bord du Lac Léman: les cris des canards, le clapotis de l'onde, l'odeur douceâtre de l'eau. " Salto nel vuoto " (n°2) ou " Saut de l'ange " vous fait perdre l'équilibre, la tête, le sens commun sans vous donner le tournis. Cf; extrait audio au dessus de cet article. Et pour finir les promesses du printemps se trouvent dans " Primavera, 18 marzo " (n°9).

 

Vous l'avez compris, lecteurs exigeants, lectrices difficiles, cet album est une pièce majeure et discrète de la musique contemporaine. Rien n'est fait pour attirer l'oeil. Tout est là pour retenir le coeur.

 

 

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Eddie Gomez/Cesarius Alvim " Forever "

Publié le par Guillaume Lagrée

 

Eddie Gomez/ Cesarius Alvim " Forever "

Un album du label rennais Plus Loin Music.

Distribué par Harmonia Mundi.

Sortie le jeudi 26 août 2010.

 

Cesarius Alvim: piano

Eddie Gomez: contrebasse

 

 

Cesarius Alvim, Brésilien de naissance, Breton d'adoption, pianiste et contrebassiste est allé à New York retrouver un vieux complice, le contrebassiste porto ricain Eddie Gomez. Manque à l'appel le trompettiste breton Eric Le Lann. En 1988, Cesarius Avim  enregistrait avec ces deux là l' album" Threefold " où figurait déjà une composition d'Eric " Lady CB " qui, je le suppose, rend hommage à Lady Carla Bley plutôt qu'à un moyen de paiement bien connu des internautes.

 

Il faut rendre à César ce qui appartient à César. Cet album est celui de Cesarius Alvim. Non seulement la peinture de la pochette, semble t-il inspirée de la grève bretonne, est de lui mais 5 morceaux de l'album sur 11 aussi. Cette musique a été enregistrée à New York fin janvier 2010. Dehors, il fait froid et gris. Cela se sent dans l'ambiance de l'album mais Cesarius n'est pas Brésilien pour rien. Cet homme dégage plus d'énergie et de chaleur qu'une centrale nucléaire et sans déchets ingérables. Quant à Eddie Gomez, il est tout simplement parfait. Comme d'habitude mais nul ne saurait se lasser de cette habitude là. La musique coule de source, lave l'âme de ses impuretés. Elle rêve, elle élève, elle enlève. Pourquoi décrire le bonheur? Mieux vaut le vivre. Voilà tout le risque encouru en écoutant cette musique. Etre heureux. Il vaut la peine d'être pris.

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Pascal Schaer " Album de voyage "

Publié le par Guillaume Lagrée

 Pascal Schaer " Album de voyage "

Album édité avec le soutien de Suisa et du département des affaires culturelles de la Ville de Genève.

 

pascal Schaer

 

 

 

 

 

La photographie de Pascal Schaer est l'oeuvre de l'Helvétique Juan Carlos HERNANDEZ.

 

Pascal Schaer: cor des Alpes, coquillage, didgeridoo, électronique

Baba Konate: percussions

Cyril Moulas: guitare basse électrique, guitare électrique

Lars Lindwall: trompette (3)

`

J'ai découvert Pascal Schaer, lors de la Fête de la Musique 2010. Très belle surprise. Un mélange improbable et réussi entre Suisse, Afrique, Jazz et électricité. Pascal Schaer est un Suisse de Genève comme le photographe de ce blog Juan Carlos Hernandez. Baba Konate le percussioniste est Burkinabé comme un de mes meilleurs amis à Paris. Cette musique me rappelle des liens d'amitié. Au delà, cette musique est un album de voyage le long du fleuve Niger superbement photographié sur la pochette de l'abum. Au delà encore, c'est à un voyage imaginaire que nous convie cette musique, au dialogue entre les cultures. Les morceaux prennent le temps de s'allonger, de se développer, créant une ambiance propice à l'évasion, à l'imagination. Je ne saurais décrire cette musique car elle échappe à mes repères, mes points de comparaison. Il n'y a qu'à se laisser aller, glisser des glaciers suisses aux rives du fleuve Niger.

 

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Dans ma rue John Coltrane jouait Naima

Publié le par Guillaume Lagrée

 

 

 

Tour Eiffel

 

 

 

 

 

De ma rue, on voit la Tour Eiffel photographiée ici par le Citadin  Juan Carlos HERNANDEZ.

 

 

Dans la nuit du samedi 24 au dimanche 25 juillet, vers 1h du matin, en rentrant du concert de  Christophe Marguet, j'ai pu vérifier que j'avais choisi la bonne rue pour vivre dedans Paris, ville jolie.

 

Dans la rue précédant la mienne, j'entends sortir d'une fenêtre la clameur d'un groupe de jeunes bipèdes s'esbaudissant sur une chanson " Simple et Funky ". Abomination de la désolation!

 

Dans ma rue, de chez moi, ouvrant la fenêtre, j'entends Naima par John Coltrane. Juste le temps de saluer la Lune. Je ne suis pas le seul abonné au Jazz et à l'électricité dans ma rue. Satisfaction de la délectation.

Au festival international de Jazz d'Antibes-Juan-les-Pins, le 26 juillet 1965 (et non pas le 23 octobre comme l'indique à tort l'INA), le quartet de John Coltrane jouait Naima. Merci à Jean-Christophe Averty de l'avoir filmé. 

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Gloire au Victorieux Médéric Collignon!

Publié le par Guillaume Lagrée

 

 

 

 

 

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La photographie de Médéric Collignon est l'oeuvre du Délicieux  Juan Carlos HERNANDEZ.

 

Médéric Collignon est l'Artiste de l'an 2010 aux Victoires du Jazz.

 

Bien fait pour lui! Il n'a que ce qu'il mérite!

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Michel Portal et le No Jazz Quartet closent en beauté les Arènes du Jazz

Publié le par Guillaume Lagrée

 

 

Paris. Festival des Arènes du Jazz.

Dimanche 25 juillet 2010. 21h.


Michel Portal : saxophone soprano, clarinette basse

Louis Sclavis : saxophone soprano, clarinette basse

Jean Paul Céléa : fausse contrebasse

Daniel Humair : batterie

 

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La photographie de Michel Portal est l'oeuvre du Délicat Juan Carlos HERNANDEZ.

 

 

Jean Paul Céléa a une fausse contrebasse électrifiée en plastique noir. Beurk ! Le petit garçon photographe d’hier soir est revenu avec son appareil photo. Les rideaux viennent de se fermer chez la demoiselle. A priori, le prince charmant est arrivé. Deux clarinettes basse. Michel Portal souffle. Louis Sclavis joue des percussions avec ses clefs. Humair déménage tout de suite. Gros son de la fausse contrebasse électrifiée mais il manque l’aspect boisé d’une vraie. Les clarinettes basse soufflent ensemble. Beau chant/contrechant, grave pour Sclavis, aigu pour Portal. Valsez baguettes, tournez tambours, sonnez cymbales sous les mains et les pieds de Daniel Humair. Le colosse helvète barbu travaille ses cymbales aux baguettes pendant le solo de fausse contrebasse. Belle montée du quartet avec les clarinettes synchrones. Humair peint ses tambours avec ses balais. Fin à bloc en citant « Do do l'enfant do » connu chez les Jazzmen sous le prénom de « Jean Pierre » (Miles Davis).


Portal attaque au sax soprano. C'est aigre, désagréable. Les cordes de la fausse contrebasse s'essuient pendant le concert avec un chiffon doux mais je ne sais pas avec quel produit. Désolé. Après quelques suraigus agaçants de Portal, la clarinette basse de Sclavis vient mettre du liant dans le jeu. Humair surveille du coin de l'oeil puis laisse aller. La fausse contrebasse n'est belle ni à voir ni à écouter. Ca ne sonne pas funky comme une guitare basse électrique et ça n'a pas la majesté du son d'une contrebasse. Au tour de Sclavis de faire grogner la clar basse. Qu'a t-elle donc fait pour être ainsi martyrisée? Retour au thème tout en douceur, clarinette basse et sax soprano. La rythmique vient s'ajouter en profondeur. Beau final énergique.


Démarrage en duo fausse contrebasse/batterie. Daniel Humair est toujours scintillant de beauté. Dommage que Céléa ne nous fasse pas profiter de son talent de contrebassiste. Retour des deux clarinettes basse. C'est vif, pêchu. Portal fait beaucoup de signes. Il est dedans. Sclavis joue droit alors que Portal se balance, danse presque. En solo aussi, Portal danse. Sclavis le rejoint avec le sax soprano. Portal introduit un autre thème. Sclavis croyait se remettre à la clarinette basse. Et non, il joue du soprano! Même assis, en écoutant Sclavis, Portal danse. Il revient avec sa clarinette basse. Thème plutôt dansant, puissant. Ca swingue. Solo de Daniel Humair. Il entame d'abord sur les cymbales puis enchaîne avec les tambours. Ca virevolte. Les baguettes se transforment en lanières de cuir. Le quartet repart tranquille.


Deux clarinettes basse. Humair fait de beaux roulements aux maillets qui s'arrêtent en même temps que les clarinettes. Echange de plaintes entre les clarinettes.


Humair en solo lâche les chevaux. C'est bon, ça! Portal et Sclavis se mettent au bord de la scène, jouant face à face, clarinette contre clarinette, sans micro. Puis face à nous, tous deux vêtus de noir (pantalon et chemise). Portal est le plus expressif mais c'est un beau numéro. Derrière, Humair soutient. Les souffleurs reviennent derrière leurs micros puis se déchaînent. Sclavis grogne en même temps qu'il joue. Le Free Jazz n'est pas mort. Portal, lui, se déchaîne dans son anche. Ils s'amusent avec des bruitages idiots avec ou sans anche, avec ou sans clarinette basse. C'est un morceau ludique. Joli duo de clarinettes avec des fausses fins. Humair relance le thème.


« Tous les morceaux sont des compositions des membres du groupe. Voici le morceau suivant » annonce Daniel Humair. Michel Portal parle en espagnol, chante même en espagnol Mine de rien, il lance, en claquant des doigts, un rythme que reprennent la fausse contrebasse et la batterie. Les clarinettes basse reprennent leur danse. Ca tourne bien. Portal repasse au sax soprano. La musique devient aigüe, aigre, tendue. Au tour de Louis Sclavis de prendre la parole à la clarinette basse. Clarinette et sax pétaradent poussés par la rythmique. Au tour d'Humair de chantonner derrière sa batterie en accompagnant la fausse contrebasse. Portal et Sclavis se parlent. En pleine action, Humair lance « Si on vous le dérange, vous nous le dites ». Daniel Humair tape sur sa tête avec une baguette avant de conclure. Ces musiciens sont décidément facétieux.


Première ballade du concert. Sclavis au soprano. Portal à la clarinette basse. C'est sombre et étrange voire même étrange et sombre. C'est dire. Une belle chanson commence à monter; La musique s'allège, s'élève. Joli friselis d'Humair parfaitement synchrone avec le son percutant de la clarinette basse. Dans les creux du jeu de Portal viennent se glisser les pleins du jeu de Sclavis.Ca pulse bien. Sclavis et Portal, côte à côte, jouent avec des claquements de langue qui répondent à la batterie. Ca c'est beau. Humair s'amuse même à casser une baguette et à taper avec. Et ça repart à bloc. « Sérieux, Jazz » annonce Humair qui part sur un swing classique. Les clarinettes dialoguent à qui mieux mieux. Beau face à face. Ils chantent « C'est fini. C'est bien fini » et le public leur répond « Non! ». « 3-4. Oui ça c'est fini. » disent -ils. Une dernière claque d'Humair et c'est fini.


RAPPEL


« En hommage à Mme Bettencourt qui n'a pas financé ce concert. Pourquoi n'a t-elle pas financé ce concert? » demande Daniel Humair. Duo de saxs sopranos. Après l'intro, Humair lance une sorte de marche militaire avec roulements de tambours. Les saxos eux, s'envolent, légers, libres comme l'air. Solo de Portal. De son côté, à l'écart de la scène, Sclavis s'amuse à tapoter le pavillon de son instrument de la main droite. Maître Humair nous démontre quelques uns de ses tours de batterie. Les saxs reprennent leur mélopée et Humair sa marche. Beau final groupé qui s'éteint.

Un seul regret sur ce concert. Michel Portal n'avait pas emmené son bandonéon. En compensation,voici un moment magique entre Bernard Lubat (accordéon) et Michel Portal (bandonéon) dans l'Estaminet d'Uzeste en Gascogne, fin décembre 2005.

En conclusion, comme disent les Francs Comtois, j'ai eu meilleur temps de venir aux Arènes du Jazz, pardi! Cadre enchanteur, accueil sympathique (même le vigile est poli!), programmation variée et solide, pas de déception voire même de bonnes surprises comme  Thomas Savy, une organisation sans faille (même la pluie était prévue et organisée). Puissent les Dieux nous offrir une édition 2011 des Arènes du jazz à Montmartre aussi passionnante que celle de 2010,

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Christophe Marguet entre en résistance poétique aux Arènes du Jazz

Publié le par Guillaume Lagrée

 

 

Paris. Montmartre. Festival des Arènes du Jazz.

Samedi 24 juillet 2010. 21h.

 

Christophe Marguet Quartet. " Résistance Poétique "

 

Christophe Marguet: batterie

Mauro Gargano: contrebasse

Bruno Angelini: piano

Sébastien Texier: saxophones, clarinettes

 

 

Christophe-Marguet.jpg

 

 

 

 

La photographie de Christophe Marguet est l'oeuvre du Dynamique Juan Carlos HERNANDEZ.

 

Sauf indication contraire, les compositions sont de Christophe Marguet.

 

Ca ressemble bigrement à du  Henri Texier. II est vrai que Christophe Marguet est le batteur de M. Henri et qu'il emploie son fils Sébastien. En tout cas, c'est dans le même style ce qui est gage de qualité. Belle pulsation de la rythmique. Bruno est lancé. Sébastien déroule le thème puis passe au premier plan.Il joue une sorte de clarinette entre la clarinette et la clarinette basse. Le solo de clarinette s'arrête. Brunon installe une ambiance mystérieuse. La contrebasse vibre, la batterie ponctue légèrement. Pas de demoiselle à sa fenêtre ce soir. Elle ne doit aimer le Jazz que made in USA. Bruno prend la main tout doucement en travaillant le thème. Ca monte en puissance. Un peu trop car le batteur couvre la clarinette.

 

Sax alto. Un petit morceau vif. La rythmique est au travail. Ca swingue sévère. La fenêtre est ouverte mais il n'y a ni lumière, ni belle blonde. Déception. Pendant ce temps là, la rythmique s'agite, bruisse. bruno donne le signal du retour au calme. Ils changent tout. Duo agité sax alto/batterie. Le batteur pousse si fort que le saxophoniste n'a plus qu'à poursuivre sur sa lancée. La contrebasse vient ajouter une vibration qui s'ancre dans le ventre. Citation d'Ornette Coleman au sax. Retour au calme avec un duo contrebasse/batterie aux balais. Ca ressemble bien à un thème Ornettologique. C'étaient deux compositions de Christophe Marguet " Two hands for eternity " en hommage au pianiste Mac Coy Tyner puis " Ohona ".

 

" Les Paradis ". Sax soprano. Intro piano/contrebasse douce, élégiaque. Ces paradis sont-ils perdus ou retrouvés? Sax soprano tout en douceur lui aussi. Le batteur vient s'ajouter, tricoter aux balais. Il tapote les tambours de ses mains pour ajouter encore plus de douceur, de chaleur. Bruno mène la danse superbement soutenu par contrebasse et batterie. Christophe joue vite et ferme aux balais.Sébastien est passé à la clarinette. Le public est très attentif ce soir. Il n'applaudit pas les soli. Il écoute. Tiens, ça sonne comme la douleur de la rupture. C'est très beau. Je peux pas mieux dire. C'est très beau.

 

Réveil en fanfare. La batterie est attaquée à pleines baguettes. Les 3 autres laissent le leader faire son show chaud. La batterie résiste aux assauts. Elle ne s'écroule pas. Elle sonne et elle tonne. Du calme, la contrebasse arrive. Bruno s'ajoute et la rythmique déploie ses ailes. Le sax alto vient voler avec eux. Ca crie, ça s'énerve mais avec lyrisme. Le thème se poursuit mezza voce. Avec moins d'effets, ils touchent plus. Decrescendo final jusqu'au silence.

 

Mauro fait gémir la contrebasse sous l'archet. dialogue tout en finesse avec le piano. Malheureusement, au loin, quelques voitures et surtout les mauvais musiciens de la butte Montmartre viennent troubler notre dégustation sonore. Mauro lâche l'archet, fait vibrer, gronder la grand-mère sous ses doigts.Bruno distille les notes comme un " nez " les essences chez un parfumeur de Grâce. Belle conversation intimiste, presque trop pour le cadre. A nous de faire abstraction des quelques nuisances sonores environnantes. C'est un exercice spirituel auquel nous sommes conviés. Solo de piano cristallin. Quoiqu'appliqué sur sa partition, Bruno Angelini est léger comme son nom. Retour de la rythmique avec les balais sur la batterie. Pas d'applaudissement. Le public reste concentré sur la musique. Le sax alto vient ajouter sa touche d'acidité à ce coquetèle enivrant. Les Arènes de Montmartre sont entourées d'arbres qui forment un chapiteau vert aux bords. Cela ajoute au charme, à l'intimité du lieu. La rythmique déménage mais toujours avec lyrisme. Si c'est pas la classe, ça? Final tout en douceur à quatre. C'était " Deep Soul " suivi de " Il est là " puis " What a glorious day ".

 

" Enfin ". Enfin, Christophe Marguet avait réussi à écrire un morceau sur tempo rapide. D'où le titre. En effet, le tempo est rapide. Le sax alto semble même dire " enfin " à la fin de sa phrase.Un petit garçon de 7-8 ans prend des photographies. Un nouvel abonné au Jazz et à l'électricité. Duo batterie/sax alto assez Free Jazz dans l'esprit. Le quartette repart à fond les manettes. Au tour de la rythmique de décoller. Puis, Bruno, seui aux commandes du piano, fait vibrer mediums et graves. Il se déchaîne, parcourant à grandes enjambées toute la largeur du clavier. La rythmique redémarre tranquillement, impulsée par la contrebasse. Solo de batterie. Le chef se fait et nous fait plaisir. Le quartet repart sur le thème, rapide en effet.

 

Très beau thème qui balance doucement. Sax alto. Ca donne envie de valser avec une princesse ou un prince, selon le point de vue. Dieux, quelle élégance dans ce thème! Ca donne envie de siffler, chanter, danser. Ca élève le coeur et l'âme. Le sax alto vient se briser, crier sur la rythmique, sonnant presque comme un ténor. Après une séance bien agitée de la rythmique, retour au thème piano/contrebasse. Ca touche juste au coeur et à l'âme, inquiétant et rassurant en même temps. Bruno joue le thème, Mauro improvise. L'inverse de l'habitude et c'est bon de bouleverser les habitudes. Retour au thème en quartette. Cette musique vient chercher vos émotions au fond de vous et vous projette hors de vous même. Quels beaux transports en commun! C'était " Itrane " (les étoiles en berbère).

 

" Petite Danse " pour finir. Duo percussions/sax alto. Ca sonne très oriental. Travail des tambours aux maillets, en dialogue avec le sax alto. La contrebasse vient ajouter sa pulsation sous la main droite passante de Mauro Gargano. Elle est bien jolie cette petite danse. Bruno danse sur son tabouret, attendant son tour. Sébastien s'efface. A Bruno de jouer. Ce soir, des nuages mais pas de pluie. Quel plaisir d'écouter de la bonne musique en plein air, au sec! Christophe a repris ses baguettes. La rythmique est lancée comme une belle voiture de sport, rosso vivace. Le sax alto revient sur le devant de la scène. Fin avec le thème decrescendo. Doux et gentil.

 

RAPPEL

 

Il est 22h45. Personne ne se plaint de tapage nocturne semble t-il. La musique continue. Un morceau swinguant, toujours au sax alto. Sébastien Texier s'est tellement lâché qu'il en a enlevé ses lunettes de jeune homme sage.

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Le rétiaire Thomas Savy triomphe aux Arènes du Jazz

Publié le par Guillaume Lagrée

 

 

Paris. Montmartre. Festival des Arènes du Jazz.

Vendredi 23 juillet 2010. 21h.

 

Thomas Savy: clarinette basse

Stéphane Kerecki:  contrebasse

Fabrice Moreau: batterie

 

Ce soir le trio joue le répertoire de l'album " French Suite " enregistré par Thomas Savy à New York avec Scott Colley (contrebasse) et Bill Stewart (batterie). Sauf indication contraire, les compositions sont de Thomas Savy.

 

Thomas Savy est bien un spécialiste de la clarinette basse. Cela s'entend dès les premières notes de son solo introductif. Fabrice et Stéphane ont la partition sous les yeux. Pas le leader. Normal, c'est lui le compositeur. Pas de lumière chez la demoiselle ce soir. Elle a dû en avoir assez du Jazz et s'enfuir chez le prince charmant. Très beau duo contrebasse/batterie. Fabrice fait rouler les maillets sur les tambours. Stéphane joue tranquille. Ils racontent une histoire douce soudain brisée par le miaulement de la clarinette. Fabrice est reparti aux baguettes. Ca accélère, vibre à pleins poumons. Il pleuvait à 20h30. Il est 21h10 et le ciel est bleu pâle, la couleur d'avant le crépuscule. Les Dieux protègent les Arènes du Jazz. Belle course groupée à trois. Thomas fait sonner sa clarinette dans le registre auigu, aigre de l'instrument. C'était " Ouverture " puis " Ignition ". Ca chauffait en effet.

 

" Atlantique Nord ". Démarrage par un solo de batterie aux balais. La contrebasse s'ajoute. Ca sonne assez vif, sombre comme un soir où la tempête menace. Ca sent la mer, le vent. Les goélands filent en planant. Les cargos sont bien arrimés. Ces jeunes gens sont des virtuoses, c'est évident. Toutefois, ils font passer de l'émotion, des sensations. La contrebasse creuse des vagues, la batterie les casse (Fabrice Moreau utilise aussi des percussions sur sa batterie pour y ajouter des sons inouïs). La clarinette passe comme un voilier léger mais sûr sur la crête des vagues. Une accalmie dans le gros temps et c'est le retour au thème.

 

Démarrage en solo de clarinette. Fabrice s'amuse avec les rebords métalliques de ses tambours. Jeu de bruitage entre batterie et clarinette. La contrebasse maintient l'assise de l'ensemble. La musique se lance vive, légère, mais avec la gravityé liée aux deux basses. Par respect pour le voisinage, les concerts ont lieu à des horaires stricts. Démarrage à 21h précises, fin à 22h30 dernière limite. C'est appréciable pour les couche-tôt ou pour les parents qui veulent emmener leurs enfants au concert surtout après l'atelier Jazz du jour.

 

Bon enchaînement. Les compositions ne sont pas d'égale valeur. " Atlantique Nord " est  au dessus du lot jusqu'ici, à mon goût. Solo de batterie de Fabrice Moreau. Cet homme a vraiment un son, un style ce qui est rare sur cet instrument. Il ne frappe pas pour faire avouer, il stimule pour faire parler, chanter. Dans le feu de l'action, il fait tomber une cymbale posée sur un tambour. Duo batterie/clarinette; Ca travaille au corps. La contrebasse vient ajouter sa pulsation. Une petite pluie arrive pour nous rafraîchir le teint. La rythmique tourne à plein régime, la clarinette fend le ciel. Leur prière chamanique fonctionne. Il pleut. Superbes breaks de batterie qui relancent idéalement le leader. Dialogue contrebasse/batterie puis batterie:clarinette.

 

Des spectateurs se lèvent pour aller chercher leur poncho. C'est le bazar mais la musique continue. Beau morceau qui serpente, s'étire voluptueusement. Tout le monde se couvre de ponchos. La scène est à filmer. La musique se déroule, belle, chaude. Elle est à l'opposé du climat: douce, chaude, sèche. Fabrice fait des tours de magie sonore avec ses maillets. Dans l'ambiance, cela rappelle " Caravan " de Duke Ellington. Le thème est pourtant bien personnel, contemporain. Après la traversée de l'Atlantique Nord, celle du Sahara. Le groupe reste bien soudé. Normal pour traverser le désert. La contrebasse ne dévie pas, le batteur pousse et la clarinette déchire tout sur son passage. Par souci esthétique, la direction du festival des Arènes du Jazz nous a fourni des ponchos jaunes pour le concert de Martial Solal, des ponchos gris transparent ce soir. Quel raffinement! Beau decrescendo qui permet à la contrebasse de prendre toute sa place. C'était " Stones " composé en hommage aux Pierres Noires qui marquent l'entrée de l'archipel des Glénan en Bretagne. D'après Thomas Savy, le bruit des ponchos dans lesquels se glissent les spectateurs ressemble à celui de la Mer contre le bateau en arrivant aux Glenan.

 

" Come Sunday ", un morceau de musique sacrée composé par le Duc d'Ellington. Thème très beau, très pur. Ca roule tranquille. Fabrice est aux balais. Il reprend les baguettes. Ca roule toujours. Dimanche peut venir en paix. La pluie a cessé. Après un beau dialogue basse/batterie, le trio est reparti, suave, élégant, raffiné bref ellingtonien jusqu'au bout des ongles.

 

" La ballade de Steve Potts ", morceau composé en hommage à un saxophoniste soprano américain installé à Paris depuis fort longtemps. Son nom? Steve Potts. Etonnant, non? Mon premier concert dans un club de Jazz parisien, c'était en l'an deux mille  après Jesus Christ: Steve Potts avec Hal SInger (saxophone ténor) aux 7 Lézards club aujourd'hui disparu. Quelle claque! Je m'en souviens encore. Morceau heurté, haché, bref à la mode Steve Potts, le meilleur disciple de Steve Lacy, lui aussi voué religieusement au saxophone soprano. Pendant que Fabrice marque le tempo, Stéphane travaille au corps sa contrebasse. Ca cause ferme entre ces deux là. Très joli son obtenu en fouettant les cordes d'un passement de mains. Le solo de contrebasse remue le ventre et chasse les nuages. Le trio repart à bloc. Pour saluer, même dans la révérence au public, ils restent groupés, soudés.


RAPPEL

 

" Lonnie's Lament " (John Coltrane). Ces jeunes gens sont très bien élevés. Cela se voit et s'entend dans leur façon de se présenter au public. Ballade somptueuse de John Coltrane. Fabrice est aux balais. La clarinette monte, descend, se déploie en douceur. Stéphane pose les bases de toute cette beauté. La musique s'énerve, grogne. Fabrice a repris les baguettes et martèle bien. Retour au calme d'un souffle pur.

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