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Jelly Roll Morton " The Library of Congress Recordings ". L'Ancien Testament du piano Jazz.

Publié le par Guillaume Lagrée

Jelly Roll Morton « The Library of Congress Recordings ». 1938.

Jelly Roll Morton: piano, chant, récit.

Ferdinand Joseph La Mothe dit Jelly Roll Morton (La Nouvelle Orléans, 1890. Los Angeles, 1941) avait écrit sur sa carte de visite « Inventeur du Jazz ». C’était un peu exagéré mais de la part d’un homme qui jouait du piano dans les bordels de la Nouvelle Orléans à l’âge de 10 ans, fut joueur de cartes professionnel, inventa le pimp style (costard flambant, pompes en croco, diamants dans les incisives) rien n’était impossible.

Si Earl «  Fatha » Hines est le père des pianistes de Jazz, Jelly Roll Morton en est le grand- père. Avant lui, il y a le ragtime au rythme mécanique. Jelly Roll aère, allège, assouplit la musique. C’était un Créole de la Nouvelle Orléans («  The Sultans of Swing play creole » chante Mark Knopfler en mémoire d’un fameux orchestre de Jazz de la Nouvelle Orléans), au nom français, sachant lire et écrire la musique, un dur et un gentleman.

En 1938, lessivé par la Crise de 1929, il n’est plus que pianiste de bar à Washington lorsqu’il entend à la radio William Christopher Handy, l’auteur de l’immortel « Saint Louis Blues » (écoutez la version chantée par Bessie Smith accompagnée par Louis Armstrong, vous ne vous en remettrez jamais), prétendre qu’il est l’inventeur du Jazz. Furieux, Jelly Roll écrit à la radio une lettre de 4000 mots pour rappeler que l’inventeur du Jazz c’est lui, Jelly Roll Morton, et personne d’autre. Intrigué, Alan Lomax, le producteur qui découvrit Billie Holiday et Bob Dylan l’invite à Washington, à la Bibliothèque du Congrès, la plus grande bibliothèque du monde. Jelly Roll s’asseoit au piano, joue, chante, raconte La Nouvelle Orléans. Les bandes tournent. L’enregistrement dura plusieurs mois. Ce qu’il en demeure, c’est l’Ancien Testament du Jazz comme les Variations Goldberg de Johann Sebastian Bach sont celles du classique.

La musique coule comme le fleuve Mississipi, lente, chaude, boueuse, charriant pépites et cailloux. Il suffit de se laisser aller. Rien ne presse. Quelques pépites glanées au fil du voyage : les deux versions de « Maple leaf rag » en style Saint Louis et en style Nouvelle Orléans, la démonstration de breaks (le break, une des clefs du Jazz), Salty Dog où l’auditeur voit littéralement un petit chien sautiller, pour finir par une quintessence de Blues et de Swing « If You was whisky and I was a duck ». Cf extrait audio au dessus de cet article.

Cet homme avait du feu dans les mains, un charme fou, de la sensibilité, de la sensualité, de la vitalité. Plus qu’une œuvre d’art, c’est un art de vivre qui se joue ici. La Nouvelle Orléans a été ravagée par le cyclone Katrina. Les côtes de Louisiane sont souillées par une marée noire. Il suffit de mettre cet album dans votre mange-disques pour faire revivre une vie, celle de Jelly Roll Morton, une ville, la Nouvelle Orléans, un monde, celui du Jazz d’avant 1917, année de la fermeture des maisons closes de la Nouvelle Orléans pour cause de départ des soldats américains vers l’Europe ce qui chassa hors de la ville de nombreux musiciens.

Cette musique parle t- elle encore à un pianiste de Jazz en 2010 ? C’est la question que j’ai posé à Bruno Angelini, pianiste très favorablement connu de nos services.

 

Je cède donc la parole à Bruno Angelini. Vous devinerez mes questions d'après ses réponses, lecteurs raffinés, lectrices subtiles.

 

Bien sûr que cette musique parle encore aujourd'hui. Pour un musicien, il y a ce qui existe et ce qu'il cherche à raconter. Pour raconter sa propre histoire, il faut se reposer sur l'Histoire. Cet homme était un novateur à son époque, donc il est intéressant. Sur le plan pianistique, je fais partie de cette génération de musiciens qui a commencé directement avec Bill Evans (Bruno Angelini enseigne le piano à la Bill Evans Academy à Paris) puis Herbie Hancock, Paul Bley. Après quand j'ai joué  du Jazz, j'ai senti que j'avais des manques. Assez naturellement, j'ai fait un petit retour en arrière et j'ai commencé à prendre conscience de la valeur de ces gens. D'abord, ce fut Monk. J'ai aussi une grande passion pour Duke Ellington. Quand j'ai commencé le piano solo, j'ai eu envie de pratiquer le stride à ma façon.J'ai refait un pas en arrière vers Jelly Roll, Earl Hines, James P. Johnson. J'ai consulté un ouvrage d'un pédagogue Bill Dobbins. Il avait harmonisé " All of me " selon 24 pianistes différents de Scott Joplin à Cecil Taylor. Ca m'a amené à travailler ce standard, à écouter les versions originales. Et puis l' " Anthologie du piano Jazz " d'André Francis que j'ai écouté avant de faire mon abum solo au piano " Never alone ".

 

C'est un Grand de cette époque. On entend toujours le temps, la pulsation. Il a toujours le time mais il prend des risques. Il a une conception orchestrale du piano, il reprend un orchestre. Il y a de vrais moments de lâcher prise, d'improvisation. C'est extrêmement difficile, très impressionnant, vertigineux. Il garde le time, la fréquence avec la fraîcheur, l'impro.

 

On ne peut pas autant identifier un musicien avec une origine aujourd'hui que Jelly Roll Morton avec La Nouvelle Orléans en son temps. Le mélange va plus vite avec les moyens actuels de  communication. A chaque fois que j'ai joué avec des Américains, de New York, le son était différent de celui dont j'ai l'habitude. A Paris il y a un son avec les Européens, avec les Africains. Il y a tout de même une tendance liée à l'époque. Les jeunes musiciens couvrent aujourd'hui une bonne partie de l'histoire du Jazz vu leur bagage, leur formation, de Broadway au Free Jazz, de la musique européenne au rock et à la pop. Jelly Roll Morton était un Créole, il lisait la musique, avait une bonne éducation. Il faut bien se rendre compte que ces gars étaient des fous furieux! Jelly était joueur de cartes professionnel, avait un diamant incrusté dans les dents.

 

Je ne dirai pas qu'il y a des traces directes de Jelly Roll dans la musique actuelle. Comme c'est un des premiers qui a mélangé le ragtime avec le Blues, un des premiers improvisateurs, son influence est inestimable puisque le Jazz est LA musique d'improvisation du XX° siècle. Il faut écoluter, par exemple, sur cet album, sa démonstration de breaks, le break un truc propre au Jazz. L'influence n'est pas visible mais lui est à la source.

 

Jelly Roll paraît facile. Ca veut dire que ce gars domine énormément son sujet. J'y réfléchis constamment. Par exemple, sur le tempo up,on a tendance à se presser, se crisper alors que c'est déjà rapide. On peut s'exprimer quand on a une distance de sécurité avec les choses qu'on nous demande. Quand j'ai 6h devant moi dans une journée, je fais 6h de piano pour améliorer ma technique, ma connaissance afin d'exprimer des émotions, de la fraîcheur, de la sensualité.

 

Jelly Roll était joueur professionnel de cartes et de piano. On peut aussi bluffer en musique. On peut parfois s'affronter à quelque chose qu'on ne peut, qu'on ne sait pas faire en musique. Le bluff consiste alors à contourner les choses pour les amener sur son terrain mais c'est aussi comme cela qu'on trouve de nouvelles solutions.Par exemple, Miles Davis qui jouait avec Charlie Parker sans avoir la virtuosité de Dizzy Gillespie. Bluffer ça peut aussi vouloir en garder sous le coude, un as dans sa manche.

 

Je fais écouter cette musique à mes élèves pour qu'ils la découvrent, la respectent. La jeunesse peut avoir un certain dédain pour ces vieux machins, ne pas avoir conscience du passé. Ils doivent aussi apprendre qu'on ne crée jamais à partir de rien.

 

Tout est dit. Il ne vous reste plus qu'à écouter, étudier, apprécier Jelly Roll Morton.

 

Le pianiste, compositeur et pédagogue américain Dick Hyman explique le style de Jelly Roll Morton. Profitez en!   

 

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Festival de Jazz de la Défense du 18 au 27 juin 2010

Publié le par Guillaume Lagrée

Vous êtes un bureaucrate en costume cravate (ou en tailleur/chemisier) enfermé dans une tour de la Défense, une victime innocente du métro/boulot/dodo.

 

Réjouissez vous! Le Jazz vient à vous.

 

Le festival de Jazz de la Défense viendra animer le Parvis comme chaque printemps du vendredi 18 au samedi 27 juin 2010.

 

Chaque midi, pendant la pause déjeuner, un concert gratuit viendra vous nettoyer les tympans et le cerveau.

 

Sans oublier le concours de Jazz qui a découvert tant de talents depuis plus de 30 ans et les concerts du soir dans les villes des Hauts de Seine.

 

Pour finir vous aurez même plaisir à revenir le week end pour écouter deux Maîtres des airs aériens, subtils et troublants,  Mr Wayne Shorter en personne le samedi 26 et le Brésilien Caetano Veloso le dimanche 27.

 

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Matthieu Marthouret " Organ Quartet " embrasera le Baiser Salé le 27 juin

Publié le par Guillaume Lagrée

 

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La photographie de Matthieu Marthouret est l'oeuvre du Groovy Juan Carlos HERNANDEZ.

 

 

Comme vous le savez, fidèles lecteurs, aimables lectrices, j'apprécie le dernier album " Playground " du quartet organique de Matthieu Marthouret.

 

 

 

Le voici servi chaud sur la scène du Baiser Salé, 58 rue des Lombards, Paris 1er, le dimanche 27 juin 2010 à 20h30.

 

 

 

Venez finir le week end en chaleur et en beauté avec Matthieu Marthouret.

 

 

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Marc Buronfosse " Face the Music " Quartet en concert le 16 juin

Publié le par Guillaume Lagrée

Marc Buronfosse " Face the Music " Quartet.

38 Riv, Paris.

Mercredi 16 juin 2010. 20h30.

 

 

" Le Jazz, c'est comme les bananes. Ca se consomme sur place." Jean Paul Sartre.

 

Après la sortie de l'album, Marc Buronfosse présente son nouveau quartet au public dans un lieu que je ne connais pas, sis au 38 rue de Rivoli à Paris, 4e arondissement. Une nouvelle musique dans un nouveau lieu, cela fait deux découvertes pour le prix d'une. Le tout pour un prix raisonnable. Laissez tomber la Coupe du Monde de balle au pied, sortez écouter du Jazz, sacrebleu!

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Mozart la nuit par Antoine Hervé et Cie le 14 juin à Paris

Publié le par Guillaume Lagrée

" Mozart la nuit " au Théâtre du Châtelet , place du Châtelet, Paris 1er arrondissement, le lundi 14 juin 2010 à 20h30.

 

Antoine Hervé

 

 

La photographie d'Antoine Hervé est l'oeuvre de l'Incontournable Juan Carlos HERNANDEZ.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le pianiste, compositeur, chef d'orchestre Antoine Hervé  s'empare de Wolfgang Amadeus Mozart en compagnie des frères François (contrebasse) et Louis (batterie) Moutin et d'un choeur  avec pour invité spécial l'inépuisable Médéric Collignon (cornet de poche, bruitages divers et de printemps).

 

Ce que ça va donner? Un truc terrible! A vérifier sur pièces et sur place comme disent les juristes.

 

" Mozart, c'est la plume de Dieu dans la main d'un homme " Niklaus Harnoncourt, chef d'orchestre.

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Joachim Ernst Berendt & William Claxton " Jazz Life "

Publié le par Guillaume Lagrée

Joachim Ernst Berendt & William Claxton «  Jazz Life. A journey for Jazz across America in 1960 “ .Taschen Köln, 2005, 552 p, Taschen 25th Anniversary edition.

 

En 1960, Joachim Ernst Berendt, critique de Jazz allemand, decide de traverser les Etats Unis d’Amérique à la recherche du Jazz. Sur la route, il  emmène le photographe américain William Claxton. En route dans leur Chevrolet Impala, ils passent d’Est en Ouest, par Boston (siège de la Berklee School of Music), New York, Philadelphie, Washington DC, les Sea Islands, Biloxi, Menphis,  Saint Louis, Chicago, La Nouvelle Orléans , Angola, Jackson, Kansas City, Las Vegas, Hollywood, Los Angeles, Monterey, San Francisco.

 

Chaque chapitre du livre correspond à une étape de leur voyage :

  1. From Spirituals to Soul Music
  2. From the Sea Islands to the Berklee School
  3. New Orleans
  4. Louisiana State Penitentiary in Angola
  5. Menphis
  6. Saint Louis
  7. Kansas City
  8. Big Bands
  9. Chicago
  10. Hollywood and Los Angeles
  11. San Francisco, Monterey and Las Vegas
  12. Detroit, Philadelphia and Washington DC
  13. New York City
  14. New York : Harlem
  15. New York : Traditional and mainstream
  16. New York : Avant Garde
  17. New York : The Village

 

Jamais un livre n’a autant suinté le Swing et le Blues, regorgé autant d’amour pour le Jazz. Ces deux hommes Blancs dont un Allemand ( nous ne sommes que 15 ans après 1945), grâce à leur authentique passion pour cette musique, virent s’ouvrir devant eux toutes les portes, des villas californiennes avec piscines du West Coast Jazz aux clubs new yorkais de l’avant-garde en passant par celles du pénitencier d’Etat de Louisiane à Angola.

 

A Angola, Leadbelly, un Géant du Blues fut détenu pour meurtre. Quand le directeur du pénitencier, un Blanc de Louisiane, apprit que ces deux Blancs voulaient visiter la partie réservée aux Noirs du pénitencier, sa réponse fut : «  D’accord mais vous irez seuls. Je ne peux garantir votre sécurité ». Nos deux hommes se retrouvèrent les seuls Blancs, armés d’un appareil photographique, d’un carnet de notes et d’un stylo au milieu d’une centaine de voleurs, de violeurs, d’assassins, de proxénètes, de trafiquants, de vagabonds, tous Noirs. Très vite, la glace tomba, un concert de Blues s’improvisa. William Claxton photographie, Joachim Ernst Berendt raconte.

 

Le livre est luxueux, écrit en allemand, traduit en anglais et en français. Les photographies sont éblouissantes de vie et de beauté comme celles des parades à La Nouvelle Orléans en couleur ou des rues de Menphis en noir et blanc. Un enfant danse sur une bouche d’incendie, un haut de forme à la main et c’est déjà Michael Jackson qui s’annonce. Les histoires sont amusantes, émouvantes voire bouleversantes. Ainsi, en route vers Los Angeles, ils s’arrêtent dans un bar tenu par un couple d’immigrés Allemands. Joachim, heureux de les entendre parler sa langue, leur parle de même. Aussitôt leurs visages se ferment et la conversation cesse. Joachim comprend pourquoi lorsqu’il remarque les numéros tatoués sur leurs avants bras, ceux des camps de la mort nazis.

 

Pour chaque chapitre, voici mes conseils d’écoute aux symathiques lecteurs et aux aimables lectrices :

  1. Ray Charles « Allelujah ! I just love her so »
  2. A la Berklee School of Music, par une belle journée de l’été 1957, Sonny Rollins est l’invité du Modern Jazz Quartet et le laisse sur place en improvisant. Pour les chants des Sea Islands au large de la Géorgie , l’album «  Georgia Sea Island Songs » satisfera votre curiosité musicale.
  3. Dont’ You know what it means to miss New Orleans  ? ” par Louis Armstrong
  4. «  Angola Blues »  par Champion Jack Dupreee
  5. « Menphis Tennessee ” de Chuck Berry
  6. « Saint Louis Blues » chanté par Bessie Smith accompagnée par Fred Longshaw (harmonium) et Louis Armstrong (cornet). Un mélange de profane et de sacré qui me donne le frisson à chaque écoute.
  7. «  Kansas City here I come » par Big Joe Turner
  8. « It don’t mean a thing if it ain’t got that swing » par Duke Ellington et son orchestre.
  9. Wang Dang Doodle “ par Howlin’ Wolf, hurleur de Blues comme son nom l’indique.
  10. Chet BakerThe Pacific Jazz Years “ (1953-1956)
  11. Le concert de Dizzy Gillespie et son orchestre au Monterey Jazz Festival en 1957. Monterey, station balnéaire californienne, a eu pour maire un Jazz Freak, Clint Eastwood. Frank Sinatra, « Live at the Sand’s ». Las Vegas . 1966. « The Voice » est accompagné par l’orchestre de Count Basie dirigé par Quincy Jones. Plus classe, tu meurs. Pour San Francisco, la relaxation de « Take Five » du Dave Brubeck Quartet avec Paul Desmond au saxophone fera l’affaire.
  12. Detroit, Motor City a donné naissance à Motown et Stevie Wonder. Les frères Elvin ( batterie) et Thad (cornet) Jones sont nés à Pontiac, Michigan, près de Detroit. Leur aîné, Hank (pianiste) était de Vicksburg, Mississipi. A écouter, par exemple, John Coltrane « A Love Supreme » avec Elvin Jones. Philadelphie est la ville natale de l’immense batteur   Philly Joe Jones  . En 1961, il est derrière Miles Davis et John Coltrane pour un « Someday my prince will come » (la chanson de Blanche Neige dans le film de Walt Disney) d’anthologie. Washington District of Columbia (DC) est la ville natale d’Edward Kennedy «  Duke » Ellington dont le premier groupe s’appelait les Washingtonians et qui a donné son nom à une université de la ville. A écouter, entre mille joyaux, «  Pitter Panther Patter » en duo avec le contrebassiste Jimmy Blanton.
  13. « 52nd Street Theme » de Thelonious Sphere Monk en hommage à une rue de New York célèbre pour ses clubs de Jazz.
  14. « Louis and the Good Book ». Louis Armstrong joue et chante la Bible en compagnie de la chorale d’une église de Harlem.
  15. « Esquire All American Jazz Concert » Metropolitan Opera House, New York , 18 janvier 1944. Au Met, Louis Armstrong et ses amis (Billie Holiday, Coleman Hawkins, Roy Elridge…) jouent pour soutenir le moral des troupes.
  16. John Coltrane « The Avant Garde » avec les musiciens d’Ornette Coleman soit Don Cherry (cornet), Charlie Haden (contrebasse), Ed Blackwell (batterie).
  17. Dans le quartier de Greenwich Village à New York, se trouve le Village Vanguard, LE club de Jazz. Une centaine d’albums Live at The Village Vanguard a été enregistrée depuis le premier en 1957. Le premier, justement, reste au sommet : Sonny Rollins « Live at The Village Vanguard ».

 

Ce livre est énorme, luxueux, indispensable, inépuisable, rare et cher. Faites des économies, lancez un appel à la charité publique, faites le vous offrir par un footballeur professionnel ou une top model. Vous ne le regretterez pas. L'édition actuelle disponible chez Taschen est à un prix gastronomique, la moiitié d'une nuit avec une fille d'escorte rencontrée dans un café des Champs Elysées. Soit vous trouvez la précédente édition d'occasion comme je l'ai fait soit, pour les petits budgets, vous vous offrez le petit volume consacré à La Nouvelle Orléans extrait de cette Bible du Jazz. Sauf si, en plus d'être footballeur professionnel ou top model, vous lisez des livres et aimez le Jazz.

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Eumir Deodato au Duc des Lombards le 1er et le 2 juin 2010

Publié le par Guillaume Lagrée

Eumir Deodato est né à Rio de Janeiro, Brésil, en 1943. Le business de cet Eumir, ce n'est pas le pétrole, c'est la musique.

 

Jugez plutôt. Premier album comme leader en 1964. Depuis il  a participé à 450 albums, vendu 25 000 000 de disques aux Etats Unis d'Amérique.

 

Pianiste, claviériste, compositeur, cet homme a contribué à forger le son des années 1960-70 mélangeant joyeusement Bossa Nova, Jazz, Funk, Soul, Disco.

 

Pour vous expliquer sa musique, je laisse la parole à un expert français, Captain Détendu.

 

Ses passages à Paris sont rares. Il sera en concert au Duc des Lombards le mardi 1er et le mercredi 2 juin 2010 à 20h et 22h. La formation sera classique (piano/contrebasse/batterie). La musique ne le sera pas. Avec un homme qui a transformé en bijou pop Also spracht Zarathoustra de Richard Strauss, tout est possible.

 

C'est le début du mois. Vos poches sont encore pleines. Votre banquier vous sourit encore. Nostalgiques du Cool, lecteurs d'Herman Broch, amoureux du Kitsch, amateurs d'alliances sonores improbables, arrêtez les cigarettes et placez l'argent dans un concert d'Eumir Deodato.

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Barry Harris " Live in Rennes "

Publié le par Guillaume Lagrée

 

 

Barry Harris. Live in Rennes

 

 Un album du label rennais Plus Loin Music

 

Barry Harris : piano, voix, narration

Matthias Alamane : contrebasse

Philippe Soirat : batterie

 

Festival Jazz à l’Ouest, Rennes, Bretagne, France, 7 novembre 2009.

 

Après la mort d’Hank Jones, il nous reste Barry Harris, né en 1929 pour professer le Swing, le Blues, et l’Elégance au nombre des Beaux Arts.

 

Dès les premières notes de « She », la classe parle, les filles fondent et les garçons craquent. C’est une musique à déguster, à savourer, tard le soir, seul ou en duo. Cela correspond à une certaine idée du Jazz, très marquée par Duke Ellington, même lorsqu’il joue du TS Monk.

 

En plus d’être un pianiste de qualité, Barry Harris est un pédagogue, un conteur, un entertainer, qualités qu’il manifeste dans ce concert en contant, en chantant, en marmonnant, en jouant avec le public rennais ravi. Il est secondé par deux complices discrets et efficaces, les Français Matthias Alamanne et Philippe Soirat.

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Dred Scott Trio:Live at the Rockwood Music Hall

Publié le par Guillaume Lagrée

 

 

Dred Scott Trio. Live at The Rockwood Music Hall , New York City .

7 et 14 novembre 2006.

 

Dred Scott: piano

Ben Rubin: contrebasse

Tony Mason: batterie

 


 

Un club où un musicien peut jouer des mois et développer sa musique, c’est rare de nos jours. Le pianiste américain Dred Scott a trouvé cet endroit à New York, le Rockwood Music Hall.Si vous êtes à New York le mardi 1er juin 2010 à minuit, avant d'aller vous coucher, passez écouter le trio de Dred Scott au Rockwood Music Hall.Si vous repassez le mardi 8 ou le mardi 15 juin à la même heure, ils y seront encore.Au Rockwood, le mardi soir, il y a 5 concerts différents à suivre et c'est ce trio qui ferme le ban.

 

Qu’y jouent ils ?

 

La formation est classique pour le Jazz : piano, contrebasse, batterie. Leur style est-il pour autant classique ? Non. Est-il alors d’avant-garde ? Non plus. Alors est-ce entre les deux ? Pas plus. Leur style est à côté, au-delà, au-dedans et au dehors des genres du Jazz. Ils peuvent aussi bien improviser sur du TS Monk ( Well You might basé sur Well You needn’t) que sur du Black Sabbath (The Wizard). De plus, ils jouent les compositions personnelles de Dred Scott : amusantes, rafraîchissantes, énergiques, subtiles. « Doggie and cookie », « Ain’t no russian novel, baby » ou « Sans Francisco » jeu de mots voulu par un San Franciscain légèrement francophone, Dred Scoot. Ce «  Sans Francisco » clôt cet album live in concert par un pur bijou fantastique et nostalgique.

 

Le trio a bien progressé depuis cet album comme je l’ai pu le constater de visu et de auditu lors de leur premier concert à Paris. Cet enregistrement est une étape dans le développement de cette musique. Il faut la connaître pour mesurer le chemin parcouru depuis.

 

Vous y trouverez la générosité, le swing impérieux, l’esprit rock’n roll du Dred Scott Trio. Aller à un concert de ce groupe, c’est être sûr d’en avoir pour son argent. Acheter cet album aussi.

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Alain Jean Marie " Gwadarama "

Publié le par Guillaume Lagrée

Alain Jean Marie «  Gwadarama ».

Mosaic Music. Région Guadeloupe. 2010.

 

Alain Jean Marie : piano

Marcel « Nano » Falla : guitare basse électrique

Raymond Grego : batterie

Roger Raspail : Ka et petites percussions

 

 

Né en 1945 à Pointe à Pitre (Guadeloupe),  Alain Jean Marie a toujours eu deux amours, comme Joséphine Baker: la biguine et le jazz. Avec cet album, il passe au stade supérieur, visitant 50 ans de musiques guadeloupéennes. C’est une sorte de guide touristique musical mais adressé aux esprits curieux, désireux de sortir des sentiers battus et balisés.

 

L’adjonction des percussions dont le Ka, le grand tambour emblématique de la Guadeloupe , ancre cette musique dans la terre natale. L’ancre n’empêche pas le bateau de voguer, de voler, bien au contraire. Roger Raspail possède déjà un boulevard à son nom à Paris. C’est dire si son talent est reconnu.

 

Alain Jean Marie et ses hommes nous emmènent dans un voyage initiatique et métis, aux deux sens du terme (latin et grec).

Si, comme moi, vous ne lisez pas le créole des Antilles, vous ne comprendrez pas les titres. Peu importe, vous comprendrez la musique. La joie de jouer se mêle à la nostalgie du pays natal.

 

Alain Jean Marie ne signe que deux compositions dont une superbe ballade en hommage à son épouse, la chanteuse Morena Fattorini, Morena’s Reveries. Il imprime sa griffe sur tout l’album que ce soit sur un air traditionnel (Tijan) , sur un zouk de Kassav (Zouk La) ou sur le Blues For de Roger Raspail dont l’air me donne l’air idiot tant il me ravit.

 

Trop dansant diront les mélomanes coincés, trop complexe diront les danseurs obtus. Tant pis pour eux. Comme la musique de Duke Ellington, celle d’Alain Jean Marie est faite pour les danseurs amoureux, les dames sophistiquées et les épouses tatouées. Si vous pensez ne pas faire partie de ces groupes sociaux, il vous suffit de vous laisser captiver par cette musique pour y entrer.

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