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Jérôme Sabbagh en trio sans piano

Publié le par Guillaume Lagrée

Paris. Le Duc des Lombards.
Mercredi 6 janvier 2010. 22h



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Jérôme Sabbagh Trio

Jérôme Sabbagh
:saxophone ténor
Yoni Zelnik : contrebasse
Karl Jannuska : batterie



La photographie de Jérôme Sabbagh est l'oeuvre de Juan Carlos HERNANDEZ.





J’arrive un peu en retard et je prends le concert en route. C’est un trio sans piano. Forcément me revient à la mémoire Sonny Rollins « Live at the Village Vanguard » (1957) avec Wilbur Ware à la contrebasse et Elvin Jones à la batterie. C’est dans cette lignée là avec un son de Blancs. Solo de contrebasse accompagné de roulements légers de baguettes sur les cymbales. C’est grave, profond, bondissant. Ca sautille souplement. Karl remet la pédale pour préparer une ponctuation du sax. Petit break de batterie sur les tambours et ça repart. C’était un standard du Be Bop, « Conception » de George Shearing.

« Fall » (Wayne Shorter). Une ballade sombre, veloutée, mystérieuse, tout à fait shorterienne de l’époque du dernier quintette acoustique de Miles Davis (Shorter/Hancock/Carter/Williams). C’est très bien joué. Mystérieux, agaçant, entêtant. Ca monte et ça tombe comme le dit le titre du morceau. Karl est aux balais, caressant tambours et cymbales alors que Yoni trace son chemin. Puis le trio progresse avec des virages, des écarts, des chemins de traverse tout à fait shorteriens. La musique se balance comme un bouleau au gré du vent. Un solo de ténor pour nous perdre encore plus sans l'assise rythmique. Le sax joue sans micro ce qui est bien agréable. La contrebasse, elle, est amplifiée. Quel contrebassiste aujourd’hui est capable de se faire entendre sans amplificateur dans un big band comme Jimmy Blanton chez Duke Ellington ou Ray Brown chez Dizzy Gillespie ?

Enchaînement direct sur « This I dig of You » (Hank Mobley). Rerour à un swing impérieux. Solo véloce de contrebasse, finement soutenu par les baguettes de Karl. Solo tranchant et précis de batterie. Avec son air d’enfant sage, Karl Jannuska assure méchamment.

« Three in one » (Thad Jones). Karl a repris les balais. Un jeune couple bourgeois est à ma gauche. La jeune fille est très belle (joli visage encadré par de longs cheveux blonds, longues jambes). Lui est frileux. Il garde son bonnet et son écharpe. Ils mangent, ils boivent et ils parlent. Je pense que de temps en temps ils écoutent la musique. A ma droite, une dame d’environ 50 ans se plaint d’être fliquée, d’être à Guantanamo, pas dans un concert de Jazz. J’ignore la raison de son ire. Pendant ce temps là, sur scène, le groupe tourne bien. La tradition du son Blue Note des 60’s est bien maintenue par ces jeunes gens. Le contrebassiste danse avec son instrument, se pliant et se dépliant, montant et descendant sur les genoux. Karl travaille au corps sa caisse claire avec ses balais en soutien du solo de contrebasse que souligne parfois un voile léger du ténor. Série de breaks souples de batterie entre des phases en trio. Ca punche avec élégance.

Une ballade de TS Monk « Ask me now ». La version chantée par je ne sais plus quelle chanteuse me revient en tête. Betty Carter logiquement. C’est dire si c’est bien joué émotionnellement, dans l’esprit du Jazz, le plus près possible de la voix humaine. Là on écoute, on n’applaudit pas, de peur de rompre le charme. Le contrebasssiste a repris sa danse. Il va chercher l’émotion au fond de sa contrebasse. Aux balais, Karl est félin, d’une patte de velours. Légers applaudissements pour le solo de contrebasse puis le trio repart. Fausse fin. Nous applaudissons à tort et ils repartent.

« Trip » (Jérôme Sabbagh). Morceau vif, bondissant. Ca monte et ça descend comme des montagnes russes. C’est une façon animée de voyager. La tension monte, le pouls s’accélère. Le voyage est mouvementé, surprenant, passionant. Jérôme Sabbagh est aux commandes, le moteur étant fourni par la rythmique. Le chauffeur s’arrête, le moteur ronronne doucement. Break de batterie aux baguettes énergique et sans esbroufe.

« There will never be another You », un standard chanté par Chet Baker, joué par Sonny Rollins en trio avec Henry Grimes (contrebasse) et Pete La Roca (batterie) à Stockholm en 1959 (sublime version). Ca tourne bien. Ca joue viril mais correct., bien charpenté. Une séquence qu’ils aiment jouer et qui est toujours délectable : solo de contrebasse, accompagnement léger et subtil des balais sur les tambours, ponctuations voilées, espacées du sax ténor. Karl a repris les baguettes en main pour des breaks de batterie bien épicés. Ca se termine dans un dernier souffle du saxophone ténor.

Ma voisine profite de la fin du concert pour clamer son courroux. Les lumières lui paraissent trop fortes pendant le concert. Cela perturbe la qualité de son écoute. Je ne partage pas son avis d’autant plus que cela facilité ma prise de notes et donc la qualité de mon article sympathiques lecteurs, aimables lectrices. Jouer sans piano donne moins de soutien et plus d'espace au saxophoniste. Pour tenir la route dans ces conditions il faut un moteur à toutes épreuves et un chauffeur au coup de volant sûr. Avec Jérome Sabbagh au volant, Yoni Zelnik et Karl Jannuska au moteur, la route est belle. Il suffit de monter à bord et de se laisser conduire.

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Bex/Catherine/Romano le trident du Swing

Publié le par Guillaume Lagrée

Bex/Catherine/Romano

Paris. Le Sunset. Mercredi 30 décembre 2009. 22h

Emmanuel Bex : orgue Hammond
Philip Catherine : guitare électrique
Aldo Romano : batterie

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La photographie d'Aldo Romano est l'oeuvre de Juan Carlos HERNANDEZ.






Ce groupe existe depuis 10 ans sur scène sans avoir enregistré d’album. Il faut aller les écouter pour prendre une leçon de vie, de musique et d’amitié.

Intro de Catherine tout en douceur. Les balais le rejoignent sur la batterie. L’orgue s’introduit subrepticement. « Alone together ». Morceau normal pour commencer un concert entre vieux amis comme Lee Konitz et Martial Solal par exemple. Pas de doute. Ces trois gars là sont rodés mais toujours créatifs. Philip Catherine brille de mille feux à la guitare. La batterie pousse. L’orgue fait la basse. C’est bien animé pour une ballade entre amis. Philip se rasseoit et ça ronronne chaudement. Bex creuse le tempo. Il fait monter la pression en douceur. Cela sonne carrément comme dans les albums Blue Note des années 60. C’est dire que ça chauffe et bien.

Bex commence une petite danse ondulante. Catherine utilise des effets électroniques pour faire vibrer ses notes. Le rythme s’installe, cool et chaud à la fois. C’est vraiment le trio trois en un. Chacun ajoute sa personnalité pour en créer une 4e, celle du trio. Bex en solo nous fait une sorte d’orgue de Barbarie sur les grave qu’il allège avec un petit chant sur les aigus à la fois plaintif et ludique, bref du Bex. Puis le trio repart comme un vieil homme solide. Coupure d’électricité. Aldo garde le tempo puis le groupe repart avec la fée Electricité. Le trio ronronne à ravir comme un gros chat. « Three cool cats » dit la chanson (chantée sous le titre « Nouvelle vague » par Richard Anthony).

Intro à la guitare sous effets électroniques, avec modération. Le titre de ce standard m’échappe. La salle est comble. Le patron a d’ailleurs remercié le public d’être venu si nombreux au Sunset/Sunside en 2009. Je ne suis pas nombreux mais je suis venu souvent au Sunset/Sunside en 2009.Comme quoi la musique vivante peut vivre encore. Bex a enlevé ses lunettes noires. C’est donc qu’il ne chantera pas. Par contre, il joue et ça pulse. Solo de guitare sur un tapis de velours rouge tissé par l’orgue et la batterie. Du psysché, du funk, du cool, du planant dans le même morceau. La classe, Messieurs !

Petite ballade innocente qui démarre à trois. Bex a remis ses lunettes noires. Va t-il chanter ? Ils se promènent sur un tempo dandinant. Tout à coup Bex accélère, monte à un palier sur lequel il se maintient soutenu par ses deux complices. La guitare reprend la main, cinglante et relax à la fois. Du grand Art. Et toujours ce délicieux dandinement qui invite à dodeliner du chef. D’un coup ils reviennent au tempo calme du début toujours sur le même air. Ca fusionne entre ces 3 gaillards. Ils se connaissent mais ne se répètent pas.

Un autre morceau relax qui balance doucement. Oui, c’est bon pour nous. Ca chauffe le cœur et l’âme. Puis ça s’énerve, vrombit, gronde tout en gardant le balancement de départ. La classe vous dis-je !

Bex attaque en profondeur. Romano suit aux balais. Un standard. Catherine est entré dans la danse. Dans le cadre de ce trio, Bex joue plus sagement que dans son propre groupe. Pas de chant, pas de Vocoder, pas de bruitage cosmicomique. Les poufs pour enfants du Sunset sont toujours aussi inconfortables pour des fessiers d’adultes. Quel fournisseur de matériel scolaire en difficulté financière a bien pu les brader au patron du Sunset/Sunside ? Solo de batterie. Le 1er de la soirée pour Aldo. Le matelot souque ferme. Encore un standard dont le titre m’échappe.

A la pause minuit approche. Quelle idée de commencer un concert en club en semaine à 22h30 ! Tout le monde n’est pas en vacances. Il me faut rentrer avant le 2e set à mon grand regret car la musique est superbe. Philip Catherine en est le leader mais un leader démocrate respectueux de la liberté de ses associés. A voir et écouter de nouveau.

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Eric Le Lann en quintette à tête

Publié le par Guillaume Lagrée

 

Lundi 28 décembre 2009. 21h30.

Paris. Le SunsideQuintette d'Eric Le Lann.

Eric Le Lann
: trompette
Olivier Temime : saxophone ténor
Pierre de Bethmann : piano
Sylvain Romano : contrebasse
Jean-Pierre Arnaud : batterie

Intro à la trompette, voilée et acide. Du Le Lann. Une ballade. Le sax d’Olivier sonne mal. Alors Eric joue poussé solidement et tranquillement par la rythmique. Eric apporte du feu, du piment à la ballade. Au tour d’Olivier. Ca y est, le ténor sonne bien. Ca sonne chaud, viril, rollinsien. C’est bon mais Eric Le Lann avec Rick Margitza au sax ténor c’est mieux. Solo de piano. Ca trille, ça décale. Eric est le supplément d’âme de ce groupe de virtuoses.

Intro au feeling latin. Ca swingue tranquille. C’est un morceau d’Eric écrit pour l’une de ses filles, des jumelles, « Le bleu d’Hortense ». C’est un morceau signature.Une belle manifestation d’amour paternel. Il le joue plus vite, plus joyeusement que d’habitude. La rythmique pousse énergiquement sans contester le patron, Eric Le Lann. Olivier à son tour lâche les vannes. Ca pulse. Solo virtuose de piano. Très beau final où le chant de la trompette émerge de la masse sonore du groupe. Puis tout s’adoucit pour accompagner le souffle d’Eric.

« Black and white » ( Tom Jobim). Le Lann revisite ses classiques ce soir. Il a joué ce morceau en duo avec Martial Solal au piano (Jazz à Vannes 1999) puis en duo avec Jean Marie Ecay à la guitare (album Le Lann/Ecay play Jobim). Duo piano/trompette puis le contrebassiste vient poser le rythme et le batteur malaxe aux balais. Eric surfe sur la vague de la rythmique. « Et l’unique cordeau des trompettes marines » (Guillaume Apollinaire). C’est l’Océan Atlantique qui relie la Bretagne d’Eric Le Lann au Brésil d’Antonio Carlos Jobim. Au tour d’Olivier. Son son est plus viril, plus brusque que celui d’Eric mais efficace. En jouant plus tranquillement, en faisant moins étalage de sa virtuosité, Pierre de Bethmann gagne en émotion. Premier solo de contrebasse : grave, solo, bondissant. Un surf élégant sur les vagues de Copacabana. Le groupe repart bien synchrone en virages souples vers le final.

Un morceau plus dynamique, plus punchy. Après l’exposé du thème, c’est à Olivier de mener la danse. Gros son velu du sax ténor qui vrombit, gronde, grogne poussé par la contrebasse et la batterie. Rollinsien. Le groupe n’est pas rodé. Les morceaux ne s’enchaînent pas. Mais, une fois lancés, ça tourne bien. De Bethmann distille mieux ses notes. Il étale moins et me touche plus. La salle est archi comble. Des gens sont assis sur des poufs dans le couloir de circulation. D’autres sont assis au bar. Pourvu qu’il n’y ait pas d’incendie ce soir au Sunside ! Le Lann est en grande forme. Il nous vrille sur place. Olivier Temime remet sa casquette avant de jouer. Comme certains tennismen, ça doit compter dans sa concentration. Breaks de batterie bien sentis sans en faire trop. Ca lance et relance entre le batteur et le reste du groupe.

PAUSE

Ballade jouée par le piano et la trompette. « The man I love », un standard qu’Eric affectionne. Le groupe est parti. Olivier en solo bien soutenu par la rythmique. Eric ajoute de l’urgence, de la passion à cette musique. Beau chant/contrechant final entre trompette et sax.

« C’est la nuit Lola » écrit pour l’autre fille jumelle d’Eric. Sur une ballade, Eric n’emploie jamais la sourdine Harmon. Certes il est influencé par Miles Davis mais il ne veut pas le copier. C’est une ballade très émouvante. Le Lann est un musicien lunaire, pas solaire. Le groupe est bien soudé derrière la trompette d’Eric qui polit élégamment la mélodie.

Un morceau vif, swing. « You don’t know what love is ». Une ballade traitée sur un tempo vif bien sympathique. Le Lann très en verve au dessus de la rythmique, rapide et brûlant comme l’éclair. Le solo de Temime est bon techniquement mais moins émouvant. Le 2e solo de Pierre sur ce morceau est plus fin, plus retenu, plus émouvant que le premier. Il lance idéalement le chant/contrechant final des cuivres.

« Today I fell in love » (Le Lann). A écouter notamment sur le dernier album d’Eric Le Lann. Gros son de contrebasse. Le piano et la batterie entrent dans la danse. Morceau bien funky, joyeux. Il n’y pas de raison d’être triste quand on tombe amoureux. Solo de ténor funky, charpenté reposant sur l’assise souple et ferme de la rythmique. Bonnes prises d’appui du ténor qui collent bien avec la rythmique. Comme dit Prince : « Let the groove on ! ». La pression diminue. Avec Le Lann en solo, ça joue plus relax mais la tension demeure sous-jacente. Elle monte tranquillement, progressivement. Le groupe reprend. Pas d’applaudissements. Le public est scotché, attend la suite. La grande brune et belle demoiselle à ma gauche bat la mesure de ses doigts sur son menton. Pierre de Bethmann fait fumer le piano. Fin comme un stop : brusque et nette.

Il se faisait tard et pour ne pas trouver le métro fermé je suis parti à la 2e pause. Le groupe était plus soudé, plus cohérent à la deuxième qu’à la première partie. Il le fut sûrement plus encore lors du 2e concert le mardi 29 décembre mais j’y étais le lundi 28. Dans le matériau sonore, rien de neuf si ce n’est le plaisir sans cesse renouvelé d’entendre Eric Le Lann en grande forme mener sa barque musicale entre standards et compositions qui vous restent en tête. C’est assez pour mon bon plaisir.

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Hommage aux images de Juan Carlos HERNANDEZ

Publié le par Guillaume Lagrée

La lecture de ce blog serait bien fade sans les images de Juan Carlos HERNANDEZ, photographe professionnel basé à Genève, Suisse, citoyen du monde, ouvert à tous les chants de conscience.

A l'approche de l'an 2010, pensez à offrir, à vous offrir, ses oeuvres notamment son calendrier sur New York.

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La photographie de Peter Giron est évidemment l'oeuvre de l'Hispano-Helvétique Juan Carlos HERNANDEZ.

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New York, 1969: les deux saisons de Miles Davis

Publié le par Guillaume Lagrée

 

New York. 1969. Les deux saisons de Miles Davis.

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La photographie de New York est l'oeuvre de l'Immarcescible Juan Carlos Hernandez.





40 ans après, replongez avec moi, sympathiques lecteurs, charmantes lectrices dans deux albums qui changèrent la musique populaire du XX° siècle et dont l'influence se fait toujours sentir.

« In a silent way » ou l'hiver.

« Ce qui compte en musique, ce ne sont pas les notes. Ce sont les silences entre les notes » (Miles Davis). Il fallait s'appeler Miles Davis, être surnommé le « Sorcier », le « Prince des Ténèbres » pour intituler un album « De façons silencieuse ».

Nous sommes en février 1969. Miles Davis a écouté James Brown et Jimi Hendrix. Il a aussi écouté le rock anglais. De passage à Londres, il en ramène deux gamins blancs surdoués, le guitariste John Mac Laughlin et le contrebassiste Dave Holland. En 1989, j'ai entendu John Mac Laughlin jouer sur scène « In a silent way ». Le lendemain j'achetai l'album. Depuis je l'écoute sans me lasser.

Ah cette ligne de basse de Dave Holland sur le morceau titre ! Aujourd'hui encore, en concert, Sting fait hurler les jeunes filles avec.

Depuis 1964, Miles a trouvé son équilibre avec son dernier quintet acoustique : Herbie Hancock au piano, Ron Carter à la contrebasse, Tony Williams à la batterie, Wayne Shorter au saxohone ténor. Passant du Jazz acoustique au Jazz électrique, Miles change ses accompagnateurs. Comme un bon entraîneur de sport collectif, il change le personnel à petites doses pour assurer la cohésion et la créativité.

Dave Holland a remplacé Ron Carter à la contrebasse. Herbie Hancock est passé au piano électrique, rejoint par Chick Corea et Josef Zawinul aux claviers. . Ces trois là furent les trois chevaliers des touches des années 70. Seul Miles pouvait les réunir sous sa direction.Enfin John Mac Laughlin ajoute sa guitare électrique , ce blues blanc des Anglais

Tony Williams assure une pulsation à rendre dingue n'importe quelle boîte à rythmes. Quant à Wayne Shorter il joue juste au saxophone soprano. La pochette de l'album prétend qu'il joue du sax ténor mais si mes oreilles ne me trompent pas c'est bien du soprano qu'il joue.

La musique est froide et tranchante comme une lame de rasoir, chaude comme la pulsation de la ville, saisissante comme le vent venu de l'Océan Atlantique tout proche.

C'est l'hiver 1969 à New York. Pour y retourner il suffit d'écouter « In a silent way ».

« Bitches Brew » ou l'été.

« Bitches Brew. Directions in music by Miles Davis » tel est le titre complet de l'album. Cet été là, en août 1969, Miles Davis se lance dans une orgie de musique. Six mois après « In a silent way » le climat et le groupe ont changé. Herbie Hancock est parti mais il reviendra plus tard. Tony Williams n'est plus là et ne reviendra pas. A sa place, Jack de Johnette, autre tambour majeur, découvert avec Keith Jarrett chez Charles Loyd. Keith, lui, rejoindra Miles l'année suivante. Bennie Maupin vient ajouter le son étrange de sa clarinette basse. Le groupe et le son ont grossi, épaissi. Trois claviers, trois batteurs, un percussionniste, une contrebasse, une guitare basse électrique et la guitare électrique de John Mac Laughlin qui a droit à un morceau à son nom.

Plus encore qu' « In a silent way », « Bitches Brew » marque la naisssance du Jazz Rock, du Jazz Fusion. Le rock'n roll n'aurait pas existé sans le Jazz disait Louis Armstrong et la fusion est consubstantielle au Jazz, musique métisse.

Il n'empêche. Jazz fusion est bien le terme qui convient pour cette « bière des putains », ce « brouet des sorcières » préparée et mijotée par le « Sorcier » Miles Davis.

Cette musique est New York l'été. Les yellow cabs en maraude tournent dans la ville. L'ambiance est chaude, moite, vibrante. Touristes et salariés se croisent dans le subway. Ca suinte, ça chauffe, ça vit, ça baise, ça pue, ça enivre.

Toutes ces vibrations sont contenues dans cette musique et bien plus encore.

« Dans la musique contemporaine, Miles Davis définit les termes. C'est tout. C'est son boulot. » (Ralph J.Gleason, notes originales de l'album).

A partir des fondations posées dans « In a silent way » et « Bitches Brew » se bâtiront les groupes phares du Jazz Rock des années 1970 : Weather Report de Zawinul et Shorter, Return to forever de Chick Corea, Tony Williams Lifetime, Herbie Hancock et ses Headhunters. Tous ces musiciens, tous ces leaders, participèrent comme sidemen à ces sessions de 1969 pour Miles Davis.

Un détail pratique pour finir :
« In a silent way » et « Bitches Brew » enregistrés pour Columbia/CBS en 1969 sont disponibles sous la forme de l'album original ou sous forme de coffrets avec d'autres morceaux enregistrés à la même période. Pour les découvrir, les albums originaux suffiront d'autant plus qu'ils sont les seuls à refléter l'unité de pensée et de vision de Miles Davis et de son producteur Teo Macero.

 

Voici ce que cela donnait sur scène à Paris, salle Pleyel, en 1969. Concert filmé en couleurs par l'ORTF et présenté par André Francis. Miles Davis (trompette), Wayne Shorter (saxophones ténor et soprano), Chick Corea (clavier électrique), Dave Holland (contrebasse), Jack de Johnette (batterie). Ouvrez en grand vos oreilles et votre cerveau. C'est parti.

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CODONA ou le brassage universel

Publié le par Guillaume Lagrée

 

ECM. The CODONA Trilogy.

 

CODONA  ce n’est pas une bière mexicaine, c’est une musique universelle.

COllin Walcott

+ DOn Cherry

+ NAna Vasconcelos

= CODONA

 

Que jouent ils ?

Des instruments étranges voire inconnus et une musique de fusion universelle voire interstellaire.

COllin Walcott (1945-1984), citoyen caucasien des Etats Unis d’Amérique, joue du sitar, des tablas, du dulcimer, de la sanza, des tympani et chante.

Don Cherry (1936-1995), citoyen métis des Etats Unis d’Amérique, joue de la trompette de poche, du douss n’gouni, des flûtes, de l’orgue, du mélodica et chante.

Nana Vasconcelos (1944), citoyen noir du Brésil, joue du berimbau, du tambour, des percussions et chante.

Ce coffret , dû à la maison bavaroise ECM, réunit les trois albums de ce groupe nommés tout simplement CODONA (sorti en septembre 1978), CODONA 2 (mai 1980), CODONA 3 (septembre 1982).

Cette musique échappe à la classification. Trop variée pour être de la musique planante, trop ancrée dans les musiques du monde pour être du Jazz, trop Jazz pour être classé dans la World Music, ce terme fourre-tout qui n’a d’autre sens que de placer là des musiques qu’on ne sait pas mettre ailleurs. Pour autant, chez votre disquaire réel ou virtuel, vous la trouverez au rayon JAZZ.

Pour résumer cette musique, je dirait qu’elle est simple d’apparence, acoustique, en harmonie avec le silence. «  Si ce que tu as à dire n’est pas plus beau que le silence, alors tais toi » (proverbe marocain).

Elle est jouée par trois hommes dont les âmes se répondent et se confondent pour notre plus grande joie d’auditeur.

Collin Walcott, Blanc américain, a appris la musique traditionnelle indienne avec les Maîtres, Ravi Shankar notamment mais est toujours resté ouvert à sa culture d’origine, le Jazz.

Don Cherry, fruit du mélange entre les deux minorités les plus opprimées d’Amérique du Nord, Noir et Indien (Chocktaw), cofondateur du Free Jazz avec son ami d’enfance Ornette Coleman, fut le seul musicien capable de jouer aussi bien avec des moines tibétains qu’avec John Lee Hooker.

Nana Vasconcelos, percussionniste brésilien, alliance de mots qui est presque un pléonasme. « La musique est partout dans l’air au Brésil, même quand vous allez prendre un café » dit Nana.

« Nous pouvons jouer cette musique dans une salle de concerts, dans la rue, dans un temple ou au sommet d’une montagne » disait Don Cherry de CODONA.

Ecouter cette musique, c’est entrer en fusion avec l’Univers, aussi beau que de voir le soleil se lever et monter avec vous sur un sentier des Pyrénées ou se fondre dans l'Océan Atlantique, plein Ouest, au Cap de la Chèvre.

Nul besoin de religion, de gourou, de mystique, de prière, de substance illicite pou se connecter. Il suffit d’orner le silence par CODONA et de se laisser aller. Ces hommes étaient connectés entre eux et avec l’Univers. Leur musique est si simple, évidente, originale qu’elle est inimitable.

Grâce à ce coffret ECM, il est possible de pousser l’expérience jusqu’au bout en écoutant les trois albums à suivre, dans l’ordre de leur enregistrement, afin de sentir la progression de cette musique cosmique.

Il est difficile de distinguer un morceau, un musicien tant ce trio est cohérent, fusionnel. Ces trois hommes voyagent à travers l’Amérique, l’Afrique, l’Asie, l’Europe et d’autres univers encore, connus d’eux seuls, qu’ils nous font découvrir.

La percussion est au cœur de cette musique. Le cœur n’est il pas notre premier instrument de percussion celui qui nous donne notre rythme vital ?

Si à l’écoute de CODONA, votre cœur ne fait pas « Hey da da boom » sincèrement, je vous plaindrai.

 

Voici CODONA en concert à New York en 1984. Rien à ajouter.

 

 

 

 

 

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Stan Getz, violoniste ténor

Publié le par Guillaume Lagrée

 

 

 

De la musique avant toute chose
Et pour cela préfère l'impair`
Plus vague et plus soluble dans l'air
Sans rien en lui qui pèse ou qui pose

Paul VERLAINE

Comme le crawl, nage libre, le Jazz, musique libre, se joue et se respire sur un rythme ternaire.
Qu'est ce que le Jazz ? Le produit de la rencontre forcée entre la sophistication harmonique européenne et la puissance rythmique africaine pour reprendre la définition de Frank Ténot.

C'est dire que, contrairement à ce qu'affirment certains théoriciens et/ou musiciens de la Great Black Music, le Jazz n'est pas une musique africaine, pas même une musique noire. C'est une musique métisse. Le métis au sens latin du mélange. La Mètis au sens grec de la personnification de la sagesse et de la ruse.

Par ce mélange, les déclassés de la société des Etats Unis d'Amérique, tous les non WASP, Noirs, Juifs, Italiens, Irlandais, Cubains se sont retrouvés, mélangés pour créer LA musique du XX° siècle, celle dont dérivent toutes les autres musiques populaires, le seul apport de l'Amérique à la culture du monde comme dit Clint Eastwood.
Certes tous les révolutionnaires de cette musique sont Noirs. De Louis Armstrong à Sun Ra en passant par Duke Ellington, Charlie Parker, Dizzy Gillespie, John Coltrane, Ornette Coleman.

Plus forts encore, ces musiciens noirs produisirent une musique si raffinée, si élégante qu'ils purent s'annoblir eux mêmes et être reçus par la Reine d'Angleterre avec les honneurs dus à des princes : le Duc d'Ellington est devenu plus célèbre que le Duc de Wellington. Une université de Washington porte le nom du premier et sa musique est étudiée par les musicologues avec le même sérieux autrefois réservé aux seuls compositeurs de musique savante européenne, celle que l'on nomme « Classique ».

Cependant, c'est un Juif, clarinettiste, Benny Goodman qui, le premier, créa un groupe mélangeant Noirs et Blancs. Dans les années 1930 aux USA, avouez que c'était audacieux. D'ailleurs, sa maman qui voyait son fils en virtuose jouant du Mozart, ce qu'il faisait aussi très bien, était horrifiée de le voir jouer cette musique de sauvages avec des Nègres. Mais les Nègres en questions se nommaient Lionel Hampton (vibraphone), Charlie Christian (le Père de la guitare électrique. Un modèle de Gibson porte toujours son nom) et Teddy Wilson (piano).

Comme il serait absurde de brasser l'histoire du Jazz en quelques pages (je renvoie nos sympathiques lecteurs et nos adorables lectrices au « Dictionnaire du Jazz » Bouquins, Laffont, Paris, 1994 pour de plus amples informations), mon propos se bornera à quelques notes brèves sur Stanley Gaiesky, alias Stan Getz, alias « The Sound » (1927-1991), saxophoniste ténor.
 
" Le Jazz est essentiellement une musique noire. Quelques Blancs arrivent à s'en sortir. Je sais que j'en fais partie " (Stan Getz).

Pour situer brièvement le personnage, sachez qu'il commença sa carrière professionnelle en 1942, dans l'orchestre de Jack Teagarden, ancien accompagnateur de Louis Armstrong. Stan Getz, âgé de 15 ans, bénéficia alors d'une dérogation écrite de ses parents pour partir avec l'orchestre en tournée à travers les USA.

Stan Getz porta toute sa vie « un singe sur son épaule » comme disent les Américains, réalisant son premier enregistrement à jeun à l'âge de 60 ans. Il craignait d'ailleurs de ne pas être à la hauteur sans substance illicite dans ses veines.

Le plus stupéfiant chez Stan Getz, c'est la permanence de l'excellence. En général, un musicien cherche son son pendant quelque temps avant de le trouver. Ainsi, Miles Davis, né en 1926, ne le trouva qu'en 1954 à l'occasion d'une fameuse session avec le pianiste Thelonious Monk.

Stan Getz trouva le sien dès les années 1940. Ainsi en 1948 son solo sur « Early Autumn » dans l'orchestre de Woody Herman reste d'une immarcescible beauté. Stan Getz fut aussi surnommé le « Sacha Heifetz » du saxophone ténor. Sacha Heifetz était un violoniste juif russe virtuose. Stan Getz, petit fils de tailleur londonien (qui fut auparavant un officier Juif de l'armée du Tsar !), fils d'imprimeur new yorkais, portait en lui l'âme slave, celle qui vous fend le cœur en un accord. Ainsi un ami d'origine juive polonaise écoutant « Les yeux noirs » , classique du folklore gitan d'Europe centrale, joué par Stan Getz sur l'album « For Musicians only » (1957), éclata en sanglots. Il retrouvait dans ce jazzman newyorkais l'âme de ses ancêtres disparus dans la Shoah.

Stan Getz n'est ni un compositeur (il déchiffrait péniblement la musique), ni un révolutionnaire (son style est dit « Cool » dans la lignée de Lester Young).

Mais c'est un interprète de génie, immédiatement reconnaissable, la première influence de John Coltrane. « En fait, nous aimerions tous jouer comme lui. La vérité est que nous ne le pouvons pas » déclara un jour John Coltrane au nom de la confrérie des saxophonistes ténors . Comme Frank Sinatra fut surnommé « The Voice », Stan Getz est tout simplement « The Sound ».

Stan Getz ne se souciait pas des questions de couleur, de religion, de sexe chez un musicien. Seul le talent l'intéressait. Ainsi avec le trompettiste, chanteur, compositeur, chef d'orchestre, clown et philosophe noir américain Dizzy Gillespie, sa relation fut des plus fructueuses. Dès 1953, l'album « Diz and Getz » mêlant afro cubain et be bop place la barre très haut. Mais, avec « For Musicians Only » en 1957 , on atteint des altitudes stratosphériques, un au delà de la musique et un antidépresseur souverain non remboursé par la sécurité Sociale.

En 1961, Stan Getz s'insère avec aisance et en improvisation totale dans le tapis volant pour orchestre à cordes que lui composa le chef Eddie Sauter. Ce fut « Focus ». Cf extrait audio en haut de cet article. Expérience poussée encore plus loin avec le même compositeur pour la musique du film « Mickey One » d'Arthur Penn en 1965. Stan ne sachant pas bien lire la musique, écoutait l'orchestre jouer une fois, retenait le morceau d'oreille et jouait avec l'orchestre dès la deuxième prise. Ca, c'est un truc de Jazzman et d'un Grand même.

En 1962, le guitariste Charlie Byrd de retour du Brésil fait découvrir à Stan Getz la bossa nova, musique de Brésiliens blancs, beaucoup plus calme que la samba des Noirs mais néanmoins délicieusement rythmée. Stan Getz après avoir enregistré avec Charlie Byrd « Jazz Samba » fait venir du Brésil le chanteur et guitariste Joao Gilberto et son épouse Astrud. Joao ne voulait pas qu'Astrud chante sur l'album. Stan insista. Astrud chanta, quitta Joao pour Stan et « Garota de Ipanema » devenue « The Girl from Ipanema » devint la chanson la plus diffusée au monde après « Yesterday » des Beatles. Encore aujourd'hui, tous les synthétiseurs ont une touche bossa nova...

Devenu subitement riche et célèbre, Stan Getz refusa de se cantonner à ce rôle de medium entre Brésil et USA et se remit tout de suite en cause . En 1966, à Paris, salle Pleyel, il retrouvait son vieux complice Roy Haynes à la batterie et deux petits jeunes qui devinrent des géants du Jazz, Steve Swallow à la contrebasse et Gary Burton au vibraphone. Ecoutez ce que ces quatre là font de « The Knight rides again ». Stan Getz en preux chevalier chevauche le tempo. « Le Jazz c'est l'art de transformer le saucisson en caviar » disait Barney Wilen, autre sax ténor. Stan Getz, toujours à l'écoute du neuf, jouait en 1969 avec Chick Corea (claviers) et Tony Williams (batterie) empruntés à Miles Davis sans oublier Miroslav Vitous, contrebassiste tchèque, cofondateur de Weather Report, le groupe phare de la fusion des années 1970.

En 1971, Stan Getz arrive à Paris, va regarder les Internationaux de France de tennis à Roland-Garros le jour, le soir écoute un trio (Eddy Louiss, orgue Hammond, René Thomas, guitare électrique, Bernard Lubat, batterie) . Il est enchanté et embauche le trio pour sa tournée européenne. Un Béké, un Belge, un Gascon accompagnant un Juif newyorkais, cela donne un pur miracle de chaleur et de douceur « Dynasty » enregistré Live in Concert au Ronnie Scott, LE club de Jazz de Londres. Si cette « Song for Martine » ne vous donne pas envie de déclarer votre flamme à la femme de votre vie, Messieurs, c'est que vous ne l'avez pas trouvé.
 
Dès l'année suivante, en 1972, il se remet totalement en question avec le groupe le plus chaud de sa carrière (Chick Corea, Stanley Clarke, Tony Williams et Airto Moreira) pour " Captain Marvel ". Le trio européen de 1971 n'avait pas voulu ou pu le suivre aux USA ou bien avait refusé que Stan Getz remplace Bernard Lubat par Roy Haynes., son batteur préféré. Quelle qu'en soit la raison, Stan Getz avait changé radicalement de groupe et de musique. 

A noter en 1975, un live at The Famous Ballroom (Baltimore, USA) où , dans une version déchirante de " My Foolish Heart "  Stan se livre cœur et âme, à chaque note est suivie d'une Fiesta (Chick Corea) endiablée digne d'une résurrection.

Les années 1980 sont marquées pour Stan Getz par la rencontre avec le pianiste noir américain Kenny Barron qui est toujours un des Géants du Jazz actuel.

Affaibli par le cancer, Stan Getz refusa la chimiothérapie et tout autre traitement lourd préférant des herbes curatives . La mort finit par rattraper cet éternel jeune homme un jour de juin 1991. Mais avant de quitter cette vallée de larmes, Stan Getz nous laissa son chant du cygne, un duo avec Kenny Barron enregistré en concert au Montmartre Club de Copenhague en mars 1991 publié par Polygram France sous le titre de « People Time » ; Stan Getz donne tout ce qui lui reste, vainquant la souffrance par la beauté. La technique, l'inspiration illimitée, le son sont toujours là. Mais, en plus ici, il y a ce sentiment d'urgence cet adieu digne de Clément Marot:
Adieu la cour, adieu les dames
Adieu les filles et les femmes
Adieu la vie adieu la danse
Adieu mesure adieu cadence


L'intégralité de " People Time " vient d'être édité dans un coffret de 7 CD. Cassez votre tirelire ou faites le vous offrir!

« Si mon style est inimitable, c'est parce qu'il est trop simple » disait Stan Getz. Je ne sais si le style de Stan Getz est simple. Ce que je sais c'est que son son est toujours aussi pur que ses intentions. En résumé, comme le dit son collègue saxophoniste ténor, Joe Henderson : « Stan Getz, quel cadeau pour le monde ! ».
 
" Parfois, j'aimerais vivre dans mille ans quand toutes ces histoires de Blancs et de Noirs n'auront plus aucun sens " (Stan Getz).
 
En 1966, Stan Getz était en concert en Angleterre, à la London School of Economics en compagnie de Gary Burton (vibraphone), Steve Swallow (contrebasse) et Roy Haynes (batterie). Quel groupe et quelle musique!

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Quelques définitions du Jazz

Publié le par Guillaume Lagrée

 

Trompette marine

 

      La photographie de la trompette lémanique est l'oeuvre du Lacustre Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

 

" Sinfonia absurdia " (Traduction du mot Jazz dans le Dictionnaire du Vatican)


" Le Jazz c'est la liberté " (Duke Ellington)


" L'histoire du Jazz tient en quatre mots, deux noms et deux prénoms: Louis Armstrong, Charlie Parker " (Miles Davis)


" Pourquoi lire du Platon alors que le son d'un saxophone ténor peut vous ouvrir la porte d'un autre monde?" (Cioran)


" Chaque année, tous les jazzmen du monde devraient se retrouver un jour précis, s"agenouiller et prier Dieu pendant un quart d'heure pour le remercier d'avoir créé Duke Ellington " (Miles Davis)


" Ce qui compte en musique, ce ne sont pas les notes. Ce sont les silences entre les notes " (Miles Davis)


" Pourquoi jouer beaucoup de notes alors qu'il suffit de jouer les plus belles? " (Miles Davis)


" L'esclavage fut une bénédiction. Sans l'esclavage, le Jazz n'aurait jamais existé " (Max Roach)


" Deux caractéristiques essentielles, notées dès 1926 par le musicologue-ethnologue André Shaeffner, sont indissociables du Jazz. D'une part, un traitement particulier des sonorités, dérivé de l'imitation des voix humaines et animales, de l'autre, une mise en valeur spécifique des rythmes. C'est la résultante de l'intégration à des méthodes instrumentales, harmoniques et mélodiques inventées en Europe, de traditions emmenées d'Afrique par les esclaves déportés aux Amériques du XVI° au XIX° siècles " Frank Ténot in Dictionnaire du Jazz ( Collection Bouquins, éditions Robert Laffont, Paris, 1994, 1388 p)


" It don't mean a thing if it ain't got that swing " (Duke Ellington)


" Monsieur Louis Armstrong, pouvez nous expliquer ce qu'est le swing?
Si tu le demandes, c'est que tu ne le sauras jamais mec!"

" Monsieur Ray Charles, comment faites vous pour dégager tant de joie, d'énergie dans votre musique alors que vous êtes aveugle?

Ca pourrait être pire, chérie. Je pourrais être Noir! "


" Pour que Dave Brubeck swingue, il faudrait qu'il pende au bout d'une corde " (Art Blakey)


" Le rythme afro cubain est comme la joie de l'homme qui a découvert le feu " (Michel Leiris)


" Le Jazz c'est comme les bananes. Ca se consomme sur place " (Jean-Paul Sartre)


" Si le rap excelle le jazz est l'étincelle qui flambe les modes qui sont toujours à temps partiel " (MC Solaar)


" Jouer avec Thelonious Monk, c'est comme entrer dans un ascenseur. Les portes s'ouvrent, vous faites un pas en avant et il n'y a pas d'ascenseur " (John Coltrane)


" Jazz is not dead. It just smells funny " (Frank Zappa)


" Harlem, c'est la patrie du jazz, c'est la mélodie nègre du Sud débarquant à la gare de Pennsylvanie, plaintive et languissante, soudain affolée par ce Manhattan adoré, où tout est bruit et lumière, c'est le rêve du Mississipi, devenu cauchemar, entrecoupé de trompes d'autos, de sirènes, comme à travers Wagner on pressent le tumulte des éléments, ce qu'on entend au fond du jazz, c'est la rumeur de Lennox Avenue. " (Paul Morand, New York, 1929)

" Le Jazz a renversé la valse.L'Impressionnisme a tué le " faux jour ", vous écrirez " télégraphique " ou vous écrirez plus du tout!
 
L'Emoi c'est tout dans la Vie!
Faut savoir en profiter!
L'Emoi c'est tout dans la Vie!
Quand on est mort c'est fini! "
 
Céline, préface de " Guignol's Band "

" Il n'y a que deux sortes de musique: la bonne et la mauvaise " (Duke Ellington)


" La première fois que j'ai entendu Bird et Diz jouer ensemble, ce fut la plus forte sensation de ma vie, habillé. Toute ma vie j'ai cherché à atteindre cette émotion dans ma musique. Je m'en suis parfois approché de très près mais je n'y suis pas encore parvenu. Je cherche encore " (Miles Davis)


" J'essaie de mettre toute ma vie dans chaque note que je joue " (Louis Armstrong)

« Les vrais génies du XXe siècle ne sont pas cinéastes, ni peintres, ni savants, ni écrivains... Ce sont des musiciens de jazz, comme Duke Ellington » - Orson Welles

" La dissonance, c'est la vie quotidienne du Noir en Amérique "

Duke Ellington

“ L'humour ne s'apprend pas. C'est comme le jazz, une cadence intérieure. On l'a ou on ne l'a pas.”
(Guy Bedos)
 

" Le Jazz ça consiste à transformer le saucisson en caviar " ( Barney Wilen)

" Ce que j'aime surtout dans le Jazz, c'est que c'est un mot très pratique au Scrabble " (Philipe Geluck)

" Le Rock'n roll, ce n'est jamais que du mauvais Jazz " (Henri Salvador)

" Sans le Jazz, il n'y aurait jamais eu de Rock'n Roll " (Louis Armstrong)

" Le Rock'n roll, c'est du Jazz avec une base rythmique très solide " (Keith Richards)

" Il paraît qu'il existe des gens qui n'ont pas d'albums de Miles Davis chez eux. C'est quelque chose que je ne peux pas concevoir " (Charlie Watts)

" Le Jazz c'est comme la boxe. Mieux c'est, moins le public apprécie " (Georges Foreman).

" Jouer du Be Bop, c'est comme jouer au Scrabble mais sans les voyelles " (Duke Ellington)

" Vous, les Américains, prenez le Jazz trop à la légère. Vous semblez y voir une musique de peu de valeur, vulgaire, éphémère. Alors qu'à mes yeux, c'est lui qui donnera naissance à la musique nationale des Etats-Unis " (Maurice Ravel à George Gershwin).

" Je ne suis pas ce que je joue. Je joue ce que je suis " (Miles Davis)

" Le blues vraiment sale, obscène, pour moi c'est ça le vrai blues " (Ray Charles)

" A la trompette, on ne peut rien jouer qui ne vienne de Louis, pas même les trucs modernes " ( Miles Davis)

" J'y donne tout. J'oublie mon vieux corps. Je me vide. Je n'ai plus à penser, seulement à jouer " (Sonny Rollins, à propos de ses concerts)

" Je pense que le Jazz est surtout l'affaire des Noirs  mais quelques rares Blancs peuvent en jouer aussi bien, d'une façon aussi originale que n'importe quel Noir. Pas beaucoup mais je sais être l'un d'entre eux " (Stan Getz)

" Il avait une âme noire sous une peau blanche et il le savait " (Frank Sinatra défini par Quincy Jones)

" On a beau se couvrir de satin blanc jusqu'aux nichons, se mettre des gardénias dans les cheveux et se tenir loin des champs de canne à sucre, on se sentira toujours comme une esclave dans une plantation " (Billie Holiday)

" Je ne pense pas que je chante. J'ai plutôt l'impression que je joue d'un instrument à vent " (Billie Holiday)

" Je ne sais pas si je suis un trompettiste qui chante ou un chanteur qui joue de la trompette. J'aime à vrai dire faire les deux. Chaque note que je joue à la trompette je peux la chanter. Et je pense toujours profondément chacune des notes que je joue " (Chet Baker)

" il faut que je change tout le temps. C'est comme une malédiction " (Miles Davis )

" J'ai juste infléchi cinq ou six fois le cours de la musique " (Miles Davis)

" Les relations internationales, c'est comme le Jazz. Une variation infinie sur un même thème " (Lyndon Baines Johnson, 36e président des Etats Unis d'Amérique)

" Le Jazz est à la musique classique ce que le dessin de presse est à la peinture " (Duke Ellington). 

" J'ai compris que le bortsch était comme le Jazz: il a sa base (le bouillon et la betterave) et le reste, ce sont comme les instruments dans le Jazz. Comme en musique, chaque élément modifie le plat, sans le changer globalement, tout en influençant un peu le goût. "
( Yevhen Klopotenko, chef ukrainien)

 A titre de comparaison, voici d'autres définitions par ceux qui détestent le Jazz

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Les treize morts d'Albert Ayler

Publié le par Guillaume Lagrée

 

Collectif, «Les treize morts d'Albert Ayler »,

Série Noire n°2442, NRF, Gallimard, Paris, 288p, 1996.


Albert Ayler, saxophoniste ténor, alto, soprano et compositeur noir américain né à Cleveland, Ohio, le 13 juillet 1936, retrouvé mort dans l'East River à New York City le 25 novembre 1970. La police a conclu à la noyade. Il n'y a pas eu d'autopsie.

Sur cette mort inexpliquée, quatorze auteurs de polars, dix Français, un Haïtien, trois Américains ont brodé quatorze scenarii différents. Quatorze alors que le titre est bien « « Les treize morts d'Albert Ayler ». Pourquoi cette différence ? Parce qu'un quatorzième auteur s'est ajouté en route.

La plupart pensent au suicide. Albert Ayler ne réussissait pas à vivre dignement de sa musique, son frère Don, trompettiste, était à l'hôpital psychiatrique à l'époque des faits. Quelques uns envisagent le meurtre notamment Michel Le Bris qui l'imagine même commandité par Miles Davis.

Albert Ayler est mort la même année que Jimi Hendrix. Ils n'ont jamais joué ensemble alors que leurs points communs sont frappants. Tous deux ont commencé leur carrière comme accompagnateurs de Géants du Blues : Little Walter (harmonica) pour Albert Ayler, BB King (guitare) pour Jimi Hendrix. Tous deux aimaient les hymnes nationaux (Star Spangled Banner et God save the Queen pour Jimi, La Marseillaise pour Albert qui a vécu en France comme soldat américain en 1960-61). Tous deux avaient un son d'une puissance inconnue jusqu'alors sur leur instrument respectif. Leur mort commune en 1970 relèverait du complot blanc contre le pouvoir noir (cf le livre « Free Jazz, Black Power » de Phillipe Carles et Jean Louis Comolli) selon Michel Le Bris. Dans ce cas, pourquoi James Brown, Soul Brother n°1, est-il mort dans son lit ?

Les nouvelles sont d'intérêt variable. Ma préférée est celle de Thierry Jonquet qui imagine le désordre causé au Paradis, section des Musiciens, par l'arrivée d'Adolphe Sax et de ses disciples, les saxophonistes de Jazz. Mozart et Beethoven adorent. Wagner déteste. Normal. Le Jazz ne peut se marier avec l'antisémitisme et le culte de la race supérieure.

Que jouait Albert Ayler ?
Des choses simples : blues, gospel, marches militaires.

Comment les jouait-il ?
Comme personne avant lui. Comme personne après lui. Il jouait avec les anches en plastique les plus dures, celles qui fendent les lèvres des blancs becs. Il fendait les murs comme les trompettes des Hébreux devant Jericho. La puissance de cette musique renverse les montagnes, fait danser les étoiles. La dernière apparition terrestre d'Albert Ayler eut lieu en France, à Saint Paul de Vence, dans les jardins de la fondation Maeght. Par deux belles nuits de la fin juillet 1970, après avoir baigné dans le bleu du ciel et de Chagall dans la journée, au milieu des mobiles de Calder et des hommes en marche de Giacometti, Albert Ayler ramasse sa musique, la densifie, la délivre. La rythmique piano/contrebasse/batterie est classique dans son jeu. Elle donne des points de repère à un auditeur dérouté par un tel maelström musical. Ces concerts furent enregistrés et filmés sous le titre « Albert Ayler. Les nuits de la Fondation Maeght ».

Treize, quatorze, cent versions de la mort d'Albert Ayler ne nous en consoleront pas. Puissent ces nouvelles donner envie aux lecteurs de plonger dans la musique d?un homme plus grand que la vie.

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Dan Tepfer en trio français à Paris

Publié le par Guillaume Lagrée

Dan Tepfer Trio

Paris. Le Sunside. Mardi 15 décembre 2009.

Dan Tepfer : piano
Stéphane Kerecki : contrebasse
Anne Pacéo : batterie

Quelques jours après avoir dialogué avec Lee Konitz au Duc des Lombards, Dan Tepfer est au Sunside à la tête de son trio français. Il faut signaler qu'Anne Pacéo vient de gagner le Django d'Or de meilleur espoir du Jazz français. Le classement ne distinguant pas entre jeune espoir féminin et masculin, contrairement au cinéma, c'est encore mieux.

Solo de piano en intro. Le trio part en sautillant allègrement avec un voile de brume. Gros son de contrebasse, la batterie claque sur les cymbales. Le piano sonne à la fois heurté et fluide, comme le mélange réussi entre Bill Evans et Thelonious Monk. Dan danse avec son piano, son dos s’inclinant d’avant en arrière, d’arrière en avant, sur le côté. Une citation de Monk mais je ne retrouve pas le titre du morceau. C’était « Diverge » de Dan Tepfer.

Le second morceau est plus impressionniste. Maintenant, ils avancent. La main gauche maintient le tempo alors que la droite improvise, légère, mobile, gracieuse.Contrebasse et batterie fournissent un trampoline souple et ferme aux bonds du piano. Ca monte en puissance avec basse et batterie qui accélèrent imperceptiblement et le piano qui progresse à sauts de guépard. Le solo de contrebasse est large et solide comme une belle maison. Dan explore le thème, le fait briller sous toutes ses facettes. Je n’ai pas capté le titre du morceau.

« Under rhythm » (Dan Tepfer). L’influence de TS Monk est évidente dans le jeu heurté mais avec le délié du virtuose classique. Anne Pacéo est passée aux balais. Le tempo est vif, léger avec des hachures, des brisures. Là je retrouve l’ancien élève de Martial Solal.

Dan annonce qu’ils vont jouer un standard. C’est « All the things You are » reconnaissable immédiatement. Démarrage au piano. Le thème est joué en duo piano/contrebasse avec des décalages au piano. La batterie cliquète. Ca tourne mais pas en rond. Belle accélération sans coup férir. Solo d’Anne Pacéo qui envoie sévère avec de jolies grimaces qui soulignent l’intensité de sa concentration. Solo de piano avec les mains croisées. La main gauche passe au dessus de la main droite pour jouer à droite. A l’inverse, la main drote est en dessous de la main gauche pour jouer à gauche. Ce solo mélange le classique et le Jazz, l’influence de JS Bach et celle de TS Monk. Fin brusque et surprenante.

Intro au piano. Une ballade romantique, élégiaque, élégante.

« I was wondering ». Mes notes étant illisibles, je ne parlerai pas de ce morceau.

PAUSE

La main gauche lance un ostinato puis Dan se lance. Ca avance comme une voiture de sport sur une route de montagne faite de virages en lacets. Il fait nuit et il pleut. Peter arrivera t-il à temps pour sauver Cassandra des griffes du cruel John ? La voiture roule et tourne, obscure dans la nuit solitaire. Les yeux des lapins et des renards brillent dans la lueur des phares. La main gauche ne lâche pas le tempo de départ. Ca c’est le moteur. La main droite, c’est la route et ses virages. La contrebasse et la batterie sont la nuit, la pluie, les arbres, les herbes, les animaux qui risquent leur vie au bord de la route. Pour savoir si Peter a pu sauver Cassandra, il vous faudra écouter le morceau.

Intro au piano légère, cristalline, souple. Le trio redémarre. Ambiance méditative. Anne tricote aux balais. Stéphane assure le lien avec des notes qui s’allongent, durent. C’était « Cornelius ».

« Le plat pays » (Jacques Brel). Dan commence en triturant les cordes du piano de la main droite tout en jouant de la main gauche. Il joue vraiment le thème. Anne a pris les maillets. C’est sombre, inquiétant, poisseux comme le veut cette chanson. Douceur et inquiétude se mêlent. Beau son plein de la contrebasse. Dan a quitté le thème pour s’envoler loin au dessus du plat pays. Retour au thème avec le solo de contrebasse grave comme le canal de l’Escaut. Le pianiste aussi fait de belles grimaces tant il est concentré. J'explique à mon voisin de droite, un Noir américain, que c'est une chanson française sur la Belgique par un Belge très célèbre en France. Je ne suis pas sûr d'avoir été clair mais il a adoré le morceau et le concert.

Intro au piano en vagues montantes et descendantes. Le trio repart avec les baguettes qui font tinter les cymbales et les bords de caisse. Un labrador est couché sagement dans la salle, écoutant la musique. La tension et la vitesse montent. Dan semble en même temps faire du surplace et avancer à grands pas. C’est confondant de virtuosité. Dialogue piano/batterie. C’est une partie de badminton où le volant ne tombe jamais. Stéphane Kerecki asssiste au spectacle puis entre dans la danse. Ca monte en crescendo vers le final. Ce genre de truc marche toujours mais ils sont trop malins pour se contenter de ça. D’un geste, tout se calme alors que la tension sous-jacente se maintient. Solo de contrebasse superbement soutenu par le piano et la batterie. Ca joue.

« Body and Soul », standard des standards. Duo piano/contrebasse. Stéphane mène le bal bien secondé par le piano. Dan reprend la main et Stéphane ponctue avec un son superbe et généreux. Anne ne joue pas mais hoche la tête en mesure, les yeux clos, ravie. Dan va et vient autour du thème en bon disciple de Martial Solal et de François René de Chateaubriand ( « L’ennui naquit un jour de l’uniformité »).

« Un vieux thème que j’ai écrit en 2004 et que j’ai ressortir parce qu’il est amusant. Cela s’appelle Equivalence » annonce Dan Tepfer. Intro au piano. Le solo devient trio et ça accélère progressivement. Ca pulse bien. La demoiselle Pacéo groove méchamment. Derrière le pianiste, une spectatrice mime les gestes de la batteuse. Une fan d’Anne. C’est joyeux, dansant à condition d’être expert en changement de rythmes. La batterie tinte de partout, le piano aussi. La contrebasse maintient l’assise du morceau. Silence autour d’un solo de piano tout en douceur. Ca s’agite, s’énerve. Puis le trio repart comme un seul être humain. Nouveau duel piano/batterie arbitré par la contrebasse. Dialogue air/terre entre le piano et la contrebasse. Ca repart en trio avec une fausse fin prolongée par un solo très rapide au piano et la vraie fin à trois en un.

Fin du 2e set. J’ai école demain. Il est temps de rentrer. Dan Tepfer est décidément un pianiste qu’il faut suivre dès à présent dans la perspective d’un brillant avenir. Si Lee Konitz l’a choisi comme nouveau complice de jeu, ce n’est pas un hasard. Le Vieux Maître du saxophone alto a adoubé un nouveau chevalier des touches.

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