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Marc Copland en trio au Sunside

Publié le par Guillaume Lagrée

Marc Copland Trio.

Paris. Le Sunside. Lundi 3 mai 2010. 21h.

 

 

Marc Copland

 

La photographie de Marc Copland est l'oeuvre du Délicat Juan Carlos HERNANDEZ.

 

Marc Copland: piano

Doug Weiss: contrebasse

Joechen Ruckert: batterie

 

Très belle contrebasse au vernis sombre. Un petit air entraînant et subtil s'élève dans l'air. C'est un standard " All the things You are ". Marc Copland joue la mélodie, contrebasse et batterie jouent autre chose qui complète. Ca tourne bien sur tempo rapide mais c'est sur les ballades que Marc Copland est à son meilleur. On n'applaudit pas pendant les soli. On écoute attentivement. Marc Copland sur un air dansant, Dieux que c'est réjouissant!

 

" Fall " (Wayne Shorter). Le batteur est un peu lourd pour ce morceau. Certes c'est de la chute dont il s'agit mais celle de l'ange, pas celle d'un rocher. Doug Weiss est merveilleux d'équilibre au milieu. Le batteur a tendance à couvrir le pianiste au lieu de le soutenir. C'est fâcheux. Gros son grave, profond de la contrebasse. Doug Weiss sait raconter de belles histoires.

 

Marc Copland joue plus vite, plus fort que d'habitude. C'est bien mais ce serait mieux avec un autre batteur. C'est d'autant plus dommage que Doug Weiss est un magnifique contrebassiste. Il n'est pas étonnant qu'Eric Le Lann l'ait choisi pour son dernier album enregistré à New York.

 

" In a sentimental mood " (Duke Ellington). Le batteur est enfin passé aux balais. Il ne verse plus à  côté de l'assiette. Bien au contraire, il forme un joli tapis de feuilles mortes bruissant sous des pas. Superbe solo de contrebasse. Là, ça joue, sapristi! Marc Copland fait tourner le piano. Doug Weiss est le point fixe qui permet à l'ensemble de tourner. Joechen Rueckert s'est enfin décidé à écouter et à jouer la musique. Il était temps.

 

Introduction à la contrebasse. Quel son, nom de Zeus! Le batteur fait rouler les tambours. Le piano arrive. " Dolphin Dance " d'Herbie Hancock. Marc Copland creuse inlassablement son répertoire en changeant d'interprètes et d'interprétation. L'auditeur est à la fois en terrain familier et toujours surpris. Le batteur retombe dans ses travers, à tort. Le dialogue entre le piano et la batterie est somptueux mais la batterie vient le perturber.

 

Agacés par ce batteur, Madame G. et moi sommes partis à la pause de ce concert. Nous retournerons écouter Marc Copland mais avec une autre formation.


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Médéric Collignon presse son Jus de Bocse au Théâtre Traversière

Publié le par Guillaume Lagrée

 

 

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Médéric Collignon et le Jus de Bocse.

Paris. Théâtre Traversière. Vendredi 30 avril 2010. 21h.

Concert pour fêter la sortie de l'album " Shangri - Tunkashi - La "

La photographie de Médéric Collignon est l'oeuvre du Divin Juan Carlos HERNANDEZ.

 

Médéric Collignon: cornet-trompette

Frank Woeste: Fender Rhodes

Frédéric Chiffoleau: contrebasse

Philippe Gleizes: batterie

 

Le théâtre Traversière appartient à la SNCF et se trouve près de la gare de Lyon à Paris, 12e arrondissement. Par fraternité avec la RATP, on sent le sol vibrer lorsque les wagons du chemin de fer métropolitain passent dessous. Les musiciens vont-ils jouer avec ce soir?

 

Solo de batterie pour commencer. Ils jouent la musique de Miles Davis période 1968-1975. Gros effets de pédale wah wah sur la trompette. Je ne comprends toujours pas pourquoi Médéric conserve une contrebasse pour jouer cette musique. Miles Davis, lui, est vite arrivé à la conclusion qu'il lui fallait une guitare basse électrique à la place. C'est pourquoi après avoir fait passer Dave Holland de la contrebasse à la basse (voir le concert à l'Ile de Wight le 31 août 1970 devant 600 000 spectateurs abasourdis par la musique du Miles Davis Octet: " Miles Davis Electric. A different Kind of Blue ") il chipa Michael Henderson à Stevie Wonder ( I am taking your fucking bass player dit Miles à Stevie après un concert de celui ci). Michael fut le seul élément stable du groupe de Miles de 1970 à 1975. La basse, la base.

 

Enchaînement direct sur un autre morceau, une autre ambiance, plus calme, comme Miles savait le faire. Médéric nous fait le sifflet d'Hermeto Pascoal ( cf. l'album Live Evil de Miles Davis/ Selim Sivad en 1970) mais sans sifflet. Superbe ligne de basse funky. Médéric fait des bulles de joie et de créativité avec son bel instrument. Si Miles Davis écoute ça, d'en haut ou d'en bas, il doit bien se marrer. Lui ne revenait jamais en arrière sur sa musique sauf si on le payait TRES cher comme pour les concerts de l'été 1991 à Paris (La Villette) et à Montreux. Il serait intéressant de demander l'avis de musiciens ayant joué cette musique avec Miles sur cette recréation par Médéric Collignon et ses fidèles complices. Dave Liebman, Steve Grossman, Chick Corea, Herbie Hancock, Keith Jarrett, Dave Holland, Michael Henderson, Jack de Johnette, Al Foster, tous sont encore à même d'en témoigner. Médéric réussit à produire un son de flûte en inclinant l'embouchure de sa trompette de manière à ce que le son ne sorte pas droit. La rythmique tourne chaude et souple, Médo vocalise dessus.

 

Un morceau tiré de Bitches Brew (Directions in music by Miles Davis) : Pharoah's Dance. Tou Tou Tou Tou Tou Tou Tou. La ligne de basse est hypnotique. Elle vous entre dans le ventre, la tête, ne vous lâche plus. Le groupe brode autour. Ca accélère, monte en puissance. Bons enchaînements. Miles enchaînait toujours les morceaux pour garder le public sous son emprise, celle du Prince des Ténèbres, du Sorcier (cf l'album Sorcerer, 1967). Un type s'agite debout devant la scène, faisant de grands signes des mains comme pour arrêter la musique. D'ailleurs la musique s'arrête.

 

Mademoiselle Marbry. Betty Marbry, compagne de Miles à la fin des années 1960, lui fit découvrir Jimi Hendrix.Cette chanteuse ferait passer Madonna pour une Sainte Nitouche. Médéric chante bien dans le ton avec ses envolées habituelles. Quand il veut, cet homme peut être élégant.

 

Petite démonstration de bruits de gorge selon la technique propre à Médéric. C'est Billy Preston un des morceaux les plus funky de Miles Davis composé en hommage à un joueur de claviers. Enchaînement direct sur Jack Johnson, un morceau vif, nerveux, sec. Un vrai combat de boxe. Jack Johnson fut le premier Noir champion du monde de boxe poids lourds. Il survécut au Titanic parce qu'on lui avait interdit d'y voyager en première classe. Quand il apprit la nouvelle du naufrage, il déclara que c'était une punition divine pour ne pas l'avoir laissé prendre ce bateau. La musique s'énerve franchement. Médéric doit encore apprendre à danser. Ils sont passés à In a silent way en version accélérée comme dans l'album Jack Johnson justement.

 

Solo de trompette pour commencer avec un effet d'écho. Ca avance comme un cheval. La rythmique arrive derrière bien funky. Les places sont assises. Dommage. Ca mériterait de la place pour danser. Médéric joue face au batteur, la trompette vers le bas. Le mimétisme avec Miles est frappant mais heureusement il n'en abuse pas. Même dans sa façon de siffler cet homme est spécial.

 

RAPPEL

 

Médéric donne le tempo des applaudissements puis joue dessus. Le groupe part derrière. On écoute. Ca sonne bien mais il n'y a pas le Dark Sound du Prince des Ténèbres, Mr. Miles Davis. Médéric Collignon fait de l'air guitar avec la voix. Pour finir, le final d'In a silent way. Le genre de musique qui impose le silence et le mot FIN sur un concert. Curieusement, ils repartent sur du bruyant, du rapide alors que ça ne s'imposait pas.

 

Après cette phase d'hommage, j'espère que Médéric Collignon se décidera enfin à mettre son immense talent au service de sa propre création comme il le fit, par exemple, lors d'un concert inoubliable d'improvisation totale au Triton en duo avec le batteur Damien Schmidt.

 

Après l'hommage, revenons à l'original. Nous sommes en Angleterre, sur lîle de Wight, le 31 août 1970. Face à 600 000 spectateurs écrasés par la puissance et la liberté de cette musique, Miles Davis (trompette), Gary Bartz (saxophones), Chick Corea et Keith Jarrett (claviers), Dave Holland (basse), Jack de Johnette (batterie), Airto Moreira (percussions). La prestation dura 37mn d'un seul tenant. Jamais un autre groupe de Jazz n'a produit une telle musique devant un tel public. En voici un extrait de 5mn. Dégustez!

 

 

 

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Jérôme Sabbagh en tournée de printemps en France et en Italie

Publié le par Guillaume Lagrée

Jérôme Sabbagh
Jerome Sabbagh Quartet

La photographie de Jérôme Sabbagh est l'oeuvre de l'Incontournable Juan Carlos HERNANDEZ.

Jerome Sabbagh: saxophone ténor et compositions

Ben Monder: guitare
Joe Martin: contrebasse
Jochen Rueckert: batterie

 

Le saxophoniste ténor français Jéröme Sabbagh a fait son trou à New York, USA.Il est de retour dans la Mère Patrie et en italie en quartet avec guitariste ( comme Sonny Rollins avec Jim Hall) et de nouvelles compositions.Ca vaut le déplacement pour les petits et les grands.

 

 

Jeudi 6 mai - Cri du Port, Marseille -  Cri du Port 
Vendredi 7 mai - Centre Culturel La Borie, près de Limoges Centre Culturel La Borie 
Dimanche 9 mai et lundi 10 mai - Teatro Astra, Vicenza, Italie Teatro Astra
Mardi 11 mai - Sunset, Paris (21h30) Sunset 
Mercredi 12 mai-  IMFP, Salon-de-Provence IMFP
Jeudi 13 mai - Festival Jazz Pourpre, Bergerac Jazz Pourpre
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Jacques Vidal raconte Charles Mingus à l'Abbaye le 7 mai

Publié le par Guillaume Lagrée

 
Peut-être inspiré par le succès de la Leçon de Jazz d'Antoine Hervé, le contrebassiste, compositeur et meneur d'hommes Jacques Vidal raconte à son tour le Jazz aux  esprits curieux avides de savoir et de nouvelles sensations musicales.

  Premier concert thématique :

Charles Mingus « l’homme en colère »

 

Le vendredi 7 mai 2010 à 20 heures

L’Abbaye - Jazz Club

22, rue Jacob - 75006 Paris

 

La soirée sera présentée par Franck Médioni

Ecrivain et journaliste

Présentation, concert, Jazz Quiz et débat

 

pierrick-p-dron.jpgLa photgraphie de Pierrick Pédron est l'oeuvre de mon honorable associé Juan Carlos HERNANDEZ.

 

Avec Isabelle Carpentier: voix, Pierrick Pédron: saxophone alto, Daniel Zimmermann: trombone, Jacques Vidal: contrebasse, Xavier Dessandre-Navarre: percussions.

 

Le deuxième concert thématique aura lieu le jeudi 24 juin 2010:

Antonio Carlos Jobim « la Bossa Nova et le jazz »

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A Paris en mai fais ce qu'il te plaît

Publié le par Guillaume Lagrée

A tous présents et à venir, salut.

 

Voici quelques recommandations de concerts pour le joli mois de mai 2010 à Paris. Le piano est en vedette.

Sans oublier un des derniers Géants du Jazz de passage à Paris pour fêter ses 85 ans, Mr Roy Haynes on drums.

 

Ce choix est totalement subjectif, personnel et arbitraire évidemment.

 

 

Marc Copland

 

La photographie de Marc Copland est l'oeuvre du Sophistiqué Juan Carlos HERNANDEZ.

 

 

 

Dimanche 2 mai 2010, 21h , au Sunside, le Trio Corrente: la fine fleur du Jazz de Sao Paulo, Brésil. Je ne connais pas mais des Jazzmen Brésiliens, par définition, c'est intéressant.

 

Lundi 3 mai 2010, 21h, au Sunside, le Maître Marc Copland reprend possession du piano en trio avec contrebasse et batterie. Cette musique fait chanter le silence.

 

Mercredi 5 mai 2010, 21h, au Studio de l'Ermitage, l'Enchanteuse Claudia Solal nous dévoilera quelques uns de ses tours de magie sonores en compagnie de son Spoonbox afin de fêter la sortie de son nouvel album " Room Service ".

 

Jeudi 13 mai 2010 à 21 au Sunside, Alain Jean Marie, pianiste immense et discret, poursuivra son exploration de ses racines guadeloupéennes avec un programme Jazz et Biguine qui va bien au delà du folklore et du souvenir de Cole Porter (" Begin the Biguine "). Pour la première fois, en plus du batteur, un percusionniste guadeloupéen s'ajoutera au groupe.

 

Lundi 17 mai 2010 à 21h au Sunside, le pianiste américain Dred Scott débarquera en trio. Son énergie, son humour, son imagination rappellent Martial Solal. C'est dire s'il est à découvrir.

 

Mardi 18 mai 2010 à 21h au Sunside, Dan Tepfer, jeune pianiste franco-américain, merveilleux complice de Lee Konitz, sera en concert avec les frères Moutin (François : contrebasse, Louis: batterie) qu'on ne présente plus (ils ont même une BD Jazz en leur honneur).

 

A tout seigneur tout honneur, une des dernières légendes vivantes du Jazz, Mr Roy Haynes, batteur, fêtera ses 85 ans en concert au Duc des Lombards le jeudi 13 et le vendredi 14 mai 2010 ( concerts à 20h et 22h).

 

Pour finir, un souvenir de Paris au mois de mai 1968 avec Claude Nougaro chantant " Paris Mai ". Eddy Louiss à l'orgue Hammond, Daniel Humair à la batterie lancent des pavés de la scène à la Seine.

 

 

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Jus de Bocse servi frais au Théâtre Traversière le 30 avril

Publié le par Guillaume Lagrée

Vendredi 30 avril 2010. 20h . Théatre Traversière. Paris.

Médéric Collignon et le Jus de Bocse reçoivent à domicile.

 

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La photographie de Médéric Collignon est l'oeuvre de l'Enivrant Juan Carlos HERNANDEZ.

 

Pour fêter la sortie de leur nouvel album, " Shangri - Tunkashi - La ", Médéric Collignon et son Jus de Bocse invitent quelques amis choisis au Théâtre Traversière à Paris, le vendredi 30 avril 2010 à 20h. Au programme, une résurrection du Miles Davis électrique période 1968 - 1975.

 

Les volcans islandais peuvent aller se rhabiller. L'éruption de lave, cendres et fumée sera sur scène à Paris ce soir là. SI vous avez des enfants, emmenez les à ce concert. D'abord parce qu'à 20h le vendredi soir cela ne nuira pas à leur rythme biologique. Ensuite parce que cela stimulera leur créativité.

 

Un seul risque pour les spectateurs: toute autre musique risque de paraître bien fade après celle là.

 

 

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Chilly Gonzales manque de sel

Publié le par Guillaume Lagrée

Maison de la Radio. Studio 104. France Culture. Emission de Laure Adler.

Paris. Vendredi 16 avril 2010. 22h15 – 0h.

 

 

Chilly Gonzales : piano, clavecin, orgue Hammond

 

Le gars joue comme à la maison, en pyjama de soie vert, robe de chambre à carreaux rouges et pantoufles. Ca commence comme une ballade impressionniste (Debussy, Satie). Il dérive lentement avec des trilles dans l’aigu en maintenant un rythme lent à la main gauche. L’homme en pyjama semble avoir décidé de nous endormir. Puis il attaque en force, au centre du piano, avant de finir en douceur.

 

Jeu très inspiré par le classique. Le piano romantique version 2010. Sauf que ce n’est ni Franz Lizst ni Frédéric Chopin au piano et que ça s’entend, malheureusement. Il joue funky et rapide sur un clavecin. Ca, c’est original.

 

Passage du piano au clavecin dans le même morceau. « Eye of the tiger », la chanson de Rocky Balboa au clavecin,  c’est amusant mais est-ce bien nécessaire ?

 

Retour au piano et à un swing léger. Puis il matraque joyeusement les mediums entraînant le public dans la danse. Il souffle dans un engin bizarre avec un tuyau d’arrosage relié à un clavier. Ca sonne comme un gros harmonica.

 

Retour au piano romantique. C’est joli, c’est mignon mais c’est maladroit et ça ne m’émeut pas. Pour jouer une heure en piano solo devant un public, il faut une technique que Chilly Gonzales ne possède pas. Comme Prince, il a fui les leçons de piano parce qu’on voulait lui imposer trop de choses. Sauf que Prince joue du piano sans se prétendre pianiste et pas en solo pendant une heure. Pianiste, c’est un métier, un dur métier qui nécessite beaucoup de travail additionné à beaucoup de talent pour sortir du lot. Chilly Gonzales a la chance de bénéficier d’un gros soutien médiatique, d’être associé à de gros vendeurs dans des genres différents ( Philippe Katerine, Feist, Charles Aznavour).

 

Pour en revenir au piano, à des créateurs dignes de ce nom, Martial Solal continue de jouer en solo avec humour et élégance, Tigran Hamasyan est en train de changer la face de la musique et Lucas Gillet a concocté un écrin pop classieux pour Elise Caron. Sans compter quelques superbes chevaliers des touches créatifs, ludiques, émouvants: Bruno Angelini, Olivier Calmel, Benjamin Moussay

 

Quant à Gonzales, je concluerai avec une citation de M. Croche (alias Claude Debussy), « Le public a beaucoup aimé. Il était bien le seul. ».

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Michel Edelin + 2 = 9

Publié le par Guillaume Lagrée

Michel Edelin et Associés.

Paris. Le 9 Jazz Club. Jeudi 15 avril 2010. 20h30.

 

Michel Edelin : flûtes

Chris Hayward: flûtes, tambourin

Jim Funnell : piano

 

Olivier Sens est malade ce soir. Jim Funnell le remplace au pied levé. Cela change totalement le son du trio puisqu’un pianiste remplace un bassiste et illustrateur sonore. Ce n'est donc pas la Flute Machine qui a joué ce soir.

 

Avant de commencer la chronique, voici quelques précisions techniques sur l'attirail de Michel Edelin et Chris Hayward. Grand merci à Michel Edelin pour ces précisions.

 

Bonjour Michel,
avant de publier ma chronique, l'ignorant que je suis a besoin de savoir de quelles flûtes Chris et toi avez joué jeudi soir.
Pourrais tu me les classer de la plus petite à la plus grande, s'il te plaît?
Le piccolo (utilisé très brièvement) et placées verticalement sur le stand : la flûte en ut (standard flute in english) la flûte en sol ou flûte alto et enfin la flûte basse ( la dorée avec la tête recourbée).
Par ailleurs, Chris a joué aussi d'un grand tambourin.
A t-il un nom?
Un bendir (origine Afrique du Nord ).
Certains possèdent un timbre.Hamid Drake en joue également dans un duo avec ma collègue et amie Nicole Mitchell (“Bindu” chez Roguart).

D'un instrument qui m'a semblé africain avec des lames de métal sur une demie calebasse
Comment ça s'appelle?
C'est une sanza ou kalimba et cela vient d'Afrique.

Vous avez utilisé des espèces de pipeaux bizarres dont je ne connais pas les noms non plus
Nous avons trois valises de tuyaux de toutes sortes : ocarina, flûte nasale ... etc. Personnellement j’ai utilisé très ponctuellement un bansuri (Inde), une flûte guadeloupéenne...


Michel à la flûte traversière, Chris à la grande flûte. Chris nous fait un souffle prolongé par l’électronique. Ce souffle tourne en boucle. Chris joue par-dessus à la flûte traversière. Jim titille les cordes du piano. Ce n’est ni le bon soir ni la bonne salle pour cette musique. En vrais musiciens, ils jouent. Une mélopée étrange s’élève au dessus du vent. Michel prend sa grande flûte. L’ambiance s’installe. Une petite danse commence par-dessus la gravité du piano, de ce souffle en boucle. Chris coupe la boucle. Le piano commence à rouler, Michel à dérouler.  Je suis heureux de faire partie de cette beauté qui se crée. Chris joue avec un appareillage électronique qu’il commande de ses pieds, Michel avec un bidule qu’il commande de ses mains pour amplifier, déformer le son. Michel passe à une flûte plus courte, plus aigüe. Il se passe tant de choses entre ces trois là que c’est difficilement racontable. Le jeune homme est bien sage au piano. Les deux vieux Messieurs malicieux changent régulièrement d’instruments, de sons, de rythmes, de mélodies. Ce soir, on improvise. Michel cite un standard en solo. Ca repart sur une autre danse. Jim au piano, très attentif, fixe Chris. Il ne regarde pas son piano. Michel a lancé un Olé ! tout à l’heure. En effet, ça sonne espagnol. Retour à la ballade.

 

Intro en solo de grande flûte par Chris Hayward. Le piano puis l’autre flûte s’ajoutent. C’est sombre, haché, inquiétant. Le pianiste se lâche, se livre. Cela devient une danse légère sur la masse sombre du piano. Je bats la mesure du pied droit tant le piano marque bien la pulsation. Solo de Michel à la traversière. Chris cale son grand tambourin plat entre ses jambes. Il joue les yeux fermés allant du bord vers le centre. C’est chaud et mat. La flûte de Michel reprend la danse. Le piano, lui, est méditatif. C’est très beau. Duo piano/tambourin dérivé du Keith Jarrett des années 70, à l’époque où il était créatif. Chris range son tambourin. Michel est reparti avec un gros son grave sur sa grande flûte. C’est parti sur un Blues funky sans guitare, ni basse, ni batterie, ni cuivres. La classe ! Grâce à l’électronique, Chris fait un sifflement de locomotive à vapeur avec une flûte traversière. Une autre citation curieuse de standard pour finir.

 

PAUSE

 

Son répété, amplifié, déformé de la grosse flûte de Michel en solo introductif. Courte citation de Stormy Weather. Le temps est à la pluie ce soir.  Parmi les spectateurs, John Betsch, le batteur de Michel Edelin dans son trio acoustique avec Jean Jacques Avenel (contrebasse). Beau témoignage d’amitié. Chant grave, sombre du piano. Jeu très percussif du trio. Mélange de souffles et d’appuis. Ca swingue grave. Beau solo de piano d’inspiration jarrettienne mais sans abus de maniérismes. Duo très pur de flûtes traversières.

 

Michel s’amuse à marmonner dans le micro, sa voix étant triturée par l’électronique. Pendant ce temps, Jim et Chris installent le mystère. Michel scatte en fait. Ca monte doucement en puissance. Michel continue de scatter. Jim triture les cordes de son piano. Chris caresse un petit instrument africain où des tiges métalliques courbées sont posées sur une calebasse. Michel a repris sa grande flûte, la faisant souffler, chanter. Retour à un standard joué à la flûte par Michel. Je ne retrouve aucun titre de standard ce soir tant l’instrumentation est originale. Solo de piano pour finir.

 

Chris démarre seul à la flûte traversière. C’est juste magique. Michel le rejoint avec des notes longues, allongées même alors que Chris joue vif, bref. Le pianiste joue des percussions dans le corps du piano. John Betsch écoute très attentivement comme s’il découvrait cette musique. Il est vrai que Jim Funnel remplace Olivier Sens ce soir et puis, c’est de l’improvisation, une musique neuve à chaque concert. Le mélange souffle/percussions dans le jeu des flûtes est en équilibre sur un fil invisible. Duo Jim/Michel à la flûte traversière dans l’esprit du menuet, tout de grâce et de légèreté. Le pianiste amène vers autre chose. Au tour de Chris de dialoguer avec Jim. Michel repart tout seul sur un air dansant à la flûte traversière. Chris recale son tambourin entre ses jambes. Le pianiste relance. Le tambourin s’échauffe sous les mains de Chris. Je bats la mesure du pied droit. Ca swingue merveilleusement. Mon âme rêveuse appareille vers un ciel lointain. C’est un tour de magie sonore à 3.

 

Merci à ce trio d’un soir d’avoir su créer dans l'urgence. Merci à Jim Funnell d’avoir su trouver sa place au pied levé dans le trio. J'espère pouvoir assister au prochain concert de la Flute Machine avec Olivier Sens rétabli.

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La Pop Life d'Elise Caron: chapitre 2

Publié le par Guillaume Lagrée

Elise Caron  & Lucas Gillet « A thin sea of flesh »

Studio de l’Ermitage. Paris. Mardi 13 avril 2010. 20h30.

 

 

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Elise Caron : chant

Lucas Gillet : piano, claviers, composition, arrangements

Jean Gillet : basse

Pascal Riou : batterie

Thomas Ostrowiecki : percussions

Fernando Rodriguez : guitare électrique

 

Invités

Phil Reptil : guitare électrique

Thomas de Pourquery : chant

 

La photographie d'Elise Caron est l'oeuvre du Resplendissant Juan Carlos HERNANDEZ.

 

 

Avis aux spectateurs. A L’Ermitage, l’horaire affiché, 20h30, est celui de l’ouverture des portes. Le concert est à 21h.

 

Elise a mis ses lunettes de grand-mère anglaise pour lire les poèmes d’un Gallois, Dylan Thomas. Ca commence par une sorte de groove hypnotique et léger avec le piano. Quand Lucas Gillet quitte le piano pour les claviers, ça sonne comme les claviers électriques chez Miles Davis à la fin des années 80. Bref, c’est bof. Elise s’envole au dessus du groove, avec les battements d’aile souples, larges et rares du goéland. Par brefs instants, cela sonne New Wave mais pas assez longtemps pour devenir ennuyeux.

 

Elise chante sans traduire les textes comme elle l’avait fait lors du précédent concert. Chez Dylan Thomas, pour ce que j’en ai découvert grâce à Elise, le son compte plus que le sens. Cette chanson sonne très pop anglaise, un peu trop à mon goût.

 

Une ballade. Dans un concert de rock, les fans seraient debout avec les briquets allumés. Ici, ils écoutent.

 

Joli duo batterie/percussions. Ca roule. Très belle chanson lumineuse, aérienne qui s’envole au dessus des nappes gluantes de synthétiseurs. Ca pétille entre batterie et percussions. Elise se fait liane, nuage, oiseau, lionne ou surveillante de prison. Tout cela dans une seule chanson « Foster the light »..

 

Elise nous fait une traduction littérale du poème. Elle est seule sur scène avec Lucas Gillet. Duo voix/claviers qui imitent le son d’un orgue d’église dans l’aigu.

 

Le groupe remonte sur scène pour ma chanson préférée de l’album « And death shall have no dominion ». Je la reconnais dès le solo introductif chaud et métallique des percussions. Les mains de Thomas volent comme des colibris sur les tambours. Elise s’accroupit, regarde, écoute. Elle le connaît ce solo pourtant. Le piano entre dans la danse, puis la guitare. Le balancement commence comme un voilier qui vire bord sur bord, léger, souple, rapide. Ca sent bon le sel et le soleil qui sort des nuages. Chaque note s’incruste dans les pores de ma peau. Un vieux monsieur assis devant moi, appuyé sur sa béquille, danse sur place. Et la mort n’aura pas d’empire tant qu’il y aura un homme, une femme, un enfant pour écouter cette chanson d’Elise Caron.

 

Nouvelle translation littérale. « Le bossu dans le parc ». Chanté en anglais, ça sonne comme une promenade dans un parc un dimanche après-midi. Tranquille et sautillant, sans batterie ni percussions pourtant.

 

Duo piano/voix pour commencer. Une chanson plus légère, plus sautillante encore. Son de guitare sous influence ouest africaine. Air dansant. Batterie et percussions s’en donnent à cœur joie. Et Elise ? Elle maîtrise. Solo de guitare très rock’n roll, enfin dans le genre Mike Stern. Elise s’accroupit pour écouter son groupe tourner. D’un beau solo de piano, Lucas Gillet repasse aux synthés gluants. La chanson s’est muée en ballade mais repart énergiquement au piano. Joie ! Tiens, Elise Caron fait du Grace Jones pendant quelques secondes.

 

Un nouveau duo piano/voix sur une ballade.

 

Le groupe remonte sur scène pour une chanson pêchue, qui balance. C’est fait pour danser avec un(e) partenaire de qualité. Premier scat d’Elise en fusion avec le groupe.

 

Introduction au piano. «  The tombstone told when she died ». La barque de la voix glisse sur la cascade de notes du piano. Le groupe les rejoint dans une étrange berceuse.

 

Dernier morceau. Invités mystère : Phil Reptil à la guitare électrique, Thomas de Pourquery, saxophoniste et ambianceur patenté au chant. Phil Reptil tord le son de sa guitare comme un serpent d’où son nom de scène. Thomas et Elise chantent ensemble. Ils s’aiment ces deux là. Ca fait plaisir à voir et à entendre. Leurs chants montent et descendent à l’unisson. Ce n’est pas parfait techniquement comme Marvin Gaye avec Tami Terrell mais, émotionnellement, c’est juste. Le son du Reptil fend l’espace, le tord, le déforme. Un spectateur au bar en grogne de plaisir. Thomas et Elise se serrent la main, très fair play après le match.

 

RAPPEL

 

« Foster the light » morceau dansant aux percussions arabisantes. Ca balance comme un beau voilier. Ca tangue, ça roule mais ça ne donne pas mal au cœur. Devant moi, une dame bat la mesure avec un flyer sur la table.

 

« And death shall have no dominion ». Je n’écris plus. Je déguste. Ecoutez cette chanson, sapristi!

 

Ce n’est que le deuxième concert de ce groupe. Les progrès sont évidents mais ils sont encore en phase d’apprentissage de cette pop subtile, raffinée, très écrite. Encore quelques concerts et ils se lâcheront, décolleront vraiment. Que les programmateurs les programment afin que nous puissions les entendre progresser pour notre plus grand plaisir.

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Cordes Avides " Moon Blues "

Publié le par Guillaume Lagrée

 

Cordes Avides.

" Moon Blues "

Un album du label Hybrid Music

 

Cordes Avides est composé de

 

Sébastien Guillaume: violon

Frédéric Eymard: violon alto

Jean Wellers: contrebasse

 

Invité

Didier Lockwood: violon (n°9)

 

La famille des violons s'est évadée de l'orchestre symphonique pour aller musarder du côté du Jazz. Seul le violoncelle manque à l'appel.Après Frédéric Eymard, superbe accompagnateur du superbe quintet acoustique d'Olivier Calmel , voici Frédéric Eymard, leader démocratique d'un trio à cordes avides. Il a composé 9 morceaux sur les 12 que compte cet album.

 

Bel hommage à Charles Mingus pour le premier morceau. Mingus devenu contrebassiste de Jazz parce que violoncelliste classique pour un homme de couleur, dans les années 1940, aux Etats Unis d'Amérique, ce n'était pas possible.

 

Le Swing est superbe, léger, aérien sans rien de manouche. C'est moderne et c'est frais. C'est raffiné mais ça ne sent pas l'exercice de style. L'instrumentation est originale, la composition et l'interprétation pourraient l'être plus encore vu les capacités de ces trois violoneux Ne boudons pas notre plaisir. Il y a parfois même ce sentiment d'urgence, de nécessité vitale propre au grand style (cf n°2).

 

La musique est sans tambour ni trompette, sans piano, sans cuivres, sans guitare mais elle est présente du début à la fin de l'album. Les violons peuvent aussi servir de mandoline, de percussions (cf n°4).

 

Les deux bases fondamentales du Jazz, ce sont le Swing et le Blues. Il y a un Blues, le troisième morceau, qui donne son titre à l'album. Il y a surtout du Swing. Cette musique en regorge pour notre plus grand plaisir.

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