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Couleurs Jazz Radio rend hommage à Louis Armstrong, Duke Ellington & Ella Fitzgerald dans l'Espace Jemmapes

Publié le par Guillaume Lagrée

Médéric Collignon par Juan Carlos HERNANDEZ

Médéric Collignon par Juan Carlos HERNANDEZ

Médéric Collignon, Yvan Robilliard & Tricia Evy

jouent et chantent

Louis Armstrong, Duke Ellington et Ella Fitzgerald

Paris. Espace Jemmapes.

Jeudi 14 novembre 2019. 20h.

Soirée organisée par Couleurs Jazz Radio

 

Médéric Collignon: bugle, voix, électronique

Yvan Robilliard: piano

Tricia Evy: chant

Lectrices fidèles, lecteurs durables, comme vous le savez, en plus de ce blog, vous pouvez me supporter sur Couleurs Jazz Radio dans l'émission Le Jars jase Jazz le vendredi et le dimanche à 1h du matin et 18h (heure de Paris). No podcast. Thème de l'émission de novembre 2019: l'Afrique, c'est chic! L'Afrique rêvée et vécue par les Jazzmen. De décembre 2019 à mars 2020, l'émission sera consacrée au Brasil. 

Couleurs Jazz Radio organisait un concert avec deux musiciens référencés sur ce blog, Méderic Collignon et Yvan Robilliard et une chanteuse inconnue de mes services, Tricia Evy.

Don Médéric Collignon est le parrain de Couleurs Jazz Radio. Soeur Tricia Evy en est la marraine. Pour ce soir, Frère Yvan Robilliard est le filleul. 

Ca a commencé comme ça.

Médéric trafique sa voix puis entame superbement une ballade avec le pianiste. Le titre m'échappe. Yvan reste sage alors que Médo improvise avec la folle maîtrise dont il a le secret. Il chante comme il sait le faire. Des sons, pas des paroles. Retour au duo piano&bugle. Un classicisme parsemé de grains de folie C'était " Moonlight in Vermont ". Cf extrait audio au dessus de cet article pour la version d'Ella Fitzgerald

" I got it bad and that ain't good " (Duke Ellington). Le piano, assez classique, accompagne le scat fou de Médéric qui respecte la mélodie quand même. Solo de piano où chaque note vaut son pesant d'émotion. Pas d'esbroufe. Le bugle le rejoint. Retour au scat, toujours improvisé, mais toujours en phase avec la musique, mêlant douceurs et stridences. Par sa folie, son humour, sa maîtrise technique, Médéric Collignon est le digne descendant de Dizzy Gillespie plus que de Miles Davis à mon avis. 

" Summertime ". Médéric commence loin du micro. Il projette le son comme Louis Armstrong le faisait si bien. A 70 ans, avec un cancer du poumon, à 2m du micro, Louis Armstrong couvrait son orchestre. Tricia Evy entre sur scène. Elle chante les paroles de la chanson de Gershwin de façon tout à fait classique et sensuelle alors que Médéric ponctue de ses fantaisies vocales. Le pianiste pose les bases. Tricia scatte à son tour alors que Médéric reproduit un solo de basse avec des claquements de langue et l'électronique. Enchaînement sur un solo de bugle puissant et émouvant. La version de " Porgy and Bess " par Louis Armstrong & Ella Fitzgerald est d'une beauté immarcescible mais, procurer de l'émotion sur un thème aussi rabâché mérite d'être salué. 

" But not for me ". Début classique. Piano, chant, bugle. Médéric change tout en produisant un solo de basse avec sa voix et de batterie en claquant des doigts. Courte citation au bugle de " Que reste t-il de nos amours? " ( I wish You love in english). Une petite fille de 10 ans bat la mesure des pieds et des mains. C'est bon signe. La flamme du Jazz ne s'éteindra pas. Elle passe à la génération montante. Solo de piano vif, inspiré. Concours de scat entre Tricia et Médo. Chacun dans son style, personne ne baisse pavillon.

" Prelude to a kiss " (Duke Ellington). L'air de rien, Médéric chante la mélodie qu'Yvan joue. Avec les aigus et prouesses vocales dont il a le secret. Il s'efface pour laisser Tricia chanter la chanson d'amour du Duke. Une belle femme qui chante de façon nostalgique et sensuelle. Le Duke serait ravi. Enchaînement avec un solo de bugle velouté et poignant. Il vient ajouter deux mains sur le piano pour un final enflammé. 

Tricia lance un air en scattant et en claquant des doigts. Yvan ponctue au piano. " Lucky so and so " (Duke Ellington). Un Blues sensuel joué et chanté comme il faut. Médo ponctue en faisant claquer ses doigts et sa bouche. Duo Yvan & Médo avec son scat grinçant, grognant, trafiqué par l'électro.

" Stompin at the Savoy ". Médéric annonce " Ceci est une flûte " en montrant son bugle. Il en joue et il arrive à le faire sonner comme une flûte traversière. Avec ses chuintements et ses enchaînements. Il peut le faire, Mesdames et Messieurs! Puis il entame l'air avec le piano. Tricia scatte. Le pianiste brille en solo. Tricia danse et claque des doigts. Médéric nous refait la basse bien funky avec voix et micro.

Tricia quitte la scène. " Caravan " (Duke Ellington). Un scat ultra rapide pour commencer. C'est bien l'air que reprend le piano. Médo nous fait un solo de batterie rapide avec la voix. Puis la basse. Ca accélère avec le piano. Yvan transforme l'air de façon impressionniste alors que Médéric triture le son et la voix. Beau final. Cf vidéo ci-dessous.

Médéric Collignon quitte la scène. Tricia Evy y revient. Un duo piano & chant pour un classique de Duke Ellington " Do nothing till You hear from me ". Evident hommage au duo Duke Ellington & Ella Fitzgerald. Sans copier car ce serait ridicule. Tricia reproduit fort bien avec sa voix un solo de trompette wah wah. Solo de piano au classicisme épuré, dans l'esprit ducal. 

Médéric revient sur scène. Solo de piano pour introduire un Blues lent joué comme il faut. Ca accélère, monte en puissance. Duo piano & bugle. Les instruments se mêlent, se répondent, se confondent. C'est du très haut niveau international comme dit la Dèche. Médéric se met à faire la basse alors que Tricia chante. Il bat la mesure des mains, sur ses joues. C'est l'homme orchestre. Avec 3 fois rien, il fait tout. Duo entre une femme qui scatte et un homme dont la voix est trafiquée pour reproduire la basse. Le pianiste nous guide pour battre la mesure. " Take the A train ", indicatif de l'orchestre de Duke Ellington, écrit par son alter ego, Billy Strayhorn. Ils sont arrivés à prendre ce fameux train qui vous mène à Harlem. Rien à voir avec le RER A des Franciliens. Dialogue entre piano et Médo. Autant de goût dans la démesure, c'est le propre des créateurs et Médéric en est un, de premier ordre. Dialogue piano & scat que Médéric ponctue de son bugle depuis différents endroits de la scène et dans diverses positions. Debout, à genoux, plié. 

RAPPEL

" On the sunny side of the street ". Tricia Evy est capable d'imiter avec sa voix, la voix et la trompette de Louis Armstrong. Comme Ella Fitzgerald en son temps. Respect. 

Le public est conquis. Moi aussi. C'est fini.

 

 

La photographie de Médéric Collignon est l'oeuvre du Fabuleux Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales. 

Dans la vidéo ci-dessous, sans Tricia Evy, Yvan Robilliard et Médéric Collignon jouent en double messieurs le thème de Duke Ellington" Caravan ". Bon voyage, lectrices fidèles, lecteurs durables.

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Kneebody enflamme le Duc des Lombards

Publié le par Guillaume Lagrée

KNEEBODY

Paris. Le Duc des Lombards

Mercredi 13 novembre 2019. 19h30.

Kneebody est composé de

Nate Wood: guitare basse électrique & batterie

Adam Benjamin: claviers

Ben Wendel: saxophone ténor

Shane Endsley: trompette

 

Shane Endsley présente ses compères. The mad professor, Adam Benjamin, on keyboards. Nate Wood est assis derrière sa batterie, tenant sa basse en mains. 

Le quartette Kneebody a été créé en 2001. Seul le bassiste a changé depuis. Il est grand temps que je le découvre.

Pour commencer, " Spectra ". Cf extrait audio ci-dessus et le premier morceau de la vidéo ci-dessous. Le clavier sort un son de guitare saturée. Nate Wood joue de la basse de la main gauche et de la batterie avec une baguette dans la main droite. Coordination impressionnante. Ca dépote. Les cuivres soufflent comme des démons. Le sol vibre déjà sous les pas des spectateurs debout qui dansent sur place. L'instant suivant, c'est plus planant. La rythmique produit un son hypnotique et puissant alors que de la trompette sort un soli purement Jazz, pétaradant à souhait. Ambiance plus calme pour le solo de Ben Wendel. Puissantes arabesques. Le quartette repart. Il sonne comme un grand orchestre tant il est puissant et varié. Solo de basse et de batterie en même temps par le même homme, Nate Wood. Cela relève de la prestidigitation musicale tant c'est coordonné. Le clavier installe l'ambiance. Le bassiste & batteur la secoue en tous sens. Nate Wood c'est la drum & bass en un seul homme et sans clavier. Un feeling oriental mais toujours très funky. Sax ténor amplifié par la fée Electricité. Ca aide à imiter le chant des mouettes. Cette pulsation qui vient d'un seul homme, Nate Wood, est fascinante. C'est lui le point d'ancrage à partir duquel les 3 autres décollent. Solo de clavier qui réussit fort bien à sonner comme une guitare. Pas dans le même style que les Maîtres Stevie Wonder et Bernie Worrell. Adam Benjamin renouvelle le genre. Solo de batterie de la seule main droite pendant que la gauche maintient la pulsation. Le quartet repart, planant très haut, énergiquement. 

Un nouveau thème de Shane Endsley pas encore enregistré. Il nous explique qu'il vient du Colorado. Un homme là bas a changé sa vie en lui suggérant de changer d'école. Dans cette nouvelle école, il a développé de nouveaux savoirs et rencontré sa femme, la mère de ses enfants. Après plusieurs années à New York, il est revenu vivre dans le Colorado et a retrouvé cet homme par hasard. Pour le remercier, " Just be ". Une ballade. Jeu en douceur mais toujours avec ce tempo bien marqué. Solo méditatif de trompette dédié à cette sorte de guide spirituel. Malgré tout l'habillage sonore et électrique, l'émotion passe. Poussé par les 3 autres, Ben Wendel nous emmène dans une autre dimension, plus haut. Je crois toujours entendre une guitare électrique mais, décidément, il n'y en a pas sur la scène. Le clavier installe une autre ambiance, plus calme, plus mystérieuse qui amène un solo de trompette méditatif. 

Cette fois, Nate Wood se lève pour jouer de la basse en faisant tourner un rythme en boucle. Trompette bouchée mais qui ne sonne pas comme un épigone de Miles Davis. Trompettiste et saxophoniste ont l'air de deux frères. A jouer ensemble depuis 18 ans, cela n'est pas surprenant. Un thème tourne en boucle entre eux deux. Procédé typique de la musique de danse électronique. Sauf que ce sont des Jazzmen et que cela dérive vite pour improviser. Parfois, ils m'épatent. Parfois, ils m'agacent. C'est normal. Ces gars sont très forts et ils expérimentent sans cesse. Je ne suis pas toujours en mesure de les suivre. 

Solo planant et lent de clavier pour commencer. Une sorte de ballade élégiaque jouée à l'unisson en quartet. Retour à la rythmique pour un son de clavier proche de l'orgue de Jozef Dumoulin. Ca plane pour moi. Ben Wendel présente les membres du groupe et Nate Wood commente, avec sa basse, y compris pour lui. Ben Wendel estime qu'étant donné ce qu'il a entendu sur lui, il faut qu'ils en parlent plus tard, qu'ils ont besoin d'une thérapie de couple. 

Le groupe repart énergiquement. Nate Wood toujours à la basse main gauche et la main droite actionnant la baguette sur la batterie. Ca gronde dans les entrailles. Concours de distorsion entre clavier et saxophone ténor. Ca décolle et déménage. Puis le professeur fou prend le contrôle au clavier. Fin tout en douceur pour nous surprendre. 

RAPPEL

" Chapters "le titre du dernier album de Kneebody. Une composition du trompettiste.

Une énergie vitale venue du Rock, du Funk, du Rap et de leurs divers dérivés. Une science de la couleur, du rythme, de la mélodie venue du Jazz et du Classique. Tel est le mélange explosif que réussit Kneebody. Le quartet tient depuis 2001. Son Odyssée de l'Espace se poursuit. 

La vidéo ci-dessous de Kneebody a été enregistré dans les KNKX Studios à Seattle (Washington, USA)  le 28 octobre 2019.

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Alain Jean-Marie trio en verve au Sunside

Publié le par Guillaume Lagrée

Darryl Hall par Juan Carlos HERNANDEZ

Darryl Hall par Juan Carlos HERNANDEZ

Alain Jean-Marie Trio

Paris. Le Sunside.

Vendredi 8 novembre 2019. 21h30.

Concert de sortie de l'album " Pensativa "

Alain Jean-Marie: piano

Darryl Hall: contrebasse

Donald Kontomanou: batterie

 

Je n'avais même pas entendu parler de l'album " Pensativa " avant ce concert mais un trio avec Alain Jean-Marie au piano, Darryl Hall à la contrebasse et Donald Kontomanou à la batterie, c'est une assurance tous risques en termes de bonnes vibrations. Cf vidéo sous cet article.

Un standard pour commencer. " You don't know what love is ". Alain Jean-Marie rôde autour du thème puis le lance avec la rythmique.C'est joué sur un tempo rapide. Batteur aux baguettes. Ca pulse bien. Chet Baker, avec qui Alain Jean-Marie joua dans les années 1980, le chantait sur un rythme bien plus lent. Là, ça pulse. Premier solo de contrebasse sautillant à souhait. Batteur aux balais pour malaxer la pâte sonore. Le pianiste ponctue, relance. 

" Full House " ( Wes Montgomery). Ecoutez la version " Live at Tsubo " avec Johnny Griffin au saxophone ténor. Alain attaque. Cliquetis des baguettes sur les tambours. C'est souple et bondissant comme il se doit. Ca swingue, nom de Zeus! En trio, sans solo apparent. Dans l'interaction sous la direction du pianiste.

Batteur aux baguettes. Un air vif et grave à la fois. Inconnu de mes services. Ca pulse toujours. Breaks courts de Donald Kontomanou qui remet du charbon dans la chaudière. 

Intro en piano solo. Un thème méditatif tourne en boucle. Il en sort en trio. La contrebasse entre en résonance avec le piano. Je ne connais pas le thème méditatif et swinguant en même temps. Solo de contrebasse. Ca glisse, vibre, bien soutenu par la batterie. 

Une ballade introduite au piano. Batteur aux balais. C'est élégant et nostalgique à souhait mais sans sucre ajouté. Solo méditatif de contrebasse bien ponctué par le piano et la batterie. C'était " Lament " de J J Johnson à qui le titre de ce blog, le Jars jase Jazz, rend hommage

" Calypso " (Kenny Barron). Cf extrait audio au dessus de cet article. Contrebasse et batterie marquent les syncopes typiques de ce genre musical caribéen, la calypso, que vous pûtes apprécier dans mon émission de juin 2019 sur Couleurs Jazz Radio consacrée au Jazz caraïbe anglophone lectrices métisses, lecteurs danseurs. Ca marche. Je balance de la tête et des épaules. Darryl Hall danse avec sa contrebasse. Le Guadeloupéen Alain Jean-Marie est parfaitement à son aise sur ces rythmes de ses voisins anglophones. Une calypso savante mais toujours dansante. Le pianiste mène le bal. Il est vraiment chez lui.

" Pensativa " (Clare Fischer). Le titre album. Cf vidéo sous cet article. Dédié aux femmes rêveuses. Alain Jean-Marie a écrit pour sa compagne, la chanteuse Morena Fattorini, " Morena's rêverie ". C'est dire s'il connaît son sujet. Un morceau énergique. Rêverie n'est pas synonyme d'inaction. La tension est soutenue par la contrebasse et la batterie aux baguettes. Ca balance sévère. 

Balais. Une petite ballade tranquille pour conclure.

PAUSE

" Come rain or come shine ". Bien joué pour un soir de novembre à Paris. Batteur aux baguettes pour une chanson d'amour sur un rythme vif. 

Intro au piano. Batteur aux baguettes. Feeling latin Jazz. Ca balance tranquille. Alain Jean-Marie cite au piano " Don't stop the carnival ", un classique de la calypso que Sonny Rollins, Caribéen de New York, aimait tant jouer. Joué en mezzo voce. Jolie conclusion rythmée. 

Intro en piano solo. Nostalgie en rythme comme sait si bien la jouer Alain Jean-Marie. Batteur aux balais. Une ballade. 

Un standard dont le titre m'échappe. Un air vif, léger, avec le batteur aux balais. Solo véloce du bassiste ponctué par le batteur aux baguettes sur les cymbales et les bords de caisses. Solo du batteur aux baguettes. Les tambours chantent.

Un solo de piano introduit un air cubain. Danse souple et lente. Un air connu mais dont le titre m'échappe. Batteur aux baguettes. " Dos gardenias " un bolero d'Isolina Carrillo qui a contribué à répandre la musique cubaine dans le monde. 

Un interlude plus rapide, plus rythmé. 

Pour vraiment conclure le 2e set, " Una mas " (Kenny Dorham).  Un titre album daté de 1963 et toujours d'actualité. " Un de plus " en espagnol. Bassiste et batteur aux balais introduisent le thème. Le pianiste ponctue. La rythmique de 1963 était composée de Herbie Hancock, Butch Warren et Tony Williams, Herbie et Tony n'étant pas encore passés sous la direction de Miles Davis. Plus Kenny Dorham (trompette) et Joe Henderson (sax ténor) Cela vous situe le niveau de ce chef d'oeuvre. Gros son chaud et souple de la contrebasse. Les cordes sont subtilement pincées. Ca glisse tout seul. Accompagnement tout en finesse aux balais. Retour au thème et aux baguettes pour conclure le 2e set.

PAUSE

Le trio était chaud pour jouer un 3e set gagnant. Le public aussi mais mon train du samedi matin partait tôt de Paris Montparnasse. La chronique cesse donc ici.

 

La photographie de Darryl Hall est l'oeuvre du Secret Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

 

 

 

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Leila Olivesi Nonet: la Suite Andamane colore le Studio de l'Ermitage

Publié le par Guillaume Lagrée

Glenn Ferris par Juan Carlos HERNANDEZ

Glenn Ferris par Juan Carlos HERNANDEZ

Leila Olivesi Nonet

Concert de sortie de l'album " Suite Andamane "

Paris. Studio de l'Ermitage.

Mercredi 6 novembre 2019. 20h30.

Leila Olivesi: piano, composition, direction

Yoni Zelnik: contrebasse

Manu Codjia: guitare électrique

Donald Kontomanou: batterie

Glenn Ferris: trombone

Quentin Ghomari: trompette

Baptiste Herbin: saxophone alto, flûte

Adrien Sanchez: saxophone ténor

Jean-Charles Richard: saxophone baryton

Chloé Cailleton: chant

 

Pour commencer, la Suite Andamane, titre de l' album encensé sur ce blog. La Mer d'Andaman est une partie de l'Océan indien qui lui même est une des 5 parties du grand Océan qui couvre environ 70% de la planète Terre.  C'est une journée sur ses rivages que décrit cette musique.

Cela commence avec l'aurore et un " Jeu de vagues.I. ". Cf extrait audio au dessus de cet article. La musique s'étire, se déroule. Les rayons du soleil percent, surgissent de la mer. Cela commence comme une flânerie. Leila Olivesi et Manu Codjia installent l'ambiance. La pulsation de la rythmique s'installe alors que les cuivres jouent des vagues douces. Le groupe est mieux rodé que lors d'un précédent concert le 20 décembre 2018. Le travail a porté ses fruits. La musique se fait plus animée, plus vive. Le soleil donne. La Nature bouillonne de vie. Tout le groupe décolle, groupé, écartant les nuages, faisant surgir le soleil.

Yoni Zelnik et Donald Kontomanou installent une pulsation bien swinguante. C'est très Dukish tant dans le concept (le carnet de voyage), que dans l'écriture musicale et l'interprétation. En 2013, Leila Olivesi gagnait le concours Ellington Composers, exploit salué sur ce blog. Elle reste dans cette belle filiation. Entre les grognements du trombone de Glenn Ferris (cf. photographie au dessus de l'article) et de la trompette bouchée de Quentin Ghomari et les souffles des saxophones. Ca swingue, c'est coloré, chatoyant et nous raconte une belle histoire de voyage. Solo de Baptiste Herbin à l'alto bien poussé par le groupe.

Après l'agitation, le calme. " Fleur andamane ". Une jeune fille pleure à l'ombre d'une pagode au sommet de la montagne. Baptiste Herbin est à la flûte pour jouer les pleurs de la demoiselle. Les saxs sont nostalgiques à souhait. Batteur aux balais. C'est le chagrin d'amour dans un décor paradisiaque. Le trombone grogne. Les saxs nous jouent les soupirs de la jeune fille en pleurs. Ils jouent même le chant des bonzes dans la pagode pour accompagner le solo de flûte puis de guitare. Ca semble aller mieux pour la jeune fille. La musique se déploie de nouveau joyeusement, laissant entrer le soleil.

Tous les souffleurs quittent la scène. Chloé Cailleton y paraît.. " Black widow ". Une histoire d'amour triste. Cette veuve noire n'est pas une araignée mais elle vous trotte dans la tête tout de même. Solo de piano en introduction. Jeu en double dames entre piano et chant. La rythmique se lance et la guitare ajoute ses traits tranchants et métalliques. La chaleur froide propre à Manu Codjia. Premier solo de guitare bien rock. Avec de la saturation maîtrisée comme il le fait si bien. Solo de piano où les notes de piano sont distillées par grappes.

" Satin Doll " (Duke Ellington). Retour du nonet avec la chanteuse pour invitée. La poupée de satin brille toujours autant depuis sa création en 1953. Mamzelle Chloé s'en sort bien quoiqu'elle ne soit pas une vamp. Echange entre le piano de Leila Olivesi et le saxophone baryton chaud et clair de Jean-Charles Richard. Un hommage au dialogue entre Duke Ellington (le passager) et Harry Carney (le chauffeur de la voiture). En effet, Duke Ellington voyageait sans son orchestre dans une voiture individuelle conduite par le sax baryton de l'orchestre, Harry Carney, maître de la respiration circulaire, technique qui lui permettait de tenir les  notes si longtemps et si bien. Solo de flûte rejoint par le groupe pour un final voluptueux.

Un poème écrit par la mère de Leila, Djamila Olivesi, " Les amants ". Un hommage à Aïcha Kandicha, la sorcière du désert. Leila lit le poème, hermétique à mes oreilles. Les souffleurs sont partis. Chloé chante le poème. Une ballade. Je n'accroche pas au texte mais la musique est agréable. Batteur aux balais. Joli solo de contrebasse.

Solo du batteur aux baguettes sur les tambours pour commencer. Ca roule en douceur. Donald accélère et fait vibrer les tambours comme une mémoire d'Afrique. Il repart à mains nues puis aux balais, bien poussé par la contrebasse. La rythmique accompagne le scat de Mamzelle Chloé. Le quartet est reparti propulsant la voix. Le poème devient une suite pour quartette et voix de femme. Glenn Ferris fait sa pause syndicale à côté de moi. Je peux témoigner qu'il marche à l'eau claire, écoute attentivement et applaudit ses camarades de jeu.

La chanteuse sort de scène. Le trompettiste y retourne. " Geri's house " une composition de Leila Olivesi à la pianiste Geri Allen, une de ses inspiratrices majeures comme femme, créatrice et  pianiste. Elle se souvient d'un concert de Geri Allen au sein du groupe d'Ornette Coleman. Elle ne comprenait rien à ce Free Jazz si différent de tout ce qu'elle connaissait. En se concentrant sur le jeu de la pianiste, une femme sur le même instrument qu'elle, elle s'est identifiée et a fini par entrer dans le jeu apparemment déréglé d'Ornette et de ses complices. Un morceau vif, passionné qui met en valeur la trompette de Quentin Ghomari, magicien de l'instrument. Beau solo de piano, bluesy, soutenu par le bassiste et le batteur aux baguettes. Le quintet part avec un beau dialogue entre le tranchant de la guitare et la rondeur de la trompette.

" Skype tear ", un poème sur les chagrins d'amour sur la Toile de nos désirs. Le trompettiste a quitté la scène. Retour la chanteuse et d'Alexis Sanchez (sax ténor). Ballade. Batteur aux balais. Beau son de ténor, nostalgique à souhait. Une ville, la nuit, sous la pluie. L'eau coule sur les vitres dehors et sur les joues dedans. 

Dernier morceau. Glenn Ferris quitte le rôle de spectateur et redevient acteur en revenant sur scène. " Acacia Tree ", poème de Karine Ancelin, dédié à cet arbre du désert à l'ombre bienveillante. Duo piano&voix pour commencer. Honneur aux Dames! Puis un duo hanté entre trompette et piano. La contrebasse pèse de tout son poids, en souplesse, pour remplacer le piano dans le duo. La rythmique s'y remet et nous joue la pulsation du désert. Le sax ténor ajoute un souffle de simoun. 

RAPPEL

Reprise du 3e et 4e mouvement de la Suite Andamane par le nonet augmenté de la chanteuse. Cette fois, le public doit verser sa part en chantant.

Il y avait presque un an entre le précédent concert de ce groupe et celui-ci. Du moins pour ceux auxquels j'ai assisté. Depuis, l'album " Suite Andamane " est sorti et le programme est de mieux en maîtrisé, tant pour la technique utilisée que pour l'émotion déployée. Leila Olivesi sait ce qu'elle veut, elle s'y tient et elle l'obtient. Pour le plus grand bonheur des spectateurs. Souhaitons nous, égoïstement, lectrices agiles, lecteurs habiles, de nombreuses occasions de savourer cette musique sur scène, dedans comme dehors, automne comme été.

La photographie de Glenn Ferris est l'oeuvre du Vertueux Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales

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Louisiane, sucre amer

Publié le par Guillaume Lagrée

Lectrices historiennes, lecteurs géographes, je vous ai déjà parlé de la Louisiane et de la plantation Whitney, -premier musée de l'esclavage aux Etats-Unis d'Amérique.

Pour comprendre les racines de ce système économique et politique, il faut en venir à la canne à sucre. Christophe Colomb l'a amené des Canaries en Amérique. Ensuite, des esclaves ont été déportés d'Afrique par millions pour la cultiver. Ils n'étaient pas les seuls. J'ai connu une Ecossaise dont les ancêtres avaient été esclaves dans les plantations en Jamaïque. Elle haïssait tellement les Anglais qu'elle avait épousé un Italien et était devenue Française. " C'est à ce prix que vous mangez du sucre en Europe " dit l'esclave noir enchaîné, torturé, amputé à Candide dans l'oeuvre de Voltaire, lui même actionnaire de compagnies sucrières.

En Louisiane, le système des plantations était particulièrement juteux. C'est l'histoire que raconte le New York Times Magazine dans un article partiellement traduit en français par Courrier International. L'auteur, le professeur de Harvard, Khalil Gibran Muhammad (Histoire africaine-américaine) nous explique les origines esclavagistes et coloniales du sucre qui sature le régime alimentaire des Américains et comment ce système perdure dans le " bon Vieux Sud " concentré dans les mains des descendants des anciens propriétaires d'esclaves et gorgé de subventions publiques. Toute ressemblance avec des îles des Caraïbes serait évidemment fortuite. 

Aux USA, vous pouvez même acheter du sucre produit au Louisiana State Penitentiary situé dans un lieu nommé Angola car la prison, surnommée " The Farm ", se trouve sur une ancienne plantation dont les esclaves venaient majoritairement d'Angola en Afrique australe, ancienne colonie portugaise. Cela se visite. Il existe un musée dans la prison dont vous ne sortez pas vivant, le genre de lieu où vous ne voulez pas être comme le chante Champion Jack Dupree (1910-1992), natif de La Nouvelle Orléans, Louisiane, dans " Angola Blues ". Cf vidéo ci-dessous. 

Par ailleurs, quand un Texan, Sam Lightnin Hopkins (1912-1982), voulait être sûr que sa chérie n'aille pas voir un autre homme, il allait en Louisiane se chercher un fétiche, une " Mojo hand ". Cf extrait audio au dessus de l'article. 

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Lenny Popkin trio: l'essence du Cool Jazz au Sunset

Publié le par Guillaume Lagrée

Lenny Popkin Trio

Paris. Le Sunset.

Vendredi 1er novembre 2019. 21h.

Lenny Popkin: saxophone ténor

Gilles Naturel: contrebasse

Carol Tristano: batterie

 

Aller à un concert du trio de Lenny Popkin, c'est comme se rendre sur une plage que vous connaissez déjà. Rien n'a bougé depuis votre dernier passage. La mer, le sable et les rochers sont toujours à la même place et pourtant selon la lumière, le vent, le jeu entre soleil et nuages, quelque chose a changé. Vous ne pouvez l'expliquer mais vous pouvez le ressentir. Je ne donnerai pas de nom de plage car il y a bien assez de monde dessus. Pour Lenny Popkin, je ne me lasse pas de le recommander car son style est un défi à la médiocrité ambiante. Son trio est une affaire familiale car Carol Tristano est la fille de Lennie Tristano (1919-1978), Maître de Lenny Popkin et l'épouse de Lenny Popkin. Gilles Naturel contribue au développement de ce dialogue conjugal en musique. 

" All the things You are " pour commencer. Ce soir, nous révisons nos classiques. Lenny a toujours ce son d'oiseau sur sa branche, si fluide, si léger. Le bassiste pose les fondations. Le batteur ponctue aux baguettes. Le thème avance, sinue. C'est du massage cérébral, en douceur, mais constant. Duo contrebasse-batterie plutôt qu'un solo de contrebasse accompagné. Je sens la vibration de la contrebasse dans mon ventre, celle de la batterie dans les oreilles.

" These foolish things (remind me of You) ". Carol est passée aux balais. La rythmique marche à pas feutrés.  Le sax ondule doucement. La musique habille le silence. Chaque note pèse son poids d'émotion mais sans aucun sentimentalisme. Cette musique est un baume pour l'esprit. Le public est concentré. Il n'applaudit pas les soli.

" I am getting sentimental over You ". Retour aux baguettes. Une nouvelle chanson d'amour mais sur un rythme plus vif. Toujours ce jeu Cool sans attaque. Ce n'est pas lisse mais les transitions sont douces. Je ferme les yeux et me laisse bercer par la vague. Impossible de s'y noyer. Il suffit de se laisser flotter. Sans cier garde, en partant de thèmes connus, le trio de Lenny Popkin nous emmène dans l'inouï. Je ne sais où je suis mais peu importe puisque je suis bien. La musique est raffinée, sophistiquée mais ni pédante, ni précieuse. 

Nous allons maintenant jouer " Out of nowhere ". En bon pédagogue,  Lenny Pokin présente chaque morceau avant de jouer.  Une ballade. Carol Tristano est aux balais. L'onde est si bonne que j'ai l'illusion d'un massage des cervicales et des épaules. Solo de batterie sec, nerveux mais en douceur, aux balais. Soutenu par la contrebasse. Jouer vite et doucement, c'est ce qu'il y a de plus difficile. 

Cette fois, Lenny enchaîne directement, sans présentation. Un standard que je ne reconnais pas. Carol roule aux balais. Un air vif et léger. Dialogue en finesse, en souplesse entre batterie et contrebasse. 

Une ballade. Thème inconnu de mes services. Carol reste aux balais. Effet de vibrato du saxophone.

" All of Me ". Thème qui conclut le premier set. Retour aux baguettes. Billie Holiday habitait ce thème. Joué sur un tempo rapide. Toujours aussi fluide. Solo de batterie aux baguettes. Carol accélère progressivement. Maintenant, elle malaxe les peaux mais juste ce qu'il faut. Pas d'excès de notes. Le trio repart tranquille.

PAUSE

Reprise aux balais pour une petite marche légère, subtile. 

" You don't know what love is ". Ballade somptueuse. La voix de Chet Baker surgit dans mon cerveau. Obligé sur ce thème. La musique avance à pas lents et calmes. 

Retour aux baguettes. Un tempo plus animé mais toujours joué dans le relâchement. Thème inconnu de ma mémoire vive. Solo de batterie aux maillets. Belle résonance. Ca sonne tout de suite plus mystérieux. Passes rapides et légères sur les cymbales. 

" I remember April ". Là, je reconnais tout de suite. Batteuse aux baguettes. Contrebasse et batterie semblent suivre un chemin rectiligne mais le saxophone, lui, sinue subtilement. Un solo de contrebasse à l'archet subtilement ponctué par le tic tac incessant des baguettes sur les cymbales et les bords de caisse. La contrebasse vibre. Mme M-H poursuit son initiation au Jazz en découvrant que la contrebasse peut se jouer à l'archet, comme dans la musique classique. En classique, les passages en pizzicato sont l'exception. En jazz, c'est l'inverse. Pour slapper une basse, il faut prendre les cordes à pleines mains. 

Aux balais un air vif et léger est joué.

PAUSE

Carol Tristano a repris aux balais. Je ne connais pas ce thème. Ca coule toujours de source. La musique marche à petits pas comme un danseur de java. 

" Body and Soul ". Aux balais. Le sax sonne suave et velouté à souhait. Ca marche. Le couple d'amoureux devant moi s'enlace tendrement. 

" Best thing for You ". Retour aux baguettes. Un air rapide. Toujours ce chant d'oiseau du saxo.

" You go to my head ". Baguettes. Superbe ballade jouée superbement. Je crois entendre les paroles tant les notes jouées sont chantantes.

Le trio joua un autre morceau puis un rappel. Nous eûmes notre dose de beauté.

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Ben Sidran Quartet avec Rick Margitza au Sunside: le coup de pied de l'âne à l'éléphant

Publié le par Guillaume Lagrée

Ben Sidran Quartet

avec Rick Margitza

Paris. Le Sunside.

Jeudi 31 octobre 2019. 21h30.

En concert à Paris, au Sunside, vendredi 1er et samedi 2 novembre 2019 à 21h30.

Ben Sidran: piano, voix

Billy Peterson: contrebasse

Leo Sidran: batterie

Rick Margitza: saxophone ténor

La dernière fois que j'ai été écouter Ben Sidran en concert à Paris, c'était avant 2010 avec une New Yorkaise, une demoiselle Erin qui refusait de croire que Michael Legrand était Français et se prénommait Michel. Elle s'est sentie at home lors de ce concert. Je n'étais pas l'homme de sa vie. Ni remords ni regret.

La rythmique attaque funky. Chanson à message. " You've got to take a look at the American dream ". Au sax de chanter. Rick Margitza est dans la place. Tout baigne. Le quartet est tout de suite au rythme de croisière. Batteur aux balais pour un solo bien frotté de contrebasse. C'était " Let's make a deal ".

Bonne pulsation funky. Rick Margitza, avec son PhD de la Miles Davis University, est tout à fait à l'aise sur ce genre de rythme. Ben Sidran nous raconte, à sa propre douce manière, " The language of the Blues ". Ben Sidran ne joue pas des standards mais ses chansons qui sont la prolongation de son travail de producteur, enseignant, animateur, historien du Jazz. Dès qu'il cesse de chanter, le sax ténor de Rick Margitza décolle. La rythmique soutient tranquillement. Rick Margitza est au dessus bien entendu. Parce que le sax ténor est un instrument aérien et parce que Rick Margitza est le dernier saxophoniste de Miles Davis, sapristi! Rick n'est pas un Bluesman mais il sait jouer la Note bleue.

Manifestement, Ben Sidran est un électeur démocrate. Juif, universitaire et Jazzman, s'il n'était pas Démocrate, ce serait surprenant. Il nous explique que le rêve américain est fini. Les Américains ont grandi, sont devenus adultes et ont leur propre dictateur. Il ajoute une pensée de feu Johnny Griffin, saxophoniste ténor avec qui il joua: Quand vous décidez d'aller bien malgré les mauvaises conditions, alors vous avez besoin de Jazz. 

Une chanson de 1933: Drop me off in Harlem (Duke Ellington) Pas de paroles à l'origine mais elle furent ajoutées puisque Louis Armstrong et Ella Fitzgerald les chantèrent avec Duke Ellington. Batteur aux balais. Ca swingue. Rick Margitza se prend pour Ben Webster. Le piano scintille comme il faut. Rick joue le Blues style années 30 mais modernisé. Impeccable. Dans l'esprit, pas dans la copie. 

Ben Sidran évoque un poème de l'Espagnol Federico Garcia Lorca sur New York en 1929, juste avant la Grande Dépression. Chanson inspirée par ce poème. Les tambours roulent sous les mains de Leo Sidran, le fils de Ben. C'est le rythme de New York. Une sorte de rap sur du Jazz. Le piano tourne en boucle. Le batteur pulse sur sa charleston. Rick ajoute un voile de Blues. Ils jouent la pulsation folle, incessante de la ville qui ne dort jamais. La rythmique tourne toujours et le sax ténor tranche dans le vif.

Ben commence seul en jouant et en chantant. Une ballade. La rythmique reprend. Batteur aux balais. Solo de contrebasse bien glissant entre piano et batterie. Rick reprend la main avec autorité. Il cite un standard " Cry me a river " (" Pleurer des rivières " en version française). Final bien funky à 4.

Ben Sidran, en historien de la musique, nous explique que les flûtes en os trouvées dans les grottes de Lascaux sont accordées en gamme pentatonique, celle du Blues. Donc, il y a 45 000 ans, les hommes avaient déjà le Blues! Il ajoute que son chien n'a pas le Blues. Il connaît la nourriture. Il sait chasser les écureuils mais il ne connaît pas le Blues. Nous avons le Blues parce que nous sommes humains. 

Ben Sidran joue et chante seul le Blues. Un Blues politique. " You and me are the minority ". Le quartet enchaîne. Batteur aux baguettes. Rick déploie ses ailes et plane au dessus de la rythmique. 

Ben Sidran introduit seul une ballade. La rythmique enchaîne avec le batteur aux balais. Une sombre histoire d'étoiles. Rick Margitza joue le Blues. Cet Américain, domicilié en France, descendant de Tziganes de Hongrie, sait jouer le Blues.

Attaque funky. Gros son de contrebasse. Batteur aux balais. Ben nous explique qu'il n'y a que deux chansons. L'une est le Blues, l'autre ne l'est pas. Ici un Blues de Mose Allison (1927-2016) pianiste natif de Tippo, Mississipi. " I don't care about anything cause I know nothing is gonna be all right ". Bonne définition du Blues. Un Blues joyeux, ironique, rythmé. " L'humour est la politesse du désespoir " (Chris Marker). Ca tourne au boogie woogie, le vrai, avec du feeling. Rick chuinte à souhait pour jouer le Blues. 

PAUSE

Leo Sidran bat le rappel. Son père enchaîne au piano. C'est toujours aussi funky. " Big Brother ". Une chanson sur la surveillance électronique globale. Un Blues classique dans la forme mais pas sur le fond. " Sur des pensers nouveaux faisons des vers antiques " (André Chénier). Ca sonne diablement funky avec Mr Rick Magitza au saxophone ténor. 

Une chanson de Bob Dylan. " Everything is broken ". Cf vidéo sous cet article. Rick Margitza reprend sonnant comme un disciple d'Hank Mobley. Le Blues n'est pas une question de couleur mais de feeling. Rick Margitza l'a. Pas étonnant que Miles Davis qui jouait toujours le Blues, quel que soit le contexte, l'ait recruté comme dernier saxophoniste. 

Une chanson de Ben Sidran. " Don't cry for no hipster ". Toujours le Blues. Ben Sidran introduit seul au piano. La rythmique reprend avec le batteur aux balais. Solo de contrebasse bien pétrie par Billy Peterson. Rick enchaîne avec un gros son, le vibrato qu'il faut. 

Ben Sidran explique ses chansons. " Big Brother " c'est parce que nous ne cherchons pas sur Google, c'est Google qui nous cherche. " Sois positif " dit Léo à son père. " Don't cry for no hipster " c'était positif répond Ben à son fils. Il ajoute que la chanson suivante est, elle aussi, positive.

" Picture him happy ". Cf extrait audio au dessus de cet article. Tic tac de la batterie aux baguettes. Le quartet installe le groove. A nous de hocher la tête et de dire Yes. Rick crée une contre mélodie. Il se lance. Le piano accompagne en ostinato, avec un feeling latino.

Ben Sidran nous explique Bob Dylan, prix Nobel de littérature. Ce qu'il y a de bien dans la musique de Bib Dylan, c'est que personne ne comprend rien à ce qu'il dit. Honnêtement, je ne change pas les paroles. Peut-être les comprendrez vous pour la première fois. Jeu très funky. Une sorte de rap. Une chanson politique. Pas la plus connue des chansons de Robert Zimmerman, natif de Minneapolis, Minnesota, comme Prince. Bon rythme de marche accélérée.

Un nouvel air funky. " Tangle up and Blue ". Petite citation de " Jean-Pierre " de Miles Davis dans le solo de Rick Margitza, " Jean-Pierre " étant lui même une variation sur la vieille berceuse française " Dodo, l'enfant Do ". 

Une autre chanson de Bod Dylan. " Love minus Zero ". Quand on demande à Bob Dylan ce que signifient ses chansons, il répond: " Pourquoi me le demandez vous? Je suis le dernier à qui il faut le demander! " . Une chanson d'amour.

Un air funky, un peu latino. Rick adopte son jeu à ce feeling. Je bats la mesure du pied droit comme mon voisin de derrière dont le pied dépasse. Un morceau instrumental. Rick décolle bien poussé par la rythmique. Solo de contrebasse. Grosse vibration. Pianiste et batteur décortiquent le tempo. Ben Sidran dit " Leo " et son fils se lance dans le premier solo de batterie du concert. En souplesse.

Un Blues. " Times get tougher and tough. Things get rougher and rough ". 

PAUSE

Le quartet est chaud pour jouer un 3e set. J'ai eu ma dose de beauté. La chronique est finie. Rick Margitza n'est pas le saxophoniste habituel de Ben Sidran mais il vit à Paris. De passage en ville, Ben Sidran lui a demandé de jouer dans son quartet. Rick a accepté et le résultat est délectable.

Le quartet de Ben Sidran joue à Paris en France, avec Rick Margitza, au Sunside vendredi 1er et samedi 2 novembre 2019 à 21h30.

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Freedom Duo: Dan Tepfer & Leon Parker. Musique en chantier au Sunside.

Publié le par Guillaume Lagrée

Dan Tepfer & Leon Parker par David TEPFER

Dan Tepfer & Leon Parker par David TEPFER

Dan Tepfer & Leon Parker

Freedom Duo

Le Sunside. Paris.

Mercredi 30 octobre 2019. 20h30.

Concert diffusé en différé dans le Jazz Club d'Yvan Amar sur France Musique

Dan Tepfer: piano, melodica

Leon Parker: percussions, batterie

 

Lectrices aventurières, lecteurs aventureux, je vous ai déjà chanté les louanges du Freedom Duo composé de Dan Tepfer & Leon Parker. Ce soir, on improvise. Ce n'est pas du Pirandello, c'est du Jazz. Ils improvisent vraiment. Pas de répétition, pas de composition, pas de morceau, pas de titre, pas de partition. Ils discutent de tout sauf de musique. Ensuite, ils montent sur scène et ils ne causent plus, ils jouent. 

Leon Parker est toujours adepte du " Moins, c'est Plus " (Less is More in english). Une caisse claire, un tom, une cymbale. Rien de plus, rien de moins à sa disposition sur la scène. 

Dan lance une  vague douce depuis le piano. Bonne vibration. Apaisante. Leon aux balais. Le duo travaille en finesse. Balai main droite, baguette main gauche. Leon Parker varie les sensations. Montée en puissance avec les baguettes. Solo de tambour. Ca roule. Dan relance avec des traits vifs, secs. Ca balance, roule, interagit en permanence. Retour à la délicatesse. Leon joue mezzo voce mais la pulsation reste implacable. Un temps de silence pour être certain qu'ils ont fini puis nous applaudissons. 

Introduction méditative au piano. Leon se lève pour tapoter le piano et marquer le tempo. Il passe aux percussions corporelles en tapant son torse en rythme près du micro. Tout en chantonnant en rythme. Dan au piano. Leon répond en percussions sur son torse. Là aussi, il est rapide et précis. Leon se niche dans le corps du piano 1/4 de queue au couvercle ouvert pour mieux résonner avec les notes. Le tempo s'accélère entre piano travaillé aux cordes et percussions travaillées au corps. Duo de percussions sur le piano. Dan dans les cordes, Leon sur le bois. Sans compter les battements de mains et les claquements de doigts de Leon. Il se rassied et reprend ses baguettes sur ses tambours. Jeu subtilement funky entre piano et batterie minimale. Ca repart sur un air qui balance, quasiment une calypso. Une autre vague chaleureuse nous emporte. Ils se regardent, s'écoutent, se répondent sans parole.

Dan prend une pause pour expliquer la démarche du Freedom Duo. Exploration, improvisation simultanée. Ils parlent de beaucoup de choses ensemble mais jamais de ce qu'ils vont jouer, quand et comment.

Leon lance une sorte de marche militaire sur ses tambours. Dan répond au mélodica avec une sorte de marche triste. Puis il reprend le même thème au piano. Leon maintient le thème de la marche mais Dan commence à le submerger par les ailes depuis le piano. Ca descend puis remonte en puissance. La musique devient plus calme, rêveuse, aérienne. Leon fait des passes magiques en souplesse sur ses tambours. 

Leon se lève et commence en palmas comme disent les Espagnols. Dan, à son tour, tape le corps de son piano comme percussion. Leon passe au scat, sorte de percussion vocale. Dan se lance au piano, dans un air heurté. Nouveaux jeux sonores entre piano, scat et percussions corporelles. Le Freedom Duo crée de l'inouï au sens propre du terme. Complainte du melodica ponctuée par les battements de main de Leon Parker.

PAUSE

Leon installe le rythme aux balais. Dan joue une sorte de marche dans les cordes du piano. Ca balance tranquille. Dan repose les mains sur le clavier. Ca swingue, pardi! La tension monte. Ca accélère, ralentit. Leon nous foudroie à coups de tambours et de cymbales. Ca décolle puis atterrit en douceur. Tout s'arrête pour un son lointain de tambour. Dan est au mélodica. Il sculpte un air chantant. Il joue du piano main gauche et du mélodica main droite. Il se remet entièrement au piano et envoie du bois; Leon aussi. Ca martèle, avance. Ils défrichent la forêt des sons.

Gros coup de fatigue durant ce premier jeu du second set. J'ai école demain et mon cerveau n'est plus en état de suivre la partie. J'abandonne donc ici.

 

Le Freedom Duo n'a pas enregistré d'album. En extrait audio au dessus de cet article une improvisation en solo de Dan Tepfer au piano. La vidéo ci-dessous du Freedom Duo a été enregistrée en concert à Paris, au Sunside, le 9 mai 2018. Chaque concert du duo est improvisé. Aucun ne ressemble à l'autre. Je changerai la vidéo dès que je disposerai de celle du concert objet de cette chronique. 

 

 

La photographie de Dan Tepfer & Leon Parker est l'oeuvre de David TEPFER. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales

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INA Best of Jazz: 163 vidéos de Jazz en France à savourer sans modération

Publié le par Guillaume Lagrée

Lectrices insatisfaites, lecteurs insatiables, si vous n'avez pu assister à tous les concerts de Jazz de vos rêves en France, parce que vous n'étiez pas nés, parce que vous viviez loin de la France ou de ses capitales du Jazz (Paris, Antibes-Juan-les-Pins, Nice essentiellement pour les concerts historiques), parce que vous n'aviez ni le temps ni l'argent pour vous y rendre, rassurez vous. La solution à votre soif de Jazz, votre faim de Swing existe. 

L'Institut National de l'Audiovisuel (INA) qui a pour mission de recueillir, conserver et diffuser les archives audiovisuelles de la République française, a créé une chaîne spéciale Best of Jazz pour nous offrir 163 vidéos de Jazz allant des années 1950 aux années 2000.

Dans le nombre figurent quelques merveilles que le reste du monde envie à la France comme la première émission de télévision de Miles Davis à Paris en 1957 avec le quintette d'Ascenseur pour l'échafaud (Barney Wilen, René Urtreger, Pierre Michelot, Kenny Clarke) ou le seul enregistrement audiovisuel du quartette de John Coltrane avec Mac Coy Tyner (piano), Jimmy Garrison (contrebasse) et Elvin Jones (batterie) jouant " A Love Supreme ". Cela se passait sur la scène du 6e festival international de Jazz d'Antibes-Juan-les-Pins le 26 juillet 1965. Le film cesse au bout de 12'40 mais l'intégralité du concert existe en enregistrement audio. En vente libre sans ordonnance.

Vous y trouverez aussi Louis Armstrong, Billie Holiday, Ella Fitzgerald, Stéphane Grappelli, Dizzy Gillespie, Martial Solal, Michel Legrand, Paolo Conte, Serge Gainsbourg, Eddy Louiss, Didier Lockwood, Vinicius de Moraes, Thelonious Sphere Monk, Rhoda Scott, Richard Galliano, Henri Texier, Keith Jarrett, Aretha Franklin, Michel Petrucciani...

Autant de créateurs célébrés sur ce blog que vous retrouvez filmés et enregistrés en France, en studio ou sur scène, grâce à l'INA. Je me réjouis de voir mes impôts de contribuable français utilisés pour une si bonne cause. Bonne dégustation musicale, lectrices insatisfaites, lecteurs insatiables.

Le film ci-dessous est l'oeuvre de Jean-Christophe Averty bien sûr. Première émission de télévision pour Miles Davis diffusée le 24 décembre 1957 par l'ORTF. Joli cadeau de Noël! Le quintette de Miles Davis joue " Dig ", variation de Jackie Mac Lean sur les harmonies de " Sweet Georgia Brown ". 

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Sélection de concerts de Jazz pour novembre 2019

Publié le par Guillaume Lagrée

Médéric Collignon par Juan Carlos HERNANDEZ

Médéric Collignon par Juan Carlos HERNANDEZ

Resplendissantes lectrices, Eblouissants lecteurs, c'est armé de mauvais goût et de mauvaise foi que je vous propose la sélection suivante de concerts de Jazz pour novembre 2019 en France.

Pour une sélection exhaustive sur l'Ile de France, voyez Paris Jazz Club. Pour la France et l'Europe, voyez Citizen Jazz et Jazz Magazine

Si vous ne pouvez assister aux concerts, écoutez les sur France Musique avec les émissions Jazz Club (pour le présent) et Les légendes du Jazz (pour le passé) et sur TSF Jazz avec Jazz Live

Pour l'actualité du Jazz, écoutez sur la Toile Couleurs Jazz Radio où l'auteur de ce blog sévit dans une émission mensuelle intitulée, notez l'originalité, " Le Jars jase Jazz ". Diffusion le vendredi et le dimanche à 1h du matin et 18h (heure de Paris). Pas de podcast. Audible dans le monde entier avec une connexion à l'Internet. Après Le Jazz, flèche de l'arc caraïbe en juin, juillet et août, les émissions de septembre, octobre et novembre 2019 sont consacrées à L'Afrique, c'est chic! L'Afrique rêvée et vécue par les Jazzmen. Troisième et dernière partie en novembre 2019 avec Donald Byrd, Barney Wilen, Martial Solal, un dialogue entre le Suisse Pascal Schaer au cor des Alpes et le Burkinabé Baba Konaté aux percussions, entre autres grandes délices musicales.

Si vous voulez assister depuis la Toile aux concerts à New York, USA, dans Greenwich Village, pour les clubs Small's et Mezzrow, suivez ce lien. C'est payant certes mais toujours moins cher qu'un séjour dans la Grosse Pomme.

L'exposition " Music Migrations. Paris-Londres. 1962-1989 " est visible et audible au Palais de la Porte Dorée, à Paris, jusqu'au dimanche 5 janvier 2020. Visite vivement recommandée.

Le festival Grands Formats vous permettra d'apprécier une cinquantaine de concerts de grands orchestres de Jazz  partout en France du jeudi 10 octobre au samedi 30 novembre 2019.

Festival Jazzycolors à Paris jusqu'au samedi 30 novembre 2019 parrainé par Bojan Z (piano). Les centres culturels étrangers organisent leur festival de Jazz. Venez découvrir à Paris le Jazz d'Irlande, de Grèce, du Portugal, de Suisse, du Canada, d'Equateur, de Belgique, de Serbie, de Luxembourg, d'Italie... Vous voyagerez avec une faible empreinte carbone et découvrirez des musiciens inconnus des mass media et même des clubs de Jazz. 

Le festival Jazz au fil de l'Oise fera swinguer le Val d'Oise (95) en Ile de France du vendredi 8 novembre au dimanche 22 décembre 2019 avec notamment  les saxophonistes Eric Séva et Sylvain Rifflet déjà célébrés sur ce blog. 

Festival Jazz Vibrations à Malakoff (92) du mardi 5 au samedi 16 novembre avec le nouveau trio " Irréalités augmentées "de Jean-Charles Richard (saxophones) jeudi 7 novembre à 20h30.

Festival Pianomania à Paris du jeudi 14 au mercredi 20 novembre 2019 avec Herbie Hancock, Kenny Barron, Fred Nardin, Sophia Domancich, Bojan Z...

Festival Place au Jazz à Antony (92) du vendredi 22 novembre au dimanche 1er décembre 2019 avec le génial spectacle pour enfants et adultes éveillés Jazzoo 2, Sylvain Rifflet, Pee Bee (spectacle adoptable aussi par des enfants) , Peter Bernstein

Festival Plouer in Jazz à Plouër sur Rance (22), Bretagne, France, vendredi 8 et samedi 9 novembre 2019 avec le quartet de Michel Goldberg, saxophoniste déjà acclamé sur ce blog. 

Vendredi 1er novembre:

- 19h30 & 21h30, Paris, Le Duc des Lombards: Ronald Baker electric sextet. Le trompettiste et chanteur rend hommage à Al Jarreau.

- 20h30, Paris, Le New Morning: Roy Ayers (1940), vibraphoniste, Maître de la fusion entre Jazz, Soul, Funk, Rap, groove toujours.

- 21h, Paris, Le Sunset, Lennie Popkin trio. La Quintessence du Cool. Le Maître de l'effet sans effort apparent. Indispensable.

- 21h30, Paris, Le Sunsidele quartet de Ben Sidran avec Rick Margitza. New York joue à domicile à Paris. 

Samedi 2 novembre:

- 20h30, Paris, Le Bal Blomet. Fred Hersch Trio. Un pianiste reconnu à la fois par ses pairs et le grand public. Cf. vidéo sous cet article.

- 21h30, Paris, Le Sunsidele quartet de Ben Sidran avec Rick Margitza. New York joue à domicile à Paris. 

Mercredi 6 novembre:

- 19h30 & 21h30, Paris, Le Duc des Lombards: Jonathan Jurion avec Jowee Omicil (saxophoniste canado-haïtien reconnu à New York)

- 20h30, Paris, Studio de l'Ermitage: Leila Olivesi Nonet. Concert de sortie de l'album " Suite Andamane ", acclamé sur ce blog. 

Jeudi 7 novembre:

- 20h30, Les Lilas (93), Le Triton: Louis Sclavis Quartet " Charachters on a wall " avec Benjamin Moussay (piano), Sarah Murcia (contrebasse) et Christophe Lavergne (batterie). Un Quartet de chercheurs et de trouveurs. 

- 20h30, Paris, Le New Morning: Joe Lovano en trio sans contrebasse avec Marilyn Crispell (piano) & Carmen Castaldi (batterie). Carmen est un homme. Joe Lovano aussi. Pas Marilyn Crispell. Le trio " Tapestry " n'est pas du genre à faire tapisserie. 

Vendredi 8 novembre:

- 20h, Evry (91), théâtre de l'Agora: " Short songs " le trio chansons de Patrice Caratini (contrebasse), Rémi Sciutto (saxs) & Hildegarde Vanslawe (chant) déjà porté aux nues sur ce blog. 

- 20h30, Les Lilas (93), Le Triton: Michel Portal en duo avec Roberto Negro (piano).  Un dialogue France-Italie forcément créatif.

- 21h30, Paris, Le Sunside: le nouveau trio Jazz d'Alain Jean-Marie (piano) avec Daryl Hall (contrebasse) et John Betsch (batterie). La Classe, simplement la Classe. 

Samedi 9 novembre, 21h30, Paris, Le Sunside: le nouveau trio Jazz d'Alain Jean-Marie (piano) avec Daryl Hall (contrebasse) et John Betsch (batterie). La Classe, simplement la Classe. 

Mercredi 13 novembre:

- 19h30 & 21h30, Paris, Le Duc des Lombards: le quartet électrique Kneebody dont fait partie le saxophoniste Ben Wendel. Sa seule présence justifie le déplacement. Cf extrait audio au dessus de cet article. 

- 20h30, Paris, Le 38 Riv: Robin Mansanti trio avec Alain Jean-Marie (piano) et Jean Bardy (contrebasse). Un hommage à Chet Baker par deux de ses anciens accompagnateurs et un jeune trompettiste et chanteur français qui en est la réincarnation. Sans les démons intérieurs, espérons le!

Jeudi 14 novembre, 19h30, Paris, Espace JemmapesTricia Evy (chant), Médéric Collignon (trompinette) et Yvan Robilliard (piano) rendent un hommage tout à fait personnel à Ella Fitzgerald, Louis Armstrong & Duke Ellington. Cf. photographie au dessus de cet article. Grincheux et fâcheux, s'abstenir.

Concert organisé par Couleurs Jazz Radio où sévit l'auteur de ce blog dans une émission mensuelle intitulée, notez l'originalité, " Le Jars jase Jazz ". Diffusion le vendredi et le dimanche à 1h du matin et 18h (heure de Paris). Pas de podcast. Audible dans le monde entier avec une connexion à l'Internet. Après Le Jazz, flèche de l'arc caraïbe en juin, juillet et août, les émissions de septembre, octobre et novembre 2019 sont consacrées à L'Afrique, c'est chic! L'Afrique rêvée et vécue par les Jazzmen. Troisième et dernière partie en novembre 2019 avec Donald Byrd, Barney Wilen, Martial Solal, un dialogue entre le Suisse Pascal Schaer au cor des Alpes et le Burkinabé Baba Konaté aux percussions, entre autres grandes délices musicales.

Samedi 16 novembre, 20h30, Paris, New Morning: Otis Taylor, le Blues Colossus. Indispensable.

Dimanche 17 novembre, 19h30, Paris, New Morning: Christian Scott Atunde Adjuah, Grand Maître de la Stretch Music et de la Nouvelle Nouvelle-Orléans

Mardi 19 novembre, 21h30, Paris, Baiser Salé: Elie Martin Charrière présente son nouveau quartet H3+. Chauffeur, suivez ce pianiste!

Jeudi 21 novembre, 21h, Suresnes (92), Salle des fêtes de Suresnes: Leçon de Jazz d'Antoine Hervé (piano). Ray Charles avec Emmanuel Pi Job (guitare, chant). Réjouissez vous, resplendissantes lectrices, éblouissants lecteurs, les leçons de Jazz d'Antoine Hervé reprennent à Suresnes! Je les ai suivi attentivement à Paris de 2009 à 2013. Les articles sur ces Leçons sont toujours les plus lus sur ce blog en 2019.

Vendredi 22 novembre:

- 21h, Paris, Le Sunset: Eddie Gomez Quartet. Monsieur Contrebasse est dans la place. 12 ans dans le quartet de Bill Evans, ça vous pose un homme. 

- 21h, Paris, le Baiser Salé: Josiah Woodson Quintet. Avec Riccardo Izquierdo (sax ténor). Un jeune trompettiste américain aux influences caribéennes. 

Samedi 23 novembre:

- 20h, Les Lilas (93), Le TritonBenjamin Moussay seul face à son piano. Esprits curieux bienvenus dans le public.

- 20h30, Boulogne-Billancourt (92), La Seine Musicale: Tigran Hamasyan trio avec l'orchestre symphonique du Luxembourg. Une nouvelle aventure musicale du génie arménien du piano.

- 21h, Paris, Le Sunset: Eddie Gomez Quartet. Monsieur Contrebasse est dans la place. 12 ans dans le quartet de Bill Evans, ça vous pose un homme. 

Lundi 25 & mardi 26 novembre, 19h30 & 21h30, Paris, Duc des Lombards: Patricia Barber (piano, chant) en trio. La classe à l'américaine. 

Mercredi 27 novembre, 20h30, Paris, Le New Morning: Mike Stern & Jeff Lorner fusio band. Mike Stern, ancien guitariste de Miles Davis avec Dennis Chambers, ancien batteur de Georges Clinton. Funkissimo!

Jeudi 28 & vendredi 29 novembre, 21h30, Paris, Le Baiser Salé: carte blanche à Roger " Kemp " Biwandu, batteur déjà acclamé sur ce blog. 

Vendredi 29  et samedi 30 novembre, 19h30 & 21h45, Paris, Le Duc des Lombards: Le Sand Quintet d'Henri Texier déjà triomphal sur ce blog. 

Samedi 30 novembre, 20h30, Courbevoie (92), Espace Carpeaux: Monty Alexander, pianiste jamaïcain qui mêle jazz, calypso, reggae avec goût et joie depuis 60 ans. 

 

La photographie de Médéric Collignon est l'oeuvre de l'Irrésistible Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales

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