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Festivals de Jazz à Paris et Genève en octobre 2015

Publié le par Guillaume Lagrée

Lectrices Hot, lecteurs Swing, pour le mois d'octobre 2015, je ferai au plus simple en vous recommandant deux festivals:

- Jazz sur Seine, à Paris et en Ile de France, du vendredi 9 au samedi 24 octobre. Au programme, 20 clubs, 120 concerts, 450 musiciens. Passe à 40€ pour 3 concerts dans 3 clubs différents. Showcases pour les professionnels de la profession mais ouverts au public sur réservation, ateliers d'initiation au Jazz pour les enfants, master classes pour les musiciens ouvertes au public. A noter: le Becca Stevens Band dont l'album " Perfect animal " fera bientôt l'objet d'un article élogieux sur ce blog en concert le jeudi 22 octobre à 20h30 au New Morning (concert unique en France). LE festival annuel des clubs de Jazz à Paris et en Ile de France.

- Jazz Contreband, dans le Genevois, sur Suisse et sur France, du jeudi 1er au samedi 24 octobre. 21 lieux, 56 concerts. A noter, par exemple, le concert du quartet de Jérôme Sabbagh, saxophoniste ténor souvent louangé sur ce blog, le samedi 24 octobre 2015 à 21h30 à l'AMR à Genève.

N'oubliez pas, par ailleurs, la tournée française du pianiste arménien Tigran Hamasyan et du Choeur de chambre d'Etat de Yerevan dans le programme " Luyz i Luso ". Indispensable.

La photographie de Jérôme Sabbagh est l'oeuvre du Fougueux Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Jérôme Sabbagh par Juan Carlos HERNANDEZ

Jérôme Sabbagh par Juan Carlos HERNANDEZ

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L'art de la chanson selon Guy Béart (1930-2015)

Publié le par Guillaume Lagrée

Lectrices chanteuses, lecteurs français, voici que le quatrième Grand B de la chanson française nous a quitté le 16 septembre 2015.

Après Jacques Brel, Georges Brassens et Barbara, Guy Béart.

Des experts en chanson française vous raconteront longuement sa carrière, vous feront remarquer qu'il était ingénieur diplômé des Ponts et Chaussées alors que Boris Vian et Antoine ont fait Centrale.

Des complotistes feront remarquer qu'il était né Guy Béhar Hassan au Caire.

Des politiques vont le récupérer, plutôt à droite, puisqu'il n'était pas encarté à gauche.

Il peut aussi servir à gauche puisqu'il était un exemple d'intégration républicaine par l'étude et le travail.

La presse people rappellera que sa fille Emmanuelle était devenue plus célèbre que lui et que Serge Gainsbourg l'avait engueulé en direct à la télévision mais qu'il ne s'était pas laissé faire.

Guy Béart estimait que la chanson devait respecter quatre grandes règles:

- avoir une vraie mélodie,

- enchanter les enfants,

- séduire les femmes,

- faire passer aux hommes un message de contrebande.

Je ne saurais mieux dire.

Après une rupture amoureuse où j'étais malade comme un chien d'avoir été abandonné, je découvris une merveilleuse chanson de Guy Béart, " Les grands principes " (1965) qui correspondait tellement à cette femme que je dédramatisai aussitôt la situation.

Paroles et musique de Guy Béart, à chanter joyeusement, évidemment:

Aujourd'hui les filles s'émancipent

Et vous parlent de leurs grands principes

Puis elles font comme leur maman

En vertu des grands sentiments

Elle aussi avait ses phrases types

Et me parlait de ses grands principes

Puis n'agissait n'importe comment

En vertu des grands sentiments

Elle aimait aussi vivre en équipe

Toujours en vertu des grands principes

Mais me surveillait jalousement

En vertu des grands sentiments

Elle allait au Louvre avec Philippe

Toujours en vertu des grands principes

Mais faisait la foire avec Armand

En vertu des grands sentiments

Elle me soigna pendant ma grippe

Toujours en vertu des grands principes

Puis elle me quitta bien portant

En vertu des grands sentiments

Elle épousa vite un autre type

Toujours en vertu des grands principes

Mais elle prit un nouvel amant

En vertu des grands sentiments

Il faudra qu'un beau jour je l'étripe

Toujours en vertu des grands principes

Mais que je le fasse élégamment

En vertu des grands sentiments

Je lui porterai quelques tulipes

Toujours en vertu des grands principes

Mais je pleurerai abondamment

En vertu des grands sentiments

Mais je pleurerai abondamment, maman

En vertu des grands sentiments

Guy Béart était aussi un Maître dans l'art de la chanson érotique qui dit tout sans rien dévoiler, comme avec " Chandernagor ".

Enfin, il aimait le Jazz comme le prouve cette émission en direct à la télévision française en 1973 où il souhaitait la Bienvenue à Duke Ellington (1899-1974) comme le Duke l'aimait, avec des bons musiciens (Michel Gaudry à la contrebasse, Daniel Humair à la batterie, Bill Coleman à la trompette, Guy Laffitte au sax ténor, Mickey Baker à la guitare, Aaron Bridgers au piano) et des jolies femmes.

RIP Guy Béart. Vos chansons vous survivront.

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Tigran Hamasyan & Yerevan State Chamber Choir " Luys i Luso "

Publié le par Guillaume Lagrée

Tigran Hamasyan &

Yerevan State Chamber Choir

" Luys i Luso "

ECM. Sortie le 4 septembre 2015

En tournée en France en octobre 2015

Jeudi 8 octobre à 20h30: Cathédrale, Lille, Nord, Nord Pas-de-Calais

Vendredi 9 octobre à 20h: Auditorium, Lyon, Rhône, Rhône-Alpes

Samedi 10 octobre à 20h: Cathédrale Saint Christophe, Belfort, Territoire de Belfort, Franche Comté

Lundi 19 octobre à 20h30: Théâtre, Angoulême, Charente, Poitou Charentes

Mardi 20 octobre à 20h30: église Saint Sulpice, Paris, Ile de France

Mercredi 21 octobre à 20h30: Eglise de Bezouce, Gard, Midi Pyrénées

Jeudi 22 octobre à 20h30: Abbaye Saint Victor, Marseille, Bouches du Rhône, Provence Alpes Côte d'Azur

Tigran Hamasyan est né en Arménie en 1987. C'est là que le pianiste et producteur français Stéphane Kochoyan le découvrit en l'an 2000. Stupéfait par le génie de ce garçon de 13 ans, il l'emmena aussitôt en France le présenter à tout le monde. Le manager de Charles Aznavour le prit sous son aile et d'Arménie, via la France, Tigran Hamasyan partit pour les Etats-Unis d'Amérique conquérir le monde. C'est en Suisse, à Lausanne, au club Chorus que je le découvris en 2003, accompagné des frères Le Van. Il avait 16 ans et m'impressionna immédiatement. Un Mozart du Jazz venait de surgir d'Arménie. Depuis, je le suis ou le perds, selon ses diverses aventures musicales. Par définition, les génies sont difficiles à suivre pour les simples mortels. Je recommande toujours son unique et superbe album solo " A Fable " (2011). J'avais alors réalisé une entrevue avec lui et une chronique d'un concert mémorable au théâtre du Châtelet à Paris.

Aux Etats Unis, Tigran Hamasyan se passionne pour toutes sortes de musique, du hard bop au hip hop, de la pop au hard rock suédois, de l'électro à la techno. Il sembla même un moment renier son identité en s'appelant Tigran, enlevant son nom Hamasyan qui sentait trop bon le papier d'Arménie.

En 2015, les Arméniens du monde entier commémorent leur génocide dont la négation est interdite en France en vertu d'une loi prise à l'initiative du député Patrick Devedjian.

Pour son premier album sur le label bavarois ECM (Echoes of Contemporay Munchen disent les Berlinois), Tigran Hamasyan s'est purifié dans ses sources, revisitant le chant religieux arménien du V° au XIX° siècle, allant à l'essentiel: un piano acoustique et une chorale mixte.

Le pari est tenu. La pureté spirituelle de cette musique est respectée et elle est rendue accessible aux oreilles occidentales contemporaines par l'ajout d'un piano qui, en soi, n'est ni utile ni nécessaire pour ce genre de musique mais qui, ici, le devient.

Tigran Hamasyan est un vrai Jazzman mêlant la sophistication harmonique à la complexité rythmique (essayez de chanter en 13/16!) et il est Arménien, où qu'il vive, quoi qu'il joue.

L'identité nationale arménienne est indissociable du christianisme oriental. Cette langue et cette culture sont vivants. Le génocide de 1915 n'a pu les faire disparaître. L'album Luys i Luso de Tigran Hamasyan et du Choeur de chambre de Yerevan en est une nouvelle preuve qui défie par la Beauté, génocidaires et négationnistes de tout acabit.

Cette musique est à découvrir, dans toute l'Europe, d'Est en Ouest, du Nord au Sud, au fil de 100 concerts . La tournée française aura lieu en octobre 2015. Les dates et lieux sont indiqués au début de cet article.

La photographie de Tigran Hamasyan est l'oeuvre du Vertueux Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Tigran Hamasyan par Juan Carlos HERNANDEZ

Tigran Hamasyan par Juan Carlos HERNANDEZ

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RECLAME:Trophées du Sunside 2015

Publié le par Guillaume Lagrée

Lectrices sélectives, lecteurs exigeants, je fus juré des Trophées du Sunside en 2012. Je ne peux plus l'être.

Voici les primés pour l'an 2015.

MEILLEUR GROUPE
1er prix : Frédéric PERREARD Trio
2ème prix : Florian MARQUES Quintet

MEILLEUR SOLISTE
1er prix : Ann SHIRLEY (chant)
2ème prix : Anthony JAMBON (guitare)

PRIX MEILLEURE COMPOSITION
Xavier ROUMAGNAC Eklectik Band

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Festival des Nuits de nacre à Tulle (19) du 17 au 20 septembre 2015

Publié le par Guillaume Lagrée

Festival des Nuits de nacre

Tulle, Corrèze, Limousin, France

du jeudi 17 au dimanche 20 septembre 2015

Lectrices au piano, lecteurs à bretelles, retrouvez vous du jeudi 17 au dimanche 20 septembre 2015 dans le département qui offre à la France des présidents de la République et des accordéons, la Corrèze, pour le Festival des Nuits de nacre, à Tulle.

Thème pour 2015: du Jazz au Jazz manouche.

Avec notamment les deux Marcel, Azzola et Loeffler, Richard Galliano.

" Accordez, accordez, accordez donc l'aumône à l'accor, l'accordéon " (Serge Gainsbourg).

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Jim Funnell's Word Out " Spirit of the snail "

Publié le par Guillaume Lagrée

Jim Funnell's Word Out

" Spirit of the Snail "

Produit par Jim Funnell

Sortie le mardi 22 septembre 2015

Concert de sortie à Paris, Ile de France, France,

au Sunside, le mardi 22 septembre 2015 à 19h30.

Jim Funnell: piano, compositions sauf indications contraires

Olivier De Gabriele: contrebasse

Thibault Perriard: batterie

Isabelle Olivier: harpe

Lectrices cosmopolites, lecteurs xénophiles, comme vous le savez, la devise de l'Union européenne est " Unis dans la diversité ". En politique, cela reste à prouver. En musique, le Britannique Jim Funnell, le Maltais Olivier de Gabriele et le Français Thibault Perriard le démontrent à chaque fois qu'ils jouent ensemble. Je vous ai déjà chanté les louanges de ce trio en concert et en studio. Cet accord de tierce est désormais augmenté par la présence de la harpiste Isabelle Olivier. Oubliez tout ce que vous croyez savoir sur la harpe. Isabelle Olivier n'est ni un alibi féministe pour un trio masculin, ni un alibi classique pour un trio Jazz. Sa harpe sonne comme une kora d'un Maître mandingue.

Le premier morceau " Spirit of the snail " (l'esprit de l'escargot) définit bien cette musique: la lenteur et la spirale intérieure. Cette musique est le fruit d'une réflexion sur les rythmes, les sons, les couleurs, rare dans la production Jazz actuelle. Tellement rare que cette musique est auto produite tant elle sort des normes de l'industrie spectaculaire marchande.

Elle oscille dans un subtil balancement entre un trio Jazz délicieusement funky et un quartet plus inouï dans sa matière sonore.

Les rythmes sont complexes car le pianiste a l'habitude de jouer avec des percussionnistes africains, du Ghana notamment. Les sons sont étranges, dans cette fusion entre harpe et piano.

Cette complexité, cette étrangeté ne dérangent pas, ils stimulent l'auditeur curieux, l'auditrice attentive.

Cette diversité se trouve aussi dans les titres (en français, anglais et allemand) et la durée des morceaux.

Le leader est un Anglais. Il n'oublie pas son identité avec " Stonehenge " le 13e et dernier titre de l'album.

Bref, que vous vouliez stimuler vos oreilles, votre cerveau ou vos jambes, entrez dans l'Esprit de l'escargot de Jim Funnell and Co!

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La Nouvelle Orléans: la Renaissance

Publié le par Guillaume Lagrée

Lectrices Hot, lecteurs Swing, le Jars jasant Jazz en français, il ne pouvait manquer de jaser sur la ville natale de cette musique, La Nouvelle Orléans en Louisiane, aux Etats-Unis d'Amérique, une ville fondée par des Français et dont le maire, Mitch Landrieu, est d'ascendance française.

Un proverbe américain dit:

" Il existe trois villes aux Etats Unis: New York, San Francisco et La Nouvelle Orléans. Tout le reste, c'est Cleveland ".

Remarquez que ces trois villes sont intimement liées au Jazz: La Nouvelle Orléans pour le Jass, New York pour le Swing, le Be Bop, le Hard Bop, la Salsa, le Free Jazz, le Jazz Fusion et San Francisco pour le Cool Jazz.

Ce blog a déjà évoqué La Nouvelle Orléans d'hier:

- Jelly Roll Morton

- Louis Armstrong

- " La conjuration des imbéciles " de John Kennedy Toole

et d'aujourd'hui:

- Louisiana Soundtrack

- Christian Scott

- " Après le déluge " de Joy Castro, un polar sur l'après Katrina:

- un reportage radiophonique d'étudiants

- les " Nola Improvisations " du guitariste français Pierre Durand.

sans oublier d'hier à aujourd'hui:

- la plantation Whitney, premier musée de l'esclavage aux Etats-Unis d'Amérique.

L'ouragan Katrina a frappé La Nouvelle Orléans le 29 août 2005 faisant 1800 morts ou disparus, un million de sans abris, frappant essentiellement les quartiers pauvres, noirs, situés en zone inondable (80% de la ville sous l'eau). Au bout de deux jours, le président George Bush Jr interrompit ses vacances au Texas pour survoler la ville inondée à bord d'Air Force One. La Nouvelle Orléans est une ville noire et démocrate.

10 ans après, l'hebdomadaire français Courrier International fait le bilan de la reconstruction dans différents domaines sous le titre " La Nouvelle Orléans: la Renaissance ":

- la gastronomie avec le chef John Besh

- la culture noire avec l'écrivain Kristina Kay Robinson

- le Jazz avec la chanteuse Banu Gibson et le New Orleans Jazz Market

- l'urbanisme

- la musique pour lutter contre la délinquance avec la fondation Trumpet No Guns dans une des 3 villes les plus criminogènes des Etats-Unis d'Amérique

Les sources sont les journaux locaux:

- The Times Picayune

- Offbeat

- Eater

- The Advocate

La Nouvelle Orléans se reconstruit par son ADN: art, métissage et créativité.

Une prière juive dit (Psaume 137): " 5. Si je t'oublie, Jérusalem, Que ma droite m'oublie! 6 Que ma langue s'attache à mon palais, Si je ne me souviens de toi, Si je ne fais de Jérusalem Le principal sujet de ma joie! "

Un standard du Jazz dit lui " Do You know what it means to miss New Orleans and miss it night and day ? "

Longue et Grande vie à La Nouvelle Orléans!

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Festival Au Sud du Nord (91) du 4 au 27 septembre 2015

Publié le par Guillaume Lagrée

Festival Au Sud du Nord

Essonne, Ile de France, France

du vendredi 4 au dimanche 27 septembre 2015

Lectrices du Sud, lecteurs du Nord, retrouvez vous au festival Au Sud du Nord, du vendredi 4 au dimanche 27 septembre, en ville comme à la campagne, dans le département de l'Essonne, région Ile de France, en France.

Voici ma sélection parfaitement arbitraire au sein de ce riche programme:

- vendredi 4 septembre à 20h au théâtre municipal d'Etampes: Jacques Vidal Quintet " Cuernavaca " (hommage à Charles Mingus) + " Shadows " de John Cassavetes (BO de Charles Mingus et Shafi Hadi)

- vendredi 11 septembre à 20h30 à l'espace Concorde d'Arpajon: soirée Caraïbes avec le trio de Grégory Privat et Sakesho

- samedi 12 septembre de 17h30 à 0h à la Ferté Alais: David Patrois Trio et Stéphane Guillaume Quartet .

-samedi 19 septembre de 11h30 à 0h à Cerny: village associatif et citoyen + marché paysan = Patrice Caratini Trio " Short Songs " déjà louangé sur ce blog. Enfants, emmenez vos parents. Cela les instruira en les divertissant, la meilleure méthode d'éducation qui soit.

- mercredi 23 septembre à 20h30, salle Cassin, Landy: La maison Texier, Jazzmen de père en fils. Sébastien Texier (le fils) Organic Quartet puis Henri Texier (le père) " L'art dit " trio.

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Nico Morelli Trio au Bab Ilo

Publié le par Guillaume Lagrée

Nico Morelli Trio

Paris. Le Bab Ilo.

Vendredi 28 août 2015. 20h30.

Nico Morelli : piano

Tom Mac Kenzie : contrebasse

Brian Carter : batterie

Invitée :

Tiphaine Fauchois : ngoni, chant

« Bye bye Blackbird ». Un standard célébrissime. C’est le titre de l’album que Keith Jarrett a enregistré en trio pour rendre hommage à Miles Davis, après sa mort, en 1991. Le seul album de ce trio qui dégage de l’émotion. Le piano droit du Bab Ilo sonne comme il peut. Le bassiste ne joue pas debout mais assis sur un tabouret. Le batteur est aux balais pour cette ballade. Ca sonne frais par cette chaleur. C’est l’ouvrier qui fait l’outil mais Nico Morelli mériterait un meilleur piano. Avec 20 personnes, la salle est pleine. A une dizaine, nous sommes bien. Le batteur a repris les baguettes. Ca swingue. Massé énergiquement, le piano s’est débarrassé de ses scories et sonne de mieux en mieux. Retour aux balais pour le solo de contrebasse. Le pianiste commente son solo quand une note lui plaît particulièrement. Breaks toniques du batteur, aux baguettes. Retour aux balais pour le thème joué en trio jusqu’au final.

« All Blues » (Miles Davis). La rentrée approche. Soirée révision des classiques. Ostinato de la main gauche du pianiste, vibrato de la contrebasse sous l’archet, batteur aux balais. C’est bien le thème mais il y a une recherche sonore intéressante. Le contrebassiste remplace les cuivres puis revient à la pulsation en pizzicato quand le pianiste prend la main. Ca tourne bien. Dans l’original (album « Kind of Blue » de Miles Davis) la musique est une toupie qui tourne autour d’un point fixe, la batterie de Jimmy Cobb, le seul survivant de la séance d’ailleurs.

Le piano introduit par un solo swinguant et sautillant « Lullaby of birdland ». Aussitôt la voix de la Divine Sarah Vaughan résonne en moi. Solo de batterie bien funky, sec, vif, précis.

Enchaînement immédiat sur « Night in Tunisia » (Dizzy Gillespie). Joli travail. Le public n’a même pas eu le temps d’applaudir.Ca attaque vite et fort mais sans répétition. Bref, ça swingue ! Ce standard fut composé en 1942 par Dizzy Gillespie sur le couvercle d'une poubelle d'après Art Blakey, témoin de la scène.

Arrivée de l’invitée, Tiphaine Fauchois qui joue du ngoni, instrument traditionnel africain, comme Don Cherry.

« Je suis lasse » (Tiphaine Fauchois). Les cordes de la contrebasse entrent en résonnance avec celles du ngoni. L’artiste, qui est manifestement aussi africaine que moi, a l’intelligence de ne pas jouer de façon traditionnelle. Elle crée du neuf avec un instrument ancien. La rythmique joue Jazz. Elle chante en français un texte sur la difficulté d’être créatrice. Il y a de l’espoir tout de même sinon elle ne jouerait et ne chanterait plus. « Je suis lasse et ça m’agace. Je suis lasse et ça m’angoisse. Je me déplace comme une limace ». La musique a changé d’ambiance. Le son est plus surprenant et c’est charmant. Cette demoiselle me déçoit en bien.

« Just the two of us » (Bill Withers), un classique de la Soul Music (1980). Joué ici par un trio de Jazz augmenté d’un ngoni. Musicalement, ça le fait. Vocalement, non. La voix de la chanteuse est trop blanche et trop haute pour cette chanson. Bassiste et batteur ajoutent leur voix. C’est leur culture. Ils sont à l’aise sur cette chanson.

Retour au trio Jazz pour « Les feuilles mortes » de Jacques Prévert et Vladimir KosmaAutumn leaves » in english), joué avec les arrangements de Michel Petrucciani. Solo de piano pour commencer. Bon feeling. Bassiste et batteur arrivent aux balais. Ca pulse puissamment comme si les battoirs de Michel Petrucciani renaissaient ce soir. Le batteur est repassé aux baguettes et ça swingue, saperlipopette ! Duo trépidant entre le contrebassiste et le batteur aux balais. Ils attisent la flamme du Jazz. Le pianiste regarde le bassiste et ponctue de temps en temps. Le batteur est de nouveau aux baguettes. La tension monte jusqu’à exploser dans le piano et les breaks de batterie. Beau bouquet final comme on dit en pyrotechnie.

Le concert est déjà fini. Un 2e concert avait lieu à 22h. Un concert au Bab Ilo coûte 10,50€ par personne, consommation comprise, soit 3 fois moins que dans les clubs de la rue des Lombards. Pour des musiciens de cette qualité, c’est donné. Evviva Nico Morelli !

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Festival Jazz Métis à Montreuil (93) du 28 août au 6 septembre 2015

Publié le par Guillaume Lagrée

Festival Jazz Métis

Montreuil, Seine-Saint-Denis, Ile de France, France

Du vendredi 28 août au dimanche 6 septembre 2015

Lectrices géographes, lecteurs démographes, il ne vous a pas échappé que la ville de Montreuil (anciennement Sous Bois) est métisse comme le Jazz.

C'est donc en toute logique que le trompettiste, bugliste et compositeur français Nicolas Genest a créé à Montreuil un festival Jazz Métis mêlant Jazz et musiques du monde qui en est à sa 5e édition en 2015. La seule ligne directrice est le bon plaisir du programmateur qui se réserve plusieurs concerts, avec différents groupes et différentes musiques tout au long du festival.

Voici ma sélection dans cette programmation épicée et colorée:

Vendredi 28 août à 20h30: Macha Gharibian, pianiste, compositrice, chanteuse louangée à plusieurs reprises sur ce blog.

Samedi 29 août à 20h30: Kartet avec Guillaume Orti (sax alto), Benoît Delbecq (piano), Hubert Dupont (contrebasse) et Francisco Cassavella (batterie). Stimulez vos neurones avec Kartet.

Jeudi 3 septembre à 20h30: le duo Magic Malik (flûte) et Sarah Murcia (contrebasse), deux artistes bien connus des fidèles lecteurs de ce blog.

Dimanche 6 septembre à 17h: Nicolas Genest Hati, lui aussi célébré sur ce blog.

La photographie de Sarah Murcia est l'oeuvre du Charmant Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Sarah Murcia par Juan Carlos HERNANDEZ

Sarah Murcia par Juan Carlos HERNANDEZ

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