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Daniel Humair Trio remue le Bal Blomet

Publié le par Guillaume Lagrée

Daniel Humair par Juan Carlos HERNANDEZ

Daniel Humair par Juan Carlos HERNANDEZ

Daniel Humair Trio

Le Bal Blomet

Jeudi Jazz Magazine

Paris. Jeudi 31 janvier 2019. 20h30.

Daniel Humair: batterie

Jérôme Regard: contrebasse

Pierre Durand: guitare électrique

 

" Good Moods " (Joachim Kühn). Une composition du pianiste teuton, vieux complice de Daniel Humair. Une musique de conversation comme l'a présenté le chef. le dialogue s'installe petit à petit. Les cymbales tintent sous les baguettes, la contrebasse impulse, la guitare, légèrement en arrière, mystérieuse. Les fils s'entrelacent et la musique monte en puissance, de plus en plus coordonnée. Ca monte, éclate mais sans se répandre. Ce sont des hommes de goût. Joli trot de la batterie.

" Unicorn captivity " (Jane Ira Bloom). Une histoire de licorne captive, semble t-il. Manifestement, la licorne ne subit pas son sort sans rechigner. Elle piétine, hennit de rage et cela s'entend. Beau ping pong entre guitare et batterie. 3 solistes échangent. Ca y est, le trio est parti. La licorne s'est enfuie, au grand galop. Premier solo de contrebasse majestueux, nuageux. Le batteur du trio est passé aux balais. La guitare forme un nuage de sons. La licorne est heureuse et libre en forêt. Premier solo du batteur aux baguettes. La marmite bout. Normal avec un cuisinier aussi avisé aux fourneaux. Vibration puissante sortie des peaux. Ponctuée de coups de cymbales ultra vifs, secs, précis. 

" Mutinerie " (Michel Portal). Cf extrait audio avec un autre groupe de Daniel Humair sous cet article. Nous jouons de la musique de jeunes pour qu'ils touchent des droits d'auteur annonce Daniel Humair (1938) à propos de Michel Portal (1935). Grosse tensions sur les tambours malaxés aux baguettes. La guitare ajoute sa lame de fond, reprenant la partie de clarinette jouée par Michel Portal. C'est aussi efficace. Son de guitare trafiqué avec goût. Grosse pulsation de la contrebasse poussée par le batteur aux baguettes. Tout se calme pour un solo de guitare en douceur. Solo au ralenti de la contrebasse ponctué par une grosse onde de trompette. Ca repart doucement entre le contrebassiste et le batteur qui hache menu aux baguettes. Daniel Humair travaille les bords de caisse puis les cymbales. Son africain de la guitare. Retour au thème en trio. 

" Les amants " (Pierre Durand). Une ballade mais le batteur reste aux baguettes impulsant avec la basse. La guitare tire sa pelote doucement. 

" Genevalmagame " (Daniel Humair). Les souvenirs de jeunesse du Genevois Daniel Humair. 1ère partie. 2e partie. 3e partie. Et après on mange une fondue. Le tout dit avec l'accent romand évidemment. Ca commence en rayonnant comme le soleil qui surgit au dessus des Alpes pour briller sur le Lac Léman. Ca s'agite tout à coup. Bagarre de canards sur le lac, ou bien? La guitare tranche la viande des Grisons pendant que le batteur et le bassiste touillent la marmite à fondue. Aux 3 fromages pour le trio, forcément. Attention au gage! Malaxage aux baguettes. La guitare devient plus planante comme les faucons pèlerins qui descendent du Jura sur la ville de Genève au printemps. 

" Road to perdition " thème final du film éponyme ( en français, " Les sentiers de la perdition ". Sam Mendes 2002 avec Tom Hanks, Paul Newman, Jude Law et Daniel Craig).  Un film sur la Mafia irlandaise aux Etats-Unis pendant la Grande Dépression. Joli thème en effet. Elégant. Belle envolée. 

Solo de contrebasse pour commencer. Le batteur ponctue subtilement à petits coups secs et précis. La guitare crée une ambiance. Ca part en ballade, note par note. Le batteur entame une marche militaire alors que la batterie joue comme un air de flûte. Ca sonne comme une chanson de troupe modernisée. C'était une musique de film sur l'IRA puis une variation irlandaise de Pierre Durand. 

" Jim Dine " tiré de l'album " Modern Art " de Daniel Humair. Une composition du peintre suisse Daniel Humair en hommage à son collègue américain Jim Dine (1935). Ca secoue dur, s'arrête, repart groupé. La musique s'organise, marche à pas de loup, devient un Blues. La guitare au dessus bien poussée par la rythmique qui tient implacablement et souplement la pulsation. Solo du batteur aux baguettes. Daniel Humair a maigri mais n'a rien perdu de sa puissance volcanique. Le trio repart, guitare en tête. Duo contrebassiste & batteur aux baguettes. Ils pétrissent fermement la pâte sonore pour la faire lever.

RAPPEL

Le générique de fin de " Dirty Harry " (Lalo Schifrin). Clint Eastwood est tellement fou de Jazz que son fils, Kyle, joue de la contrebasse. 

Madame M-H poursuit sa découverte du Jazz actuel. Un peu dérangée par le désordre qui régnait au début du concert, elle a préféré quand la musique s'est organisée et canalisée par la suite, sans rien perdre de son énergie vitale. 

La photographie de Daniel Humair est l'œuvre du Genevois Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette œuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales. 

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Ecoutez le Jars jase Jazz sur Couleurs Jazz Radio!

Publié le par Guillaume Lagrée

Martial Solal par Juan Carlos HERNANDEZ

Martial Solal par Juan Carlos HERNANDEZ

Infatigables lectrices, insatiables lecteurs, si la lecture de ce blog ne vous suffit plus, sachez que vous pouvez désormais écouter l'auteur de ces lignes sur Couleurs Jazz Radio, la radio associative des musiciens de Jazz et des musiques associées.

Titre de l'émission: Le Jars jase Jazz, en toute simplicité.

Premières diffusions: vendredi 8, vendredi 15 et vendredi 22 février à 19 h; dimanche 17 février à 18 h, jeudi 21 février 2019 à 1 h (heure de Paris).  

La première émission, garantie sans colorant ni conservateur, sera consacrée aux duos piano & trompette.

Martial Solal y figurera. 

La photographie de Martial Solal est l'œuvre du Sidérant Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette œuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

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Martial Solal Jazz Back à Gaveau

Publié le par Guillaume Lagrée

Martial Solal par Juan Carlos HERNANDEZ

Martial Solal par Juan Carlos HERNANDEZ

Martial Solal improvise

Paris. Salle Gaveau.

Les concerts de Monsieur Croche

en symbiose avec Jazz Magazine

Concert diffusé en différé par France Musique

Mercredi 23 janvier 2019. 20h30.

Martial Solal: piano

La dernière fois que Martial Solal a joué en concert à Paris, salle Gaveau, c'était en 1963 en trio avec Guy Pedersen (contrebasse) et Daniel Humair (batterie). Cf extrait audio sous cet article. C'est dire le caractère unique du concert de ce soir.

La salle est remplie de musiciens. Daniel Humair bien sûr mais aussi les frères jumeaux François (contrebasse) et Louis Moutin (batterie), accompagnateurs fidèles de Martial Solal depuis les années 90 du siècle précédent, Marc Benham (piano), Eric Ferrand N'Kaoua (piano), Vladimir Cosma (compositeur et chef d'orchestre) et mon voisin de gauche Diego Imbert (contrebasse). 

Quelques notes gravées dans le grave pour faire cesser les applaudissements. En avant la musique! Une ballade. Pas eu le temps de reconnaître ce standard. Il est déjà passé à autre chose. Normal, c'est Martial Solal. Il y revient. Problème: si je cherche le titre du morceau, mon esprit est moins éveillé pour écouter la musique. La musique descend en virages, tranquille, pilotée de main ferme. L'énergie vitale est toujours là. Quelle densité émotionnelle! Micros pour la radio. Martial Solal ne joue pas amplifié. Il n'en a pas besoin pour remplir de sons la salle Gaveau. C'était " I can't get started " dont Dizzy Gillespie, grand ami de Martial Solal, fit son cheval de bataille. Drôle de titre pour commencer avoue Martial. Ce morceau lui trottait dans la tête depuis deux jours. Il fallait qu'il s'en débarrasse. Voilà qui est bien fait.

" Round Midnight " (TS Monk). Version avec des décalages étonnants alors même que Martial Solal joue ce thème depuis les années 1950. Jeu parfois grave, parfois léger mais toujours rythmé. Cette montée finale en trilles me donne de bons frissons dans le dos. Quel massage cérébral! Ce n'était pas le final. Trop facile. D'autres variations subtiles suivent. Martial a haussé son niveau de jeu comme disent les commentateurs sportifs. 

" J'essaierai de faire le moins de fausses notes possibles Je jouerai des standards. C'est ce que j'ai appris quand j'étais gosse (Martial Solal est né en 1927). Je vais les traiter à ma façon, les maltraiter voire les retraiter puisqu'ils ont tous plus de 65 ans ". L'humour de Martial Solal est aussi personnel que son jeu de piano. 

Une composition de Martial Solal dont la partition vient d'être éditée. Un morceau du début des années 1970 dirai je à l'oreille. Avec des passements de mains, cette façon d'avancer et de reculer en même temps, de bouger les lignes du temps qui lui appartient. Quelle vibration! Le piano bourdonne comme une ruche en plein été alors que l'hiver règne dehors. Très belle acoustique, très beau grand piano d'une marque américaine qu'il est inutile de citer. Nous sommes salle Gaveau, le temple des pianistes classiques à Paris. Sans piano préparé, sans tripatouillages dans les cordes, Martial Solal, par la seule magie de son toucher, réussit à produire des sons nouveaux au piano. Juste une note comme point final. 

Martial Solal a toujours autant d'idées à la seconde que dans ses jeunes années mais au lieu de les faire se chevaucher, s'entrecroiser, il les démêle, les choisit et les enchaîne. 

" Une fois de plus, un medley de thèmes de Duke Ellington. J'espère que vous aimez ce musicien. De toute façon, si vous n'aimez pas, c'est pareil ". Duke Ellington fit des compliments à Martial Solal sur la pochette de l'album " Martial Solal trio. Live at Newport 1963 " (enregistré en studio comme son titre l'indique) et Martial Solal enregistra deux albums consacrés à Duke Ellington, en solo en 1975 (un an après la mort de Duke Ellington) et avec son Dodécaband en 2000. C'est dire l'inspiration durable que tire Martial Solal de la fréquentation de Duke Ellington. D'abord " Caravan " puis " Take the A train " (de Billy Strayhorn, le 2e cerveau de Duke Ellington) . Retour à " Caravan " dans l'aigu. " Prelude to a kiss ", " Caravan " et " Take the A train" pour l'arrivée. 

PAUSE

" Le standard le plus joué au monde " annonce le pianiste. " My funny Valentine " ressuscité avant le 14 février. La musique roule sous les doigts de Martial Solal. Cette chansonnette grandit, s'amplifie, s'étire, file. Fin autoritaire.

" Histoire de Blues " (Martial Solal). Une subversion du Blues. Si Martial Solal est Africain (né à Alger), il n'est pas Américain et ses ancêtres n'étaient pas esclaves. Il joue le Blues à sa façon. Unique. Plutôt calmement même s'il y a quelques phrases agitées. Un Blues classe avec cet art subtil de décaler les sons qui n'appartient qu'à Martial Solal.

" Here is that rainy day " qui signifie " Ah quel beau temps! ". Superbe version de ce thème dans la " Suite for trio " de Martial Solal/NHOP/Daniel Humair pour MPS (1978). Les notes tombent comme des gouttes de pluie. Dehors, à Paris, c'est de la neige fondue. La météo est presque en phase avec le morceau. 

" Frère Jacques " réintitulé, pour les besoins de la SACEM, " Sir Jack ". D'éminents musicologues affirment que cette fameuse comptine française serait l'œuvre du Grand Rameau (1683-1764), Jean-Philippe de son prénom, qui aimait à dire " Je cherche à cacher l'art par l'art même ", formule qui convient bien à l'art de Martial Solal. Effectivement, l'air de la comptine est reconnaissable. C'est un prétexte pour s'amuser. Le morceau devient un pantin dont il déplace les membres pour les replacer à sa guise. Après tout, le Divin Mozart écrivit bien des variations sur " Ah, vous dirais je, Maman? " , autre chef d'œuvre immortel de la chanson française. 

" Dans ce cas là, je ne vais plus jouer. Je vais être obligé d'improviser ". Rien de connu en effet mais c'est beau. La musique se déploie comme une voile au vent. Léger retour au thème précédent, " Sir Jack ", donc.

RAPPELS

Emporté par l'élan d'un public enthousiaste, Martial Solal nous livra encore " Tea for two " qu'il joua tant et si bien en duo avec Lee Konitz. " Happy birthday to You " en disant que cela ferait forcément plaisir à quelqu'un dans la salle, né un 23 janvier par exemple. Joué avec un haut degré de maîtrise et d'émotion en y casant une autre comptine, américaine cette fois, " Vive le vent d'hiver " (" Jingle Bells ". Splendide version par un des Maîtres de Martial Solal, Fats Waller).  Puis " Lover Man ", " I remember April " et même " La gavotte à Gaveau " (cf extrait audio sous cet article). 

J'ai donc eu l'honneur et l'avantage d'assister au dernier concert en solo de Martial Solal, à Paris, salle Gaveau, temple du piano. D'abord, il a été enregistré par France Musique. Nous pourrons donc l'écouter à loisir à la radio et, peut-être même sera t-il édité sous forme d'album. Ensuite, avec ce diable d'homme qu'est Martial Solal, tant que les Dieux et les Muses lui prêtent vie, un nouveau concert reste toujours possible. 

Pour jouer au très haut niveau, comme dit Didier Deschamps, un entraînement quotidien est indispensable. Exemple avec la vidéo ci-après où Martial Solal joue sa musique chez lui. 

Grâce à France Musique, il est possible d'écouter librement les 4 premiers morceaux de ce concert. Profitez en, lectrices exigeantes, lecteurs sélectifs. 

La photographie de Martial Solal est l'œuvre de l'Irrépressible Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette œuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales

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Sélection de concerts de Jazz à Paris et en Ile de France pour février 2019

Publié le par Guillaume Lagrée

Elina Duni par Juan Carlos HERNANDEZ

Elina Duni par Juan Carlos HERNANDEZ

Honorables lectrices, respectables lecteurs, c'est avec l'approbation des plus hautes autorités morales et religieuses que j'ai l'honneur et l'avantage de vous présenter ma sélection de concerts de Jazz pour le mois de février 2019 à Paris et en Ile de France.

Pour une sélection exhaustive sur l'Ile de France, voyez Paris Jazz Club. Pour la France et l'Europe, voyez Citizen Jazz et Jazz Magazine

Si vous ne pouvez assister aux concerts, écoutez les sur France Musique avec les émissions Jazz Club (pour le présent) et Les légendes du Jazz (pour le passé) et sur TSF Jazz avec Jazz Live

Pour l'actualité du Jazz, écoutez sur la Toile Couleurs Jazz Radio où l'auteur de ce blog sévira bientôt dans une émission intitulée, comme c'est original, " Le jars jase Jazz ". 

Si vous voulez assister depuis la Toile aux concerts à New York, dans Greenwich Village, pour les clubs Small's et Mezzrow, suivez ce lien. C'est payant certes mais toujours moins cher qu'un séjour dans la Grosse Pomme.

Le festival Sons d'hiver fera bouger le Val de Marne (94) jusqu'au samedi 23 février 2019 inclus. 

L'exposition " Doisneau et la musique " se poursuit à la Philharmonie de Paris jusqu'au dimanche 28 avril 2019.

Mardi 5 février, 21h30, Paris, le Sunside, le quartet de François Bernat rend un hommage à Miles Davis, déjà acclamé sur ce blog. Sans trompette pour être sûr de ne pas imiter le Prince des ténèbres.

Jeudi 7 & vendredi 8 février, 19h30 & 21h30, Paris, le Duc des Lombards, le nouveau quintette italo-nippo-français du Breton Pierrick Pédron maintes fois célébré sur ce blog. 

Vendredi 8 février:

- 20h, Paris, concert privé sur réservation: Dan Tepfer (piano) & Leon Parker (percussions). Un duo cosmicomique pour un pianiste maintes fois porté en triomphe sur ce blog. Cf vidéo sous cet article d'un précédent concert de ce duo à Paris, au Sunside, le 9 mai 2018. 

- 20h45, Fontenay sous Bois (94), au Comptoir, Macha Gharibian déjà chantée sur ce blog. 

Mercredi 13 février, 21h, Paris, Le Bab Ilo: le quartette Nuages de Mauro Gargano, déjà déclamé sur ce blog. 

Vendredi 15 février:

- 20h30, Paris, Le Bal Blomet, Elina Duni, chanteuse albano-suisse déjà célébrée sur ce blog. Cf photographie en tête de cet article.

- 20h30, Les Lilas (93), Le Triton: Marc Ducret trio. Une valeur sûre de l'avant-garde.

Samedi 16 février:

- 21h, Auvers sur Oise (95), Maison de l'Ile. Mario Canonge Trio. Jazz caribéen. Pour réchauffer l'hiver valdoisien. 

- 21h, Conflans Sainte Honorine (78), Conservatoire George Gershwin. Daniel Zimmerman Quartet, un groupe déjà porté aux nues sur ce blog. 

- 21h30, Paris, Le Sunside: Adrien Chicot trio, pianiste déjà fêté sur ce blog. 

Mardi 19 & jeudi 21 février, 21h30, Paris, Le Baiser Salé: Max Cilla, la flûte des Mornes (Martinique). Pour découvrir un visage caché des Caraïbes. 

Mercredi 20 février, 21h30, Paris, Le Baiser Salé. Magic Malik Quintet, magicien de la flûte déjà vénéré sur ce blog. 

Jeudi  21 février, 20h30, Les Lilas (93), Le Triton: Christophe Marguet " Happy Hours " Quartet, batteur mélodiste déjà applaudi sur ce blog. 

Vendredi 22 février, 20h45, Fontenay sous Bois (94), Le Comptoir: Michel Edelin, Steve Potts, Sophia Domancich, Stéphane Kerecki, Simon Goubert un quintet tout feu tout flamme pour la sortie des Mémoires de Steve Potts (avec Michel Edelin), " A bucket of Blood ".

Vendredi 22 et samedi 23 février, 20h, Montreuil sous Bois (93), La Générale: Jean-Philippe Viret fête ses 60 ans et les 20 ans de son trio avec Edouard Ferlet et Fabrice Moreau, un trio maintes fois louangé sur ce blog. Les concerts seront enregistrés et feront l'objet d'un album. Venez y contribuer par votre écoute et vos applaudissements, lectrices distinguées, lecteurs raffinées. 

Samedi 23 février, 21h30, Paris, le Sunside: Dexter Goldberg, jeune et talentueux pianiste français déjà remarqué sur ce blog. 

Dimanche 24 février, 18h, Paris, Maison de la Radio: Daniel Yvinec joue Nino Rota, le compositeur fétiche de Federico Fellini. Programme Jazz sur le Vif diffusé en différé sur France Musique.

Mercredi 27 février, 21h, Paris, Le Sunside: Nico Morelli Trio, pianiste italien pas encore reconnu  à sa juste valeur mais déjà loué sur ce blog. Cf extrait audio sous cet article. 

Jeudi 28 février, 20h30, Paris, Studio de l'Ermitage: Sarah Murcia revisite, façon Jazz contemporain, l'album punk " Never mind the bollocks. Here come the Sex Pistols " (1977).

La photographie de Pierrick Pédron est l'œuvre du Pétrifiant Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette œuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales

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Clefs pour le piano/Keys to the piano/ Ziad Kreidy (dir).

Publié le par Guillaume Lagrée

Antoine Hervé par Juan Carlos HERNANDEZ

Antoine Hervé par Juan Carlos HERNANDEZ

" Clefs pour le piano/ Keys to the piano "

Ouvrage collectif dirigé par Ziad Kreidy

Editions Aedam Musicae. Château-Gontier (53).

France. 2018. 478p. 37€.

 

Lectrices savantes, lecteurs experts, il n'a pu vous échapper que ce blog relève de l'escroquerie. En effet, je ne sais ni lire, ni écrire, ni jouer la musique et pourtant j'en parle. Heureusement pour moi, je n'en tire pas le moindre denier ce qui m'évite de tomber sous le coup de l'article 313-1 du Code pénal.

Pour instruire les ignorants dans mon genre, le pianiste et musicologue libano-français Ziad Kreidy se dévoue corps et âme à propager la sainte parole de la musique savante au piano. Seul, il écrivit " Les avatars du piano " (2012) puis " La facture du piano et ses métamorphoses " (2018) déjà louangés sur ce blog. 

Cette fois, il se lance dans un ouvrage collectif et bilingue " Clefs pour le piano/Keys to the piano ". Moins ambitieux que Denis Diderot, son Encyclopédie ne couvre qu'un seul objet, le piano comme vous l'aviez deviné, lectrices savantes, lecteurs experts. 

L'ouvrage est un recueil d'articles sans plan visible. Pour autant, vous vous apercevrez vite, lectrices savantes, lecteurs experts, que l'ouvrage suit un plan chronologique allant de l'invention du pianoforte (doux fort en français. La langue italienne dit toujours pianoforte mais ce n'est plus le même instrument) par l'Italien Bartolomeo Cristofori vers 1700 au service d'un grand Duc Médicis à Florence (peintres, sculpteurs, architectes et musiciens européens devraient rendre hommage aux Médicis à Florence au moins une fois par an) à des solutions pour un piano futur proposées par l'Américain Stewart Pollens.

En chemin, Ziad Kreidy ne lâche pas ses obsessions. Notre directeur spirituel aime jouer les œuvres anciennes sur les instruments anciens. A l'appui de sa démonstration, un article sur Frédéric Chopin démontre, qu'en plus de copier lui même ses partitions, le plus célèbre des Polonais indiquait des tempi, des pédales différents selon que le morceau devait être joué à Paris, Vienne ou Londres. En effet, à son époque, d'une ville à l'autre, les pianos différaient. " En ce qui concerne le piano, personne n'en sait plus que Chopin " (Robert Schumann). 

Pour autant, notre auteur n'est pas un fanatique. Il accepte le dialogue avec des artistes au point de vue totalement divergent du sien. Ainsi le compositeur français Tristan Murail (1947) estime qu'un compositeur actuel pour le piano ne peut créer du neuf qu'en utilisant les ressources de l'électronique. Cf sous cet article, la vidéo de Dan Tepfer (1982), pianiste, compositeur et astrophysicien maintes fois louangé sur ce blog, " Jazz and Coding ". 

Les deux précédents ouvrages de Ziad Kreidy ne comportaient pas un mot sur le Jazz. Ce fâcheux oubli est réparé avec l'article " Enjeux d'une esthétique pianistique afro-américaine (de Eubie Blake à Jason Moran) " de Frédéric Saffar (Université Paris 8). Que deviennent les pianistes de Jazz blancs et métis, européens et asiatiques, dans cette affaire? La question demeure. Autre question sans réponse. Pourquoi, dans la musique classique, le pianiste est-il le soliste invité par l'orchestre qui peut très bien jouer sans lui alors qu'en Jazz, il est le chef d'orchestre, compositeur, arrangeur, directeur musical dont l'exemple le plus reconnu, souvent imité mais jamais égalé, demeure Duke Ellington

Un autre article aurait pu, aurait dû, citer des pianistes de Jazz. " L'incarnation percussive du piano contemporain " de Pierre-Albert Castanet, professeur à l'université de Rouen, qui dirigea un big band de Jazz et qui réussit l'exploit sportif de parler de piano traité comme un instrument de percussion sans faire référence aux racines africaines infusées dans le Jazz par Fats Waller ou Thelonious Sphere Monk. Comme si le pianiste cubain Omar Sosa n'existait pas.  En compensation, écoutez sous cet article, l'extrait audio de l'album " Drum Suite " (1956) d'Art Blakey avec le " Cubano Chant " du pianiste Ray Bryant

Ziad Kreidy, tant dans ses écrits que dans son jeu, lutte contre la standardisation des pianos. Il n'est pas le seul à mener le combat. Ainsi le pianiste et enseignant français Stephen Paulello a décidé de créer des pianos tant il était déçu par ceux dont il jouait. Le résultat donne un grand piano à 102 touches (contre 88 habituellement) dont le pianiste de Jazz français Marc Benham fait merveille dans son récent album " Gonam City ", célébré sur ce blog. Ce piano est au piano vendu en magasin ce que la haute couture est au prêt à porter. Le prix suit la qualité. Il monte en flèche. 

Le piano peut même devenir tellement unique qu'il n'existe qu'en un seul exemplaire dont certains pianistes aventureux (plutôt Indiens qu'Européens) aiment jouer mais que personne n'achète. C'est le Fluid Piano, sujet d'un entretien entre son créateur le Britannique Geoffrey Smith et Ziad Kreidy. Comment marche le Fluid Piano? Vous le saurez en lisant l'article.

Ce genre de crocodile, rare et cher, ne permet pas de fournir un marché de masse. Tous les musiciens ne disposent pas chez eux d'un salon de musique comme cela se trouvait dans les hôtels particuliers des Fermiers généraux à Paris au XVIII° siècle. D'où l'utilité des petits pianos que démontre le constructeur américain Delwin D Fandrich

En toute honnêteté, lectrices savantes, lecteurs experts, je ne suis pas venu à bout de certains articles. Savoir comment Erard a inventé son mécanisme à double échappement ou comment les pianos étaient fabriqués en URSS ne m'intéresse pas du tout. Mon insatiable curiosité n'est pas allée jusqu'à ces extrémités.

Cette chronique ne prétend pas décrire toutes les richesses de ce livre, simplement vous en livrer quelques aperçus. 

L'immense intérêt de cet ouvrage est que vous pouvez le lire et vous instruire comme il vous plaira, lectrices savantes, lecteurs experts. En tout ou partie, dans l'ordre ou le désordre, " Clefs pour le piano/ Keys to the piano " vous ouvrira des portes dont vous ignoriez l'existence. Merci à Ziad Kreidy pour ce travail encyclopédique au service de la musique en général et du piano en particulier. 

La photographie du pianiste, compositeur et chef d'orchestre français Antoine Hervé est l'œuvre du Fortissimo Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette œuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales

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Je me souviens de ¨Michel Legrand (1932-2019)

Publié le par Guillaume Lagrée

Lectrices mélodiques, lecteurs harmoniques, Michel Legrand (1932-2019) ne composera plus, n'arrangera plus, ne jouera plus, ne chantera plus. Heureusement, nous avons des heures et des heures de musique de lui pour nous agacer et nous émerveiller. 

 Jean Cocteau l'appelait " Big Mike ". Michel Petrucciani, " The Duke of Rochefort ".

Pour nous agacer, il avait le don de porter des chemises à col pelle à tarte (c'était la mode dans les années 70 mais ce n'est pas une excuse valable), de chanter de la guimauve en minaudant (" La jalousie ", 1976), de jouer du piano en faisant des trilles ad libitum, de poser au plus grand compositeur de l'histoire de la musique occidentale alors qu'il n'écrivait que des chansonnettes.

Pour nous émerveiller, c'était un compositeur et arrangeur béni des Dieux et des Muses.

Il avait tellement bien réussi aux Etats Unis d'Amérique qu'une Américaine de ma connaissance, une demoiselle Erin, était persuadée qu'il était Américain et se nommait Michael Legrand. Je n'ai jamais réussi à la convaincre qu'il se nommait Michel Legrand, citoyen français, natif de Bécon les Bruyères (92). Sa mort à Paris l'a peut-être fait changer d'avis. Avec trois Oscar de musique de film sur trois décennies, " L'affaire Thomas Crown " (1969), " Un été 42 " (1972) et " Yentl " (1983) et cinq Grammy Awards de 1971 à 1975, elle avait de quoi s'enduire dans l'erreur.

Je n'ai vu qu'un seul concert de Michel Legrand. C'était le samedi 19 avril 2008 à Paris, au Duc des Lombards. Il était invité par son trompettiste Fabien Mary à jouer sa musique. Il avait accepté de ne pas être en haut de l'affiche mais il a tout de suite pris le concert en mains. Court et cher (25€ pour 1h de concert) mais inoubliable.

Pour ceux qui aiment le piano sans fioriture, Michel Legrand a enregistré pour Erato les œuvres pour piano seul d'Erik Satie. Mon interprétation préférée des œuvres du Maître d'Arcueil.

Michel Legrand a écrit des chansons splendides pour Claude Nougaro qu'il a contribué à lancer. Dont " Le cinéma " qui allait si bien à ce grand compositeur de musique de films.

" Cléo de 5 à 7 " d'Agnès Varda, film culte de la Nouvelle Vague, le seul film français que Madonna connaisse par cœur, prise par prise. Michel Legrand en a composé la musique et y joue son propre rôle. " La menteuse ", quel bijou de malice!

" Bande à part " de Jean-Luc Godard. La scène du juke box où Sami Frey, Ana Karina et Claude Brasseur dansent dans un bar. En hommage, Quentin Tarantino a appelé sa société de production " A band apart ". La musique est de qui? De Michel Legrand, pardi!

Michel Legrand a dirigé Miles Davis deux fois. " Legrand Jazz " en 1959 avec dans l'orchestre, excusez du peu, John Coltrane, Bill Evans et Elvin Jones. " Dingo", BO de film en 1991. Quel autre Français peut en dire autant? Aucun. 

En 1972, Stan Getz est venu à Paris voir Michel Legrand et lui demander de lui écrire un album entier. Michel Legrand a traité Stan Getz comme Mozart aurait traité un grand violoniste et lui a composé " Communications 72 ". Cf vidéo sous cet article (Georges Arvanitas au piano).

Michel Legrand a aussi dirigé Sarah Vaughan et Frank Sinatra. Quand il descendait de l'avion à Los Angeles, une limousine avec chauffeur l'attendait. Celle de son ami Quincy Jones. Forcément, ça crée des jalousies, surtout en France, dans le monde des musiciens. Un type qui réussit presque tout ce qu'il touche, qui écrit des arrangements pour grand orchestre qui sonnent du feu de Zeus en 1/4 d'heure, sur le coin d'un piano, le temps de fumer une cigarette, ça énerve. 

Michel Legrand restera surtout pour le monde du Jazz le compositeur de standards immarcescibles.

Par exemple, " La chanson de Maxence " tirée des " Demoiselles de Rochefort " (Dieux, quel film agaçant!) est devenue " You must Believe in spring ". Cf la version de Bill Evans (piano) en duo avec Tony Bennett (chant) en extrait audio au dessus de cet article.

Enfin, Michel Legrand portait fièrement son nom. Il ne se privait d'aucun plaisir, voyait tout en grand, en musique comme en amour. Il rencontra Macha Méril en 1964. Le coup de foudre fut immédiat. Il était marié, père de deux enfants. Elle allait épouser un autre homme. Ils décidèrent que ce n'était pas le bon moment. Ils se marièrent en 2014, amoureux comme au premier jour, unis corps et âme comme dans la chanson de Michel Legrand, " What are You doing the rest of Your life? ", elle aussi jouée par Bill Evans. Michel est mort dans les bras de Macha.

" L'amour est la seule révolution qui tient ses promesses " (Jean Paul II).

Ecoutez Michel Legrand sur France Musique et TSFJazz. Regardez le sur ARTE. Agacez vous, émerveillez vous, inspirez vous de sa musique, lectrices harmoniques, lecteurs mélodiques.

Adieu Monsieur Legrand et merci pour tout.

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Bex Catherine Romano " La belle vie "

Publié le par Guillaume Lagrée

Emmanuel Bex par Juan Carlos Hernandez

Emmanuel Bex par Juan Carlos Hernandez

" La Belle Vie "

Bex, Catherine, Romano

Sunset Records 

L'Autre Distribution

Sortie vendredi 1er février 2019

Concerts de sortie à Paris, au Sunside, dimanche 21 avril 2019 à 18h et 20h30,

au New Morning, mardi 25 juin 2019 à 21h

Emmanuel Bex: orgue Hammond, voix, compositions (2,3,4)

Philip Catherine: guitare électrique, compositions (6,7,8)

Aldo Romano: batterie, compositions (1, 5, 9)

Lectrices adorées, lecteurs adorables, vous avez noté que le trio Bex, Catherine & Romano a été loué sur ce blog en 2009, 2015 et 2016. A chaque fois, il s'agissait d'un concert donné fin décembre à Paris, au Sunset

Au contraire du trio Bex, Ferris & Goubert, il n'existait pas d'album de ce trio. Cette lacune est enfin réparée avec la sortie de cet album " La belle vie ". Enregistré en concert au Sunset même si cela ne s'entend qu'au morceau final avec les applaudissements pendant la présentation des musiciens. 

" La belle vie " ce n'est pas le standard de Sacha Distel repris par Tony Bennett sous le titre " The Good Life ".

Non, c'est de " La belle vie de Maurice " (2) dont il s'agit. Maurice Cullaz(1912-2000), le Savoyard cofondateur de Jazz Hot en 1935, surnommé " Smoothie " par Louis Armstrong. Maurice, le père du contrebassiste Alby Cullaz (1941-1998). Un morceau tout en douceur, légèrement détraqué par la voix d'Emmanuel Bex passée par le filtre du Vocoder. 

La douceur, la chaleur et l'échange, c'est ce qui caractérise cette musique tout du long. De l'ouverture composée pour una Donna per bene par Aldo Romano, " Elsa M. " (1. Je suppose qu'il s'agit d'Elsa Morante) au final " Tompkins Square " (9) dédié par Aldo Romano à un parc de Manhattan, à New York, près duquel vivait Charlie Parker. Un morceau qui vous donne envie d'aller jouer dans le parc. Que ce soit au ballon, du Jazz ou au jeu de l'amour et du hasard. 

Chaleur, douceur, échange, cela ne signifie pas que la musique ronronne. Elle peut être mystérieuse comme ce " Dans la forêt " (4) d'Emmanuel Bex (cf. la vidéo sous l'article enregistrée en concert à Paris, au Sunset le vendredi 28 décembre 2018) ou vous saisir d'émotion comme avec la " Letter for my mother " (6) de Philip Catherine. " Dans la forêt ", vous marchez en douce sur la mousse. " Letter for my mother " et vous entendez que Philip Catherine, classe 1942, est toujours orphelin de sa mère. 

Chacun des instruments de ce trio peut être bruyant. Orgue Hammond, guitare électrique et batterie poussés à fond peuvent vous exploser les tympans. Ici, jamais. La puissance est toujours maîtrisée, au service de la musique et du message qu'elle porte. 

Sur 9 compositions, chacun des membres du trio en compte 3. 3+3+3=9. Parfaite égalité. C'est dire la qualité d'échange que dégage ce trio.

La formation orgue Hammond, guitare, batterie est un classique dans le Jazz depuis les années 1950. Au final, ce sont les Européens qui la renouvellent.

Le trio Eddy Louiss, René Thomas, Bernard Lubat emballa Stan Getz en 1971.

Le trio Emmanuel Bex, Philip Catherine, Aldo Romano nous émerveille en 2019. Espérons que des saxophonistes ténors du calibre de Francesco Bearzatti ou Rick Margitza les rejoignent un soir sur scène. 

Par exemple, pour les concerts de sortie de l'album à Paris, au Sunside, dimanche 21 avril 2019 à 18h et 20h30;  au New Morning, le mardi 25 juin 2019 à 21h.

Lectrices adorées, lecteurs adorables, avec le trio Bex, Catherine & Romano, faites vous " La belle vie ". 

Les photographies d'Emmanuel Bex et Aldo Romano sont l'œuvre de l'Imperturbable Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de ces œuvres sans l'autorisation de leur auteur constituent une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Alod Romano par Juan Carlos HERNANDEZ

Alod Romano par Juan Carlos HERNANDEZ

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Nicolas Gardel & Rémi Panossian " The Mirror "

Publié le par Guillaume Lagrée

" The Mirror "

Nicolas Gardel & Rémi Panossian

Distribué par L'Autre Distribution

Sortie vendredi 1er février 2019

Nicolas Gardel: trompette, compositions

Rémi Panossian: piano, compositions

Concerts en France:

- vendredi 8 février à Saint Jean Cap Ferrat (06) au Saint Jean Jazz Club.

- samedi 9 février à Montpellier (34), Le Jam

- samedi 9 mars à Simorre (32), Le Bouche à oreille

- mercredi 13 mars à Marseille (13), C2 Hôtel

- mercredi 20 mars à Paris (75), Le Duc des Lombards

- jeudi 21 mars à Muret (31), Auditorium

- jeudi 9 mai à Toulouse (31), Le Taquin

- samedi 27 juillet à Gaillac (81), festival Les celliers du Jazz.

Bienvenue au 46e abonné de ce blog.

Que les Dieux et les Muses le protègent! 

Lectrices à la mode, lecteurs à la page, il n'a pu vous échapper que cet hiver, en France, le groupe de jazz se porte au plus serré. Le duo piano-trompette est de rigueur pour briller en société.

Après " Gonam City " de Marc Benham & Quentin Ghomari, et " Thanks a Million " de Paul Lay & Eric Le Lann, voici que paraît " The Mirror " de Rémi Panossian & Nicolas Gardel. 

Comment, avec les mêmes instruments, nos deux compères se distinguent-ils de leurs honorables confrères pianistes et trompettistes?

Par le répertoire d'abord. Les compositions de Nicolas Gardel et Rémi Panossian sont faites par eux et pour eux. Heureusement, nous en profitons. D'entrée, nous plongeons avec " Dive with me " (1. Cf extrait audio au dessus de cet article). Habilement, l'album qui commence par un plongeon, finit par un saut pour le décollage final. " Bump " (8). Cette énergie se trouve aussi dans " Amaterasu " (5). Outre leurs compositions bien écrites et bien jouées, les deux compères savent s'entourer de Maîtres même en duo. Ils interprétent les classiques à leur manière. " I fall in love too easily " (3) et " I've got rhythm " (7). Nous sommes en 2019 et ces musiciens ont aussi une riche Pop Culture. Ils enchaînent avec grâce " Lean on me " de Bill Withers (un morceau qui fait appel à la solidarité entre frères, parfait pour un duo) avec un classique du Jazz " Things ain't what they used to be " de Mercer Ellington, fils du Duke et membre de son orchestre (6). De même pour le final, ils accolent  à leur composition " Bump ", un autre classique de la Soul Music, " If You were Your woman " immortalisé par la chanteuse Gladys Knight (8).

Par le jeu ensuite. Dans " Gonam City ", Marc Benham joue d'un piano Paulello à 102 touches et Quentin Ghomari de trompettes à pistons et à coulisse. Rendant hommage à Louis Armstrong dans " Thanks a million ", Paul Lay et Eric Le Lann mêlent habilement le Swing des années 20-30 au jazz modal des 60's. Rémi Panossian et Nicolas Gardel trafiquent élégamment les sons sans aucune faute de goût. Bel exemple avec leur composition " Amaterasu " (5).

Au final ce qui rassemble ces trois albums, outre le format piano&trompette, c'est leur intensité. La musique ne triche pas. Elle est le langage des passions comme disait le docteur Emmanuel Kant. Cela s'entend dans chacun de ces trois duos.

Outre l'album " The Mirror ", vous pourrez vous refléter dans cette musique sur scène, lectrices à la mode, lecteurs à la page. Avec les concerts suivants en France.

- vendredi 8 février à Saint-Jean-Cap-Ferrat (06) au Saint Jean Jazz Club.

- samedi 9 février à Montpellier (34), Le Jam

- samedi 9 mars à Simorre (32), Le Bouche à oreille

- mercredi 13 mars à Marseille (13), C2 Hôtel

- mercredi 20 mars à Paris (75), Le Duc des Lombards

- jeudi 21 mars à Muret (31), Auditorium

- jeudi 9 mai à Toulouse (31), Le Taquin

- samedi 27 juillet à Gaillac (81), festival Les celliers du Jazz.

Ne réfléchissez pas plus longtemps, lectrices à la mode, lecteurs à la page. Offrez vous " The Mirror " de Nicolas Gardel & Rémi Panossian. Grâce à eux, vous serez confortablement Hip et respectablement Cool. 

En extrait audio au dessus de cet article et en vidéo en dessous, " Dive with me ". Plongez avec Nicolas Gardel et Rémi Panossian, lectrices à la mode, lecteurs à la page.

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Neil Saidi & Noé Codjia invitent le trio d'Alain Jean-Marie au Sunside

Publié le par Guillaume Lagrée

Le Sunside

Paris. Jeudi 10 janvier 2019. 21h.

Neil Saidi: saxophone ténor

Noé Codjia: trompette

Alain Jean-Marie: piano

Gilles Naturel: contrebasse

Philippe Soirat: batterie

Le batteur attaque. C'est du hard bop des années 50. Je reconnais le thème mais pas le titre. Ces deux jeunes gens, les deux souffleurs, ont bien appris cette langue étrangère car ils ne sont ni Américains, ni des années 50. Il leur reste à créer leur propre idiome. Alain Jean-Marie ressuscite Bud Powell (1924-1966) à sa manière. Décalages de sons, virages, prises d'appui. Soutien irréprochable du bassiste et du batteur aux baguettes. Cette rythmique est rodée depuis des années. Premier solo de batterie percutant, malaxant. C'était " Nicas' tempo " (Gigi Gryce) composé en hommage à la baronne Pannonica de Koenigswarter, mécène du Jazz. 

" Let's call this " (TS Monk). Alain Jean-Marie rend son jeu plus abrupt, plus rêche. Ca sautille, gambille comme il faut. Après un solo de piano impeccable, forcément, un solo de contrebasse joliment ponctué par le pianiste et le batteur aux baguettes. Les souffleurs assimilent mieux cette langue étrangère qu'est le Be Bop. 

Une sorte de ballade. La musique s'étire, s'allonge. Quintette bien soudé. Après le passage du pont, le rythme de circulation s'accélère. Noé Codjia et Neil Saidi sont tellement dans l'esprit 50's qu'ils jouent en costume cravate. Fi du débraillé! La peste soit du négligé! Solo de piano gorgé de rythme, de vie. Bref, Alain Jean-Marie. 

Un morceau tiré de " The Connection " composé par Freddie Redd (1928) pour le théâtre puis le cinéma. L'histoire de musiciens drogués qui attendent leur dealer, leur " connection ". 

" Don't blame me ". Une ballade. Batteur aux balais. Sax ténor suave à souhait. Alain Jean-Marie reprend la main. Ce feeling, nom de Zeus! Ca joue. Son plus voilé de la trompette même s'il n'a pas mis de sourdine. 

Un morceau ultra rapide typique de Charlie Parker qui commençait toujours un concert par le morceau le plus rapide pour tester ses musiciens. Noé Codjia n'essaie pas de jouer aussi vite que Dizzy Gillespie (1917-1993). Injouable. Il joue plutôt à l'économie et au feeling comme Miles Davis et Chet Baker, trompettistes partenaires de Charlie Parker. Ca swingue dur. Le piano s'efface. Soutien puissant de la contrebasse et de la batterie. Le piano revient, jouant avec la pulsation de la basse et de la batterie. Il l'orne, la contourne, l'enveloppe. Il ajoute une pincée de Biguine pour pimenter son Be Bop. Beau solo de batterie qui mitraille. Ca pète sec. 

Première composition. Une ballade. Batteur aux balais. Trompette bouchée qui, ici, sonne comme Dizzy Gillespie. C'est doux, tendre, chaud. Jolis ornements du piano. Le sax ténor se fait violon pour mieux caresser le poil dans le bon sens. 

PAUSE

Un dénommé Noé Codjia, d'ascendance béninoise, trompettiste de Jazz. Cela ne m'étonnerait pas qu'il y ait un lien de parenté avec Manu Codjia (guitare électrique) bien connu sur ce blog.

La musique est fort agréable mais j'ai école le lendemain et le marchand de sable est déjà passé. Ma chronique cesse donc ici.

Ci-dessous une courte vidéo d'un précédent concert de ce quintette au Sunset à Paris le 29 mai 2018, journée internationale des casques bleus de l'ONU.

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Bartok Impressions

Publié le par Guillaume Lagrée

Bartok Impressions

BMC Records 2018

Le trio Bartok Impressions est composé de

Mathias Lévy: violon

Matyas Szandai: contrebasse

Miklos Lukacs: cymbalum

Lectrices françaises, lecteurs hongrois, je vous ai déjà chanté les louanges du trio Bartok Impressions en concert. L'album vaut aussi le détour.

Dans son récit autobiographique " Les fêtes cruelles ", Alain Bosquet (1919-1998), outre sa découverte du Jazz, raconte qu'en 1942, à New York, il s'est trouvé dans une soirée avec Igor Stravinsky (1882-1971) et Bela Bartok (1881-1945). Stravinsky, d'un air méprisant, dit à Bartok: " Ah, Monsieur Bartok, toujours dans la musique folklorique? ". Il y avait vraiment injure tant pour l'œuvre de conservation que de création de Bela Bartok qui recueillit les musiques de Hongrie, Roumanie, Bulgarie dans les villages et s'en inspira dans ses compositions. 

C'est à partir des compositions recueillies et créées par Bela Bartok que le Français Mathias Lévy, le Franco-Hongrois Matyas Szandai et le Hongrois Miklos Lukacs, tous trois musiciens de Jazz formés à la musique classique ont décidé d'improviser.

Le résultat est d'enthousiasmant d'envolée et de légèreté. Rien ne pèse dans cette musique. Même la contrebasse ne l'ancre pas. Mon âme s'envole sur la " Reflection on Romanian Christmas Carols n°4 " (cf extrait audio au dessus de l'article) et sur les " Improvisations on Romanian Folk Dance " (cf vidéo sous cet article), les 4e et 8e morceaux de cet album.

Mon esprit rétif aux mathématiques reste sidéré par la logique impérieuse des Improvisations sur Mikrokosmos (la méthode pour piano de Bartok) n°149 (4) et 152 (11).

Les morceaux sont brefs. 13 en 41'58" allant des 0'45" des " Hungarian Survivals  " (6) aux 5'40" des " Reflections on Six Bulgarian Rythms " (10). Légèreté, brièveté, densité, telle est la Sainte Trinité qui définit cette musique.

Mathias Lévy y offre sa touche de violoniste issu de l'école française, Miklos Lukacs, l'ancrage dans la tradition magyare et la contrebasse de Matias Szandai fait le pont entre deux mondes au bénéfice d'un troisième, le Jazz.

Alors que les musiciens classiques n'ont plus le droit d'improviser en public, à part les organistes, depuis qu'ils ont été enfermés dans des conservatoires, que beaucoup de Jazzmen tournent en rond sur des standards éculés ou des compositions peu inspirées, le trio Bartok Impressions crée du neuf par un hommage à la musique de Bartok, avec des méthodes différentes. 

Ce trio peut jouer dans des festivals de Jazz, de musique classique et même, pour défier encore Igor Stravinsky, de musique folklorique.

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