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Soirée Thelonious Monk au Balzac

Publié le par Guillaume Lagrée

Festival Jazz et Images

Soirée Thelonious Sphere Monk

Cinéma Balzac

Paris, Ile de France, France

Vendredi 17 mars 2017. 21h.

1ère partie:

Concert du trio inédit

Sophia Domancich: piano

Simon Goubert: batterie

Vincent Le Quang: saxophone ténor, soprano

 

Sophia Domancich et Simon Goubert sont compagnons de vie et de musique depuis des années. Vincent Le Quang s'ajoute à ce duo pour la première fois ce soir.  Etant donné le thème de la soirée, ils ne joueront que des compositions du pianiste Thelonious Sphere Monk (1917-1982).

Ils commencent par " Shuffle Boy " que je ne connais pas. Sax soprano. La langue de Monk se reconnaît à ses accents toniques, son art de décaler les sons comme dit Madame la Comtesse. C'est étrange, ça swingue et ça danse. Bref, c'est du Monk. Un cinéma où je peux écouter puis voir du Monk et étaler mes jambes, quel pied! Duo pianiste/batteur. Ces deux là s'entendent bien.

" Misterioso " titre d'un album live en concert avec Johnny Griffin, le meilleur saxophoniste de Thelonious Monk (pochette de Giorgio de Chirico, " Le Voyant "). Sax ténor. Démarrage piano& ténor avec un son velouté. Le thème est joué au ralenti. Ca sonne comme une descente infinie d'escalier vers le Néant. " Jouer avec Monk, c'est appeler l'ascenseur. L'ascenseur arrive, les portes s'ouvrent, vous faites un pas en avant et il n'y a pas d'ascenseur " (John Coltrane). Simon Goubert fait vibrer doucement les cymbales sous les baguettes. Le trio joue le thème au ralenti. Choix stylistique. Le tempo s'accélère progressivement pour déboucher sur un morceau plus énergique. Bien. Retour au thème en decrescendo jusqu'au final.

" Well You needn't " et " Round about midnight " joués enchaînés. Simon attaque énergiquement aux baguettes sur les cymbales. Premier solo de batterie, puissant et construit. Ca marche, danse, roule, déroule sous les baguettes puis le soprano lance " Well You needn't ". Simon est passé aux balais et masse les tambours. Joli solo de piano souligné par le chant aigre doux du soprano. Simon fait cliqueter les cymbales. Solo de piano par vagues qui nous emportent, toujours sur la base de " Well You needn't ". Vincent passe au sax ténor. Solo de batterie aux baguettes avec de belles vibrations des cymbales. Vite et fin. Le sax ténor enchaîne sur " Round midnight " qui pourrait avoir été composé par Bud Powell et offert à son ami Thelonious Monk. D'éminents experts en discutent encore. Beau grain au ténor. Retour au trio et aux balais. Ils distillent les sons comme des maîtres parfumeurs. Duo piano& batterie aux maillets. La grâce et la classe. Le trio repart avec de joyeux canards du ténor. Simon aux baguettes. Sophia garde les mains fermes. C'est toujours " Round midnight " mais en accéléré, à la Coltrane. Final incandescent.

RAPPEL

Sax soprano. Un standard de Monk. Tout en douceur avec le batteur aux balais. Un petit air chantant.

 

2e partie:

Film

Thelonious Monk Quartet.

Live in Norway and Denmark, 1966

Thelonious Monk: piano

Larry Gales: contrebasse

Ben Riley: batterie

Charlie Rouse: saxophone ténor

 

Concert donné dans l'Aula Magna de l'université d'Oslo en Norvège reconnaissable aux tableaux d'Edvard Munch sur les murs.

Puis un concert au Danemark.

 

Je vous laisse les savourer en regardant la vidéo sous cet article, lectrices Be, lecteurs Bop.

 

Prochaine soirée Jazz et Images au cinéma Le Balzac vendredi 28 avril 2017 à 21h consacrée au saxophoniste français François Jeanneau sur scène et à l'écran.

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Elise Caron " Nouvelles antiennes " au Triton

Publié le par Guillaume Lagrée

Elise Caron

" Nouvelles antiennes "

Le Triton, Les Lilas (93)

Samedi 11 mars 2017. 20h.

Elise Caron: chant, clavier électrique, guitare acoustique

Denis Chouillet: piano

Lectrices enchanteuses, lecteurs enchantés, mon plaisir à écouter ce concert fut grand mais ma chronique sera courte car mes notes sont illisibles. Tels sont les aléas du direct.

Une comptine désabusée sur la politique, la vie.

Puis un poème urbain sur le chant du merle contre les voitures. Comme c'est un conte, le merle gagne.

Une chanson sur le pardon. Devant moi, une dame dessine Elise Caron à ne pas confondre avec l'artiste peintre québecoise homonyme.

Elise Caron, la notre, chante des antiennes nouvelles, enfin, créées depuis 2008 mais pas encore enregistrées. Par ailleurs, le Triton ressort un précédent album " Eurydice bis " (2006),inspiré du mythe grec d'Orphée et Eurydice. Le programme de ce soir mêle donc nouvelles et anciennes antiennes.

Une chanson sur une idiote. Méfiez vous de cette idiote car c'est Elise Caron qui la chante. C'est une chanson sur la liberté en fait.

Même quand elle chante une chanson anarchiste, sans dieu ni maître, elle ne se prend pas au sérieux, contrairement à Léo Ferré.

De l'onirisme poétique, Elise Caron passe en un clin d'œil au réalisme politique avec " Marinade " chanson sur une fille de port, digne des Dames d'Asmterdam chères à Jacques Brel mais vues cette fois, d'un point de vue féminin.

Elise Caron est à la fois maman et putain, fée et sorcière, victime et auteur, chanteuse et comédienne. Pour une femme brillant de tant de facettes, il faut un complice à la hauteur.

Denis Chouillet l'est depuis des années. Assis face à son piano, il est léger et lourd, aérien et terrien, grave et aigu. Un vrai partenaire de double mixte.

En rappel, Elise Caron incarne encore deux femmes différentes " La boulangère " (chanson idiote et assumée comme telle), " La belle au bois dormi " (chanson conte).

Monsieur C est descendu plein Sud, de Lille (59) aux Lilas (93) pour découvrir Elise Caron. Il n'a pas regretté son voyage.

Pour vous faire votre propre idée, lectrices enchanteuses, lecteurs enchantés, vous trouverez sous cet article l'intégralité de ce concert filmé au Triton le samedi 11 mars 2017.

La photographie d'Elise Caron est l'œuvre du Stupéfiant Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette œuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Elise Caron par Juan Carlos HERNANDEZ

Elise Caron par Juan Carlos HERNANDEZ

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Ella, Dizzy & Monk ont 100 ans en 2017

Publié le par Guillaume Lagrée

Lectrices Be, lecteurs Bop, outre le centenaire officiel du Jazz, il ne vous a pas échappé que l'an 2017 est celui des 100 ans de trois Géants du Jazz:

Ella Fitzgerald (1917-1996)

Dizzy Gillespie (1917-1993)

Thelonious Monk (1917-1982)

S'intéresser au Jazz sans connaître ces trois créateurs serait pire qu'une erreur, ce serait une faute.

Ils sont joués, aimés, copiés et imités dans le monde entier.

Ecoutez Amy Winehouse ou Lady Gaga, vous entendrez l'influence d'Ella Fitzgerald.

Pour vous inciter à les écouter sans cesse, lectrices Be, lecteurs Bop, voici un extrait de " Bird and Diz ", album qui réunit Charlie Parker, Dizzy Gillespie, Thelonious Monk, Curly Russell et Buddy Rich. Un album de 1950 qui fait encore pâlir d'envie bien des Jazzmen en 2017.

Enfin, en vidéo, la First Lady of Song, Ella Fitzgerald, accompagnée par un quintette de rêve, Oscar Peterson (piano), Ray Brown (contrebasse), Herb Ellis (guitare), " Papa " Jo Jones (batterie) et Roy " Little Jazz " Elridge  (trompette) en concert en 1957. " It don't mean a thing if it ain't got that swing " (Duke Ellington). Plus qu'une chanson, un art de vivre.

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Averty C'est Moi (1928-2017)

Publié le par Guillaume Lagrée

Lectrices Hot, lecteurs Swing, nous devons tant à Jean-Christophe Averty, cinglé du music-hall, dingue de la télé, givré de théâtre, malade de littérature, fondu de peinture, fou de Jazz qu'une vie ne suffirait pas à raconter tout ce qu'il nous a apporté.

" Un homme qui n'aime pas le Jazz n'aime ni la vie, ni l'amour, ni la liberté. En bref, c'est un con " (Jean-Christophe Averty).

Parmi mille et mille merveilles, son film pour illustrer l'album concept de Serge Gainsbourg " Melody Nelson " (1971) demeure.

Sa vie il l'a raconté en 5 émissions pour France Culture en 2015.

Ses archives sont en lieu sûr à l'Institut National de l'Audiovisuel depuis 2012.

En son honneur, Martial Solal composa " Averty C'est Moi " qu'il joua en trio avec Guy Pedersen (contrebasse) et Daniel Humair (batterie) lors d'un fameux concert  " Jazz à Gaveau " en 1962.

Enfin, Jean-Christophe Averty est indissociable du festival international de Jazz d'Antibes-Juan-les-Pins depuis sa création en 1960.

Le film ci-dessous a été réalisé par Jean-Christophe Averty lors de l'édition 1964 du festival d'Antibes. Vous y trouverez notamment le trio de Martial Solal mentionné ci-dessus, un tout jeune Jean-Luc Ponty, Lionel Hampton (vibraphone)

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Roger " Kemp " Biwandu " Three ( two girls and a boy) "

Publié le par Guillaume Lagrée

Roger " Kemp " Biwandu

" Three (two girls and a boy ) "

Jazz Family

Sortie le vendredi 17 mars 2017

Roger " Kemp " Biwandu: batterie

Jérôme Regard: contrebasse

Irving Acao: saxophone ténor

Invités

Vincent Bidal: piano (4)

Tutu Poane: chant (4)

Stéphane Belmondo: trompette (7)

Concerts de sortie

mardi 4 avril  2017 à 20h30 au Rocher de Palmer à Cenon (33)

samedi 8 avril 2017 à 19h30 et 21h30 au Duc des Lombards à Paris (75)

Roger Biwandu est né à Bordeaux en 1972 de parents Congolais ( du Congo Kinshasa). Enfant, il a été influencé par la musique de ses sœurs qui écoutaient du rock blanc (Police, Toto). Il a pris les baguettes dès la fin des années 70 pour ne plus les lâcher depuis jouant aussi bien dun Funk, du Jazz, de la Pop, de la musique africaine, bref toutes musiques où la batterie est indispensable.

Roger Biwandu est aussi un sportif, ancien joueur de rugby et fan du basketteur Shawn Kemp d'où son nom de scène Roger " Kemp " Biwandu.

Enfin, Roger Biwandu est père de trois enfants, 2 filles et un garçon et sort son 3e album comme leader. D'où, en toute logique, un album en trio intitulé " Three (two girls and a boy)". Les enfants sont avec lui sur la couverture de l'album mais de dos pour respecter leur vie privée. Bien vu Roger. Sur la pochette, ils posent devant un café nommé l'Apollo. Ce n'est pas la fameuse salle de Harlem à New York où triomphèrent Ella Fitzgerald et James Brown mais l'allusion est évidente.

Roger Biwandu a adopté ici une formule purement Jazz avec Jérôme Regard à la contrebasse et Irving Acao au saxophone ténor, artistes déjà louangés sur ce blog par ailleurs.

Impossible de ne pas penser à Sonny Rollins avec un pianoless trio de la sorte. Pour autant, Irving Acao est Cubain, pas New Yorkais même si les parents de Sonny Rollins sont Caribéens et si Roger Biwandu est Bordelais, c'est l'African Beat qu'il joue ici.

Ce ne sont que des compositions personnelles mais qui sonnent comme des standards sauf une chanson de Michael Jackson " Black or white " (n°4). Je préfère toujours Prince à l'auto proclamé King of Pop.

Irving Acao est chaud. Chaud, chaud, Acao! Jérôme Regard pose le sien avec bienveillance sur cette musique. Roger Biwandu fait feu de tout bois. Heureusement pour nous, il n'a pas la carrure de Shawn Kemp dit " Reignman " (2m08,117kg), un des meilleurs contreurs et dunkers de l'histoire de la NBA. Il ne joue pas en force.

Roger Biwandu est un homme fidèle. Il joue ici une nouvelle version de " For Palmer " (n°7) titre de son 2e album hommage au " Rocher de Palmer " à Cenon (33) où il apprit la batterie et où il jouera le concert de sortie de cet album mardi 4 avril 2017. Cette version il la joue avec son vieil ami Stéphane Belmondo (trompette).

Ecoutez bien l'album jusqu'au bout car après le dernier morceau et un temps de silence il y a une surprise, une madeleine sonore fort agréable ma foi.

Lectrices affamées de rythmes, lecteurs assoiffés de mélodies, pour vous donner un avant-goût de cette musique, vous trouverez ci-dessous une vidéo enregistrée en studio lors de la réalisation de l'album " Three  (two girls and a boy) ") de Roger Biwandu.

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Benjamin Moussay & Alain Jean-Marie croisent leurs pianos au Triton

Publié le par Guillaume Lagrée

Festival Pianos croisés

Le Triton, Les Lilas (93)

Jeudi 2 mars 2017, 20h

Benjamin Moussay : piano

Alain Jean-Marie : piano

 

2 pianos ½ queue accoudés sur la scène. Les pianistes se font face. Vus du public, Alain Jean-Marie est à gauche et, par déduction logique, Benjamin Moussay à droite. Ils s’assoient, se regardent et jouent. Tempo medium. Ca ressemble à un standard. Alain Jean-Marie est plongé dans son clavier alors que Benjamin Moussay le regarde de temps en temps. La gestuelle est différente aussi. Chez Alain Jean-Marie, seules les mains bougent et elles ne s’en privent pas. Benjamin Moussay manifeste de tout son être sa joie de jouer. Ils finissent dans l’aigu tous les deux. Ca scintille comme du cristal. C’était « April » de Lee Konitz (variation sur « I remember april » ou " April in Paris " je suppose) puis « Lennie’s pennies » de Lennie Tristano (variation sur « Pennies from heaven »).

« Fleur bleue » (Benjamin Moussay). Une ballade sentimentale mais pas fleur bleue. Un vrai dialogue démocratique entre deux âges et deux cultures.

Un morceau de Thelonious Sphere Monk, sautillant et décalé à souhait.

Une ballade bleue et sentimentale. Benjamin joue sur le clavier et dans les cordes en même temps. C’est « Fleurette africaine » tiré de l’album « Money Jungle » du triumvirat Duke Ellington, Charles Mingus et Max Roach. Pour jouer ce morceau, il faut s’imaginer marcher dans une forêt africaine dense et, dans une clairière, trouver une fleur unique, la regarder, la humer et surtout ne pas la cueillir. Telles furent les consignes données par le Duke à ses partenaires lors de l’enregistrement. Le duo le joue dans cet esprit.

« Hallucinations » hommage de Benjamin Moussay au pianiste Bud Powell devenu fou après s’être fait fracasser le crâne par des policiers blancs américains. « Le be bop c’est le rythme de la matraque du flic blanc sur la tête de l’homme noir : bop, bop, rebop, bebop, bop » (Kenny Clarke). Alain Jean-Marie quitte la scène pour laisser Benjamin jouer.

Mes notes devenant illisibles, car tels sont les risques du direct, lectrices exigeantes, lecteurs sélectifs, je vous résume la suite.

Alain Jean-Marie nous annonce un voyage à Cuba et le duo enchaîne trois morceaux cubains où le Caribéen Alain Jean-Marie mène la danse.

C’est seul qu’Alain Jean-Marie joua une biguine dont il a le secret, Benjamin restant sur scène pour écouter et profiter.

Il y eut deux rappels, en duo.

Monsieur R et Madame S venus sur ma recommandation à leur premier concert de Jazz n’ont pas regretté leur voyage. Pour que la flamme du Jazz ne s’éteigne pas, il faut la transmettre à la génération suivante.

Le festival Pianos croisés se poursuit tout le mois de mars 2017 au Triton.

Assez bavardé. Faites vous votre propre idée de cette musique, lectrices exigeantes, lecteurs sélectifs en regardant et écoutant le concert décrit ci-dessus, ci-dessous.

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Renaud Detruit & Florent Sepchat " Fines lames "

Publié le par Guillaume Lagrée

Renaud Detruit

&

Florent Sepchat

" Fines lames "

Collectif La Saugrenue

Une production Cristal Records

Sortie le vendredi 10 mars 2017.

En format digital exclusivement.

Fines lames est composé de

Renaud Detruit: vibraphone, marimba

&

Florent Sepchat: accordéon

Concerts de sortie:

- à Paris, Ile de France, France, au Sunset, mercredi 11 avril à 20h30;

- à Paris, Ile de France, France, à la Bellevilloise, mercredi 3 mai à 20h30;

- à Orléans, Loiret, Centre Val de Loire, France, jeudi 22 juin à 23h dans le cadre du festival Orléans Jazz;

- à Sainte-Maure-de-Touraine, Indre et Loire, Centre  Val de Loire, France, mercredi 23 août à 19h, pour le festival Jazz O' cor des fermes;

- à Orléans, Loiret, Centre Val de Loire, France, vendredi 22 septembre à 18h30, sur la scène extérieure du festival de Loire.

 

Lectrices averties, lecteurs avisés, il ne vous a pas échappé que le titre " Fines lames " pour désigner un duo composé d'un vibraphoniste et d'un accordéoniste est un jeu de mots subtil puisque chacun joue d'un instrument composé de lames.

Pour mériter un tel titre, encore faut-il jouer en finesse. C'est bien le cas ici. La diversité de leur matériau sonore de départ en est un indice. 4 compositions du vibraphoniste (n° 2,3,9 et 10), du jazz d'hier ( " Very early " de Bill Evans, n°7 et " Sang mêlé " d'Eddy Louiss, n°8) et d'aujourd'hui ( " Pouki Pouki " d'Airelle Besson, n°4). Enfin les morceaux n° 116 et 153 du Mikrokosmos de Bela Bartók (n°5 et 6).

Avec toutes ces musiques, deux hommes dialoguent. Malgré le titre de leur duo, il ne s'agit pas d'un duel. Ils nous charment avec " Pouki Pouki ", composition destinée à devenir un standard à mon avis, nous emportent avec leurs " Reflets d'influence " (n°2 et 9).

En un verbe, cette musique me charme. Elle est sentimentale sans sentimentalisme, minimaliste sans être minime. Elle respire le bon goût et l'élégance. Tact et mesure. Tout est dit.

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Sélection de concerts de Jazz à Paris et en Ile de France pour mars 2017

Publié le par Guillaume Lagrée

Lectrices avisées, lecteurs avertis, voici ma sélection inique et arbitraire de concerts de Jazz à Paris et en Ile de France pour le mois de mars 2017. Pour un agenda complet, voyez celui du Paris Jazz Club.

3 festivals à signaler:

- la 34e édition de Banlieues Bleues, en Seine Saint Denis, du vendredi 3 au vendredi 31 mars avec un programme pantagruélique

- le festival Jazzenville à Conflans Saint Honorine, dans les Yvelines, du vendredi 3 au dimanche 19 mars avec le Double Celli Sextet du pianiste et compositeur Olivier Calmel le samedi 18 mars à 21h.

- le festival Sidération à Paris, mêlant art et science, organisé par le CNES (Centre National d'Etudes Spatiales) du vendredi 24 au dimanche 26 mars avec notamment Claudia Solal (chant, voix).

Si Paris vous ennuie, filez aux festivals de printemps  à Rennes et Saint Malo , Amiens, Genève et Nantes.

Films du mois:

- Born to be blue ressucite Chet Baker au cinéma, dans sa période 1965-1975.

- le festival Jazz et Images se poursuit au Cinéma Balzac à Paris avec une soirée Thelonious Monk vendredi 17 mars à 21h. Le trio Sophia Domancich (piano), Simon Goubert (batterie) et Vincent Le Quang (saxophones) jouera la musique du Prophète, concert suivi d'un film tourné lors de la tournée européenne 1966 du Thelonious Monk Quartet (46').

 

Mercredi 1er mars

19h, Baiser Salé, Paris: révisez vos standards avec le duo Mario Canonge  & Michel Zenino. A retrouver mercredi 8, 15, 22 et 29 mars.

20h, Le Triton, Les Lilas (93): programme Pianos croisés avec Edouard Ferlet (Jazz) & Paul Beynet (classique).

20h30, le New Morning, Paris: programme de gala pour les 35 ans du New Morning avec John Mac Laughlin (guitare).

21h, Autour de midi et minuit, Paris: la maison Goldberg et fils vous reçoit. Michel Goldberg (sax) quartet avec Dexter Goldberg (piano).

Jeudi 2 mars

20h, le Triton, les Lilas (93): programme Pianos croisés avec le duo Benjamin Moussay & Alain Jean-Marie. L'Alsace rencontre la Guadeloupe!

20h45, Espace Carpeaux, Courbevoie (92): Didier Lockwood et les violons sauvages. Un voyage musical sur les routes de la Soie, de l'Orient à l'Occident.

21h, Sunside, Paris: trio Enrico Pieranunzi, Diego Imbert et André Cecarelli. La classe transalpine.

Vendredi 3 mars

20h, Le Triton, les Lilas (93): Elise Caron (chant) reçoit deux de ses pianistes Denis Chouillet et Roberto Negro.

22h30, 45 Jazz Club, Paris: dans le théâtre du gymnase, prenez la porte de gauche et montez au 1er étage. Vous y êtes pour retrouver un trio de magiciens sonores Michel Edelin (flûte), Peter Giron (contrebasse) et John Betsch (batterie).

Samedi 4 mars

19h30 et 21h30, Le Duc des Lombards, Paris: Theo Bleckmann Elegy. Etes-vous prêts à décoller?

20h, Le Triton, Les Lilas (93): Programme pianos croisés. Emmanuel! Emmanuel! Emmanuel Bex & Emmanuel Borghi (pianos).

Mardi 7 mars

20h30, Patio du Chesnay, Le Chesnay (78): duo Claudia Solal & Benjamin Moussay.

21h, Orangerie, Eaubonne (95): le trio d'Adrien Chicot (piano) déjà louangé sur ce blog.

Mercredi 8 mars

21h, Studio de l'Ermitage, Paris: Jean-Pierre Como  Express Europa.

21h30, Le Baiser Salé, Paris: Rick Margitza Quartet. Une valeur sûre.

Jeudi 9 mars

20h, l'Atelier du Plateau, Paris: Les Voyageurs de l'espace.

20h30; Le New Morning, Paris: les 35 ans du New Morning se fêtent avec le Classic Quartet de Joe Lovano (sax ténor).

Samedi 11 mars

20h, Le Triton, Les Lilas (93): Elise Caron (chant) reçoit deux de ses pianistes Denis Chouillet et Roberto Negro.

20h, UMJ, Paris: le quartet Utopia de la pianiste et compositrice Leila Olivesi maintes fois célébrée sur ce blog.

Dimanche 12 mars

17h, théâtre Victor Hugo de Bagneux (92): Jazzoo, un concert avec dessin animé pour enfants et adultes. Goûter à partir de 16h. Jazzons avec les animaux!

Mardi 14 mars

19h30 et 21h30 au Duc des Lombards, Paris: Charlie Mussselwhite Band. Du Blues, du Blues, du Blues! Même groupe, même lieu, mêmes heures le mercredi 15 mars.

20h, Atelier du Plateau, Paris: le trio Jazz réinventé par Eve Risser (piano), Benjamin Duboc (contrebasse) et Edwar Perraud (batterie).

Jeudi 16 mars:

19h30 et 21h30, Duc des Lombards, Paris: Adrien Chicot Trio joue l'album " Playin' in the dark " déjà célébré sur ce blog.

20h, Atelier du Plateau, Paris: John Greaves en piano solo.

20h30, New Morning, Paris: Rhoda Scott Lady Quartet joue l'album " We Free Queens ",  louangé sur ce blog.

21h, Sunside, Paris: Giovanni Mirabassi en piano solo.

22h, Sunset, Paris: Vincent Segal en violoncelle solo.

Vendredi 17 mars

19h30, Le Sunside, Paris: duo Jean Marc Foltz (clarinette) & Stephan Oliva (piano).

20h, le Sunset, Paris: duo Jocelyn Menniel (flûte) & Sylvain Rifflet (saxophone)/

20h45, Le Comptoir, Fontenay sous Bois (94): Yann Robilliard Yellows Tone.

21h, le Sunside, Paris: Giovanni Mirabassi (piano) & Flavio Boltro (trompette).

Samedi 18 mars

20h, le Sunset, Paris: Lenny Popkin Trio. L'essence du Cool.

20h30, Espace Sorano, Vincennes (94): Double Circle, Enrico Pieranunzi (piano) en duo avec Federico Casagrande (guitare).

21h30, le Sunset, Paris: Thomas Savy trio.

Dimanche 19 mars

17h, Atelier du Plateau, Paris: Jusqu'au dernier souffle, hommage aux Poilus de 14-18.

Lundi 20 mars

20h, le Pan Piper, Paris: Otis Taylor, le Bluesman du XXI° siècle.

20h30, le Sunside, Paris: Ben Sidran Quartet.

Mardi 21 mars

20h30, Théâtre 71, Malakoff (92): hommage à Giorgio Gaber (acteur, chanteur, compositeur, musicien italien) par Maria Laura Baccarini (chant) & Régis Huby (violon).

Mercredi 22 mars

19h, Grand comptoir d'Anvers, Paris: Maxime Fougères Trio. Entrée libre.

20h30, New Morning, Paris: John Scofield. Country for old men. Un autre guitar hero pour les 35 ans du New Morning.

Vendredi 24 mars

19h30 et 21h30, Le Duc des Lombards, Paris: Macha Gharibian Trans Extended. Un pont musical entre l'Orient et l'Occident. .

20h, Le Triton, Les Lilas:  Kamilya Jubran et le trio de Sylvain Cathala.

20h30, Le New Morning, Paris: Brooklyn Funk Essentials. Friday night fever!

20h30, Jazz Club Etoile, Paris: Mighty Mo Rogers. Du Blues.

21h30, Sunset, Paris: Yves Bourqui Trio. Tant de guitare.

Samedi 25 mars

19h30 et 21h30, Le Duc des Lombards, Paris: Macha Gharibian Trans Extended. Un pont musical entre l'Orient et l'Occident. .

20h, Le Triton, Les Lilas (93). Debora Seffer Quartet. Passez la soirée au violon en belle compagnie.

Dimanche 26 mars

18h, la Petite Halle de la Villette, Paris: OFF des musiciens de l'orchestre de Paris. Programme Regards d'Amérique basé sur les années 20, la Swing Era. Entrée libre.

Lundi 27 mars

20h, Bobino, Paris: pour la Journée mondiale de l'eau, Jacky Terrasson (piano) jouera un programme spécial Jazz et classique, entièrement consacré à l'eau.

Jeudi 30 mars

19h30 et 21h30, Le Duc des Lombards, Paris: Léa Castro Quintet pour l'album " Roads " déjà fêté sur ce blog.

Vendredi 31 mars

23h45, Philarmonie de Paris: John Zorn seul au grand orgue. Prêts à décoller?

 

La photographie d'Elise Caron est l'œuvre du Philogyne Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette œuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Elise Caron par Juan Carlos HERNANDEZ

Elise Caron par Juan Carlos HERNANDEZ

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Mario Canonge et Michel Zenino reçoivent Didier Lockwood au Baiser Salé

Publié le par Guillaume Lagrée

Mario Canonge

&

Michel Zenino

Paris, Ile de France, France

Le Baiser Salé

Mercredi 1er février 2017, 19h

Mario Canonge: piano

Michel Zenino: contrebasse

Didier Lockwood: violon

Adriano Tenorio    : batterie, percussions

10 ans que Mario Canonge et Michel Zenino sont en liberté surveillée au Baiser Salé à jouer les standards en duo tous les mercredis à 19h, leurs compositions en quintette le samedi à 21h30. Alors qu'un couple sur 2  à Paris divorce, une telle fidélité mérite récompense.

C'est pourquoi, à titre exceptionnel, le duo a eu du droit à de recevoir des visiteurs et est devenu un quartet pour un soir. Même les Japonaises sont informées et présentes au rendez-vous.

Même dans la façon de se présenter, c'est un joli duo. Ils commencent par le duo habituel en jouant " On a misty night " (Tadd Dameron). Beaucoup de fraîcheur dans ce vieux couple. C'est le secret des couples qui durent. Ca swingue dans une jolie nuit brumeuse. Jolies traces d'Erroll Garner dans le jeu du pianiste. Beau solo de contrebasse qui pulse bien, délicatement orné par le pianiste en sourdine. Je ne vois pas de micro et cela n'est pas nécessaire.

Didier Lockwood sort du public pour monter sur scène.Pour une fois, Didier Lockwood joue avec son violon acoustique, sans microphone. Musique surprise. Intro du violon. Un standard sur tempo rapide dont le titre m'échappe. Ca swingue. Le monsieur sérieux devant moi avec ses cheveux blancs et ses lunettes ondule sur son siège. Le contrebassiste s'escrime pour tenir le rythme et il y parvient. Le violon s'efface pour que le piano mène le bal. Fonce, Alphonse! Chacun son tour. Solo de contrebasse ponctué par le piano. Lockwood marque le tempo en tapotant régulièrement les cordes de violon avec son archet. Un vrai métronome. Ca emballe sec tout de suite. C'était " Pent Up House " (Sonny Rollins).

Arrivée d'Adriano Tenorio (Brésil) aux percussions. Le violon doit être branché tout de même ouï les effets que Didier Lockwood en sort. . Un standard. Une ballade. Joli duo piano & violon, méditatif et passionné. Pas d'applaudissement, de peur de gêner, quand le violon cède la place à la contrebasse pour un autre duo méditatif avec le piano. Adriano Tenorio ajoute délicatement ses percussions. Le batteur rabote alors que le violon glisse. Belle envolée finale. C'était " In a sentimental mood " (Duke Ellington).

Une composition de Didier Lockwood. Rythme brésilien. Ca balance bien. Légère allusion au Saint Thomas de Sonny Rollins. Ca swingue très bien, en jazz latino caribéen. Joli duo percussions/contrebasse. La machine chauffe. Lockwood y ajoute du pizzicato. Le piano se tait. Le rythme est haché menu dans le solo de Ricardo Tenorio. Mario rejoint Ricardo pour jouer des percussions lui aussi alors que la contrebasse marque le tempo. C'est festif. Le quartet repart, chacun à sa place.

Intro piano & violon. Improvisation romantique. Ils arrivent au thème. . Un standard comme prévu. " Solar " (Miles Davis). Le monsieur sérieux devant moi claque des doigts en rythme. Le quartet est bien groupé avec Didier Lockwood en soliste inspiré. Avec un Brésilien aux percussions, ça change la couleur de la musique. Miles Davis a joué avec celui qu'il appelait " l'albinos fou ", le Brésilien Hermeto Pascoal (Album " Live/Evil ". 1971). Sifflements d'encouragement du monsieur devenu chaud bouillant. Des deux Japonaises, l'une est enthousiaste, l'autre s'ennuie, manifestement traînée là par sa copine. Ca envoie entre pianiste et percussionniste. Le contrebassiste maintient le cap. Duo contrebasse & percussions. Ca chauffe. Quel rythme! Mario Canonge passe à la biguine dans l'accompagnement puis à la salsa. Adriano s'y met. Les cordes aussi. Lockwood réintroduit le thème de " Solar " dans la salsa.

Une composition de Chick Corea. Duo piano/violon pour commencer. Le groupe enchaîne. " La Fiesta " je pense. Ca sonne hispanisant. Très rythmé. Même la Japonaise réticente se déride à force. Cela fait du bien d'entendre un quartet de Maîtres. La rythmique est en feu. Il le faut sur cet air là. Didier Lockwood met le violon en transe. Bel envol final groupé.

Pas de rappel. Ils ont tout donné. Rien à ajouter.

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" For Maxim. A Jazz Love Story " Julie Saury

Publié le par Guillaume Lagrée

" For Maxim. A Jazz Love Story "

Julie Saury.

Black and Blue. 2016.

Julie Saury: batterie

Philippe Milanta: piano

Bruno Rousselet: contrebasse

Aurélie Tropez: clarinette

Frédéric Couderc: saxophone ténor, saxello, C Melody, flûte, appeaux divers et variés!

Shannon Barnett: trombone et chant

L'album en CD et l'album en vinyl ne comportent pas les mêmes morceaux.

Concert de sortie à Paris, au Sunside, vendredi 24 février 2017 à 21h.

Julie Saury est la fille de Maxim Saury (1928-2012), clarinettiste de Jazz New Orléans, fidèle disciple de Sidney Bechet.

Elle a grandi avec la musique de sa génération, la mienne aussi, a adopté la batterie, a été fascinée par Sheila E, batteuse de Prince. Peut-être a t-elle aussi eu comme modèle Terry Lyne Carrington, batteuse de Stan Getz, Dizzy Gillespie, Wayne Shorter, Herbie Hancock.

Bref, même si elle a beaucoup joué dans le groupe de son papa, Julie Saury n'aime pas le Jazz à la papa.

Maxim Saury ayant rendu son dernier souffle en 2012, sa clarinette s'est tue mais l'amour que lui porte  sa fille, est toujours vivant.

Pour lui rendre hommage, Julie a décidé de jouer la musique de son père à sa manière à elle.

C'est pourquoi vous reconnaîtrez des classiques du Jazz Old School: " Sweet Georgia Brown " (1), " Stars fell in Alabama " (4), " Saint Louis Blues " (5 en solo de batterie, 6 en groupe ), " Petite fleur " (8, subtilement arrangé par Patrice Caratini).

Les thèmes sont reconnaissables mais rafraîchis, joués dans un style actuel qui bouscule ces vieux morceaux sans les renverser.

Julie a trop de respect et d'affection pour son père pour briser cette musique qu'il aimait tant. Elle la revivifie en y insufflant de la joie, de l'amour, de la vitalité.

Si elle ne joue pas " My heart belongs to daddy ", tout cet album le dit.

" There is no bullshit about music " aimait dire Dizzy Gillespie. C'est bien ce que font Julie Saury et ses complices ici. Ils ne trichent pas, ils jouent.

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