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Wayne Escoffery de passage au Sunside

Publié le par Guillaume Lagrée

Wayne Escoffery par Juan Carlos HERNANDEZ

Wayne Escoffery par Juan Carlos HERNANDEZ

Wayne Escoffery Quartet

Le Sunside

Paris, Ile de France, France

Mercredi 29 mai 2019, 20h30

Wayne Escoffery: saxophone ténor

Fred Nardin: piano

Joe Sanders: contrebasse

Jason Brown: batterie

Bienvenue au 48e abonné de ce blog. Que les Dieux et les Muses le protègent!

Le concert commence avec 1h de retard sans un mot d'explication, de demande de pardon. Quel mépris pour le public!

Pour compenser, le quartet attaque tout de suite. Le bassiste imprime sa marque. Le batteur roule tranquille aux baguettes. Gros son de sax ténor. Wayne Escoffery a beaucoup écouté John Coltrane. Cela s'entend. Méditatif et puissant. Fred Nardin vient ajouter son propre roulis au piano. Tant sa saxophonistes s'évertuent à jouer comme Coltrane comme tant de guitaristes électriques collent à Jimi Hendrix, acoustiques à Django Reinhardt. Autant essayer de jouer au tennis comme Roger Federer., de nager comme Michael Phelps. Fred Nardin s'adapte bien au style de Mac Coy Tyner qui, lui, selon Eric Le Lann n'aurait qu'un seul Maître, Martial Solal (information à recouper).

Pour cette tournée européenne, Wayne Escoffery joue avec des musiciens locaux, Français et Américains de Paris. Cette rythmique a été constituée pour ce soir à Paris. Peu de répétitions mais du jeu, du risque comme me l'a dit Fred Nardin à la pause. 

" Dubai " (Billy Drummond) puis " Vortex " (Wayne Escoffery). Le chef nous explique que c'est la première fois qu'il joue avec cette rythmique et que, si ça sonne mal, c'est de leur faute, pas de la sienne. Ni responsable ni coupable. Pas sympa, le chef. Disons que c'est de l'humour. Vortex est un titre adapté à ce morceau qui monte en puissance, en spirale ascendante. Le sax s'efface. La rythmique envoie sous la commande du pianiste. Fred Nardin, sous un air de jeune homme sage, cache un démon du piano. Le tempo se ralentit, se décompose. Les effets sont plus subtils. 

Un morceau de ses héros. " Brown town ", l'hommage de Joe Henderson (sax ténor) à Clifford Brown (trompette). La patte de Joe Henderson s'entend tout de suite. Aussi élégant qu'énergique. Le batteur reste aux baguettes mais joue moins fort hachant menu les cymbales. Le pianiste part en ballade. Solo de contrebasse au milieu du dialogue piano&batterie. Classe. 

Wayne Escoffery rend hommage à Tom Harrell (trompette) avec qui il a beaucoup joué. Il explique que Tom Harrell écrit tant de belles mélodies qu'il n'a pas toujours la chance de les jouer. N'étant pas dans le groupe de Tom Harrell ce soir, il  en profite pour jouer un morceau qu'il n'a joué qu'une seule fois avec lui. " February ". Faux départ. Le batteur n'était pas prêt pour la ballade. C'est février en Amérique du Nord. Il fait froid, les maisons sont ensevelies sous la neige. La musique avance comme des hommes en raquettes. Le feu de bois crépite dans la cheminée du chalet. Le bassiste chante  avec son solo. Batteur au tambourin. Tout est calme, tranquille. La musique orne le silence. Le pianiste reprend la main et emballe le tout. Retour du sax ténor, velouté à souhait. 

Un standard joué en duo sax ténor & contrebasse. Gros son pensif. Une ballade. Ca ronronne comme il faut. Bon massage cérébral. Un solo de contrebasse joué en chantant. Joe Sanders a une voix moins grave que son aîné Major Holley. Plus proche du Maître du genre, Slam Stewart. Le contrebassiste ne cesse pas de danser avec son instrument mais il cesse de chantonner. Ca balance bien. Le quartet est reparti dans l'élan, le mouvement. Puis ça se calme. Tranquille jusqu'au final

PAUSE

Je suis encore trop enrhumé pour profiter plus longtemps de la musique.  La chronique finit donc ici.

La photographie de Wayne Escoffery est l'oeuvre de l'Epatant Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales. 

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Le Biguine Reflections Trio enchante le Sunside

Publié le par Guillaume Lagrée

Biguine Reflections Trio par Hélène POISSON

Biguine Reflections Trio par Hélène POISSON

Biguine Reflections Trio

Le Sunside

Paris. Ile de France. France

Samedi 25 mai 2019. 21h30

Le trio Biguine Reflections est composé de

Alain Jean-Marie: piano

Eric Vinceno: guitare basse électrique

Jean-Claude Montredon: batterie

Un morceau du trio Biguine Reflections sera diffusé dans mon émission Le Jars jase Jazz sur Couleurs Jazz Radio les vendredi 5, 12, 19 & 26 juillet à 1h et 19h, les samedi 6, 13, 20 & 27 juillet à 1h, les dimanche 7, 14, 21 & 28 juillet à 18h (heure de Paris). Emission consacrée au Jazz, flèche de l'arc caraïbe. 2e partie: la Caraïbe francophone.

Le trio commence sans dire un mot. Ca balance tout de suite. Un jazz mêlé de biguine et réciproquement dont ces hommes ont le secret. La batterie jouée aux baguettes sonne comme des percussions jouées à mains nues. La rondeur de la basse. Les éclairs du piano. Tout nous emporte dans une vague chaude. Bien qu'enfermés dans un club parisien, l'air et la lumière entrent avec la musique. C'était " Sérénade ", biguine composée par Alain Jean-Marie. 

" 22 Mazouk " (Alain Jean-Marie) inspiré par une mazurka, musique venue de Pologne qui a fait souche aux Antilles. 22 mai 1848: insurrection des esclaves de Martinique pour obtenir immédiatement l'abolition de l'esclavage. Un air joyeux, de fête. Le batteur travaille essentiellement les tambours. 1,2,3 font la mazurka, la valse et le jazz. La musique est faite pour danser, à son origine et cet esprit demeure dans l'interprétation du trio. Toutefois, comme il s'agit de Réflexions sur la Biguine, cette musique s'écoute assis. De toute façon, la disposition de la salle ne permet pas de danser et il faut être capable de suivre en dansant des musiciens de ce calibre . 

Une biguine de Robert Mavounzy (1917-1974) avec qui Alain Jean-Marie joua. Un grand classique dont je reconnais l'air à force de l'avoir entendu joué par ce trio. Ca fait toujours balancer de la tête aux pieds. Le trio joue très soudé. Pas de solo jusqu'ici. Je crois avoir compris " Kai fé ": qu'a t-elle fait pour te mettre dans cet état?

" Doudou pas pléré " d'Albert Lirvat (1916-2007) avec qui Alain Jean-Marie a aussi joué. Cf extrait audio au dessus de cet article. Du créole compréhensible même pour les non initiés. Ca balance toujours mais plus calmement. Musique consolante comme son titre l'indique. Jeff Boudreaux, batteur natif de Bâton Rouge en Louisiane, est venu écouter ses amis et voisins Antillais. 

Une biguine des années 1940 arrangée par Jean-Claude Montredon. Ca repart plus énergique, toujours groupé. Musique de danse, savante et populaire en même temps. De la musique populaire ils tirent une musique savante mais sans rien lui faire perdre de sa verve originelle. C'est la magie du Biguine Reflections Jazz trio. Premier solo de batterie " Ta ta tac ". Ca roule sous les baguettes. Frappe, sèche. Marches militaires métissées de rythmes venus d'Afrique. 

" Jean-Claude " (Alain Jean-Marie). Il est aisé de deviner à quel musicien du trio ce morceau est dédié. Un morceau savant mais toujours dansant. Avec des arrêts-départs. 

" Drive " (Eric Vinceno). Ce n'est pas le drive des golfeurs, ni la dérive des bateaux. C'est le drive créole, la dérive quand vous vous laissez aller sans savoir où vous arriverez. Groupe soudé autour du bassiste. Ca part à la dérive mais sous contrôle. Premier solo de basse. Logique vu que c'est lui le compositeur de ce morceau. Ca pince bien dans le ventre. Piano et batterie jouent mezzo voce.

Intro en piano solo. Le calme avant de lâcher les chevaux. Un morceau que j'adore. Ca chaloupe. Basse et batterie ajoutent leur pulsation. Nom de Zeus, ça respire! Un petit pont franchi et la musique reprend son cours. Un air entêtant vous saisit corps et âme. Ca roule, gîte doucement. Une musique de mer par temps calme. Un break de batterie et quelques notes de piano pour finir. C'était " Haïti " d'Alain Jean-Marie.

" Papa moin cou ". Une épouse demande à son mari de cesser de la frapper. Les statistiques sont formelles. Il y a plus de violences conjugales,en proportion de la population, aux Antilles que dans l'Hexagone. Une biguine endiablée. Sacrée pulsation. Le piano s'envole au dessus de l'ancrage fourni par la basse et la batterie.

Un petit air final funky, entraînant pour présenter de nouveau les musiciens.

PAUSE

La musique est magnifique mais je suis trop enrhumé pour savourer un 2e set. Le trio Biguine Reflections existe depuis plus de 25 ans. Les mêmes musiciens, la même musique et ils sont toujours aussi intéressants. " Les bons mûrissent, les mauvais pourrissent " (Victor Hugo). Alain Jean-Marie, Eric Vinceno et Jean-Claude Montredon sont dans les bons, les très bons même. Plaise aux Dieux et aux Muses qu'ils nous réjouissent encore longtemps!

Le portrait du Biguine Reflections Trio a été réalisé pendant le concert. Il est l'oeuvre de gente et noble Dame Hélène POISSON. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

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Sélection de concerts de Jazz pour juin 2019

Publié le par Guillaume Lagrée

Sarah Murcia par Juan Carlos HERNANDEZ

Sarah Murcia par Juan Carlos HERNANDEZ

 

Splendides lectrices, magnifiques lecteurs, c'est armé de mauvais goût et de mauvaise foi que je vous propose la sélection suivante de concerts de Jazz à Paris et en Ile de France pour le mois de juin 2019.

Pour une sélection exhaustive sur l'Ile de France, voyez Paris Jazz Club. Pour la France et l'Europe, voyez Citizen Jazz et Jazz Magazine

Si vous ne pouvez assister aux concerts, écoutez les sur France Musique avec les émissions Jazz Club (pour le présent) et Les légendes du Jazz (pour le passé) et sur TSF Jazz avec Jazz Live

Pour l'actualité du Jazz, écoutez sur la Toile Couleurs Jazz Radio où l'auteur de ce blog sévit dans une émission mensuelle intitulée, notez l'originalité, " Le Jars jase Jazz ". Diffusion les vendredi 7, 14, 21 & 28 juin à 1h et 19h, les samedi 1er, 8, 15 , 22& 29 juin à 1h et les dimanche 2, 9, 16, 23 & 30 juin 2019 à 18h (heure de Paris). Pas de podcast. L'émission de juin 2019 sera consacrée au Jazz, flèche de l'arc caraïbe (Première partie: la Caraïbe anglophone).

Si vous voulez assister depuis la Toile aux concerts à New York, dans Greenwich Village, pour les clubs Small's et Mezzrow, suivez ce lien. C'est payant certes mais toujours moins cher qu'un séjour dans la Grosse Pomme.

L'exposition " Music Migrations. Paris-Londres. 1962-1989 " est visible et audible au Palais de la Porte Dorée, à Paris, jusqu'au dimanche 5 janvier 2020. Visite vivement recommandée. 

Pour vous mettre au vert, filez en Normandie, dans la Manche, à Coutances, au festival Jazz sous les pommiers, du vendredi 24 mai au samedi 1er juin. Le programme est riche et nourrissant comme de la crème fraîche normande mais sans externalité négative. Merci de saluer Madame la sous-préfète de Coutances de ma part. 

Festival de Jazz de Maisons-Laffitte (78) du vendredi 14 au dimanche 23 juin 2019 avec NOLA French Connection déjà loué sur ce blog. 

Festival de Jazz de la Ferté sous Jouarre (77) du vendredi 21 au dimanche 23 juin 2019 avec une soirée caribéenne le samedi 22 juin: Calypso Rose, la légende vivante de Trinidad et Tobago, le trio du pianiste Roberto Fonseca (Cuba) & le trio du pianiste Mario Canonge (Martinique). 

La Défense Jazz Festival (92) du lundi 24 au dimanche 30 juin 2019: concours national de Jazz de la Défense, concerts. Tout est gratuit. Profitez en.

Festival Django Reinhardt à Samois sur Seine, Samoreau et Fontainebleau (77) du vendredi 28 juin au dimanche 7 juillet 2019 avec Christian Escoudé, Tchavolo Schmitt. " Quand je veux me faire humilier, j'écoute Django Reinhardt pendant une demi-heure " (Jeff Beck). 

Samedi 1er juin, 19h, Paris, Le Baiser Salé: " Bando Monk ". Olivier Manoury (bandonéon) & Yves Torchinsky (contrebasse) jouent TS Monk dans un format inédit. 

Mercredi 5 juin, 20h30, Paris, Le Bal Blomet: " Schubert Ellington "  quartet/quatuor 50% classique/50% jazz avec Guillaume de Chassy (piano) et Thomas Savy (clarinette). 

Jeudi 6 juin:

- 20h30, Les Lilas (93), Le Triton: Vincent Le Quang Quartet. En avant, la musique!

-20h30, Paris, Le Bal Blomet: Les 1001 nuits du Jazz. Duke Ellington et la fraternité du souffle. Concert ludique et pédagogique mené par Raphaël Imbert (sax). 

Dimanche 9 juin, 17h, Paris, concert à domicile, Chez Fred: Francesco Bearzatti  (sax) improvise avec Riccardo del Fra (contrebasse) et Hans Olding (guitare). Boissons et vivres offertes avec la place. 

Mercredi 12 juin, 20h30, Paris, Studio de l'Ermitage: Claude Tchamitchian solo + Régis Huby Trio + Bruno Angelini Quartet Open Land.

Jeudi 13 juin:

- 19h, Paris, Le Baiser Salé: Roger Raspail Quartet. Les alizés des Antilles soufflent sur Paris.

- 19h30, Paris, Les Deux Magots: Thierry Péala trio. Entrée libre. Victuailles et breuvages en vente sur place. Thierry Péala figure au Top 5 de mes chanteurs vivants préférés.

- 21h, Paris, Le Sunside: Chuck Israels Trio. Le successeur de Scott La Faro à la contrebasse dans le trio de Bill Evans accompagné de Manuel Rocheman (piano) et Mathieu Chazarenc (batterie). Rare mais pas cher. 

Vendredi 14 juin:

-  20h30, Paris, prochaine séance de Jazz et Images au Cinéma BalzacJazz vocal au programme avec, sur scène, Chloé Cailleton, chanteuse déjà célébrée sur ce blog puis, à l'écran, Ella Fitzgerald, en concert à Paris, salle Pleyel, en 1968, rejointe en rappel par Duke Ellington

 - 20h30, Paris, Le Pan Piper: Dominique Cravic et les Primitifs du futur. Dansez le bal musette comme vous ne l'avez jamais entendu. Pochettes d'album dessinées par Robert Crumb. Cf extrait audio sous l'article.

- 21h30, Paris, Le Sunside: Giovanni Mirabassi Trio. Allegro con brio!

Samedi 15 juin:

- 19h & 21h30, Paris, Le Sunside: Giovanni Mirabassi Trio. Allegro con brio!

- 20h30, Paris, Maison de la Radio: dans le cadre de Jazz sur le Vif, Pan-G puis Moutin Factory Quintet. Concert diffusé en différé sur France Musique

- 20h à 2h, Disney loves Jazz à Disneyland Paris (77). Les musiques des films de Walt Disney ont  inspiré les plus grands Jazzmen: Louis Armstrong, Miles Davis, John Coltrane

Dimanche 16 juin, 16h & 19h, Paris, Philarmonie: le quartet de Sarah Murcia & le quartet de Sylvain Rifflet. L'aventure, c'est l'aventure! Cf photographie au dessus de l'article. Puis Eve Risser White Desert, Airelle Besson, Thomas de Pourquery et son Supersonic Orchestra. Un festival de Jazz français actuel en un après-midi à Paris.

Jeudi 20 juin, 21h, Paris, Le Sunside: Marie Mifsud (chant). 

Vendredi 21 juin, Fête de la Musique. En cherchant bien, vous trouverez du Jazz au programme.

Mardi 25 juin:

- 19h30, Paris, Le Café de la Danse: Dan Tepfer " Natural Machines ". Dan Tepfer, pianiste et compositeur franco-américain, maintes fois porté aux nues sur ce blog, est aussi astrophysicien. Les pythagoriciens furent les premiers  à affirmer que l'univers est régi par des lois harmoniques et que les distances séparant les planètes correspondent à des intervalles musicaux. C'est ce que joue Dan Tepfer dans sa création, contrôlant une machine, le piano, par une autre machine, l'ordinateur. 

- 20h30, Paris, Le New Morning: le trio Bex, Catherine & Romano dont l'album " La belle vie "  est célébré sur ce blog. 

Jeudi 27 juin:

- 20h, Boulogne-Billancourt (92), Accor Hôtels Arena. Quincy Jones. Si vous ne connaissez pas Q, cela fait 70 ans que vous ignorez tout du Jazz et de sa descendance: Soul, Pop, Funk, Rock'n Roll, Rap, R&B. Il est encore temps de vous instruire. Evidemment, cela a un prix. 156,50€ la place. Cf vidéo sous cet article. Mr Clark Terry au bugle et au mumble. 

- 20h30, Paris, Le Bal Blomet: Jeudi Jazz Magazine. Toku European All Stars. Le trompettiste et chanteur nippon Toku avec Giovanni Mirabassi (piano), Laurent Vernery (contrebasse), André Cecarelli (batterie) et Pierrick Pédron (sax alto). 

- 21h30, Paris, Le Sunside: duo Jérôme Rateau (piano) & Manu Codjia (guitare électrique). Liberté, je joue ton nom.

Vendredi 28 & samedi 29 juin, 19h30 & 21h30, Paris, Le Duc des Lombards: Jon Bouteiller & Fred Nardin trio

Samedi 29 juin:

- 21h, Paris, Le Sunside: Laurent Cugny Quintet joue Miles Davis. Le Miles Davis des années 70 joué avec tambour mais sans trompette.

- 21h30, Paris, le Sunset: Lew Tabackin trio invite Alain Jean-Marie (piano). Hard bop servi chaud. 

Dimanche 30 juin, 21h, Paris, Le Baiser Salé: le nouveau trio de Jean-Marie Ecay (guitare électrique). 

 

La photographie de  Sarah Murcia est l'oeuvre du Vertueux Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales. 

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The Art of the Quartet civilise le Duc des Lombards

Publié le par Guillaume Lagrée

Scott Colley par Juan Carlos HERNANDEZ

Scott Colley par Juan Carlos HERNANDEZ

The Art of the Quartet

Le Duc des Lombards

Paris, Ile de France, France

Mercredi 22 mai 2019. 19h30

The Art of the Quartet est composé de:

Kenny Werner: piano

Scott Colley: contrebasse

Peter Erskine: batterie

Benjamin Koppel: saxophone alto

 

Un standard moderne de Wayne Shorter. Très élégant, aérien, comme il faut. Batteur aux baguettes, en finesse. Le temps se décompose progressivement. Solo de sax qui accélère en douceur, poussé par la rythmique. Retour au thème, toujours aussi planant. Solo de contrebasse ponctué par des cliquetis de cymbales aux baguettes. Ca repart sur le thème. Le pianiste improvise seul, sur le thème, encore plus mystérieux et aérien. La magie Kenny Werner opère. 

Le quartet embraye sur un autre thème. Toujours aussi léger, aérien. Personne n'applaudit. Le public reste attentif, concentré. Solo de contrebasse toujours ponctué par les baguettes par les cymbales. Une autre ballade. Le batteur reste aux baguettes. Le sax alto chante aigre doux. Les deux thèmes ont fini de s'enchaîner. Il est temps d'applaudir.

Ce n'était pas une composition de Wayne Shorter mais de Jozef Zawinul, " Directions ". A ma décharge, Wayne Shorter  joue un rôle essentiel dans l'interprétation qu'en donnait le groupe de Miles Davis en 1969. Puis " Sukiyaki " qui n'est pas un hommage à la gastronomie japonaise mais un arrangement d'une chanson Pop des années 1960.

Deux compositions du contrebassiste Scott Colley. D'abord, un Blues. La rythmique tourne. Le sax alto joue la surprise, attaque par instants. Ca s'énerve tranquillement. Ce n'est pas le Blues échevelé d'Archie Shepp. Solo de piano. Blues tranquille soutenue en douceur par la rythmique. Le batteur reste aux baguettes. Solo de batterie aux balais, en douceur. Sans forcer, comme il faut. La contrebasse impulse. Beau dialogue entre bassiste et batteur. A chacun son tour de parole. Ils ne s'interrompent pas comme des politiciens dans un débat électoral.

Un solo de Kenny Werner pour commencer. Le quartet reprend doucement. Batteur aux balais. Nous parlons d'un Maître, Monsieur Peter Erskine. Il glisse comme un patineur. Le sax déroule un son sinueux. Solo de piano massé par les balais du batteur. Le quartet reprend une ballade nostalgique à souhait. Un concentré de précision et d'émotion.

" White baby suit " (?). Une composition de Peter Erskine pour sa fille. Mon voisin de gauche est un malotru. Il répond au téléphone comme s'il écoutait un album dans son salon. Il explique à sa femme qu'il est au Duc des Lombards (information qui ne m'avait pas échappé), qu'il ne peut déplacer la voiture et qu'il s'en occupera après. Après le concert, je suppose. Un sujet d'importance vitale qui ne pouvait attendre la fin du concert. Depuis que les téléphones portables existent, j'ai déjà vu des spectateurs filmer et enregistrer avec, lire les nouvelles des gazettes, envoyer des messages écrits à leurs amis et amours mais répondre à voix haute en plein concert, jamais. Ne pouvant interrompre le concert pour suivre cette passionnante conversation, j'ai préféré interrompre mon voisin pour suivre ce superbe concert. Il a demandé pardon, s'est présenté et nous sommes partis en bons termes.

Reprenons. Un morceau vif comme une petite fille espiègle. Ca s'agite franchement sur un air caribéen. Ca sonne Calypso. Ce sera justement le thème de ma prochaine émission Le Jars Jase Jazz sur Couleurs Jazz Radio en juin 2019 le vendredi à 1h et 19h, le samedi à 1h, le dimanche à 18h (heure de Paris): Le Jazz flèche de l'arc caraïbe (la Caraïbe anglophone).

Nouveau dialogue contrebasse & batterie. Peter Erskine tapote les bords de caisse aux baguettes sur un rythme implacable. Il fait chanter et rouler les tambours en ponctuant finement aux cymbales. Le Maestro est à l'oeuvre. Tout de suite, je comprends pourquoi tout le monde joue avec Peter Erskine depuis plus de quarante ans. Le quartet repart sur cet air caribéen.

Morceau composé pour le le film " Hamlet " de Laurence Olivier. Ce prince danois qui n'a jamais existé mais que William Shakespeare a rendu si vivant que vous croyez le croiser au château d'Elseneur. Scène d'amour. Un soldat dit adieu à son épouse. Batteur aux balais. Ballade nostalgique. Des adieux émus, cela s'entend.

Après un tel final, il n'y a rien à ajouter. Pas de bis.

Lectrices exigeantes, lecteurs sélectifs, vous pourriez craindre que The Art of the Quartet soit une addition de stars sans âme, ni esprit d'équipe, réunies pour faire beau sur l'affiche et attirer le public, les médias, les sponsors, comme certaines équipes de football. Pas du tout. Chaque musicien est un leader de très haut niveau, reconnu internationalement. Ils ont juste plaisir à se réunir, à jouer ensemble, à se stimuler, à se sublimer et nous le font partager sur scène. Profitez en sans restriction.

Pour vous faire une idée plus précise de l'Art de ce quartet, savourez la vidéo ci-dessous enregistrée en concert à Ascona (Tessin, Suisse) le 20 mai 2019, soit 2 jours avant ce concert parisien.

 

La photographie de Scott Colley (2005) est l'oeuvre du Resplendissant Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales. 

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Tropical Jazz Trio. L'Album.

Publié le par Guillaume Lagrée

TROPICAL JAZZ TRIO

Album  French Paradox

Sorti le vendredi 24 mai 2019

Concert à Paris, en France, 

le jeudi 3 octobre 2019 à 20h30 au Bal Blomet (Jeudis Jazz Magazine)

Le Tropical Jazz Trio est à retrouver en concert gratuit à Paris, au Sunside, mardi 15 octobre 2019 de 20h à 21h, dans le cadre du festival Jazz sur Seine

Le Tropical Jazz Trio est composé de 

Patrice Caratini: contrebasse

Alain Jean-Marie: piano

Roger Raspail: Ka, djembé, congas, percussions

Lectrices exigeantes, lecteurs sélectifs, je vous ai déjà chanté les louanges du pianiste Alain Jean-Marie, originaire de Guadeloupe (971) et de son Biguine Reflections Trio, du percussionniste Roger Raspail, lui aussi originaire de Guadeloupe et du contrebassiste Patrice Caratini, natif de Neuilly sur Seine (92). Lors ou en dehors des spectacles du Grand orchestre de Patrice Caratini, les trois s'accordaient des moment juste pour eux sous le nom du Tropical Jazz Trio

A La Nouvelle Orléans, les descendants d'esclaves venus d'Afrique, sans leurs instruments de musique, inventèrent la batterie car les percussions leurs étaient interdites. Elles servaient à sonner la révolte dans les plantations. Dans la Caraïbe, de Cuba au Venezuela en passant par la Guadeloupe, elles étaient permises. Avec un baril de rhum, le gros quart, les Guadeloupéens créèrent le Gwo Ka dont Roger Raspail est un Maître reconnu et Sonny Troupé, le digne continuateur. Jouer sur des peaux à mains nues, cela ne sonne pas pareil que jouer des baguettes et des balais sur une batterie qui a permis de fixer les éléments mouvants des fanfares militaires (tambours et cymbales). Le Jazz américain se tropicalise aux Antilles françaises, étape entre l'Amérique, l'Europe et l'Afrique. Ce trio sort de la rythmique classique du Jazz (piano, contrebasse, batterie). Sans la quitter, il la transforme. C'est l'essence du Jazz, musique métisse.

Enfin, le Tropical Jazz Trio sort un album. Après quarante ans de complicité dans différents ensembles, les trois compères n'ont plus rien à prouver. La preuve. L'album n'a d'autre titre que le nom de leur groupe. Tropical Jazz Trio.  La musique coule d'eux comme une source vive. Evidemment, elle est diablement rythmée. Ecoutez le " Pytang Pytang Bang " (10) de Roger Raspail et Franck Curier et, sauf avis médical formellement opposé, dansez maintenant!

Pour autant, des musiciens aussi raffinés ne négligent jamais la mélodie. A commencer par le morceau d'ouverture " Morena's reveries " (1) dédié par Alain Jean-Marie à la chanteuse Morena Fattorini. C'est le morceau signature d'Alain Jean-Marie. Cf. vidéo sous cet article. D'emblée, le ton est donné. Ca joue à très haut niveau international. 

Sans coup férir, nos trois compères mêlent leurs compositions aux standards du Jazz. " Fleurette africaine  "(4) (Duke Ellington) , " Senor Blues " et " The Cape Verdean Blues " ( 6, 12) du pianiste Horace Silver dont le père était originaire du Cap Vert. Du Cap Vert aux Etats-Unis d'Amérique, une escale aux Antilles s'imposait. C'est ce que démontre le Tropical Jazz Trio. Cf extrait audio au dessus de cet article.

 Ils jouent même, arrangé par Alain Jean-Marie, " Limelight " , en français " Les lumières de la ville " composé par Charlie Chaplin pour son film (11).

Ces Messieurs connaissent la chanson. Ils concluent avec deux chansons françaises, l'une tropicalisée dès la naissance, " Couleur café " de Serge Gainsbourg (13) et une chanson porteuse d'un éternel printemps, comme cette musique et ses interprètes, " Le temps des cerises " (14). 

Les belles auront la folie en tête et les amoureux du soleil au coeur. C'est ce que dit la chanson. C'est le message porté par le Tropical Jazz Trio. Tant de fraîcheur et de sagesse, de science et d'émotion, de mesure et de cadence, c'est un cadeau qui ne se refuse pas, lectrices exigeantes, lecteurs sélectifs. 

Outre l'album, le Tropical Jazz Trio est à savourer sur scène, à Paris, le mardi 2 juillet au Sunside et le jeudi 3 octobre 2019 au Bal Blomet (Jeudis Jazz magazine). Un tel bonheur ne doit pas être réservé à Paris. Souhaitons au Tropical Jazz Trio de nombreux concerts dans la France entière, de l'Hexagone aux Outre-Mer ainsi que dans le reste du monde,  de Vladivostok à Tombouctou, de Vancouver à Hong Kong.

L'abus du Tropical Jazz Trio est recommandé pour la santé. En vente libre sans ordonnance. A consommer sans modération.

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Tristan Mélia Trio " No Problem "

Publié le par Guillaume Lagrée

Tristan Mélia Trio

" No Problem "

Enregistré au studio Recall à Pompignan (30)

Jazz Family. 2019

Tristan Mélia: piano, compositions (sauf 1, 2, 8 & 11)

Thomas Bramerie: contrebasse

Cedrick Bec: batterie

Concerts en France le vendredi 4 octobre à Albas (47) et le mardi 19 novembre 2019 à l'IMFP de Salons-de-Provence (13).

Lectrices Cool, lecteurs Hot, comme vous le savez en lisant ce blog, en matière de Jazz, je suis un conservateur assumé. S'il n'y a Blues ni Swing dans une musique, fût-elle improvisée, ce n'est pas du Jazz. Appelez cela musique contemporaine ou tout ce que vous voudrez mais pas du Jazz. Ca ne veut rien dire si ça ne balance pas. It don't mean a thing if it ain't got that swing.

Nul besoin d'être un citoyen des Etats-Unis d'Amérique avec une ascendance africaine pour jouer cette musique comme elle doit être jouée.

Nouvelle preuve avec le jeune pianiste et compositeur français Tristan Mélia qui entame son deuxième album avec deux standards qui ne sont guère plus joués de nos jours. " No Problem " (1) du pianiste Duke Jordan qu'interprétait à merveille Barney Wilen. Puis " Too young to go steady " (2) dont l'interprétation dément le titre. Tristan Mélia est jeune mais il sait où il va et il y va tout droit. 

Ensuite, Tristan Mélia sort son carnet de compositions avec des morceaux actuels qui sonnent aussi solides que des vieux standards. " Le bois de Pont Aven " (n°10) est-il un hommage à l'école de peinture qui y vécut ou à Eric Le Lann qui y vit? 

L'enregistrement a été fait en studio, au vert, dans la campagne gardoise. Cela se voit sur les photos du livret qui accompagne l'album et cela s'entend dans la musique. Relax. Tristan Mélia a écrit lui même pour expliquer ses intentions. Elles sont bonnes et cela se ressent.

L'amitié est chantée avec " That's what friends are made for " (n°11) de Burt Bacharach. Cela s'entend tout au long de cet album dans l'échange permanent entre Tristan Mélia, Thomas Bramerie et Cedrick Bec.

" Music is the healing force of the universe " (Albert Ayler). Tristan Mélia et ses complices ont retenu le message et le font passer en douceur, avec mesure et en cadence.

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Hommage à Count Basie au cinéma Balzac à Paris

Publié le par Guillaume Lagrée

Hommage à Count Basie

Festival Jazz et Images

Cinéma Balzac.

Paris

Vendredi 17 mai 2019. 20h30

 

Première partie: Grand Orchestre d'élèves du Conservatoire dirigé par François Théberge (trombone)

Un Big Band de 13 musiciens auquel il manque un 14e, la guitare électrique de Freddie Green, l'homme qui ne prenait jamais de solo, indispensable au son du Big Band de Count Basie (1904-1984).

Au programme, un hommage personnel à Count Basie composé par François Théberge. Pour commencer, une composition de Mercer Ellington, fils de Duke Ellington et membre de son orchestre, . Une ballade langoureuse jouée comme il faut. 

Une composition de Mark Prior dans le style de Count Basie. " Tout doux or not too rough ". Les cuivres brillent comme il faut. 

Puis " Bee Big ", composition de François Théberge en hommage à Count Basie. 

" All of me ", joué selon l'arrangement (1940) de Benny Carter (1907-2003) pour l'orchestre de Count Basie. Léger, sautillant, élégant. Le son d'époque est bien reconstitué. 

" A prelude to a kiss " (Duke Ellington). Trombones avec sourdine, moelleux à souhait. Le sax soprano s'emploie à remplacer Johny Hodges (1907-1970). 

" Transition " (John Coltrane). John Coltrane a certes enregistré un album sublime avec Duke Ellington, en petite formation mais il faudra m'expliquer le rapport entre Coltrane et Basie. Arrangement pour grand orchestre de François Théberge. Ca swingue bien.

" Sepia Panorama " (Duke Ellington). Là, ça swingue, nom de Zeus!

Un morceau hommage écrit par un élève, " Criminology ". 

Bref, cet hommage à Count Basie ne comportait pas une seule composition du Count et plusieurs de Duke Ellington, le seul chef d'orchestre qui, dans la même génération et la même veine, est universellement considéré comme au dessus de lui. Les deux créateurs s'appréciaient au point d'enregistrer un album unissant leurs deux orchestres.

Deuxième Partie: Count Basie et son orchestre au Festival international de Jazz d'Antibes-Juan-les-Pins, France, 1961 & 1968.

Je vous laisse, lectrices Hip, lecteurs Cool, en compagnie de Count Basie et son orchestre sur la scène de  la pinède Gould à Jazz à Juan en 1961 et 1968 filmé par Jean-Christophe Averty. Ca commence avec un Sommet du Swing. L'orchestre de Count Basie invite sur scène le trio Lambert, Hendricks & Ross et le chanteur de blues Ocie Smith pour un " Everyday I've got the Blues " d'anthologie. Que vous soyez musicien, chef d'orchestre, chanteur ou simple mélomane, cette interprétation est un modèle du genre. 

Cf vidéo ci-dessous.

Prochaine séance de Jazz et Images à Paris au Cinéma Balzac vendredi 14 juin 2019 à 20h30. Jazz vocal au programme avec, sur scène, Chloé Cailleton, chanteuse déjà célébrée sur ce blog puis, à l'écran, Ella Fitzgerald, en concert à Paris, salle Pleyel, en 1968, rejointe en rappel par Duke Ellington

Au plaisir de vous y retrouver, lectrices Hip, lecteurs Cool. 

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Sylvain Cathala Septet " Cullinan "

Publié le par Guillaume Lagrée

Sylvain Cathala Septet

" Cullinan "

Concert enregistré le 30 juin 2016 au Triton aux Lilas (93)

Album sorti le 1er avril 2019

Concert de sortie le jeudi 2 mai 2019 à 20h30, au Triton, aux Lilas (93).

 

Sylvain Cathala: saxophone ténor, compositions

Guillaume Orti: saxophone alto

Bo Van de Werf: saxophone baryton

Marc Ducret: guitare électrique

Benjamin Moussay: Fender Rhodes

Sarah Murcia: contrebasse

Christophe Lavergne: batterie

 

" Le Jazz, c'est la liberté "(Duke Ellington). En voici un bel exemple avec l'album " Cullinan " du septet de Sylvain Cathala. Il fallait un nom en tête d'affiche. C'est celui du compositeur des 5 morceaux qui en 38'20 surprennent, charment et tourmentent l'auditeur. Logique.

Pour autant, sur sept musiciens, cinq ont déjà fait l'objet d'articles sur ce blog comme leaders et/ou accompagnateurs. Guillaume Orti et Bo Van de Werf ne sont pas non plus des personnages en quête d'auteur. Nous avons donc, pour les oreilles averties et les esprits éveillés, 7 Magnifiques en évolution permanente, dans un processus démocratique où chacun a voix à la parole. 7, c'est une équipe de handball. Les règles sont respectées: le ballon circule vite sur toute la surface du terrain, pas de passage en force, des accélérations, des temps calmes, de quoi déstabiliser les défenses les mieux assises.

Le schéma classique des Jazzmen thème/solo/thème s'en trouve bouleversé pour notre plus grand bonheur. Le climat est tout de suite installé avec la solo de batterie qui ouvre l'album sur " Entremêlés 2 " (1). Cf vidéo sous cet article d'une autre version de ce thème par le même groupe dans la même salle. 

Liberté ne signifie pas chaos. Un ordre baroque règne sur " Nassak " (4) avec les unissons des saxophones. 

Avant de donner son nom au SUV de Rolls-Royce ( organiser un concert de ce septet vous coûtera bien moins cher et polluera beaucoup moins), le Cullinan fut le plus gros diamant jamais trouvé. Une fois taillé, il fit 9 diamants numérotés de I à IX. Le " Cullinan VII " (3) donne son titre à cet album. Nul besoin de vous ruiner ou de monter le casse du siècle pour l'obtenir. Il est en vente libre. 

La pulsation implacable de la contrebasse de Sarah Murcia, la batterie fracassante de Christophe Lavergne, les chinoiseries de Benjamin Moussay au Fender Rhodes, les fulgurances de Marc Ducret à la guitare électrique, le jeu de chant contrechant entre les 3 saxophones alto, ténor, baryton de Guillaume Orti, Sylvain Cathala, Bo van de Werf. Tout est riche, dense, puissant.

Heureusement, vaillantes auditrices, courageux auditeurs, l'album est court. 5 morceaux, 38'20. Il faut se remettre de ce choc sonore. Ce n'est pas la genre de musique que vous écoutez en galante compagnie, entre les amuse-gueule et les mise en bouche. C'est plus exigeant tant pour les musiciens que pour vous, vaillantes auditrices, courageux auditeurs. 

Une fois bien préparés mentalement par l'écoute de cet album, vous pourrez vous retrouver au Triton, aux Lilas (93) le jeudi 2 mai 2019 à 20h30 pour consommer ce septet sur scène, sans modération, vaillantes auditrices, courageux auditeurs. Souhaitons au septet de Sylvain Cathala de nombreux autres concerts pour qu'il continue à défricher de nouveaux champs sonores. 

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Sélection de concerts de Jazz à Paris, en Ile de France et en Normandie pour mai 2019

Publié le par Guillaume Lagrée

Honorables lectrices, respectables lecteurs, c'est avec l'approbation des plus hautes autorités morales et religieuses que j'ai l'honneur et l'avantage de vous présenter ma sélection de concerts de Jazz pour le mois de mai 2019 à Paris, en Ile de France et en Normandie.

Pour une sélection exhaustive sur l'Ile de France, voyez Paris Jazz Club. Pour la France et l'Europe, voyez Citizen Jazz et Jazz Magazine

Si vous ne pouvez assister aux concerts, écoutez les sur France Musique avec les émissions Jazz Club (pour le présent) et Les légendes du Jazz (pour le passé) et sur TSF Jazz avec Jazz Live

Pour l'actualité du Jazz, écoutez sur la Toile Couleurs Jazz Radio où l'auteur de ce blog sévit dans une émission mensuelle intitulée, notez l'originalité, " Le Jars jase Jazz ". Diffusion les vendredi 3, 10, 17, 24 & 31 mai à 1h et 19h, les samedi 4, 11, 18 & 25 mai à 1h et les dimanche 5, 12, 19 & 26 mai à 18h (heure de Paris). Pas de podcast. L'émission de mai 2019 sera consacrée à une leçon sommaire de guitare (seconde partie).

Si vous voulez assister depuis la Toile aux concerts à New York, dans Greenwich Village, pour les clubs Small's et Mezzrow, suivez ce lien. C'est payant certes mais toujours moins cher qu'un séjour dans la Grosse Pomme.

L'exposition " Music Migrations. Paris-Londres. 1962-1989 " est visible et audible au Palais de la Porte Dorée, à Paris, jusqu'au dimanche 5 janvier 2020. Visite vivement recommandée. 

A Paris, au Baiser Salé, comme chaque mois de mai, ce sont les Caribéennes de mai. Vous savez que le Jazz, né à la Nouvelle Orléans, s'étend sur toute la longueur de l'arc antillais, se mêlant à la salsa de Porto Rico, au son de Cuba, à la biguine des Antilles, à  la calypso de Trinidad et Tobago, au reggae et au ska de Jamaïque, et j'en oublie forcément. Venez voyager à Paris avec les Caribéennes de mai au Baiser Salé.

A Paris, du jeudi 16 au lundi 27 mai, le festival Jazz à Saint Germain des Prés nous offre des concerts gratuits et payants, des animations culturelles (y compris en prison), des conférences. Au programme, des artistes déjà célébrés sur ce blog comme Richard Galliano, Biréli Lagrène et Fred Pallem & le Sacre du Tympan au programme de mon émission de mai sur Couleurs Jazz Radio

A Longjumeau (91), du mardi 7 au dimanche 12 mai, Festival de Jazz .

Au Vésinet (78), festival Jazz Métis du mercredi 22 au samedi 25 mai avec le San Francisco Jazz Collective qui rendra hommage à Antonio Carlos Jobim le vendredi 24 mai. 

Pour vous mettre au vert, filez en Normandie, dans la Manche, à Coutances, au festival Jazz sous les pommiers, du vendredi 24 mai au samedi 1er juin. Le programme est riche et nourrissant comme de la crème fraîche normande mais sans externalité négative. Merci de saluer Madame la sous-préfète de Coutances de ma part. 

Jeudi 2 mai, 20h30, Le Triton, Les Lilas (93): Sylvain Cathala Septet pour la sortie de l'album " Cullinan " enregistré en concert au Triton en 2016 . Une musique en évolution permanente par un groupe démocratique de créateurs.

Vendredi 4 mai:

20h, Le Triton, Les Lilas (93): duo Yves Rousseau (contrebasse) & Jean-Marc Larché (saxophones). Raffiné et énergique.

20h30, Le Pan Piper, Paris: Marc Ducret " Lady M ". Lady Macbeth de Sir William Shakespeare raconté par une guitare électrique, un chanteur et une chanteuse. Etonnant, non?

Lundi 6 mai, 20h, Le New Morning, Paris: John Scofield " Combo 66 ". Cf extrait audio sous cet article.

Jeudi 9 mai:

- 19h30 & 21h30, Le Duc des Lombards, Paris: Ken Fowser Quintet avec, pour rythmique, le trio de Fred Nardin déjà célébré sur ce blog.

- 20h30, Le Studio de l'Ermitage, Paris: concert de sortie de l'album " Quiet Men " du quartet Colin-Cueco-Drappier-Omier proclamé sur ce blog. Le morceau " Les chevaliers " tiré de l'album sera diffusé dans mon émission de mai sur Couleurs Jazz Radio

Vendredi 10 mai:

- 20h30, Le Bal Blomet, Paris: Du Baroque au Jazz sans passer par la case départ avec le duo Violaine Cochard (clavecin)& Edouard Ferlet (piano) déjà porté aux nues sur ce blog. Cf vidéo sous cet article.

- 21h30, Le Sunside, Paris: Marc Copland (piano) rend hommage à son ami Gary Peacock (contrebasse). Elégant, forcément élégant.

Samedi 11 mai:

-20h30, Espace Sorano, Vincennes (94): le trio de Fred Nardin déjà louangé sur ce blog.

-20h30, Théâtre Montansier, Versailles (78): le trio Gardel, déjà applaudi sur ce blog. Un mélange subtil de Jazz et de Tango: violoncelle, accordéon et percussions.

- 21h30, Le Sunside, Paris: le guitariste Paul Jarret en trio. Vous avez pu l'apprécier en avril dans mon émission Le Jars jase Jazz sur Couleurs Jazz Radio. Savourez le en concert en mai.

Dimanche 12 mai, 15h, festival de Jazz de Longjumeau (91): Florin Niculescu (violon) trio avec Daryl Hall (contrebasse). Un Gypsy Jazz d'aujourd'hui.

Mercredi 15 mai:

- 20h, Le New Morning, Paris: Sun Ra Arkestra. Sun Ra est mort en 1993 mais son orchestre tourne toujours mené par Marshall Allen (saxophones) qui fête ses 95 ans sur scène à Paris. Honneur aux Anciens!

- 20h30, Le Bal Blomet, Paris: Ray Lema & Silas Bassa (pianos), Fabrice di Falco (contre-ténor). Du Baroque à l'Afrique en passant par les Antilles. 

Jeudi 16 mai, 20h, Le New Morning, Paris: Anthony Joseph, Maître du Groove caribéen avec Roger Raspail (percussions). 

Vendredi 17 mai:

- Prochaine séance du festival Jazz et Images au cinéma Balzac, à Paris, à 20h30 avec un Grand Orchestre d'élèves du CNSMDP  dirigé par François Théberge (saxophone) sur scène et le Count Basie Big Band au festival international du Jazz d'Antibes-Juan-les-Pins en 1961 et 1968 à l'écran grâce à Jean-Christophe Averty.

- 20h30, Espace des Arts - salle Philippe Noiret, Les Pavillons sous Bois (93):  Biréli Lagrène  (guitare) invite Costel Nitescu (violon). Du Jazz manouche qui s'inspire de Django Reinhardt mais ne le copie pas. 

- 20h30, Le Triton, Les Lilas (93): Aldo Romano se souvient de son quartet Palatino avec Glenn Ferris (trombone), Michel Bénita (contrebasse) et Yoann Loustalot qui remplace Paolo Fresu (trompette). Cependant que tu vois le superbe rivage De la rivière Tusque, et le mont Palatin, Et que l’air des Latins te fait parler Latin, Changeant à l’estranger ton naturel langage (Ronsard)

Samedi 18 mai:

- 20h30, Maison de la Radio, Paris. Soirée Jazz sur le Vif. Concerts diffusés en différé sur France Musique. Trio franco-américain Orbit suivi du Devil Quartet du Sarde Paolo Fresu (trompette). 

- 20h30, Le Triton, Les Lilas (93): Thierry Eliez (piano, voix) raconte l'amitié créatrice entre Claude Nougaro (paroles) & Michel Legrand (musique). Avec 2 chanteurs et 3 chanteuses. Thierry Eliez peut en parler puisqu'il a accompagné ces deux géants du Jazz et de la Java. 

Dimanche 19 mai, 18h30, Le Sunside, Paris: Hommage à Miles Davis. La période acoustique de Miles Davis (1946-1968) présentée par Lionel Eskenazi et jouée par le quartet de Jacques Vidal (contrebasse). Julien Alour (trompette). 

Mercredi 22 & jeudi 23 mai, 19h30 & 21h30, Le Duc des Lombards, Paris: The Art of the Quartet avec Kenny Werner (piano), Scott Colley (contrebasse), Peter Erskine (batterie), Benjamin Kopel (sax). Un All Stars à 4.

Vendredi 24 mai, 20h45, Le Comptoir, Fontenay sous Bois (94): Max Cilla Quintet, le Maître de la flûte des Mornes (Martinique). 

Samedi 25 mai:

- 20h30, Centre culturel, Etrechy (91), Antoine Hervé Trio, pianiste et compositeur maintes fois célébré sur ce blog pour ses Leçons de Jazz.

- 21h30, Le Sunside, Paris: Alain Jean-Marie Biguine Reflections Trio. INDISPENSABLE.

Lundi 27 mai, 20h, Le New Morning, Paris: Cecile Mac Lorin Salvant (chant) & Sullivan Fortner (piano). Tout le monde dit du bien de cette chanteuse. 

Mercredi 29 & jeudi 30 mai, 21h, Le Sunside, Paris: Wayne Escoffery Quartet avec Danny Grissett (piano). Elégant et énergique. 

Jeudi 30 mai, 20h30, Le Studio de l'Ermitage, Paris: SLOW + Jozef Dumoulin. Jozef Dumoulin en solo, au Fender Rhodes, est unique au monde. Comme Jimi Hendrix à la guitare électrique et Jaco Pastorius à la guitare basse électrique.

Vendredi 31 mai:

- 19h, Le Baiser salé, Paris: Max Cilla Racines des Mornes Quintet. La Martinique comme vous ne l'avez jamais rêvée. 

- 19h30, Le Cabaret Sauvage, Paris: Festival Sons croisés créoles avec divers artistes des Caraïbes dont Céline Languedoc, chanteuse déjà acclamée sur ce blog. 

La photographie d'Aldo Romano est l'oeuvre du Latin Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Aldo Romano par Juan Carlos HERNANDEZ

Aldo Romano par Juan Carlos HERNANDEZ

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Ray Lema transcende le Studio de l'Ermitage

Publié le par Guillaume Lagrée

Ray Lema

Studio de l'Ermitage.

Paris. Jeudi 18 avril 2019. 21h

Un concert FIP

Sortie de l'album " Transcendance "

 

Ray Lema: piano, chant, compositions, direction

Irving Acao: saxophone ténor & soprano

Sylvain Gontard: trompette

Michel Alibo: guitare basse électrique

Rodrigo Viana: guitare électrique

Nicolas Vaccaro: batterie

 

Ca commence par un solo de piano. Une ballade gentillette. Le bassiste arrive sur scène et ajoute sa fondation. Le batteur s'y met aussi. Le guitariste s'installe. Sax soprano et trompette bouchée. Ca s'anime enfin, commence à balancer. C'était le morceau d'échauffement. 

Bassiste et batteur installent une autre pulsation tranquille. Sax ténor. Pour de l'Afro Jazz, ça manque de percussions à mon goût. Ca roule tranquille. Un peu trop même. Ray Lema chante. En lingala, je suppose. 

" Transcendance ", le titre album. Ca sonne plus afro beat. Grosse basse. Rythme sec. Ponctuations du sax ténor et de la trompette. dialogue énergique sax ténor & batterie qui chauffe le public. La salle est archi comble.

Sur chaque album, je joue quelque chose pour le Kivu, annonce le Congolais Ray Lema. " Kivu Blues ". " Je ne vais pas vous prendre la tête ici mais sachez qu'il y a beaucoup de Blues là bas ". La guerre civile en République démocratique du Congo dure depuis 1997 et est considérée comme le conflit le plus meurtrier dans le monde depuis 1945. Ca balance, souple et puissant. Les cuivres chantent la plainte du peuple du Kivu. Solo de guitare au Blues pâle, blanchi. 

Une autre ballade gentille.

Un Blues lent. Ca marche paisiblement. Travail en finesse de la rythmique. Là, ça balance mieux. Pas autant que le trio  Biguine Reflections  d'Alain Jean-Marie tout de même. 

" C'est très difficile de se débarrasser du Rock " annonce Ray Lema avant d'en jouer un " mâtiné de reggae et de je ne sais plus quoi ". Grosse basse funky pour commencer. Puissant son de guitare. Le batteur martèle. Le pianiste reprend sur un rythme reggae. Ray Lema chante en anglais. Solo de trompette bouchée bien travaillé, bien poussé par la rythmique. Le sax reprend à son tour. Enfin un peu de feu, de flamme. 

Ca reprend avec un air qui sonne congolais. Venu de la rumba comme ils la jouent là bas. Solo de basse bien groovy poussé par la batterie. Ce n'est pas Stanley Clarke mais ça assure. Le bassiste tapote ses cordes. Ca chauffe bien. Le piano revient ajouter de la souplesse. Les cuivres viennent ajouter leur chaleu. Chaud, chaud, Acao!

Une ballade nostalgique pour calmer le jeu. Sax soprano. Tranquille, tranquille.

Ray Lema enchaîne directement sur un air entraînant. Retour du sax ténor. Bon gros son de basse. Les cuivres pètent. Phases plus calmes quand Ray Lema chante, plus énergiques et funky en instrumental. Solo de trompette porté en souplesse par la rythmique. Le sax ténor reprend sur le même ton. Final extatique du sextet avec la rythmique qui pousse les cuivres à chauffer dans la noirceur.

Mon premier concert de Ray Lema, c'était lors de la Fête de la Musique, édition 1998 à Paris en France. Dans la cour d'un hôtel particulier du Marais, il était au piano et au micro en compagnie des Gnawas (Maroc) qui jouaient des percussions et dansaient. Décollage immédiat pour l'Afrique du désert du Sahara à la forêt vierge du Congo, sans quitter Paris. Un moment inoubliable. 

Pour ce deuxième concert, toujours à Paris, mais au Studio de l'Ermitage, le moment était agréable mais pas impérissable. C'est pourquoi cette chronique s'arrête avant la fin.

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