Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Jean de Aguiar flotte dans l'espace Ararat

Publié le par Guillaume Lagrée

Jean de Aguiar

Paris, Espace Ararat

Dimanche 18 novembre 2018, 18h30

 

Jean de Aguiar: guitare acoustique, compositions

Marc Buronfosse : contrebasse

Gérard Hababou: batterie, percussions

Marc Buronfosse creuse doucement son sillon. Gérard Hababou produit des bruitages puis la mélodie s'installe. C'est une ballade. La clarté du jeu de guitariste classique s'entend chez Jean de Aguiar. Insensiblement, le trio est passé à une sorte de Blues. La contrebasse marque puissamment le tempo. Le batteur est aux balais. 

Solo de contrebasse pour commencer. Bonne vibration. Il installe le thème que les percussions reprennent subtilement. La guitare enchaîne ponctuant l'ostinato de la contrebasse. Un petit air oriental dans cette mélodie là. Jean de Aguiar conçoit ses compositions comme un carnet de voyage, concept porté au sommet par Duke Ellington.

C'était " Inner Sanctum " puis " Madiba ", le prénom xhosa de Nelson Mandela (cf extrait audio en tête de cet article).

" Terra Umbra " (cf vidéo sous cet article). Solo de Gérard Hababou, à mains nues, sur une jarre de terre. La guitare démarre, lance des traits énergiques et doux. La contrebasse vient ajouter sa pulsation. Cela m'évoque un paysage aux courbes douces comme une femme, les collines de Toscane ou de Bourgogne. 

" Ellipses ", un morceau inspiré par les ellipses des étoiles. Musique planante en tout cas. Tiens, un son arabisant. Marc Buronfosse nous pince au cœur. Fin en decrescendo de la guitare accompagnée par les maillets sur les cymbales. Subtil. 

L'archet étire les sons de la contrebasse. Percussions sur une jarre. Musique d'inspiration médiévale. Elle se déploie en majesté. Après tout, nous sommes dans une crypte d'église. C'est le lieu et le moment. Le guitariste joue une ligne continue, vibration par dessus laquelle il brode sa superbe dentelle porté par la rythmique. 

" Fables of Faubus " (Charles Mingus). Marc Buronfosse a la lourde tâche de succéder à Charles Mingus à la contrebasse. Il l'assume. Le caractère sarcastique du morceau est allégé par la guitare mais la contrebasse est dense à souhait. Le batteur ponctue subtilement aux balais. L'énergie vitale de cette musique est bien là. 

Premier solo introductif du guitariste. Il cherche une mélodie et en trouve plusieurs en route. " Tonk, tonk " fait la contrebasse qui installe sa pulsation. Coups de maillets sur les percussions pour installer encore plus de mystère. Un morceau mystérieux en effet. " Amundsen " en hommage à l'explorateur norvégien des pôles, Roald Amundsen (1872-1928). 

" Vientos alisios ". Un morceau hommage aux alizés, vents qui permirent aux Portugais de la Renaissance d'être les premiers Européens à voguer vers d'autres continents et à en revenir. La contrebasse donne l'impulsion. Ca tangue joyeusement sous le vent. Enchaînement sur un petit air caribéen qui sent bon le soleil et le vent doux. 

Il est temps d'aller dîner. Sur mon conseil, Mme A (une autre que l'habituelle) a découvert Jean de Aguiar et apprécié cette musique parfaite pour finir en douceur et en beauté un dimanche. 

Partager cet article
Repost0

Le Sunset, nouveau terrain de jeu de Stéphane Spira

Publié le par Guillaume Lagrée

Stéphane Spira

Paris, Le Sunset

Samedi 17 novembre 2018. 21h30

Concert de sortie de l'album " New Playground "

Stéphane Spira: saxophone soprano, compositions

Joshua Richman: piano, Fender

Steve Wood: contrebasse

Donald Kontomanou: batterie

" Solid Wood " dédié à un gars plutôt solide à la basse, Steve Wood, justement. Cf extrait audio sous cet article. Fender. Ca groove dès les premières notes. Son joyeux du soprano. Ca groove derrière, ça chante devant. Bref, c'est du Jazz. Solo de contrebasse. Solide en effet. Le batteur fait rouler joyeusement les tambours. 

Une ballade pour l'épouse de Stéphane, Madame Spira née Goldring, musicienne classique. D'où un morceau infusé de classique intitulé " Gold ring variations ", allusion subtile aux " Goldberg Variations ", évidemment. Piano. La rythmique avance à pas de chat. Le sax se ballade tranquille. Batteur aux balais, bien sûr. Ca s'énerve, s'agite. Stéphane Spira aime son épouse tendrement et passionnément. Cela s'entend. 

Le chef est français mais vient de New York. Professionnalisme à l'américaine. Le quartet enchaîne sur le morceau suivant sans attendre la fin des applaudissements. Un air léger, vif, enjoué. La rythmique décolle en spirale; sur le même rythme mais toujours plus haut. Le soprano la rejoint pour l'embrasement final. C'était " New York Windows " basé sur " Les fenêtres de Moscou " un air traditionnel de jazz manouche que le père de Stéphane Spira aimait beaucoup. 

Stéphane Spira nous explique qu'il a écrit son album, après la naissance de son fils, entre 0h et 4h du matin, entre deux biberons. D'où cette ballade pour son fils intitulée, en toute logique, " Nocturne ". A ma montre, il est 22h40 mais, tout à coup, il est beaucoup plus tard. La nuit et le silence se sont imposés. La musique vient les orner. Solo de contrebasse à l'archet. Tendre est la nuit comme l'écrivait Francis Scott Fitzgerald. Le pianiste nous fait le coup de la barcarole, faisant voguer doucement la musique.

Le morceau suivant commence aux palmas, comme disent les Espagnols. Plusieurs spectateurs battent la mesure des mains dont mes voisins Français et Japonais. La musique est un métalangage. La musique démarre. Vive, joyeuse. Fender. Retour au piano avec un rythme de salsa derrière le solo de piano. Ca aussi, c'est New York. Solo de batterie rappelant les timbales d'ailleurs. Frappes rapides, sèches sur les tambours et les cymbales. Pour le final, retour aux palmas pour accompagner le piano solo.

PAUSE

La musique est bonne. L'ambiance aussi. Je n'ai pas école le lendemain mais le marchand de sable est passé. La chronique finit donc ici. 

Partager cet article
Repost0

Jazzycolors 2018. Ma Sélection.

Publié le par Guillaume Lagrée

Jazzycolors 2018

Ma sélection

Festival Jazzycolors à Paris jusqu'au vendredi 30 novembre 2018

 

Lectrices kaléidoscopiques, lecteurs polychromiques, comme vous le savez, le festival Jazzycolors est organisé à Paris depuis 2003 par 55 centres culturels étrangers qui s'unissent pour nous présenter le Jazz actuel sous toutes ses formes et sous toutes ses couleurs. 21 concerts sont organisés jusqu'au vendredi 30 novembre 2018.

Pour nous aider à choisir, le festival édite un CD qui comprend 16 morceaux interprétés par 16 groupes présents lors de l'édition 2018.

Sur 16, je vous en conseille 2 (leurs concerts sont déjà passés. Je les ai manqués. Désolé):

- le Bosno-Suisse Mario Batkovic qui trouve de nouveaux sons à l'accordéon sans truquage électronique. 

- le trio franco-hongrois Bartok Impressions composé de Mathias Lévy, France (violon), Matyas Szandaï, France & Hongrie (contrebasse) et Miklos Lucas, Hongrie (cymbalum) qui improvise, de façon Jazz, sur des morceaux du compositeur hongrois Bela Bartok(1881-1945).

 

Bonnes découvertes musicales, lecteurs kaléidoscopiques, lecteurs polychromiques. 

Partager cet article
Repost0

" City Walk " Adrien Chicot

Publié le par Guillaume Lagrée

" City Walk "

Adrien Chicot

Gaya Music. Sorti le 16 novembre 2018

Concert de sortie à Paris, au Duc des Lombards, mardi 4 décembre 2018 à 19h30 & 21h30

Adrien Chicot: piano, compositions

Sylvain Romano: contrebasse

Jean-Pierre Arnaud: batterie

Lectrices situationnistes, lecteurs marcheurs, si vous pratiquez l'art de la dérive cher à Guy Debord, retrouvez vous au rythme du " City walk " du pianiste et compositeur français Adrien Chicot. City pas " Silly " walk pour les fans des Monty Python. 

Ce carnet de voyage est en effet tout à fait structuré. Il commence à " Bogota " (1) et finit au Japon , " Ko i sashi " (9) en passant par une rencontre Brésil-Russie tout à fait sportive " Caïpiroska " (6) sans oublier une chasse au moustique " Mosquito Hunt " (8). 

La musique est fraîche, vive, légère, bien charpentée. Le trio reste identique à celui de " All in " (2014) et de " Playing in the dark " (2017). Ces trois là s'entendent bien et cela s'entend. Ca swingue vraiment et sans prétention. Bref; c'est du Jazz.

A savourer frais, sur scène, au concert de sortie à Paris, au Duc des Lombards, mardi 4 décembre 2018 à 19h30 & 21h30.

Partager cet article
Repost0

Miles Davis. Les sessions photographiques de Jean-Pierre Leloir

Publié le par Guillaume Lagrée

Kenny Clarke & Miles Davis par Jean-Pierre LELOIR

Kenny Clarke & Miles Davis par Jean-Pierre LELOIR

Miles Davis

Les sessions photographiques de Jean-Pierre Leloir.

Préface de Marion Leloir

Textes de Philippe Margotin

Glénat. 2018. 191 pages.

Lectrices princières, lecteurs ténébreux, retrouvez vous autour du Prince des ténèbres, du Sorcier, Miles Davis (Cf album " Sorcerer ", 1967) photographié par le Français Jean-Pierre Leloir (1931-2010).

Il me tolérait, disait Jean-Pierre Leloir de Miles Davis (1926-1991). Miles Davis avait une histoire d'amour avec la France due à son premier séjour en 1949 et à sa rencontre passionnée avec une Française, Juliette Gréco. Ils restèrent amis toute la vie de Miles. Jean-Pierre Leloir lui a photographié Miles Davis en France de 1956 à 1991, le plus souvent en noir et blanc, parfois en couleur.

C'est ce que nous raconte cet album de photos choisies avec soin dans les archives bien organisées de Jean-Pierre Leloir. Cela commence par une touchante préface de Marion Leloir, sa fille, qui raconte ses souvenirs d'enfance lorsqu'elle voyait son père et sa mère sortir le soir, élégants et munis d'un appareil photographique. L'artiste et son assistante, inséparables dans la vie comme au travail.

Le décor posé, Philippe Margotin nous raconte l'histoire avec les périodes de Miles Davis, comme celles de Pablo Picasso, qu'il appréciait. Le hard bop des années 50, le jazz modal à partir de 1959, le second quintet des années 60, la tentation du jazz rock, pour finir du funk au hip hop. Il y ajoute une discographie commentée de Miles Davis. 

Miles Davis est visible sur scène ou en studio (la séance mythique d'Ascenseur pour l'échafaud, musique du film de Louis Malle, en 1957. Cf extrait audio sous cet article). Miles apparaît aussi moins distant lorsqu'il s'amuse à jouer au bilboquet sur la plage de l'hôtel Belles Rives à Antibes-Juan-les-Pins, celui rendu célèbre dès les années 1920 par Francis Scott Fitzgerald et sa bande. Il joue aussi au festival d'Antibes-Juan-les-Pins le 25 juillet 1969. Moins d'un mois avant de l'enregistrer en studio à New York, Miles Davis et son quintette testaient sur scène le répertoire d'un album culte " Bitches Brew ". Miles runs the voodoo down. Cf vidéo sous cet article.

Apparaissent aussi des musiciens amis de Miles Davis: Kenny Clarke, Français d'adoption (cf photographie de cet article), Sonny Rollins, John Coltrane, le Modern Jazz Quartet, Barney Wilen et même Sacha Distel à l'époque où il était encore un excellent guitariste de Jazz et déjà beau gosse. Ils sont tous beaux, élégants et rayonnants d'énergie vitale.

Au jeu des 7 erreurs, j'en ai trouvé une de taille: situer en 1960 une photographie de concert de Miles Davis avec Herbie Hancock, Ron Carter et Tony Williams, section rythmique constituée en 1963. Il y en a quelques autres mais il n'y en a pas 7 et elles ne gâchent pas le plaisir de la lecture. 

Bref, vous l'aurez compris, lectrices princières, lecteurs ténébreux, cet album de photographies constitue une superbe introduction visuelle à l'univers du Prince des ténèbres. A parcourir en écoutant les albums référencés pour chacune des périodes illustrées. Si, comme moi, vous avez le culte du Sorcier, Miles Davis. Les sessions photographiques de Jean-Pierre Leloir doit figurer dans votre bibliothèque. Si vous ne l'avez pas encore, vous y plongerez avec ce livre et cette musique. 

La photographie de Miles Davis & Kenny Clarke à Paris, au Club Saint Germain, en décembre 1957, est l'œuvre de Jean-Pierre Leloir. Toute utilisation de cette œuvre sans l'autorisation de ses ayants droit constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Partager cet article
Repost0

Au rendez-vous des amis: Dave Liebman & Marc Copland au Sunside

Publié le par Guillaume Lagrée

Marc Copland par Juan Carlos HERNANDEZ

Marc Copland par Juan Carlos HERNANDEZ

Au rendez-vous des amis

Dave Liebman & Marc Copland

Paris, Le Sunside

Dimanche 11 novembre 2018, 18h30

Dave Liebman: saxophones soprano et ténor, flûte à bec

Marc Copland: piano

Lectrices historiennes, lecteurs historiques, en ce dimanche 11 novembre 2018, je venais de vivre une série de désillusions. Ni le gouvernement ni la famille royale britannique ne participaient au centenaire de l'Armistice de 1918 (presque 1 000 000 de morts britanniques). Le président de la République de Serbie avait été écarté de la photographie officielle sous l'Arc de triomphe (environ 737 000 morts serbes). Tous morts alliés à la France. Enfin, aucun morceau de Jazz n'avait été joué durant la cérémonie du centenaire comme si les Harlem Hell Fighters du lieutenant James Reese Europe n'avaient pas constitué le régiment américain le plus vaillant de la Guerre (pas un seul prisonnier dans ses rangs). Toujours aux côtés de la France.

Pour me consoler, j'allais retrouver deux amis, Marc Copland & Dave Liebman, deux Jazzmen américains. La dernière fois que je les avais écouté en concert, c'était déjà à Paris, au Sunside, en décembre 2011. Depuis, Dave Liebman a dialogué avec un autre pianiste, Martial Solal. Il est juste et bon de le retrouver avec Marc Copland. 

Un homme s'agite devant la scène. Dave Liebman le présente. C'est Jeff Tain Watts, batteur. Ce soir, il est venu écouter. 

" In Your own sweet way " (Dave Brubeck). Une ballade légère, évanescente. Dave Liebman joue assis, tranquille. Au sax soprano. Douce berceuse en parfait accord avec la pluie et la nuit dehors. Soudain, Dave Liebman a des fulgurances. En solo, Marc Copland crée une vague douce qui nous balance. Une spectatrice passionnée reste debout pour mieux admirer les musiciens et pousse des râles d'agonie à chaque phrase musicale ou presque. Ca fait " Rhaaa " juste derrière moi. 

" Elegy for Johny " un hommage de Dave Liebman & Marc Copland à leur ami guitariste John Abercrombie (1944-2017). Plainte du soprano en solo. Ca vrille. Le piano enchaîne sur une ballade toute douce. Une élégie comme son titre l'indique. Pas d'applaudissement durant les solos. Le public reste concentré.

" Day and Night " (Marc Copland). Piano et soprano se répondent sur la même onde. Dave Liebman passe au ténor. Le son est plus grave, plus majestueux, forcément. Belle cavalcade pour saluer l'aurore. Solo de piano plus calme, plus méditatif. Marc Copland. Il accélère subtilement, en souplesse. Conduite à l'œuf. Le sax se lance dans la vague du piano. Ca chante, sapristi! L'adoratrice reste debout mais ne grogne plus de satisfaction qu'entre les morceaux, lors des applaudissements. Là, ça va. 

Une composition de Dave Liebman dont le titre m'échappe. Solo introductif à la flûte à bec. Le pastoureau appelle au secours, du fond des bois. La voix douce et grave du piano lui répond. Ca l'apaise. Le barman casse la glace ponctuant le solo cristallin du piano. Certains spectateurs disent " Chut " au barman. S'ils écoutent Miles Davis at the Plugged Nickel (Chicago, 1965), ils entendront des rires, des conversations, des glaçons, des chocs de verres qui ponctuent une musique sublime. Le public des clubs de Jazz est devenu plus respectueux des musiciens. Dave enchaîne au soprano sur un petit air translucide. Au final, le pastoureau reprend sa plainte à la flute.

" Maiden Voyage " (Herbie Hancock). Cf vidéo sous cet article. Solo de piano qui rend le thème encore plus rêveur. Le sax ténor enchaîne tout en douceur. Par Neptune, que c'est beau! Nous voguons sur une mer calme et ensoleillée, à la voile. Pas de bruit de moteur. Surtout pas de bruit de moteur. Le temps s'agite un peu mais cela reste très agréable et la température ne descend pas. Solo de piano liquide et cristallin. Après la mer, la rivière. Le saxophone enchaîne et nous repartons en mer. Soprano désormais mais toujours dans un souffle doux et chaud. Ca tangue doucement.

Il faut faire place au concert suivant du même duo. Tout est dit. 

 

Les photographies de Marc Copland & Dave Liebman sont l'œuvre de l'Impavide Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de ces œuvres sans l'autorisation de leur auteur constituent une violation du Code de la propriété intellectuelle passibles de sanctions civiles et pénales.

Dave Liebman par Juan Carlos HERNANDEZ

Dave Liebman par Juan Carlos HERNANDEZ

Partager cet article
Repost0

Et si le Jazz est la Vie. Fréd Blanc

Publié le par Guillaume Lagrée

Et si le Jazz est la Vie. Fréd Blanc

Et si le Jazz est la Vie

Fréd Blanc

Editions de Ouf. 2016.

Frédéric, dit Fréd Blanc crée par tous les pores de sa peau: photographie, graphisme, poème, journalisme, philosophie, dessin. Il ne se prétend pas musicien mais adore la musique. Pour faire vivre la musique qu'il aime, il l'organise lui même avec ses Sundays Jazz Loft , à Paris (Ile de France, France) un dimanche par trimestre, où - sur inscription préalable - un public de connaisseurs et de curieux vient écouter les diverses aventures sonores du saxophoniste et clarinettiste italien Francesco Bearzatti, favorablement connu de nos services. Libre participation aux frais. Cf vidéo sous cet article avec " Rythm a Ning " de Thelonious Monk joué en duo avec Benjamin Moussay le dimanche 24mai 2015. 

Le livre dont je vous chante les louanges ici, lectrices inspirantes, lecteurs inspirés est la mise en forme sur papier de 12 poem-poèmes (poem = petite œuvre multimedia) mêlant textes et photographies de Fred Blanc à la musique de Francesco Bearzatti. Cf photographies sous cet article.

Préparez vous à un total dérèglement des sens, lectrices inspirées, lecteurs inspirants. Ne cherchez pas ici de logique, de fil conducteur. Il s'agit de vous laisser emporter par le flot d'images en noir et blanc, de mots en couleurs, au gré de l'imagination fertile de Fréd Blanc. Vous pouvez penser alternativement en le lisant aux Calligrammes de Guillaume Apollinaire, aux collages de Max Ernst, aux fresques murales d'Ernest Pignon Ernest, au Free Jazz d'Ornette Coleman mais, comme dans une improvisation de Jazz, ces influences ne sont qu'une trame subconsciente. Celle que j'imagine, à tort, peut-être.

Chaque chapitre est un concert subdivisé en sets.  A partir de là, ce soir, on improvise comme disait Luigi Pirandello. Au gré des voyages, des images, des sons des mots, l'auteur part d'un point et nous emmène le plus loin possible selon la méthode de John Coltrane. Libre à vous de perdre le fil, de le retrouver plus loin, de lire page après page, de sauter des pages, de revenir en arrière, lectrices inspirantes, lecteurs inspirés. La seule limite est votre curiosité. 

Les photographies de cet article sont l'œuvre de Fréd Blanc. Toute utilisation de ces œuvres sans l'autorisation de leur auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Et si le Jazz est la Vie. Fréd Blanc
Partager cet article
Repost0

" Gonam City " Marc Benham & Quentin Ghomari

Publié le par Guillaume Lagrée

" Gonam City "

Marc Benham & Quentin Ghomari

Neuklang Records.

Sortie le vendredi 16 novembre 2018

En concert à Paris, au Sunside, vendredi 22 mars 2019 à 21h30.

 

Marc Benham: piano, compositions

Quentin Ghomari: trompettes, compositions

Lectrices trompettistes, lecteurs pianistes, vous avez déjà pu apprécier sur ce blog les duos Giovanni Falzone & Bruno Angelini et Eric Le Lann & Michel Graillier. " Weather Bird " par Earl Hines & Louis Armstrong constitue votre Saint Graal. Vous appréciez aussi les duos Eric Le Lann & Martial Solal (glop) et Dave Douglas & Martial Solal (pas glop). 

Eric Le Lann vient d'ailleurs de sortir un nouvel album en duo avec son pianiste Paul Lay " Thanks a million " en hommage à Louis Armstrong.

Le cadre étant posé, venons au sujet. Ce duo de jeunes lions entre Marc Benham (piano) et Quentin Ghomari (trompettes).  J'ai déjà chanté les louanges de deux albums de Marc Benham en solo, " Fats Food " (2016) après " Herbst " (2013). Voici que ce pianiste s'ouvre au monde et dialogue en duo. Le prochain album sera en trio et d'ici 20 ans, il en arrivera au grand orchestre. 

Qu'est ce qui distingue ce duo piano & trompette de ceux précédemment cités? D'abord, l'état civil des musiciens. Ce ne sont pas ceux déjà mentionnés et ils sont de la même génération. 

Mais encore? Le choix des instruments.

Marc Benham joue sur un piano Paulello à 102 touches, soit 14 de plus que le piano habituel. Cet instrument unique est fabriqué artisanalement, avec du bois d'arbre et des mains d'hommes, en France, dans l'Yonne, en Bourgogne. Si vous demandez le prix, c'est que vous ne pouvez pas vous l'offrir. En l'espèce, ce superbe crocodile lui a été prêté. ( Pour plus d'informations sur ce grand piano, lisez " La facture du piano et ses métamorphoses " de Ziad Kreidy, ouvrage chroniqué sur ce blog ). Quentin Ghomari, lui, joue sur une trompette à pistons (classique) et sur une trompette à coulisse (plus rare). Le trombone (grande trompette étymologiquement, techniquement et historiquement) lui se joue le plus souvent à coulisse et bien plus rarement à pistons (Bob Brookmeyer). Avec de tels instruments, joués par de tels instrumentistes, dans un beau studio avec un bon ingénieur du son (Deutsche Qualität), le résultat sonore est époustouflant. A ne pas écouter sous format de fichier informatique écrasé. Tout en restant fidèle aux instruments acoustiques, nos deux compères se donnent les moyens de produire de nouveaux sons et ils le font avec goût.

Mais ensuite? La musique bien sûr.

Le dialogue entre les musiciens est si riche que toutes leurs compositions sont cosignées sauf " Mésozoïque " (9) de Quentin Ghomari joué en solo. L'usage aurait voulu un solo de piano. Pour nous surprendre, c'est un solo de trompette et quel solo! Quel souffle! Quel coup de langue! Le Mésozoïque, pour ceux qui l'ignoraient, comme moi, est l'ère géologique secondaire qui vit disparaître les dinosaures et apparaître les plantes à fleurs et les mammifères. Cela méritait bien un solo de trompette. 

" La musique est la langue des passions " (Emmanuel Kant). Ici cela s'entend vivement. " From Gonam City with love " (3) nous délivre plein d'amour de Quentin Ghomari (GO) et Marc Benham (NAM). Avec une allusion subtile à Gotham City qui n'aura pas échappé aux fans de Batman et de Prince réunis.

Ces deux créateurs s'amusent à nous promener dans leur jeu de piste. Après une version inspirée de " Misterioso " (7) de Thelonious Monk, ils en font une version stride dans " Background Music " (10). Même sur des thèmes rabâchés comme " Petite fleur " (6) de Sidney Bechet et " Willow weep for me " (11), ils parviennent à sonner neuf et frais. 

Cet album est un carnet de route, au gré des humeurs des artistes. Féroces pour " Pithecanthropus erectus " (2) de Charles Mingus, tendres pour " Terrarium " (12) qui conclut l'album. Même s'il y a des passages du côté obscur de la Force, c'est bien le Bien qui triomphe à la fin. Tout sonne juste et bon. 

Pour apprécier toute la richesse de cette musique en direct, rendez-vous, lectrices trompettistes, lecteurs pianistes, au Triton, aux Lilas (93), vendredi 16 novembre 2018 à 20h01 pour le concert de sortie de l'album " Gonam City " de Marc Benham & Quentin Ghomari

Partager cet article
Repost0

Couleurs Jazz, naissance d'une radio associative

Publié le par Guillaume Lagrée

Couleurs Jazz

Naissance d'une radio associative

Lectrices Cool, lecteurs Hot, vous lisez déjà le magazine Couleurs Jazz dans lequel vous avez pu retrouver quelques articles tirés de ce blog qui vous réjouit ou vous désespère, selon les cas. 

L'aventure se poursuit avec la création de la radio associative Couleurs Jazz à laquelle vous pouvez contribuer par vos dons, lectrices Cool, lecteurs Hot. Cette bonne action sera récompensée ici-bas puisque, pour les citoyens assujettis à l'impôt sur le revenu des personnes physiques en France, les versements sont déductibles. 

Don Médéric Collignon parraine cette nouvelle radio. Voir vidéo sous cet article.

La photographie de Médéric Collignon est l'œuvre de l'Imputrescible Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette œuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Médéric Collignon par Juan Carlos HERNANDEZ

Médéric Collignon par Juan Carlos HERNANDEZ

Partager cet article
Repost0

Jean de Aguiar " Acoustica "

Publié le par Guillaume Lagrée

Jean de Aguiar

" Acoustica "

Sole Mio Records. 2018

Jean de Aguiar: guitare acoustique, compositions sauf " Fables of Faubus " (4) de Charles Mingus.

Marc Buronfosse: contrebasse

Arnaud Biscay: batterie

Gérard Hababou: percussions

En concert à Paris, à l'Espace Ararat, dimanche 18 novembre 2018 à 18h30. 

Lectrices rêveuses, lecteurs voyageurs, retrouvez vous sur la musique de Jean de Aguiar. Je vous ai déjà décrit l'effet prodigieux de cette musique sur le public du Sunset à Paris un soir de septembre. 

Il est maintenant temps d'en profiter en toute liberté en écoutant soit en ligne avec " Inner Sanctum " (1er morceau de l'album) soit avec le CD " Acoustica " édité à 100 exemplaires. Bien plus rare, bien moins polluant et bien moins cher qu'une édition limitée des automobiles Ferrari, cet album vous fera voyager plus vite et plus loin dans l'espace et dans le temps.

Jean de Aguiar est un Français avec des racines portugaises comme son nom l'indique, a une solide formation classique (l'école Cortot) et a composé de nombreuses musiques de films et de réclames. Bref, il aime l'image et le voyage et ses compositions en portent la marque.

Porté par une rythmique plus souple et plus ferme qu'un matelas dans une suite de palace, il nous emmène en voyage.

Evocation du chant sacré avec " Inner sanctum " (1), de Nelson Mandela " Madiba " (2. cf extrait audio sous cet article), d'une terre mystérieuse " Terra Umbra " (3. cf vidéo sous cet article), de l'Amérique de Charles Mingus " Fables of Faubus "(4), du Grand Nord " Amundsen " (5) et " The Northern Light " (8) , du soleil " Shining sunbeams " (7) et du vent " Vientos Alisios " (6). " Mica " (9) est-elle une pierre ou une femme? Ca brille comme la pierre mais c'est tendre comme une déclaration d'amour. 

Les deux premiers morceaux sont majestueux en toute simplicité, comme leurs sujets. Le 3e est mon préféré. " Terra Umbra " me trotte dans la tête. J'ignore de quel paysage il s'agit. Peu importe. Il me viendra désormais en tête quand je verrai un beau paysage ombragé (les collines de Toscane ou de Bourgogne par exemple). Les " Fables of Faubus " n'ont pas la passion de la version originale mais ce n'est pas la même histoire. " Shining sunbeams " éclaire comme une aurore aux doigts de rose. " Ventos alisios " respire le grand air, celui de l'Atlantique, à l'Ouest de la péninsule ibérique. 

Bref, vous l'aurez compris, lectrices rêveuses, lecteurs voyageurs, cette musique est faite pour vous. Profitez en pleinement.

Partager cet article
Repost0