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" Petites histoires du violon " Laurent Zakowski

Publié le par Guillaume Lagrée

Dominique Pifarély par Juan Carlos HERNANDEZ

Dominique Pifarély par Juan Carlos HERNANDEZ

" Petites histoires du violon "

Laurent Zakowski

Editions Aedam Musicae.

Château Gontier (53). 248p. 2018. 23€.

 

Lectrices au piano, lecteurs au violon, je vous ai déjà narré " La facture du piano et ses métamorphoses " par Ziad Kreidy, pianiste et musicologue. L'auteur nous raconte la transformation du piano suite à l'industrialisation de sa fabrication, les avantages en termes de puissance et d'homogénéité du son et les inconvénients en termes de standardisation qui en découlent.

Voici que le même éditeur mayennais, Aedem Musicae, nous livre les " Petites histoires du violon " par Laurent Zakowski, luthier. Après l'analyse d'un artiste, celle d'un artisan. Formé à Mirecourt (88) puis dans les ateliers de la rue de Rome près de l'ancien siège du Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris. 

Ce sont d'anciens articles de son blog que nous livre sous format papier Laurent Zakowski, aujourd'hui installé à Orléans (45). Il y réfléchit, au fil des pages, sur l'histoire du violon comme objet, sur les grandeurs et servitudes du métier de luthier, sur la symbolique sexuelle et spirituelle de l'instrument, sur l'importance du violon chez les Juifs et les Tziganes. Le violon est le seul instrument qui ait une âme. L'auteur explique pourquoi. ll explique aussi pourquoi l'alto n'est pas un violon en plus grand mais un autre instrument. 

Je connaissais l'histoire juive. " Pourquoi tant de Juifs chez les grands violonistes? Tu te vois traverser l'Europe avec un piano? ". Comme le fait remarquer Laurent Zakowski, la flûte prend encore moins de place mais elle est beaucoup plus compliquée à fabriquer (du moins pour la flûte traversière en métal) que le violon. Avis de luthier donc de professionnel de la profession.

Chaque chapitre est court puisqu'il correspond à un article de blog. Un beau dessin de violon avec tous ses éléments détaillés permet à l'ignorant comme moi de s'y retrouver. Vous pouvez lire le livre dans l'ordre comme je l'ai fait ou en piochant au hasard, comme pour un livre de contes. Ce sont des dizaines de belles histoires sur cet instrument magique, diabolique à sa naissance, divin aujourd'hui (l'auteur explique les raisons de cette évolution).

Que manque t-il dans ce livre? L'explication de l'expression " au violon " bien connue des forces de l'ordre et des délinquants. Le violon en plastique, matériaux composites et branché sur l'électricité. Le Jazz alors que la France est le seul pays au monde à posséder une école de violon Jazz, le Centre des Musiques Didier Lockwood à Dammarie-les-Lys (77). Et tous ces musiciens noirs américains qui jouèrent du Jazz parce que la musique classique leur était interdite: Ray Nance et Stuff Smith pour le violon, Charles Mingus qui passa du violoncelle à la contrebasse parce que tu ne peux pas slapper un violoncelle, mec et que la contrebasse, c'est noir. Le classique y perdit peut-être mais le Jazz y gagna beaucoup. Peu importe puisque la réflexion de l'auteur se poursuit sur son blog.

Pour agrémenter ce livre de Jazz, rien qu'en restant sur ce blog, lectrices au piano, lecteurs au violon, vous pourrez écouter Stéphane Grappelli (cf vidéo sous cet article), Didier Lockwoood, Dominique Pifarély (cf photographie de cet article), Jean-Luc Ponty (cf extrait audio au dessus de cet article) et Scott Tixier, tous Français et violonistes de Jazz. 

La photographie de Dominique Pifarély est l'œuvre de l'Exceptionnel Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette œuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales

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Henri Texier Jazz comme une Image au cinéma Balzac

Publié le par Guillaume Lagrée

Jazz et Images

Cinéma Balzac

Paris. Vendredi 6 avril 2018. 21h

Première partie:

Concert du Henri Texier Sand Quintet

Henri Texier: contrebasse, compositions, direction

Sébastien Texier: clarinettes, saxophone alto

Vincent Le Quang: saxophone ténor et soprano

Manu Codjia: guitare électrique

Gautier Garrigue: batterie

Deuxième partie:

Projection du documentaire " Henri Texier I Hope " de Jean-Pierre Zirn (2017)

 

La séance finale de la 3e édition du festival Jazz et Images au Cinéma Balzac se clôt en toute logique avec Henri Texier. En effet, Daniel Humair (batterie) et François Jeanneau (saxophone) l'y précédèrent, les 2 autres chefs du trio Humair/Jeanneau/Texier. 

Le groupe attaque direct par un morceau qu'Henri Texier (1945) jouait en solo dans les années 70. Bonne onde positive. La contrebasse nous tient chaud au ventre. Solo de sax ténor que relance le sax alto. Ca fait du bien par où ça passe. Solo doucement grondant de la guitare. Les souffleurs relancent la vague. La vibration se poursuit avec un solo de batterie. Retour groupé au thème pour le final.

Duo bassiste & batteur aux baguettes. Clarinette basse & sax soprano. Ca chante toujours. Normal, c'est du Texier. Solo nerveux du soprano poussé par la rythmique, ponctué par la clarinette basse et la guitare qui reprend la main. Manu Codjia a toujours l'art de souffler le chaud et le froid en même temps. Toujours cette vibration de la contrebasse qui tient le groupe. Ponctuée légèrement par la guitare et la batterie aux baguettes. Retour du groupe pour ce superbe thème majestueux qui nous raconte une belle histoire. Deux notes de contrebasse et enchaînement sur un Blues lent. Toujours le même thème mais revisité à la façon Texier. Grognements de la clarinette poussée par la rythmique. Beau blues de la guitare. La force tranquille. Retour groupé au thème pour le final. Que c'est bon, nom de Zeus!

Un morceau des années 90. La contrebasse entame. Les baguettes du batteur martèlent doucement le tempo. Nous sommes bercés avec subtilité et quelques pointes d'acidité (sax soprano et guitare). Clarinette et soprano font monter la tension. Le groupe reprend le thème. Je plane sans autre produit stupéfiant que la musique. Aucun danger pour la santé.

La contrebasse enchaîne sur un tempo rapide. Le batteur joue vite et précis. Retour des saxophones alto et ténor. Gros dialogue contrebasse&batterie. Puissant et énergique. Belle vague. La guitare se joint au jeu. Solo de batterie aux baguettes, tout en vibration. Retour au thème. Ils ne font que jouer. Pas de présentation des musiciens ni des morceaux. Concentrés sur la musique. Quel art de la mélodie, sapristi! Ca chante dans le coeur. 

Fin du concert et présentation du groupe par Henri Texier.

RAPPEL

Le morceau final de l'album, " Quand tout s'arrête ". Sax ténor et clarinette. Superbe envoi final.

Monsieur L découvre Henri Texier ce soir. Ce morceau final est son préféré. Je ne lui donne pas tort.

Présentation de Jean-Pierre Zirn, l'auteur du documentaire " Henri Texier I Hope ". De 1977 à 2001, le citoyen Zirn réalisa des documentaires sur les peuples du monde. En 2001, le Nice Jazz Festival le persuada de venir filmer des concerts. Depuis, il filme des concerts de Jazz et réalise des documentaires sur des Jazz(wo)men. 

" Henri Texier I Hope " est un portrait d'Henri Texier (1945) avec témoignages de l'artiste, images d'archives, témoignages d'amis musiciens, enregistrements de concerts. 

Quelques mots d'Henri Texier dans le film retenus au hasard, Balthazar.

" La contrebasse, c'est la colonne vertébrale sur laquelle tout le monde se connecte ". " Si ça ne fonctionne pas entre bassiste et batteur, c'est cuit. Il n'y a pas d'orchestre ". " Parfois on a vraiment l'impression de tenir l'orchestre, de permettre aux autres de s'exprimer librement ". " La caractéristique de cette musique, le Jazz, c'est tension-détente ". Ce sont là des vérités premières du Jazz qu'il faut rappeler sans cesse. 

J'en retiens aussi l'importance des rencontres avec les musiciens américains pour se légitimer comme musicien de Jazz car, après tout, Henri Texier n'est ni Noir, ni Américain. D'abord Art Farmer puis surtout Phil Woods et son European Rhythm Machine composée de deux Suisses et un Français, Georges Grüntz, Daniel Humair et Henri Texier. Il oublie, mais peut-être est-ce un mauvais souvenir, le premier enregistrement de Lee Konitz & Martial Solal. C'était à Rome en 1968, avec Daniel Humair et Henri Texier. Premier chef d'oeuvre en quartet. Lee Konitz et Martial Solal sont amis et ne cessent de jouer ensemble depuis. 

L'unité dans la diversité est bien mieux vécue chez Henri Texier que dans l'Union Européenne. Telle est la leçon de ce beau documentaire de Jean-Pierre Zirn.

Le documentaire " Henri Texier I Hope " n'étant pas encore disponible sur la Toile, je vous propose, à la place, lectrices sélectives, lecteurs exigeants, " Les là bas " joué par le Henri Texier Sand Quintet sur l'album " Sand Woman " (extrait audio) puis en concert au Triton (extrait vidéo). 

La photographie d'Henri Texier & Manu Codjia est l'oeuvre de l'Irrésistible Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales

Henri Texier & Manu Codjia par Juan Carlos HERNANDEZ

Henri Texier & Manu Codjia par Juan Carlos HERNANDEZ

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Hommage à Jacques Higelin (1940-2018) sur France Culture

Publié le par Guillaume Lagrée

RECLAME

 

Lectrices en tête, lecteurs en l'air, France Culture rend hommage à Jacques Higelin (1940-2018)

avec des émissions de 1971 à 2018. A consommer sans modération. 

Avec son goût du Swing, son sens de l'improvisation, sa folie, sa démesure, son appétit pour les métissages culturels, Jacques Higelin avait tout du Jazzman sans être breveté comme tel par l'Académie du Jazz.

En 1960, appelé français en Algérie, il libérait son esprit en écoutant " Pour ceux qui aiment le Jazz " de Frank Ténot et Daniel Filipacchi sur Europe 1. Lisez ses " Lettres d'amour d'un soldat de vingt ans " pour comprendre cette blessure inguérissable que fut pour lui la Guerre d'Algérie.

Seul avec sa guitare sèche  à l'Olympia, Jacques Higelin passa tout le concert à hurler pour s'imposer face à un public hostile. En retournant en loge, il croisa le groupe de la 2e partie: Sly and The Family Stone. Filles sublimes, vêtements et coiffures extravagants, orchestre rutilant. Le public était conquis avant même que le groupe ait joué une note. Et puis quand Larry Graham lança la ligne de basse de " Thank You falletinme be mice celf agin ", le public était en extase. Là, Jacques Higelin comprit l'importance du spectacle dans la musique. D'où " Champagne ". 

Il avait même écrit la chanson pour son enterrement, en poète avisé qu'il était. " Je suis mort qui, qui dit mieux " (extrait audio sous cet article).

Ses trois derniers albums ont été réalisés avec trois musiciens référencés sur ce blog: Benoît Delbecq, Rodolphe Burger et Sarah Murcia. Voici leurs témoignages sur Libération.

Mais revenons à Jacques Higelin et au Jazz moderne. " Chope la soupape " en duo avec Areski Belkacem (percussions) le 22 janvier 1969 à l'ORTF au cabaret de Patachou. Les paroles n'ont pas dû être expliquées aux enfants, à l'époque.

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Thibault Gomez Quintet rêve en grand au Studio de l'Ermitage

Publié le par Guillaume Lagrée

Thibault Gomez Quintet

Studio de l'Ermitage

Paris. Lundi 2 avril 2018. 20h30.

Concert de sortie de l'album " La Grande Rêveuse "

 

Première partie

Eve Risser: piano

Comme me disait Suzanne Lagrée, ma grand-mère, quand un plat ne me plaisait pas: " C'est bon pour ceux qui aiment. N'en dégoûte pas les autres. " Rien à ajouter.

Deuxième partie

Thibault Gomez: piano, compositions, direction

Etienne Renard: contrebasse

Benoît Joblot: batterie, compositions

Robinson Khoury: trombone

Pierre-Marie Lapprand: saxophones ténor et soprano

Attaque énergique d'entrée. Une sorte de feeling latino décalé. Les souffleurs barrissent joyeusement. Jolis tintements des bords de caisses. La contrebasse marque le pas. C'était " Danse avec moi " qui ne figure pas sur l'album. Belle invitation pour commencer un concert. 

" Les escargots n'ont pas d'oreilles " suivi de " La grande rêveuse ", le titre album. Joli dialogue de sons étouffés entre piano et batterie. L'escargot est un légionnaire. Il fait toujours front. De plus, il perçoit les sons sans oreilles. Gros son des souffleurs alors que la rythmique reste mystérieuse. Un son de sax ténor velu, hérité d'Archie Shepp et d'Albert Ayler

Un rythme qui sonne ouest africain. Ca balance doucement. Bel enchaînement pour " La Grande Rêveuse ". Le passage du pont se fait aisément. Ca balance bien. Ce rêve est agité mais joyeux. Phases calmes et nerveuses se succèdent. Le piano sonne comme un balafon. Dans la salle, le Maestro de ces jeunes gens au Conservatoire, il Signore Riccardo del Fra

Un peu de piano préparé en résonance avec la batterie. Les souffleurs viennent ajouter leurs grognements. Des coups d'archet sur la contrebasse pour ponctuer. Le batteur passe aux maillets pour faire résonner délicatement les tambours. Les souffleurs étirent les sons. Le morceau est comme une longue introduction, jusqu'au bout.

" Flip on flury " (Billy Strayhorn). Cet arrangement vient de permettre au groupe de gagner un prix à Amsterdam, quelques mois après avoir gagné le Tremplin Jazz d'Avignon. Autant en profiter. Ces musiciens sont des bêtes de concours mais vous ne les entendrez pas au Salon de l'Agriculture. La tempête gronde, s'apaise, repart. Ne sortez pas de vos abris! Phase de calme avec un duo contrebasse&trombone. Puis la rythmique repart et ça s'agite doucement. " Magnifique " s'exclame une spectatrice enthousiasmée. 

" Crapauduc ". Le crapauduc sert aux crapauds à traverser les routes sans se faire écraser par les automodébiles. Le morceau est en  3 parties:

1. La construction du crapauduc

2. L'émerveillement des crapauds devant le crapauduc

3. Les amours des crapauds rendues possibles grâce au crapauduc

Les bruits du chantier. Ca grince, grogne, souffle. J'attends le groupe de BTP qui utilisera cette musique pour sa publicité. Sans transition, l'émerveillement des crapauds devant leur pont. Beauté et douceur au programme. Un solo de piano scintillant avant un majestueux duo piano&trombone. Fin dans un souffle.

" Tu regardes la télé ". Zapping de styles musicaux alternant agréable et désagréable; vif et lent, calme et violent comme la télé quand vous zappez. Démonstration très efficace.

" Allez Debout " qui ne figure pas sur l'album. Un morceau lent, mystérieux. Souffleurs et rythmique se répondent avec grâce. Le groupe attaque en bloc avec le sax soprano. Le batteur fait grincer ses tambours avec les pointes de ses baguettes. Le groupe installe une tension. 

Un morceau sans titre suivi de " Voyons Monsieur, sortez de chez moi et rentrez chez vous ", un morceau sur les gens intrusifs avec un motif rythmique de plus en plus envahissant. Le morceau sans titre est une dérivation de " La Grande Rêveuse ". Sax ténor et trombone créent une vibration commune. Le son ondule comme une sirène d'alarme. Le batteur martèle le tempo aux baguettes. Grosse pulsation de la contrebasse. Le piano creuse dans le grave. Belle onde collective qui nous transporte. Solo de batterie. Les tambours résonnent avec des coups de baguettes sec et longs. Bien joué.

" Voyons Monsieur, sortez de chez moi et rentrez chez vous ". Beau titre pour conclure ce concert. Sax soprano. Un motif rythmique revient sans cesse, de plus en plus présent. Les montagnards sont là. Tous Savoyards, formés à Chambéry, aujourd'hui à Paris.

RAPPEL

" Prunelle ", composition du batteur Benoît Joblot, qui conclue aussi l'album.

Après un premier petit concert, l'écoute de leur premier album, le quintette de Thibault Gomez m'a de nouveau enchanté pour ce concert de sortie. Rêve général au programme! Je leur souhaite d'être programmés partout où cela est possible et spécialement l'été, en plein air, dans les alpages de Savoie. C'est là que ces Valeureux pourront donner la pleine mesure de leurs talents. 

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" Jazz, les échelles du plaisir " Olivier Roueff

Publié le par Guillaume Lagrée

" Jazz, les échelles du plaisir "

Olivier Roueff

Editions La Dispute, Paris, 2013, 365 pages.

" Jazz, les échelles du plaisir. Intermédiaires et culture lettrée en France au XX° siècle " . Tel est le titre de la thèse de doctorat ès lettres et sciences humaines que soutint Olivier Roueff en 2007. Il en fit ce livre et un site Internet Plaisirs du Jazz qui forment une mine inépuisable d'informations sur la réception critique et publique du Jazz en France au XX° siècle. Il ne s'agit pas du tout d'un traité d'érotisme musical.

En voici les chapitres, lectrices lettrées, lecteurs savants, 

Introduction: Une géographie des aventures musicales

Chapitre I: L'avènement du rythme pulsé (afro)américain (1903-1912)

Chapitre II: Les puissances d'évocation du jazz-band (1917-1926)

Chapitre III: Le jazz hot ou l'art des discophiles (1928-1939)

Chapitre IV: Le jazz-club, le concert et la domestication des audiences (1941-1954)

Chapitre V: Expériences du free jazz (1960-1978)

Chapitre VI: Le jazz au second degré: le Pelle-Mêle (Marseille, 1979-2000)

Chapitre VII: La musique pour voir: Instants Chavirés (Montreuil, 1991-2001)

Conclusion: le jazz au cœur de la culture lettrée

Vous remarquerez, lectrices lettrées, lecteurs savants, que le docteur Roueff a des trous dans sa raquette: 1912-1917, 1926-1928, 1939-1941, 1954-1960. Peccadilles. Cela ne nuit pas à la validité de sa thèse. Aux Etats Unis d'Amérique, le jazz est une musique populaire, déconsidérée car elle est née dans les maisons closes de La Nouvelle Orléans (comme le tango est né dans ceux de Buenos Aires) et est jouée par les outsiders comme disent les Américains (Noirs, Italiens, Juifs et Tziganes). En France, par contre, cette musique fut tout de suite élitiste et l'est restée. Jean Cocteau, de l'Académie française, fut le premier président de l'Académie du Jazz (l'académisme, maladie typiquement française). 

Plutôt qu'aux musiciens, Olivier Roueff s'intéresse aux médiateurs du Jazz en France: patrons de clubs, de bars, de restaurants, de dancings, critiques, programmeurs de festivals...

C'est dans ce livre que j'ai découvert l'histoire du lieutenant James Reese Europe qui donna les premiers concerts de Jazz en France, en débarquant avec l'US Army à Brest et Saint Nazaire en décembre 1917 et janvier 1918. 

L'auteur va jusqu'au Jazz d'aujourd'hui puisqu'il parle de deux clubs toujours en vie, le Pelle Mêle à Marseille (13) pour la vieille école et les Instants Chavirés à Montreuil (93) pour la nouvelle, toute passerelle entre les deux genres n'étant pas coupée comme le démontre le saxophoniste Olivier Témime, cité dans le livre. 

Bref, vous l'aurez compris, lectrices lettrées, lecteurs savants, c'est à une lecture à la fois instructive et divertissante que je vous invite avec l'œuvre d'Olivier Roueff, Jazz, les échelles du plaisir

La photographie de Peter Giron (contrebasse) et Christine Flowers (chant) est l'œuvre du Savant Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette œuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales. Le tabac nuit à la santé humaine, animale et végétale.

Peter Giron et Christine Flowers par Juan Carlos HERNANDEZ

Peter Giron et Christine Flowers par Juan Carlos HERNANDEZ

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Sélection de concerts de Jazz à Paris et en Ile de France pour avril 2018

Publié le par Guillaume Lagrée

Lectrices en fleur, lecteurs florissants, avril, c'est le mois où chanter, " I will remember April ",  " April in Paris " et " Sometimes it snows in April " pour se souvenir de Prince.

Le festival Banlieues Bleues se poursuit jusqu'au vendredi 13 avril en Seine-Saint-Denis

Si vous ne pouvez assister aux concerts, écoutez les émissions Jazz Club et Les Légendes du Jazz sur France Musique et Jazz Live sur TSF Jazz

Pour un panorama exhaustif à Paris et en Ile de France, voyez Paris Jazz Club. Pour la France et l'Europe, voyez l'agenda de Jazz Magazine

Voici ma sélection inique et arbitraire de concerts pour avril 2018.

Lundi 2 avril, 20h30, Studio de l'Ermitage, Paris: concert de sortie de l'album " La Grande Rêveuse " du Thibault Gomez Quintet, louangé sur ce blog.

Mardi 3 avril, 21h30, Baiser Salé, Paris: Robin Mansanti Trio, " Hommage à Chet Baker ". Belle gueule, belle voix, beau son de trompette, Robin Mansanti a tout pour rendre hommage à Chet Baker.

Mercredi 4 avril, 19h, Baiser Salé, Paris: duo Jazz Mario Canonge (piano) & Michel Zenino (contrebasse). L'apéritif idéal. 

Jeudi 5 avril, 20h30, Le New Morning, Paris: Otis Taylor, le Grizzly du Blues. Grand frisson garanti.

Vendredi 6 avril:

19h, Le Baiser Salé, Paris: Sylvain Beuf (sax ténor) & Alain Jean-Marie (piano). L'apéritif idéal.

19h, La Boutique du Val, Meudon (92): Peinture, fromage et dessert. Entrée libre. Ainsi que le samedi 7 avril à 19h et le dimanche 8 avril à 17h30. Musique et gastronomie en direct. 

21h, Cinéma Balzac, Paris: dernières images et notes du festival Jazz et Images avec Henri Texier sur scène et à l'écran. A ne pas manquer. Cf photo de cet article.

21h30, Le Sunside, Paris: Gildas Boclé plays Cole Porter & Tom Jobim. Concert de sortie de l'album " So in Love ". 

Samedi 7 avril:

- 19h, Sunside, Paris: Manu Codjia (guitare électrique ) & Benoit Rateau (piano).

- 20h30, Espace Sorano, Vincennes (94): Pierre Durand Roots Quartet. Un guitariste électrisant.

Mardi 10 avril, 20h30, Studio de l'Ermitage, Paris: Oboman (hautbois) & Irthussary (accordéon). Le musette transfiguré.

Mercredi 11 avril:

19h, Le Baiser Salé, Paris: duo Jazz Mario Canonge (piano) & Michel Zenino (contrebasse). L'apéritif idéal. 

- 21h, Le Café Universel, Paris: Atelier de Thierry Péala (chant). La relève du Swing est en marche. Entrée libre.

- 21h30, Le Baiser Salé, Paris: Rick Margitza Quartet. Le Géant méconnu du saxophone ténor. 

Jeudi 12 avril:

- 20h30, New Morning, Paris: Pat Martino Organ Trio. Si vous êtes guitariste, à Paris, ce soir là, vous serez présent dans la salle pour prendre la leçon du Maître.

- 20h30, Bal Blomet, Paris: " Beguin the Biguine ", Fabrice di Falco Quartet + l'ensemble baroque Les Sauvages + divers invités ultramarins racontent l'histoire du grand théâtre de Saint Pierre en Martinique de sa naissance à sa mort sous le volcan. Baroque and Roll!

Vendredi 13 avril:

- 19h, Le Baiser Salé, Paris: Rachel Therrien (trompette) invite Irving Acao (sax ténor). " Le Jazz est une philosophie de la conversation " (Rachel Therrien).

- 20h, Le Triton, Les Lilas (93); Mario Canonge & Michel Zenino Quint'Up. Une nouvelle vague du Jazz caribéen. 

- 21h, Jazz Café Montparnasse, Paris: Rachel Mifsud Quintet. Une chanteuse hors normes. Un monstre de perversité. Dîner concert. Entrée libre.

- 21h30, Sunside, Paris: Don Menza Quartet avec Alain Jean-Marie. Quand un grand saxophoniste américain vient jouer à Paris en club, il exige Alain Jean-Marie pour venir. Séance de rattrapage samedi 14 avril, même heure, même lieu.

Samedi 14 avril:

20h30, Maison de la Radio, Paris: Jazz sur le Vif avec Vincent Le Quang Quartet, saxophoniste maintes fois fêté sur ce blog suivi de Médéric Collignon & le Jus de Bocse, trompettiste inlassablement célébré sur ce blog. Concert diffusé en différé sur France Musique

- 21h, New Morning, Paris: Lionel Suarez Quarteto Gardel. Tangue Tango! Cf vidéo sous cet article.

Dimanche 15 avril, 18h, Baiser Salé, Paris: duo Jazz Mario Canonge (piano) & Michel Zenino (contrebasse). L'apéritif idéal. 

Mardi 17 avril, 20h, La Péniche Marcounet, Paris: Lalo Zanelli. Un Argentin de Paris. Flamboyant. 

Mercredi 18 avril:

- 19h, Baiser Salé, Paris: duo Jazz Mario Canonge (piano) & Michel Zenino (contrebasse). L'apéritif idéal. 

- 21h, Le New Morning, Paris: Dr Lonnie Liston Smith. Plongez dans le Funk cosmique et organique du Docteur. Cf extrait audio sous cet article. 

Jeudi 19 avril:

- 19h, Le Baiser Salé, Paris: Sylvain Beuf (sax ténor) & Alain Jean-Marie (piano). L'apéritif idéal.

- 20h, concert privé sur réservation, Paris: Dan Tepfer (piano) & Garth Stevenson (contrebasse). Un pianiste maintes fois célébré sur ce blog avec un contrebassiste inconnu de mes services, cela ne peut pas être mauvais. Participation libre en fonction de vos capacités contributives. 

- 21h, Jazz Café Montparnasse. Julien Lourau Quartet Saigon. Retour au Jazz acoustique pour l'aventurier  français du sax ténor. Dîner concert. Entrée libre.

- 21h30, Le Baiser Salé, Paris: Feraud/Como/Huchard/Ecay. Jazz Fusion made in France. Même lieu, même heure, vendredi 20 et samedi 21 avril.

Samedi 21 avril, Disquaire Day pour découvrir des disques de Jazz ou d'autres genres musicaux. Si vous êtes hors de France ce jour là, cela s'appelle le Record Store Day. La littérature se découvre chez le libraire, la musique chez le disquaire. Sinon, qui nous fera sortir de nos sentiers battus? 

Mardi 24 et mercredi 25 avril, 21h, Sunside, Paris: le trio de Maestros. Enrico Pieranunzi, Diego Imbert & André Cecarelli

Vendredi 27 avril, 21h, La Petite Halle, Paris: après 3 jours de master classes, Barry Harris (piano) jouera en dîner concert. Du Swing, du Blues, bref du Jazz!

Samedi 28 avril, 21h30, Sunside, Paris: René Urtreger Trio. On vous présente au Roi René. On ne le présente pas. 

Lundi 30 avril, Journée Internationale du Jazz, parrainée par l'UNESCO et Herbie Hancock. Ville hôtesse pour 2018, Saint Petersbourg en Russie. Le lieu et le jour idéal pour commémorer Eddie Rosner, le Jazzman du Goulag. Pour 2019, ce sera Sidney en Australie. Jouez, chantez, écoutez du Jazz chez vous, au travail, dans la rue, dans les transports en commun, en ville, à la campagne, en mer, à la montagne. Lundi 30 avril 2018, c'est permis et même recommandé par les plus hautes autorités. 

La photographie d'Henri Texier & Manu Codjia est l'œuvre du Prodigieux Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette œuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales

Henri Texier & Manu Codjia par Juan Carlos HERNANDEZ

Henri Texier & Manu Codjia par Juan Carlos HERNANDEZ

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Thibault Gomez Quintet " La Grande Rêveuse "

Publié le par Guillaume Lagrée

Thibault Gomez Quintet

" La Grande Rêveuse "

Parallel Records.

Sortie le vendredi 6 avril 2018

 

Thibault Gomez: piano, compositions, direction (1,2,4,5,6)

Etienne Renard: contrebasse

Benoît Joblot: batterie, compositions (3&7)

Robinson Khoury: trombone

Pierre-Marie Lapprand: saxophones

Concert de sortie à Paris, au Studio de l'Ermitage, lundi 2 avril 2018 à 20h30.

Lectrices lettrées, lecteurs linguistes, j'ai déjà commencé à vous expliquer les titres étranges des compositions du quintette de Thibault Gomez, à l'occasion d'un concert: " Les escargots n'ont pas d'oreilles " (1), " Voyons Monsieur, sortez de chez moi et rentrez chez vous " (2), " Crapauduc " (6).

Voici qu'en écoutant l'album " La Grande Rêveuse ", je découvre des compositions aux titres tout aussi évocateurs, " La Grande Rêveuse " (5) justement et " La montée des ballons " (4). 

Ce quintet est composé de jeunes gens brillants, tous élèves du Conservatoire. Pour autant, grâce aux Dieux et aux Muses, leur musique ne sent pas le mémoire de fin d'études. Ils ne confondent pas douceur et mièvrerie, maîtrise et virtuosité, culture et confiture. 

Ils font dans la dentelle, le raffinement et l'élégant. Le mauvais goût ne fait pas partie de leur dictionnaire. Quand ils suscitent un sentiment d'oppression, ils savent nous en libérer: " Voyons Monsieur, sortez de chez moi et rentrez chez vous " (2) avec son motif rythmique aussi envahissant qu'un invité indésirable et ivre. Leur musique peut nous suggérer un sentiment d'élévation sans religion avec " La montée des ballons " (4). Ils savent nous raconter une histoire et j'ai déjà expliqué ce que signifie " Le crapauduc " (6). Ils sont enfin facétieux comme avec le morceau final " Prunelle " (7) qui s'interrompt au bout de 7mn pour reprendre à la 11e avec un air qui n'a rien à voir avec le précédent. Il suffit d'être patient.

De belles compositions, un vrai son de groupe, un art de raconter des histoires, le partage d'émotions, bref, le quintet de Thibault Gomez offre ce que j'attends de la musique. 

L'album a été enregistré en 2016 et depuis ces jeunes gens ont mûri. Pour apprécier leurs progrès sur scène, rendez-vous au concert de sortie de l'album à Paris, au Studio de l'Ermitage, lundi 2 avril 2018 à 20h30. En espérant que bien d'autres suivent, de la Savoie  (photos de l'album prises au lac d'Aiguebelette ) à la pointe du Raz (29), du cap Blanc Nez (62) au Cap Nègre (83),  enfin bref partout où sont appréciées justesse, mesure et élégance. 

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La Nouvelle Vague de Stéphane Kerecki au cinéma Balzac

Publié le par Guillaume Lagrée

Nouvelle Vague

Stéphane Kerecki Quartet

Ciné concert

Cinéma Balzac

Paris. Mardi 20 mars 2018. 20h30

Stéphane Kerecki: contrebasse

Guillaume De Chassy: piano

Fabrice Moreau: batterie

Jean-Charles Richard: saxophone soprano

 

Bienvenue à la 40e abonnée de ce blog. Que les Dieux et les Muses la protègent! 

L'album " Nouvelle Vague " de Stéphane Kerecki est sorti en 2014 et n'a pas été joué sur scène depuis 2016. Depuis 2015, John Taylor (piano) a été remplacé par Guillaume De Chassy pour cause de décès lors d'un concert de ce programme, Jean-Charles Richard (saxophone soprano) a remplacé Emile Parisien, toujours en vie, et Jeanne Added (chant), bien vivante, est absente ce soir. 

Avant le concert, sur l'écran de la salle du cinéma Balzac, sont projetés les visages de Jean Seberg et Jean-Paul Belmondo avec des dialogues d'A bout de souffle dont le fameux final. " Qu'est ce qu'il a dit? Il a dit que vous êtes vraiment une dégueulasse. Qu'est ce que c'est dégueulasse? ".

" Le Mépris " (1963), film de Jean-Luc Godard avec une musique de Georges Delerue. Le seul film de Godard avec BB. A l'écran, un court extrait du film puis l'écran devient rouge. La contrebasse amène le thème. Soprano tranquille et énervant à la fois. Le soprano joue le rôle des violons.

Un air connu mais je ne sais plus de quel film. Léger, frémissant. Le batteur tricote aux baguettes. Ouï ce que j'entends, ça parle forcément d'amour. A l'écran, Brigitte Bardot, la blonde et Anna Karina, la brune, se succèdent. Puis les sœurs, Catherine Deneuve et Françoise Dorléac, " Les demoiselles de Rochefort " (1967) de Jacques Demy. C'est " La chanson de Maxence " (Michel Legrand). Juste avant, c'était " Pierrot le fou " (1965) de Jean-Luc Godard. Musique d'Antoine Duhamel. 

" Ascenseur pour l'échafaud " (1957) de Louis Malle. Musique de Miles Davis jouée sans trompette ni saxophone ténor (Barney Wilen). Solo de contrebasse pour commencer. Fabrice Moreau aux baguettes très rapide et très léger, ce qui est difficile. Le thème n'est pas encore reconnaissable. Je reconnais " Florence sur les Champs Elysées " en version accélérée. Au lieu de copier, ils créent une autre beauté, ce qui est plus sage. A l'écran, Florence (Jeanne Moreau) erre sur l'avenue des Champs Elysées, à Paris, la nuit, à la recherche de Julien (Maurice Ronet). Puis Jean Seberg embrasse passionnément Jean-Paul Belmondo dans " A bout de souffle ". Des dialogues s'entrechoquent. Le piano ponctue le silence puis revient au thème. Fabrice Moreau, aux balais, malaxe en digne héritier de Kenny Clarke

Un petit air léger que je ne connais pas. Ca balance bien. Joué sans piano. Logique car il devait s'abriter pour " Tirez sur le pianiste " (1960) de François Truffaut. 

" Ta voix, tes yeux ", chanson de Paul Mizraki pour " Alphaville " (1965) de Jean-Luc Godard. Retour du pianiste pour un duo avec le contrebassiste. Une ballade. Le batteur arrive aux balais. Ca roule tranquille. 

Ensuite " Lola " (1961) de Jacques Demy avec la 7e symphonie de Beethoven interprétée superbement par un quartet de Jazz puis " Roland rêve " (Michel Legrand). 

" Les 400 coups " (1959) de François Truffaut. Musique de Jean Constantin. A l'écran, ce n'est pas Jean-Pierre Léaud mais Anna Karina. Volontairement, le film monté pour le concert entrechoque les sons et les images pour ne pas résumer une œuvre mais en créer une autre, au service de la musique. Le petit air en pizzicato de la contrebasse reprend celui du violon dans le film.

RAPPEL

" La chanson d'Hélène " dans " Les choses de la vie " (1970) de Claude Sautet. Ce n'est plus la Nouvelle Vague mais c'est dans la suite logique. Chanson sublime pour Romy Schneider, sublimement jouée ici. 

 

Lectrices mélomanes, lecteurs cinéphiles, " Nouvelle Vague " de Stéphane Kerecki illustre parfaitement un propos de Jean-Luc Godard, " on peut entendre les images et voir la musique ". Si vous connaissez les films, ce quartet ravivera votre mémoire. Si vous ne les connaissez pas, il vous donnera envie de les découvrir. Dans l'un ou l'autre cas, jamais une vision ne vous sera imposée. Les musiciens proposent, les auditeurs disposent.

 

Notes finales pour 2018 du festival Jazz et Images à Paris, au cinéma Balzac, vendredi 6 avril à 21h avec Henri Texier sur scène et à l'écran. A ne pas manquer. 

 

La photographie de Stéphane Kerecki est l'œuvre du Prestigieux Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette œuvre sans autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

 

Stéphane Kerecki par Juan Carlos HERNANDEZ

Stéphane Kerecki par Juan Carlos HERNANDEZ

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Herbie Hancock Jazz comme une image au Cinéma Balzac

Publié le par Guillaume Lagrée

Jazz et Images

Soirée Herbie Hancock

Cinéma Balzac

Paris. Vendredi 16 mars 2018. 21h.

 

Première partie

Thibault Gomez Quintet

Thibault Gomez: piano, compositions, direction

Etienne Renard: contrebasse

Benoît Joblot: batterie, compositions

Robinson Khoury: trombone

Pierre-Marie Lapprand: saxophones

Invité 

Vincent Le Quang: saxophone soprano

Deuxième partie:

Projection de l'émission Jazz Harmonie diffusée par l'ORTF le 23 mars 1972 consacrée au sextet Mwandishi de Herbie Hancock

Herbie Hancock, Mwandishi: piano, clavier électrique

Buster Williams, Mchezaji : contrebasse

Billy Hart, Jabali: batterie

Bennie Maupin, Mwile: clarinette basse, flûte, saxophone

Ed Henderson, Mganga: trompette, bugle

Julian Priester, Pepo Mtoto: trombone

Chaque musicien avait adopté un nom swahili pour se relier à ses racines africaines. 

 

Lectrices cinéphiles, lecteurs mélomanes, le festival Jazz et Images animé depuis 3 ans par le saxophoniste Vincent Le Quang au cinéma Balzac vous est désormais familier. Pour chaque séance, un concert hommage suivi de la projection d'un film où l'artiste joue. Pour cette soirée, même si Herbie Hancock (1940) est encore en activité, une Super Star de son acabit ne peut venir à Paris jouer dans une salle de cinéma une soirée ou alors à des prix gastronomiques tant pour l'organisateur que pour les spectateurs. 

C'est pourquoi, ce soir, la séance commence par un concert d'un disciple, Thibault Gomez, pianiste né en 1992, élève du Conservatoire avec pour professeur, notamment, Vincent Le Quang. Herbie Hancock est son pianiste préféré en Jazz. 

Thibault Gomez n'est pas qu'un bon élève. Il est déjà un créateur et c'est son œuvre qui nous est jouée ce soir.

Ca attaque par phases, tranches. Le son est travaillé. Grincements de la batterie et du soprano, grognements du trombone. Le batteur hache le temps. C'est raffiné mais pas funky comme Herbie.

Après " Allez, debout ", voici " Crapauduc ". Comme vous le savez, lectrices architectes, lecteurs ingénieurs, un crapauduc est un passage souterrain qui permet aux crapauds de traverser les routes, durant la saison des amours, sans se faire écraser par les automodébiles. Thibault Gomez a rencontré Max, ingénieur qui dessine des crapauducs, d'où cette suite en 3 parties: d'abord les bruits des travaux, puis l'émerveillement des crapauds devant ce passage qui leur est réservé et enfin les amours des crapauds réunis et vivants grâce au crapauduc. La musique correspond à sa description. D'abord, sifflements, grincements, bruits de pistons et de machines. Puis tout devient mélodieux d'abord pour l'émerveillement des crapauds devant le crapauduc puis leurs amours tendres permis par le crapauduc. Belle histoire et bien racontée.

" Tu regardes encore la télé ". Un morceau inspiré par le zapping. Suivi de " Les escargots n'ont pas d'oreilles ". 

" Tu regardes encore la télé " est fait de collages de différents genres de Jazz. Parfois doux, parfois brutal, lent, rapide, Hard Bop, Free, Swing, Cool, tout s'entremêle et s'entrechoque. Bel exercice de style.

L'escargot est un chasseur alpin. Il fait toujours front. Il ne sait pas faire demi tour. Aucun obstacle ne lui résiste. Jeu hérissé du saxophone ténor, hérité d'Albert Ayler et Archie Shepp, alors que la rythmique fait planer. Beau contraste. Ces jeunes musiciens ne sont pas des élèves sages mais de vrais conteurs. C'est bien plus intéressant. Le trombone barrit joyeusement poussé par un rythmique cosmique. 

Arrivée de Vincent Le Quang au saxophone soprano. " Voyons Monsieur. Sortez d'ici et rentrez chez vous ". Morceau construit sur un motif rythmique qui prend de plus en plus d'importance au fur et à mesure.

Pour assurer la transition avec le film, le sextet joue " Toys " d'Herbie Hancock. Duo contrebasse & soprano pour commencer. Majestueux. Batteur aux balais. Le groupe se déploie. Un thème d'Herbie Hancock, classe et sensuel, évidemment. Bien joué. 
 

PAUSE

Lectrices cinéphiles, lecteurs mélomanes, je vous laisse savourer l'émission Jazz Harmonie diffusée par l'ORTF le 23 mars 1972. Cf vidéo ci-dessous. Dans l'ordre, le groupe joue " Toys ", " Water Torture " et " Sleeping Giant " à retrouver sur les albums " Mwandishi " (1971) et " Crossings " (1972) d'Herbie Hancock. Attention, chefs d'œuvre !

Comme moi, Madame A s'est régalée tant du quintet de Thibault Gomez que du sextet d'Herbie Hancock. Son initiation au Jazz en vie se poursuit.

RECLAME

Séance Ciné Concert au Cinéma Balzac, à Paris, le mardi 20 mars 2018 à 20h30 avec le programme Nouvelle Vague de Stéphane Kerecki. Au cinéma Balzac, qui fut un phare de la Nouvelle Vague dès 1960, seront projetés des extraits de films de Jean-Luc Godard, François Truffaut, Jean-Pierre Melville, Jacques Demy alors que le quartet de Stéphane Kerecki jouera les musiques composées pour ces films par Martial Solal, Michel Legrand, Georges Delerue, Miles Davis, Philippe Sarde, Antoine Duhamel.

Le quintette de Thibault Gomez sera en concert à Paris, au Studio de l'Ermitage, lundi 2 avril 2018 à 20h30. 

Dernière séance de Jazz et Images au Cinéma Balzac, à Paris, vendredi 6 avril 2018 à 21h avec Henri Texier sur scène et à l'écran. A ne pas manquer. 

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Henri Texier Sand Quintet émerveille le Café de la Danse

Publié le par Guillaume Lagrée

Henri Texier Sand Quintet

Le Café de la Danse

Paris. Samedi 10 mars 2018. 20h

Concert de sortie de l'album " Sand Woman "

 

Henri Texier: contrebasse, compositions, direction

Gautier Garrigue: batterie

Manu Codjia: guitare électrique

Sébastien Texier: saxophone alto, clarinettes

Vincent Le Quang: saxophones ténor et soprano

 

L'après-midi s'est terminée par la victoire du XV de France contre le XV d'Angleterre dans le Crunch. La soirée commence par un concert d'Henri Texier. C'est décidément une belle journée comme le reconnaît mon voisin Alex Dutilh, gentil organisateur et animateur de Open Jazz  sur France Musique.

Ca commence sans un mot. Groupé. Fidèle au thème. Clarinette basse et sax soprano. La rondeur de la contrebasse, la sécheresse de la batterie jouée aux baguettes, l'acidité du soprano, tout colle. Les souffleurs s'effacent pour laisser place à la griffe de la guitare. Premier solo du Patron. C'est une de ses chansons sans parole qui m'enchantent. Le groupe a commencé par les deux compositions nouvelles de l'album " Sand Woman " et " Hungry Man "

Nous remontons dans le temps avec une composition des années 1990 " Indians ". Sébastien Texier passe au sax alto. Ca vrombit derrière, grogne et gémit devant. Ca s'énerve pour produire un Free Jazz bruyant et brouillon qui ne m'impressionne pas. Heureusement, ça se calme en deux notes de contrebasse. Clarinette et sax soprano entonnent cette complainte élégante pour un peuple spolié et massacré, les Indiens d'Amérique du Nord. Avec sa barbe, son bonnet, ses baskets, tous blancs, Henri Texier fait de plus en plus Sage de la Montagne. Il mène la jeune garde sous sa bienveillante férule. 

PAUSE

Pendant la pause, la sono nous diffuse des œuvres du Maître d'Henri Texier, Charles Mingus (1922-1979). 

Reprise avec " Les là bas ", composition enregistrée en solo en 1976 et reprise des décennies après par les DJ Bonobo et Chinese Man. Ca pulse sévèrement. Une onde puissante nous emporte très loin, vers les là bas. 

Henri Texier en  a marre de jouer du Henri Texier. Pour changer, une composition d'un des héros d'Henri Texier, Sonny Rollins, " The Bridge " (album culte de 1962).  C'est bien le thème avec toute sa puissance. Manu Codjia ne copie pas Jim Hall pas plus que Vincent Le Quang Sonny Rollins. 

Mes notes, prises dans l'obscurité de la salle, au Café de la Danse, sont illisibles. Ma chronique cesse donc ici. Une musique si riche et si belle parle d'elle même.

En rappel, " Quand tout s'arrête ", conclusion parfaite de l'album " Sand Woman ". Puis un petit air léger et joyeux pour la route.

Bref, vous l'aurez compris, lectrices contre, lecteurs basse, Henri Texier avec son Sand Quintet fait son propre bilan de 5 décennies de carrière en meneur de jeu, avec de jeunes musiciens et il continue à conter et enchanter. D'autres concerts suivront au printemps et à l'été 2018. Ne manquez ce groupe que sur avis médical contraire. 

 

 

La photographie d'Henri Texier & Manu Codjia est l'œuvre du Sybarite Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette œuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales

Henri Texier et Manu Codjia par Juan Carlos HERNANDEZ

Henri Texier et Manu Codjia par Juan Carlos HERNANDEZ

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