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" Le Jazz et les gangsters " . Ronald L. Morris

Publié le par Guillaume Lagrée

" Le Jazz et les gangsters "

(1880-1940)

Ronald L. Morris

Traduction française de Jacques B. Hess.

Paris, Editions Le Passage, 2016, 320 p.

Edition originale. " Wait until dark: Jazz and the Underworld. 1880-1940 ", Bowling Green University Popular Press, Bowling Green, Ohio, 1980.

Exquises lectrices, subtils lecteurs, alors que 1917 est le centenaire officiel du Jazz, pour mesurer le chemin parcouru, il est bon de se replonger au temps de son explosion, la Swing Era pour les Américains, les Années folles pour les Français, les années 20 du XX° siècle.

Le Jazz est d'abord né dans les maisons closes de la Nouvelle Orléans puis a migré vers le Nord s'installant à New York, Chicago, Kansas City, se déployant dans des clubs toujours plus luxueux grâce aux gangsters juifs et italiens. Il y avait aussi quelques Français dans l'affaire dont Madame Saint Clair, reine de Harlem. La fin de la prohibition et la Grande Dépression  de 1929 mirent fin à cet âge d'or. L'alliance des gangsters et des jazzmen fut aussi fructueuse pour l'histoire de l'art que le mécénat des banquiers toscans de la Renaissance pour les peintres, sculpteurs et architectes.

Telle est la thèse de Ronald L Morris qu'il déploie avec force arguments convaincants tout au long de ce livre réjouissant.

Comment Juifs et Italiens, Blancs mais pas WASP (White Anglo Saxon Protestant), dépourvus de préjugés raciaux, lancèrent des musiciens Noirs , Juifs et Italiens. Comment ces gangsters civilisèrent les clubs américains transformant des saloons, véritables assommoirs dignes de Zola, en lieux chics. Comment ils ringardisèrent les Irlandais et les Allemands qui tenaient alors le commerce de l'alcool et du spectacle aux Etats Unis d'Amérique. Comment ils  firent entrer les femmes, facteur clef de civilisation, dans les clubs. Comment ils payèrent hommes politiques, policiers et magistrats pour garder leurs affaires en paix. Comment ils traitèrent en égaux des hommes et des femmes d'une couleur et d'une culture différentes de la leur. Comment la fin de la Prohibition et la Grande Dépression mirent fin à l'afflux d'argent alors que policiers, magistrats et élus restaient toujours aussi cupides.

Tout cela et bien plus encore est raconté dans ce livre qui vous donnera envie de plonger, tête la première, dans le Jazz des années 20, exquises lectrices, subtils lecteurs.

Dans les années 1960, un journaliste blanc demanda à Duke Ellington:

" Duke, comment un homme aussi élégant et raffiné que vous a pu travailler pour ces gangsters du Cotton Club ? "

" Des gangsters? Comment osez vous qualifier ainsi ces gentlemen ? " répondit en souriant Duke Ellington.

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" Barney Wilen. Blue Melody " Yves Buin

Publié le par Guillaume Lagrée

" Barney Wilen. Blue Melody "

Yves Buin

Castor Music.

Editions Le Castor Astral, Paris, 2011, 126 p.

" Je me souviens de Barney Wilen " (Georges Pérec). Enfin, Georges Pérec se souvenait surtout de Lester Young, le Président, jouant avec son jeune disciple, Barney Wilen. Je me souviens de Barney Wilen en duo avec Alain Jean-Marie dans un bar de Rennes le 29 mai 1992. C'était le cadeau d'anniversaire de mon père pour mes 21 ans. Cela ne s'oublie pas. Ce duo fut enregistré au Cully Jazz Festival en Suisse en 1991. Album " Dream time ".

Yves Buin nous offre avec ce livre " Blue Melody " une biographie courte mais complète de Barney Wilen (1937-1996). Né à Nice d'un père Américain, juif et dentiste et d'une mère comtesse provençale. En 1940, son père n'attendit pas que les Nazis arrivent en ville et prit sagement le bateau pour les USA avec toute la famille. Retour à Nice en 1946 une fois la République française rétablie grâce à l'aide des Etats Unis d'Amérique. Bernard Jean dit Barney Wilen s'est gavé de radio aux Etats Unis, s'est déjà mis au saxophone et sa grand-mère est une amie de Blaise Cendrars. A 16 ans, il monte à Paris. A 17 ans, il gagne un prix spécialement créé pour lui. A 20 ans, il accompagne Miles Davis pour la musique du film de Louis Malle " Ascenseur pour l'échafaud " et en tournée en Europe. A 21 ans, il enregistre avec Donald Byrd la musique d'un film qui ne fut jamais tourné.

Puis le Be Bop l'ennuie. Il se tourne vers le Free Jazz, les courses automobiles,  les musiques du monde, le Rock'n Roll (" Dear prof Leary "), voyage en Afrique d'Alger à Dakar en y mettant plusieurs années et en ramenant " Moshi ", OVNI musical inégalé depuis. Il disparaît dans les années 1970, fâché avec les maisons de disque et le show business, surgissant un soir de 1978 à la Grande Parade du Jazz de Nice comme invité spécial de Dizzy Gillespie et Stan Getz.

On le dit mort mais il joue avec Marie Moör, sa compagne chanteuse. Une BD inspirée de sa vie " Barney et la note bleue " de Loustal et Parringaux le ressuscite en 1987. Il enregistre un album sous le même titre, revient à ses premières amours, entre Bop et Cool et casse son bec en 1996 alors que son ami Christophe voulait le recruter pour son nouvel album.

Tout cela, et bien plus encore, Yves Buin nous le raconte chronologiquement accompagnant sa biographie de quelques entretiens avec ce magicien sonore qu'était Barney Wilen et concluant par une discographie complète et sélective.

Barney Wilen ce n'est pas forcément une musique triste. Comme sur cette version énergique de " No problem " en club à Paris en 1958 avec Clark Terry (bugle), Bud Powell (piano), Pierre Michelot (contrebasse) et Kenny Clarke (batterie). La jeunesse, la classe, l'élégance et l'aisance, tel était Barney Wilen.

 

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Festival Jazz sous les Pommiers à Coutances (50) du 20 au 27 mai 2017

Publié le par Guillaume Lagrée

Jazz sous les Pommiers

XXXVIe édition

Coutances, Manche, Normandie, France

du samedi 20 au samedi 27 mai 2017

 

Lectrices fruitées, lecteurs en fleur, retrouvez vous au festival Jazz sous les Pommiers à Coutances, en Normandie, du samedi 20 au samedi 27 mai 2017.

Concerts gratuits et payants, pour adultes et pour enfants, et même pour sourds et malentendants grâce à Airelle Besson et Clémence Colin, Dames du temps présent.

Dans le riche programme de la 36e édition de ce festival, vous trouverez notamment des artistes déjà louangés sur ce blog: le trio Jean-Luc Ponty/Bireli Lagrène/Kyle Eastwood (qui remplace Stanley Clarke), Michel Portal, Fred Hersch en trio, David Patrois en trio, Pierre Durand et son Roots Quartet, les Mechanics de Sylvain Rifflet, Paul Lay en trio et Anne Pacéo avec des musiciens birmans.

Croquez goulûment dans les pommes du Jazz au 36e festival Jazz sous les pommiers, lectrices fruitées, lecteurs en fleur.

La photographie de Michel Portal est l'œuvre de l'Abracadabrantesque Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette œuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Michel Portal par Juan Carlos HERNANDEZ

Michel Portal par Juan Carlos HERNANDEZ

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Disquaire Day samedi 22 avril 2017

Publié le par Guillaume Lagrée

Lectrices curieuses, lecteurs collectionneurs, retrouvez vous le samedi 22 avril 2017 chez un disquaire pour le Disquaire Day.

Dans le monde anglophone, cela s'appelle Record Store Day.

Concerts, animations, éditions rares seront au programme.

Comme un libraire, un disquaire digne de ce nom vous fera découvrir des musiques dont vous n'auriez jamais soupçonné l'existence comme lorsque je fis découvrir Don Cherry à un amateur de New Wave chez un disquaire du 18e arrondissement de Paris. " Chamanique, c'est chamanique " tels furent ses termes.

8 jours plus tard, le dimanche 30 avril 2017, retrouvez vous de nouveau, lectrices curieuses, lecteurs collectionneurs, pour célébrer la Journée internationale du Jazz.

Alors que nous célébrons les 100 ans de l'arrivée du Jazz en France avec l'US Army venue nous délivrer de l'invasion allemande, n'oublions pas le rôle des V(ictory) Disc dans le soutien au moral des troupes et des populations et dans la diffusion du Jazz.

Ci-dessous exemples audio et vidéo avec Count Basie " Jammin on a V-Disc " et Duke Ellington " It don't mean a thing if it ain't got that swing ".

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Fines Lames un duo unique au Sunset

Publié le par Guillaume Lagrée

Fines Lames

Le Sunset

Paris, Ile de France, France

Mardi 11 avril 2017. 20h30.

Renaud Detruit: vibraphone, marimba

Florent Snepchat: accordéon

 

Concert de sortie de l'album " Fines Lames ".

 

Fines lames est un duo unique au monde. Il existe quelques rares duos accordéon vibraphone écrits dans la musique contemporaine nippone mais dans la musique improvisée et donc le Jazz, cela n'existait pas. Renaud Detruit et Florent Snepchat l'ont inventé par amitié et goût de l'aventure. Grâces leur en soient rendues.

Musique en hommage à Ryuchi Sakamoto, compositeur japonais. Ce duo est si rare et précieux que nous sommes peu nombreux à l'écouter. Puissent mes chroniques contribuer à les faire connaître. Superbe ballade qui décolle d'un coup énergique d'accordéon. Quel souffle! Quelle vibration! Les lames invisibles de l'accordéon répondent aux lames visibles du vibraphone ou du marimba. Malgré le nom " Fines lames ", il ne s'agit pas d'un duel mais d'un duo, mieux d'un dialogue. Ils savent nous raconter une histoire avec un début, des épisodes et une fin. Un silence de dégustation avant d'applaudir.

En passant les baguettes sur le bout des lames du vibraphone, le son s'étire. L'accordéon avance tout doucement. Ca s'élance. Musique intimiste et qui respire le bon air. Ils savent aussi attaquer virilement. Etant donné la haute qualité de la musique et le petit nombre de spectateurs, j'ai vraiment l'impression de faire partie de privilégiés ce soir. C'était " Reflet d'influences " une composition de Renaud Detruit qui porte bien son nom.

Un petit air dansant entre vibraphone et accordéon. Un fond de tango, un zeste de Balkans et du Jazz contemporain.

" Pouki Pouki " (Airelle Besson). Une composition d'une Dame du temps présent qui fait oublier celles du temps jadis. Un futur standard du Jazz du XXI° siècle à mon avis. L'accordéon vient ajouter sa complainte. Après de beaux chemins de traverse, retour au joli thème.

" Mikrokosmos n°116 " (Bela Bartók). Les exercices pour piano écrits par Bela Bartók pour son fils Peter vont de 1 à 153, dans un ordre de complexité croissante. 116, c'est déjà costaud. Un vent de puszta hongroise souffle dans la salle. Ca swingue, sapristi!

Une ballade composée par le vibraphoniste.

" Sang mêlé " (Eddy Louiss). L'accordéon attaque, remplaçant l'orgue Hammond. Le marimba joue le rôle de la batterie. Ca balance bien.

PAUSE
 

Marimba. Un tango énergique. Quelle bonne vibration ils nous offrent! Très belle musique de film romantique avec l'élan, la séparation, les regrets. C'était " Reflets d'influence 2 " (Renaud Dutruit).

Une autre composition de Renaud Detruit. Encore une très jolie mélodie. Cette fois, lente et lancinante. Puis entraînante. Bref, changeante comme la vie.

Un standard joué à l'accordéon et au vibraphone, c'est tellement unique que je ne le reconnais pas. C'est " Speak Low " (Kurt Weill).

Le 153e et dernier morceau de " Mikrokosmos " (Bela Bartók). Le plus compliqué donc. C'est vif et complexe en effet. Belle tension entre accordéon et vibraphone.

" Very early " (Bill Evans). Marcel Loeffler aussi joue au piano du pauvre ce grand pianiste. Fort belle ballade du petit matin jouée le soir.

Une autre ballade qui court comme une rivière paresseuse. Vibraphone. La musique s'anime progressivement et puissamment. C'était " Nuit rouge ".

Un morceau de Michel Petrucciani dont le titre m'échappe." O Nana Oye " d'après les musiciens. Je les crois sur parole. Marimba. Ca attaque vite. L'accordéon reprend. Ca sonne antillais curieusement.

Toujours au marimba. Un autre morceau qui sonne caribéen. Ca swingue superbement.

Le duo " Fines lames " est unique au monde. Savourez le chez vous et sur scène, lectrices exigeantes, lecteurs intransigeants. A consommer sans modération.

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Roger Biwandu offre sa tournée au Duc des Lombards

Publié le par Guillaume Lagrée

Roger Biwandu

Le Duc des Lombards

Paris, Ile de France, France

Samedi 8 avril 2017. 19h30.

Concert de sortie de l'album

" Three (two girls and a boy) "

 

Roger Biwandu: batterie, compositions, direction

Jérôme Regard: contrebasse

Irving Acao: saxophone ténor

Invités:

Tutu Poane: chant

Christophe Cravero: piano

 

Le patron se sert le premier. Sec et funky aux baguettes. Gros son de contrebasse. Acidité du saxophone ténor. Ca danse. Beau duo sax ténor & batterie. L'esprit de Sonny Rollins, qui ne peut plus jouer, veille sur ce trio sans piano. La contrebasse ajoute sa pulsation qui vous prend au ventre.

Toujours aux baguettes, toujours dansant. Il y a une mémoire d'Afrique dans le jeu du Bordelais Roger Biwandu. Enorme pulsation de la contrebasse. Je sens mieux le jeu de Jérôme Regard en concert que sur l'album. Ca danse et ça balance. Solo de contrebasse stimulé par le batteur aux baguettes en mezzo voce. Le trio repart, sax en tête. Ca secoue dans le shaker. Belle énergie vitale.

C'était " My boys from P.A " puis " FWI " (Friends Worthy of Implication), hommage à ses amis musiciens des Antilles françaises (French West Indies).

" A train named fish ", hommage à Philip " Fish " Fisher, batteur du groupe californien Fishbone de 1979 à 1999. Un gars qui joue très vite, très fort, en paraissant jouer au ralenti. Belle explication de Roger Biwandu. Ca pulse fort en effet. Irving Acao relance seul. Chaud, chaud, Acao! Le public commence à taper des mains pour l'encourager. la rythmique remet la sauce.

Arrivée du pianiste sur scène pour une de ses compositions " Elegant éléphant ". Il commence à suggérer la démarche imposante de Sa Majesté l'éléphant, le vrai Roi de la jungle. Aucun lion n'est assez fou pour attaquer un éléphant. Jeu aux balais énergique et viril. Roger revient aux baguettes avec un son plus jazz, moins rentre dedans. Le sax s'est absenté. C'est un trio oiano, contrebasse, batterie désormais.

La chanteuse Tutu Poane (Afrique du Sud) les rejoint sur scène. Une ballade. Batteur aux balais. Chant dans une des onze langues officielles d'Afrique du Sud (ni l'anglais, ni l'afrikaans). Joli mélange Afrique et Jazz, dans l'esprit de cette musique métisse. Cette chanson n'est pas sur l'album. Le sax poursuit sa pause syndicale, hors de scène. Je ne comprends rien aux paroles mais c'est une belle chanson. " Respecte la vie " telle est le sens de la chanson, en swati, si j'ai bien compris.

Une autre chanson sud africaine. En anglais cette fois. De la Pop sud-africaine des années 1990. Roger reste aux balais. Une ballade un peu sirupeuse mais chantée et jouée avec conviction.

Une autre ballade en anglais. Charmante mais sans plus.

Le sax ténor reprend son travail. Chanteuse et pianiste cessent le lire. " Ballade en vélo avec Huen " composé par Roger en souvenir de promenades avec bicyclette avec sa compagne Vietnamienne. Bordeaux c'est plat, le long de la Garonne. Effectivement, c'est une ballade tranquiller. Jeu en finesse aux baguettes pour relayer le solo de contrebasse. Chant doux du sa ténor. Malaxage aux balais puis retour aux baguettes. Roger Biwandu aimer varier les plaisirs.

" La hargne de F.F " composée en hommage au 3/4 centre international du Stade Toulousain Florian Fritz. Regardez cet homme jouer au rugby et vous comprendrez le titre du morceau. Roger Biwandu, natif de Bordeaux, y vit encore. Il a choisi le rugby plutôt que le football. En Aquitaine, il y le choix. Effectivement, c'est énergique comme une charge de rugbyman. Beau solo de contrebasse, toujours dans le flux.

RAPPEL

Retour du pianiste et de la chanteuse. Cette fois, le sax reste. Leur version du " Black or White " de Michael Jackson. Je préfère toujours Prince, le Seul et l'Unique, au prétendu Roi de la Pop mais je reconnais que c'est une belle version. Je suppose que pour une Sud Africaine Noire, chanter que cela n'a pas d'importance si tu es Noir ou Blanc, c'est fort.

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Jazzoduc New York Paris:1er concert en Europe du duo Danny Grissett & Jérôme Sabbagh

Publié le par Guillaume Lagrée

Jazzoduc New York-Paris

Danny Grissett

&

Jérôme Sabbagh

 

Concert privé sur réservation

Atelier de la Main d'Or

Paris, Ile de France, France

Jeudi 6 avril 2017. 20h.

Danny Grissett: piano

Jérôme Sabbagh: saxophone ténor

Lectrices attentives, lecteurs exhaustifs, il ne vous a pas échappé que le saxophoniste français Jérôme Sabbagh, domicilié à New York, USA, depuis 1995, m'a aimablement signalé quelques nouveaux talents new yorkais il y a quelques années.

C'est ainsi qu'en 2011 il attira mon attention sur le pianiste Danny Grissett très demandé aujourd'hui.

Le Jazzoduc qui amène un flux de Jazz neuf de New York à Paris nous a amené pour la première fois en Europe le duo composé de Jérôme Sabbagh et Danny Grissett justement. Après la France, ce duo est parti pour l'Italie.

Voici mes impressions du premier concert européen de ce duo, à Paris. La vidéo ci-dessous a été tourné à New York en 2014. J'ajouterai celle du concert parisien dès qu'elle sera disponible.

Ca fusionne dès les premières notes. Un joli air dansant. Ca fait toujours du bien d'entendre piano et saxo sans micro. Le son est plus chaud, plus vrai. C'est un public de musique classique qui n'applaudit pas les soli. Il reste concentré jusqu'à la fin du morceau.

Ca swingue tranquille. Jérôme dans la lignée de Coleman Hawkins mais Blanc. Danny Grissett dans celle d'Oscar Peterson mais Noir (" La première fois que j'ai entendu Oscar Peterson jouer à la radio, je me suis dit: Voilà un petit Blanc qui a travaillé dur et qui croit qu'il sonne comme un Noir " Kenny Clarke). Il y a aussi du Stan Getz dans le jeu de Jérôme Sabbagh: relâchement, aisance, cool attitude.

Le duo fonctionne depuis 3 ans. Ils ont joué ? de Jérôme Sabbagh puis " On a misty night " du pianiste Tadd Dameron.

" Lament for Bobby " (Danny Grissett). Nous faisons partie des privilégiés qui assistent au premier concert européen de ce duo. Ma voisine, Française, a pris sa retraite de l'ONU et a donc quitté New York pour Paris. Elle l'a manqué là bas, elle le trouve ici. Elle en est ravie. Solo de piano pour commencer. Lamentation certes mais pas triste. Le sax vient ajouter un souffle de fluidité en plus. Ca coule de source entre les deux hommes. Curieusement, ils n'ont pas encore joué de ballade.

Ils restent sur un tempo rapide. Ca virevolte élégamment. Solo de piano pétri de Swing et d'émotion. La grande classe.

Danny Grissett nous annonce qu'ils vont ralentir le tempo un petit peu pour jouer une ballade composée par Herbie Hancock " Just enough ". En toute logique, solo de piano pour commencer. Une ballade en effet qui nous donne juste assez ( just enough in english) pour nous satisfaire. Le sax s'ajoute, velouté et chuintant à souhait.

Le piano repart à l'attaque. Un air vif et grave. Danny Grissett fait vivre la tradition du piano Jazz sans la copier.

PAUSE

Ils reprennent par une ballade. Classieux comme disait Serge Gainsbourg. " Duke Ellington' s sound of love " (Charles Mingus).

" Where do we go from here? " (Danny Grissett). Un air chantant. J'ignore où ils vont mais ils y vont joyeusement.

Une ballade jouée en descendant note à note. Grosse vibration du saxophone. Musique plus abstraite, plus libre que les précédentes mais il y a une mélodie tout de même. Jeu incessant de question réponse entre les deux musiciens. C'était " Comptine " (Jérôme Sabbagh).

Jérôme démarre seul. L'influence de Sonny Rollins s'entend, à pavillon déployé. Le premier standard de la soirée " It could happen to You ". Solo de piano swinguant à souhait. Jeu de question réponse entre piano et sax. Ca chante, nom de Zeus!

Solo de piano à la Debussy pour commencer. Tout à fait impressionniste. Le sax vient ajouter son mouvement lent. Danny arrive au Blues. " Dream " (Henry Mancini).

Une composition de Jérôme Sabbagh pour finir, " Rooftops ". Attaque ferme du piano. Le sax enchaîne vers le haut comme le titre l'indique ( toit ou toit terrasse en français). Un morceau swinguant et dansant à souhait.

Le public, dont votre chroniqueur, lectrices attentives, lecteurs exhaustifs, aimerait en entendre plus mais nous sommes dans un lieu privé. Pour que les voisins ne fassent pas fermer la salle, les concerts ont lieu sans micro et se terminent à 22h. Voilà, c'est fini.

La photographie de Jérôme Sabbagh est l'œuvre du Sidérant Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette œuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Jérôme Sabbagh par Juan Carlos HERNANDEZ

Jérôme Sabbagh par Juan Carlos HERNANDEZ

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Marcel Loeffler & Domi Emorine font la fête au Sunset

Publié le par Guillaume Lagrée

Marcel Loeffler & Domi Emorine

Le Sunset

Paris, Ile de France, France

Mardi 4 avril 2017. 20h30

Marcel Loeffler: accordéon, maître de cérémonie

Domi Emorine: accordéon

Gilbert Coquard: contrebasse, guitare basse électrique

Cédric Loeffler: guitare acoustique

Concert de sortie de l'album " Domi Emorine & Marcel Loeffler ".

Dès les premières notes, je reconnais ce qui fait le charme de l'album, ce son à la fois manouche et funky. Pas de batterie. Cela ancrerait cette musique d'enfants du vent. Solo de basse funky. Les accordéons montent en flèche. Belle envolée pour commencer. C'était " September song " de Michel Petrucciani.

" Délicatesse " (Marcel Azzola). Ca commence comme une ballade puis ça passe à la valse musette, avec classe. Nous voilà à gambiller sur les bords de Marne au soleil sans quitter notre cave à Paris. C'est Marcel qui mène le bal. Contrebasse. Pour le musette, c'est mieux.

Basse électrique. Solo plaintif de Marcel pour commencer. Cela sonne espagnol, un peu flamenco même. Je bats la mesure du pied, mon voisin des mains. C'est bien plus surprenant que cela. Dès qu'ils veulent, ils emballent sec. Ca ne s'entend pas mais le guitariste est gaucher.

" Since we met " (Bill Evans). Le piano du pauvre joue une composition de pianiste. Personne ne joue ça à l'accordéon dit Marcel Loeffler. Je le crois sur parole. Contrebasse. Très belle ballade. Finement joué, avec du sentiment mais sans sentimentalisme. Subtil mélange entre musette et jazz moderne. Marcel et Domi renouvellent l'accordéon par la diversité de leur répertoire. De plus, ils ne récitent pas la musique, ils l'interprètent.

" Valse des crayons " (Patrice Caratini). Un morceau écrit pour un album de Marcel Azzola (1982) qui a relancé l'accordéon, en mauvais point à l'époque, selon Marcel Loeffler.Léger, enfantin, colorié comme les crayons. Contrebasse. La classe.

" Cette pièce, je n'aurais pas pu me le permettre avec un autre accordéoniste mais, avec Domi, je peux " (Marcle Loeffler). " Si c'est pas une déclaration en mariage, ça! " commente un musicien. " Ah oui, au moins! " répond Marcel. Il s'agit du Prélude, écrit pour piano seul, de Maurice Ravel. Avec l'accordéon, ça sonne bien plus chaud qu'au piano. Maurice Ravel aimait le Jazz. S'il l'a entendu, espérons qu'il l'ait apprécié.

Sans transition, une très belle valse de Gus Viseur, le premier accordéoniste de Jazz en France,  qui joua avec Django Reinhardt. Ca sent bon le musette et les promenades ensoleillées au bord de l'eau.

" Take Bach " composition du pianiste Philippe Duchemin inspirée de JS Bach. Un canon entre accordéons. Guitare et contrebasse assurent la pulsation. Marcel Loeffler ne joue pas de la musique pour accordéon. Il joue la musique qu'il aime à l'accordéon, d'où qu'elle vienne. Avec Domi Emorine, il a trouvé une complice à sa démesure. Marcel est aveugle mais cela ne s'entend pas. Son fils est son guide mais, sur scène, le Patron c'est Papa.

PAUSE

Pour reprendre, Marcel joue en duo avec le bassiste. Basse électrique donc. Une ballade qui balance bien.

Duo père & fils, accordéon & guitare. Un standard de la ballade. " Like someone in love ".

Duo homme & femme, accordéon & accordéon. Une mazurka de Gabriel Weiss. Entre Domi et Marcel, ça envoie. Des Américains bavardent au lieu d'écouter. Heureusement ils s'en vont nous laissant profiter de la musique.

Retour du quartet pour deux classiques de Serge Gainsbourg: " Ces petits riens " et " La saison des pluies ".  Contrebasse; Domi chante. Ca swingue avec délicatesse. Une ballade qui s'égrène comme un jour d'ennui sous la pluie. Ces deux chansons ne sont pas sous la pluie.

Domi reprend l'accordéon. Retour au musette. Contrebasse toujours. Marcel commence lentement et majestueusement. Domi reprend la main. Valse chaloupée. Un mélomane distingué a du mal avec les bruits du bar en fond de salle. C'est un club de Jazz, pas le Concertgebouw.

Un morceau d'un cousin de Marcel, Bireli Lagrène, " Mouvements ". Ca file et fuse. C'est du Bireli. Il faut des doigts de feu pour jouer cela. Ils les ont. Ce tourbillon de notes nous emporte dans une spirale ascensionnelle vers le ciel et au delà.

Basse électrique. Un morceau de Weather Report à l'accordéon! " Birdland " après vérification chez moi. Les accordéons reprennent les claviers de Jo Zawinul et le sax de Wayne Shorter. Epatant!  Enchaînement logique puisque Biréli Lagrène fut le guitariste du dernier trio de Jaco Pastorius dans les années 1980.

RAPPEL

Retour au premier morceau du concert " September song  " de Michel Petrucciani. La boucle est bouclée.

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Tigran Hamasyan " An ancient observer "

Publié le par Guillaume Lagrée

Tigran Hamasyan

" An ancient observer "

Nonesuch Records. Sorti le 31 mars 2017

Tigran Hamasyan: piano, compositions.

Concerts de sortie en France:

Vendredi 21 avril 2017 à 20h30 au Centre des Arts d'Enghien-les-Bains, Val d'Oise, Ile de France.

Samedi 22 avril 2017 à 20h30 au Rocher de Palmer à Cenon, Gironde, Nouvelle Aquitaine.

Mardi 25 avril 2017 à 20h30 au Radiant-Bellevue à Calluire et Cuire, Rhône, Auvergne Rhône-Alpes.

 

Lectrices piano, lecteurs forte, j'ai découvert le pianiste et compositeur arménien Tigran Hamasyan (1987) lors d'un concert en 2003 au Club Chorus à Lausanne (Suisse).

Je ne l'ai jamais perdu d'ouïe depuis.

J'adore son premier album solo " A fable " (2011) et son album piano avec chœur traditionnel arménien " Luys i luso " (2015).

Voici que sort son nouvel album en piano solo " An ancient observer ". Je n'aime pas du tout cette musique contrairement à bien des critiques, professionnels de la profession. Je vous laisse donc juges, lectrices piano, lecteurs forte.

La photographie de Tigran Hamasyan est l'œuvre du Diabolique Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette œuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Tigran Hamasyan par Juan Carlos HERNANDEZ

Tigran Hamasyan par Juan Carlos HERNANDEZ

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Léa Castro sur la route du Duc des Lombards

Publié le par Guillaume Lagrée

Léa Castro

Le Duc des Lombards

Paris, Ile de France, France

Jeudi 30 mars 2017. 19h30.

Concert de sortie de l'album " Roads "

Léa Castro: chant

Antoine Delprat: piano, violon, arrangements

Alexandre Perrot: contrebasse

Ariel Tessier: batterie

Rémi Fox: saxophones soprano et ténor

Invités

Macha Gharibian: piano

Axel Rigaud: flûte traversière

" Here comes the sun " (Lennon & Mac Cartney). Excellent morceau pour commencer. Une chanson joyeuse, solaire. Ca swingue tranquille. Voix chaude dès le départ. Elle envoie, Léa.

Voix et musique nous élèvent. je hoche la tête et bats des pieds. Bref, ça marche. Ca parle de châteaux de sable mais le public ne leur file pas entre les doigts. Belle envolée en scat. Le sax ténor reprend.

Arrivée sur scène d'Axel Rigaud à la flûte. Une jolie ballade qui commence par un duo de cors contrebasse & violon en pizzicato. Une chanson tendre et douce. Violon et flûte fusionnent devant la contrebasse. Le batteur ponctue subtilement. Elle chantonne. Heureux l'homme à qui cette chanson est dédiée.

Le violoniste se remet au piano. Une chanson en espagnol. C'est moins mon truc mais quand la chanteuse s'appelle Castro... Ca ne sonne pas cubain pour autant. Premier solo de contrebasse entre la batterie aux balais et le piano mezzo voce. Moment purement jazz. La flûte reprend le dessus dans la douceur ambiante.

Le flûtiste sort de scène. Une spéciale dédicace aux fans de la Pop Music des années 90 avec " Ordinary world " de Duran Duran. Très belle version d'une chanson d'amour déçu. Le quartet avec sax ténor accompagne majestueusement. Belle envolée commune voix & saxophone, poussés par la rythmique. Descente tout en douceur vers le final. Le pianiste, violoniste, arrangeur chante aussi. C'est l'homme à tout faire du groupe.

Solo du batteur aux baguettes pour démarrer et créer une vibration. Le piano enchaîne. Chanson qui monte en spirale avec le soprano. Bel enthousiasme collectif. Nouveau solo de batterie. Roulez jeunesse! Le groupe repart dans un élan collectif. Un petit refrain en peul qui signifie " La route est ma maison ". Logique vu le titre de l'album: " Roads ". " Le pays du Peul, c'est l'horizon " (proverbe africain).

Duo contrebasse voix pour une ballade " Detour ahead "  chantée notamment par Sarah Vaughan et Tierney Sutton et jouée par Bill Evans. Bref, un standard. Les balais caressent les tambours. Le violon s'ajoute. Joli Blues. Relance du batteur aux baguettes. Le sax ténor arrive.

Une première mondiale avec une chanson que le groupe n'a encore jamais interprété sur scène. " In my arms ". Sax ténor. Voix chaude. Il est bien dans les bras de Léa, le gars. Ils l'ont tout de même répété parce que ça coule bien.

Macha Gharibian et Axel Rigault montent sur scène. Le pianiste cède sa place et passe au violon. Sax ténor. Mélopée orientalisante. Ca sonne bien comme mélange.

" My favourite things ". Duo piano voix pour commencer. Contrebasse à l'archet. Ca glisse. Léger tapotis des baguettes sur la batterie. Tout en douceur puis ça accélère d'un coup. La valse s'endiable. Difficile de jouer du saxophone sur ce morceau que John Coltrane a marqué à jamais. D'ailleurs, cela s'entend dans le jeu du saxophoniste. Bel envol final, soudé.

RAPPEL

Un peu de Swing avec " Mood Indigo "  (Duke Ellington). Version rapide, swinguante. Le batteur est aux balais. Léa Castro assure toujours.

Belle voix. Belle présence scénique. Excellent contact avec le public. Léa Castro est une chanteuse à suivre.

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