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Bach Plucked/Unplucked servi serré au Café de la Danse

Publié le par Guillaume Lagrée

Bach Plucked/Unplucked

Paris. Le Café de la Danse.

Mardi 9 février 2016. 20h30.

Edouard Ferlet : piano, arrangements

Violaine Cochard : clavecin

Concert de sortie de l’album « Bach Plucked/Unplucked ».

Lectrices bienveillantes, lecteurs miséricordieux, je vous prie de bien vouloir excuser cette brève chronique indigne de cette grande musique. En effet, je n’arrive pas à relire mes notes, écrites en direct dans la pénombre du concert.

Après la démonstration en club au Sunside avec un piano droit, le concert en salle avec un piano à queue pour ce duo inédit piano/clavecin autour de la musique de John Sebastian Bach. Il y a des micros sur la scène même si je ne les crois pas indispensables étant donné la salle et la musique. Les instruments sont côte à côte. Le piano ½ queue est un peu plus long et surtout plus large que le clavecin. Salle comble. C’est de ma faute. J’ai écrit trop de bien de cet album.

Sans un mot, ils s’installent et commencent à jouer. Ils ne jouent pas Bach, ils jouent avec Bach. Le piano n’existait pas à l’époque de Johann Sebastian Bach . Il composait pour clavecin. Toute interprétation de Bach au piano est donc une transposition. Edouard Ferlet, en Jazzman, se permet d’improviser dessus dans son style alors que Violaine Cochard improvise, elle, dans l’esprit baroque ( à cette époque, les musiciens qualifiés aujourd’hui de classiques improvisaient) et sur un instrument baroque. Cette musique est bonne pour le système nerveux. Elle stimule et apaise.

Un air rapide chant/contrechant. Ca swingue. Bach est le plus swinguant des compositeurs classiques. C’est pourquoi d’ailleurs il est le compositeur classique le plus repris par les Jazzmen.

Edouard Ferlet nous explique sa méthode, comment il a trafiqué les compositions de Bach en les jouant, en les lisant à l’envers, dans un miroir, en les découpant, en les recomposant, bref en se les appropriant sans les dénaturer. Il remercie Arièle Buteaux, marraine du projet, productrice et animatrice sur France Musique, qui les fit jouer pour la première fois en duo lors d’une émission 2012 alors que chacun d’entre eux venait présenter son album Bach. Comme le dit si bien Edouard Ferlet, est réuni ici un public qui n’aime pas le piano et un public qui n’aime pas le clavecin. Je suis dans la 2e catégorie alors que mon épouse qui m’accompagne aime les deux. Nos voisins de droite sont deux amis, l’un amateur de classique, l’autre de Jazz qui se sont mis d’accord sur ce concert sans avoir jamais entendu une note de ce duo.

Comme sur l’album, mon morceau préféré est une composition d’Edouard Ferlet qui n’a rien à voir avec Bach, son « Magnetic Tango ». Mon épouse, elle, préfère décidément Bach.

Sur le final, ils lâchent les chevaux ensemble, galopant de concert à bride abattue.

RAPPEL

« Miss Magdalena » hommage à l’épouse de Jean Sébastien Bach qui copiait ses morceaux. En a-t-elle écrit certains ? Les experts se querellent à ce sujet.

Le 2e rappel est une première mondiale, basée sur un compositeur russe. Une mise en bouche pour le prochain projet de ce duo. Manifestement, nous sommes partis loin à l’Est de Leipzig. Un autre genre de rythme et d’ambiance. Il y a plus d’espace.

Le 3e rappel est demandé par le public qui obtient une nouvelle interprétation d’Utopia, morceau de l’album.

Bref, vous l’avez compris, lectrices bienveillantes, lecteurs miséricordieux, il faut écouter le duo Edouard Ferlet/Violaine Cochard, acheter et écouter leur album « Bach Plucked/Unplucked », acheter vos places pour leurs prochains concerts (par exemple aux Flâneries musicales de Reims entre le jeudi 23 juin et le mardi 12 juillet 2016) et attendre leurs prochains bons baisers de Russie. Votre équilibre psychique en dépend sans risque de dépendance ni d’effet secondaire.

La photographie d'Edouard Ferlet est l'oeuvre du Resplendissant Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Edouard Ferlet par Juan Carlos HERNANDEZ

Edouard Ferlet par Juan Carlos HERNANDEZ

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Sylvain Rifflet roule des " Mechanics " au Duc des Lombards

Publié le par Guillaume Lagrée

Sylvain Rifflet

" Mechanics "

Mercredi 3 février 2016. 19h30.

Paris. Le Duc des Lombards.

Sylvain Rifflet: saxophone ténor

Joce Miennel: flûtes, kalimba

Phil Giordani: guitare électrique

Nicolas Larmignat: batterie, percussions

Superbe caban rouge du leader. Cela le distingue tout de suite. Sans dire bonsoir, ils commencent. Quelques notes lentes de la guitare électrique. La flûte traversière est plus légère, gracieuse. La batterie et le sax ténor s'ajoutent au ralenti. La musique devient un rituel sacré. Très belle mélodie jouée par la flûte que ponctue le reste du groupe. C'est planant, sans effet électronique. Très beau son de groupe. C'est travaillé et raffiné. La guitare sonne l'attaque mais en retenue pour l'instant. Frappes sèches des maillets sur les tambours. Ce groupe a un souci rare du son d'ensemble. Comme dans les quatuors de la musique dite classique. Solo de sax ténor mais toujours ce son d'ensemble harmonieux et puissant. Très grande maîtrise technique au service de l'émotion. Bref, de l'Art. Cela est juste et bon.

Solo de flûte avec de superbes effets de souffle. Héritage de Rahsaan Roland Kirk. Le leader a enlevé son caban et fait claquer le bec du sax ténor avec sa langue. Duo de souffles et de prises de bec. C'est frais et original. Guitare et batterie entrent dans la danse. Ca devient une sorte de rock sophistiqué. Energie et grâce en même temps. La classe, en fait. C'était une composition de Moondog, le Viking de la 6e avenue, " 2 West 46th street ". D'après Sylvain Riffelt, il n'y a rien à voir à cette adresse à New York.

" From C ", un hommage à Terry Riley compositeur de " In C " (" En do " en français).

Tiens, le sax ténor joue une sorte de ballade classique mais la ponctuation métallique de la guitare électrique change la donne. Duo flûte traversière/marimba. Le batteur a changé d’instrument. Au dessus de ce chant, s’élève celui du ténor. Il y a des effets diaboliques que je laisse le soin aux musiciens et aux mathématiciens d’analyser. Je profite de la ballade au soleil. Ca marche. Je ne suis pas le seul à onduler sur mon siège comme une girafe. Dialogue entre la fluidité de la flûte et l’acidité de la guitare ponctué par des vibrations de ponctuation.

Le groupe joue soudé, toujours avec ce beau son d’ensemble. Le flux et le reflux des ondes sonores nous emporte au loin. Duo guitare/batterie où le guitariste slappe comme un bassiste. C’est nerveux, vif, percutant. Retour au calme avec la flûte traversière. « To Z » dédié à Costa-Gavras. Sylvain Rifflet a de l’esprit. Il sait expliquer ses titres et ses ambitions musicales.

« Origami ». Le flûtiste est passé au kalimba, instrument traditionnel africain. Le batteur au marimba. Ca sonne boite à musique à laquelle s’ajoutent les ponctuations de la guitare électrique. Le sax ténor se lance, chaud et grave. Le batteur est revenu à la batterie. Le kalimba ponctue étrangement cette musique énergique.

Retour à la flûte traversière. Le sax ténor commence seul à parcourir l’échelle des gammes avec un son enrobé d’un voile lesterien. La guitare attaque, le batteur contre attaque. Rythmique hypnotique. Une musique pour dance floor de qualité. Tout se calme pour des passes magiques entre batterie et sax puis ça repart à bloc. Quoique. Ils jouent la même mélodie aussi vite mais moins fort pour repartir de plus belle jusqu’à la fin.

Sylvain Rifflet nous annonce un morceau de 30mn pour finir le set. Nous sommes prêts. C’est parti.

Le flûtiste se lance avec des effets électroniques pour prolonger le souffle. Des plages en quartet interrompues par des silences. 1er solo de batterie aux baguettes, entrecoupé de silences et de souffles. Le quartet repart groupé. Ca claque. Puis une soudaine respiration apaisée d’où s’envole le chant de la flûte traversière. Batterie et guitare entretiennent la tension. Ce morceau final a duré un quart d’heure vite passé d’ailleurs.

Je n’avais entendu que quelques secondes des « Mechanics » de Sylvain Rifflet avant de venir à ce concert. Mon intuition fut bonne. Un vrai univers, un vrai leader, un vrai son de groupe ; de l’humour, de la créativité, de l’émotion, de la surprise, un vrai partage avec le public, bref tout ce que j’espère d’un concert de Jazz était présent ce soir.

Sylvain Rifflet peut continuer à rouler des « Mechanics ». Tant que ce sera dans cet esprit là, je le suivrai.

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Michele Hendricks Septet chauffe le Sunset

Publié le par Guillaume Lagrée

Michele Hendricks Septet

Paris. Le Sunset.

Vendredi 29 janvier 2016. 21h.

Michele Hendricks: chant

Olivier Temime: saxophone ténor

Ronald Baker: trompette

Denis Leloup: trombone

Arnaud Mattei: piano

Bruno Rousselet: contrebasse

Philippe Soirat: batterie

Concert de sortie de l'album " A little bit of Ella ".

Dès la première chanson, Michele Hendricks fait chanter le public " Not much ". C'est sa version funky de " Sweet Georgia Brown " qui m'a régalé sur l'album. C'est bien soudé. Le public applaudit en mesure dès le premier morceau. Cette chanteuse sait mettre le public dans sa poche. C'est le professionnalisme à l'américaine. Sur ce genre de swing funky, Olivier Témime est tout à son aise et cela s'entend. Ca abat du bois. Le mélange entre rap et scat groove terriblement. La salle est aussi comble que comblée.

"Lady be good ", juste accompagnée par la rythmique, sonne plus classiquement Jazz. Le saxophoniste boit un verre au bar alors que le tromboniste et le trompettiste sont à l'oeuvre.

Duo basse/batterie très funky pour commencer. " Love for sale " (Cole Porter). Cette fois, c'est au trompettiste de prendre sa pause syndicale au bar. C'est une voix sensuelle, d'une vraie chanteuse de Jazz, qui est un instrument du groupe. Seule la rythmique ne se repose jamais. Sont-ils mieux payés par la patronne? Ils méritent une prime d'assiduité, en tout cas. Denis Leloup enchaîne à pas, à pas de quoi? A pas de loup, pardi! Même en pause, Ronald Baker apprécie visiblement le travail de ses compères.

La chanson titre de l'album écrite par Michele Hendricks en hommage à Ella Fitzgerald " A little bit of Ella ". Elle comprend plusieurs titres de chansons d'Ella. Je reconnais, cités, " Mr Paganini, Lady be good, Mack the knife ". 1er solo de contrebasse du concert, bien chaud et boisé. Michele le refait seule puis en duo avec la contrebasse. Un moment de grande complicité musicale.

lls sortent maintenant de l'album. Une chanson écrite par Michele Hendricks pour les morts de la drogue " Don't give your soul away ". Une chanson engagée qui swingue. Pour Michele Hendricks, manifestement, la musique est sa seule drogue. Le sextet accompagne doucement. Olivier Témime s'est remis au boulot, au saxo, bien bluesy.

" Blue Christmas ", une chanson écrite par Michele Hendricks pour un film qui n'a jamais été tourné. Par contre, la chanson est sortie sur une compilation Jazz de chansons de Noël. Chaque Noël, elle a droit à son cadeau, avec les droits d'auteur versés par l'ASCAP (American Society of Authors, Composers and Producers). C'est le Blues de Noël. Paroles tristes mais air joyeux. Chaque souffleur souffle son Blues tour à tour.

Duo voix/piano pour " I fall in love too easily ". C'est agréable mais ce n'est plus Tommy Flanagan au piano comme sur l'album et Chet Baker était plus touchant sur ce genre de ballade. C'est d'un bon niveau tout de même.

" La philosophie de Duke Ellington mais aussi la mienne " annonce Michele Hendricks. " It don't mean a thing if it ain't got that swing ". Feu d'artifice de Swing jusqu'au final.

PAUSE

Le concert est excellent mais prendre des notes debout au bar n'a jamais été de mon âge. C'est pourquoi, pour moi, la soirée s'est finie là. That's all, folks!

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Une poule sur un piano: documentaire sur Duke Ellington à financer

Publié le par Guillaume Lagrée

Munificentes lectrices, généreux lecteurs, je vous ai déjà parlé du documentaire " Une poule sur un piano " de Laurent Lukic, consacré au séjour de Duke Ellington au château de Goutelas (Loire, Rhône-Alpes, France) en 1966 et au souvenir qu'il a laissé dans le Forez.

Le coût de cette production est de 6000€ et il ne reste plus que 3 jours pour la financer.

Rendez-vous sur

Kisskissbankbank

pour verser votre denier de la culture, comme l'auteur de ce blog, lectrices munificentes, lecteurs généreux.

Duke Ellington fut tellement marqué par ce séjour qu'il écrivit plusieurs pages à ce sujet dans ses Mémoires " Music is my mistress " (1973) et composa et enregistra avec son orchestre une " Goutelas Suite " (1971). Que le message se poursuive grâce au film de Laurent Lukic.

L'avant-première du film aura lieu le jeudi 25 février 2016 à 18h au château de Goutelas, 50 ans jour pour jour après l'arrivée de Duke Ellington. La projection sera suivie d'un dîner et d'un concert.

La photographie de Duke Ellington devant le château de Goutelas est la propriété de Paris Match. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Duke Ellington au pianoforte devant le château de Goutelas en février 1966

Duke Ellington au pianoforte devant le château de Goutelas en février 1966

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Alain Jean-Marie ravit le Duc des Lombards en trio

Publié le par Guillaume Lagrée

Alain Jean-Marie Trio

Paris. Le Duc des Lombards.

Mardi 26 janvier 2016. 21h30.

Alain Jean-Marie: piano

Gilles Naturel: contrebasse

Philippe Soirat: batterie

Alain Jean-Marie nous annonce " Love in vain ". Batteur aux balais. Le trio avance groupé. Ca swingue élégamment. Alain Jean-Marie, c'est le genre de pianiste qui vous rend le piano mieux accordé qu'il ne l'a trouvé comme dit Stéphane Portet, le patron du Sunset-Sunside. Ca ne sonne pas du tout comme le blues de Robert Johnson.Le batteur passe aux baguettes. Ca swingue, saperlipopette! Le rythme est distribué à pleines mains. Le pianiste mène la danse mais l'interaction est permanente entre les trois hommes. Solo de contrebasse. Breaks de batterie pour relancer la machine. Alain Jean-Marie conclut par un solo cristallin.

" Forest flower " (Charles Loyd). Superbe thème que le saxophoniste Charles Loyd jouait il y a 50 ans avec un rythmique de feu (Keith Jarrett, Cecil Mac Bee,Jack de Johnette). Du jazz flower power. Rythmé, coloré. Alain Jean-Marie le joue avec un feeling caribéen et une teinte de mélancolie, bref ses lettres de marque. Petite citation de " Don't stop the carnival " air traditionnel antillais qu'aime jouer Sonny Rollins.

Ca swingue toujours. Un standard dont le titre m'échappe. Mon pied gauche bat toujours la mesure. Devant moi, un spectateur, Antillais, je suppose, vibre de tout son corps, en fusion avec le trio. Le pianiste met les gaz. Bassiste et batteur chauffent à leur aise. Cet air vous trotte en tête, à plusieurs allures différentes. Le pianiste le décompose pour le solo de contrebasse.

Ca se calme avec un Blues lent. Le batteur est aux balais. Les notes sont retenues puis délivrées. Le batteur passe aux baguettes. Nom de Zeus, ça joue! Quand un grand soliste américain de Jazz passe en concert à Paris, il veut être accompagné par Alain Jean-Marie comme le furent Barney Wilen, Dizzy Gillespie, Max Roach. Chaque fois que j'entends cet homme en concert, je me rappelle pourquoi.

Un air qui swingue. Un standard dont je reconnais l'air mais pas le titre. Beau dialogue de percussions entre pianiste et batteur aux baguettes. Ca swingue terrible. Un solo de batterie dansant, construit. Pas d'étalage.

" Round about midnight " (Thelonious Sphere Monk). Le batteurs est passé aux balais. Ca ronronne et grogne, tout à fait dans l'esprit de Monk. Mon voisin de devant est tellement happé par la musique qu'il en oublie de faire la cour à sa voisine, une Américaine, obligée de se rappeler à son bon souvenir. Ah ce solo d'archet qui glisse sur la contrebasse vers la coda. " Whouaouh " fait la belle Américaine.

Un standard plus rapide. Batteur aux baguettes. L'Américaine a pris l'affaire en mains et courtise son voisin. Ca interagit autant entre mes voisins de devant que sur la scène. Le spectacle est total. C'est bien plus sympathique que les mégères italiennes du concert d'Elina Duni la veille dans le même club. Que se passe t-il sur la scène d'ailleurs? Alain Jean-Marie swingue comme un démon, sans cesse relancé par la rondeur de la contrebasse et la nervosité de la batterie. Ca gratte joyeusement.

Le trio enchaîne directement sur un autre standard du bebop. Tout en grâce entre medium et aigu. Tendu et chaud. Le pianiste repart dans le grave pour lancer les breaks de batterie.

RAPPEL

Un Blues avec les graves qui roulent sous les doigts du pianiste. Un boogie même. Bassiste et batteur marquent impeccablement le tempo. Retour au temps de la locomotive à vapeur par la magie de la musique. " Locomotive d'or "chantait Claude Nougaro.

Un air traditionnel antillais arrangé par Sonny Rollins, " Saint Thomas ". Mon voisin se déchaîne sur sa chaise. Décidément, il doit être Antillais. Le batteur est bien sec aux baguettes, le contrebassiste est rond et souple. Leur physique même reflète leur jeu: Philippe Soirat, mince et Gilles Naturel, rond. Alain Jean-Marie est parfaitement à son aise. Dans cette musique, il est chez lui. Même le barman tape sur son comptoir pour en demander encore.

RAPPEL

" On ne connaît plus de morceau mais on va trouver " (Alain Jean-Marie). Un thème immortel de Duke Ellington, " In a sentimental mood ". Le tempo est original même si le thème est bien reconnaissable. C'est chaud et léger comme un châle de soie. Beau solo de contrebasse en pizzicato. Ponctué par le piano et la batterie sous les baguettes. L'archet pour le final. Splendide.

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" 100 ans de Jazz " Philippe Margotin

Publié le par Guillaume Lagrée

" 100 ans de Jazz "

Philippe Margotin.

Editions Atlas, Paris, 2015 , 408 p, 35 €.

Lectrices novices, lecteurs néophytes, voici un ouvrage conçu pour vous initier au Jazz.

En page de couverture, une photographie de Ray Charles. Brother Ray Charles, c'est le père de la Soul Music, une des filles du Jazz. Ray Charles fut le premier à oser chanter des paroles profanes sur des airs sacrés, du Blues sur du Gospel ( " Allelujah, I just love her so "). Imaginez chanter une chanson d'amour profane sur un air de chant grégorien. Je parie que cela ne marcherait pas.

Pour en revenir à cet ouvrage, il est conçu de façon didactique. Un plan chronologique deLa Nouvelle Orléans en 1915 à New York en 2015. Puisque le Jazz est une musique d'interprètes et non de compositeurs, chaque chapitre est divisé en portraits de créateurs, de Louis Armstrong à Carla Bley.

Deux époques: avant la Deuxième Guerre Mondiale et après. Ce livre est illustré de nombreuses et belles photographies en noir et blanc, les couleurs symboliques du Jazz.

Chaque musicien choisi fait l'objet d'un portrait personnel précédé d'une courte biographie. Le choix des artistes est indiscutable même si la France n'est représentée que par Django Reinhardt et Stéphane Grapelli. Il est vrai que ce sont les seuls Frenchies que les Américains reconnaissent au nombre des Géants du Jazz. Pour ma part, je continue de considérer Martial Solal comme bien plus intéressant que Dave Brubeck. Je ne suis pas le seul d'ailleurs. " Pour que Dave Brubeck swingue, il faudrait qu'il pende au bout d'une corde " (Art Blakey).

Au fil des pages, j'ai appris par exemple que Ben Webster (sax ténor) avait joué avec le groupe de rock danois Savage Rose mais j'ai aussi repéré des erreurs grossières qui indiquent un manque de relecture avant publication. Par exemple, " Benny Carter, une foie inébranlable dans le Jazz " . Même avec la réforme de l'orthographe, c'est indigeste. Ou bien une photographie de saxophoniste ténor pour illustrer le portrait de Roy Elridge dit " Little Jazz " qui comme trompettiste, fait le lien entre Louis Armstrong et Dizzy Gillespie.Ou encore une photographie de Miles Davis sur la scène de l'Olympia, à Paris, en 1973 (l'enregistrement du concert est en vente libre) avec le clarinettiste Dave Liebman. Manifestement, c'est un saxophone soprano que Dave Liebman tient en main sur l'image.

En annexes figurent une bibliographie, un glossaire et une discographie, brefs et efficaces.

Bref, lectrices novices, lecteurs néophytes, sous ces quelques réserves, je vous recommande " 100 ans de Jazz " de Philippe Margotin pour découvrir le Jazz et vous aiguiller dans votre écoute mais, pour aller plus loin, il vous faudra éplucher " Le nouveau dictionnaire du Jazz ", la Bible francophone sur le sujet.

La photographie de Sonny Rollins est l'oeuvre de l'Onirique Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Sonny Rollins par Juan Carlos HERNANDEZ

Sonny Rollins par Juan Carlos HERNANDEZ

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Elina Duni in concerto al Duco dei Lombardi

Publié le par Guillaume Lagrée

Elina Duni Quartet

Paris. Le Duc des Lombards.

Lundi 25 janvier 2016. 21h30.

Elina Duni: chant

Colin Vallon: piano

Lukas Traxel: contrebasse

Norbert Pfammatter: batterie

Duo voix/batterie aux balais. Le mélange Jazz/Balkans est toujours aussi envoûtant. Le batteur tient le tempo sans faille. La contrebasse pulse comme une horloge. Logique pour un Suisse. Le piano habille le silence que cette musique impose. Cela s'anime avec le batteur aux baguettes. Tout se calme pour le retour de la voix. Un silence avant que nous n'osions applaudir.

Elina nous explique ses chansons. D'abord, une berceuse albanaise. Une jeune fille cherche un prétexte pour s'absenter et aller se promener avec son amoureux. Elle demande à une brebis de lui prêter son agneau à cet effet. Il semble que le stratagème fonctionne.

Une chanson albanaise d'une femme qui attend son futur époux. Je commence à connaître ces chansons mais n'étant pas albanophone, je ne retiens pas les titres. C'est un bain de fraîcheur à chaque écoute. Ca swingue gracieusement avec cette voix qui donne le frisson.

Quelques mots en albanais pour les compatriotes présents dans la salle. Chanson du Kosovo sur le fruit défendu. Dialogue entre elle et lui. Il veut la séduire, l'épouser même. Solo de contrebasse pour commencer. Morceau énergique, rythmé. Dialogue passionné. Sons orientaux produits par les cordes du piano. De ma place, je ne vois pas comment Colin Vallon trafique son instrument mais c'est réussi.

Une chanson du Sud de l'Albanie sur l'exil. Née en 1981 en Albanie, Elina Duni vit en Suisse depuis 1992. Une femme revient chez elle après un long séjour à l'étranger. Elle n'a pu voir sa mère avant qu'elle ne meure et elle pleure. Ce sera suivi d'une chanson sur un homme si amoureux de sa femme qu'il voudrait la manger.

Là, c'est la plainte. La contrebasse grince sous l'archet. Les tambours sont frottés par les balais. Le pianiste triture les cordes. Le vent de la montagne souffle, emportant les pleurs. C'est sombre et mystérieux à souhait puis cela devient chaud, passionné et énergique. C'est le chant de l'amant.

Une chanson composée dans les années 60 à Pristina, Kosovo. Pendant ce temps, je vois la caissière se débattre avec cinq mégères italiennes qui manifestement n'aiment pas la musique. A croire qu'elles veulent être remboursées. de la scène nous vient pourtant une musique magnifique, une chanson d'amour envoûtante. Un balancement balkanique hérité de l'Orient (400 ans d'occupation ottomane au Kosovo). Ce n'est pas un scat, plutôt une mélopée. Et pourtant, ça swingue.

Duo chant-batterie au baguettes. Percutant. A la caisse, le spectacle continue avec trois mégères italiennes qui continuent de jouer les Lady Thatcher avec la caissière. I want my money back! En l'absence de vigile à l'entrée, faudra t-il appeler Police Secours pour les évacuer? Par ailleurs, le duo batterie-chant est toujours aussi envoûtant.

"Dallendyshe " (L'hirondelle). C'est le titre album. C'est une chanson d'Albanais qui ont fui le Pélopponèse en raison de l'invasion ottomane pour se rendre en Sicile ou en Calabre. Vous les trouverez aujourd'hui par exemple à Piana degli Albanesi en Sicile. Plus de 500 ans après leur arrivée, ces gens ont gardé leur langue (l'albanais) et leur culte (christianisme orthodoxe) tout en devenant Italiens. Cette chanson raconte leur fuite. Ils disent à l'hirondelle de saluer le pays natal pour eux. Les Italiennes continuent de protester pour se faire rembourser une musique qu'elles n'aiment pas alors qu'elles auraient pu l'écouter avant d'acheter leurs places. Une scène digne d''Ettore Scola qui vient de nous quitter. Le genre d'hommage dont je me serai bien passé. Des caricatures de mamma italienne, parole d'italophone et italophile. Affreuses, sales et méchantes. Très belle chanson par ailleurs. Dialogue lent piano-voix ponctué par la contrebasse.

Les mégères italiennes sortent et reviennent. De la commedia dell'arte! Pendant ce temps, Elina Duni enchaîne sur un air rapide et joyeux.

Deux chansons de Tirana, capitale de l'Albanie, ville natale d'Elina Duni, pour finir. Deux chansons dédiées aux femmes car il faut laisser le dernier mot aux femmes. Des théologiens chrétiens facétieux pourraient faire remarquer que c'est la raison pour laquelle Dieu a créé la femme après l'homme, pour lui laisser le dernier mot. Je retrouve une chanson que j'aime, légère comme un papillon, entre voix et piano. Devant la caisse, deux mégères italiennes reviennent à la charge. Devant moi, deux vieux amoureux s'embrassent passionnément. Manifestement, à eux, la musique fait un effet positif. Les combattantes quittent le ring. Solo de batterie aux baguettes plutôt chantant.

Enchaînement sur le morceau suivant, joyeux et animé. Deux mégères italiennes reviennent à la charge. Entre la scène et la caisse, le spectacle est partout ce soir au Duc des Lombards. J'ai le privilège d'assister aux deux en même temps sachant qu'aucun des deux ne perturbe l'autre. Sur scène, ça chauffe plus joyeusement tout de même.

RAPPEL

Une chanson des années 20, d'Albanie centrale (Elbasan). Beauté triste mais pas déprimante.

Un concert inoubliable tant par la beauté de la musique que par le comportement inqualifiable de certaines spectatrices. Maleducate! Félicitations à l'hôtesse de caisse pour son calme et sa patience. Si une musique ne me plaît pas, je laisse en profiter ceux qui l'aiment et je m'éclipse discrètement. Une question demeure au terme de ce concert. Ces Italiennes irascibles étaient-elles des Lombardes?

Pour savoir si vous êtes de l'avis de ces Italiennes ou du mien concernant Elina Duni, voici le podcast de ce concert grâce à la radio TSFJazz, ravissantes lectrices, charmants lecteurs. .

La photographie d'Elina Duni est l'oeuvre de l'Indépassable Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Elina Duni par Juan Carlos HERNANDEZ

Elina Duni par Juan Carlos HERNANDEZ

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Sélection de concerts de Jazz à Paris et en Ile de France pour février 2016

Publié le par Guillaume Lagrée

Lectrices avisées, lecteurs avertis, c'est avec ma partialité coutumière que je vous propose une sélection de concerts de Jazz à Paris et en Ile de France pour le mois de février 2016.

Pour un agenda exhaustif des concerts de Jazz en France, voyez mes anciens collègues de Citizenjazz.

Le festival Sons d'hiver rayonnera sur le Val de Marne et Paris jusqu'au dimanche 21 février.

A Paris, le festival Au fil des voix vous fera chanter le monde jusqu'au lundi 15 février à l'Alhambra et au Studio de l'Ermitage.

Le concert du mois se déroulera à Paris au théâtre du Châtelet le lundi 8 février à partir de 20h. Pour fêter les 60 ans de l'Académie du Jazz, un concert en 2 parties: " All Stars de prix Django Reinhardt " composé exclusivement d'anciens lauréats de l'Académie avec René Urtreger (piano), Henri Texier (contrebasse), Simon Goubert (batterie), Eric Le Lann & Airelle Besson (trompettes), Géraldine Laurent & Pierrick Pédron (sax alto) et Stéphane Guillaume (sax ténor, flûte) puis, en 2e partie, le Duke Orchestra de Laurent Mignard voué à la musique de Duke Ellington avec pour invités exceptionnels Jean-Luc Ponty (violon), Sanseverino (guitare, chant) et John Surman (saxs, clarinette).

Le film du mois ce sera la première projection au château de Goutelas du documentaire " Une poule sur un piano " consacré au séjour de Duke Ellington en Forez (Loire, Rhône Alpes, France) le jeudi 25 février 2016, 50 ans jour pour jour après son arrivée.

Lundi 1er février:

20h30, Jazz Club de Saint Denis, Saint Denis, Seine Saint Denis. Médéric Collignon et son Jus de Bocse. Notre bête de scène Made in France, c'est Médéric Colignon et personne d'autre.

Mardi 2 février:

- 19h30 et 21h30, Duc des Lombards, Paris: Sylvain Rifflet, Mechanics. La mécanique devient féérique dans les mains de ce magicien sonore.

- 21h, Sunside, Paris: Nicolas Genest & Yvan Robilliard. Voyage, voyage.

- 22h, Caveau des Oubliettes, Jim Grandcamp Project. Guitariste électrique que j'ai découvert au sein de Le Lann&Top en 2006. A suivre.

Mercredi 3 février:

- 19h, Le Baiser Salé, Paris. Mario Canonge (piano) & Michel Zenino (contrebasse) nous invitent dans leur résidence depuis 8 ans. Tous les mélomanes sont les bienvenus.

- 19h30 et 21h30, Duc des Lombards, Paris: Sylvain Rifflet, Mechanics. La mécanique devient féérique dans les mains de ce magicien sonore.

Jeudi 4 février:

- 20h, Le Triton, Les Lilas, Seine-Saint-Denis: duo de piano entre Benjamin Moussay (Jazz) et Nima Sarkechik (classique). Aimez vous Brahms?

Vendredi 5 février:

- 20h30, Le New Morning, Paris. " Migrants " spectacle multmedia (musique, images, voix) du pianiste italien Nicola Sergio dédié à tous les migrants du monde avec pour invité spécial l'écrivain et metteur en scène Atiq Rahimi, prix Goncourt 2008 pour " Syngué Sabour ".

Mardi 9 février:

- 20h, Le Café de la Danse, Paris: duo Violaine Cochard (clavecin) & Edouard Ferlet (piano) pour Bach plucked/unplucked, album célébré sur ce blog.

Mercredi 10 février:

- 19h, Le Baiser Salé, Paris. Mario Canonge (piano) & Michel Zenino (contrebasse) nous invitent dans leur résidence depuis 8 ans. Tous les mélomanes sont les bienvenus.

- 20h, le New Morning, Paris, Ramsey Lewis Trio: un pianiste qui fait le lien entre le Jazz et le Funk depuis 50 ans. Un Maître du genre.

- 21h30, Le Baiser Salé, Paris. Rick Margitza Quartet. Le dernier saxophoniste de Miles Davis reste une valeur sûre.

Vendredi 12 février:

- 20h30, cinéma Le Balzac, Paris. Soirée spéciale Daniel Humair. Projection du film " Daniel Humair Special Show " (1961) suivie d'un concert de Daniel Humair en direct. Le plus grand batteur européen des 60 dernières années le mérite bien.

Samedi 13 février:

- 20h30, Philarmonie de Paris, Stefano Bollani, le pianiste italien qui dialoguait avec Martial Solal pour le jubilé du Maître en 2008 au théâtre du Châtelet, à Paris.

- 20h30, Théâtre Victor Hugo, Bagneux, Hauts de Seine, le Wanderer Septet d'Yves Rousseau. Jazz et romantisme.

- 21h, Le Triton, Les Lilas, Seine Saint Denis, Marc Ducret, guitariste électrique toujours surprenant.

- 22h, Autour de midi et minuit, Paris, Hervé de Meschinet Quartet, un gentilhomme des saxophones et des flûtes.

Mercredi 17 février:

- 19h, Le Baiser Salé, Paris. Mario Canonge (piano) & Michel Zenino (contrebasse) nous invitent dans leur résidence depuis 8 ans. Tous les mélomanes sont les bienvenus.

Jeudi 18 février:

- 20h, Le Chat Noir, Paris. Hubert Dupont Trio avec Hubert Dupont (contrebasse), Nelson Veras (guitare) et Pierre Mangeard (batterie).

- 22h30, Le Baiser Salé, Paris. Mario Canonge (piano) & Michel Zenino (contrebasse) en quintet explorent les standards. Tous les mélomanes sont les bienvenus.

Vendredi 19 février:

- 20h, Le Triton, Les Lilas, Seine Saint Denis, Sylvaine Hélary, flûtiste classique qui a opté pour le Jazz et l'improvisation pour notre plus grand plaisir.

- 21h, Le Sunside, Paris: Baptiste Herbin Quintet. Un jeune classique.

Samedi 20 février:

- 20h45, l'Atelier Charonne, Paris, Marcel Loeffler Quartet. Accordez, accordez donc l'aumône à l'accordéon (Serge Gainsbourg)

- 21h, L'Ecoutille, Courtry, Seine et Marne, Short Songs de Patrice Caratini. Un programme louangé sur ce blog.

- 21h30, Paris, Le Sunside, Ed Cherry Trio. Le guitariste favori de Dizzy Gillespie de 1978 à 1993. C'est dire s'il sait ce que signifie le Swing.

Mercredi 24 février:

- 19h, Le Baiser Salé, Paris. Mario Canonge (piano) & Michel Zenino (contrebasse) nous invitent dans leur résidence depuis 8 ans. Tous les mélomanes sont les bienvenus.

Jeudi 25 février:

- 20h45, l'Atelier Charonne, Paris. Boulou & Elios Ferré Trio. Les frères de la guitare manouche. Indispensables dans leur genre.

- 21h, le Sunside, Paris, Mauro Gargano avec Jeff Ballard et Jason Palmer. Créatif, forcément créatif.

Vendredi 26 février:

- 20h, Maison de la la Culture du Japon, Paris, le Special Quintet de Terumasa Hino (trompette). Né en 1942, Terumasa Hino est un Dieu vivant du Jazz au Japon.

- 21h, le Sunside, Paris, Mauro Gargano avec Jeff Ballard et Jason Palmer. Créatif, forcément créatif.

Samedi 27 février:

- 20h, Maison de la la Culture du Japon, Paris, le Special Quintet de Terumasa Hino (trompette). Né en 1942, Terumasa Hino est un Dieu vivant du Jazz au Japon.

La photographie de Médéric Collignon est l'oeuvre de l'Inimitable Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Médéric Collignon par Juan Carlos HERNANDEZ

Médéric Collignon par Juan Carlos HERNANDEZ

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Jean-Philippe Scali Quintet chauffe le Duc des Lombards

Publié le par Guillaume Lagrée

Jean-Philippe Scali Quintet

Paris. Le Duc des Lombards.

Jeudi 21 janvier 2016. 19h30

Jean-Philippe Scali : saxophone baryton

Glenn Ferris : trombone

Frédéric Nardin : piano, orgue Hammond

Simon Tailleur : contrebasse

Donald Kontomanou : batterie

Ca swingue plutôt bien. Les cuivres cognent. La rythmique tourne. Ca balance élégamment. Le son Blue Note des 60 »s revivifié, ça fait du bien par où ça passe. Le groupe entrera en studio le 28 janvier. C’était « The John’ touch » (JP Scali) dédié à John Ellis et John Scofield.

« Reflections » (JP Scali). 1ère mondiale sur scène pour ce morceau. C’est réfléchi en effet. Duo contrebasse/batterie aux balais bien souple pour introduire. Les souffleurs ronronnent virilement. Parfait pour un 21 janvier, journée mondiale des câlins et des bisous. Solo de trombone bien soutenu par la rythmique. Ma jambe droite marque le tempo, signe tangible que cela swingue. Glenn Ferris, c’est une assurance tout risque pour le rythme. Au tour du leader de swinguer joyeusement au baryton. Musique anti dépressive mais non remboursée par la Sécurité sociale. Au tour de la rythmique de partir à travers champs. C’est du gai savoir. Tout à fait réjouissant.

Le trombone part seule en ballade avec de beaux effets de glissando. Sacrée maîtrise du souffle. Ca grogne, couine, bref ça cause. Le baryton le rejoint pour un beau dialogue. Ca sonne à la Mingus. La rythmique arrive à pas de loup. Gros son de la contrebasse, ponctuation sèche de la batterie, grognements et gémissements des cuivres, bref de l’expressionnisme musical. 1er solo de contrebasse. Le pianiste est passé à l’orgue Hammond pour renforcer la pulsation. Glenn Ferris fait du wah wah. Le baryton barrit. C’est la complainte des éléphants la nuit dans la jungle urbaine. Doucement, nous passons de l’éléphant au tigre qui avance, tapi dans les hautes herbes. « Purge » (Glenn Ferris), Superbe blues.

Une nouvelle première mondiale. « Sisyphe » (JP Scali) inspiré par le mythe de Sisyphe et Thelonious Monk. Il y a de l’humour dans le jeu, comme il convient dans un hommage à Monk.Solo de Glenn Ferris. La classe évidemment. Parfaitement en phase avec la rythmique, avec des couac et des coin coin maîtrisés à la perfection.

« Memories of member 77 » (JP Scali). Une musique de film imaginaire. Ca sonne plutôt polar. Joueurs de Blues, ce sont des joueurs de Blues comme le chante Michel Jonasz. Le pianiste nous fait du charme ave un toucher de cristal. Batteur aux balais. La contrebasse, au milieu, pose tranquillement le tempo.

Ils attaquent un Blues rapide genre poursuite en voiture dans les rues de New York. Ca se calme, devient plus tranquille, accélère, ralentit. Bref, tout en souplesse. Ca monte en puissance avec le solo de Glenn Ferris porté par la rythmique. Quels joyeux grognements !Beau dialogue percutant entre piano et batterie. Retour groupé au calme. C’était « Corean folk song » (JP Scali), inspiré par un voyage en Corée, du Sud, je suppose.

« Jamie’s Day » composé par JP Scali pour l’anniversaire de sa sœur. Du bayrton sort un souffle continu. Le piano s’immisce doucement. La musique monte lentement et chaleureusement en puissance. Auditivement, cet homme a de l’affection pour sa sœur. Cela est juste et bon. Solo très tendre du trombone. Cela sonne comme un murmure chaud à l’oreille. Le batteur relance bien aux baguettes. Le baryton enchaîne tout aussi tendrement. Ca balance bien.

L’envol final. Jean-Philippe Scali a un excellent contact avec le public. Il dialogue avec nous, explique sa musique sans nous ennuyer. Un air funky. Ca groove groupé. Fredéric Nardin joue main gauche au piano, main droite sur l’orgue. Bonne vibration finale. Le leader fait applaudit en rythme quelques spectateurs groovy sur le solo de trombone. Le sax baryton assure lui aussi. Ils prolongent le plaisir et c’est bon.

Splendides lectrices, superbes lecteurs, vous pouvez écouter le 2e concert du quintet de Jean-Philippe Scali au Duc des Lombards le jeudi 21 janvier 2016 à 21h30 sur TSF Jazz.

La photographie de Glenn Ferris est l'oeuvre de l'Incomparable Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Glenn Ferris par Juan Carlos HERNANDEZ

Glenn Ferris par Juan Carlos HERNANDEZ

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Festival Sons d'hiver du 29 janvier au 21 février 2016 dans le Val de Marne

Publié le par Guillaume Lagrée

Festival Sons d'hiver

Val de Marne, Ile de France, France

du vendredi 29 janvier au dimanche 21 février 2016.

Lectrices frigorifiées, lecteurs congelés, venez vous réchauffer aux Sons d'Hiver, dans le Val de Marne, du vendredi 29 janvier au dimanche 21 février 2016.

Au programme, des conférences débats avec les artistes, des concerts et pour finir un " Bal populaire italien " à Paris, à la Java, le dimanche 21 février à 17h.

Au sein de ce riche programme, voici ma sélection personnelle de concerts:

- vendredi 29 janvier, 20h30, Vincennes, Auditorium Jean-Pierre Miquel : Muhal Richard Abrams piano solo puis Anja Lechner/François Couturier duo

- samedi 30 janvier, 20h, Vitry-sur-Seine, théâtre Jean Vilar: Dee Alexander/Hamid Drake/Michael Zerang puis Mulatu Astatke (le Jazz éthiopien, ça tient chaud au corps et à l'âme).

- dimanche 31 janvier, 17h, théâtre de la Cité internationale: Eve Risser White Desert Orchestra avec Sylvaine Hélary (flûte) et Antonin Tri Hoang (sax alto, clarinettes) puis Michel Portal-Bernard Lubat-Hamid Drake. Aventuriers sonores, soyez présents!

- vendredi 5 février, 20h30, ECAM, le Kremlin Bicêtre: Mike Ladd Illtet puis Marc Ribot's Ceramic Dog. Complexe et funky.

- samedi 6 février, 20h, Choisy-le-Roi, théâtre Paul Eluard: Tony Malaby's Tubacello puis Olivier Lake Organ Quartet plays the music of Jackie Mac Lean & Eric Dolphy. Complexe et funky.

- mardi 9 février, 20h30, Cachan, Cinéma La Pléiade: 2 cinés concerts pour le prix d'un. Louis Sclavis/Benjamin Moussay " Half Breed " puis Rodolphe Burger " In the land of the head hunters " (un film ethnographique sur les Indiens d'Amérique daté de 1914 accompagné en guitare solo. Etonnant, non?)

- samedi 13 février, 18h, Paris, théâtre Claude Lévi Strauss, musée du Quai Branly: Omar Sosa/Gustavo Ovalles Duo. Un Cubain au piano + un Vénézuélien aux percussions = Que Calor!

- vendredi 19 février, 20h, Créteil, Maison des Arts: Tony Allen tribute to Art Blakey puis Michel Portal " Minneapolis ". Art Blakey fut le premier batteur Noir Américain à voyager et étudier sur la terre de ses ancêtres, l'Afrique. Il est normal que Tony Allen, père de l'Afrobeat, batteur de Fela, lui rende hommage. Michel Portal avec l'ancienne rythmique de Prince (Sonny T on bass, Michael B on drums) cela reste une curiosité

- dimanche 21 février, 17h, " Bal populaire italien " à Paris, à la Java. Dansez la tarentelle pour vous réchauffer, lectrices frigorifiées, lecteurs congelés.

La photographie de Michel Portal est l'oeuvre de l'Hivernal Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Michel Portal par Juan Carlos HERNANDEZ

Michel Portal par Juan Carlos HERNANDEZ

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