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Lee Konitz & Martial Solal en concert à Paris: le temps retrouvé

Publié le par Guillaume Lagrée

Paris, Ile de France, France

Concert privé.

Lundi 12 octobre 2015, 20h.

Lee Konitz: saxophone alto, chant

Martial Solal: piano

Invité

Dan Tepfer: piano, chant

Lectrices lettrées, lecteurs cultivés, après avoir lu " A la recherche du temps perdu " de Marcel Proust, vous savez que seule l'oeuvre d'art nous permet de faire vivre le passé pour l'éternité. C'est à ce genre de miracle que j'ai pu assister lors d'un concert privé de Martial Solal & Lee Konitz à Paris le lundi 12 octobre 2015. J'avais déjà assisté à un concert privé de ce même duo, dans le même lieu, le 7 septembre 2012 (cf vidéo d'illustration de cet article). Depuis, Martial Solal avait cessé de jouer, s'estimant trop âgé pour ce genre de sport. Quand son coetano Lee Konitz ( tous deux sont nés en 1927) l' a appelé pour donner ce concert privé en duo à Paris, Martial a repris ses gammes, une semaine avant et après 15 mois d'arrêt, à 88 ans. Allait-il tenir la distance?

Lee Konitz et Martial Solal enregistrèrent pour la première fois ensemble en studio à Rome en 1968 dans un quartet avec Henri Texier (contrebasse) et Daniel Humair (batterie). Chez votre disquaire cherchez " Impressive Rome " et " European Episode ". Ce ne fut pas seulement un week end à Rome. En effet, le quartet, dans lequel NHOP (Niels Henning Orsted Pedersen pour les intimes) remplaçait Henri Texier, joua en concert au festival de Jazz d'Antibes Juan les Pins en 1974 (l'enregistrement se trouve chez tout disquaire digne de ce nom). Puis vint Satori, album de 1975 où Lee Konitz est accompagné de Martial Solal, Dave Holland (contrebasse) et Jack de Johnette (batterie). Rome et Satori (hommage à Jack Kerouac), voici, enfin clairement démontrée, l'influence cachée de Lee Konitz et Martial Solal sur Etienne Daho. Enfin, le duo Martial Solal/Lee Konitz se constitua. En studio à New York en 1977 (album " Duplicity " qui dit tout le contraire de son titre). S'ensuivirent des années de concert en duo dont témoigne l'album " Star Eyes " enregistré en concert à Hambourg en 1983 (cf extrait audio à la fin de cet article). A mon avis, partial et partiel évidemment, le duo Lee Konitz/Martial Solal est plus essentiel à l'histoire du Jazz que celui constitué par Wayne Shorter et Herbie Hancock même s'il est moins vendeur.

Dan Tepfer annonce Claude Carrière, producteur radiophonique bien connue des Jazz fans en France et gentil organisateur du concert à Antibes en 1974 suscité. Claude Carrière nous présente les musiciens comme il sait le faire. " Martial? Un morceau et tu en as pour 15 jours de musique " ( avis de pianiste). Lee Konitz est incapable de jouer un cliché. Bien dit.

Aux musiciens de parler avant de jouer.

" It's up to You to decide if You like the music or not " (Lee Konitz). " C'est à cause de lui que je suis là ce soir " (Martial Solal). Nous voilà prévenus.

Ils commencent, en toute logique, avec " Tea for two ". Martial Solal commence seul, il semble étudier le son du piano et de la pièce, prendre possession du lieu. Lee joue puis chantonne. A 88 ans, c'est moins fatiguant que de jouer du saxophone alto. La passion conserve. Leçon pour tous. Martial Solal est toujours volubile mais sa musique respire plus, laisse plus d'espace que dans ses jeunes années. Il ne cherche plus à raconter trois histoires à la fois même s'il les a encore en tête. Martial Solal devait accompagner en duo Carmen Mac Rae mais cela ne s'est pas fait. Le voici qui accompagne son vieux complice Lee Konitz chantant. Après 15 mois d'arrêt, il n'a toujours pas les doigts gourds. Lee siffle l'air avant de le jouer sur ton grave à l'alto. Bref, vous l'avez compris, lectrices lettrées, lecteurs cultivés, avec ces deux vieux Messieurs, l'auditeur ne s'ennuie jamais.

Cette fois ci, Lee commence. Je ne reconnais pas le standard mais quand Martial reprend apparaît " What is this thing called love? ". Dans la salle, je repère quelques musiciens venus écouter les Maîtres: Dan Tepfer, Thomas Enhco, Stéphane Kerecki, Jean-Charles Richard et Claudia Solal, la fille de Martial, bien sûr. D'un seul trait, Martial Solal et Lee Konitz peuvent nous foudroyer à tout instant. Martial Solal demeure le Piranèse du piano: des escaliers, des trompe l'oeil, des portes qui donnent sur le vide. Tout est fait pour captiver et égarer l'auditeur. Lee Konitz n'est pas en reste. Ca joue sérieux sans se prendre au sérieux. Quand ils fusionnent ensemble, c'est purement magique. Enchaînement sur " Somewhere over the rainbow " pour finir.

" Any question? Any request? " (Lee Konitz). Le public n'ose rien demander. " Do You like to play?" (Lee Konitz). " No " (Martial Solal). Pas grave. Ils enchaînent sur " Body and Soul ". Martial commence. Lee chantonne. " Please, don't sing " (Martial Solal). Comme leur musique, leur numéro de scène est improvisé. Le thème est bien là, déstructuré avec superbe. Lee lance le thème. Martial le complète ou s'arrête en même temps. A eux deux, ils sont plus imprévisibles que les 15 joueurs de l'équipe de France de rugby réunis. Solo dans le grave du piano. Pour finir, Lee Konitz chante " Salt peanuts " (Dizzy Gillespie).

" Do You know one more? " (Martial Solal). " I know two more. Like I remember April " (Lee Konitz). " I remember october " (Martial Solal). Martial introduit le morceau avec toute la nostalgie qui lui convient. Lee Konitz chante joyeusement porté par le piano. Whaoooh dit-il résumant le sentiment général.

Ils enchaînent sur un standard dont le titre m'échappe même quand Lee le chante. Ce sont des magiciens dont je crois connaître les tours mais qui m'attrapent à chaque fois. Qu'il est doux d'écouter un concert où le son n'est pas refroidi par un microphone. Martial Solal nous offre un petit solo durant les applaudissements.

Que jouent-ils maintenant? Une ballade apparemment. Lee chantonne en phase avec le piano. Courte citation d'Au clair de la lune.

Ils repartent sur un standard dont le titre m'échappe. Martial Solal possède toujours, au plus haut point, l'art de décaler les sons. Je crois bien qu'ils sont revenus au deuxième morceau du concert " What is this thing called love? ". Pas de souci. Martial Solal est toujours l'homme aux mains d'or.

" Round about midight " (Thelonious Sphere Monk). Ils connaissent ces morceaux par coeur et nous aussi. Pourtant ils se surprennent et nous surprennent encore et toujours. Quelques trouvailles sonores en duo piano/sax alto pour finir.

" Play something in C " (Martial Solal). Lee Konitz joue un truc et dit " That's C, right? ". Ils jouent donc en Do. En fait, Martial Solal enchaîne sur " Happy birthday to You ". En effet, Lee Konitz est né le 13 octobre 1927 à Chicago. Un petit jeune par rapport à Martial Solal né le 27 août 1927 à Alger. Martial joue le thème et Lee hulule de joie dessus.

" Martial wants to play some more. You start and finish " (Lee Konitz). Martial joue donc seul " I got rhythm " (George Gershwin). Pas longtemps car Lee chantonne sur ce classique du Swing. Le thème est ralenti, accéléré, à la main de Martial Solal. Lee et Martial jouent moins que dans leurs jeunes années mais c'est toujours Martial qui joue le plus de notes.

Lee attaque un morceau de Charlie Parker. Il le connaît par coeur mais a su tout de suite se détacher de ce style ce dont Bird lui même était reconnaissant. Puisqu'il ne pouvait l'égaler ou le dépasser dans ce genre là, Lee Konitz a créé une autre voix au saxophone alto. C'est tellement plus intéressant que Stefano di Battista qui reproduit les solos de Bird note pour note à la respiration près. De même pour Martial Solal qui a beaucoup écouté Bud Powell avec qui il partagea la rythmique du Club Saint Germain à Paris (Pierre Michelot, contrebasse et Kenny Clarke, batterie) ne joue pas comme lui. Ils jouent ce thème moins vite, moins fort que l'original mais pas de façon moins créative.

RAPPEL

Dan Tepfer les rejoint sur scène pour " Stella by starlight " (played B flat/ joué en Si bémol). Par ailleurs, le B flat est un club de Jazz à Berlin, capitale de l'Allemagne mais ceci est une autre histoire.

Duo de scat entre Lee et Dan accompagnés par Martial. Un pur moment de plaisir. Dan chanre accompagné par Martial Solal. Solo de Martial insistant dans le grave. Quelle pompe de la main gauche! 2 ans à jouer exclusivement de la main gauche pour un orchestre de danse à Alger, ça forge le poignet. La main droite vient éclairer le jeu. Aucune sensiblerie. De la sensibilité par contre. Lee rejoue du saxophone caché derrière Martial, dans un recoin de la salle. Quelle jolie plainte! Dan revient chanter avec Lee pour le final.

Martial repart seul à l'ouvrage. Dan s'est rassis parmi le public. Lee Konitz écoute. " My funny Valentine ". Quelle intro! transcendée dans les graves du piano. Martial Solal, le pudique, cache ses émotions sous le voile de sa technique mais, pour qui sait l'écouter, elles sont bien là. Cette musique n'est pas aussi exigeante pour ses auditeurs que pour son créateur mais presque. Là, ça ne rigole plus. Même Lee Konitz écoute sagement. Splendide!

Un duo à quatre mains et deux cerveaux entre Martial Solal et Dan Tepfer au piano. Lee s'asseoit à la place de Dan, au premier rang du public, pour savourer. " All the things You are ", un standard éculé, rajeunit sous leurs doigts. Aucun des deux ne s'en laisse conter. Le cadet, Dan Tepfer (né en 1982), se déplace pour jouer côté grave ou côté aigu du piano. C'est très plaisant.

Ce bouquet final a clos ce concert. Comme me l'a dit Martial Solal ensuite: " Le pianiste m'a rassuré ". Moi aussi je l'avoue. Lee Konitz ne peut plus jouer 2h de concert au saxophone alto d'un seul souffle ce qui est très excusable à 88 ans (respirerai-je encore à cet âge?) mais son envie et sa joie de jouer sont toujours là. Il est toujours aussi unique au sax alto et aussi amusant comme chanteur et conteur du Jazz. Quand à Dan Tepfer, avec lui, la relève est assurée.

Puisque Martial Solal n'est pas perdu pour l'Art, il se produira de nouveau sur scène, en concert public cette fois, en duo avec Dave Liebman (saxophones soprano et ténor) à Paris, au Sunside, le jeudi 10 décembre 2015 à 19h30 et 21h30 puis le vendredi 11 décembre 2015 à 20h et 22h. Réservez votre soirée lectrices lettrées, lecteurs cultivés. Prévoyez votre budget (place à 45€ sans compter les boissons car il s'agit d'un café concert). Ce sera la première fois que ces Géants du Jazz joueront ensemble sur scène. Toute absence de votre part devra être dûment justifiée aux autorités compétentes.

La vidéo ci-dessous contient l'intégralité de ce concert. Profitez en pleinement lectrices lettrées, lecteurs cultivés.

La photographie de Martial Solal est l'oeuvre du Mystérieux Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Martial Solal par Juan Carlos HERNANDEZ

Martial Solal par Juan Carlos HERNANDEZ

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20e festival Jazz au Fil de l'Oise (95) du 6 novembre au 13 décembre 2015

Publié le par Guillaume Lagrée

20e Festival Jazz au Fil de l'Oise

Val d'Oise, Ile de France, France

Dans les communes riveraines de l'Oise

du vendredi 6 novembre au dimanche 13 décembre 2015

Lectrices oisives, lecteurs oiseux, cessez de paresser et retrouvez vous le long de l'Oise, pour le 20e festival Jazz au fil de l'Oise du vendredi 6 novembre au dimanche 13 décembre 2015.

Le programme est, comme toujours, d'une richesse inépuisable.

Voici ma sélection de concerts absolument personnelle et totalement critiquable.

Dimanche 8 novembre à 17h à Mériel: Mec! Les poèmes d'Allan Leprest dits par Philippe Torreton (comédien) accompagné par Edward Perraud (percussions, batterie)

Samedi 14 novembre à 20h30 à Vauréal: Henri Texier Sky Dancers Sextet.

Vendredi 20 novembre à 20h30 à Jouy le Moutier: Le Sacre du Tympan de Fred Pallem joue sa French Touch. Enfants, emmenez vos parents. Ils n'ont pas d'excuse puisque vous n'avez pas école le lendemain.

Jeudi 3 décembre à 20h30 à Ermont: Stéphane Kerecki Nouvelle Vague " A Antoine Duhamel " + Giovanni Mirabassi Way Out Quartet. Amants, heureux amants, ne manquez pas cette soirée.

Samedi 12 décembre à 20h30 à Osny: Musica Callada. Autour de Federico Monpou par les 3 F (Frédéric Couturier: piano; François Méchali: contrebasse; François Laizeau: batterie).

Dimanche 13 décembre à 17h à Butry sur Oise: Olivier Ker Ourio Perfect Match avec Olivier Ker Ourio (harmonica), Emmanuel Bex (orgue Hammond) et Matthieu Chazarenc: batterie. J'ignore si la musique de Stevie Wonder sera au programme mais, à ces braves, rien d'impossible.

Outre les concerts, diverses interventions culturelles auront lieu tout au long du festival dans les communes du Val d'Oise impliquées dont le programme Cartoons (musiques de dessins animés américains. Tex Avery and Co, par le Sacre du Tympan de Fred Pallem). Enfants, traînez y vos parents, de gré ou de force, pour leur donner du goût de la démesure et de l'improvisation, sapristi!

La photographie d'Emmanuel Bex est l'oeuvre de l'Astucieux Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Emmanuel Bex par Juan Carlos HERNANDEZ

Emmanuel Bex par Juan Carlos HERNANDEZ

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David Krakauer " Big Picture "

Publié le par Guillaume Lagrée

David Krakauer

" Big Picture "

Label Bleu. 2015.

David Krakauer: clarinette et clarinette basse

Jenny Scheinman: violon

Jim Black: batterie, percussions

Rob Burger: piano, célesta, orgue, orgue Hammond, accordéon, vibraphone

Adam Rogers: guitare (1-2, 4-12)

Sheril Bailey: guitare (3)

Greg Cohen: contrebasse (1-2, 4-12)

Nicki Parrott: contrebasse (3)

Concert cinématique à Paris, à la Cigale, le samedi 21 novembre 2015 à 20h30, dans le cadre du festival Jazz 'n klezmer.

David Krakauer continue de vivifier ses racines en visitant la culture juive askhnaze, désormais avec la musique de film. D'où le projet "Big Picture ", une relecture des musiques de film qui l'ont marqué.

Les morceaux choisis sont liés à la culture juive européenne soit directement comme " Wilkommen " (n°1), " Moving to the ghetto " (n°6) et " Le choix de Sophie " (n°9) ou indirectement " La vita è bella ", musique du film de Roberto Benigni (n°2).

Cette musique est gorgée d'émotion, du début " Wilkommen " (n°1) à la fin " Tradition " (n°12) dont le titre est trompeur. David Krakauer est un artiste expressionniste, à fleur de peau: sa version de " La vità è bella " (n°2) est bouleversante.

Il n'oublie pas en route, un standard du Jazz " Body and Soul " (n°4) et la musique classique russe ( une marche de Prokofiev, n°5) dont il donne des versions très personnelles.

ll est capable de rendre hommage dans le même morceau à son Maître rêvé, Sidney Bechet et aux mères juives ( " Si tu vois ma mère ", n°3, de Sidney Bechet, tiré du film " Midnight in Paris " de Woody Allen).

Que je sois damné si je n'écris pas du bien du groupe qui l'accompagne.

Le beat infernal de Jim Black à la batterie et aux percussions, la diversité des talents de Rob Burger sur toutes sortes de claviers, le feeling de Jenny Scheinman au violon ( Pourquoi y a t-il tant de Juifs parmi les violonistes? Tu te vois traverser l'Europe avec un piano? Blague fausse d'ailleurs car de Vladimir Horowitz à Arthur Rubinstein, de Lou Levy à Martial Solal, il y a aussi de nombreux Juifs chez les pianistes), la pulsation des basses, le mordant des guitares, tout est à saluer.

Cette musique nourrit le coeur et l'âme, part du local pour atteindre l'universel, ce qui en fait une véritable oeuvre d'art.

David Krakauer est d'abord un artiste de scène. Pour profiter du spectacle " Big Picture " avec l'image, en plus du son, après avoir acquis l'album, allez l'écouter et le voir sur scène, par exemple au concert cinématique à Paris, à la Cigale, le samedi 21 novembre 2015 à 20h30, dans le cadre du festival Jazz 'n klezmer.

La photographie de David Krakauer est l'oeuvre du Malicieux Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

David Krakauer par Juan Carlos HERNANDEZ

David Krakauer par Juan Carlos HERNANDEZ

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Eric Seva " Nomade sonore "

Publié le par Guillaume Lagrée

Eric Seva

" Nomade sonore "

Socadisc. Sortie le vendredi 23 octobre 2015.

Eric Seva: saxophones baryton et soprano, composition, direction musicale

David Zimmerman: trombone

Bruno Schorp: contrebasse

Matthieu Chazarenc: batterie

Concerts de sortie de l'album en France

√ Jeudi 12 novembre 2015

Eric SÉVA 4te - Nomade Sonore

Meilhan-sur-Garonne, Lot et Garonne, Aquitaine

Eric SÉVA - saxophones baryton, soprano, sopranino

Daniel ZIMMERMANN - trombone

Bruno SCHORP - contrebasse

Matthieu CHAZARENC - batterie

√ Vendredi 13 novembre 2015

Eric SÉVA 4te - Nomade Sonore

«Au concert» Nérac, Lot et Garonne, Aquitaine

Eric SÉVA - saxophones baryton, soprano, sopranino

Daniel ZIMMERMANN - trombone

Bruno SCHORP - contrebasse

Matthieu CHAZARENC - batterie

√ Mercredi 25 novembre 2015

Eric SÉVA 4te - Nomade Sonore

Concert pour la sortie du nouvel album « Nomade Sonore »

New-Morning,

Paris, Ile de France.

En Co plateau avec Julie Saury (trio)

pour la sortie de son nouvel album « The Hidding Place »

Eric SÉVA - saxophones baryton, soprano, sopranino

Daniel ZIMMERMANN - trombone

Bruno SCHORP - contrebasse

Matthieu CHAZARENC - batterie

√ Vendredi 18 décembre 2015

Eric SÉVA 4te - Nomade Sonore

Tarbes, Hautes Pyrénées, Midi Pyrénées

Eric SÉVA - saxophones baryton, soprano, sopranino

Daniel ZIMMERMANN - trombone

Bruno SCHORP - contrebasse

Matthieu CHAZARENC - batterie

√ Samedi 19, dimanche 20 décembre 2015

Eric SÉVA 4te - Nomade Sonore

Pau (concert & master class), Pyrénées Atlantiques, Aquitaine

Eric SÉVA - saxophones baryton, soprano, sopranino

Daniel ZIMMERMANN - trombone

Bruno SCHORP - contrebasse

Matthieu CHAZARENC - batterie

√ Vendredi 22 janvier 2016

Eric SÉVA 4te - Nomade Sonore

« Le Musset » Paris, Ile de France.

Eric SÉVA - saxophones baryton, soprano, sopranino

Daniel ZIMMERMANN - trombone

Bruno SCHORP - contrebasse

Matthieu CHAZARENC - batterie

√ Samedi 23 janvier 2016

Eric SÉVA 4te - Nomade Sonore

Salle « Le Chien Assis » Rozay-en-Brie, Seine et Marne, Ile de France

Eric SÉVA - saxophones baryton, soprano, sopranino

Daniel ZIMMERMANN - trombone

Bruno SCHORP - contrebasse

Matthieu CHAZARENC - batterie

√ Mardi 26 janvier 2016

Eric SÉVA 4te - Nomade Sonore

« Eaubonne Jazz » Eaubonne, Val d'Oise, Ile de France

Eric SÉVA - saxophones baryton, soprano, sopranino

Daniel ZIMMERMANN - trombone

Bruno SCHORP - contrebasse

Matthieu CHAZARENC - batterie

La base de la stratégie, selon Gérard Chaliand, auteur de l'Anthologie mondiale de la stratégie (Collection Bouquins, Editions Robert Laffont, Paris), c'est l'opposition entre les peuples nomades et les peuples sédentaires. Les sédentaires ont gagné, d'après l'auteur.

Dans le monde de l'art, c'est l'inverse. Les nomades ont gagné. Pour preuve, le Jazz. C'est cette lignée musicale qu'Eric Seva poursuit avec ce voyage acoustique entre tradition et modernité, parsemé de clins d'oeil.

" Monsieur Toulouse " (n°5) ne serait-il pas un hommage à Claude Nougaro?

" Graffiti celtique " (n°1) rend un hommage évident aux musiques et danses bretonnes.

Dire qu'ils ne sont que quatre pour produire autant de musique!

Pas de piano pour laisser la musique respirer.

" Guizeh " (n°2) n'a rien à voir avec la musique arabe mais évoque simplement l'admiration du spectateur devant le spectacle des pyramides et du sphinx.

Le voyage n'est pas toujours de tout repos (cf " Monsieur Toulouse " mais Claude Nougaro n'était pas un homme paisible non plus).

Plusieurs morceaux me rappellent, par leur tenue, la musique baroque ou de la Renaissance ( " Pipa ", n°6; " Matin rouge ", n°8; " Sur le port de Gazagou ", n°9) mais l'album se termine avec un Jazz swinguant ( " Chook monkey ", n°10).

Il s'agit d'une musique méditative et dansante, faite pour voyager en solitaire et chanter la Terre.

Bref, " Nomade sonore " d'Eric Seva est un enchantement.

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David Patrois Trio " Flux tendu "

Publié le par Guillaume Lagrée

David Patrois Trio

" Flux tendu "

Arts et spectacles. 2015.

David Patrois: vibraphone, marimba

Jean-Charles Richard: saxophones baryton et soprano

Luc Isenmann: batterie

Compositions de David Patrois sauf n°3 " Something sweet, something tender " (Eric Dolphy) et n°7 " In walked Bud " (Thelonious Sphere Monk).

En concert à Paris, Ile de France, France, au Sunset, le samedi 31 octobre 2015 à 21h30.

Malgré son nom, David Patrois aime le trio. Merci à Lionel Eskenazi d'avoir osé ce jeu de mots subtil avant moi. Il aime aussi les héros, pas les superhéros des comics, mais les héros de la littérature populaire: " Capitaine Achab " (n°1) ou " Le cri de Rahan " (n°4). Il n'aime pas que le Jazz car ce serait se limiter " Seven for reggae " (n°8) qui apparaissait déjà dans le précédent album, un reggae léger, léger en 7/4. Il se passe de la contrebasse pour que la musique ne soit pas ancrée même si le saxophone baryton en fait parfois office. Cf " Capitaine Achab ". Le fait qu'il ne joue pas du piano mais du vibraphone ou du marimba donne une couleur plus africaine à cette musique française.

David Patrois est entouré de fidèles complices. Luc Isenmann est un batteur mélodique. Ecoutez le faire chanter son instrument sur " Wrong and strong " . Jean-Charles Richard est aussi ailé au soprano ( " Wrong and strong ") que terrien au baryton ( " Something sweet, something tender "). Sans contrebasse, le baryton peut même sonner comme un violoncelle (n°9: " Something You miss ").

Flux tendu n'est pas synonyme ici d'oppression sociale et de dégâts écologiques mais d'un souffle créatif commun et continu, le groupe ayant plusieurs années d'existence, parfois augmenté du trombone et des conques de Sébastien Llado et de la guitare électrique de Pierre Durand.

Comme le disait Jean Cocteau au festival de Jazz de Cannes en 1958: " Le Jazz est la plus parfaite musique de chambre de notre temps ".

Flux tendu du trio de David Patrois en constitue une nouvelle preuve en 2015.

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Patrice Caratini et son Jazz Ensemble emballent le Studio de l'Ermitage

Publié le par Guillaume Lagrée

Troublantes lectrices, séduisants lecteurs, si vous n'avez pas participé au Bal mené par Patrice Caratini (contrebasse) et son Jazz Ensemble au Studio de l'Ermitage à Paris, le dimanche 4 octobre 2015, vous avez droit à une session de rattrapage au même endroit le dimanche 6 décembre 2015 à 20h. Si vous y avez participé, vous savez déjà que vous y reviendrez, sauf cas de force majeure.

Pour y avoir participé avec mon épouse préférée et une amie, je puis vous assurer que, jeunes et vieux, hommes et femmes, tout le monde danse avec le Jazz Ensemble de Patrice Caratini.

Parmi les danseuses les plus passionnées, j'ai remarqué Hildegarde Wanzlawe, chanteuse du trio " Short Songs " de Patrice Caratini. C'est dire l'adhésion que suscite ce chef né qu'est Patrice Caratini. Sa contrebasse se termine fièrement par une tête de lion en haut du manche. Le roi des animaux pour le chef de l'orchestre, c'est bien le moins.

Peu importe si vous ne connaissez pas les pas. Tant que vous ne marchez pas sur les pieds de votre partenaire et ceux de vos voisins, personne ne vous donnera de leçon de maintien au Bal du Caratini Jazz Ensemble. Il suffit de se lancer. Swing, Salsa, Tango, Cha Cha, Charleston, Paso Doble, Valse, Java sont au programme. Joué de cette manière, cela n'a rien de ringard, saperlipopette!

Le programme festif des 50 ans de scène de Patrice Caratini se poursuit à Paris jusqu'à mars 2016.

Prochain rendez-vous au Studio de l'Ermitage le dimanche 18 octobre 2015 à 20h pour un programme Jazz et accordéon.

Accordez, accordez donc l'aumône à l'accord, à l'accord, à l'accordéon (Serge Gainsbourg).

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" Madame Saint Clair, reine de Harlem " de Raphaël Confiant

Publié le par Guillaume Lagrée

" Madame Saint-Clair, Reine de Harlem "

Raphaël Confiant.

Mercure de France, Paris, 2015, 327p.

Lectrices Hot, lecteurs Swing, la rentrée littéraire vous ennuie? Faites confiance à Raphaël Confiant pour vous réveiller. Avec " Madame Saint Clair, Reine de Harlem " il ressuscite le personnage de Stéphanie Saint Clair, née en Martinique en 1886, morte à New York en 1969, qui régna sur les loteries clandestines de Harlem des années 1920 aux années 1940, gagnant assez d'argent pour vivre en paix jusqu'à la fin de ses vieux jours.

Née Noire en Martinique d'une fille mère, elle était vouée à devenir servante ou prostituée, ce qui revenait à peu près au même dans son île natale à cette époque. Sa mère morte, elle partit d'abord en France puis, de Marseille, en 1912, elle prit le bateau pour New York.

Là, elle fit son chemin. Elle ne parlait pas anglais (elle ne sut jamais prononcer le " th " à l'anglaise) et, au lieu de vendre son corps, elle vendit son cerveau, sa ruse, sa détermination, son intelligence. Question de survie. Ceux qui se mettaient en travers de son chemin furent éliminés de diverses manières: en les tuant soit elle-même soit par ses hommes de main, en les détruisant socialement (elle dénonça à la Justice une dizaine de policiers corrompus du New York Police Department ce qui freina fortement les enquêtes sur elle) ou en négociant lorsqu'elle n'avait pas le choix comme avec Lucky Luciano lorsque Cosa Nostra s'intéressa aux affaires des Noirs après la Prohibition.

Implacable en affaires, c'était aussi une femme généreuse et impliquée socialement qui finança de nombreuses entreprises et causes noires, du restaurant de quartier à Marcus Garvey (1887-1940) et son projet fou de compagnie de navigation transatlantique pour ramener les Noirs d'Amérique en Afrique, la Black Star Line. Elle n'eut pas d'enfant et ses amants ou son mari payèrent très cher leurs trahisons à son égard.

Raphaël Confiant se met dans la peau de cette femme, parlant à la première personne, racontant sa vie sous forme autobiographique à un neveu de Martinique. Je ne suis qu'un homme, blanc de peau de surcroît et je ne peux qu'admirer la crédibilité de l'auteur, certes Martiniquais et noir de peau, mais qui est un homme en somme. Qu'il parle de sexe, de lutte pour la vie, de pouvoir ou d'argent, il est cette femme. L'auteur utilise un français créolisé qui se comprend très bien et, lorsqu'il écrit en créole, prend le soin de traduire pour les non créolophones comme votre serviteur, lectrices Hot, lecteurs Swing.

Son ascension sociale la mena dans le beau quartier de Harlem (Sugar Hill bien connu pour avoir donné Sugar Hill Gang le premier groupe à classer un morceau de rap dans le Top 40 aux USA: " Rapper's delight " en 1979). Ses voisins d'immeuble s'appelaient Wiliam Edward Burghardt Dubois (1868-1963), le premier Noir docteur de Harvard et cofondateur de la National Association for the Advancement of Colored People et Duke Ellington (1899-1974). Tous respectaient Madame Sinclair ou Queenie (rien à voir avec la " Little Queenie " de Chuck Berry).

" Madame Saint Clair, Reine de Harlem " est à lire avec, en fond sonore, " Creole Love Call " de Duke Ellington , son sublime solo de trompette par Bubber Miley et la voix d'Adelaide Hall, pionnière du scat au féminin. 

Dans la vidéo ci-dessous, Madame Adelaide Hall (1901-1993) et Sir Duke Elington (1899-1974) racontent le Harlem des années 1920 et la création de " Creole Love Call ". Rien à ajouter. 

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Pee Bee La Dolce Vita al Studio de l'Ermitage

Publié le par Guillaume Lagrée

Pee Bee

Studio de l’Ermitage. Paris

Mercredi 30 septembre 2015. 21h.

Programme « Dolce Vita » dédié à l’Italie comme vous l’aviez deviné, lectrices felliniennes, lecteurs romains.

Chez Pee Bee, le piano est remplacé par le vibraphone de David Patrois. Pour le reste, le groupe est composé d’une chanteuse, d’un contrebassiste, d’un guitariste électrique, de 2 trompettistes, de 2 trombonistes, d’un saxophoniste baryton, d’un saxophoniste alto, d’un saxophoniste ténor et soprano.

Il me semble que ce morceau provient du précédent album de Pee Bee, « All of us 13 » , célébré sur ce blog, (il ne vous a pas échappé qu’ils sont 12 ce soir, lectrices vigilantes, lecteurs attentifs. En effet, le chanteur a disparu par rapport à l'album précédent). L’orchestre est une belle machine à Swing, frais comme la voix de la chanteuse avec décolleté, châle et tout et tout, lecteurs voraces. Le sax ténor est en costume cravate, les cheveux blancs bien coupés. Bref, il ressemble à Bill Clinton. Attention à la chanteuse ! Elle est jolie. D’ailleurs elle danse sensuellement sur ce solo passionné de sax ténor. Le groupe est chaud dès le premier morceau. Final dirigé de main de maître par le sax ténor.

Une ballade langoureuse en anglais. Batteur aux balais, cuivres voluptueux, chanteuse sentimentale. Bref, la totale. Il n’y a plus qu’à glisser sur le parquet du Normandie. Un solo de trombone servi tout chaud.

C’est maintenant que commence le programme « Dolce Vita ».

Un hommage à Paolo Conte, l’Avvocato disent les Italiens (il était avocat avant d’être chanteur). La chanteuse a enlevé son châle pour mieux faire admirer son décolleté. Dolce Vita tel est le programme. Ce n’est pas le genre Anita Ekberg : plus petite et plus brune. Il y a en effet des réminiscences de Paolo Conte dans cette musique mais bien transformé.

« Bel Canto », un hommage à Luciano Pavarotti. A 18 ans, ne connaissant rien de l’opéra, le sax ténor alla, sur le conseil d’un ami, écouter « Il ballo in maschera » de Giuseppe Verdi au Grand théâtre de Genève. Il pleura tout le premier acte, bouleversé par un chanteur qu’il ne connaissait pas, Luciano Pavarotti. Jolie histoire, n’est-ce pas ? Morceau majestueux et sentimental. Le sax ténor mène le bal. Le chanteur vocalise avec l’orchestre. La chanteuse vocalise avec l’orchestre. Effet garanti. Le jeune couple à ma gauche s’enlace tendrement. Magia del bel canto.

« On va rester à l’opéra ». Ca sonne majestueusement comme un grand air d’opéra. « L’opéra c’est le seul endroit où quand un type se prend un poignard dans le dos, au lieu de mourir, il chante » (Boris Vian). Chanson en italien. La contrebasse lance un air entraînant. Ca devient de la variété jazzy italienne avec une nuance de cha cha. La chanteuse a remis son châle sur ses épaules, lecteurs libidineux. Solo de vibraphone de David Patrois. Ca chante et swingue vite et bien.

Retour aux Etats Unis d’Amérique avec « Mingus’s House », dédié à Charles Mingus. Un morceau léger, joyeux, entraînant. Cela devient une chanson émouvante qui repart puissamment. Grosse pulsation de la contrebasse, forcément. La chanteuse a ôté son châle, lecteurs gourmands.

PAUSE

Le concert est bon mais un peu trop sage à mon goût. De plus, je suis fatigué et il y a école demain. Ma chronique s‘arrête donc ici.

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Le Gérard Marais Quartet fait du Sunside son village

Publié le par Guillaume Lagrée

Gérard Marais Quartet

Paris. Le Sunside.

Mardi 29 septembre 2015. 21h.

Concert de sortie de l’album « Inner Village » (Cristal Records)

Gérard Marais : guitare électrique et compositions

Christophe Marguet : batterie

Henri Texier : contrebasse

Jérémie Ternoy : piano

C’est fusionnel dès les premières notes. Ce son de guitare me rappelle Pat Metheny, clair comme du cristal. Le pianiste est le benjamin du groupe mais il prend la rythmique fermement en main. Ca balance bien. Dialogue de vieux complices entre Henri Texier et Christophe Marguet. Monsieur Henri a toujours ce gros son bondissant qui vous chauffe des entrailles à l’âme.

En intro, un duo piano batterie qui se répondent par vagues successives. Contrebasse et guitare s’en mêlent pour une sorte de boléro bluesy. Batteur aux balais. Ca glisse. Dommage, il n’y a pas de piste de danse au Sunside. Ces gars là vous emmènent avec eux, tout en finesse. On se croirait dans un bordel de luxe à Buenos Aires. Mousse et pampre. Ca berce bien. Nous dodelinons joyeusement.

Gérard Marais s’exprime par la musique. A part un petit merci, il n’a rien dit jusqu’ici. Par contre, pour la musique, il prend grand soin du bien être de son public, c’est indéniable. Le batteur est toujours aux balais. Une ballade tranquille mais pas pépère. Il y a des surprises, des virages brusques, des relances bref de quoi laisser l’auditeur éveillé, toujours à l’attente de la surprise suivante.Le batteur passe aux baguettes et le tempo s’accélère. Le Blues n’est pas réservé aux Noirs du Mississipi. Ah, ce gros son de contrebasse ! Christophe Marguet, revenu aux balais, pétrit la pâte sonore. Quelques douces notes de guitare. Gérard Marais fut le professeur de générations de guitaristes en France. Qu’ils continuent d’apprendre en l’écoutant.

Tiens, un indice. « Le morceau suivant s’intitule Serengeti ». Inspiré de l’Afrique comme son titre l’indique. Batteur aux balais. Ca groove élégamment. Sans effort apparent, Henri Texier propulse l’ensemble. Le pianiste brode sa dentelle de Calais. Ponctuations de guitare pile poil dans le tempo. Le piano se tait. La guitare décolle, poussée par la contrebasse et la batterie. Le piano revient pour donner encore plus de fond au son. Quel régal ! Par petites phrases qui se succèdent, l’histoire se construit. Fin sèche et nette.

Une ballade. Duo piano/guitare entre l’ancien élève et l’ancien professeur. Quand la maîtrise technique est au service de l’émotion, c’est là que la musique nous offre son meilleur. Marguet aux balais. Texier vient ajouter plus de rondeur encore. Court et élégant.

Nouvelle ballade. Batteur aux balais. Le quartette nous emmène en promenade au bord de l’eau, le long d’un chemin de halage. Ca devient plus blues quand le piano s’arrête. Le flux descend puis remonte doucement sous l’impulsion du piano. Quel délicieux bain de sons !

« Katchinas » pour conclure le 1er set. La guitare vient résonner avec les cordes du piano travaillé de la main gauche du pianiste, la main droite jouant sur le clavier. Batteur aux balais et contrebasse viennent s’y ajouter. Ca danse. Quel chorégraphe ou maître de ballet s’emparera de cette musique ? Ca monte en puissance et en volume progressivement. Ce sont des amants experts de la musique. Pendant que la rythmique joue, Gérard Marais fait comme nous, il écoute et profite. Il revient reprendre la mélodie avec des effets discrets de distorsion du son. Solo de batterie aux balais. Le son tourne comme des balles de jongleur, sans jamais retomber. Et voilà.

PAUSE

La musique est magnifique, il n’est pas tard mais je suis déjà fatigué et il y a école demain. Ma chronique s’arrête donc là. Des interprètes de qualité dans le Jazz actuel, ça se trouve. Des compositeurs élégants et raffinés, beaucoup moins. Henri Texier et Christophe Marguet en font partie. Ce n’est pas par hasard qu’ils jouent dans le quartet de Gérard Marais.

La photographie de Christophe Marguet est l'oeuvre du Mystérieux Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Christophe Marguet par Juan Carlos HERNANDEZ

Christophe Marguet par Juan Carlos HERNANDEZ

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" Perfect Animal " Becca Stevens Band

Publié le par Guillaume Lagrée

" Perfect Animal "

Becca Stevens Band

Decca. Universal.

Sorti le 18 septembre 2015

Unique concert en France le jeudi 22 octobre 2015 à 20h30 à Paris au New Morning.

Lectrices observatrices, lecteurs scrutateurs, il ne vous a pas échappé que Prince est un fan de Joni Mitchell. Sur l'album " Controversy " (1981), le prénom " Joni " figure sur la pochette. Sur l'album " Sign o' the times " (1987), Prince chante dans " The ballad of Dorothy Parker " : " My favourite song she said. It was Joni singing. "

Si vous cherchiez un(e) artiste qui réalise la fusion de Prince et de Joni Mitchell, ne cherchez plus, elle s'appelle Becca Stevens.

Auteur, compositeur, interprète, cette femme donne un grand coup de fraîcheur à la Pop Music.

Ambrose Akinmusire et Esperanza Spalding figurent au nombre de ses admirateurs.

Perfect Animal parle d'amour. Un thème inépuisable pour la chanson. Elle constate que nous sommes tous des animaux imparfaits à la recherche de perfection, donc de l'inaccessible ( " Imperfect animals ", n°2), d'un amour plus haut (" Higher love ", n°9). J'envie l'homme auquel elle pense de cette manière ( " Thinking about You " n°3), ou qui lui donne envie ( " You make wanna ", n°7).

Les chansons sont assez longues au regard des standards de la Pop Music, de 3'34 ( " I asked " n°1) à 5'36 ( " Tillery ", n°6). Elle prend le temps de développer son propos avec de vrais musiciens (personnel détaillé dans l'album), d'installer une ambiance, de transmettre des émotions.

Bref, je suis sous le charme de cet album, de Becca Stevens et de son groupe.

A vous d'y succomber ou pas, lectrices observatrices, lecteurs scrutateurs.

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