Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Sélection de concerts de Jazz à domicile pour avril 2020

Publié le par Guillaume Lagrée

Fred Hersch par Juan Carlos HERNANDEZ

Fred Hersch par Juan Carlos HERNANDEZ

Lectrices Swing, lecteurs Hot, je suppose que, comme moi, vous faites partie de la moitié de l'humanité vouée au confinement pour le mois d'avril 2020.

De la salle philharmonique à la cave de Jazz, tous les lieux où se joue la musique vivante sont fermés. Pour soutenir les musiciens, c'est très simple. Achetez leur musique dans la mesure de vos capacités contributives bien sûr. 

Puisque nous ne pouvons sortir écouter la Beauté se créer en direct, faisons la venir à nous tout en restant à l'écart du Covid 19.

Pour ce faire, plusieurs solutions sont possibles.

Ecouter les concerts donnés en direct depuis leur domicile par certains musiciens comme Fred Hersch. Fred Hersch, seul face à son piano, c'est bien plus intéressant que bien des groupes et des orchestres. Cf photographie au dessus de cet article. Rendez-vous chaque jour à 19h (heure de Paris) sur la page Facebook de Fred Hersch pour un morceau joué en direct. A condition d'être l'ami de Fred Hersch sur sa page Facebook bien entendu. 

Par ailleurs,le film " The Ballad of Fred Hersch " est désormais disponible gratuitement sur Vimeo. Pendant le confinement, vous avez le temps de le savourer, lectrices Swing, lecteurs Hot.

Puisque vous ne pouvez assister aux concerts, écoutez les sur France Musique avec les émissions Jazz Club (pour le présent) et Les légendes du Jazz (pour le passé) et sur TSF Jazz avec Jazz Live

Ecoutez aussi FIP pour son Club Jazz quotidien de 19h à 20h (heure de Paris).

Si vous voulez entretenir votre nostalgie, lectrices Swing, lecteurs Hot, allez sur le site de l'Institut National de l'Audiovisuel, tapez le mot clef Jazz et vous obtiendrez 1801 documents à voir et à écouter des années 1950 aux années 2000 dont la première télévision de Miles Davis, en 1957, à Paris, dans les studios de l'ORTF. Avec le confinement, non seulement vous avez du temps libre mais, en plus, l'accès à ces documents historiques est libre et gratuit durant 3 mois. Profitez pleinement d'heures de concert filmées et enregistrées à Antibes-Juan-les-Pins, Marciac, Nice, Paris, Vienne... 

Pour l'actualité du Jazz 24h/24, écoutez sur la Toile Couleurs Jazz Radio où l'auteur de ce blog sévit dans une émission mensuelle intitulée, notez l'originalité, " Le Jars jase Jazz ". Diffusion le lundi à 22h et le vendredi à 12h (heure de Paris). Pas de podcast. Audible dans le monde entier avec une connexion à l'Internet. Une fois sur le site Internet de la radio, cliquez sur Ecouter le live radio et le programme démarre. 

Vendredi 3 avril 2020 à 22h (heure de Paris), sur Couleurs Jazz Radio, concert de lancement du nouvel album " Nebula " du trio de Michael Vigneron (piano). Vous ne pouvez aller au concert? Pas grave. Le concert vient à vous. 

En avril et mai 2020, mes 2 émissions seront consacrées à l'Argentine. De B comme Barbieri Gato à Z comme Zanelli Lalo. Couleurs Jazz Radio est une radio associative, garantie sans réclame. Elle vit de contributions volontaires. Pour les contribuables imposables en France, les dons sont déductibles de l'impôt sur le revenu et de l'impôt sur les sociétés. 

Si vous voulez assister depuis la Toile aux concerts à New York, USA, dans Greenwich Village, pour les clubs Small's et Mezzrow, suivez ce lien. C'est payant certes mais toujours moins cher qu'un séjour dans la Grosse Pomme. De toute façon, les clubs new yorkais sont eux aussi fermés en avril pour cause de Covid19 et il n'y a plus d'avion entre l'Europe et les USA. N'ayez donc aucun regret, lectrices Swing, lecteurs Hot, à écouter les concerts des clubs de Jazz new yorkais depuis chez vous. 

La photographie de Fred Hersch est l'oeuvre du Confiné Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales. 

 

Partager cet article

Repost0

Manu Dibango première star internationale victime du COVID 19

Publié le par Guillaume Lagrée

Lectrices Soul, lecteurs Makossa, dansez - en respectant le mètre de distance réglementaire - pour célébrer la mémoire de Manu Dibango (1933- 2020), Français natif du Cameroun, saxophoniste alto et ténor qui a tant fait pour le dialogue entre les peuples et les cultures.

" Ce n'est pas parce que tu es Noir que tu n'as pas le droit de jouer Mozart. Ce n'est pas parce que tu es Blanc que tu n'as pas le droit de jouer du Makossa " (Manu Dibango).

Manu Dibango est la première star internationale à mourir victime du COVID19 ou coronavirus.

Fou de Jazz et de musique afro américaine, il avait eu la mauvaise surprise de découvrir que Quincy Jones avait pillé sans vergogne son Soul Makossa (cf extrait audio au dessus de cet article) pour l'album le plus vendu de l'histoire du disque " Thriller " (1983) de Michael Jackson (les choeurs dans " Wanna start something " pour être précis). Après des années de procès, sans que jamais Quincy et Mickaël, comme disait Manu, aient reconnu leur torts, la justice américaine avait tranché et donné raison à Manu Dibango. Non Soul Makossa n'était pas un air traditionnel africain, dans le domaine public, mais une création originale déposée à la SACEM dont les droits étaient protégés, copyright opera mundi. Manu Dibango qui avait tant écouté les musiciens américains, dont Quincy Jones, était fier qu'à leur tour les Américains écoutent les Africains mais il aurait préféré qu'ils reconnaissent leur dette et lui paient ses droits d'auteur. 

Voici cette histoire de plagiat superbement racontée par Stevie, un jeune Camerounais, sur sa chaîne Music Feelings . A l'origine, Soul Makossa était la face B de l'hymne consacré aux Lions Indomptables pour la Coupe d'Afrique des Nations 1972. Ensuite, repris par un DJ new yorkais, il devint un tube mondial en 1973. Le plus gros tube africain de l'histoire. Le dernier tube mondial créé par un Français était l'oeuvre d'un Camerounais, Manu Dibango. Puis Quincy Jones et Michael Jackson ont plagié cette chanson. 

Pour en savoir plus sur Manu Dibango, écoutez France Musique ce mardi 24 mars 2020 à 19h pour une émission retraçant la carrière de ce Géant puis FIP à 20h pour le dernier concert de Manu Dibango à Paris, au Grand Rex, le 17 octobre 2019 avec son Safari Symphonique

Dans la vidéo ci-dessous tournée en 2013 par le magazine Couleurs Jazz, dont descend Couleurs Jazz Radio où votre serviteur sévit le lundi à 22h et le vendredi à 12h (heure de Paris) dans l'émission Le Jars jase Jazz, Manu Dibango fête ses 80 ans en concert au festival Jazz à Saint Germain des Prés

Partager cet article

Repost0

" Uncertain weather " Lou Tavano

Publié le par Guillaume Lagrée

Lou Tavano

" Uncertain Weather "

L'Autre Distribution. 2020.

Lou Tavano: chant, composition

Alexei Asantcheeff: piano, chant (2, 4 & 8) , composition

Guillaume Latil: violoncelle, effets

Alexandre Perrot: contrebasse

Ariel Tessier: batterie, percussions préparées

Eric Perez: choeur (1, 6, 7 & 8)

Pierre Rereygeol: choeur (1, 6, 7 & 8)

Toutes les chansons ont été écrites et composées par Lou Tavano et Alexei Asantcheeff à Greenock, Ecosse, Royaume Uni.

" Le mauvais temps, c'est le temps qui dure trop longtemps " m'apprit un agriculteur du Jura français alors que je marchais avec un ami sur le sentier de la Grande Traversée du Jura entre Pontarlier (France) et Nyon (Suisse) par un mois de juillet froid et humide où le soleil revenait enfin pour sécher le fourrage. Il était temps. Les vaches montbéliardes qui font le lait qui fait le comté (s'il est jaune, c'est qu'elles ont brouté dans le pré. A condition qu'il n'ait pas été coloré artificiellement avec de la carotte. S'il est blanc, n'en mangez pas, c'est un ersatz) commençaient à avoir leurs sabots infectés à force de marcher dans la boue. 

A Greenock, en Ecosse, où fut composé cet album (terre de la mère du pianiste Alexei Asantcheeff), le temps change souvent, comme dans ma Bretagne natale. C'est cette ambiance de fugacité et d'incertitude qui est le fil conducteur de cet album " Uncertain weather ". Les chansons sont en anglais sauf deux. " J'attends " (7) chanson que je désapprouve. Lou Tavano est une jeune femme manifestement parée de sagesse et de beauté, heureuse à la ville comme à la scène avec son pianiste Alexei Atsancheeff. C'est une chanson d'amour triste alors qu'une Dame de cette qualité a manifestement le choix de l'embarras dans ses amours. Bref, je ne crois pas à cette chanson. A tort, peut-être. Par contre, " Le fil de la vie " (8) est particulièrement d'actualité en ce temps incertain de pandémie de COVID19. Cf extrait audio au dessus de cet article.

La musique repose sur les cordes. Vocales, de la contrebasse et du violoncelle. Pas de guitare, pas de cuivre, pas de saxophone. Pas d'instrument brillant et bruyant. Ariel Tessier, à la batterie et aux percussions, se met au diapason de l'ensemble, ponctuant, soulignant mais jamais envahissant. 

Tout est suspendu dans l'air comme un cumulonimbus . Enorme, puissant, multicolore entre la lumière du soleil et les reflets du miroir de la mer mais léger, changeant de forme à tout instant et pouvant même disparaître sous un coup de vent. 

C'est cette ambiance que retranscrit à merveille " The Dancer " (4) ou " As we part " (5).

Les sentiments exprimés sont complexes. Pour autant, la musique est simple d'apparence car elle va à l'essentiel. Ainsi appelle t-elle aux " Simples Ways to be " (2). Cf vidéo sous cet article.

 Divers concerts de ce groupe sont prévus en France mais, en ce temps incertain, je préfère ne pas les annoncer. Quand la pandémie de COVID 19 sera terminée, que la musique pourra se savourer de nouveau fraîche, directement du producteur au consomacteur, je ne manquerai pas de vous faire part des concerts de Lou Tavano et de ses hommes, lectrices subtiles, lecteurs agiles. 

Partager cet article

Repost0

" Silence the 13th " Thomas Delor

Publié le par Guillaume Lagrée

Thomas Delor

" Silence the 13th "

Fresh Sound Records. 2020.

Thomas Delor: batterie, compositions (1, 2, 3, 5, 6 & 9)

George Correia: contrebasse

Simon Martineau: guitare électrique

Lectrices confinées, lecteurs confinés, comme moi, vous vous abstenez d'aller au concert (il n'y en a plus de toute façon) mais vous avez le temps d'écouter de la musique pour aérer votre cerveau sans sortir de chez vous.

Je vous ai déjà chanté les louanges du batteur Thomas Delor au sein du Nuzut trio avec le même guitariste, Simon Martineau mais un autre leader, le contrebassiste italien Flavio Perrella.

Voici maintenant que je viens vous célébrer le trio de Thomas Delor avec la même instrumentation que le Nuzut Trio mais un autre contrebassiste, Georges Correia. Autre différence, Thomas Delor est ici le leader et a composé 6 des 9 thèmes qui composent l'album 

Avec la même instrumentation et 2 musiciens sur 3 en commun, le trio de Thomas Delor sonne très proche du Nuzut Trio. Les esthètes raffinées, les mélomanes avertis que vous êtes, lectrices confinées, lecteurs confinées, peuvent s'amuser à écouter tour à tour voire, en mélangeant, le Nuzut Trio et le trio de Thomas Delor afin de les distinguer à l'oreille. J'avoue ne pas m'être encore adonné à ce jeu de l'esprit.

Avant d'être musicien à plein temps, Thomas Delor était d'abord mathématicien. Logique car il est inutile de jouer la batterie si vous ne savez pas compter. L'harmonie obéit à des lois mathématiques. Ayant réussi à échapper aux mathématiques jusqu'au baccalauréat inclus, je ne peux qu'admirer cette forme d'intelligence que je ne possède pas.

Toutefois, notre batteur leader ne donne pas l'impression de résoudre des équations en jouant ce qui rend la musique fort ennuyeuse pour l'auditeur (j'ai des noms en tête mais je ne les écrirai pas). La musique est certainement complexe, subtile mais elle paraît simple ce qui est le propre des artistes et des savants qui maîtrisent leur sujet. Il y a tant de faux savants qui rendent complexes les choses simples. Les vrais rendent simples les choses complexes.

Thomas Delor présente un défaut majeur. Il est batteur. Il est souvent reproché aux batteurs de faire du bruit, de couvrir les autres musiciens. Ce n'est pas le cas de notre héros. Il ne couvre pas la pulsation de la contrebasse, les intonations de la guitare. Il les souligne, les prolonge, les propulse. Tout se passe en finesse et en douceur même quand il s'agit d'un ordre: " Une soupe et au lit " (9). Cf extrait audio au dessus de cet article. 

Enfin, le batteur, leader, compositeur Thomas Delor connaît ses classiques. De la chanson française avec un standard maintes fois repris par les Jazzmen ( " I wish You love " in english) , " Que reste t-il de nos amours? "  (7) de Charles Trénet , du classique " Prélude n°28 " (8) de Frédéric Chopin ou du Be Bop avec la délicieuse version du " My Little Suede Shoes " (4) de Charlie Parker . Cf vidéo sous cet article. A ne surtout pas confondre avec " Blue Suedes Shoes " chanté par Elvis Presley. On a excommunié et écartelé pour moins que cela!

Bref, vous l'aurez compris, lectrices confinées, lecteurs confinés, pour aérer votre cerveau sans déranger vos voisins, écoutez , sans monter le son, " Silence the 13th " du trio de Thomas Delor. Une fois revenus à une activité normale, il me sera agréable de vous retrouver à un concert de ce trio.

Partager cet article

Repost0

Du Swing contre le Coronavirus!

Publié le par Guillaume Lagrée

Lectrices confinées, lecteurs confinés, que vous soyez isolés, en couple, ou en famille, dans un studio ou un château, vous ne devez pas sortir de chez vous tant que l'épidémie de COVID 19 ne sera pas maîtrisée.

Comme moi, vous êtes abreuvés de conseils d'experts, d'interdits gouvernementaux, assommés par des reportages et des articles divers et variés.

Pour traiter le sujet joyeusement, en dansant (avec le mètre de distance réglementaire), voici deux exemples sur la conduite à tenir.

Les Jazzmen italiens de Rimbamband. Cf vidéo au dessus de cet article. Les amateurs de musique classique reconnaîtrons la 5e danse hongroise de Johannes Brahms (1833-1897) . Charles Chaplin, en barbier juif, rase un client au rythme de cette musique dans " Le Dictateur ". 

La chorale sud-africaine Ndlovu Youth Choir. Cf vidéo en dessous de cet article.

Comme disent nos amis et voisins Italiens: Forza!

Partager cet article

Repost0

RIP Mac Coy Tyner (1938-2020)

Publié le par Guillaume Lagrée

Lectrices pianistes, lecteurs saxophonistes, le décès de Mac Coy Tyner le 6 mars 2020 n'a pu vous échapper. 

Je rappelle sur ce blog une Leçon de Jazz d'Antoine Hervé en 2012 consacrée à ce Géant du piano intitulée: " Tempête sur les musiques du monde ".

Mac Coy Tyner était natif de Philadelphie comme tant de grands Jazzmen: " Philly " Jo Jones (batteur), les frères Bud et Richie Powell (piano), les frères Heath (Jimmy au saxophone, Percy à la contrebasse et Albert à la batterie). A 18 ans, il se convertit à l'Islam. Il avait les oreilles grandes ouvertes aux musiques africaines (la terre des ancêtres) mais aussi asiatiques, européennes et évidemment américaines. 

Pour plus d'informations, je vous signale les articles biographiques du New York Times et de Libération .

Pour aller plus loin, lisez le passionnant entretien (2008) de Mac Coy Tyner avec Dan Tepfer (1982), pianiste maintes fois célébré sur ce blog. 

Un seul mot sur Mac Coy Tyner pour résumer son apport à la principale musique du XX° siècle, le Jazz: " Il m'a permis de déployer mes ailes " (John Coltrane).

Quand John Coltrane quitta Miles Davis en 1960 pour voler de ses propres ailes et fonder son quartet, son premier pianiste se nommait Steve Kuhn. Très vite, un mois je crois, Steve Kuhn fut remplacé par Mac Coy Tyner. Le quartet dura jusqu'en 1965 avec Jimmy Garrison (contrebasse) et Elvin Jones (batterie). Depuis, des milliers de Jazzmen se sont cassés les dents, les doigts, les anches à  essayer de jouer comme ce groupe.

Mac Coy partit en 1965 ne supportant pas la nouvelle orientation de Coltrane avec l'ajout de percussionnistes, de saxophonistes. Il ne s'entendait plus jouer disait-il. Et pourtant, quelle puissance, quel feu sacré! Mac Coy Tyner dévorait et brûlait son piano à chaque concert. Cf " Everytime we say goodbye " en extrait audio au dessus de cet article. Un standard où Coltrane joue la mélodie au saxophone soprano laissant le solo à son pianiste, Mac Coy Tyner. 

Mac Coy Tyner Quartet en concert en France au festival Jazz à Vienne avec Bobby Hutcherson (vibraphone), Charnet Moffett (contrebasse) et Eric Harland (batterie). Dansons dans la joie du Village africain! Cf vidéo ci-dessous. 

Partager cet article

Repost0

Jon Boutellier " On both sides of the Atlantic "

Publié le par Guillaume Lagrée

Jon Boutellier

" On both sides of the Atlantic "

Album Gaya Music. 2020.

Jon Boutellier: saxophone ténor, composition (6)

Jean-Paul Estievenart: trompette

Kirk Lightsey: piano

Alexander Claffy: contrebasse

Kyle Poole: batterie

Cecilia Kaméni: chant (4)

Concerts de sortie prévus à Paris, au Duc des Lombards, vendredi 3 et samedi 4 avril à 19h30 & 21h45 si la pandémie de COVID 19 est terminée et les mesures d'interdiction de rassemblement public levées. 

Lectrices noctambules, lecteurs nyctalopes, j'avoue être un couche tôt et lève-tôt. Grave défaut pour l'amateur de Jazz. C'est pourquoi je ne fréquente pas les boeufs (jam session in english) du Duc des Lombards à Paris le vendredi et le samedi après minuit. Entrée libre. Bar ouvert.  Au moment où j'écris, le Duc est fermé sine die pour cause de pandémie de COVID 19. Concerts et sessions confitures reprendront quand des nuits meilleures viendront. 

Si j'avais fréquenté ce lieu de débauche rythmique et d'orgie sonore, je connaîtrais déjà Jon Boutellier, saxophoniste ténor français né en 1986, qui s'y déploie depuis 2014.

Après des heures passées à travailler les standards avec des complices de sa génération ou d'autres (Kirk Lightsey est né en 1937 et joue avec une joie juvénile), voici que Jon Bouteiller met tout cette expérience en boite le temps d'enregistrer en studio cet album " Both sides of the Atlantic ". Le titre de l'album est facile à comprendre car il est enregistré en France et les thèmes sont presque tous made in USA sauf une composition originale " Quiet Sides " (6). Cf extrait audio au dessus de cet article.

Lectrices noctambules, lecteurs nyctalopes, savourez le Blues nocturne de " Nice and Nasty " (5) joué en trio contrebasse, batterie, sax ténor comme Sonny Rollins mais sans trompette alors qu'il s'agit d'une composition de Thad Jones. L'ambiance et le trio demeurent avec la composition " Quiet Sides " (6) précitée.

Si vous aimez écouter une jolie voix de femme accompagnée de manière virile mais correcte, savourez " Save that time " (4) chanté par Cecilia Kaméni. 

Si vous aimez votre Blues servi chaud Funkissimo, profitez du " 1974 Blues "  (7) d'Eddie Harris toujours en trio contrebasse, batterie, saxophone ténor. 

L'ambiance nocturne, after hours selon l'expression des Jazzmen, se poursuit avec la ballade " We'll be together again " (8) jouée encore en trio contrebasse, batterie, sax ténor. Jon Bouteiller n'a pas la puissance de Sonny Rollins au même âge (écoutez Sonny Rollins en 1963-64 avec Don Cherry ou Herbie Hancock si vous n'en êtes pas encore convaincus) mais il tient la place. Alexande Claffy et Kyle Poole tiennent solidement la baraque. 

Le même trio maintient cette même ambiance avec un grand classique " Yesterdays " (9) dont Sonny Rollins grava une version sublime en duo avec son Maître Coleman Hawkins. L'album " Sonny meets Hawk " est indispensable à votre discothèque lectrices noctambules, lecteurs nyctalopes. Je l'offris il y a 20 ans à une amie qui me remercia ensuite d'avoir enrichi la sexualité de son couple. Ils sont toujours ensemble et ils ont 2 beaux garçons. C'est dire si ça marche!

Quant au pianiste Kirk Lightsey, doyen d'âge de cette séquence, il l'ouvrait joyeusement en rendant hommage à deux Maîtres du piano Jazz, Cedar Walton pour " Black " (1) & Duke Ellington pour " Blue Rose " (2). Il la conclue tout aussi énergiquement en jouant un troisième Maestro du piano, Mac Coy Tyner, pour " Blues on the corner " (10) où le trompettiste Jean-Paul Estievenar brille lui aussi de mille feux.

 

Concerts de sortie prévus à Lyon au Bémol 5, jeudi 2 avril à 20h30; à Paris, au Duc des Lombards, vendredi 3 et samedi 4 avril à 19h30 & 21h45 . Au Club de Minuit du festival Jazz à Vienne jeudi 9 juillet 2020.

Si la pandémie de COVID 19 est terminée et les mesures d'interdiction de rassemblement public levées.

 

Partager cet article

Repost0

Les polars de Boris Vian en BD

Publié le par Guillaume Lagrée

D'après Vernon Sullivan

Alias Boris Vian

 " J'irai cracher sur vos tombes " & " Les morts ont tous la même peau "

Scénario: JOMORVAN

Dessin: German Erramouspe, Mauro Vargas; Rey Macutay, Rafael Ortiz, Scietronc

Couleur: Hiroyuki Ooshima

Glénat. Sortie le mercredi 11 mars 2020

Lectrices Hot, lecteurs Swing, vous connaissez forcément Boris Vian, le trompettiste, le chanteur, le compositeur, le producteur, l'écrivain. Dans sa brève et riche vie (1920-1959), Boris Vian traduisit des classiques du roman noir américain comme " Le grand sommeil " de Raymond Chandler. Avant, par jeu, Boris Vian, créa le personage de Vernon Sullivan, auteur américain de romans noirs dont Boris Vian traduisait les ouvrages pour la Série Noire chez Gallimard. 

Sauf que Vernon Sullivan n'était autre que Boris Vian. Inspiré par ses lectures, Boris, aidé par son épouse Michelle qui l'initia à la littérature anglo-saxonne, écrit en 15 jours de vacances de l'été 1946, un roman dans le style de James Hadley Chase, où se mêlent sexe, mort et violence, " J'irai cracher sur vos tombes ". C'est Michelle qui lui suggéra " cracher " plutôt que " danser ". Face au succès de scandale, Boris renouvela l'expérience avec " Les morts ont tous la même peau ". Après tout Chase lui même était Britannique, né à Londres et a gagné assez d'argent pour finir paisiblement sa vie en Suisse, face au Lac Léman. Ses romans noirs étaient écrits avec un  dictionnaire d'argot américain et de la documentation sur la pègre prise en bibliothèque.

Boris Vian, qui n'avait encore jamais mis les pieds aux Etats-Unis d'Amérique, était déjà fou de Jazz et bien renseigné sur la question raciale. Lui qui était Blanc et Français ne cessa de défendre l'Art créé par les Noirs aux Etats-Unis d'Amérique, plaçant systématiquement les musiciens noirs à leur place, c'est-à-dire au sommet. Il lui fallait lutter contre des montagnes de préjugés et tous les prétextes lui étaient bons, y compris ces polars parodiques, centrés justement sur les questions de couleur de peau et d'identité.

" J'irai cracher sur vos tombes ", c'est l'histoire d'un métis qui passe pour un Blanc, en profite pour séduire les filles blanches les plus racistes et les plus riches d'une ville de province américaine. Son frère, Noir, a été tué par le Klux Klux Klan parce qu'il fréquentait une Blanche. Sa vengeance sera terrible. Pas de place pour les sentiments.

" Les morts ont la même peau " c'est la situation inverse. Celle d'un métis qui a oublié ses ancêtres africains et ne veut jamais avoir affaire aux Noirs. Son épouse est Blanche et blonde, son fils aussi. Mais le désir de la femme Noire le travaille (le Money Maker en argot noir américain) et son demi-frère Noir le fait chanter. Il le tue pour s'en débarrasser et apprend ensuite que ce n'est pas son frère. Bref, tout cela finira mal. Pas de happy end dans les romans noirs de Vernon Sullivan.

Pour fêter les 100 ans de Bison Ravi, alias Vernon Sullivan, né Boris Vian les éditions Glénat nous proposent une version BD de ces romans noirs. Le trait est énergique, c'est bien dessiné et mis en scène. Ca se lit facilement , même sans whisky dans la main, cigare en bouche, ni beau mec ou petite pépée dans vos pattes selon vos goûts, lectrices Hot, lecteurs Swing. 

Surtout, ces BD se lisent en écoutant les Maîtres de Boris Vian. Louis Armstrong chantant " Black and Blue " . " My only sin is in my skin. What did I do to be so black and blue ? " . Cf extrait audio au dessus de cet article. Et Duke Ellington dont " la musique est si érotique qu'elle en devient mystique " selon le joli mot de Boris Vian. Cf vidéo sous cet article. 

 

Pour de vrais romans noirs écrits par un Noir américain décrivant puissamment le conflit racial aux Etats-Unis d'Amérique, lisez Chester Himes (1909-1984), écrivain déjà célébré sur ce blog, lectrices Hot, lecteurs Swing. Même traduits en français, les inspecteurs Coffin Ed Johnson (Ed Cercueil) et Grave Digger Jones (Fossoyeur Jones) vous feront passer de sacrés quarts d'heure.

Partager cet article

Repost0

Le Siècle du JAZZ. Art, cinéma, musique et photographie de Picasso à Basquiat

Publié le par Guillaume Lagrée

New York vue par Juan Carlos HERNANDEZ

New York vue par Juan Carlos HERNANDEZ

Le Siècle du JAZZ

Art, cinéma, musique et photographie

de Picasso à Basquiat

Catalogue de l'exposition donnée à Rovereto, Italie, au Museo di Arte Moderne e Contemporanea di Trento e Rovereto, du 15 novembre 2008 au 15 février 2009, à Paris, France, au Musée du Quai Branly, du 17 mars au 28 juin 2009, à Barcelone, Espagne, au Centre de Cultura contemporània de Barcelona, du 21 juillet au 18 octobre 2009.

Cet article est dédié à la Dame qui m'a offert ce livre en souvenir d'années de bons et loyaux services en commun. Qu'elle soit de nouveau remerciée ici pour ce présent de prix.

Lectrices raffinées, lecteurs cultivés, il ne vous a pas échappé que l'influence du Jazz, genre musical centenaire auquel je consacre ce blog et une émission mensuelle éponyme sur Couleurs Jazz Radio (diffusion le lundi à 22h et le vendredi à 12h, heure de Paris) dépasse largement le cadre de la musique.

Pour le grand public, il est une source de plaisir et de divertissement. Après tout, le Jazz est né dans les maisons closes de la Nouvelle-Orléans pour faire danser les clients. Pour certains artistes, c'est un art voire même une raison de vivre. " Même si je devais mourir de faim sur une île déserte, je continuerai de jouer comme ça " (Eric Dolphy, 1928-1964).

Le jaillissement créatif du Jazz a tout renversé sur son passage. Au point que les premiers écrivains français dont le style d'écriture fut marqué par le rythme du Jazz étaient racistes et antisémites, ne supportaient pas le métissage qui est à la source du Jazz. Leurs noms: Paul Morand (1888-1976) & Louis-Ferdinand Céline (1894-1961).

C'est de cette influence sur tous les arts que traite l'exposition Le siècle du Jazz. Art, cinéma, musique et photographie que je vis à Paris, au musée du Quai Branly, en 2009. A l'époque, je ne m'étais pas offert le catalogue de l'exposition. 11 ans après, je l'ai reçu en cadeau. J'y ai découvert mille merveilles. Je savais que Giorgio de Chirico et Andy Warhol avaient illustré des pochettes d'albums (Thelonious Monk et Johnny Griffin respectivement), j'ignorais que ce fut aussi le cas de Jackson Pollock et Salvador Dali. 

L'ordre des chapitres est chronologique, de la préhistoire du Jazz '(avant 1917) à son passé récent (jusqu'à 2002) en abordant à chaque fois l'influence du Jazz sur la littérature, les arts graphiques, le cinéma. La dernière oeuvre de Piet Mondrian s'appelle Broadway Boogie Woogie (1942-1943) dont le graphisme a 40 ans d'avance sur les jeux vidéos. Henri Matisse s'est renouvelé en fin de vie avec les collages de l'album Jazz qui ont marqué les arts graphiques d'après 1945.

Pour l'instant, je me suis contenté de plonger dans la beauté des images (peintures, affiches, caricatures, pochettes d'albums). Je n'ai pas encore lu les textes pour m'instruire. Le livre est imposant (445 p). Il n'est pas d'un volume fait pour être lu dans les transports en commun. Non, lectrices raffinés, lecteurs cultivés, il vous faudra de l'espace, du calme et du temps pour savourer pleinement le catalogue de l'exposition " Le siècle du Jazz ". Par exemple, en écoutant le " Self portrait in three colors " de Charles Mingus tiré de l'album " Ah Um " (1959) illustré par le graphiste américain d'origine japonaise S Neil Fujita qui déclarait que le Jazz appelait à l'abstraction, à une sorte de stylisation dans l'illustration visuelle  . Cf extrait audio au dessus de cet article. 

 

Dans la vidéo ci-dessous, Duke Ellington (1899-1974) joue en trio avec John Lamb (contrebasse) et Sam Woodyard (batterie) au milieu des sculptures de Joan Miro à la Fondation Maeght à Saint-Paul-de-Vence (06), en 1966. Une composition créée pour le lieu et le moment " The Shepherd ". Deux créateurs de génie se rencontrent. L'homme qui écoute debout le trio, c'est Joan Miro (1893-1983) qui déclara ensuite: " Ce fut une des rares fois de ma vie où j'eus conscience de rencontrer un homme aussi génial que moi ". 

 

La photographie de New York est l'oeuvre de l'Esthétique Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Partager cet article

Repost0

Henri Texier " Chance "

Publié le par Guillaume Lagrée

Henri Texier & Manu Codjia par Juan Carlos HERNANDEZ

Henri Texier & Manu Codjia par Juan Carlos HERNANDEZ

Henri Texier

" Chance "

Album Label Bleu. Sorti le 28 février 2020.

Concert de sortie à Paris, au Café de la Danse, samedi 21 mars 2020, à 19h30. 

 

Henri Texier: contrebasse & compositions (3, 4, 7 & 8)

Vincent Le Quang: saxophone ténor & soprano, composition (6)

Manu Codjia: guitare électrique , composition (2)

Gautier Garrigue: batterie, composition (5)

Sébastien Texier: saxophone alto, clarinette, clarinette alto, composition (1)

 

Lectrices exigeantes, lecteurs sélectifs, je vous ai déjà chanté les louanges de ce quintette d'Henri Texier pour son précédent album " Sand Woman " (2018). Deux ans après, Henri Texier (1945) est toujours en vie et joue toujours avec les mêmes musiciens. Il le considère comme une chance, d'où le titre de ce nouvel album " Chance ". 

Le Jazz est un processus démocratique et Henri Texier est un vrai leader. L'album compte 8 morceaux. Chacun des 4 accompagnateurs a droit à sa composition y compris son fils Sébastien avec " Cineccità " (1) qui ouvre l'album de manière nostalgique puis énergique. Manu Codjia enflamme avec sa guitare son " Jungle jig " (2). Gautier Garrigue nous offre une ballade langoureuse et étirée avec " Laniaeka " (5). Vincent Le Quang un morceau méditatif avec " Le même fleuve " (6). " On ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve " (Héraclite). Tant l'eau que l'homme ont changé. Voilà qui est dit en musique. 

Le chef a droit à 4 compositions à lui seul. Non pas parce qu'il est le chef mais parce qu'Henri Texier est le Maître reconnu des mélodies envoûtantes. Il en sort  de son chapeau depuis plus de 40 ans. Encore et toujours, Henri Texier nous parle le langage de la dignité.

Celui d 'élus qui ont pour souci premier leurs électeurs et non leur carrière avec Simone Veil (1927-2017) qui donna aux femmes le droit à l'avortement contre sa propre famille politique, avec le soutien du président de la République Valéry Giscard d'Estaing (1974) et Robert Badinter (1928) qui porta, soutenu par sa majorité et appuyé par le président de la République François Mitterrand mais contre l'avis de l'opinion publique, l'abolition de la peine de mort en France (1981). Cela donne " Simone et Robert " à l'allure digne et majestueuse(3). Cf vidéo sous cet article. Autre admiration, celle pour la danseuse et chorégraphe allemande Pina Bausch. (1940-2009) C'est l'air dansant impulsé par la contrebasse" Pina B " (4). 

Le quintet d'Henri Texier conclue l'album " Chance " avec deux compositions du Maître. D'abord un cheval debout, sur les verts pâturages de l'île de Batz en Bretagne (Henri Texier est un Breton de Paris, fils de cheminot qui passait ses vacances d'enfance au pays de ses parents grâce au service public ferroviaire). D'où ce solo de contrebasse intitulé " Standing Horse " (7). Quant à l'envoi final, " Chance " (8), il est digne d'une musique de cour comme d'un bal populaire. Un air irrésistible qui me donne le frisson. Cf extrait audio au dessus de cet article. 

Pour avoir la Chance de savourer cette musique sur scène, rendez-vous à Paris au Café de la Danse, samedi 21 mars 2020, à partir de 19h30 pour fêter le printemps et la musique d'Henri Texier

 

La photographie d'Henri Texier & Manu Codjia est l'oeuvre de l'Indélébile Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intelectuelle passible de sanctions civiles et pénales

Partager cet article

Repost0

<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 > >>