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International Song Writing Competition 2015: 25 000 $ en jeu

Publié le par Guillaume Lagrée

Lectrices compositrices, lecteurs auteurs, unissez vos forces pour gagner l'International Song Writing Competition, édition 2015.

Inscriptions jusqu'au jeudi 10 septembre 2015.

30 US $ de frais d'inscription par catégorie sachant qu'il existe une catégorie Jazz.

Il s'agit d'écrire une chanson originale (paroles et musique) et de convaincre le jury que la votre est la meilleure.

Le Grand Prix du jury est de 25 000 US $.

Parmi les membres du jury figurent les guitaristes et/ou chanteurs Pat Metheny, Robben Ford, Keb Mo et Tom Waits ainsi que Danilo Perez (piano), Stanley Clarke (basse) et Jean Luc Ponty (violon), musicien français plus considéré aux USA qu'en France sans oublier les présidents directeurs généraux des Major Companies de la musique enregistrée (Universal, Warner Bros, Arista...).

L'habileté vocale n'est pas un critère de sélection. Sinon, Tom Waits ne pourrait pas être juré du concours.

Si vous composez un hit aussi troublant et efficace que " This is not America " (David Bowie & Pat Metheny) la victoire vous est acquise, lectrices compositrices, lecteurs auteurs.

Au travail! Bon courage.

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Le troublant boléro d'Irving Acao au Duc des Lombards

Publié le par Guillaume Lagrée

Irving Acao

Paris. Le Duc des Lombards.

Mardi 4 août 2015. 19h30.

Irving Acao : saxophone ténor

Yonathan Avishai: piano

Felipe Cabrera: contrebasse

Lukmil Perez: batterie

Carlos Miguel Hernandez: chant

Lectrices hispaniques, lecteurs hispanisants, je vous prie de bien vouloir excuser mes erreurs de transcription dans les titres des morceaux. Je ne parle pas un mot d’espagnol. Merci pour votre indulgence et vos corrections.

Le premier morceau m’a laissé froid. Je n’en dirai mot.

Le second morceau était un hommage à Marco Polo. Une jolie ballade. Je retrouve ce son de saxophone qui me plaît tant sur l’album « Azabache » d’Irving Acao. C’est plus velouté, plus chaleureux. Le groupe a franchement monté de niveau par rapport au premier morceau. Quel joli thème ! Ca chante.

Arrivée du chanteur. « La gloria es tu ». Solo de contrebasse pour préparer le terrain. Un peu long comme préliminaires. Au fait. Justement le chanteur chantonne avec le saxophone. C’est du boléro, le style des crooners cubains. On se croirait dans un hôtel à La Havane, avant 1959, au bord de la piscine, avec Ernest Hemingway, Frank Sinatra, Ava Gardner et Sam Giancana. La voix est chaude et grave à souhait. Il s’adresse clairement aux dames et aux demoiselles. Le sax aussi. Smoothy, comme disait Louis Armstrong. La rythmique réveille le tout. Juste une brise légère sur le front de mer pour nous rafraîchir. Le sax ténor reprend la main. Ca glisse sur du velours. Beau duo sax/contrebasse. Un instant, j’ai cru à une sonnerie de portable mais c’est le piano qui revient et relance la rythmique. Le quartet redémarre en bloc. Beau décollage. Là, ça sonne hard bop.

« Que hora ? ». Le chanteur porte un petit chapeau, des lunettes noires, une chemise blanche. Le total look du crooner cubain. Duo piano/chant. Liquide. Une ballade. C’est l’esprit boléro fort différent de celui de Ravel même si ces rythmes viennent bien d’Espagne donc des Arabes (suivez les Leçons de Jazz d’Antoine Hervé pour les explications techniques sur ces voyages des rythmes d’Arabie à Cuba via l’Espagne et la France). La rythmique arrive avec le batteur aux balais . Quelques notes chaudes de sax ténor. Ca emballe. Comme disait Guy Bedos dansant avec Sophie Daumier : « Vas y Jeannot ! Attaque ! » (sketch « La drague ».1973).

« Siete », nouvelle composition d’Irving Acao. La salle est pleine et se remplit encore. Un morceau plus énergique avec un bon tempo latino. Ca balance et donne envie de danser. Ca se voit dans la salle qui hoche la tête et bat des pieds. Le chanteur est parti. Ca sonne plus viril. Le jeu reste tout de même sous contrôle. Ce n’est pas Gato Barbieri. Trop de préliminaires, pas assez de jouissance, à mon goût. Joli jeu de lumières rouges qui clignotent sur le manche de la contrebasse. Rythme entêtant du piano qui accompagne le solo de batterie alors que la contrebasse impulse. Ca sonne latin, enfin ! Le saxophone s’ajoute à la fiesta. Ca retombe aussitôt en douceur comme une feuille qui tombe jusqu’au final.

Retour du chanteur. Au public de chanter maintenant. « Laï, laï, laï, laï ». Attention, ce n’est pas du Enrico Macias. Cela ne se prononce pas pareil. Ca balance doucement et le public prend de l’assurance. Un standard cubain. Même moi je reconnais. C’est dire. Paroles tristes sur un air joyeux. A chacun son solo : au chanteur, au public, au saxophoniste. « Es la storia de un amor ». Le dernier mot reste au public pour le refrain.

« Reflexion » (Irving Acao). Un air qui balance comme un voilier sur la mer des Caraïbes. Ca s’énerve sur la fin : du coltrano-cubain. Ostinato du piano, contrebasse au milieu et le batteur aux tambours avec un son latino. Ca, c’est bon.

L’Internationale Communiste est reconstituée. Un couple de jeunes Chinois, à côté de moi, écoute passionnément des Cubains.

Le film ci-dessous fut réalisé durant la répétition de ce concert. Rien à ajouter.

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Eddy Louiss par Emmanuel Bex

Publié le par Guillaume Lagrée

Lectrices groovy, lecteurs funky, après les souvenirs d'Eddy Louiss par mézigue et par Matthieu Marthouret, voici ceux du pianiste et organiste Emmanuel Bex. Merci à Emmanuel Bex pour ses réponses (im)pertinentes à mes questions. Nous ne nous souviendrons jamais assez d'Eddy Louiss.


Guillaume Lagrée: Que représente Eddy Louiss pour toi?

Emmanuel Bex: Eddy Louiss était pour moi une de mes deux sources d’inspirations principales, l’autre étant Bill Evans. Bill Evans m’a donné le goût du jazz, Eddy Louiss celui plus particulier de l’orgue dans le jazz.
Il était un des musiciens les plus emblématiques de ce que la France a donné au Jazz. Je me dis, qu’il a , avec d’autres, mais très peu, permis à cette musique de tenir le choc des années 70, années qui auraient pu la voir sombrer sous le poids de la pop, de la musique commerciale et de tous les trucs ennuyeux….On lui doit tous une fière chandelle!


GL: Quelle influence a eu sa musique sur la tienne?

EB: Très déterminante. Sans lui , je n’aurais pas ressenti la force, l’engagement, l’humanité de la phrase musicale.

GL: Comment était l’homme?
EB: Je le connaissais très peu, nos rapports ont été très distants, sans que je sache pourquoi…. Question de génération sans doute, et de manière différente d’être avec les autres. Je l’ai toujours regretté, et je lui ai envoyé un email deux mois avant sa disparition, où je lui proposais que l’on se connaisse mieux, dans la grande aventure humaine et musicale du jazz. Je n’ai pas eu de réponse, et bien sûr il a disparu subitement.

GL: Quelles oeuvres de lui recommanderais tu à ceux qui ne le connaissent pas?
EB: Ses deux disques majeurs sont pour moi, " Dynasty " sous le nom de Stan Getz, où même s’il n’est pas leader formellement, il est le pivot de la musique du quartette. L’autre disque est la suite « Porgy & Bess " avec les arrangements d’Ivan Jullien. Un chef d’oeuvre tout à fait baroque et créatif.

GL: Qu'as tu appris d'Eddy Louiss?
EB: La beauté de la simplicité , de l’efficacité.

GL: T'a t-il donné des conseils, des leçons d'orgue Hammond ou l'as tu simplement écouté attentivement?
EB: Le seul conseil qu’il m’ait donné , au tout début, était l’adresse d’un magasin qui vendait des orgues Hammond sur Paris. Je m’y suis rendu, le magasin était fermé depuis 5 ans. j’ai donc dû me débrouiller tout seul. Mais , au fond , je crois que c’est une pédagogie efficace!

GL: As tu joué sa musique?
EB: Je l'ai étudiée, mais je n’ai jamais joué un de ses morceaux en public. Je joue par contre de temps en temps, quand j’ai envie de faire chanter le public, une petite chanson toute simple de son père, Pierre Louiss.

GL:Que tu l'aies joué ou non: pourquoi?
EB: J’avais à construire mon propre discours, et c'eût été une très mauvaise idée de coller trop fortement à son personnage. Je sais qu’il faut aimer les musiciens, mais qu’il faut garder de la distance.

GL: Quelle différence entre Eddy Louiss et les organistes américains de Jazz? Il ne sonnait pas comme Jimmy Smith, c'est certain et pourtant il groovait.
EB: Eddy Louiss était plus qu’un organiste. Il a « inventé « une musique autour de son orgue, quand la plupart des organistes de jazz américains sont dans la figure imposée par ce qu’ils croient être leur histoire.
Mais le jazz ne devient intéressant que quand il porte une universalité. C’était tellement le cas avec ce musicien. Il groovait en plus , bien sûr, ça il n’y pas de problèmes là dessus!

La photographie d'Emmanuel Bex est l'oeuvre de l'Organique Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Emmanuel Bex par Juan Carlos HERNANDEZ

Emmanuel Bex par Juan Carlos HERNANDEZ

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Finançons le nouvel album de Scott Tixier!

Publié le par Guillaume Lagrée

Lectrices généreuses, lecteurs munificents, comme vous le savez, en Jazz, pour passer une nuit au violon, il faut s'adresser aux Français.

En effet, depuis les années 1920, et Stéphane Grapelli, en Jazz, au violon, tout le monde reconnaît le French flair.

Au point que la seule école de violon Jazz au monde se trouve en France, en lle de France même, en Seine et Marne, à Dammarie les Lys, au Centre des Musiques Didier Lockwood. Maxime Vengerov y est venu un jour en disant à Didier Lockwood: " J'en ai marre d'être une moitié de musicien. Apprends moi à improviser ".

Nos meilleurs violonistes s'exportent. Stéphane Grapelli fit le tour du monde avec son violon pour tout bagage (titre de son autobiographie), Jean Luc Ponty obtint gloire et fortune aux Etats- Unis d'Amérique et, Scott Tixier vit et oeuvre aujourd'hui à New York.

Son premier album, " Brooklyn Bazaar ", m'émerveilla.

Voici que ce jeune violoniste se lance dans un nouvel album, avec de nouveaux sons et notamment celui de l'harmonica.

Son talent mérite votre soutien phynancier, généreuses lectrices, munificents lecteurs.

Bien que ce don ne soit pas déductible fiscalement, qu'aucun chef religieux ne vous vendra d'accès au Paradis en échange, vous pouvez contribuer à la réalisation de cet album en versant de l'argent, en fonction de vos envies et de vos possibilités sur Kickstarter.

A l'harmonica, il existe un Little Genius qui enchante le monde entier depuis plus de 50 ans, Mr Steveland Morris dit Stevie Wonder. Scott Tixier l'a accompagné sur scène et espèrel'avoir comme compagnon de jeu sur son nouvel album.

Affaire à suivre.

A votre bon coeur, lectrices généreuses, lecteurs munificents!

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Dizzy Gillespie Big Band " Complete 1956 South American Tour Recordings "

Publié le par Guillaume Lagrée

Dizzy Gillespie Big Band

" Complete South American Tour Recordings "

Solar Records. 2015

CD1: Dizzy Gillespie Big Band. Concerts en Amérique du Sud. Juillet-août 1956 (1-14)

CD2: Idem (1-8). Puis Dizzy Gillespie avec un orchestre de samba. Rio de Janeiro, Brésil, août 1956 (9-10) et Dizzy Gillespie avec l'orchestre tango d'Osvaldo Fresedo. Live au Rendez-Vous Club, Buenos Aires, Argentine (29 ou 30 juillet 1956) (11-14).

Les Etats Unis d'Amérique sont la première puissance mondiale grâce à leur hard power (Le dollar? Notre monnaie, votre problème comme disait un Secrétaire d'Etat au Trésor, la première armée au monde) et leur soft et leur smart power comme dit le politologue américain Joseph Nye, ancien conseiller des présidents Jimmy Carter et Bill Clinton (le smart power c'est la Silicon Valley par exemple. Le soft power c'est Hollywood, les blue jeans, le fast food et la musique du Jazz au Rap).

Le programme gouvernemental d'exportation de la musique américaine se poursuit aujourd'hui, sous les auspices du Département d'Etat avec " Rhythm Road ".

Tout a commencé dans les années 1950 avec la lutte d'influence contre le communisme et l'URSS. Sur l'idée du fameux député de Harlem (NYC, USA), modèle du politicien véreux décrit par Chester Himes dans les aventures de Ed Cercueil et Fossoyeur Jones, les deux flics noirs les plus durs de Harlem, le Département d'Etat décida d'envoyer des Jazzmen à travers le monde pour montrer que les Noirs n'étaient pas tous des opprimés aux Etats Unis d'Amérique et que le Jazz donnait plus envie de danser que les ballets du Bolchoï.

Parmi les musiciens qui acceptèrent de jouer pour le Département d'Etat se trouvaient Louis Armstrong et Dizzy Gillespie.

Pour Dizzy, l'affaire était en or. Un grand orchestre et une tournée mondiale payés par le contribuable américain. Cela ne se refuse pas. Rappelons qu'en 1941 Dizzy Gillespie avait été classé comme fou et exempté du service militaire par les psychiatres de l'US Army. Il s'était présenté nu, tenant sa trompette emballée dans du papier journal entre ses jambes, face aux médecins et leur avait dit: " Vous voulez que j'aille me battre contre les Allemands? Ils ne m'ont rien fait. Qui m'a toujours fait chier dans ce pays? Les Blancs. Si vous me donnez un fusil et que je vois un officier blanc américain, je le tue ". 25 ans plus tard, le boxeur Mohamed Ali était déchu de tous ses titres pour avoir refusé d'aller se battre au Vietnam pour les mêmes raisons.

Pour Dizzy, en 1956, il ne s'agissait pas de faire la propagande de la politique étrangère américaine mais de jouer sa musique et de la mélanger avec toutes celles qu'il rencontrerait en chemin.

Il constitua un orchestre brûlant comme de l'acier en fusion. Parmi les musiciens, Phil Woods au saxophone alto, Benny Golson au saxophone ténor, Quincy Jones à la trompette, Walter Davis Jr au piano, Nelson Boyd à la contrebasse, Charlie Persip à la batterie. Les arrangements étaient confiés à Melba Liston, une femme, Noire et tromboniste. Elle dut se battre contre le machisme des musiciens de l'orchestre mais avec son talent et l'appui de l'autorité du Boss, Dizzy Gillespie, l'orchestre tournait comme une Cadillac Eldorado. Il y avait même un crooner pour les dames.

Le répertoire est composé de standards du Jazz, de compositions du Boss, de Be Bop, de Jazz, d'afro cubain (versions explosives de Manteca et Tin Tin Deo (CD1, n°10 et CD 2, n°5). A noter une imitation de Louis Armstrong par Dizzy Gillespie dans " I am confessin " (CD n°2, 3) qui faisait rouler par terre de rire Louis Armstrong. A partir d'une chanson aussi stupide que " Hey Pete, let's eat more meat! " (CD2, n°1) ils produisent presque 15mn d'une musique de folie. Tout leur est bon.

L'orchestre avait fait un triomphe en Grèce ( la presse grecque d'alors prétendait que le passage de l'orchestre avait conduit à la défaite des communistes dans les urnes. Quel orchestre l'UE et le FMI pourraient-ils envoyer en Grèce en 2015?) puis au Pakistan (imaginez un big band de Jazz américain en 2015 jouer au Pakistan avec des musiciens de Qawali. Difficile n'est-ce pas? En 1956, c'était possible).

En Amérique du Sud, le succès fut immense et l'ambiance de folie. La tension ne se relâche jamais même pendant les ballades (" I can't get started " CD1, n°3).

Sont réunis ici tous les enregistrements disponibles de cette tournée sud américaine. Presque 60 ans après, cette musique est toujours un antidépresseur radical, sans effet secondaire et non remboursé par la Sécurité Sociale.

Curieux de toutes les musiques, Dizzy Gillespie s'éclipsait de son orchestre pour jouer et enregistrer avec des musiciens locaux, s'adaptant à eux sans rien perdre de sa personnalité. La marque des Grands.

Vous trouverez sur le 2e CD, deux morceaux enregistrés à Rio de Janeiro avec un orchestre de samba inconnu. La trompette se fait percussion. Il n'y a plus qu'à faire de la place et se remuer en tout sens.

Vous trouverez aussi quatre morceaux enregistrés à Buenos Aires avec l'orchestre d'Osvaldo Fresedo, un tango bourgeois, raffiné, élégant où la trompette se fond avec les violons et le bandonéon. Cirez le parquet et les chaussures, sortez le smoking ou la robe de soirée. Glissez en fusion sur la piste. C'est parti avec Dizzy Gillespie.

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Rick Margitza Quartet en vol au Sunside

Publié le par Guillaume Lagrée

Rick Margitza Quartet

Paris. Le Sunside.

Vendredi 24 juillet 2015. 21h.

Rick Margitza : saxophone ténor, compositions

Manuel Rocheman : piano

Peter Giron : contrebasse

Jeff Boudreaux : batterie

Concert enregistré par Richard Romaniello, ingénieur du son new yorkais de passage à Paris pour ses 60 ans. Pour faire appel aux compétences de Richard, contactez Penguin Random House section Audio, à New York, USA.

Il n’y a pas foule. J’espère qu’il y eut plus de monde pour le deuxième concert le samedi 25 juillet. Rick Margitza vit, joue et enseigne à Paris. Les Parisiens méconnaissent leur chance. Il s'agit tout de même du dernier saxophoniste recruté par Miles Davis, sapristi!

Swing chaloupé de la rythmique. Et ce son vénéneux de sax ténor. Ca chante. « La plupart des saxophonistes bavardent. Sidney Bechet, lui, vous parle » (Jean Cocteau). Rick Margitza est de cette classe là. Manuel Rocheman est un disciple de Martial Solal. C’est dire si c’est du solide. A sa reprise du thème, j’espère ce que Rick Margitza va jouer et il me l’offre.

Ils enchaînent sur le thème signature de Rick Margitza qu’il joue depuis au moins 20 ans. Funkissimo. Grosse pulsation de la basse et de la batterie. Le piano ondule dans les graves. Ce thème obsédant pourrait se jouer en électro. Au dessus de cette lourde pulsation, le sax ténor chante comme la mémoire des fêtes tziganes d’Europe centrale (Rick Margitza, citoyen américain, descend de Tziganes de Hongrie). Joli solo de piano qui s’efface pour faire place au sax ténor poussé par la basse et la batterie. C’est rond et ça groove puissamment. Le son du sax s’étire comme un chat abyssal. Changement d’ambiance pour un solo de contrebasse. Ca pulse rondement. Le quartet repart. Ca respire la liberté et les grands espaces mais plutôt la Puszta hongroise que les Grandes Plaines du Midwest. Le son du sax s’effiloche pour céder la place à la pulsation. And the beat goes on comme dit la chanson. Le batteur diminue le volume sans perdre la vitesse jusqu’à extinction du feu.

C’était « Hands of time » puis « For the Gypsies ».

The place to be”, nouveau morceau du prochain album. Clin d’œil aux spectateurs qui ont fait le bon choix ce soir. Rick Margitza met ses lunettes pour lire la partition. Un petit air sautillant avec des hachures. La salle s’est un peu remplie. Encore un effort, Parisiens ! Un sacré solo de piano avec un décalage main droite main gauche impressionnant. Manuel Rocheman, c’est un tout bon. Un solo de sax, en retenue. Ca swingue, nom de Zeus ! La pulsation, le chant, l’émotion, tout est en place.

« Secret heart », morceau dédié à son neveu mort il y a 5 ans. Batteur aux balais pour une ballade. Ca swingue tout de même et ça ne triche pas. Ce morceau me rappelle mon frère parti trop tôt. J’en ai les larmes aux yeux. Le batteur est repassé aux baguettes. La beauté guérit.

Une nouvelle composition « Muse ». Ca pulse joyeusement. L’ostinato du piano rappelle la musique sérielle mais c’est du Jazz puisque ça swingue. Euterpe, muse de la Musique, peut être fière de ce quartet. Un petit silence avant de reprendre la pulsation. Un bon musicien doit être un bon amant avec son public, savoir varier les plaisirs, entre pauses et accélérations, temps forts et temps faibles. Les Jazzmen sont les meilleurs amants. En effet, ils sont imprévisibles puisqu’ils improvisent.

PAUSE

Le trio repart sur un tempo entraînant. Le sax ajoute sa voix. Ca chante, nom de Zeus ! Son cristallin du piano en solo non accompagné. Manuel Rocheman joue un standard qui se mêle au thème. Que du bon, vous dis-je. Le bar tourne. La terrasse est pleine. Cela s’entend pendant le solo de piano. La beauté vaincra !

Le quartet enchaîne sur un autre thème, avec un enchaînement digne d’un service volée par Stefan Edberg. Aérien. C’est splendidement méditatif.

C’ était « Truth can be told » puis un thème dont le titre m’a échappé.

S’ensuit « 1.2/1.2.3 » à cause de la figure rythmique qui fonde le thème. Le batteur démarre aux cymbales. Piano au son aérien. La contrebasse propulse l’ensemble. Solo de piano à la fois ancré aérien. Manuel, c’est vraiment un tout bon mais pas comme Jacques.

Un standard. « Cry me a river ». En version française, « Pleurer des rivières ». Batteur aux balais. Comme Sonny Rollins, Rick Margitza chante les paroles au saxophone. La rythmique se tait. Rick joue seul. Respect.

Quel plaisir d’écouter cette musique ! « La musique est le langage des passions » (Kant). Eux nous en insufflent. Ca monte en puissance vers le final. Rick Margitza sait aussi faire crier son saxophone mais harmonieusement.

PAUSE

Cette fois, je fais partie des irréductibles qui restent pour le troisième set, jusqu’à la fin de la partie.

Le quartet repart sur un tempo vif. Ca balance mais ne donne pas le mal de mer. C’était « August in Paris » qui n’a rien à voir avec la chanson de Charles Aznavour « A Paris, au mois d’août ».

Un morceau en première mondiale dont je n’ai pas capté le titre. Décidément, ça chante. Même quand il met ses lunettes pour lire la partition, Rick Margitza sonne fluide et chantant. Il sort de scène pour laisser la rythmique s’exprimer, menée de main de maître par le pianiste. Comme son nom et son prénom l’indiquent, Jeff Boudreaux est né à La Nouvelle Orléans. C’est dire s’il sait ce que signifie le Swing.

Mon carnet de notes s’achève ici. La chronique aussi.

La photographie de Peter Giron est l'oeuvre du Merveilleux Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation expresse de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Peter Giron par Juan Carlos HERNANDEZ

Peter Giron par Juan Carlos HERNANDEZ

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Eddy Louiss par Matthieu Marthouret

Publié le par Guillaume Lagrée

Lectrices vocalistes, lecteurs organistes, après mon article en hommage à Eddy Louiss, voici celui d'un pianiste et organiste français, Matthieu Marthouret , bien connu des lecteurs de ce blog.

Merci à Matthieu pour son témoignage.


EDDY LOUISS

Petite transcription/ hommage sur mon blog.

Pour moi Eddy Louiss c'est avant tout une forte personnalité musicale, un musicien ultra-doué qui semble avoir marqué grand nombre de musiciens français avec qui il a collaboré depuis les années 60.

Ne l'ayant pas côtoyé dans la vie ou sur scène et ayant découvert sa musique par certains de ses enregistrements, le personnage et son parcours restent assez mystérieux à mes yeux.

C'est probablement aussi pour cela que je ressens un décalage entre sa discographie, sa carrière précoce, ses nombreuses collaborations et ses activités scéniques.

En tant qu'organiste il est sans aucun doute l'un des pionniers de l'orgue Hammond en France et a probablement été marqué à ses débuts par Jimmy Smith , maître incontesté de l'orgue Hammond dans le jazz, puis, peut-être également par Larry Young , un autre prodige et grand innovateur sur l'instrument de la même génération que lui (et qui vécut d'ailleurs à Paris au milieu des annees 60), pour rapidement trouver une identité tout à fait singulière sur l'orgue hammond (à écouter avec Stan Getz au début des années 70).

Dans sa musique j'entends tout une culture du jazz (be-bop/ hard-bop) ainsi que probablement les musique caribéennes (de ses origines), latines mais aussi la musique de son époque (rythm'n blues, soul, funk, jazz moderne), la musique européenne... un sens du groove du swing et de la mélodie omni-présents et une grande sensibilité à travers son sens de la nuance et de la retenue (pas de notes superflues...).

Une sonorité singulière à la fois pure, douce et incisive rappelant parfois plus le piano que l'orgue en évitant les clichés et la " surenchère sonore " liés à cet instrument particulièrement difficile à dompter; une assurance et une culture musicale qui s'affranchit des idiomes, styles ou autres " chapelles " musicales... (qualités que je ressens aussi chez Larry Young et

Dr Lonnie Liston Smith, ses contemporains américains).

Dans sa descendance musicale je citerai volontiers Emmanuel Bex qui a dû le côtoyer à ses débuts et qui selon moi partage beaucoup de ses qualités musicales...

Recommandations:

- Stan Getz "Dynasty"

- Eddy Louiss / Kenny Clark / René Thomas trio

-Eddy Louiss "Flomela"

- Eddy Louiss / Michel Petrucciani duo...

Si vous aimez Eddy Louiss vous aimerez probablement aussi:

- Jimmy Smith: "Groovin' at small's paradise"

- Larry Young: "Into somethin'"/ "Unity"

- Grant Green: avec Larry Young: "Talkin' About"/ "I want to hold your hands" / "Street of dreams" /" His majesty king funk"

- Sam Yahel: "In The blink of an eye/ "Yaya3" / "Truth and beauty"

- Emmanuel Bex: "Conversation with myself"/ "BFG" / " Open Gate "

- Dr Lonnie Smith: "Too damn hot" / "Move your hands"...

- "The Meters": "Rejuvenation"...

La photographie de Matthieu Marthouret est l'oeuvre du Stupéfiant Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Matthieu Martthouret par Juan Carlos HERNANDEZ

Matthieu Martthouret par Juan Carlos HERNANDEZ

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C'était Eddy Louiss (1941-2015)

Publié le par Guillaume Lagrée

Lectrices vocalistes, lecteurs organistes, vous savez certainement qu'Eddy Louiss, né le 2 mai 1941 à Paris, est mort le 30 juin 2015 à Poitiers.

Pianiste, organiste, chanteur, compositeur, chef d'orchestre, Eddy Louiss, né Edouard Louise, connaissait la musique. Il en était même l'incarnation vivante dans ce qu'elle a de meilleur.

Issu d'une famille de Békés (les Blancs de Martinique), fils du trompettiste Pierre Louise dit Louiss, aucun rythme ne lui était étranger.

Ses goûts étaient très simples. Il se contentait du meilleur.

Chanteur, il fit partie des Double Six, groupe français de Jazz vocal créé et dirigé par Mimi Perrin qui écrivit des textes en français, poétiques, collant aux standards du Be Bop. Dizzy Gillespie et Quincy Jones enregistrèrent comme invités des Double Six . C'est dire le niveau que le groupe avait atteint.

Pianiste, il accompagna Johnny Griffin dans les années 60.

Il décida un jour de passer à l'orgue Hammond afin de pouvoir rivaliser de puissance avec la batterie. Il en avait marre que le batteur joue en sourdine quand il prenait un solo de piano et de ne pouvoir rivaliser avec un solo de batterie.

A l'orgue, Claude Nougaro ne put se séparer de lui de 1964 à 1977. C'est Eddy qui partit afin de voler de ses propres ailes et, musicalement, Nougaro y perdit beaucoup. Eddy s'installa dans le Poitou. " Dans une ferme du Poitou, un coq aimait une pendule " (Claude Nougaro).

Son trio avec René Thomas (guitare électrique) et Bernard Lubat , autre membre des Double Six, (batterie) enthousiasma Stan Getz qui l'embaucha en 1970. Il en reste l'album Dynasty (1971), déjà célébré dans ce blog. Stan Getz qualifiait Eddy Louiss de génie. Bernard Lubat, lui, considère qu'Eddy Louiss est aussi important que Miles Davis dans l'histoire du Jazz.

Comme soliste, il dialogua avec Michel Petrucciani (piano) dans une " Conférence de presse " au Petit Journal (le club de Jazz, pas l'émission de TV), en 1994, restée fameuse. L'album Live est disponible dans le commerce.

Avec Jean Luc Ponty (violon électrique) et Daniel Humair (batterie), il forma le trio HLP (Humair, Louiss, Ponty) qui reste le meilleur groupe de la carrière de Daniel Humair, de l'aveu même de l'intéressé. Il en reste un double album live au Chat qui pêche, club parisien aujourd'hui disparu, en 1968. Les Américains peuvent aller se rhabiller. Ils n'ont jamais eu de groupe équivalent à HLP. Ce trio fut reconstitué pour une soirée spéciale Jean Luc Ponty à Paris, au théâtre du Châtelet, le 11 avril 2012. Idiot que je suis! Je n'y étais pas.

Comme chef d'orchestre, il créa, anima, dirigea à partir de la fin des années 80, la Multi Color Feeling Fanfare, big band pouvant aller jusqu'à 70 musiciens sur scène, réunissant musiciens professionnels et amateurs, dans une orgie de Swing. Il existe un album studio et un album live de ce Big Band.

Amputé des jambes, en fauteuil roulant, il continuait de dispenser la joie à pleines mains sur son orgue Hammond.

Bref, comme disent les Américains, Eddy Louiss était plus grand que la vie.

Claude Nougaro lui écrivit une chanson " C'est Eddy " pour un duo inoubliable. Tout Eddy.

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Seu Jorge " Musicas para churrasco II "

Publié le par Guillaume Lagrée

Seu Jorge

" Musicas para churrasco II "

Emarcy. Universal.

Sorti le 10 juillet 2015

Lectrices carnivores, lecteurs omnivoires, supposons que vous soyez au camping au mois d'août 2015 en France, entre Bretagne et Normandie, dans la baie du Mont Saint Michel, pour le festival Jazz en Baie et que vous prépariez au déjeuner des grillades d'agneau de prés-salés. Quelle musique servir en accompagnement? De la musique pour grillades évidemment.

Le Brésilien Seu Jorge nous en offre un deuxième volume avec ses " Musicas para churrasco II ". Churrasco ce sont les grillade typiques de l'Amérique du Sud (Brésil, Argentine, Chili), pays grands producteurs et mangeurs de viande.

Le titre indique l'absence de prétention de la musique faite d'abord pour danser. " It don't mean a thing if it ain't got that swing " disait Duke Ellington.

Danser n'empêche pas de penser. Tout en mélangeant Samba, Pop, Funk, Bossa, Seu Jorge fait le portrait du Brésil de 2015. La question de la femme le soucie. Certains croyants vous affirmeront même que la femme soucie l'homme depuis son apparition au jardin d'Eden mais rien ne vous oblige à croire les croyants. La preuve: " Ela e bipolar " (n°1) et " Babydoll " (n°9) qui se moque d'une jeune fille en plastique. Il sait aussi se moquer des hommes: " Motoboy " (n°7). Si la femme le soucie, c'est qu'il l'adore: " Felicidade " (n°8). Le bonheur c'est de vivre en ta compagnie. Tous les amoureux le comprendront.

Un album doit finir comme un feu d'artifices, par un bouquet final. C'est exactement ce que fait Seu Jorge avec le 10e et dernier morceau: " Everybody let's go ".

Le seul risque de cette musique, c'est de danser trop près des braises et de vous brûler. Une fois la distance de sécurité assurée, servez chaud et épicé, chantez et dansez avec Seu Jorge.

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Sélection de concerts de Jazz à Paris et au Mont Saint Michel pour août 2015

Publié le par Guillaume Lagrée

Lectrices festives, lecteurs d'estive, voici ma sélection de concerts de Jazz, éminemment personnelle et discutable, pour le mois d'août 2015.

Pour un agenda exhaustif des concerts, voyez Citizenjazz où j'ai sévi de 1998 à 2007.

Le mois commence avec la fin du Cosmo Jazz Festival à Chamonix Mont Blanc (74)

A Paris

Au Sunset-Sunside

Fin de l'American Jazz Festiv'Halles

Festival Pianissimo pour les déménageurs et amateurs de piano.

Mardi 4, mercredi 5 et jeudi 6 août, le trio Kurt Rosenwikel/Nasheet Waits/Eric Revis: la crème new yorkaise (guitare/contrebasse/batterie).

Vendredi 7 août à 21h le Quintet Utopia de la pianiste Leila Olivesi, bien connue des fidèles lecteurs de ce blog.

Samedi 8 août à 21h, Dan Tepfer en trio, pianiste bien connu des lecteurs assidus de ce blog.

Jeudi 13, vendredi 14 et samedi 15 août à 21h, le quartet de Giovanni Mirabassi, pianiste italien de Paris. Epoux, pères, cachez vos épouses et vos filles! Giovanni Mirabassi est en ville.

Mardi 18 et mercredi 19 août à 21h: le quartet composé de Wayne Escoffery, Ugonna Ogekwo, Daryl Hall et Ricky Peterson, la fine fleur new yorkaise.

Mercredi 26 août à 21h: Alain Jean-Marie, Bebop trio. Révisez vos classiques avec un Maître du piano.

Vendredi 28 et samedi 29 août à 21h: René Urtreger Trio. La rentrée approche. Continuez à réviser vos classiques avec un Maître du piano.

Au Duc des Lombards

Festival Go South, festival des musiques épicées

Mercredi 4 août à 19h30 et 21h30 le quartet d'Irving Acao. Chaud, Acao!

Jeudi 6, vendredi 7 août à 19h30 et 21h30: David Sanchez " Bamboula! ".

Lundi 17, mardi 18 et mercredi 19 août à 19h30 et 21h30: un Power quartet composé de Bireli Lagrène (guitare), Antonio Farao (piano), Eddie Gomez (contrebasse) et Lennie White (batterie). Chaud devant!

Mardi 25 et mercredi 26 août à 19h30 et 21h30: carte blanche à Cheikh Tidiane Seck (batterie). L'Afrique, c'est chic.

L'été, le Jazz s'épanouit le long des rivages. Après le Léman, la Méditerranée et l'Atlantique en juillet, rendez-vous en août sur les côtes de la Manche, en Normandie, dans la baie du Mont Saint Michel, avec le festival Jazz en Baie du mercredi 5 au dimanche 16 août 2015. Parmi les nombreux films et concerts au programme, je vous recommande le projet " My Chet, My Song " de Riccardo del Fra (contrebasse) en hommage à Chet Baker le dimanche 9 août à 18h30.

Eddy Louiss est mort le 30 juin 2015. Sa Multicolor Feeling Fanfare, mêlant musiciens professionnels et amateurs, pouvant compter jusqu'à 70 musiciens, n'enchantera plus nos étés. Au Paris Jazz Festival, en 2011, j'étais au concert dont est extrait la vidéo suivante. Ce n'est pas moi qui ai filmé. Assez parlé. Dansons maintenant!

La photographie de Daryl Hall est l'oeuvre du Phénoménal Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Daryl Hall par Juan Carlos HERNANDEZ

Daryl Hall par Juan Carlos HERNANDEZ

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