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RIP BB King (1926-2015)

Publié le par Guillaume Lagrée

Lectrices funky, lecteurs bluesy, comme moi, vous êtes en deuil suite au décès de BB King le jeudi 14 mai 2015 à Las Vegas, Nevada, USA.

BB King était né en 1926 comme Chuck Berry, toujours en vie. Le roi du Blues et celui du Rock'n Roll. AC/DC et ZZ Top ont choisi leurs noms en hommage à BB King. Lui même avait choisi son nom de scène parce qu'il avait fait une chanson publicitaire pour les King biscuits.

Pour un avis d'expert, je vous renvoie à l'écrivain français Gérard Herzaft, auteur de " La Grande encyclopédie du Blues " qui, traduite en anglais, est l'ouvrage le plus vendu aux USA sur le sujet. Il ne manquera pas d'écrire bientôt un article complet sur BB King.

BB King appelait sa guitare Lucile parce qu'un jour qu'il jouait dans un juke joint, éclairé par des lampes à pétrole, deux types ont y mis le feu en se battant pour une Lucile. BB King risqua sa vie dans les flammes pour sauver sa guitare comme Django Reinhardt le fit dans l'incendie de sa roulotte (Django y perdit l'usage de 3 doigts sur 5 à la main gauche).

Un beau jour de l'an de grâce 1968, BB King allait jouer à San Francisco, au Fillmore West, du Blues avec un groupe composé exclusivement de Noirs. Le groupe voyageait en bus. A l'arrivée, le chauffeur du bus, noir lui aussi, vit un groupe de Blancs qui attendait devant la salle. Que des Blancs, pas un Noir. Le chauffeur fit demi tour, croyant s'être trompé d'adresse. Après l'avoir relue, il revint au même endroit. Toujours ces jeunes Blancs qui attendaient pour un concert de Blues donné par BB King. Pas d'erreur possible. C'était la salle, c'était le public. BB King dit alors à ses musiciens: " Ca y est, les gars. Nous y sommes arrivés ". Ils avaient franchi la barrière raciale, avec une musique noire, le Blues.

J'ai vu BB King en concert à Rennes il y a 20 ans environ. Je me souviens d'un show calibré au millimètre et à la seconde près. Je me souviens de BB King nous disant que nous étions le meilleur public de sa tournée. Sur le coup, j'y ai cru. Après réflexion, je me suis dit qu'il disait cela chaque soir mais que c'était dit avec tellement d'empathie et de professionnalisme que j'y avais cru. Je me souviens surtout de passages où BB King jouait seul, assis, de sa guitare. Là, il était le Blues incarné. Imparable. Comme Chuck Berry, il avait trouvé un style, le sien, et n'en avait jamais varié. Aux autres d'évoluer. Changerait-on la forme des pyramides d'Egypte? On ne changeait pas BB King.

En souvenir de BB King, lectrices funky, lectrices bluesy, je vous offre la chanson que lui composa Stevie Wonder " To know You is to love You " (1974) et un extrait du concert qu'il donna en Afrique, à Kinshasa, en 1974 pour le match du siècle entre Mohamed Ali et Georges Foreman: " Everybody want to know why I sing the Blues ". Rien à ajouter.

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La nouvelle génération du jazz azerbaïdjanais en concert à l'UNESCO

Publié le par Guillaume Lagrée

Nouvelle génération du Jazz azerbaïdjanais.

UNESCO

Paris. Mercredi 13 mai 2015. 19h.

Shahin Novrasli: piano, compositions, arrangements

Arslan Novrasli: tar (instrument à cordes d'Azerbaïdjan)

Nourlan Novrasli: kamantcha (instrument à cordes d'Azerbaïdjan)

Nathan Peck: contrebasse

Ari Hoenig: batterie

Les spectateurs de ce concert disposaient d'un programme comme dans les concerts classiques.

Le voici:

- Nocturne pour Natavan (Shahin Novrasli)

- Kor Arabin Mahnisi (La chanson d'un Arabe aveugle). Musique de Fikrat Amirov arrangée par Chain Novrasli.

- Les Mille et Une Nuits (Shahin Novrasli)

- Prélude en mi mineur. Musique de Frédéric Chopin arrangée par Shahin Novrasli

- Mémoires. Musique de Vagif Moustafazadeh arrangée par Shahin Novrasli

- Baghda Girdim Uzuma (Je suis entré dans le jardin pour chercher des raisins). Chanson floklorique azerbaïdjanaise arrangée par Shahin Novrasli.

- Alinda Sazin Gourbani (La chanson sur un ashig). Chanson floklorique azerbaïdjanaise arrangée par Shahin Novrasli.

- Fir & Giz (Shahin Novrasli).

Le trio de Shahin Novrasli pour commencer. Un schéma classique piano/contrebasse/batterie, 1/3 Azerbaïdjanais et 2/3 Américain. Une petite mélodie indépendante revient régulièrement. La flamme du Jazz circule bien. Ca swingue même énergiquement. Le pianiste danse avec son piano comme Keith Jarrett mais il est bien plus intéressant. Sa formation classique s'entend tant dans son jeu que dans la façon de construire sa musique. Solo de contrebasse, breaks de batterie. Tout cela ressemble à du Jazz habituel, de qualité certes.

Arrivent alors les deux instrumentistes à cordes azerbaïdjanais. Sont-ils frères ou cousins du pianiste? Tout de suite, ça sonne oriental. Ari Hoenig adapte son jeu pour faire sonner ses tambours. La musique nous emmène en voyage, loin vers l'Est. Le son du piano a changé lui aussi. Seule la contrebasse maintient sa pulsation habituelle. C'est le point de contact au sol de la toupie qu'est devenue la musique. Ari Hoenig joue " Les tambours de la pluie " (Ismaël Kadaré).

Intro au piano. Tempo rapide repris la basse et la batterie. C'est la cavalcade des chevaux dans la steppe. Retour au Jazz en trio. Dialogue entre contrebasse et batterie ponctué par le piano. De la dentelle. Nous avons quitté Bakou pour New York sans avoir bougé de Paris. Break de batterie d'Ari Hoenig et la cavalcade dans la steppe reprend.

Je reconnais Chopin. Un prélude romantique devient une ballade de Jazz. Contrebasse et batterie rejoignent le piano. Tout en respectant la mélodie, Shani Novrasli y insère des petites cellules rythmiques, propres au Jazz, avec un goût très sûr. La grâce, l'émotion, la légèreté de Chopin sont là avec un supplément de swing.

Retour du tar et du kamantcha. Ils entament un air plaintif. Le pianiste ponctue délicatement avec des notes perlées. Musique élégiaque, un peu trop à mon goût. Le tar et le kamantcha ajoutent de l'épique à la musique. Le quintette repart chevaucher dans la steppe.

Introduction par le tar et le kamantcha. Ca grince fermement. La rythmique pulse comme un orage derrière. Retour à une ballade très calme avec un son proche de la balalaïka. Lorsque le trio joue, c'est une pure ballade de Jazz avec le solo de contrebasse, le batteur qui malaxe ses tambours aux balais. Retour vers l'Orient avec les instruments traditionnels azerbaïdjanais. Cette musique est un balancement Est-Ouest permanent, sachant que depuis l'Azerbaïdjan, pour aller en Amérique, il faut aller vers l'Est et l'Océan Pacifique. C'est une vraie suite. Dialogue piano/batterie, entre légèreté et gravité. Puis le pianiste joue ostinato main gauche avec des modes orientaux de la main droite. La pulsation de la basse et de la batterie s'y ajoutant, c'est envoûtant. Accélération progressive à 5 puis cela redescend sans arrêt préalable à une apogée. Fin en ballade Jazz.

Morceau rapide qui sonne vraiment oriental. Cela sonne comme une musique de mariage tant c'est festif, joyeux. Envol final.

Ovation de la salle debout.

RAPPEL pour lequel je ne suis pas resté, je l'avoue.

Le Jazz azerbaïdjanais est né dans les années 1920 autour des installations pétrolières de Bakou. Il se distingue depuis lors par son usage de ses instruments traditionnels, son mélange réussi entre sa musique populaire traditionnelle et les sons et les rythmes américains qui eux mêmes viennent d'Afrique et d'Europe. Bref, c'est une musique métisse, toujours d'actualité, comme le prouve Shahin Novrasli. Il n'est pas seul. Le père du jazz-mougham azerbaïdjanais est Vagif Mustafa Zadeh (1940-1979) dont la fille Aziza (1969) est pianiste de Jazz.

Puisque l'UNESCO promeut chaque 30 avril une Journée internationale du Jazz pour promouvoir la paix, la démocratie et la liberté d'expression, lisons le rapport du 21 avril 2015 de la Fédération internationale des droits de l'homme sur l'Azerbaïdjan. Rien à ajouter.

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Journée mondiale du don du sang le dimanche 14 juin 2015

Publié le par Guillaume Lagrée

Lectrices munificentes, lecteurs généreux, sachez que l'Organisation Mondiale de la Santé organise chaque 14 juin une journée mondiale du don du sang.

Pour la France, les chiffres sont les suivants:

- 10 000 dons par jour

- 114 malades soignés par heure

- Environ 1 000 000 de malades soignés par an.

Pour en savoir plus, voyez le site de l'Etablissement français du sang.

La prochaine journée mondiale du don du sang aura lieu le dimanche 14 juin 2015.

Il est essentiel pour la santé publique que le sang ne fasse pas l'objet d'un commerce mais soit donné pour que des hommes sauvent d'autres hommes gratuitement.

Pour ma part, j'ai donné mon sang jusqu'à bénéficier moi même d'une transfusion lors d'une opération. Depuis lors, je n'ai plus le droit de donner mon sang. Merci de donner le votre,lectrices munificentes, lecteurs généreux.

Quel rapport entre le don du sang et le Jazz?

" Blood Count " de Billy Strayhorn, l'alter ego de Duke Ellington. Se mourant d'un cancer de l'oesophage à l'Upper Manhattan Medical Group (d'où sa composition " UMMG"), il écrivit sa dernière composition " Blood Count " au rythme du goutte à goutte de sa perfusion sanguine. Il mourut sans l'entendre. Duke Ellington enregistra aussitôt avec son orchestre l'album " And his mother called him Bill " où figure " Blood Count ". C'était en 1967 et Duke Ellington n'enregistra plus jamais cette composition devenue un standard du Jazz.

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Count Basie au Savoy par Alain Bosquet

Publié le par Guillaume Lagrée

Anatole Bisk dit Alain Bosquet (1919-1998).

Son roman autobiographique " Les fêtes cruelles " (1984) raconte sa vie de 1940 à 1951.

Né à Odessa, avec des ascendances juives, cet étudiant belge en philologie romane à la Sorbonne se retrouve enrôlé dans l'armée belge en France. La Belgique se rend sans qu'il ait combattu. Il s'engage alors dans l'armée française qui se rend de même. Il entre alors en relation avec les premiers réseaux gaullistes de résistance à Montpellier et envoie des Belges à Londres combattre pour la France libre. En 1942, avec ses parents, il part pour Oran puis pour New York.

A New York, il découvre le Jazz pour de vrai, comme disent les enfants.

Je cède la parole à Alain Bosquet:

" Ma logeuse a beau m'avertir des dangers que je courrai seul au milieu des Noirs, je ne saurais l'écouter. La ligne IRT du métro me dépose à la 125e Rue; je vais à pied au Savoy que je sais être le temple du jazz le plus trépidant du monde. Des grands corps souples et agiles s'étonnent de ma présence insolite, mais me laissent poursuivre ma promenade; sans doute suis je trop jeune pour quelque mauvais coup qui ne rapporterait que quelques dollars, une montre, des chaussures. Les filles sur le seuil de leur maison ont des attitudes plus aguichantes: au premier étage, je pourrais goûter à leur peau, moyennant ce que contiennent mes poches, à moins qu'un frère aîné ne subtilise mes vêtements, caleçon compris, juste avant l'acte sexuel. Suis-je raciste, à cause de l'hostilité des regards, qui traduisent à l'endroit du garçon blanc un mépris sans vergogne?

Count Basie règne en maître dans la salle.On daigne me vendre un billet d'entrée, et je me tiens coi derrière une colonne, par respect pour un spectacle en tout point religieux; je me sens rassuré en découvrant ci et là, à l'orchestre, cinq ou six hommes au visage blême comme moi. Un Noir très élégant, d'une cinquantaine d'années, s'approche: " Te sens gêné? Personne pour t'accompagner? Pour un dollar, je te protège, frère. Six pieds de haut, personne n'osera te toucher, et mes muscles sont en acier. "

J'accepte le marché. Deux clarinettes font les échassiers qui se hissent sur un baobab puis, comme emportées par leurs propres stridences, soudain retombent à la manière d'un météore dans un étang. A peine se désintègrent-elles qu'un xylophone se met à sursauter, comme un beffroi aux clochettes aiguës et virevoltantes, tandis que le piano recueille, sur chaque touche, des doigts élastiques, des pouces recroquevillés, une paume prompte à la caresse, des gouttes de sueur tombées d'un front en plein affolement. Balayé d'un auriculaire, le clavier frissonne et se fait miaulant, ce que ne saurait admettre le violon, dont le métier est précisément d'imiter les chats les plus irascibles. Les trombones geignards parlent de droits et de devoirs; il ne faut pas se dévêtir de son squelette à chaque syncope, mais proclamer l'orgueil du peuple noir à pleurer son destin, non point pour l'améliorer: pour soulager une âme trop lourde, trop belle, trop invisible. Les tambours annoncent, c'est fatal, l'heure de la naissance qui coïncide avec celle de la mort et de la résurrection; la musique de jazz est affaire d'exécution fatale ou d'accouchement. Le saxophone se love en lui même, exhibe une gueule de python ou de boa constrictor, se glisse sous l'épiderme d'un autre instrument, en ressort, perd une écaille, siffle et regrette, en une longue lamentation, de ne pouvoir injecter son poison à ses ennemis, le basson et le hautbois.

(...)

Après cette cérémonie, j'aspire à un jazz plus intime et, en quelque sorte, moins physique: je préfère, dans mon ignorance, les variations d'un Duke Ellington aux déchirements impudiques d'un Louis Armstrong ou d'un Cab Calloway. Ce soir, Pee Wee Russell, accompagné de quelques musiciens obscurs, organise un jam session, chez Jimmy Ryan's, à la 52e rue. Bien avant l'improvisation collective, tous les tabourets du bar, face aux bouteilles de scotch, de rhum et de gin, sont occupés. Je me faufile entre deux spectateurs qui debout, ont posé devant eux leur menue monnaie, afin de prouver au barman qu'ils ont de quoi régler leur boisson. Une flûte se promène dans la semi-obscurité comme pour se donner une fraîcheur champêtre, en évoquant des sous-bois, des sylphes, des nains gambadeurs. L'élégie se prolonge par l'intervention du saxhorn alto: gare aux chasseurs qui approchent et aux policiers qui traquent dans les blés les fuyards d'un bagne impitoyable! Le principe de l'improvisation comporte celui de la cacophonie délibérée; aussi, après les sons idylliques, convient-il d'en émettre qui soient plus taquins, plus âpres, plus irritants. Une mailloche effleure une caisse claire et lui soutire une sorte de plainte canine, tandis qu'une timbale répond à un banjo, le flageolet, mutin et pervers, se moquant de leurs accords imprévus. La guitare électrique, en son luxe vert et mauve, balaie ce peuple d'instruments qu'elle juge vétustes et, pareille à un orgue, soumet les notes à un naufrage bruyant. Mon voisin avale le reste de son verre, inspecte le mien et, ses yeux d'Irlandais ou de Suédois sur une bouteille de whisky vieille de 16 ans, proclame:

- Ces nègres! C'est de notre faute: nous les avons importés d'Afrique. Nous voilà tous réunis pour le meilleur et pour le pire. Tu reprends le même?

-Merci, monsieur.

- Le nom, c'est Jack.

- Merci, Jack.

- On ne dit pas merci, on boit! Tu viens d'où?

- La Belgique?

- Quelle partie de la France ce coin là? L'Europe, ici, on confond.

- Au sud des Pays-Bas, monsieur.

- Jamais entendu parler. Tu t'appelles?

- Anatole.

- Anatole, content de te connaître. Tu veux autre chose?

- Merci, ça va.

- J'en suis au quatrième, alors!

Des applaudissements éclatent: Fats Waller, ventre en avant, doigts boudinés, cou immense, mâchoires herculéennes, s'empare du piano comme d'un sac de pommes de terre, le soulève, le cale contre une jambe et se met à marteler une pédale de l'autre. Comme au Savoy, l'assistance, à peine plus retenue, se met à tanguer, qui sur une chaise, qui entre deux lampes tamisées; hommes et femmes se dévisagent, l'alcool de la musique leur permettant, comme le porto et le gin, d'échanger des soupirs rauques ou des serments torrides, sans que personne ne songe à la discutable sincérité des propos. Des mains disparaissent sous les nappes et d'autres, crispées, se tendent vers des corsages gonflés à se rompre. Jack murmure:

- Le jazz, c'est un préservatif: fait pour l'amour et empêchant le vrai. Marié?

- Non, non. "

Pour écrire dans un journal gaulliste à New York, Anatole Bisk devint Alain Bosquet. Il fut ensuite officier de renseignement de l'armée américaine, détermina les objectifs des bombardements en Normandie pour le D Day, suivit l'avancée de l'US Army jusqu'en Allemagne, fut un des premiers témoins du camp de Buchenwald, devint interprète officiel en français, anglais, allemand, russe de l'armée américaine,trafiqua joyeusement dans l'Allemagne occupée, forniqua tout aussi joyeusement avec les Allemandes et laissa tout tomber en 1951 pour revenir à Paris comme écrivain et critique littéraire. Bref, de 21 à 32 ans, il vécut plusieurs vies, échappant à la mort par insouciance.

That's all, folks!

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Leila Olivesi Quintet Utopia au Duc des Lombards

Publié le par Guillaume Lagrée

Utopia

Leila Olivesi Quintet

Paris, Le Duc des Lombards

Vendredi 8 mai 2015, 21h30

Leila Olivesi: piano, compositions, direction

Yoni Zelnik: contrebasse

Donald Kontomanou: batterie

Manu Codjia: guitare électrique

Alex Terrier: saxophone alto

Me voici au 2e concert de lancement de l'album Utopia de Leila Olivesi. Heureusement, je ne suis pas le seul à en profiter. La salle est comble. L'originalité, la personnalité et la beauté peuvent donc payer. C'est rassurant.

L'album est inspiré par l'univers de Cyrano de Bergerac, auteur français cosmicomique, homosexuel et libertin du XVII° siècle. Il piquait aussi bien de la plume que de l'épée car il était mousquetaire et redoutable bretteur. En garde donc pour " Le monde de Cyrano ".

Cette version est plus nerveuse que celle de l'album. Leila Olivesi dirige l'ensemble de main de maîtresse. Je sens mieux la pulsation que sur l'album. Par contre, du fond de la salle, il me semble que Manu Codjia joue mais je ne l'entends pas.

" Paris Genova " dédié à un Gênois de Paris, ami de Leila Olivesi, Rocco. Je n'ai pas vu ses frères au concert. Gênes, la ville d'origine du Bleu de Gênes (d'où les Blue Jeans, autre symbole de l'Amérique avec le Jazz). Une ballade. La guitare se fait enfin entendre et ajoute du piquant à la sauce. Leila chantonne.

Intro aux tambours. Le tempo s'étire en souplesse sous les mains du batteur. Le groupe enchaîne poussé par le batteur. Solo tranchant comme sait le faire Manu Codjia. Ce guitariste a un son qui lui est propre. C'est la marque des Grands.

" Symphonic circle ". Au public d'imaginer l'orchestre à cordes. C'est vrai que ce morceau manifeste un sens de l'espace propre aux orchestres symphoniques. Ca marche. C'est mon morceau préféré depuis le début du concert. Légère séance d'hypnose entre piano et saxo. Envoûtant. La rythmique pulse doucement mais fermement. Alex Terrier me semble plus intéressant que David Binney le saxophoniste de l'album. J'aime débiner David Binney. Désolé.

" Sunland " chanson racontant un voyage imaginaire sur le soleil, comme l'écrivit Cyrano de Bergerac, l'individu, pas le héros d'Edmond Rostand. Leila Olivesi chante avec une voix aérienne, mystérieuse, portée par la rythmique et ponctuée par la guitare.

Le public est un peu décevant mais les musiciens ont envie de jouer.

Nous avons donc droit à un

RAPPEL

Un morceau qui n'est pas extrait de l'album Utopia. " View from Moscow " du guitariste américain Kurt Rosenwikel qui jouait jeudi 7 mai au Duc des Lombards. Etonnant, non? S'agissant d'une composition de guitariste, le guitariste a droit à un beau solo. Manu Codjia ne joue pas les guitar heroes. Il raconte une histoire. Devant moi, Franck Amsallem, pianiste, savoure. Alex Terrier enchaîne avec un solo serpentin de saxophone. A part le contrebassiste qui tient la baraque, chaque musicien prend son solo. Final impeccable.

Le quintet Utopia de Leila Olivesi sera en concert le dimanche 24 mai 2015 de 15h à 16h30, à Paris, place Saint Germain, dans le cadre d'un programme " Jazz au féminin " du festival Jazz à Saint Germain des Prés. Concert gratuit.

Lors de ce concert, j'ai aussi appris que le Bal Nègre, haut lieu des musiques noires américaines et antillaises du Paris de l'entre-deux-guerres, va bientôt ressusciter dans le même lieu, au 33 rue Blomet, 75015 Paris, France. Ceci est une autre histoire que je vous raconterai bientôt, lecteurs distinguées, lecteurs raffinés.

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Festival Jazz à Saint-Germain-des-Prés à Paris (75) du 21 mai au 1er juin 2015

Publié le par Guillaume Lagrée

Festival Jazz à Saint-Germain-des-Prés

Paris, Ile de France, France

du jeudi 21 mai au lundi 1er juin 2015

Lectrices germanopratines, lecteurs parisiens, retrouvez vous au festival Jazz à Saint-Germain-des-Prés, du jeudi 21 mai au lundi 1er juin 2015.

Le programme est si riche qu'il faut choisir.

Pour ma part, sauf cas de force majeure, je serai le mercredi 27 mai 2015 à 21h au Réfectoire des Cordeliers, 15 rue de l'Ecole de Médecine, 75006 Paris, France (métro Odéon) pour le duo de la fée Airelle Besson (trompette) et de l'oiseau Nelson Veras (guitare).

Nelson Veras sait tellement bien parler aux femmes qu'il utilise des cordes de nylon sur sa guitare.

Airelle Besson sait tellement bien parler aux hommes qu'elle joue de la trompette, instrument viril par tradition (les trompettes de Jéricho et de tous les corps d'armée jusqu'à la Garde Républicaine pour la France de 2015).

Bref un duo indispensable.

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3e festival Violons et Chants du monde à Calais (62) du 21 au 24 mai 2015

Publié le par Guillaume Lagrée

Festival Violons et Chants du Monde

Calais, Pas de Calais, Nord Pas de Calais, France

Du jeudi 21 au dimanche 24 mai 2015

Lectrices violonistes, lecteurs chanteurs, retrouvez vous sur la Côte d'Opale, dans Calais et son aggiomération, pour le festival Violons et Chants du monde, du jeudi 21 au dimanche 24 mai 2015.

Le festival est parrainé et animé par un célèbre dentellier de Calais, le violoniste Didier Lockwood.

Outre les concerts, un concours international de violon Jazz dédié à Stéphane Grapelli y est organisé les 21 et 22 mai.

N'oublions jamais qu'une des gloires artistiques de la France est d'avoir donné au monde une école Jazz du violon avec Stéphane Grapelli, Michel Warlop, André Hodeir, Jean-Luc Ponty, Didier Lockwood, Dominique Pifarély et dont la relève est assurée aujourd'hui avec Scott Tixier et Fiona Monbet.

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33e festival de Jazz aux Cropettes, à Genève, du 24 au 28 juin 2015

Publié le par Guillaume Lagrée

Lectrices curieuses, lecteurs fureteurs, retrouvez vous en Suisse, à Genève, au Parc des Cropettes, du mercredi 24 au dimanche 28 juin 2015 pour le 33e festival de Jazz aux Cropettes organisé par l'AMR.

27 concerts offerts sont au programme.

Mercredi 24 juin dès 18h30.

Jeudi 25 juin dès 17h30.

Vendredi 26 juin dès 17h30.

Samedi 27 juin dès 17h30.

Dimanche 28 juin dès 17h.

Ne connaissant aucun des groupes programmés, je n'en conseille ni déconseille aucun. A vous de les découvrir sur pièces et sur place, comme disent les comptables, lectrices curieuses, lecteurs fureteurs.

La photographie du festival de Jazz aux Cropettes est l'oeuvre du Souverain Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Jazz aux Cropettes par Juan Carlos HERNANDEZ

Jazz aux Cropettes par Juan Carlos HERNANDEZ

Jazz aux Cropettes par Juan Carlos HERNANDEZ

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Le Jazz, 1er genre des festivals de musiques actuelles en France

Publié le par Guillaume Lagrée

Lectrices Hot, lecteurs Swing, sachez que le Jazz est le premier genre représenté dans les festivals de musiques actuelles en France.

En effet, les 1615 festivals de musiques actuelles qui ont eu lieu en France en 2014 se répartissent de la manière suivante:

- 115 pour la chanson soit 7%

- 283 pour les musiques actuelles soit 18%

- 284 pour les musiques traditionnelles et du monde soit 18%

- 464 pour les musiques amplifiées et électroniques soit 29%

- 469 pour le Jazz, le Blues et les musiques improvisées soit 29%

Pour le Jazz et les musiques improvisées, 3 régions concentrent le plus grand nombre de festivals:

1) l'Ile de France

2) Rhône-Alpes

3) Provence-Alpes-Côte d'Azur

Bref, l'amateur de Jazz doit suivre la ligne ferroviaire du Paris - Lyon - Méditerranée ou la Nationale 7 que chantait Charles Trénet pour passer de bonnes vacances estivales car les festivals de Jazz ont souvent lieu durant la saison touristique.

Les festivals sont essentiels à l'économie du Jazz et des musiques improvisées car ils représentent 42% des fréquentations payantes et 44% des recettes de billeterie.

Pour autant, des festivals continuent de disparaître.

Pour plus d'informations, voyez l'enquête commune sur les festivals de musique en France par la Société des auteurs compositeurs et éditeurs de musique, le Centre national de la chanson des variétés et du Jazz et le Centre d'information et de ressources pour les musiques actuelles.

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La plantation Whitney, 1er musée de l'esclavage aux Etats Unis d'Amérique

Publié le par Guillaume Lagrée

Lectrices avisées, lecteurs avertis, sachez qu'il existe désormais aux Etats-Unis d'Amérique, en Louisiane, une plantation qui ne raconte pas le bon vieux Sud du point de vue des esclavagistes mais du point de vue des esclaves, la plantation Whitney.

Elle est le fruit de la volonté d'un multimillionnaire américain, John Cummings, descendant d'ouvriers agricoles irlandais, qui a reconstitué la vie d'une plantation en suivant les conseils d'un historien sénégalais, Ibrahima Seck, donc d'un homme qui, 150 ans auparavant, n'aurait pu être qu'esclave sur cette plantation.

Pour en savoir plus, lisez, en anglais, l'article du New York Times, sur le 1er musée de l'esclavage aux Etats-Unis d'Amérique, dans la plantation Whitney, en Louisiane.

Une traduction française de l'article du New York Times se trouve sur Courrier International. Rien à ajouter.

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